Disclaimer :Le monde d'Harry Potter et de ses amis appartient à la formidable J.K Rowling. Je ne fais que lui emprunter ses personnages pour les martyriser un peu !
Résumé :Deux mois ont passé depuis le fameux bal d'Halloween. Pourtant, Hermione n'a toujours pas digéré sa défaite. Désireuse de prendre sa revanche, elle revient à Poudlard en undercover après avoir passé un marché avec le Seigneur des Ténèbres. L'eau a coulé sous les ponts depuis, et pour retrouver sa place au sein de l'école et mener à bien sa mission, elle est prête à tout. Ce qui est certain, c'est qu'à Poudlard, il n'y aura jamais assez de place deux garces. Mais laissons le temps de s'en rendre compte à nos deux ex-meilleures amies.
Note de l'Auteur : Les miracles existent, la preuve ! Je vous avoue que j'avais tout simplement abandonné le monde de la fanfiction depuis quelques années par manque de temps et d'envie. Il y a quelques mois, j'ai décidé de reprendre l'écriture de cette fanfiction et de la terminer pour mes lecteurs et pour moi-même. Je tiens donc à m'excuser profondément de cet abandon même si des excuses ne suffisent pas. Je reviens donc avec cinquième chapitre de cette fanfiction. J'espère que vous l'apprécierez ! Je vous conseille de relire les chapitres précédents pour vous remémorer l'histoire. Excellente lecture !
Chapitre V. A cas extrêmes, mesures exceptionnelles
La journée avait plutôt mal commencé pour Hermione. La soirée de la veille était la principale source de son irritation, certes, cependant son agacement allait bien au-delà d'une simple fête insignifiante. La veille, lorsqu'elle avait échappé au spectacle écœurant de Malfoy et de sa groupie, elle était allée se réfugier dans son dortoir et avait alors eu tout le loisir de penser. D'abord à son projet dont pour l'instant, l'exécution, il fallait l'avouer, ne rencontrait pas un succès glorieux mais également à la situation problématique dans laquelle elle se retrouverait si celui-ci se soldait par un échec. Puis, lorsqu'elle s'était levée le matin suivant et qu'elle avait constaté que Ginny n'était pas dans le dortoir et que ses draps n'avaient même pas été défaits, son irritation avait atteint son paroxysme.
Potter et Ginny l'exaspéraient. Non, c'était plutôt le fait de les savoir ensemble qui l'exaspérait. Ne pouvaient-ils pas rester séparés plus de cinq minutes ? Ils la rendaient malade à toujours vouloir s'afficher devant tout le monde, à vouloir prouver à tous à quel point leur couple était solide. A quel point ils étaient amoureux. Merlin, ils la dégoûtaient. C'est bien le mot, le dégoût, ils ne lui inspiraient que cela. Qu'est-ce qu'il a de mieux que moi, sérieusement ? se demanda Hermione en enfouissant sa tête dans son oreiller. Potter était inutile et Ginny stupide d'être aussi attachée à lui.
Il était étrange de savoir que la personne qu'elle aimait le plus au monde était, paradoxalement, celle qui la faisait le plus souffrir. Ginny ne voyait pas tout le mal qu'elle endurait par sa faute. Chaque étreinte, chaque baiser que cette dernière partageait avec Potter était comme un poignard enfoncé dans le cœur d'Hermione. Poignard que Ginny enfouissait plus profondément chaque jour, sans aucun remord.
Mais tout cela finirait bientôt. Elle livrerait Potter à Lord Voldemort et avant cela, elle s'arrangerait pour mettre un terme à sa petite amourette avec Ginny. Tout avait été tellement parfait avant qu'ils ne se mettent à sortir ensemble. Il était vrai qu'à ce moment là, Hermione n'avait pas eu Ginny de la manière dont elle l'aurait souhaité mais elle s'était toujours convaincu que, de toute façon, le temps jouait en sa faveur et que Ginny finirait par lui appartenir, d'une manière ou d'une autre.
Ils avaient détruit l'équilibre de sa vie et à présent, pensaient-ils qu'ils n'auraient pas à en subir les conséquences ? Etaient-ils persuadés qu'être heureux était une chose qui leur revenait de droit ? Si c'était le cas, ils se trompaient lourdement. La récréation était à présent terminée, elle ne jouait plus. Et désormais, elle n'allait frapper que là où ça faisait mal.
Elle s'extirpa de ses couvertures et se dirigea vers la salle de bain. Une fois sa toilette terminée, elle quitta la salle commune de Serpentard en direction de la Grande Salle. Pansy et Daphné s'y trouvaient déjà et elle s'installa aux côtés de cette dernière, les saluant vaguement. Elle se servit un verre de jus de citrouille, écoutant d'une oreille distraite leurs bavardages. Apparemment, Daphné n'avait pas apprécié le comportement de Blaise Zabini la veille et était persuadée que, si ce dernier ignorait l'attention qu'elle lui portait, c'était tout simplement parce qu'il était attiré par les garçons.
« Je veux dire, c'est évident non ? Vous avez bien vu la manière dont il parlait des femmes, hier soir ? » demanda-t-elle.
Hermione acquiesça et Pansy rumina des critiques à l'égard de Zabini pendant que Daphné poursuivait :
« Je vous avoue que, pendant un moment, j'ai cru que le problème venait de moi. » avoua-t-elle avec embrassement. « Pas longtemps je vous rassure ! J'ai fini par comprendre que c'était les mecs, son truc à lui. »
« Je vois ce que tu veux dire. » renchérit Pansy.
Puis, sur le ton de la confidence, elle ajouta :
« J'ai remarqué qu'il agissait autrement avec moi depuis ce qui s'est passé avec Théodore pendant la fête de la dernière fois. Je suis sûre que Blaise est amoureux de lui et qu'il veut nous faire croire qu'il n'est, genre, que son ami. »
« Et puis tu as vu comme son pantalon le moulait hier soir ? » interrogea Daphné et Pansy acquiesça.
« Merlin, c'était tellement gay de sa part. » dit-elle.
Hermione fit tout son possible pour ne pas lever les yeux au ciel face à ce qu'elle entendait. Si Blaise traitait Pansy avec tant de condescendance, c'était pour la simple et bonne raison que, dès le lendemain de la fête en question, Théodore leur avait raconté son batifolage avec Pansy pour prouver à tous, selon ses dires, la salope qu'elle était vraiment.
D'autre part, il n'aurait sans doute pas plu à Pansy de savoir que c'était avec Malfoy que Daphné avait perdu sa virginité pendant sa cinquième année alors qu'elles étaient supposées être les meilleures amies du monde. Ces filles étaient d'une hypocrisie exceptionnelle et le plus absurde dans tout cela, c'était qu'elles ne s'en rendaient même pas compte. Elles avaient des préjugés sur tous les sujets, que ce soit la pureté du sang, la position sur l'échelle sociale ou même l'orientation sexuelle. Hermione rit intérieurement en pensant à la réaction qu'elles auraient si elles apprenaient qu'elle était née-moldu. Elles cesseraient de lui parler, sans l'ombre d'un doute. Pour elles, si traîner avec une fille membre d'une famille de Sang-Pur traîtresse à son sang comme Ginny était à la limite du tolérable, traîner avec une Sang-mêlée ou pire encore, une Sang-de-Bourbe, était totalement exclu.
Le plus alarmant pour Hermione était très certainement de réaliser que, pendant une longue période de sa vie, elle avait ressemblé à ces filles. Non pas pour les préjugés, mais pour la superficialité dont elle avait autrefois fait preuve. Cette époque, qui pourtant n'était pas très éloignée, lui semblait quand même très loin. Elle avait l'impression d'avoir subi un changement drastique dans sa manière de percevoir les choses. Un véritable fossé s'était creusé entre celle qu'elle avait été quelques mois auparavant et celle qu'elle était à présent. Elle termina le toast qu'elle mâchait et interrogea ses condisciples :
« Vous savez où est Ginny ? Je ne l'ai pas vue depuis hier. »
« Elle est venue déjeuner une vingtaine de minutes avant que tu n'arrives. » répondit Daphné. « Elle a dit quelque chose à propos d'une retenue avec McGonagall. »
« Quant à ce qu'elle faisait hier, je ne sais pas. » enchaîna Pansy en haussant les épaules. « La dernière fois que je l'ai vue, c'était avec cette Gryffondor. Après ça, elle a disparu. Elle était sûrement avec Potter. »
« Potter. » répéta Hermione. « Oui, bien sûr. »
Elle quitta la table et retourna dans la salle commune de sa maison pour terminer les devoirs qui lui restaient à faire. Elle ignora les regards appuyés de Malfoy et s'installa à la table la plus éloignée de lui. Elle poussa un soupir de lassitude en ouvrant ses grimoires de cours. Faire des devoirs sur des choses qu'elle avait déjà étudiées et assimilées depuis bien longtemps lui semblait tellement inutile. Elle savait néanmoins qu'elle n'avait d'autres choix. Elle était sous une couverture et ces choses entraient directement dans son rôle ; elle devait donc s'y tenir.
Finalement, Malfoy vint s'installer à sa table. Un record, pensa-t-elle. Cela faisait presque deux heures qu'il la lorgnait et elle s'était étonnée de voir qu'il n'avait pas encore tenté une quelconque approche. Lorsqu'il s'assit en face d'elle, elle ne daigna même pas lever les yeux vers lui.
« Tu vas faire semblant de ne pas me voir pendant encore longtemps ? » demanda-t-il d'une voix amusée.
« Jusqu'à ce que tu te lasses et que tu t'en ailles. A ce moment là, je te dirai : Oh Draco, tu étais là ? Je ne t'avais pas vu. Remarque, c'est normal, tu es tellement insignifiant et inintéressant. » répondit-elle en lui jetant un regard méprisant.
Un rictus moqueur apparut sur les lèvres minces de Malfoy. Il ne semblait pas vexé, bien au contraire.
« Tu sais, j'ai du mal à comprendre la cause de ton hostilité à mon égard. » dit-il.
« Vraiment ? Peut-être que mon hostilité est dû au fait que tu n'as pas cessé de me harceler sexuellement depuis que je suis arrivée ici. Et puis toi qui te vantes d'être un connaisseur de la gent féminine devrait savoir qu'une femme ne sera jamais agréable avec toi si tu la traites comme un vulgaire morceau de viande. »
« Tu n'as encore rien d'une femme. » répondit Malfoy avec arrogance. « Mais je peux y remédier. »
Elle le gratifia d'un regard mauvais.
« Dégage Malfoy, tu me fatigues. » lança-t-elle avec froideur.
Il ne répondit pas mais ne fit rien pour se lever non plus et cela fit grimper l'agacement d'Hermione au niveau supérieur.
« Qu'est-ce que tu me veux ? » demanda-t-elle.
Elle ne comprenait pas l'insistance de Malfoy. Elle l'avait tant de fois repoussé et pourtant, il s'évertuait à essayer de la séduire. Il l'agaçait prodigieusement mais elle devait lui reconnaitre une chose : il était patient.
« Toi et Ginny êtes les deux seules filles de cette école qui me résistent et cela me rend fou. » répondit-il avec franchise.
« Pourquoi ne vas-tu pas essayer du côté de la résistance de Pansy ? Je suis certaine qu'elle ne devrait pas être très difficile à forcer...»
« La sauter serait trop simple et n'aurait rien d'amusant ni de glorifiant. » avoua-t-il en s'appuyant contre le dos de sa chaise, l'air décontracté.
« Dans ce cas, tu perds ton temps car Potter ne te laissera pas une seule dent dans la bouche si tu t'approches un peu trop de Ginny. Quant à moi, je te conseille d'éviter toute approche car sinon je ferais en sorte que tu ne sois plus en mesure de sauter qui que ce soit dans ta vie. »
« La concurrence est stimulante. » répondit Malfoy avec un rire. « Et ne t'avance pas sur cette pente car j'adore les défis. »
« Tu n'auras jamais Ginny et tu ne m'auras jamais. » déclara-t-elle d'une voix sûre d'elle.
Ou plutôt, tu ne m'auras plus jamais, songea-t-elle.
Malfoy parut sur le point de rétorquer quelque chose mais il se tut quand ils virent Ginny s'engouffrer par le trou du portrait. Elle détailla rapidement la pièce avec des yeux perçants, semblant chercher quelqu'un. Puis, elle se dirigea vers les escaliers et disparut aussi vite qu'elle était apparue. Quelques instants plus tard, elle réapparaissait de nouveau dans la salle commune et se dirigea vers eux.
« Ginevra, où étais-tu ? » demanda immédiatement Hermione d'une voix désapprobatrice. « Je te cherche depuis ce matin. »
Ginny ne sembla pas comprendre immédiatement et il lui fallut quelques instants pour répondre :
«J'avais une retenue avec McGonagall ce matin puis je suis allée à la bibliothèque avec Harry. » répondit-elle d'une voix distraite, la tête visiblement ailleurs.
Elle se tourna ensuite vers Draco, triturant une mèche de ses cheveux. Hermione savait qu'elle faisait cela lorsqu'elle était nerveuse et elle se demanda quelles étaient les raisons de son trouble apparent.
« Est-ce que je peux te parler, Draco ? » demanda Ginny. « C'est important. »
Malfoy acquiesça et ils s'éloignèrent, sous le regard perçant d'Hermione. Elle les observa avec curiosité. Pourquoi Ginny paraissait-elle l'air aussi soucieuse ? Elle détourna le regard en se disant qu'elle finirait bien par savoir de quoi il s'agissait. Elle rangea ses affaires puis quitta la pièce avec un dernier regard dans leur direction.
Elle se rendit à la bibliothèque dans l'espoir d'y trouver Potter. Ginny avait dit qu'elle y avait été avec lui et avec un peu de chance, il y serait toujours. Lorsqu'elle entra dans la bibliothèque et qu'elle le vit installé à une table plus loin, elle esquissa un sourire. La chance avait peut-être daigné se mettre de son côté cette fois, après l'avoir mainte fois évitée. Elle se dirigea vers sa table et lorsqu'elle l'eut atteinte, demanda :
« Est-ce que je peux m'asseoir ici ? »
Il leva la tête et parut un peu étonné de la voir. Mais sa surprise passa rapidement et il répondit :
« Oui, bien sûr. »
Et il retourna à son travail pendant qu'Hermione prenait place. Elle observa Potter quelques instants, réfléchissant au meilleur moyen de lui adresser la parole le plus naturellement possible. Son regard erra sur ses grimoires puis sur un parchemin non loin d'elle. Elle le lut en diagonale avant de questionner :
« Tu as fini ça ? »
Il observa le parchemin qu'elle avait désigné d'un geste de la tête.
« Oui, pourquoi ? » s'étonna-t-il.
« Tu as fait quelques erreurs. » fit-elle remarquer.
« Vraiment ? »
Avec un froncement de sourcils, il fit mine de prendre le parchemin mais elle fut plus rapide et s'en empara.
« D'abord il manque des informations sur la confection de cette potion. Le philtre de Discernement requiert beaucoup d'ingrédients et tu n'en as donné que les trois-quarts. Ensuite, le libellé du sujet invite à aller plus loin dans ton analyse. Si le professeur Slughorn voulait un plan aussi bateau qu'Ingrédients-Réalisation-Effets, il vous aurait simplement demandé de copier votre grimoire. » expliqua-t-elle. « Il faudrait que tu écrives quelque choses sur les retombées dangereuses et morales que peuvent entraîner l'utilisation intensive d'un tel philtre. Sans oublier de soigner un peu plus la présentation. »
Il la regardait avec des yeux effarés.
« Comment peux-tu savoir tout ça ? Je croyais que tu étais en sixième année. »
« J'aime bien les potions, et j'ai déjà lu un bouquin sur le sujet. »
Et toi aussi tu le saurais si tu portais un peu plus d'attention aux cours, songea-t-elle.
« Ça veut dire que je dois tout refaire ? »
« Pas tout, mais la majeure partie est à revoir, en effet. » répondit-elle. « Si tu veux avoir un Acceptable en tout cas. »
Potter jeta un regard désespéré au parchemin.
« Mais ça va me prendre des heures ! » s'exclama-t-il d'une voix plaintive.
« Je peux t'aider, si tu veux. » proposa Hermione.
« Tu ferais ça ? » demanda-t-il avec effarement.
« Bien sûr. » répondit-elle.
Il parut vraiment étonné. Si elle n'avait pas d'idées en tête en lui proposant cela, sa générosité l'aurait sans doute étonnée, elle aussi. Elle sortit un parchemin et une plume de ses affaires.
« Je vais simplement te faire un plan détaillé du développement, tu n'auras plus qu'à remplir les parties. »
Il acquiesça.
« Merci. »
Elle se força à lui sourire, se persuadant que ce qu'elle faisait ne pourrait que lui servir pour la suite. Et en effet, quelques instants plus tard, Potter entama la conversation :
« Tu sais où est Ginny ? Elle est partie sans me dire où elle allait. »
Hermione sourit intérieurement. Parfait, se dit-elle. Potter venait juste de préparer le terrain et à présent, c'était à son tour de prendre la perche qu'il lui tendait.
« Oui, j'étais dans notre salle commune avant de venir ici et Ginny est arrivée. Elle voulait parler à Draco Malfoy. En privé. » ajouta-t-elle d'un ton faussement désinvolte. « Et comme ils ne voulaient pas être dérangés, je suis venue ici. »
Elle sut immédiatement qu'elle avait tapé juste quand elle vit Potter tiquer.
« Malfoy ? » répéta-t-il en fronçant les sourcils.
« Oui, et c'était important apparemment. Enfin, d'après ce que m'a dit Ginny. » ajouta-t-elle en haussant les épaules.
Elle se remit à l'écriture de l'essai de Potter, totalement conscience du fait qu'elle avait fortement attisé la curiosité de ce dernier.
« Qu'est-ce qu'elle aurait d'important à dire à ce type ? » demanda-t-il avec une amertume à peine voilée.
« Je ne sais pas. Ils doivent être en train de comploter quelque chose. Ce n'est pas la première fois que je les vois faire ça. » expliqua-t-elle. « D'ailleurs, si vous ne sortiez pas ensemble tous les deux, j'aurais pensé qu'il se passait quelque chose entre eux. »
A l'air qu'il afficha, elle comprit que ce qu'elle venait de lui dire ne lui plaisait guère. Il semblait être en plein débat intérieur. Hermione se mordit la lèvre pour réprimer un sourire. Et comme elle était d'humeur joueuse, elle poursuivit :
« Je ne sais pas comment elle se débrouille pour le supporter, d'ailleurs. Il n'a aucun respect envers les femmes. » dit-elle innocemment. « Si tu voyais comme il traite les filles de Serpentard. Il est infect. »
Potter se contenta d'acquiescer, apparemment en pleine réflexion.
« Tiens, même ce matin il est venu me dire que Ginny et moi étions les seules qu'il n'avait pas encore eu dans son lit et que ça le rendait fou. »
La main dans laquelle il tenait sa plume sembla se contracter.
« Il a dit ça ? » demanda Potter d'une voix lente, étrangement maitrisée.
Hermione acquiesça et elle en profita pour assener le coup de grâce :
« Mot pour mot. Je lui ai dit d'aller se faire voir, qu'il ne m'aurait pas et Ginny non plus mais il s'en fiche complètement. » expliqua Hermione en haussant les épaules. « Pourtant il sait très bien que c'est avec toi que Ginny sort mais il m'a dit que la concurrence le stimulait et qu'il adorait les défis. »
La contrariété qu'elle vit passer dans les yeux de Potter la réjouit. Il paraissait extrêmement irrité et elle adorait ça. Ce qui l'exaltait le plus dans la situation, c'était le fait d'avoir réussi à provoquer une telle réaction en lui sans avoir eu recours au mensonge. Elle avait simplement tourné la situation à son avantage. Comme quoi, Malfoy servait à quelque chose finalement. Elle rit intérieurement en pensant à lui. S'il avait un minimum de matière grise, il éviterait de se retrouver dans le même couloir que Potter.
« J'ai fini. » dit-elle d'un ton plus léger que d'habitude en tendant le parchemin à Potter.
Il lança un vague « Merci. » en prenant le parchemin, visiblement d'autres choses en tête. Ce que venait de lui dire Hermione semblait sérieusement le travailler. Elle était convaincue d'avoir donné à Potter assez de matière à cogiter. Et elle était loin d'en avoir fini avec lui.
« Harry ? » demanda alors une voix.
Hermione leva la tête et ses yeux posèrent sur Ron Weasley, le frère de Ginny. Il lui jeta un regard curieux, se demandant surement ce qu'elle faisait à la même table que son meilleur ami.
« Oui ? » demanda Potter.
« Il faut qu'on y aille. » répondit Weasley avec hésitation, lançant un regard gêné en direction d'Hermione. « Pour...hum...tu sais bien. »
Il n'avait visiblement pas envie de parler en présence de la Serpentard. Potter sembla comprendre ses réticences et il lui fit comprendre d'un hochement de la tête qu'il avait compris où il voulait en venir. Il rangea rapidement ses affaires et s'adressa à Hermione :
« Merci beaucoup pour ce que tu viens de faire. » dit-il avec sérieux.
Elle ne savait pas réellement s'il la remerciait pour son devoir ou pour l'avoir prévenu au sujet de Malfoy. Sûrement les deux. Elle les observa alors qu'ils se dirigeaient vers la sortie, se demandant ce qu'ils avaient de si important et confidentiel à faire.
Elle laissa aller son dos contre le dossier de sa chaise, le cœur un peu plus détendu que quelques heures auparavant. La journée ne s'annonçait pas si mauvaise, finalement.
/
« C'est une plaisanterie ? » s'exclama Draco avec effarement, une lueur de surprise passant dans ses yeux gris.
Il jeta un regard circulaire à la salle commune puis ses yeux se posèrent à nouveau sur Ginny. Cette dernière lui adressa un regard sombre.
« Est-ce que j'ai l'air de plaisanter ? » demanda-t-elle en croisant les bras, une once d'agacement dans la voix.
Il inspecta attentivement son visage avant de lancer :
« Non, c'est vrai. »
Puis il reprit :
« Mais, tu es certaine que c'était elle ? »
« Cette carte ne ment jamais Malfoy, tu ne comprends donc pas ? Elle était là et peut-être qu'elle est encore ici ! »
« Ça m'étonnerait. » répondit Draco en secouant la tête, visiblement sceptique.
« Malfoy, tu te fiches de moi ? » demanda Ginny avec effarement.
Devant sa nouvelle, elle avait pensé que Draco resterait sans voix ou même qu'il serait en colère. Cependant, elle ne s'était certainement pas attendue à ce qu'il ne la croie pas. Il se contenta d'hocher négativement la tête.
« Et ce que j'ai vu à ton avis, c'était quoi ? Mon imagination ? » questionna Ginny avec insistance.
« Je ne sais pas. »
Ginny, offensée, lui jeta un regard scandalisé.
« J'ai du mal à comprendre ta réaction. Pourquoi ce serait si impensable qu'elle soit revenue ? »
« Je n'y crois pas pour la simple et bonne raison qu'elle n'est pas assez stupide pour revenir ici. » répondit-il d'une voix crispée.
Et lorsque Ginny vit son expression se durcir, elle se rendit compte qu'il n'avait toujours pas digéré ce qui s'était passé quelques mois auparavant. Ce qu'avait fait Hermione était encore resté en travers de la gorge de Ginny mais elle avait toujours été convaincue que Malfoy était au-dessus de cela depuis bien longtemps. Le départ d'Hermione n'avait pas semblé avoir un quelconque effet sur lui. A présent, cependant, elle réalisait qu'il dissimulait juste sa rancœur. Elle voulut dire quelque chose mais il poursuivit :
« Elle sait très bien les risques qu'elle encourt en revenant ici. Je n'hésiterai pas à la dénoncer, et elle le sait très bien. Ce n'est pas de stupides retenues qu'il s'agit ici, mais d'Azkaban. Et toi et moi savons très bien qu'elle tient trop à sa peau pour prendre un tel risque. »
Ginny le dévisagea, surprise par la rancœur qui suintait de ses propos. Et, sans pouvoir s'en empêcher, elle demanda :
« Tu étais amoureux d'elle ? »
Draco lui lança un regard effaré.
« De quoi tu parles ? »
« Hermione. Tu l'aimais ? » répéta Ginny avec insistance.
« Il ne s'agit pas de cela. » répliqua Draco avec agacement.
Cela suffit cependant à Ginny pour avoir à la réponse à sa question. Il n'avait même pas cherché à nier.
« C'est pour ça que tu ne veux pas me croire ? Tu penses qu'elle n'oserait pas revenir à cause de toi ? » persista obstinément Ginny.
Draco ne répondit pas, visiblement mal-à-l'aise.
« Mais tu sais bien que ça ne l'arrêterait pas, au fond, hein ? » poursuivit Ginny.
« Je sais surtout qu'elle m'a beaucoup sous-estimé dans le passé. Et dès que l'occasion se présentera, je ne la laisserai pas passer, je lui rendrai la monnaie de son gallion. »
Ginny réalisa alors toute l'ampleur de la rancœur qu'il nourrissait envers Hermione. Cette dernière s'était servie de lui pour arriver à ses propres fins et, dès qu'elle avait obtenu ce qu'elle voulait, s'était débarrassée de lui sans éprouver une once de remord. C'était le pire traitement qu'elle aurait pu infliger à quelqu'un comme Malfoy. Lui qui collectionnaient les filles et qui, une fois lassé, les laissaient sans scrupules. Avec Hermione, cependant, il n'avait pas eu ce rôle de mâle dominateur qu'il affectionnait tant et c'était lui qui s'était retrouvé dans la position dans laquelle il mettait habituellement les filles. Hermione s'était jouée de lui et l'avait humilié.
Maintenant qu'elle y songeait, il était évident que Malfoy avait ressenti quelque chose pour Hermione. Alors qu'il se lassait rapidement de ses petites amies, sa relation avec Hermione avait duré bien plus longtemps que les quelques jours qu'il octroyait habituellement à ses conquêtes. Et lorsque Ginny repensa à la manière dont Draco s'était comporté avec Hermione, elle se rendit compte qu'il avait agi comme un véritable petit ami l'aurait fait. Il avait arrêté de flirter avec d'autres filles, n'avait eu d'yeux que pour Hermione et il l'avait même suivi dans ses plans pour les séparer elle et Harry.
Ginny se demanda alors comme elle n'avait pas pu se rendre compte de cela auparavant. Elle avait vraiment été persuadée que, contrairement à elle, Malfoy était passé à autre chose depuis départ d'Hermione. Après tout, il avait repris ses anciennes habitudes comme si de rien n'était. En vérité, il avait simplement dissimulé ses sentiments et Ginny savait à quel point il était doué pour faire cela. Contrairement à elle, il gardait ce qu'il pensait pour lui-même et ne dévoilait que très rarement ses états d'âmes. A présent, lorsqu'elle voyait son plein de ressentiment et la manière avec laquelle il tentait de se mentir à lui-même à propos d'Hermione et de ses sentiments pour elle, Ginny réalisa qu'il était humain. Un type avec ses sentiments, pas simplement un séducteur impassible.
« J'ai vu le nom d'Hermione sur cette carte. » répéta Ginny avec insistance. « Elle est ici. »
« Regarde autour de toi. » lança Draco avec scepticisme. « Est-ce que tu vois Granger quelque part ? »
« Non. » admit Ginny. « Mais... »
« Je crois que tu t'imagines des choses. » coupa Draco. « Tu as tellement envie qu'elle revienne que tu crois la voir partout. Ce genre de trouble pathologique est fréquent. »
« Et moi je crois que tu mens à toi-même. » répliqua Ginny avec froideur. « Tu crois qu'elle ne pourrait pas revenir sous prétexte que tu la dénoncerais ? Si elle pensait à se pointer ici, tu serais la dernière personne à laquelle elle penserait et toi et moi le savons parfaitement bien. »
Elle avait été méchante, elle le savait, mais s'en moquait. Elle n'appréciait pas d'être traitée de folle. Si Malfoy voulait se voiler la face, il n'avait qu'à le faire, ce ne serait pas son cas. Hermione avait été dans l'enceinte de Poudlard, y était peut-être encore et Ginny allait savoir pourquoi. Elle remonta à nouveau dans son dortoir pour vérifier qu'Hermione n'y était pas. Cependant il n'y avait pas un chat dans la chambrée et elle dut se résoudre à redescendre dans la salle commune. Elle se dirigea vers les deux premiers élèves qu'elle vit pour leur demander s'ils avaient vu Hermione Granger. Ils répondirent par la négative, clamant qu'ils n'avaient vu personne. Ginny interrogea tous ceux qu'elle croisa et même si certains prétendirent qu'ils étaient dans la pièce depuis un bon moment déjà, elle ne reçut que des réponses négatives. Elle s'attira aussi des regards curieux à la mention de l'ancienne préfète-en-chef.
« Granger est revenue ? » demanda même Millicent Bulstrode, très intriguée.
« Tu l'as vue oui ou non ? » insista Ginny, s'efforçant de garder une voix égale.
« Non. » répondit la Serpentard. « Mais... »
Elle ne put achever sa phrase car Ginny s'éloignait déjà, indifférente à ce qu'elle avait à dire. Elle n'arrivait pas à croire qu'Hermione ait pu se volatiliser aussi rapidement. Peut-être avait-elle décidé de revenir finalement. A cette pensée, Ginny éprouva un sentiment d'excitation dont elle ne parvint pas à saisir l'origine. Après tout, Hermione l'avait trahie puis abandonnée et n'avait pas daigné lui donner ses nouvelles depuis. Cependant, son départ avait laissé comme un vide en elle et même si Harry avait en partie rempli ce vide, il ne pourrait jamais totalement remplacer ce qu'Hermione avait été pour elle.
Ginny sortit de la salle commune et s'engagea dans les couloirs en direction de la bibliothèque. Il fallait qu'elle consulte à nouveau la carte d'Harry. Lorsqu'elle arriva à la bibliothèque, cependant, elle constata avec déception que son petit ami ne s'y trouvait plus et c'était à présent Emelyn qui était installée à la place qu'il avait occupée quelques instants auparavant. Ginny se dirigea vers sa condisciple et lorsque celle-ci leva les yeux vers elle, elle afficha un air surpris.
« Ginny ? » fit-elle avec étonnement. « Je croyais que tu devais parler à Malfoy. »
« Nous avons terminé. » répondit simplement la rousse. « Tu as vu Harry ? Il était à cette table avant que je ne parte. »
« Ton frère est venu le chercher. » informa Emelyn. « Un truc important à faire je crois. »
« Merlin, Potter. Jamais là quand on a besoin de toi. » murmura la rousse pour elle-même. « Où sont-ils ? »
« Je ne sais pas. »
« Tu es sûr que mon frère n'a pas dit l'endroit où ils comptaient aller ? » demanda Ginny avec insistance.
« Oui j'en sûre. » lui confirma la Serpentard en haussant un sourcil. « Pourquoi ? »
Mais Ginny ne lui répondit pas, se tournant déjà pour partir. Alors qu'elle commençait à s'éloigner, la voix d'Emelyn s'éleva :
« Où vas-tu ? »
« Je vais chercher Harry. J'ai besoin de lui parler. » répondit distraitement Ginny.
« Attends-moi alors. » fit Emelyn en rangeant rapidement ses affaires puis en se levant à son tour.
Elles quittèrent la bibliothèque et Ginny prit cette fois la direction des appartements des préfet-en-chef. Elles y croisèrent Padma Patil qui y sortait. Lorsqu'elle les vit, elle les gratifia de son habituel regard méprisant.
« Que faites-vous ici ? » demanda-t-elle d'une voix sèche.
« Je dois voir Harry. » répondit Ginny en essayant de contourner la préfète-en-chef pour entrer.
Mais cette dernière l'en empêcha en se postant entre la porte et Ginny.
« Ecoute-moi bien, Weasley. Cette pièce est réservée uniquement aux préfets-en-chef. Et malgré ton évidente allergie à ce qui a trait aux règlements, il serait bien que tu le comprennes. Tu ne peux pas venir ici quand l'envie te prend. Si tu as besoin de parler à Potter, attends de le croiser dans n'importe quel autre endroit du château, vu ? » fit Patil avec froideur.
« Aujourd'hui je n'ai pas envie de me mettre en colère ou de me disputer avec toi alors sois mignonne et laisse-moi passer, d'accord ? » demanda Ginny avec agacement.
Patil croisa les bras et eut un rictus méprisant.
« Je ne sais pas pourquoi je te le dis, je ne te dois rien après tout... » commença-t-elle avec suffisance. «...mais il se trouve que j'avais justement besoin de parler à Potter et que je ne l'ai pas trouvé. D'ailleurs, lorsque tu le verras, dis-lui qu'il a intérêt à venir me voir rapidement. »
Elle leur adressa un dernier regard impérieux avant de s'éloigner. Ginny la fixa avec un regard brulant.
« Pour qui se prend elle, sérieusement ? » demanda la rousse avec irritation. « Une chance pour elle que je n'aie pas de temps à perdre avec elle, aujourd'hui. »
Elle se dirigea vers les escaliers.
« Où vas-tu cette fois ? » interrogea Emelyn.
« Dans la tour des Gryffondor. » répondit Ginny.
« Merlin, tu ne trouves pas que tu exagères ? Tu pourras le voir au déjeuner, après tout. » déclara Emelyn. « Ce que tu as à lui dire ne peut pas attendre ? »
« Non, crois-moi, ça ne peut pas attendre. » assura Ginny alors qu'elle montait les marches quatre à quatre.
Emelyn ne comprenait pas. Il était impératif qu'elle trouve Harry et qu'elle inspecte les moindres recoins du château avec sa carte pour retrouver Hermione. Plus elle attendait, plus elle laissait à cette dernière le temps de disparaitre. Elle ne pouvait pas se le permettre, pas après avoir été à deux doigts de la trouver. Elles arrivèrent rapidement dans la tour des Gryffondor et devant un tableau qui représentait une femme obèse. Cette dernière leur demanda le mot de passe.
« Ecoutez, nous n'avons pas votre mot de passe mais nous devons absolument entrer. » répondit Ginny avec impatience.
« Personne n'entre sans mot de passe. Particulièrement pas les Serpentard. » déclara le tableau d'un air suffisant.
Et elle détourna la tête, faisant mine de les ignorer.
« Elle ne nous laissera pas entrer Ginny, ça ne sert à rien. » fit remarquer Emelyn. « Attends le déjeuner pour voir Potter. »
« Hors de question. » refusa catégoriquement la rousse. « Je ne partirais pas d'ici tant qu'elle ne m'aura pas laisser entrer. »
La femme du tableau laissa échapper une exclamation dédaigneuse et Ginny lui lança un regard mauvais. Puis soudainement, l'entrée s'ouvrit, laissant apparaitre l'un des camarades de classe d'Harry, Neville Londubat. En voyant les deux Serpentard, ses yeux s'agrandirent de surprise.
« Londubat ! » s'exclama aussitôt Ginny. « Est-ce qu'Harry est ici ? »
« Euh, non. » répondit Londubat, visiblement intimidé. « Ron m'a dit qu'il allait le chercher à la bibliothèque, si je me souviens bien. »
« Il ne t'a pas dit où ils comptaient aller après ça ? » insista la rousse.
Londubat haussa les épaules.
« Non. » répondit-il. « Je sais simplement qu'ils ne sont pas ici. »
« Que veux-tu dire par ''pas ici'' ? » demanda Ginny en levant un sourcil interrogateur.
« Pas dans l'école. » précisa le garçon avec hésitation.
« Merlin, c'est quoi encore cette embrouille ? » se demanda Ginny avec frustration.
« Hum... » toussa le Gryffondor avec une évidente gêne. « Il faut que j'y aille. »
« Oui, bien sûr. Merci, Londubat. » répondit distraitement la rousse.
Il parut effaré d'être remercié et leur adressa un dernier regard curieux avant de s'éloigner. Ginny se tourna vers Emelyn qui la regardait avec impatience.
« Potter n'est plus ici, on peut maintenant arrêter de raser tous les recoins du château pour le retrouver, non ? » demanda-t-elle avec lassitude.
« Tu sais, je ne t'ai jamais forcée à me suivre. » répliqua Ginny alors qu'elles s'engageaient dans les escaliers.
Emelyn commença à ruminer des paroles sur des « précieuses minutes gâchées inutilement » mais Ginny, trop occupée à penser à ce que lui avait dit Londubat n'y porta guère attention. Où était Harry ? Était-il encore allé faire avec Dumbledore et son frère ce qu'il refusait catégoriquement de lui révéler ? Sûrement, pensa-t-elle avec dépit. Cette fois, sa disparition la gênait d'autant plus qu'elle savait qu'il avait toujours la Carte du Maraudeur sur lui. Mais cette fois, elle ne laisserait pas passer l'affaire aussi facilement. Dès son retour, Harry Potter aurait des explications à lui fournir, notamment sur ses escapades mystérieuses et sur la raison pour laquelle il jugeait qu'il n'avait pas besoin de la prévenir lorsqu'il disparaissait aussi soudainement.
Lors du déjeuner, comme elle s'y attendait, elle ne vit pas Harry et lorsqu'elle balaya la Grande Salle des yeux, elle ne trouva aucune trace d'Hermione non plus. Cela n'avait aucun sens. Pourquoi aurait-elle disparu aussi rapidement juste avant d'être revenue ? Sans même chercher à la voir, qui plus est. Elle repensa à ce qu'avait dit Draco. L'avait-elle imaginé ? Non, songea-t-elle. Affirmer une telle chose revenait à se questionner sérieusement sur sa santé mentale, ce qu'elle n'était pas prête à faire. Elle était beaucoup de choses, mais elle n'était pas folle. Elle leva les yeux de son assiette et croisa les yeux d'Emelyn qui la dévisageaient avec attention.
« Ça n'a pas de sens. » se répéta-t-elle.
/
Hermione observait attentivement Ginny durant le repas. Il était évident que quelque chose la tracassait et Hermione voulait savoir de quoi il retournait. Parfois, elle avait envie de connaitre toutes ses pensées, savoir tout sur la moindre chose qui lui passait par la tête. Lorsque leurs regards se croisèrent, elle décela une lueur soucieuse dans le regard de Ginny et elle ne put s'empêcher d'éprouver de la curiosité. Son impatience à parler à Potter l'avait intriguée et elle se demandait la raison pour laquelle Ginny semblait aussi agitée. Agitation qui ne sembla que croître durant le reste de l'après-midi. Après le déjeuner, elles décidèrent de se détendre dans leur dortoir. Hermione saisit un livre et elle observa Ginny du coin de l'œil tandis que celle-ci feuilletait distraitement un exemplaire de Sorcière-Hebdo.
Mais cette dernière reposa bien vite son magazine, lâchant un soupir de frustration. Elle commença à ranger ses affaires, mit de l'ordre au dortoir et essaya même de réviser ses cours. Puis elle finit par se laisser choir sur son lit avec un énième soupir, à en fendre l'âme cette fois, et entreprit de se brosser les cheveux. Cela confirma à Hermione que quelque chose se passait. Elle posa son livre sur la commode et se leva pour rejoindre le lit de Ginny. Elle s'assit derrière elle, lui prenant sa brosse des mains.
« Laisse-moi faire. » proposa-t-elle.
Ginny sembla se détendre alors qu'Hermione s'appliquait à lui brosser les cheveux.
« Que se passe-t-il ? » demanda-t-elle.
Ginny se contenta d'hausser les épaules.
« Tu t'es disputée avec Potter ? »
Elle avait essayé de rendre son ton désinvolte mais il y avait tout de même une note d'espoir qui demeurait dans sa voix. Ginny, cependant, ne sembla par le remarquer.
« Non. » répondit-elle simplement.
Son manque d'exhaustivité montrait qu'elle n'avait pas envie d'aborder le sujet. Hermione n'insista pas, se concentrant sur sa tâche avec attention. Elle adorait les cheveux de Ginny. Ils étaient d'une teinte spéciale et profonde, d'un rouge presque vif pas d'une de ces teintes fades qu'elle n'aimait pas.
« Tu as lu L'Histoire de Poudlard pas vrai ? C'est ce que tu m'as dit. » commença soudainement Ginny.
« Oui. » répondit Hermione. « Pourquoi ? »
« Il est impossible de transplaner dans l'enceinte de Poudlard, n'est-ce pas ? »
Hermione leva les yeux au ciel. Pourquoi aucun élève de cette école n'avait jamais daigné ouvrir un exemplaire de L'Histoire de Poudlard ?
« En effet. » confirma-t-elle néanmoins.
« Mais il y a quand même des moyens d'entrer dans l'enceinte. » déclara-t-elle. « Autre que le transplanage, je veux dire. »
« Oui mais ces entrées sont très surveillées. »
Depuis le début de l'année scolaire des mesures avaient été prises pour protéger l'école mais elles étaient devenues drastiques après les vacances d'hiver. Par exemple, tous les accès à l'école étaient étroitement surveillés par les Aurors du Ministère. Les sorties à Pré-Au-Lard étaient fermement encadrées. L'accès à Poudlard se faisait uniquement par la voie du Poudlard Express. C'était d'ailleurs pour cette raison que les élèves avaient dû le prendre pour rentrer des vacances de Noel.
« Donc les Aurors seraient forcément au courant si une personne étrangère au château y était entrée. Aucune chance d'entrer ni de sortir en douce du château. » continua Ginny.
« Aucune. » confirma Hermione en levant un sourcil.
Pourquoi ce genre de choses intéressait soudainement Ginny ? Son comportement commençait sérieusement à l'intriguer.
« C'est à cause de Potter que tu demandes ça ? » demanda Hermione.
« Non. » répondit Ginny. « Ça n'a rien à voir avec lui. »
Hermione lui jeta un regard curieux. Elle ne semblait pas mentir, la cause de son problème n'était donc pas Potter.
« Alors qu'est-ce qu'il y a ? »
Ginny sembla hésiter mais elle finit par lui répondre :
« J'ai besoin de savoir si quelqu'un est effectivement venu ici. »
« Qui ? »
« Tu ne la connais pas. »
La ? Une fille, songea Hermione. N'était-ce tout de même pas...elle ? Sans qu'elle puisse l'empêcher, une vague de panique l'envahit. La main qui tenait la brosse trembla un peu et elle s'arrêta, ne voulant pas que Ginny remarque son trouble. Elle tenta de se calmer, essayant de se persuader qu'il était impossible que Ginny se doute de sa présence ici.
« Pourquoi penses-tu que cette personne est venue ici ? Apparemment, tu ne l'as pas vue. »
« J'ai mes sources. » répondit simplement Ginny.
Son air mystérieux ne présageait rien de bon, pensa Hermione. Cela l'agaçait d'autant plus qu'elle avait vraiment l'impression que c'était d'elle que Ginny parlait. Le ton vague de la rousse la faisait sérieusement douter.
« Pourquoi veux-tu la voir ? Des choses à lui dire ? » demanda Hermione.
Sa question n'avait pas été très subtile mais la panique lui brouillait l'esprit. Il fallait absolument qu'elle sache ce dont il était question.
« Disons qu'elle a des comptes à me rendre. » expliqua seulement Ginny, haussant les épaules.
Sa réponse finit par convaincre Hermione. C'était bien d'elle qu'il s'agissait. Elle jura intérieurement. Merlin, comment était-ce possible ? Comment Ginny en était-elle parvenue à soupçonner sa présence dans le château ? J'ai mes sources, avait-elle dit. De qui parlait-elle ? Qui pouvait se douter de...La réponse lui vint soudainement. Malfoy. Qui d'autre ? Et cela collait parfaitement avec ses attitudes, ses regards sondeurs, ses sourires entendus. Il était le fils de Lucius Malfoy, l'un des Mangemorts les plus influents, et accessoirement, proche du Seigneur de Ténèbres. Même s'il ne savait pas de qui il s'agissait, Malfoy pouvait parfaitement être au courant de la présence d'un infiltré. Peut-être avait-il fait le rapprochement avec elle ? Ne pouvant supporter la panique qui l'avait envahie, elle se leva brusquement.
« J'ai oublié de rendre un livre à la bibliothèque. » dit-elle à l'intention de Ginny qui l'avait observé se lever avec brusquerie, l'air interloqué.
Elle n'attendit pas la réponse de la rousse et elle se jeta littéralement hors du dortoir. Elle descendit les escaliers jusqu'à la salle commune et se rua vers le trou du portrait. Une fois sortie, elle se mit à courir dans les couloirs et en quelques instants seulement, elle se retrouva devant le bureau du Professeur Rogue. Elle frappa contre à la porte avec impatience. Quelques secondes à peine s'écoulèrent avant que la porte ne s'ouvre, révélant le Directeur de sa maison. Lorsqu'il vit Hermione -ou plutôt Emelyn, son habituelle expression impénétrable sembla se défaire pour laisser apparaitre un air surpris. Mais comme à son habitude, il regagna bien rapidement son attitude maitrisée et il la laissa entrer dans la pièce. Hermione parcourut rapidement celle-ci des yeux. Le bureau était à l'image de Rogue, sombre, austère et mystérieux.
« Miss. Granger. » dit-il après avoir refermé la porte. « Votre visite me surprend. Des problèmes ? »
Hermione s'empressa de démentir :
« Non, tout se déroule selon le plan. Il n'y a aucun problème. »
Rogue l'observa attentivement comme pour déceler un quelconque mensonge dans son discours. Hermione s'efforça de garder un visage inexpressif même si les battements de son cœur exécutaient une danse folle dans sa poitrine. Le regard sondeur de Rogue la paniquait d'autant plus qu'elle savait qu'il pouvait lire dans son esprit. Elle se prépara même à cette éventualité, tentant de chasser toute pensée de son esprit. C'était Rogue lui-même qui lui avait appris l'Occlumencie durant les mois précédents et même si elle n'était jamais réellement parvenue à maîtriser cet art, elle était prête à faire un effort pour une fois.
« Très bien. » concéda-t-il alors, lui intimant d'un signe de la main de s'asseoir sur le siège en face de son bureau.
Il pointa sa baguette en direction de la porte et murmura une incantation. Les verrous de la porte provoquèrent un cliquetis et Rogue vint s'installer à son tour à son bureau.
« Si tout se déroule aussi parfaitement que vous le prétendez, puis-je me permettre de vous demander la raison de votre visite aujourd'hui ? » s'enquit Rogue.
Hermione hésita quelques instants, ne sachant pas comment formuler sa pensée sans révéler sa peur d'avoir été découverte.
« Je veux savoir qui d'autre de vous et de...du Seigneur des Ténèbres est au courant de ma présence ici. » dit-elle finalement.
Rogue la dévisagea avant de répondre froidement :
« Cela ne vous concerne en aucun cas, Miss Granger. « Contentez-vous de faire ce pour quoi vous avez été envoyée ici. »
« S'il vous plaît ! » s'exclama Hermione avec emportement.
« Je vous prierais de bien vouloir baisser d'un ton, Miss Granger. » trancha Rogue d'un ton sec.
Ses lèvres pincées et son air menaçant persuadèrent d'Hermione de poursuivre sur un ton un peu plus respectueux.
« Excusez-moi. » dit-elle. « Mais c'est vraiment important et... »
« N'est important que ce que le Seigneur a déclaré comme tel, Miss. » coupa Rogue.
Il la jaugea quelques instants de ses yeux sombres et luisants avant de l'interroger.
« Et puis-je me permettre de vous demander pour quelle raison cette information a une telle importance à vos yeux ? »
« Je veux savoir de qui me méfier particulièrement. » répondit Hermione presque dans un murmure.
Elle ne savait pas pourquoi elle ne parvenait pas à en venir directement aux faits et parler de Malfoy. Sans doute par crainte d'amener Rogue à se douter de quelque chose. Ses mains se joignirent dans un geste nerveux et elle se maudit pour son attitude. Elle qui était pourtant si sûre d'elle, habituellement.
« Chaque individu de cet établissement devrait faire l'objet de votre méfiance. » répliqua Rogue. « N'est-ce pas ce qui vous a été enseigné, Miss. Granger ? »
Hermione acquiesça mais ne put s'empêcher de frissonner à la mémoire de ces souvenirs désagréables. Elle leva à nouveau les yeux vers le Directeur de sa maison et croisa son regard inexpressif. Merlin, jamais elle n'avait vu un homme aussi froid. Il ne semblait jamais éprouver une quelconque émotion et lorsqu'elle pensait déceler quelque chose dans ses yeux sombres, c'était une lueur calculatrice et austère. Son hésitation s'intensifia. Comment réagirait-il si elle lui exposait ses doutes concernant Malfoy ? Irait-il immédiatement en faire part à son Maître ? Hermione déglutit à cette pensée. Si c'était le cas, Hermione pouvait d'ores et déjà aller creuser elle-même sa propre tombe. Elle tenta de se convaincre qu'il était inutile d'imaginer des scénarios. Tant qu'elle ne lui demandait pas, elle ne saurait jamais vraiment ce que serait sa réaction. Elle décida alors de se jeter à l'eau :
« J'ai des raisons de croire que Draco Malfoy a des doutes sur ma présence ici et sur ma vraie identité. » avoua-t-elle finalement.
Ses mots avaient été prononcés très rapidement, comme si cela aurait pu atténuer leur effet. Sa nervosité grandit davantage lorsqu'elle croisa l'air effaré du Professeur. Elle jura intérieurement. Si elle était parvenue à soutirer ce genre d'émotion de son visage, cela signifiait que ce n'était pas une bonne nouvelle. Lorsque Rogue parla cependant, ce fut d'une voix contrôlée.
« Je peux vous assurer que Draco Malfoy n'aurait pu avoir vent de quoi que ce soit vous concernant, Miss Granger. » dit-il calmement. « Pas de notre part, du moins. »
En accentuant ainsi ce notre dont il parlait, il faisant sans doute référence au Seigneur des Ténèbres et de lui-même. Et si d'autres Mangemorts étaient également au courant, il semblait évident que Lucius Malfoy n'appartenait pas au groupe. Donc si Malfoy était effectivement au courant de quelque chose...
« Toute information que possède Mr. Malfoy vous concernant n'a pu qu'être donnée par vous-même, inconsciemment, j'imagine. » continua Rogue, terminant la propre pensée d'Hermione.
Etait-ce sa faute ? Avait-elle, d'une manière indépendante de sa volonté, donné des indices à Malfoy sur sa présence à Poudlard ? L'idée intensifia son angoisse et elle commença à tenter de se souvenir de tous les instants où elle s'était trouvée en compagnie de Malfoy et des paroles qu'elle avait pu prononcer devant lui.
Le regard de Rogue était toujours posé sur elle et elle réalisa qu'elle avait non seulement révélé ses doutes sur Malfoy mais qu'en plus, elle était la seule fautive de cette situation.
« Ma visite ici était peut-être exagérée. » commençat-elle en essayant d'esquisser un sourire plus confiant. « J'ai sans doute mal interprété les attitudes de Malfoy envers moi. »
Rogue la gratifia d'un regard sceptique et elle tenta de poursuivre d'une voix plus désinvolte.
« J'imagine que c'était seulement de la paranoïa. Après tout, je connais bien Malfoy. Il agit de cette manière avec tout le monde. J'étais peut-être trop méfiante. » dit-elle en feignant l'assurance.
Il acquiesça mais son air entendu lui montra clairement qu'il était loin d'être dupe.
« J'ose l'espérer. » répondit-il toutefois. « Le contraire serait extrêmement fâcheux, n'est-ce pas ? »
Son ton était calme mais les menaces déguisées n'en restaient pas moins évidentes. Hermione se força à sourire.
« Bien sûr. » dit-elle.
Rogue hocha la tête et l'autorisa à disposer, ce qu'Hermione s'empressa de faire. L'ambiance austère qui régnait dans la pièce et le regard glacial de Rogue commençaient sérieusement à la mettre mal-à-l'aise. Rogue, d'un coup de baguette, ôta le sortilège qu'il avait posé sur la porte et Hermione put enfin sortir. Elle se hâta de quitter la pièce, impatience de s'éloigner de cet antre angoissant et peu accueillant. Alors qu'elle déambulait sans but apparent dans les couloirs, elle se maudit. Pourquoi et comment, par Salazar, avait-elle pu se mettre dans une telle situation ?
Quelques mois auparavant...
Hermione laissa échapper un énième soupir de frustration alors qu'elle refermait le livre qu'elle tentait de lire depuis plusieurs jours déjà. Elle avait été contente de voir que la maison dans laquelle vivait Viktor était dotée d'une bibliothèque mais, lorsqu'elle avait réalisé que la majorité des livres étaient en bulgare, elle avait très vite abandonné, ne comprenant pas un seul mot de cette langue.
Quelques jours auparavant, elle avait déniché un livre en anglais mais celui-ci s'était révélé tellement décevant qu'elle avait rapidement dû laisser tomber. Désœuvrée, elle avait alors plusieurs fois tenté de le reprendre mais à chaque fois, la niaiserie de l'histoire et le manque de relief des personnages l'avaient dissuadée d'aller plus loin dans sa lecture. La sottise de l'héroïne était telle qu'Hermione levait les yeux à quasiment chacune de ses répliques. Elle avait envie de crier à Mindy que, si Fernando le bel argentin voulait tant l'épouser, c'était uniquement parce qu'elle avait un père directeur d'une grande firme qui produisait les meilleurs balais de Quidditch du pays et qu'il n'en avait qu'après son argent. Mais Mindy, trop aveuglée par son attirance pour Fernando, refusait de voir qu'il n'était rien d'autre qu'un gigolo qui n'avait qu'un seul but en tête : lui soutirer des gallions.
Le livre vouait un véritable culte au corps de Fernando. Tout était décrit, de ses cheveux soyeux à ses lèvres suaves en passant par ses muscles saillants et brillants lorsqu'il sortait de la douche, et ce pendant des pages et des pages. Si bien qu'Hermione était capable de décrire l'anatomie du héros en détail. Le manque de crédibilité et de cohérence du livre l'amenait à se demander si l'auteure n'avait pas été sous l'effet de substances illicites lorsqu'elle l'avait écrit. D'autre part, bien évidemment, l'héroïne montait directement au septième ciel lors de sa première fois. « La chanceuse. » avait commenté Hermione en levant les yeux au plafond après la lecture de la nuit de passion et d'extase de Mindy et Fernando.
Elle posa le livre sur la table basse, se demandant vaguement pourquoi Viktor possédait un livre qui visait certainement un public jeune, féminin et sans souci de réalisme. Elle s'installa plus confortablement dans le fauteuil, jetant un regard distrait à la pièce silencieuse.
Apparemment, c'était le club dans lequel Viktor jouait qui lui avait donné cette maison. Elle se trouvait dans un quartier résidentiel non loin de la périphérie de Londres habité essentiellement par des familles de sorciers fortunées et gardé par des Aurors selon Viktor. Lorsqu'Hermione avait objecté qu'elle n'avait eu aucun mal à entrer dans le quartier et qu'elle n'avait vu aucun Auror le soir où elle était arrivée, Viktor lui avait expliqué qu'il était un résident du quartier et qu'en lui communiquant son adresse, il lui avait permis d'y transplaner. Elle n'avait pas très bien compris en quoi cela l'avait empêché d'être vue par les Aurors, mais, selon les dires de Viktor, c'était un système complexe qui empêchait les gens non conviés de trop s'approcher de la résidence. Visiblement, le club avait déployé les grands moyens pour la sécurité de son attrapeur vedette.
Comme d'habitude, la maison était silencieuse et même l'elfe de maison de Viktor semblait s'être évaporé. La plupart du temps, Hermione était seule car Viktor allait s'entraîner plusieurs heures chaque jour. Elle s'ennuyait ferme et sa réelle seule occupation était la visite quotidienne qu'elle faisait chez le kiosque du quartier pour acheter la Gazette du Sorcier et d'autres journaux sérieux pour éplucher les nouvelles à la recherche d'un article sur la disparition d'une élève après l'agression d'un de ses condisciples. La seule information à propos de Poudlard qu'elle avait réussi à trouver concernait le concert donné par les Weird Sisters au bal d'Halloween. Elle en était donc arrivée à la conclusion que cette loque de Malfoy avait survécu. Même si cela l'avait soulagée, elle n'avait pu s'empêcher d'éprouver une petite déception malsaine à la pensée de sa survie.
Elle passait donc la majorité de ses journées à flâner dans la maison à la recherche d'occupations distrayantes. Elle avait même plusieurs fois tenté d'aider l'elfe de maison à remplir des tâches ménagères mais il avait éclaté dans une crise de sanglots interminables, couinant que c'était parce qu'il faisait mal son travail qu'elle voulait elle-même s'en charger. Elle avait même dû l'attacher avec une corde pour l'empêcher de s'assommer avec un rouleau de farine.
Viktor lui offrait une compagnie distrayante lorsqu'il rentrait mais comme elle était forcée d'écouter ses tribulations sportives, son ennui refaisait rapidement surface. Jouer les transies d'amour pour lui commençait également à la fatiguer. Le vague intérêt qu'elle avait eu pour lui lors de sa quatrième année avait disparu il y avait bien longtemps déjà. A l'époque, elle n'avait que quatorze ans et si elle avait trouvé le fait d'embrasser un type de quatre ans plus vieux qu'elle terriblement excitant, c'était loin d'être le cas à présent. Elle le trouvait sympathique, rien de plus.
Heureusement pour elle, depuis son arrivée, il n'avait pas proposé qu'ils sortent quelque part ensemble. Elle n'aurait sans doute pas pu lui expliquer pour quelle raison elle ne voulait pas être vue à l'extérieur. En fait, mis à part ses entrainements et ses virées avec les membres de son équipe, il sortait peu. Il lui avait expliqué que dès qu'il posait un pied dans une rue marchante, il était harcelé par des hordes de photographes, journalistes et de fans. Il disait que s'ils étaient vus quelque part, ils se retrouveraient en première page des journaux avec un scandale du type : « L'Attrapeur qui les attrape au berceau. » Ils n'avaient que quatre années de différence mais comme elle était à peine majeure et qu'elle n'avait même pas encore fini sa scolarité, les reporters trouveraient forcément à polémiquer. Hermione avait alors feint de comprendre ses raisons. La réticence de Viktor à sortir en public l'arrangeait.
Mais aujourd'hui, elle n'en pouvait plus de rien rester à ne rien faire. Ces journées longues et interminables la fatiguaient, elle saturait. Elle jeta un regard à la fenêtre. Sortir ne lui semblait plus risqué à présent puisque l'affaire Malfoy paraissait sans suite. Elle avait contraint ses parents à écrire à Poudlard pour expliquer son départ précipité de l'école. La lettre, écrite de la main de Mr. Granger, expliquait que les Granger préféraient retirer leur fille de Poudlard pour s'occuper eux-mêmes de son éducation à cause du danger auquel elle était directement exposée à Poudlard. Et en ces temps sombres, qui aurait pu contester cette décision ? Cela avait été dur de voir ses parents obéir sans résister, sous l'emprise de L'Impérium. Mais elle avait rapidement chassé ce sentiment de culpabilité en essayant de se convaincre qu'ils avaient mérité ce qui leur arrivait.
Elle se mit debout et se dirigea vers la cuisine. Tyga, l'elfe de Viktor astiquait un comptoir de cuisine et lorsqu'il la vit, il sauta de son tabouret et s'inclina bien bas devient-elle.
« Tu n'as pas besoin de faire ça. » dit-elle avec douceur.
« Tyga doit s'incliner devant la Maîtresse. Quel genre d'elfe serait Tyga s'il ne le faisait pas ? »
« Je ne suis pas ta maîtresse. »
« La jeune Miss. est la nouvelle Maîtresse de Tyga a dit le Maître. Tyga doit obéir à tous ses ordres. » expliqua l'elfe avant de s'incliner à nouveau.
Hermione ne put s'empêcher de grimacer. Bien que sa propre famille soit conservatrice, ils n'avaient jamais eu d'elfe de maison. Et, pour une raison obscure, elle avait toujours détesté de voir ces créatures s'humilier de la sorte devant les sorciers. Et le plus aberrant pour elle était de savoir qu'ils ne réclamaient ni droits, ni salaire.
« J'ai envie de sortir pour marcher un peu. Qu'est-ce qu'il y a autour de ce quartier, sommes-nous près de Londres ? »
« Londres est trop loin pour la marche, Miss. Si Miss veut aller là-bas, elle devrait prendre la poudre de cheminette. »
« Je ne veux pas aller à Londres. » rectifia Hermione. « Simplement marcher un peu dans les alentours. »
« Il n'y a pas grand-chose en dehors de la résidence Miss. Simplement la campagne et un petit village de sorciers. » l'informa l'elfe.
Hermione acquiesça puis le remercia distraitement avant de quitter la pièce. Elle se dirigea dans sa chambre pour prendre sa baguette. Elle ne l'avait plus utilisée depuis l'Impérium qu'elle avait lancé, de peur de se faire tracer. Elle n'était pas certaine de savoir comment fonctionnait le système de pistage du Ministère alors elle avait préféré ne pas prendre de risque. Elle la fourra quand même dans sa poche lorsqu'elle quitta la maison.
Elle n'avait pas vu grand-chose du quartier, juste le kiosque chez lequel elle achetait les journaux. Au loin, elle aperçut deux grandes grilles et elle se dirigea vers elles, devinant que c'était la sortie de la résidence. Elles étaient grandes ouvertes, ce qu'elle trouva étrange. Viktor ne lui avait-il pas dit que cet endroit était bien gardé ? Elle franchit les grilles sans problème et après avoir effectué quelques mètres du chemin sur lequel elle arriva, elle se retourna vivement, comme si elle s'attendait à ce que quelqu'un la pourchasse. Ce qu'elle vit lui fit écarquiller les yeux de surprise.
Non seulement personne ne la suivait mais toutes les maisons de la résidence avaient disparues. Les grilles étaient toujours présentes, mais elles étaient closes cette fois et elles semblaient garder un vieux bâtiment à l'aspect désaffecté. Près de ce qui ressemblait à une cabane de surveillance, deux hommes discutaient. C'était sûrement ce dont parlait Viktor. A l'extérieur, la résidence n'était pas visible et le seul moyen d'y entrer était de savoir exactement où l'on allait, donc de connaitre l'adresse. C'était un peu le même système que celui qui avait été utilisé pour dissimuler Poudlard aux yeux des Moldus mais ici, même les sorciers étrangers au lieu ne pouvaient pas savoir ce qui s'y trouvait. Quant aux deux hommes qui discutaient, ils étaient sûrement les Aurors dont avait parlé Viktor.
Elle se détourna des grilles et commença à suivre le chemin pétré qui séparait deux allées broussailleuses. Les pierres qui jonchaient la voie étaient si nombreuses qu'Hermione se demanda si une âme humaine l'avait un jour empruntée. Durant une trentaine de mètres, elle dû faire preuve de tout son équilibre pour ne pas s'étaler de tout son long sur le sol. Puis, plus elle s'avança, plus les pierres lui semblèrent devenir de moins en moins présentes et finalement, le chemin redevint accessible. Quelques minutes plus tard, elle arrivait au village dont parlait l'elfe de Viktor. C'était un petit village, avec peu d'habitations et celles qui le formaient étaient rustiques. Les rues semblaient complètement désertes. Soudain, elle sentit une goutte d'eau tomber sur son nez et celle-ci fut rapidement suivie par d'autres. Bientôt, une véritable averse commença et Hermione jura intérieurement. Elle vit l'enseigne d'un pub – Le Ver champêtre, dans lequel elle se précipita pour échapper à la pluie torrentielle. Le Pub était bondé ce qui était étrange puisqu'elle n'avait pas croisé une seule âme dans les rues du village et Hermione peina à trouver une table libre. L'atmosphère du bar était glauque et Hermione, en observant les clients, se demanda dans quel lieu louche elle avait encore atterrît. Une serveuse à la robe de sorcière dans un piteux se présenta à elle.
« Qu'est-ce que ce sera pour la demoiselle ? » demanda-t-elle en la regardant de la tête aux pieds.
« Un verre de whisky-pur-feu s'il-vous-plaît. » dit Hermione.
La serveuse lui adressa un regard soupçonneux mais ne fit aucun commentaire.
« Je vous apporte ça tout de suite. » lança-t-elle avant de s'éloigner.
Hermione soupira et reporta son attention sur l'intérieur du pub. Ce dernier avait un aspect tellement miteux qu'Hermione se demanda s'il avait été rangé ou nettoyé dans les derniers mois. Si un employé du service des Régulations des lieux publics était entré dans cet endroit, il l'aurait certainement fait fermer pour atteinte manifeste aux normes sanitaires. Tout le mobilier qui s'y trouvait – tables, chaises, semblait maculé de saleté. Même les murs étaient couverts d'épaisses couches de poussière grisâtre. Elle entendit d'ailleurs plusieurs clients qui se raclaient bruyamment la gorge et qui éternuaient à tout va et elle ne put réprimer une grimace dégoutée. Quand la serveuse vint lui apporter sa commande, Hermione attendit qu'elle s'éloigne pour inspecter méticuleusement les bords de son verre, à la recherche de toute trace de cette saleté qui semblait gangrener l'endroit.
« Ne t'inquiètes pas, ils lavent leurs verres depuis que l'un des clients s'est étouffé avec un cafard. Ils ont peur de se retrouver avec un procès du Ministère au derrière, tu vois. » déclara soudainement une voix, faisant sursauter Hermione.
Elle leva les yeux vers celui qui avait parlé et son regard tomba sur un jeune homme à la silhouette efflanqué. Il avait un visage émacié, des cheveux châtains coupés très courts et son teint était terreux. Hermione jeta un regard soupçonneux à son verre avant de le poser sagement sur la table. L'homme eut un rictus amusé et sans lui demander son avis, s'installa sur l'autre chaise de la table d'Hermione.
« D'où viens-tu ? » demanda-t-il en la regardant curieusement. « Je ne t'ai encore jamais vue dans le coin. »
Hermione se contenta de le dévisager. Non seulement il venait s'installer à sa table sans lui en demander la permission mais il osait également l'interroger sur sa présence dans ce pub. Pour qui se prenait-il ? Elle ne le connaissait pas et n'avait donc aucun compte à lui rendre. Elle ne dit pas un mot mais lui fit comprendre par un regard hostile que cela ne le regardait pas. Toutefois, il ne sembla pas se vexer le moins du monde.
« Ce n'est pas de l'indiscrétion, simplement de la curiosité. » se justifia-t-il. « Mon intention n'était pas de me mêler de ce qui me regarde pas. »
Hermione hocha la tête mais resta méfiante.
« Je ne suis pas d'ici moi aussi, mais je connais bien le coin. Pas trop d'étrangers qui traînent par ici, alors quand il y en a, je le remarque tout de suite. » expliqua-t-il.
Il se tourna vers le bar et héla la serveuse.
« Un whiski-pur-feu par ici ! » s'exclama-t-il.
La serveuse arriva quelques secondes plus tard en apportant un verre de whiski-pur-feu. Elle jeta à un nouveau un regard méfiant à Hermione avant de s'éloigner.
« Ils n'aiment pas trop les étrangers, ici. » lui apprit l'homme en vidant son verre d'un trait.
« Pourtant, ils n'ont pas l'air de vous détester. » fit remarquer Hermione.
Elle avait vu la serveuse jeter un regard plein d'espoir dans sa direction.
« Comme je l'ai dit, je connais plutôt bien le coin. Je viens par ici de temps en temps. Des affaires à régler. » dit-il évasivement. « Alors ils sont habitués à moi. »
Il héla à nouveau la serveuse et lui faire comprendre par un geste en direction de son verre qu'il souhaitait qu'il soit à nouveau rempli.
« Et je t'en prie, tu peux me tutoyer. On est pareils tous les deux. D'ailleurs, je ne me suis pas présenté. Je suis Adamus Mulciber. » dit-il. « Et toi ? »
« He... » commença Hermione avant de se rattraper précipitamment. « Helda. »
« Helda, tu dis ? » répéta Adamus. « Et ton nom ? »
« Parkinson. » mentit Hermione, lançant le premier nom qui lui venait à l'esprit.
Elle n'allait certainement pas lui révéler sa vraie identité. Elle espérait seulement qu'il ne connaissait pas les Parkinson.
« Parkinson... » répéta-t-il.
Il parut en pleine réflexion et sirota distraitement le verre que la serveuse venait de remplir.
« Alors, Helda... » reprit-il finalement. « Qu'est-ce qui t'amène dans ce coin paumé ? Tu ne viens pas pour visiter j'imagine ? »
« A vrai dire, si. Je cherche une maison. J'envisage de m'installer ici. » mentit Hermione.
En entendant cela, Adamus éclata d'un rire franc.
« Salazar, tu plaisantes ! » s'écria-t-il en s'esclaffant. « Pourquoi une fille dans ton genre viendrait-elle s'installer dans ce trou désert ? »
« La tranquillité. » répliqua Hermione.
« La tranquillité ? Tu me parais un peu jeune pour être à la recherche de tranquillité. » fit-il remarquer en la détaillant. « Quel âge as-tu ? »
« Vingt-ans. » mentit Hermione.
« Vingt ans et tu n'as pas d'autres projets d'avenir que de t'installer dans un coin rempli de péquenauds sans intérêt ? » demanda-t-il avec ironie.
A ce moment-là l'un des clients, manifestement ivre, se mit à crier des choses incompréhensibles. Un autre lui hurla de se taire et jeta ce qui ressemblait à une coupelle dans sa direction. Ils commencèrent à s'insulter et parurent même sur le point d'en venir aux mains.
« Pas de bagarre, aujourd'hui ! » hurla la serveuse en se précipitant vers eux, sa baguette en main.
Cela sembla beaucoup amuser Adamus. Il avait observé la scène en hurlant de rire, se tenant les côtes. Quand son hilarité cessa, il se tourna à nouveau vers Hermione et lança :
« Il est trop tôt, tu n'as encore rien vu. Attends quelques heures et ces ploucs vont devenir incontrôlables. »
Il sembla ensuite retrouver son sérieux et poursuivit gravement :
« Si tu viens habiter dans le coin, je peux te prédire ce qui va t'arriver. Tu vas rapidement te rendre compte qu'il n'y a rien à faire par ici. Si tu ne meurs pas à cause d'une maladie liée aux mauvaises conditions sanitaires, ce sera d'ennui. Tu viendras alors dans le seul endroit qui a de l'ambiance dans le coin – ce pub. Ton existence insignifiante te conduira à boire jusqu'à devenir alcoolique et l'un de ces ploucs en profitera pour faire de toi sa poule pondeuse. Pas très enthousiasmant tout ça, pas vrai ? »
Tout en disant cela, il avait continué de siroter tranquillement son verre, visiblement très satisfait de son discours. Il semblait ressentir un véritable mépris à l'égard de ces gens et Hermione se demanda pourquoi il venait aussi souvent ici, comme il l'avait dit.
« Tu n'es pas le genre de personne qui gâcherait aussi bêtement sa vie. » dit-il en la lorgnant. « Tu es plutôt mignonne, et tu n'as pas l'air trop stupide. Je suis certain que tu pourrais faire des choses bien plus intéressantes. » fit-il remarquer.
« Vous ne me connaissez pas. » rétorqua Hermione d'un ton sec.
« En effet. Mais je devine beaucoup de choses sur toi simplement en observant la manière dont tu agis et t'exprimes. » dit-il. « Tu me fais penser à une princesse égarée. »
« Vous ne savez pas de quoi vous parler. » siffla-t-elle, irrité par ce qu'il disait.
Elle n'appréciait guère d'être analysée d'une façon si péremptoire.
« Au vu de ta réaction, j'ai au contraire l'impression d'avoir vu juste. » répliqua-t-il avec un ricanement. « Alors princesse égarée, qu'est-ce qui t'amène vraiment dans le coin ? »
« Je ne vois pas en quoi cela vous concerne. » trancha Hermione avec froideur.
« Tu es farouche, j'aime ça. » avoua-t-il avec un rictus moqueur, s'attirant un regard noir de la part d'Hermione.
« Tu m'as l'air bien remontée. » continua Mulciber en l'observant avec attention. « Des déceptions, je parie. Contre qui tu es-tu autant fâchée ? La société ? Tes parents ? Ton petit-ami ? »
Il avait accentué ce dernier mot avec une moquerie évidente.
« Encore une fois, ce ne sont pas vos affaires. »
Il se borna à sourire, ne semblant pas s'offenser de l'attitude d'Hermione envers lui.
« J'ai une solution à tes problèmes. » lança-t-il soudainement.
Hermione leva un sourcil, sceptique.
« Je sais ce que c'est d'être constamment rabaissé au profit d'autres. » commença-t-il.
Il y avait une lueur passionné dans ses yeux et Hermione se demanda de quoi il parlait et en quoi cela avait à voir avec son propre problème. Problème qu'il ne connaissait d'ailleurs pas alors elle voyait mal quelle solution il pourrait lui fournir.
« Au profit de ceux qui ne le méritent pas mais qui volent et détruisent ce que tu as construit. » poursuivit-il avec ferveur. « Dis-moi Helda, n'as-tu jamais souhaité réclamer ce qui te revenait de droit ? »
Hermione acquiesça avec amertume. Evidemment qu'elle souhaitait réclamer l'objet de son désir. C'était à elle que Ginny devait appartenir, certainement pas à Potter. Qu'avait-il fait pour la mériter ?
« C'est ce que mes amis et moi nous attelons à faire. Nous punissons les voleurs. »
« Vous les punissez ? » répéta Hermione, sans comprendre.
« Oui, c'est ce nous faisons. » admit Mulciber avec un sourire obscur. « Nous sommes une armée organisée qui luttent pour les droits des gens honnêtes. »
« Je ne comprends pas. »
« Laisse-moi t'expliquer, dans ce cas. Dans notre société, il y a deux groupes. Le premier, le peuple, la masse, qui suit et prône des idées qui nuisent à nos valeurs traditionnelles. Le second groupe, dont mes amis et moi faisons partie, se bat pour sauvegarder ces valeurs et punir les voleurs qui les ont souillées. »
« Alors vous vous venger de... » commença Hermione.
« Ce n'est pas de la vengeance mais de la justice. Nous nous faisons justice à nous-mêmes car ceux qui nous gouvernent en sont incapables. Ils agissent seulement dans l'intérêt de cette masse qui est trop faible et trop aveugle pour voir le mal qui gangrène notre société. Ce gouvernement adore les voleurs, les encouragent à fréquenter les gens purs. Notre groupe rassemble des personnes qui ont assez de courage pour se battre pour ce en quoi ils croient. Hélas, nous ne sommes qu'une minorité. Notre petit nombre ne nous permet par d'agir comme nous le voudrions. C'est pour cette raison que nous cherchons de nouveaux alliés. »
Hermione avait écouté son discours avec concentration mais une seule idée avait retenu son attention. Se faire justice à soi-même. N'était-ce pas à cela qu'elle aspirait ?
« Si toi aussi tu en as assez de ceux qui ruinent ce que tu as accompli et qui volent ce t'appartient alors tu peux nous rejoindre. »
Ne lui avait-on pas tout volé ? Cette réputation qu'elle s'était attelé à se forger durant toutes ces années, ce statut qu'elle avait acquis ? Ruinés. Elle avait pris Ginny sous sa tutelle depuis son entrée à Poudlard, et celle-ci, dès qu'elle avait eu ses propres ailes, s'était envolée sans elle. Avec Potter. Tout ce qu'Hermione avait réuni lui avait ôté sans qu'on lui ait demandé son avis. A présent, elle était en droit réclamer ce qui lui avait été enlevé injustement.
« Tu peux y réfléchir. Je traîne par ici souvent. Le week-end surtout. Tu me diras ce que tu en penses. » proposa alors Adamus. « Ce n'est pas une urgence. »
Pour Hermione, c'était au contraire très urgent. Tout le temps qu'elle passait ici l'éloignait de son droit sur ce qu'il lui appartenait. Tout le temps qu'elle passait ici renforçait l'emprise que Potter exerçait sur Ginny. Tout le temps qu'elle passait ici la rendait étrangère à elle-même.
Trop plongée dans ses réflexions, elle ne remarqua qu'à peine que Mulciber l'observait avec un rictus satisfait. Elle sortit de sa torpeur lorsque le bruit d'une chaise qui raclait le sol lui parvint aux oreilles. Mulciber s'était levé et la regardait à présent avec amusement.
« A bientôt, j'espère. » dit-il d'un air entendu en jetant quelques pièces argentées sur la table.
Il rabattit la capuche de sa robe de sorcier sur sa tête et s'éloigna en direction de la sortie. Hermione resta quelques minutes immobile, l'air hagard. Puis, elle se leva à son tour et jeta un gallion sur la table avant de s'éloigner. La serveuse passa au même moment et ses yeux s'exorbitèrent lorsqu'elle vit la pièce dorée qu'Hermione venait de poser sur la table. Une lueur qui ressemblait vaguement à de la reconnaissance passa dans son regard mais Hermione l'ignora et quitta le pub.
Sur le chemin du retour, ses pensées restèrent tournées vers ce que Mulciber lui avait dit. Lui et son groupe pourraient-il, comme il l'avait prétendu, lui rendre tout ce qu'elle avait perdu ? Elle atteint à nouveau le chemin jonché de pierres et elle se décida à transplaner d'ici pour ne pas avoir à le traverser une nouvelle fois. Elle ferma les yeux, se concentrant sur sa destination et quelques secondes plus tard, elle se retrouva devant la maison de Viktor.
Dans les jours qui suivirent, elle ne cessa de caresser l'idée de se rendre à nouveau dans ce pub mais à chaque fois qu'elle se décidait à y retourner, elle se désistait juste avant de quitter la maison. Un soir alors que Viktor et elle-même dinaient dans la salle à manger, il lui expliqua qu'il devait se rendre dans son pays pendant une semaine s'entraîner avec l'équipe nationale à l'occasion d'un match. Il lui demanda s'il elle ne préférait pas retourner à Poudlard que de rester seule deux semaines entières.
« Si tu veux que je m'en aille, alors je m'en vais. » dit-elle alors.
« Ce n'est pas ce que je voulais dirrre. » s'empressa de rectifier Viktor. « Je me demandais si cela ne dérrrangait pas ton école ou tes parrrents que tu rrrâtes autant de courrrs. Ils savent que tu es ici, non ? »
Hermione qui s'apprêtait à porter une bouchée de nourriture à ses lèvres cessa net son mouvement. Elle devait s'y attendre. Cela faisait déjà plusieurs semaines qu'elle était ici, il était évident qu'il finirait par poser des questions. Elle se força à lui adresser un sourire rassurant.
« Bien sûr qu'ils le savent. Mais tu as raison, il est sans doute temps que j'y retourne. » dit-elle.
« Je ne veux pas te forrrcer. C'est juste que l'idée que tu t'ennuies toute seule ici me dérrrrange. » admit-il.
Elle s'empêcha à grand peine de lever les yeux au ciel. Et à son avis, qu'avait-elle fait depuis son arrivée mis à part s'ennuyer ?
« Je comprends. Et puis j'ai des examens à la fin de l'année et il n'est pas bon pour moi de râter autant d'heures de cours. » déclara Hermione.
Et dès le samedi suivant, il la quitta pour retrouver son pays natal. Hermione, dès qu'il eut quitté la maison, appela Tyga pour que celui-ci miniaturise ses affaires afin de les faire tenir dans un sac, ne voulant pas se servir de la magie. Et dès le soir, elle se retrouva au Ver champêtre.
Dans le fond, songea-t-elle, le départ de Viktor l'arrangeait. A présent, elle pourrait se concentrer sur ses intérêts personnels et si Mulciber avait la « solution à ses problèmes », les régler rapidement.
Elle s'installa à la même table qu'elle avait occupée lors de sa première venue dans le pub et à peine fut-elle assise que la serveuse se précipitait vers elle.
« Que puis-je vous servir Miss ? » demanda-t-elle d'un ton formel.
« Une bièraubeurre. » répondit Hermione, étonnée de cette nouvelle attitude à son égard.
« Je vous apporte cela immédiatement, Miss. » assura la serveuse avant de s'éloigner rapidement.
Elle revint quelques secondes plus tard avec la boisson d'Hermione et cette dernière, en inspectant le verre, remarqua qu'il paraissait propre. Elle avala quelques gorgées de sa bièraubeurre en observant les clients du pub d'un œil distrait.
« Princesse égarée. Je savais que tu reviendrais. » dit alors une voix amusée.
Hermione hocha la tête alors qu'Adamus Mulciber s'asseyait en face d'elle.
« Ma proposition t'a donc intrigué ? » constata-t-il.
Hermione se contenta à nouveau d'acquiescer et un sourire mystérieux s'étira sur les lèvres de Mulciber.
« Tu prends la bonne décision. » assura-t-il.
« Alors ? » commença Hermione avec hésitation. « Comment ça se passe ? »
Mulciber lui sourit pour toute réponse.
« Suis-moi. » dit-il alors qu'il se levait.
« Où allons-nous ? » demanda immédiatement Hermione avec surprise.
« Il faut qu'on sorte d'ici. » répondit-il en lui intimant de la suivre avec un geste de la main.
Hermione l'observa avec hésitation mais, se convaincant rapidement qu'elle n'avait plus rien à perdre, se leva à son tour. Elle laissa quelques pièces sur la table et s'engagea à sa suite à l'extérieur du pub. Dehors, la nuit était déjà tombée et ils marchèrent quelques secondes dans l'obscurité avant que Mulciber se tourne soudainement vers elle, tendant son bras dans sa direction. Hermione lui adressa un regard interrogateur mais la nuit les entourait et il ne sembla pas voir son regard.
« Accroche-toi. » ordonna-t-il. « Je vais t'escorter. »
Hermione hésita une nouvelle fois mais finir par poser sa main sur le bras de Mulciber. La sensation désagréable du transplanage l'assaillit à nouveau et elle fut soulagée lorsque ses pieds atterrirent sur un sol ferme. Elle observa l'endroit dans lequel ils venaient de transplaner. C'était une large pièce éclairée faiblement, uniquement à la lumière de bougies en suspension dans l'air. Cela ressemblait au Hall d'entrée d'une grande demeure. A côté d'elle, Mulciber s'était rapidement remis de son transplanage et il marchait déjà vers une grande porte en bois noir à l'autre bout de la pièce. Hermione le suivit, peu rassurée dans cet endroit.
Une gigantesque fresque ornait les deux grandes portes, celle d'un gigantesque serpent qui ondulait lentement en les regardant. Arrivé devant lui, Mulciber tira la manche de sa robe de sorcier et la représentation du serpent commença à se mouvoir plus rapidement, ondulant devant eux. La créature avança sa tête près du bras de Mulciber pour l'observer. Il sortit la langue, faisant un signe approbateur de la tête. Quelques secondes plus tard, les portes s'ouvraient, révélant un grand couloir où des dizaines de personnes marchaient rapidement. Certains d'entre eux portaient de longues robes de sorciers sombres et leurs visages étaient dissimulés par des masques. Les autres semblaient ordinaires et observaient les lieux avec une crainte évidente. Hermione réalisa alors que quelque chose n'allait pas. Ces sorciers dissimulés sous des masques lui rappelaient clairement des images qu'elle avait vues dans la Gazette du Sorcier.
« Où sommes-nous ? » demanda-t-elle alors à Mulciber, pas certaine de vouloir connaitre à la réponse.
« Ça, ma jolie... » dit-il tandis qu'il sortait à son tour un masque et qu'il le revêtait sur son visage. «...c'est le Repaire du Seigneur des Ténèbres. »
/
La porte se claqua sèchement provoquant un bruit sourd et Ginny observa celle-ci l'air interloqué, encore surprise par le départ brusque d'Emelyn. Mais, elle ne s'attarda pas plus sur cette dernière. Elle avait des choses plus importantes à régler. Hermione, par exemple. Si seulement elle avait pu consulter encore cette maudite carte ! Mais non, il avait fallu que Sa Majesté Harry Potter déserte une nouvelle fois, sans la prévenir. Quel prétexte utiliserait-il cette fois ? Elle avait été à la bibliothèque avec lui quelques minutes avant son départ Merlin-ne-savait-où et il n'avait pas daigné la prévenir. Pour qui se prenait-il ? Elle n'avait rien de la petite amie parfaite mais lui n'était pas exemplaire sur tous les plans, non plus. Malheureusement pour lui, cette fois, elle ne laisserait pas passer. Dès son retour, et elle espérait pour lui que celui-ci serait rapide, Harry Potter devrait faire face à son courroux.
Dès le lendemain, elle continua d'interroger les élèves de sa maison sur leur ex préfète-en-chef. A nouveau, elle ne reçut que des réponses négatives et des regards curieux. Pansy Parkinson, pour sa part, ne perdit pas une occasion de faire ce qu'elle savait faire de mieux : médire.
« J'ai entendu dire qu'elle était tombée enceinte et que c'est pour ça qu'elle a dû partir. » avança-t-elle.
« Salazar, tu plaisantes ? » s'exclama Daphné en ouvrant de grands yeux. « De qui, Draco ? »
« Bien sûr que non. » rétorqua Pansy en dévisageant Daphné comme si elle avait perdu la tête. « Elle trompait Draco de tous les côtés, tout le monde le savait. »
« Je n'en ai jamais entendu parler. » fit remarquer Daphné avec scepticisme.
« Est-ce que tu as regardé son ventre pendant le bal d'Halloween ? » demanda Pansy sur le ton de l'évidence. « Elle avait des rondeurs. Elle a sûrement voulu partir parce que ça commençait à se voir. »
« Peut-être qu'elle avait pris du poids. »
« Oh je t'en prie Daphné, pourquoi cherches-tu à la défendre ? »
« Je ne cherche pas à la défendre. C'est juste que ce n'était pas trop le genre de fille à ne pas prendre ses précautions. »
Pansy émit un rire moqueur.
« Comme si tu savais quelle genre de fille elle était, Daphné. Je veux dire, ce n'est pas comme si tu étais amie avec elle. » répliqua-t-elle avec dédain. « Une fille facile, voilà le genre de fille qu'elle était. »
« Je n'étais pas amie avec elle c'est vrai, mais Ginny, oui. » répliqua Daphné en se tournant vers la rousse. « Vous étiez meilleures amies toutes les deux, donc tu sais pourquoi elle est partie. »
« Ça ne vous regarde pas. » siffla Ginny. « Et toi Pansy tu ne sais pas de quoi tu parles alors tu ferais mieux d'arrêter de raconter ce genre de mensonge. Son départ n'a rien à voir avec ce que tu sembles croire. »
Pansy, blessée, se tut et Daphné s'empressa de détourner la conversation sur un autre sujet en constatant la froideur de Ginny. Celle-ci ne supportait pas les ragots de Pansy à propos d'Hermione. Pansy avait toujours été jalouse d'elle. Hermione était plus intelligente, plus populaire et elle avait toujours refusé d'entrer dans le cercle d'amies de Pansy alors que toutes les filles de leurs années à Serpentard suivait cette dernière comme si elle délivrait un message divin. Leurs rapports qui avaient été froids et distants durant leurs six premières années d'études s'étaient changés en une véritable haine mutuelle quand, plus tôt dans l'année, Hermione avait commencé à sortir avec Malfoy, la « chasse gardée » de Pansy. Depuis le départ d'Hermione, Pansy se considérait comme la Princesse des Serpentard et tentait désespérément de s'attirer les faveurs du Prince de la maison.
Le Prince en question fit d'ailleurs une entrée remarquée dans la Grande Salle, une Gryffondor accrochée au bras. Presque aussitôt, les grandes ragoteuses de l'école se penchèrent les unes vers les autres pour commenter ce qu'elles voyaient et en moins d'une minute, la rumeur s'était déjà propagée dans l'ensemble de la Grande Salle.
« Quoi ? » s'exclama Pansy d'une voix scandalisée après avoir entendu par Milicent Bulstrode que Malfoy avait une nouvelle petite-amie.
Elle se tourna instantanément vers les grandes portes de la Grande Salle. Devant celles-ci, Draco Malfoy et sa nouvelle fiancée se donnaient en spectacle et ils s'offrirent au tout Poudlard le baiser le plus langoureux auquel l'école ait jamais assisté en public. Pansy jura, Ginny ricana et Daphné s'exclama :
« Mais c'est Regina Vamp ! »
« Romilda Vane. » corrigea Ginny.
Pansy se tourna vers elle et lui adressa un regard mauvais auquel Ginny répondit par un air innocent.
« C'est toi qui l'as présenté à cette fille. » l'accusa Pansy.
« Je ne pouvais pas savoir qu'ils s'entendraient aussi bien. » déclara Ginny en haussant les épaules, l'air faussement désolée.
Pansy parut sur le point de répliquer mais Draco arriva au même moment à leur table et s'installa aux côtés de Ginny.
« Je croyais qu'on s'était mis d'accord pour arrêter. » lui fit remarquer Ginny à voix-basse. « Tu n'as pas besoin de faire semblant. »
« Je ne suis pas en train de faire semblant. » déclara Draco. « Je suis resté trop longtemps célibataire. »
« Merlin, tu plaisantes ? A quand remonte la dernière, deux semaines ? »
« Deux semaine et trois jours, plus exactement. Et c'est déjà trop pour moi. » se défendit-il.
Ginny secoua la tête, dépassée par ce qu'elle entendait. Emelyn arriva soudainement à la table et elle s'installa aux côtés de Nott.
« On ne t'a pas beaucoup vue ce matin. » fit remarquer Ginny.
La blonde se contenta d'hausser les épaules et maugréa quelque chose à propos de « choses à faire »
« Tu sèches les cours. Qu'est-ce va penser McGonagall ? »
« Je lui dirais que j'étais malade. »
Et dans les jours qui suivirent, Ginny ne put que constater l'étrangeté du comportement d'Emelyn. Elle disparaissait parfois sans prévenir, pendant des heures durant, sautait les repas et lorsqu'elle revenait et que Ginny l'interrogeait, elle prétendait avoir été à la bibliothèque où à l'infirmerie. Plus étrange encontre, elle était devenue sympathique avec Draco Malfoy.
« D'accord, qu'est-ce qui te prend ? » demanda Ginny en l'arrêtant au détour d'un couloir après avoir assisté à une scène particulièrement surprenante.
Malfoy, comme d'habitude, avait essayé de flirter avec elle et Emelyn était entrée dans son jeu, lui adressant des sourires éblouissants. Malfoy avait été aussi surpris que Ginny à en juger à son air hagard lorsqu'Emelyn s'était éloignée. C'était donc à ce moment précis que Ginny l'avait intercepté, et lui avait posé cette question. Un air de totale incompréhension apparut sur le visage de sa condisciple.
« De quoi parles-tu Ginny ? »
« Est-ce que tu viens de flirter avec Malfoy ? » interrogea Ginny d'un ton choqué.
« Oui, pourquoi ? »
« Mais...tu le détestes ! Tu n'arrêtes pas de me dire à quel point il t'horripile ! »
« Bien sûr que non. Je l'ai jugé trop vite, voilà tout. Je suis certaine que c'est quelqu'un de bien. »
« Qu'est-ce que tu as fumé Emelyn ? » demanda Ginny en la dévisageant avec stupéfaction.
« Ne dis pas de bêtises, Ginny. » répliqua sa condisciple avec un rire. « J'ai envie d'apprendre à le connaître. »
« Tu me fais peur.» déclara la rousse.
« Par Merlin, je sais ce que je fais. »
Dire que Draco Malfoy était ravi par ce nouveau revirement de situation à son égard de la part de celle qui l'avait tant de fois repoussé aurait sans doute été un euphémisme. Son ravissement avait même atteint des sommets lorsque Ginny lui avait appris qu'elle avait réussi à lui négocier un rendez-vous avec Emelyn lors de la prochaine sortie à Pré-Au-Lard. En réalité, elle n'avait pas eu besoin de la convaincre étant donné le nouveau comportement d'Emelyn envers Malfoy.
Depuis, Malfoy s'était complètement désintéressée de sa dernière conquête Romilda Vane, qui ne prenait pas la nouvelle avec joie. Depuis son entrée spectaculaire dans la Grande Salle, sa popularité avait grimpé d'un bond et l'ayant très bien compris, elle se pavanait à présent dans toute l'école comme si elle était la propriétaire des lieux. Elle avait formé son cercle fermé, composé de filles de Gryffondor, qu'elle traînait à ses pieds lors de ses allées et venues. Or, consciente du fait que le piédestal sur lequel on l'avait posé ne reposait que sur sa relation avec Malfoy, elle avait très mal vu le rapprochement de celui-ci et d'Emelyn.
« Weasley. » lança-t-elle un jour à Ginny lorsqu'elle la croisa dans un couloir.
« Qu'est-ce que tu veux, Vane ? » demanda-t-elle.
« J'ai besoin de te parler. »
« Ca ne peut pas attendre ? J'ai un cours. » déclara la rousse en essayant de s'éloigner.
« Non. » trancha la Gryffondor en lui attrapant le bras. « Je veux que tu dises à ta copine de ne plus tourner autour de Draco. »
Ginny lui lança un regard méprisant.
« Parce que tu ne peux pas lui dire ? » demanda-t-elle avec dédain. « J'ai du mal à voir en quoi ça me concerne. »
« Je n'y manquerais pas lorsque je la croiserai, tu ferais mieux de la prévenir que je n'aime pas qu'on lorgne sur ce qui m'appartient. » déclara Vane.
« Ce qui t'appartient ? » répéta Ginny, effarée. « Tu crois vraiment que Draco t'appartient ? Si c'est le cas alors tu es vraiment plus stupide que je ne le croyais. »
Vane, visiblement outrée, parut sur le point de répliquer mais Ginny ne lui en laissa guère l'occasion :
« Ecoute ma vieille, plus vite tu comprendras que c'est une faveur que Draco Malfoy te fait en restant avant toi et plus vite tu pourras en tirer un avantage. Si j'étais à ta place, je profiterais de mes derniers instants avec lui pour me faire une réputation. Parce que croies-le ou non, il va te lâcher bientôt. Dans quelques jours, tu retombes dans l'oubli. »
Vane ne sembla pas s'offusquer. Au contraire, un sourire apparut sur ses lèvres.
« Merlin Weasley, la jalousie déborde de tes pores, c'est affolant. Si j'étais à ta place ? Etre à ma place, c'est ce dont tu rêves, n'est-ce pas ? Maintenant que tu as eu Harry, tu veux aussi Draco, pas vrai ? » accusa-t-elle. « Mais je ne te laisserai pas faire, ni toi ni tes pestes de copines. Je n'ai pas peur de toi Weasley. Tu n'es plus la seule à avoir un petit ami populaire, on joue dans la même cour maintenant. »
Ginny faillit éclater de rire en entendant les idioties que débitait Vane.
« On ne jouera jamais dans la même cour, Vane. Contrairement à toi, je n'ai besoin de personne pour exister. Tu ferais mieux de descendre de tes grands chevaux car bientôt, tu ne seras plus qu'un vulgaire nom sur une liste. »
« Je t'en prie Weasley, on sait tous comment tu en es arrivée là où tu es. » répliqua Vane d'un ton désobligeant en la regardant de haut en bas. « Tout le monde sait qu'il n'y a que le Poudlard Express qui ne t'est pas passée dessus. »
Ginny ne parvint pas à expliquer la manière dont elle se débrouilla pour garder son calme devant les affirmations calomnieuses de Romilda Vane car en elle, son sang n'avait fait qu'un tour. Mais parfois, la colère était telle qu'elle ne parvenait pas à s'exprimer. Entendre ce genre de mensonges à son sujet la faisait littéralement bouillir de rage et si elle avait écouté son instinct, sans doute aurait-elle envoyé Vane faire un séjour de quelques jours à l'infirmerie. Cependant, et sans savoir comment, elle déploya des efforts de self control et d'une voix parfaitement maitrisée, lâcha :
« Sache que tu viens de faire une grosse erreur Vane, et tu vas payer le prix fort. »
Elle n'avait pas élevé la voix et pourtant, Vane sembla réaliser à quel point elle ne plaisantait pas.
« Tu ne me fais pas peur. » répéta Vane d'une voix qu'elle tenta de rendre assurée.
Ginny se contenta d'esquissa un sourire obscur avant de s'éloigner. Romilda Vane ne voyait pas dans quelle situation elle venait de se mettre. Dès la fin de ses cours, Ginny retourna dans la salle commune et se posta devant Malfoy. Il leva les yeux vers elle, une lueur interrogatrice dans le regard.
« Tu te souviens du jour où je t'ai demandé de ne pas humilier Romilda Vane ? » demanda-t-elle.
Draco acquiesça, perplexe.
« Oublie-le. Je ne sais pas dans quel jour de bonté j'étais mais c'était un moment de faiblesse. »
« Alors, on reprend ? »
« Tout à fait. » confirma Ginny. « Et je te jure qu'elle va regretter le jour où son chemin a croisé le mien. »
/
Un nouveau jour se leva dans l'existence parfaite de Romilda Vane. Alors que deux semaines plus tôt, se lever le matin pour aller en cours avait été une obligation ennuyeuse, c'était à présent l'un des meilleurs moments de la journée. Dès qu'elle ouvrait les yeux, elle restait rêveuse dans son lit, songeant à la vie parfaite qu'elle menait désormais. De toutes les filles de Poudlard, c'était elle qui était parvenue à s'attirer les faveurs de Draco Malfoy. Un immense sentiment de satisfaction l'envahit lorsqu'elle repensa au jour où ils avaient fait leur grande entrée dans la Grande Salle et les airs envieux qu'elle avait reçus quand elle s'était dirigée vers la table de sa maison. Poudlard n'avait encore jamais assisté un baiser comme ça ! Même Weasley et Potter apparaissaient comme des petits joueurs face au spectacle qu'elle et Draco avaient offert ce jour-là.
Draco était un petit ami si parfait qu'elle croyait presque rêver. Il était doux et tendre et il l'appelait par des petits noms tellement adorables lorsqu'ils passaient la nuit ensemble. A cette pensée, elle ne put s'empêcher de glousser et elle enfonça sa tête dans l'oreiller pour ne pas être entendue par ses camarades de dortoir. Elles seraient sûrement jalouses. Toutes les filles – et même certains garçons- l'enviaient à présent. Sa popularité avait fait l'objet d'une évolution ascendante si rapide qu'elle n'était pas certaine de savoir comment cela avait été possible. Elle ne marchait plus dans un couloir sans qu'on lui parle, ou sans s'attirer des regards admiratifs. Après tout, pensa-t-elle avec contentement, tout le monde n'avait pas le privilège d'être choisie au titre de petite amie officielle par Draco Malfoy. Elle les détrônait toutes, elle n'était pas qu'une simple conquête d'un soir !
C'était sans doute par jalousie que Ginny Weasley avait tenté de la menacer. Sans Harry Potter à ses côtés, elle n'avait plus aucun prétexte pour attirer l'attention sur elle et elle le vivait visiblement très mal. Weasley n'était qu'une garce mal dans sa peau et malgré ce qu'elle disait, ce serait elle qui tomberait dans l'oubli. Romilda valait tellement mieux qu'elle, si seulement Harry avait pu le voir avant ! Malheureusement, il semblait trop submergé par les pièges tentateurs de cette garce pour la remarquer, elle ! Draco, lui, avait vu juste et ne s'était pas fait avoir par les filles de la trempe de Weasley. Romilda eut un sourire de contentement en se disant qu'il y avait tout de même une justice dans ce monde et que pour une fois, le bien l'emportait sur le mal.
Elle décida finalement de se lever pour se préparer à affronter la journée. Dans les couloirs, elle reçut son lot habituels de regards – certains amicaux, d'autres beaucoup- moins, mais elle garda la tête bien haute, se délectant des réactions qu'elle provoquait. Alors qu'elle prenait un nouveau couloir, elle tomba sur un groupe de filles de Serpentard. Ce dernier était composé de Pansy Parkinson et de son gang d'écervelées. Elle fit mine de les ignorer et de continuer son chemin mais Parkinson la retint.
« Attends, pas si vite chérie. » dit-elle.
Romilda se dégagea fermement de sa poigne et répliqua froidement :
« Qu'est-ce que vous voulez ? Je n'ai pas de temps à perdre avec vous. »
« Pas de temps à perdre ? » répéta Parkinson d'un ton bêcheur. « Vous entendez ça toi les filles ? Mademoiselle a mieux à faire. »
Elle se retourna vers ses condisciples qui émirent des rires moqueurs. Elle se tourna à nouveau vers Romilda.
« Qu'est-ce que tu crois ? Qu'avoir ouvert les cuisses auprès de Malfoy fait de toi une femme occupée ? Ça ne fait de toi qu'une putain. »
« Dixit la chienne numéro un de Poudlard. » répliqua dédaigneusement Romilda.
Parkinson parut avoir reçu un seau d'eau glacée sur la figure et Romilda se félicita pour sa réplique. Ces filles ne lui faisaient pas peur, elle était une Gryffondor, et avait du courage à revendre. Un « ohhhh » s'éleva parmi les amies de Parkinson mais fut bien vite étouffé quand cette dernière se tourna vers elles et lança un regard noir dans leur direction.
« Retire ce que tu viens de dire sinon… » commença Parkinson avec fureur.
« Sinon quoi ? » demanda Romilda avec mépris.
« Ecoute-moi bien idiote, en t'attaquant à Draco Malfoy, c'est sur mon terrain que tu t'aventures et, très sincèrement, je ne suis pas certaine que ça me plaise. » siffla Parkinson en s'approchant dangereusement.
« Ton terrain ? Merlin, ça confirme ma théorie selon laquelle tu es une chienne. De garde, cette fois-ci. Et puis comme tu ressembles à pékinois, tu cumules. » lança Romilda avec moquerie. « Et franchement, est-ce que j'ai une tête à me préoccuper de ce qui te plaît ou non Parkinson ? »
La Serpentard leva immédiatement sa baguette et Romilda, qui s'y attendait, en fit de même.
« Je vais te faire payer ton insolence, Vane. » menaça Parkinson.
« Merlin, laisse-moi rire. Comme si toi et ta cervelle étiez intellectuellement capables de lancer un sort à qui que ce soit. »
« Tu dis n'importe quoi. » protesta l'une des filles qui suivaient Parkinson. « Si Pansy n'était pas intelligente, elle n'aurait jamais pu arriver en septième année. »
Toutes les autres acquiescèrent face à la pertinence de l'argument soulevé et même Parkinson lança un regard à Romilda ayant l'air de dire « Tu vois bien. » Romilda se contenta d'émettre une exclamation dédaigneuse.
« Dis plutôt qu'elle a accordé des faveurs à certains profs. D'ailleurs, avec toutes celles que tu as faites, ça ne m'étonne que tu n'aies même pas sauté une classe. »
« Furuncul… » commença à hurler Parkinson.
« Experlliamus ! » lança une voix derrière Romilda.
La baguette de Parkinson lui échappa soudainement des mains et vola dans les airs, loin derrière Romilda. Cette dernière se retourna pour découvrir Ginny Weasley qui marchait d'un pas assuré dans leur direction, tenant fermement la baguette de Parkinson dans sa main. Elle arriva rapidement à leur hauteur et les observa, tout sourire.
« Duel dans les couloirs ? C'est tellement classe de votre part, les filles. » commenta-t-elle d'un ton moqueur.
« Qu'est-ce que tu fiches ! » s'exclama Parkinson, furieuse. « J'allais lui mettre une correction ! »
« Elle était plutôt en train de me grogner dessus. » rectifia Romilda.
« Rends-la moi ! » s'égosilla Parkinson à l'attention de Weasley.
« Les élèves n'ont pas le droit d'utiliser leur baguettes les uns contre les autres hormis durant les cours de DFCM et ce à la condition d'être encadrés par les professeurs. Et attention, ce n'est pas de moi, c'est le règlement qui le stipule. » ajouta Weasley d'un ton d'élève modèle qui ne lui allait pas du tout.
« Comme si tu avais quelque chose à foutre des règlements ! » s'écria Parkinson.
« Si un prof passe par là pendant que vous battez, je prendrais également une retenue pour être restée là à ne rien faire. Je ne veux pas aller en retenue donc je ne vous laisserai pas vous battre en ma présence. » expliqua Weasley. « Maintenant, je crois que tout le monde peut se disperser et vaquer à ses propres occupations. »
Parkinson pinça les lèvres et lança un regard haineux à Romilda.
« Tu ne paies rien pour attendre. » dit-elle en serrant les dent. « Tu n'auras pas autant de chance la prochaine fois, tu peux me croire. »
Weasley lui tendit sa baguette dont elle s'empara d'un geste rageur avant de tourner les talents et de faire signe à ses amies de la suivre.
« On sort ses griffes, petite lionne ? » commenta alors Weasley avec ce sourire arrogant que Romilda détestait tant.
« La ferme. »
Weasley se contenta de sourire et Romilda ne put s'empêcher de lui jeter un regard méfiant. Elle agissait étrangement, cela couvait forcément quelque chose. Elle l'ignora et commença à se diriger vers la Grande Salle. Mais Weasley la suivit.
« Tu sais Vane… » commença-t-elle. « Je te trouve plutôt intelligente comme fille. Dommage que tu sois aussi irritante, on n'aurait pu bien s'entendre. »
« Impossible qu'on puisse s'entendre. »
Cela sembla beaucoup amuser Weasley car elle esquissa un sourire.
« Tu as raison. » confirma-t-elle.
Après quelques secondes de réflexion, elle ajouta :
« Mais si tu penses que toi et moi jouons dans la même cour tu te trompes, Vane. Malgré ce que tu sembles croire, tu me connais très mal. »
« Tu ressembles à une garce et agit comme une garce, je ne vois pas ce qu'il y a savoir de plus sur ton compte. Tu n'es pas différente de Parkinson et des autres. » répliqua Romilda.
Alors qu'elle s'attendait à ce que Weasley s'énerve, il n'en fut rien. Elle garda son calme et ne fit que garder ce sourire mystérieux. Quelque chose clochait, elle avait forcément quelque chose en tête.
« Encore une fois tu te trompes. Je suis très différente de Pansy et ses amies. » rectifia Weasley. « Contrairement à elles, lorsque j'ai envie de pourrir quelqu'un, je le fais plus subtilement et durablement. »
« Est-ce que je dois prendre ça pour moi ? »
« Je te laisse le loisir de te t'en rendre compte. » répondit mystérieusement Weasley alors qu'elles entraient dans la Grande Salle.
« Quel sale coup es-tu encore en train de préparer ? » demanda Romilda d'un ton soupçonneux.
« Tu verras bien. » répondit simplement Weasley en se dirigeant vers la table des Serpentard.
Romilda se dirigea vers sa propre table tout en se demandant si Ginny Weasley souffrait d'un dédoublement de personnalité. Cette fille agissait trop étrangement aujourd'hui pour ne pas avoir quelque chose en tête. Elle s'installa aux côtés de ses amies.
« Harry Potter est revenu. » lui apprit Demelza Robins.
Romilda parcourut sa table des yeux et constata qu'effectivement, Harry était assis plus loin et discutait avec des élèves de son année.
« Je me demande où il est allé. » continua Demelza.
Toutes ses amies hochèrent la tête. Romilda jeta ensuite un coup d'œil à la table des Serpentard et plus particulièrement vers Draco Malfoy. Elle rougit lorsqu'elle vit qu'il la regardait. D'un geste de la main, il lui fit signe d'approcher. Elle se leva aussitôt, provoquant les regards surpris de ses amies.
« Où vas-tu ? » lui demanda l'une d'elles.
« Je vais voir Draco. » répondit-elle d'un air un peu hautain, s'attirant les regards envieux de ses condisciples. « A plus. »
Elle se dirigea vers la table des Serpentard. Plus elle avançait, plus les regards mauvais des Serpentard se multipliaient. La tension arriva à son comble lorsqu'elle atteint l'endroit de la table ou était assis Draco. Il était entouré de son cercle d'amis habituel. Ils lui lancèrent tous des regards de profond mépris et Parkinson la fusilla littéralement des yeux.
« Qu'est-ce que tu fiches ici ? » siffla-t-elle. « Personne ne t'a appris à rester à ta place ? »
« Parce que cette table aussi, fait partie de ton territoire ? » demanda Romilda.
Parkinson s'apprêta à répondre mais elle fut coupée par Draco.
« Elle a raison. » dit-il avec un sourire.
Romilda lui adressa un regard empli de reconnaissance et ne put s'empêcher de sourire béatement. Il la défendait, même devant ses amis. Si ce n'était pas de l'amour, ça ! Parkinson, elle, semble s'être prise une grande claque dans la figure. Draco eut alors un sourire très suffisant et poursuivit :
« Pansy a raison. »
Romilda sourit encore plus en l'entendant admettre qu'elle avait raison devant sa bande avant de se rendre que c'était le prénom de Parkinson qu'il avait prononcé.
« Tu devrais rester à ta place, petite lionne. » ajouta-t-il d'un ton moqueur.
Un air de totale incompréhension sur le visage de Romilda.
« Mais, c'est toi qui voulais que je vienne ici Draco. Tu m'as fait signe et… »
« Certainement pas. » rétorqua Malfoy. « Et je n'apprécie vraiment pas qu'on me prête des agissements que je n'ai pas eu. »
Romilda lui jeta un regard outré.
« Et plus sérieusement, Vane, pourquoi t'aurais-je appelée ? » demanda-t-il.
« Je ne sais pas. Je…tu…nous… » bafouilla Romilda, qui ne comprenait plus rien à la situation.
Les amis de Draco avaient les yeux fixés sur elle, comme s'ils s'attendaient à ce qu'elle donne une réponse. Elle vit aussi Weasley sortir sa baguette et murmurer quelque chose mais, Romilda, trop apeurée par le comportement distant de Draco, n'y fit guère attention.
« Je ne comprends pas Draco, toi et moi, on s'aime. » avança-t-elle d'une voix peu assurée, comme si elle attendait une confirmation de sa part.
« Peut-être que c'est ce que tu ressens pour moi, petite lionne. D'ailleurs c'est tout à fait normal. Mais je ne partage pas ce sentiment. »
« Non, tu mens ! » s'écria soudain Romilda.
Il devait être en train de mentir, elle ne pouvait pas croire le contraire, pas après tout ce qu'il lui avait dit.
« Toutes ces choses que tu m'as dites, alors ? Tu m'as dit que tu m'aimais ! »
« Oui c'est ce que j'ai dit. » confirma Draco avec un rictus moqueur. « Et tu m'as cru, n'est-ce pas ? »
Elle ne répondit pas. Bien sûr qu'elle l'avait cru ! Il avait paru tellement sincère.
« Et plus sérieusement, qu'est-ce que je pourrais trouver à une fille dans ton genre. Je t'en prie petite Romilda, regarde-toi. Pense-tu vraiment que je pourrais un jour être intéressé par une fille aussi banale et sans intérêt que toi ? » en la toisant de la tête aux pieds avec mépris.
Romilda secoua la tête, se refusant de croire ce qu'elle entendant.
« Toutes ces choses que nous avons faites ! Elles ne signifient donc rien pour toi ? » s'exclama-t-elle d'une voix tremblante.
Elle avait envie de pleurer, de le frapper pour qu'il arrête.
« Signifier ? » répéta Draco avec un rire. « Qu'est-ce que tu pourrais signifier ? J'avais besoin de compagnie et comme une vraie petite traînée, tu n'as opposé aucune résistance, au contraire. Les filles qui n'ont aucun respect pour elles-mêmes ne peuvent signifier quoi que ce soit, surtout pour moi. »
Elle se mordit la lèvre pour empêcher le sanglot qui menaça de sortir de sa bouche en entendant la manière avec laquelle il s'adressait avec elle. Une traînée elle ? Il était premier à qui elle s'était offerte et c'était ce qu'elle recevait en retour ?
« Tu n'es pas différente des autres, tu n'as absolument rien de spécial, ma chère Romilda. Tu es juste une petite idiote parmi tant d'autres. » déclara-t-il d'un ton impitoyable.
Romilda sentit une douleur à l'intérieur. Elle n'arrivait même plus à penser correctement, son esprit était trouble, ses mains tremblantes, elle avait l'impression d'être en plein cauchemar. Elle détourna les yeux de ceux de Draco Malfoy et vit que le regard de ses amis était sur elle. Nott et Zabini et Greengrass l'observaient avec mépris et moquerie, Parkinson semblait littéralement jubiler et Weasley avait un petit sourire entendu qui signifiait « Qu'est-ce que je t'avais dit ? »
Mais ce n'était pas le pire, non. En effet, Weasley lui désigna sa table d'un geste de la tête. Romilda remarqua alors que tous les regards de la table des Serpentard étaient braqués sur elle. Puis elle se tourna, et elle réalisa que c'était toute la Grande Salle qui la regardait. Les messes basses commencèrent et elle comprit que tout le monde venait d'entendre leur conversation. Les murmures s'amplifièrent et furent bientôt suivis par des rires. L'école entière venait d'assister en direct à son humiliation.
« Si j'étais toi, je commencerais déjà à faire mes valises. Car je sens que tu vas, comme qui dirait, en baver. » commenta vicieusement Parkinson, sans dissimuler sa joie.
Romilda ne put retenir ses larmes plus longtemps et elle se précipita vers la sortie, ne pouvant plus supporter les regards mesquins des uns et les mines pleines de pitié des autres.
/
Quelques minutes après le départ de Vane, la sonnerie retentit, obligeant les élèves à se détourner de la rupture épique à laquelle ils venaient d'assister en première loge. Tout le monde se leva et commença à se diriger vers les portes de la Grande Salle pour aller en cours. Comme tous les jours depuis deux semaines, Ginny jeta un regard vers la table des Gryffondor. Comme elle s'était habituée à ne pas apercevoir son petit ami, quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle aperçut une chevelure décoiffée qui lui était particulièrement familière. Il tourna la tête presque aussitôt dans sa direction et lui fit un sourire. La surprise de Ginny fut remplacée par du ressentiment et après lui avoir lancé un regard noir, elle se dirigea à son tour vers la sortie de la Grande Salle. Elle l'entendit appeler son nom mais elle l'ignora, se dirigeant vers les escaliers. Mais sa fuite fut de courte durée car à peine eut-elle atteint le premier étage qu'elle sentit un bras sur sa taille et elle fut attirée dans une alcôve et privée d'échappatoire par son petit-ami qui se trouvait face à elle.
« Qu'est-ce que tu fiches ? » demanda-t-elle avec un regard mauvais. « Mon cours de métamorphoses commence dans trois minutes ! »
« Qu'est-ce que tu as ? » interrogea-t-il, semblant étonné.
« Rien. » déclara Ginny d'un ton sec.
« Alors pourquoi j'ai l'impression que tu me reproches quelque chose ? » insista-t-il en levant un sourcil.
« Peut-être parce que je te reproche quelque chose ? » dit Ginny. « Comme le fait d'avoir disparu pendant quinze jours sans avoir eu la décence de me prévenir ? »
Il lui fit un sourire contrit auquel elle ne répondit pas.
« Ginny… » commença-t-il d'une voix douce.
Elle l'aurait sans doute trouvé adorable si elle n'était pas aussi en colère contre lui.
« Pas de 'Ginny' qui tienne ! » s'exclama-t-elle avec un regard austère.
Elle tenta de le repousser mais il la retint par les épaules.
« Laisse-moi passer ! » s'exclama-t-elle.
« Merlin, calme-toi ! »
« Ne me dis pas de me calmer ou je te jure par la robe immaculée de Circé que je te fais un scandale Potter ! »
« Ginny s'il te plaît… » plaida-t-il.
Il s'approcha d'elle, la forçant à reculer contre le mur de l'alcôve. Il lui fit un petit sourire, arborant son air qui disait « Je suis désolé » mais Ginny détourna les yeux.
« Non. » s'entêta-t-elle.
« Laisse-moi t'expliquer. » plaida Harry.
Ginny croisa les bras et posa à nouveau le regard sur lui.
« Très bien, explique-moi dans ce cas. » déclara-t-elle. « Ou étais-tu ? »
« Je ne peux pas… » commença-t-il
« Pourquoi ça a duré aussi longtemps ? » continua-t-elle d'un ton agacé.
« Disons que ça a duré plus longtemps qu'on ne le pensait. »
« On ? » interrogea Ginny en levant un sourcil.
« Ron et moi. » répondit-t-il sur le ton de l'évidence.
Cela irrita particulièrement Ginny et elle le gratifia d'un regard des plus noirs.
« Et tu n'as pas estimé utile de me prévenir ? »
« Ce n'est pas ça… » commença-t-il en passant une main nerveuse dans ses cheveux, comme à chaque fois qu'il ne parvenait pas à se justifier.
« Je trouve tes explications bien creuses Potter. » constata Ginny avec froideur.
« Comprends-moi Gin… » fit-il.
« Je ne vois pas comment je pourrais comprendre quoi que ce soit sans avoir aucune explications. » le coupa-t-elle avec emportement. « Au cas où tu ne l'aurais toujours pas remarqué, je ne suis pas un modèle de compréhension. »
« Merlin, tu rends les choses tellement difficiles. »
« Alors ça c'est la meilleure. Parce que maintenant c'est de ma faute ? » s'indigna Ginny, avec surprise.
« Ce n'est pas ce que je voulais dire. » s'empressa-t-il de rectifier, réalisant visiblement qu'il s'aventurait sur une pente dangereuse.
« Ah et qu'est-ce que tu voulais dire ? »
« Si je n'ai pas cherché à te prévenir c'est parce que je ne veux pas que tu sois mêlée à tout ça. »
« Encore pour me protéger, n'est-ce pas ? » demanda Ginny avec amertume. « Merlin, quand est-ce que tu vas comprendre que je peux me défendre seule ! Tu n'as pas à prendre des décisions à ma place. »
« Ça n'a rien à voir avec ça. » répliqua Harry.
« Très bien. » siffla Ginny avec raideur. « Ça ne sert rien, nous sommes en train de tourner en rond. »
« Parce que tu ne me laisses pas m'expliquer. »
« Ça fait dix minutes qu'on parle mais tu ne fais que rester vague. Je n'appelle pas ça des explications ! » coupa-t-elle. « Et puis tu sais quoi ? Tu me fatigues, je m'en vais. »
Elle se dégagea et sortit de l'alcôve sans lui adresser un regard. Elle l'entendit jurer mais se décida de l'ignorer. Trop de fois elle l'avait laissé s'en tirer avec des explications vaseuses mais cette fois, elle n'était pas disposée à le faire. Et elle espérait pour lui qu'il réalisait ce qu'il faudrait pour qu'elle lui accorde son pardon.
/
Au plus grand bonheur d'Hermione, les relations entre Ginny et Potter semblaient être au plus froid. Cela faisait maintenant près de 3 jours qu'ils ne s'étaient pas adressé la parole et Ginny semblait résolue à en vouloir à Potter.
Loin d'être attristée par celle nouvelle, Hermione avait toutefois feint l'oreille attentive à qui Ginny pouvait se confier en toute confiance. Au fond, cela rendait les choses plus faciles pour Hermione. Elle avait en effet décidé de se rapprocher d'Harry Potter et cela se révèlerait bien plus simple sans Ginny qui gardait habituellement Potter comme sa chasse gardée.
En observant les habitudes de Potter, elle avait remarqué qu'il passait le plus clair de son temps à la bibliothèque, ce qu'elle trouva particulièrement étrange. Pendant les six années durant lesquelles elle s'était trouvée dans sa promotion, il n'avait jamais montré des aptitudes d'élève studieux. Il était même un étudiant plutôt moyen, à part en DFCM où il surpassait toute sa classe, elle y comprit.
Or, si Potter passait autant de temps plongé dans des grimoires, il y devait avoir une raison. Hermione n'était pas naïve. Depuis son retour, les absences de Potter s'étaient faites de plus en plus nombreuses et longues. Lorsqu'il s'absentait, le directeur également et les professeurs n'en semblaient par surpris.
Vendredi soir, Hermione décida de se rendre à la bibliothèque dans l'espoir de l'y rencontrer. Comme à son habitude, il était installé à une table au fond de la bibliothèque et semblait plongé dans la lecture de son grimoire. Hermione s'installa à une table éloignée, et sortit son manuel de Potions de son sac, faisant mine de parcourir les pages. En réalité, elle jetait de coup d'œil discrets en direction de Potter. Alors qu'elle l'observait, elle vit quelque chose d'étrange. Derrière Potter, une porte s'était ouverte très lentement et se referma quelques secondes de la même manière. Elle fronça les sourcils mais baissa très vite le regard lorsqu'elle vit Potter regarder autour de lui.
Lorsqu'elle le regarda à nouveau, elle vit la chaise en face de lui bouger légèrement vers l'arrière toute seule. Quelques secondes plus tard, Ron Weasley apparaissait de nulle part, assis tranquillement sur la chaise. Il tenait une pile de livres dans les bras, qu'il posa sur la table et poussa en direction de Potter ce qui ressemblait vaguement à un drap.
Une lueur de compréhension défila rapidement dans les yeux d'Hermione. La porte derrière Potter était celle de la réserve interdite aux élèves. Weasley y était entré avec l'aide de la fameuse cape d'invisibilité de Potter. La curiosité envahit Hermione. Quel genre d'informations cherchaient-ils dans la section restreinte de la bibliothèque ?
Une dizaine de minutes après l'apparition de Weasley, elle les vit échanger quelques mots puis Weasley ramassa ses affaires et quitta la bibliothèque.
Elle attendit quelques minutes et lorsque vit Potter soupirer longuement et prendre l'un des livre sur la pile que Weasley lui avait apporté, elle décida d'agir.
Attrapant son sac, elle se leva et se dirigea vers la table de Potter.
« Potter ? » lança-t-elle d'une voix neutre. « Je peux m'asseoir ici ? »
Potter leva les yeux et parut surpris de sa présence et balbutia :
« Euh…Je…Hm…Ok. » répondit-il enfin.
Elle se força à esquisser un sourire et s'installa sur la chaise face à lui avant de jeter un coup d'œil aux livres placés devant lui. Le livre posé devant Potter s'intitulait De Grandes Noirceurs de la Magie et celui au-dessus de la pile Secrets les plus sombres des forces du Mal. Les titres de ces ouvrages étaient sans équivoques. Potter étaient à la recherche d'une information douteuse et il ne faisait l'ombre d'un doute que cela concernant son combat contre Voldemort.
Potter sembla voir son regard s'attarder sur les grimoires et il commença à les tirer dans sa direction, la forçant à lever les yeux vers lui. Elle garda toutefois son sourire et déclara avec un rire :
« Il y de meilleurs lectures pour t'endormir tu sais. »
Il sembla se détendre et répondit :
« J'ai vu bien pire. »
« Excuse-moi, c'est vrai que tu es le Survivant. »
Elle avait lancé cela sans réfléchir et Potter sembla surpris.
« Personne n'ose dire cela devant moi, d'habitude. Le Survivant. » fit-il remarquer.
Hermione haussa les épaules.
« La peur d'un nom ne fait qu'accroître la peur de la chose elle-même » dit-elle.
La surprise de Potter sembla s'accroitre mais disparut au bout de quelques secondes et un sourire apparut même sur son visage.
« Tu as totalement raison… » dit-il, semblant vouloir ajouter quelque chose.
« Tu peux m'appeler Emelyn. » répondit Hermione simplement, devinant son hésitation.
« D'accord…Emelyn. Tu peux m'appeler Harry. »
« D'accord Harry. »
Immédiatement, elle eut envie de s'arracher la langue pour avoir prononcé cela. Elle se contenta simplement de garder son sourire hypocrite sur les lèvres. Avant qu'elle n'ait besoin de dire quoi que ce soit, il demanda :
« Et…Hmm…Comment va Ginny ? »
Hermione soupira avant de lancer :
« Elle est en colère contre toi. »
« Je le sais bien…Mais ça ne dure jamais aussi longtemps, d'habitude. Ca n'est arrivé qu'une fois, à vrai dire. »
Il s'arrêta là, ne semblant visiblement pas vouloir en dire plus. Hermione savait cependant ce à quoi il faisait allusion. Quelques mois auparavant, elle avait fomenté un plan mesquin avec Draco pour faire croire à Ginny que Potter la trompait avec Parvati Patil. Ginny était bien évidemment tombé dans le piège du Polynectar qu'ils avaient utilisé et n'avait pas adressé la parole à Potter pendant des semaines. Cette fois, Hermione avait appris de ses erreurs, et elle ne répéterait pas.
« Je suis sûre qu'elle va s'en remettre. Quand elle comprendra que tu as des…obligations. »
Il leva un sourcil interrogateur.
« Tes absences…Celles de Dumbledore. Il ne faut pas être un génie pour comprendre que ça a un rapport avec Voldemort. » déclara-t-elle.
Potter parût médusé par son usage du nom de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Elle se surprenait elle-même, à vrai dire. Mais il était de notoriété de publique que Potter ne s'était jamais caché de prononcer le nom de Vous-Savez-Qui, à l'instar d'Albus Dumbledore.
« Je veux simplement dire que Ginny finira par comprendre que tu ne peux pas être le petit-ami parfait et sauver le monde à la fois. » ajouta Hermione en soupirant.
Elle observa Potter qui la regardait sans vraiment la voir. Il semblait plongé dans ses pensées. Elle en profita pour se lever et tendit sa baguette en direction du sac de Potter.
« Distensio. » murmura-t-elle.
Potter tourna un regard étonné vers son sac qui n'avait pas semblé changer après le sort d'Hermione.
« Qu'est-ce que tu viens de faire à mon sac ? » demanda-t-il en fronçant les sourcils.
« Sortilège d'Extension indétectable. » expliqua-t-elle. « Ton sac te semblera beaucoup plus léger et tu pourras y stocker bien plus de choses, à commencer par ces livres.
Elle désigna la pile de livres provenant de la Réserve. Elle ajouta :
« Et peut-être qu'il te servira aussi pour tes autres…obligations... »
Il parut gêné et répondit :
« Merci. »
« Il n'y a pas de quoi ….Harry. »
Elle sourit puis se dirigea vers la sortie de la bibliothèque. Une fois dans les couloirs, son visage angélique se transforma en une grimace de dégoût. Elle ne savait pas comment elle avait réussi à avoir cette conversation avec Harry Potter alors que son for intérieur ne désirait qu'une chose : lui arracher la tête. Elle ferma les yeux, respirant longuement pour se calmer. Elle devait empêcher ses sentiments personnels à l'égard de Potter entraver sa mission.
Elle jeta un coup d'œil à sa montre et se rendit compte qu'il était plus tard qu'elle le pensait. Toutefois, il n'était que vendredi soir et elle n'aurait pas de cours le lendemain. Elle pouvait donc se permettre de veiller plus tard qu'à son habitude. Elle continua à marcher, sans but particulier. Elle ne voulait simplement pas de rendre à sa salle commune pour le moment. Elle était fatiguée de l'humeur massacrante de Ginny, des ragots de Pansy et Daphné et des regards insistants de Draco Malfoy.
Sortant de ses pensées après quelques instants, elle se rendit compte qu'elle était arrivée près de la Tour Nord du château. Elle décida de monter quelques marches pour s'y installer quelques instants. Au bout d'une vingtaine de marches gravies, elle entendit des sanglots étouffés. Elle s'arrêta net et tendit l'oreille. Les pleurs semblaient appartenir à une fille. Elle continua de monter l'escalier en colimaçon le plus silencieusement possible afin de voir de qui il s'agissait. Elle vit une fille assise sur les marches, les bras encerclant ses genoux et son visage posé dessus. Elle sanglotait inlassablement. Hermione reconnut immédiatement Romilda Vane, la petite Gryffondor qui avait subi les foudres de Ginny.
Une semaine s'était écoulée depuis l'humiliation publique de Romilda Vane. Une partie de l'école se moquait de la jeune fille pour sa stupidité et sa naïveté, d'autres se réjouissaient de la voir tomber de son piedestal et certains, enfin, la regardaient avec dégout pour avoir fricoté avec Draco Malfoy. Le sujet était encore largement discuté et ce principalement grâce à Pansy Parkinson. Depuis l'évènement, elle s'était donné comme mission personnelle de détruire la réputation, déjà bien amochée, de la Gryffondor. Elle répandait les rumeurs les plus horribles la concernant. La dernière en date était que Vane avait la Clamybille, une infection qui faisait apparaitre des furoncles sur les parties intimes et qui s'attrapait en général quand on était une « trainée notoire » selon les dires de Pansy.
Si Hermione n'avait pas ses problèmes bien plus graves en tête, elle aurait sans doute compatit sur le sort de la Gryffondor. Elle voulut s'éloigner discrètement mais une idée lui vint soudainement en tête. Cette fille pourrait peut-être lui servir, après tout. Elle soupira, leva les yeux au ciel et se força à adopter une expression concernée sur le visage avant de s'approcher de Vane.
« Excuse-moi ? » dit-elle d'une voix qu'elle tenta de rendre douce.
Vane leva rapidement la tête et s'arrêta immédiatement de sangloter.
« Qu'est-ce que tu veux ? » rugit-elle avec agressivité.
« Je t'ai entendu pleurer. Je voulais m'assurer que tout allait bien. »
« Menteuse ! Tu es avec…avec…avec eux ! » accusa-t-elle avec véhémence. « Tu viens te payer ma tête. »
Hermione se força à ne pas lever les yeux au ciel et secoua la tête.
« Non. Je ne suis pas comme eux. Je pense que ce qu'ils t'ont fait est horrible. » répondit-elle.
« Pourquoi est-ce que je te croirais ? Tu traînes tout le temps avec Weasley et sa bande. » dit Vane, l'air dégoûtée.
« Vane. Peut-être que tu as oublié mais pendant la fête je t'ai prévenue de ne pas faire confiance à Draco Malfoy. Je t'ai mise en garde contre lui. Je t'ai dit qu'il se servirait de toi. Je te rappelle que tu m'as accusé d'être jalouse. »
Vane se tut, ne sachant visiblement pas quoi dire.
« Je…Je…Pensais que tu voulais m'empêcher de le voir….que tu étais jalouse ! » se justifia-t-elle, les joues devant cramoisies.
« Non. Malfoy est un abruti et un menteur. Je le déteste.» déclara Hermione d'un ton calme.
« Je t'ai vu flirter avec lui ! » contrecarra Vane avec reproche.
Hermione commença à être agacée. Vane était tellement stupide.
« Si j'ai changé d'attitude envers Malfoy, c'est pour une raison. Il est temps que quelqu'un s'occupe de son cas une bonne fois pour toute. »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
Les larmes avait complètement disparu du visage de Vane. Elle regardait à présent Hermione avec curiosité.
« Malfoy pense qu'il peut se servir des autres comme il veut. Combien de filles se sont retrouvées dans ta situation ? Il est temps que ça s'arrête et que quelqu'un le stoppe. »
« Le stoppe ? » répéta à Gryffondor. « Mais comment ? »
« A quoi Malfoy tient-il le plus à ton avis ? » questionna Hermione.
Vane sembla réfléchir pendant quelques instants avant de lancer :
« Sa réputation ? »
« Exactement, Vane. Sa réputation. Il y tient à cela plus que tout. » avança Hermione. « C'est cela qu'il faut attaquer. »
« Mais comment ? Tout le monde se fiche de moi, personne ne croira quoi que ce soit venant de ma part. »
« C'est-là que j'interviens Vane. Malfoy a décidé que j'étais sa nouvelle proie, et je vais entrer dans son jeu pour ensuite mieux l'achever. Mais je vais avoir besoin d'aide. De ton aide. Qu'en dis-tu ? »
Vane sembla en plein débat intérieur. Hermione ne pouvait qu'imaginer ses interrogations.
Vane se demandait sûrement si elle pouvait faire confiance à une Serpentard, surtout après ce qu'elle avait enduré avec eux. D'un autre côté, la soif de vengeance envers Malfoy était sûrement plus forte encore. Finalement, Vane répondit :
« J'accepte de le faire. Mais à une condition. »
« Laquelle ? »
« Que nous donnions le même traitement à Ginny Weasley. Je ne suis pas stupide, je sais bien qu'elle était derrière tout ça. »
« Bien. » répondit Hermione sans même sourciller.
Vane ouvrit de grands yeux.
« Tu acceptes ? Mais tu es amie avec Weasley !»
« Je suis nouvelle dans cette école, Vane. Il fallait bien que je m'intègre. A Serpentard, si tu ne traines pas avec les plus forts, tu te fais écraser. Personne ne s'apprécie, nous faisons tout semblant. »
Vane ne répliqua pas mais sembla hésiter.
« Et j'ai des comptes à régler avec Ginny Weasley et Draco Malfoy. »
« Vraiment ? Que t-ont-ils fait ? questionna Vane, l'air intéressé.
« Ça ce sont mes affaires, Vane. Alors, tu es de la partie ? »
Romilda Vane secoua frénétiquement de la tête, semblant retrouver son enthousiasme.
« Et comment ! » s'exclama-t-elle en brandissant sa main devant Hermione.
Hermione la serra, s'empêchant de lever les yeux au ciel.
«Bien. Je te contacterai pour t'expliquer le plan en détail. J'ai encore besoin d'y réfléchir. Pendant ce temps-là, essaie de te faire petite. Et arrête de pleurnicher à cause de ce que Malfoy t'a fait. Tu as fait une erreur, essaie d'en tirer une leçon. » lui conseilla Hermione avant de s'éloigner pour retourner en direction de sa salle commune.
Le lundi suivant, Hermione retrouva Ginny à leur double cours de Potions habituel. Elle l'avait très peu vue du weekend à cause des entrainements intensifs que Malfoy avait fait subir à son équipe en vue du prochain match contre l'équipe de Serdaigle. Les rares fois où Hermione l'avait croisée, Gnny était allée directement se coucher, semblant broyer du noir.
Ginny était résolue à ne pas accorder son pardon à Potter visiblement. Elle ne les avait jamais en froid aussi longtemps.
« Tu vas lui en vouloir encore longtemps ? » demanda Hermione en direction de Ginny qui triturait furieusement le bord de son livre.
Ginny stoppa son geste et haussa les épaules, l'air renfrogné.
« Jusqu'à ce qu'il comprenne que je suis sa petite amie et qu'il doit être honnête avec moi. » répondit-elle sèchement.
Hermione ne tenta même pas d'insister, elle savait qu'elle s'engageait en terrain dangereux lorsqu'elle mentionnait Potter. Elle soupira et ouvrit son livre pour y dénicher son grimoire de Potions. Elle n'y trouva cependant que son livre de sortilèges.
« Tiens…C'est étrange. » déclara-t-elle en fronçant les sourcils.
« Quoi donc ? » demanda Ginny sans paraitre intéressée.
« Mon livre de potions n'est pas dans mon sac. »
« Tu l'as sans doute oublié dans le dortoir. »
« Non. Je n'ai pas touché mon sac depuis vendredi. Le livre y était. C'est bizarre. »
« Tu n'as qu'à demander à Slughorn. Il doit avoir des exemplaires en plus. » lança Ginny.
Hermione hocha la tête avant de se lever et de se diriger vers le bureau du Professeur qui rangeait des papiers avant le début du cours.
« Professeur ? »
« Oui Miss Hawke ? » répondit Slughorn d'un air bienveillant.
« J'ai oublié mon livre de potions dans mon dortoir. Auriez-vous un exemplaire de secours ? »
« Certainement. Regardez dans le placard. »
Hermione acquiesça et se dirigea vers le placard pour y chercher un livre. Elle trouva un exemplaire du Manuel avancé de préparation de potions dans un état déplorable. La couverture semblait très vieille et abimée. L'irritation d'Hermione augmenta lorsqu'elle ouvrit le livre et constata qu'il était rempli d'annotations qui rendaient la lecture des instructions extrêmement difficile.
L'ancien propriétaire du grimoire avait semble-t-il ajouté ses propres commentaires sur le manuel.
Le Professeur Slughorn commença son cours et d'humeur joueuse, il proposa à ses élèves un petit concours. Il sortit un flacon contenu une substance dorée.
« Eh bien, mesdemoiselles et messieurs, il s'agit là d'une très étrange petite potion qu'on appelle Felix Felicis. Quelqu'un peut me dire quelles sont ses effets ? » demanda le professeur avec un grand sourire. « Oui Miss Hawke ? »
« C'est de la chance liquide. Il suffit d'en boire pour avoir une chance extraordinaire. » répondit Hermione.
« Parfaitement exact, dix points pour Serpentard. Oui, c'est une drôle de petite potion, Felix Felicis. Horriblement difficile à préparer et désastreuse quand elle est mal faite. Mais si on la mélange correctement, ce qui est le cas de celle-ci, on s'aperçoit que tout ce qu'on entreprend est couronné de succès... en tout cas jusqu'à ce que ses effets se dissipent. »
Il sourit et annonça :
« Nous allons concocter un Philtre de Mort Vivante, aujourd'hui. Et l'étudiant qui concoctera la meilleure potion recevra en récompense ce flacon. Douze heures de chance liquide. A vos ingrédients ! »
Hermione tourna fébrilement les pages du manuel à la recherche des instructions. Il fallait absolument qu'elle remporte ce flacon. De la chance liquide était exactement ce qui lui faudrait pour l'aider dans ses projets. Très excitée, elle commença à concocter sa potion, en réfléchissant aux mille et une façons que le Felix Felicis pourrait l'aider et ne se rendit pas compte qu'elle suivait les instructions personnalisées annotées sur le livre. Elle le réalisa trop tard, lorsque la couleur de sa préparation devint très pâle, bien plus pâle que celle décrite dans les vraies instructions du livre. Elle n'eut pas le temps de rectifier quoi que ce soit car Slughorn indiqua la fin du temps alloué et s'approcha des élèves pour observer leurs travaux. En arrivant à leur table, Slughorn eut un petit sourire contrit en voyant la préparation violette foncée de Ginny. Lorsqu'il s'approcha du chaudron d'Hermione, il ouvrir de grands yeux enthousiastes.
« Nous avons une gagnante incontestée ! »
Il laissa tomber une feuille dans la potion et elle entra immédiatement en combustion.
« Une seule goutte de cette potion pourrait tous nous tuer ! » s'exclama le professeur avec contentement. « Miss Hawke, un flacon de Felix Felicis pour vous, comme promis. »
Il continua à lancer des compliments sur la potion d'Hermione tandis qu'il retournait à son bureau et Hermione glissa le petit flacon dans la poche de sa robe de sorcière.
« Chouchou du prof. » se moqua Ginny alors qu'elles nettoyaient leur table.
Hermione se contenta de sourire alors qu'elle jubilait intérieurement.
Les jours qui suivirent, Hermione passa une grand partie de son temps à lire son nouveau Manuel avancé de préparation de potions. Sur la première page du grimoire était visible l'inscription suivante :
Ce livre appartient au Prince de Sang-Mêlé.
Le fameux Prince avait modifié les instructions de quasiment toutes les potions, et donnait quelques observations pour en détourner leur usage. Il y faisait également mention de sortilèges, visiblement de sa propre invention. Hermione avait déjà utilisé le sort Assurdiato pour éviter de se faire entendre par les professeurs lorsqu'elle discutait en cours avec Ginny. Un sort nommé Sectusempra avait particulièrement attirée son attention et sa curiosité car il était apparemment conçu « pour les ennemis »
Elle découvrit également une version intéressante d'un Elixir d'Euphorie. Le Prince de Sang-Mêlé avait apporté énormément de modifications à la préparation. Il y avait également annoté le fait que cette version de l'Elixir procurait une euphorie encore plus puissante et dont les effets pouvaient durer encore plus longtemps. Il expliquait également en bas de la page que cette version pouvait causer une addiction si une trop grande quantité était ingérée. Le manque provoquait par la suite une paranoïa aigue.
Les idées se bousculèrent dans la tête d'Hermione lorsqu'elle lut les indications et elle se décida d'essayer la potion. Elle profita d'une plage vide dans son emploi du temps pour réaliser la potion dans les toilettes des filles du deuxième étage. La salle étant condamnée elle savait que personne ne l'y dérangerait. Mais c'était sans compter Mimi Geignarde, le fantôme qui avait élu domicile dans ces toilettes. Pendant qu'elle préparait l'Elixir, Mimi Geignarde ne fit que caqueter dans son oreille, se plaignant de sa solitude, des mauvaises blagues de Peeves et du mauvais état de la plomberie dans ses toilettes.
D'humeur passablement bonne, Hermione concéda à commenter de temps à autres ses inepties. Une fois l'Elixir terminé, elle en vida le contenu dans trois flasques brillantes et quitta les toilettes en faisant promettre à Mimi de ne pas raconter ce qu'elle avait vu.
A la fin des cours, Hermione décida de se rendre à la bibliothèque. Curieuse à propos de l'identité du Prince de Sang-Mêlé, elle avait décidé de mener son enquête et de découvrir qui se cachait sous ce pseudonyme.
Plongée dans un registre d'anciens d'élève, elle sursauta quand quelqu'un posa un livre devant elle.
Elle leva le regard et posa les yeux sur Potter.
« Salut Emelyn. Tu avais oublié ça sur ma table la dernière fois. » indiqua-il en désignant le manuel de potions d'Hermione qu'il avait posé sur la table.
Voilà donc qui résolvait le mystère de son exemplaire disparu. A vrai dire, depuis qu'elle avait trouvé le manuel du Prince, elle n'avait pas pensé au sien.
« Merci P…Harry. » répondit Hermione. « Je le cherchais partout. J'ai dû emprunter un autre exemplaire. »
« Je ne t'ai pas vue au dîner, je me suis dit que tu étais probablement ici. » continua-t-il en s'asseyant en face d'elle.
« J'ai raté le diner ? Par Merlin, j'ai dû rester ici plus longtemps que je le croyais. »
Ce fut à ce moment que son ventre émit un gargouillement et elle posa la main dessus, gênée. Potter parût trouver cela très drôle.
« Si tu as faim, je peux te montrer où sont les cuisines. » proposa-t-il avec un sourire.
Hermione s'empressa d'accepter. Elle fourra ses affaires dans son sac et suivit Potter hors de la bibliothèque.
«Merci pour ton sortilège d'Extension, ça m'a été très utile. » lança Potter sur le ton de la conversation alors qu'ils se dirigeaient vers les escaliers.
« De rien. »
« Tu sais…J'ai pensé à ce que tu as dit la dernière fois. A propos de Voldemort et de mon rôle. Et ce n'est pas commun que des Serpentard se comportent avec moi comme tu le fais. »
« Je n'ai rien contre toi Potter, bien au contraire. D'ailleurs je te soutiens. Et je sais que tu peux le vaincre. » dit Hermione avec assurance.
« Tu le crois vraiment ? »
« Absolument. La plupart des Serpentard ne sont pas de ton côté, c'est vrai. Et si tu veux la vérité, je ne suis pas une vraie Serpentard. »
« Que veux-tu dire ? » s'étonna Potter.
« Et bien lorsque je suis arrivée il y a quelques mois, le Choixpeau magique souhaitait m'envoyer à Gryffondor, mais je lui ai dit que je souhaitais être envoyée à Serpentard. »
« Pourquoi cela ? »
« Parce qu'une grande partie de ma famille y était. Je savais qu'ils voudraient que j'y sois également. Je ne voulais pas les décevoir. » mentit Hermione.
« Oh… »
« Mais ça ne les empêche pas d'être de ton côté non plus. Beaucoup de gens te soutiennent, même à Serpentard. Ils ne veulent simplement pas le crier sur les toits, par peur de représailles. »
Potter sembla réfléchir pendant quelques instants et sortit de sa torpeur lorsqu'ils arrivèrent devant un tableau représentant une coupe de fruits géante. Potter s'approcha et se mit à chatouiller la poire quelques secondes et celle-ci se transforma en une poignée de porte verte. Il l'actionna et entra dans la pièce qui venait d'apparaître face à eux, Hermione sur ses talons.
Ils se retrouvèrent dans une grande pièce, similaire à la Grande Salle. Des casseroles et de la vaisselle s'entassaient le long des murs et au milieu de la pièce, plusieurs dizaines d'elfes s'affairaient. Certains d'entre eux vinrent à leur rencontre. Un petit elfe qui portait d'étranges vêtements se rua vers Potter et sautilla à ses pieds.
« Dobby est très content de voir Harry Potter, monsieur ! » s'exclama-t-il avec contentement.
« Bonjour Dobby. Pourrais-je te demander de l'aide ? »
« Bien sûr Monsieur ! Dobby fera tout ce qu'il peut pour aider Harry Potter, monsieur ! »
« Je te présente Emelyn Hawke. Elle n'a pas pu assister au dîner, serait-il possible que tu lui donne quelque chose à manger ? »
Dobby s'inclina dans une révérence tellement basse que son nez parut toucher le sol.
« Dobby s'en charge Monsieur ! » s'écria-t-il avec enthousiasme. « Dobby est ravi d'aider une amie d'Harry Potter. »
Il se tourna ensuite vers les elfes qui s'étaient approchés et commença à leur donner des instructions. Ils se ruèrent tous vers les tables et fourneaux et commencèrent à s'affairer.
Potter envoya un sourire en direction d'Hermione et l'invita à s'installer à l'une des tables.
« Je ne connaissais pas cet endroit. » dit Hermione en regardant les elfes travailler dans la joie et la bonne humeur. « C'est plaisant de les voir aussi heureux. »
Potter l'observa avec amusement et lança :
« Tu es vraiment différente des autres Serpentard. »
Hermione sourit intérieurement. SI Potter la trouvait différente de ses condisciples, cela ne pouvait qu'être positif.
« Je te rappelle que ta petite amie est à Serpentard. »
A la mention de Ginny, une expression triste passa dans le regard de Potter et Hermione s'empêcha de passer par-dessus le bord de la table pour vomir.
« Tu devrais faire quelque chose à ce sujet, tu sais. » dit Hermione.
Elle ne pouvait pas croire qu'elle disait cela mais elle n'avait pas le choix. Ses plans ne pourraient pas se réaliser si elle ne faisait pas mine de vouloir qu'ils se réconcilient.
« Elle est trop en colère contre moi, qu'est-ce que je peux faire ? Elle refuse de me parler. »
« Je vais lui parler. Essayer de la raisonner. Mais c'est à toi de faire le reste. »
Lorsqu'elle vit le regard perdu de Potter, elle s'empêcha de lever les yeux au plafond. Quel imbécile il faisait.
« Une fille a besoin de se sentir appréciée. Montre à Ginny que tu l'aimes, qu'elle a toute ton attention. »
Trois elfes se précipitèrent sur la table et déposèrent une pléthore de plats devant Hermione. Cette dernière observa les plats devant elle avec stupeur.
« Merci, je ne sais pas si je pourrais finir tout ça par moi-même. » fit-elle en regardant les elfes et Potter.
Les elfes s'inclinèrent avant de retourner à leurs occupations. Potter tendit la main pour s'emparer d'une part de tourte à la viande.
« Elle a besoin de se sentir appréciée, d'accord. » répéta Potter en mordant dedans. « Mais comment ? Tu as des idées ? »
« Sois romantique. Des fleurs, des chocolats, un dîner aux chandelles. Ce genre d'attentions. » répondit Hermione sur le ton de l'évidence.
Elle trouvait particulièrement hilarant le fait de donner des conseils romance à ce garçon qu'elle détestait tant et qui lui avait volé Ginny. Son cœur se serra à cette pensée et elle eut du mal à avaler sa bouchée de ragoût.
Potter acquiesça, semblant réfléchir.
« Je comprends. Tu vas lui parler n'est-ce pas ? » demanda Potter avec espoir.
« Oui, je lui parlerai. Ensuite ce sera ton tour d'agir. Ginny est une fille géniale, il serait dommage que tu la perdes. »
Et pourtant c'est ce qui va t'arriver Potter, pensa-t-elle avec un sourire. Tu vas perdre Ginny, tes amis et ta vie.
Il esquissa un sourire et lança :
« Je te remercie pour ton aide. Il faut que je retourne dans ma salle commune. Tu vas retrouver le chemin à la tienne à partir d'ici ? »
« Je me débrouillerai. »
Il lui adressa un signe de la main, remercia Dobby et sortit des cuisines. Hermione dégusta une part de tarte au citron avec un plaisir non dissimulé. Pour la première fois depuis son arrivée, les cartes semblaient jouer en sa faveur et elle comptait bien en profiter. Elle repoussa son assiette, totalement rassasiée. Une assiette remplie de muffins au chocolat lui faisait toujours face. Hermione ne pouvait plus rien avaler, mais une idée lui passa vaguement à l'esprit.
« Dobby ? » lança-t-elle.
« Oui Miss ? » demanda l'elfe, visiblement ravie de pouvoir la servir.
« Est-ce que je peux emporter ces muffins ? »
/
« Muffins au chocolat. » résonna une voix guillerette dans les oreilles de Ginny.
La rousse leva les yeux et son regard se posa sur Emelyn qui venait de pénétrer dans le dortoir des sixièmes années. Elle s'installa sur le lit de Ginny sans gêne et tendit vers elle une boîte à cupcake.
« Qu'est-ce que c'est ? » interrogea Ginny en prenant la boîte.
« Des douceurs au chocolat pour soigner la déprime. Tu te sentiras tellement mieux après en avoir mangé, je te le garantis. » assura Emelyn avec un grand sourire.
Elle en prit un dans la boîte et mordit dans le gâteau comme pour encourager Ginny.
Cette dernière observa les gâteaux avant d'en prendre un et mordre dedans. Il était divin.
« C'est gentil de ta part. Pour quelle occasion ? »
« Tu broies du noir depuis quelque temps, Ginny. Je voulais te remonter le moral. Quoi de mieux pour ça que du chocolat ? »
Ginny acquiesça alors qu'elle terminait son muffin.
« Hmm…Il est délicieux. » déclara-t-elle en tendant le bras pour en prendre un autre dans la boite.
Emelyn lui adressa un grand sourire satisfait et demanda :
« Tu sais que Potter est très attristé par votre dispute ? »
Ginny leva un sourcil étonné.
« Tu lui as parlé ? » demanda-t-elle.
Elle essaya de ne pas trop montrer son intérêt.
« Oui, eil m'a demandé comment tu allais. Je lui ai dit que tu étais en colère. »
« Tout à fait. » répliqua Ginny.
La vérité était qu'Harry lui manquait terriblement mais il devait aussi comprendre son point de vue. Ses disparitions soudaines, son manque de communication, ses excuses vaseuses l'exaspéraient au plus au point et le fait qu'il ne semblait pas comprendre la mettait hors d'elle.
« Je pense que vous avez besoin d'avoir une vraie conversation. Sur vos attentes respectives. » continua Emelyn.
Ginny haussa les épaules. Elle savait très bien qu'elle ne pouvait rester en colère éternellement. Ses dernières semaines sans sa présence avaient été horribles pour dire la vérité.
Elle termina son muffin et se tourna vers Emelyn, un léger sourire sur le visage.
« Je vais y penser. Tu avais raison à propos de ces gâteaux, cela m'a fait du bien. » dit-elle avec appréciation.
Le lendemain, au réveil Ginny se sentit de très bonne humeur sans pouvoir expliquer pourquoi. Alors qu'elle prenait sa douche, elle chantonna Tu m'as pris mon chaudron mais tu n'auras pas mon cœur de Celestina Moldubec. Lorsqu'elle sortit de la salle de bain, les autres occupantes du dortoir lui jetèrent des regards médusés et Emelyn lança d'un ton enjoué :
« Quelqu'un est de bonne humeur, aujourd'hui, on dirait. »
Un grand cristallin sortit de la bouche de Ginny.
« La vie est belle. » répondit-elle simplement. « On descend ? »
Sur le chemin jusqu'à la grande salle, Ginny salua avec véhémence à tous les élèves qu'elle croisa. Romilda Vane lui lança un regard empli de haine et Ginny lui adressa son sourire le plus éclatant, Emelyn sur ses talons. Vane parut extrêmement choquée et lança un regard bref à Emelyn avant de s'éloigner en murmurant des paroles d'une vulgarité rare.
Ginny avait l'impression de flotter sur un nuage en coton. Tout lui semblait merveilleux. Le jus de citrouille qu'elle but au petit déjeuner fut particulièrement succulent. Le double cours d'Histoire de la magie avec le professeur fantôme Binns lui parut extrêmement captivant. Son état de pur bonheur dura toute la journée.
« Qu'est-ce qui te prend, Wealsey ? » demanda Pansy Parkinson au dîner en l'observant avec dégoût. « Arrête de sourire comme ça tu vas me faire vomir. »
« Potter et toi avez recommencé à baisouiller ? » interrogea Daphné Greengrass d'un ton moqueur. « C'est ce qui te rend aussi heureuse ? »
Ginny éclata de rire et les deux étudiantes échangèrent un regard alarmé. Elles ne comprenaient pas. Elles ne voyaient pas la beauté de la vie. Ginny, elle, avait envie de sauter sur la table et hurler son bonheur. Elle avait envie d'écrire des poèmes et des chants sur son état d'enchantement. Elle avait envie de se déshabiller et de courir toute nue dans le parc. Oui, c'était exactement ce qu'elle allait faire. Elle enleva son pull, et esquissa un geste pour défaire le bouton de sa jupe mais Emelyn la stoppa dans son geste avec « Ohhh, doucement ! » nerveux. Pansy et Daphné observaient la scène, visiblement choquées.
« Il faut qu'on retourne dans la salle commune Ginny. Nous avons un devoir de métamorphoses à terminer, tu te souviens ? »
« Oh oui, oui, la métamorphoses, j'adore cette matière ! » s'exclama Ginny avec enthousiasme.
« Parfait, parfait… Allons-y dans ce cas. » déclara Emelyn d'un ton ferme en l'attrapant par le bras pour l'entraîner hors de la Grande Salle.
La perspective de rédiger les quarante-trois centimètres du devoir de métamorphoses l'enchantait. Mais une fois devant son parchemin, face à Emelyn, elle ne put se concentrer bien longtemps. Sans savoir pourquoi, elle commença à discuter avec des élèves de sa maison à qui elle n'avait jamais adressé la parole de toute sa scolarité. Emelyn finit par venir la chercher lorsqu'elle prit un élève de première année dans ses bras et couvrit son visage de baisers.
« Il est temps d'aller dormir Ginny. » répondit Emelyn avec un rire. « Tu as entraînement de Quidditch demain matin, si je ne me trompe pas. »
Le Quidditch, Merlin, que Ginny adorait ça !
Cette nuit-là, une fois dans son lit, elle mit du temps à s'endormir. Toute la nuit, ses rêves furent peuplés de moments plus heureux les uns que les autres.
Le lendemain cependant, à son réveil, Ginny eut l'impression d'avoir reçu un coup de massue sur le crâne. Elle n'avait pas été totalement elle-même la veille, elle en avait conscience, mais les détails lui paraissaient étrangement flous. Et plus elle se concentrait pour y réfléchir, plus sa migraine augmentait.
Elle enfila rapidement sa tenue de Quidditch avant de descendre directement dans le Hall et de se diriger vers l'extérieur de Poudlard. Elle n'irait pas déjeuner, elle avait l'estomac étrangement noué. Draco Malfoy était déjà sur le stade de Quidditch, installant le matériel nécessaire pour l'entraînement.
« Tu as une sale mine Weasley. » fit-il remarquer à Ginny une fois qu'elle arriva à sa hauteur. «Tu pourrais te reposer un peu plus une veille d'entraînement. »
« La ferme Malfoy. » répliqua Ginny. « J'ai eu une semaine difficile. »
« S'il faut que j'aille chercher Potter et que je le remette dans ton lit pour que tu te reprennes, dis-le moi, j'y vais de ce pas. » suggéra-t-il d'un ton moqueur.
Bien évidemment, toute l'école était au courant que Ginny et Harry étaient en froid.
« J'irai récupérer Romilda Vane pour la remettre dans le tien. » dit Ginny sur le même ton.
Malfoy eut une expression dégoutée sur le visage.
« Elle n'arrête pas de me regarder avec cet air de dégénérée mentale depuis quelques jours. On dirait qu'elle pourrait venir dans mon dortoir à tout moment me poignarder. »
Cela fit rire Ginny.
« A quoi tu t'attendais Draco ? Tu pensais peut-être qu'elle t'enverrait des fleurs et une carte de remerciement après que tu l'aies publiquement humiliée devant toute l'école ? »
Draco sourit, semblant se remémorer un souvenir particulièrement plaisant.
« Je crois que c'est l'une de mes plus belles réalisations à ce jour. »
Ginny éclata d'un rire franc une nouvelle fois. Ils furent rejoints par le reste de l'équipe et l'entraînement dura toute la matinée. Comme à son habitude, Draco Malfoy, poussa son équipe à ses limites, leur expliquant qu'ils devaient absolument battre les Serdaigle avec une avance de 300 points lors de leur prochain match pour avoir une chance de rester dans la course de la première place de la coupe.
A la fin de l'entrainement, Ginny s'engouffra dans les vestiaires pour prendre une douche et se changer. Elle retourna dans son dortoir pour reposer ses affaires de Quidditch et y croisa Emelyn, plongée dans son grimoire de potions. Depuis quelques temps, Ginny la voyait constamment plongée dans ce manuel, ce qui la rendait perplexe. Elle ne comprenait pas ce que sa condisciple pouvait trouver de si passionnant dans des instructions de potions. Un jour, en regardant par-dessus son épaule, Ginny avait aperçu une page remplie de notes. Emelyn semblait y avoir modifié les instructions d'une potion.
« L'entraînement s'est bien passé ? » demanda Emelyn en refermant son livre pour le ranger dans son sac.
« Super. Malfoy a toujours ses règles mais ça va lui passer. »
« Il vous malmène toujours autant? »
Ginny acquiesça avant de lancer :
« Tu devrais l'aider à de détendre un peu, Emy. »
Emelyn fit mine de s'étouffer.
« Pardon ? » demanda-t-elle comme si elle avait mal entendu.
« Arrête de faire l'innocente. Tu es devenue sympa avec lui, tu as même accepté de l'accompagner à la prochaine sortie à Pré-au-Lard. »
« Je l'ai mal jugé, rien d'autre. Et si j'ai accepté, c'est-parce que tu me l'as demandé, très chère Ginny. »
« Sois honnête avec moi Emelyn. Je peux garder un secret, tu sais. Avoue-le, toi aussi tu as envie de goûter au bâton du Prince de Serpentard. » se moqua Ginny avec un rictus au coin des lèvres.
Emelyn ouvrit de grands yeux outrés. Elle se saisit de son oreiller et le jeta en direction de Ginny qui l'évita avec facilité.
« TU ES DÉGOÛTANTE GINNY ! » hurla Emelyn, semblant écœurée. « Comment de telles vulgarités peuvent sortir d'une si jolie bouche ? »
Ginny partit dans un grand fou rire qui ne fit qu'accroitre quand elle vit l'expression outrée d'Emelyn. Une fois son hilarité passée, elle proposa à sa condisciple d'aller déjeuner. Elle n'avait rien mangé depuis la veille et son ventre commençait à lui réclamer de la nourriture.
« Une seconde. » l'arrêt Emelyn alors que Ginny se dirigeait vers la porte du dortoir. « C'est pour toi. »
Elle tendit à Ginny une boîte rouge et une enveloppe sur laquelle était inscrit son propre nom.
« Pourquoi est-ce que tu me donnes ça ? » interrogea Ginny en levant un sourcil surpris.
« Ce n'est pas de moi. » répondit Emelyn en haussant les épaules. « Je ne fais que transmettre. »
Elle se leva et se dirigea vers la porte du dortoir.
« On se voit en bas. » lança-t-elle avant de disparaitre, laissant une Ginny perplexe.
Ginny observa l'enveloppe avec curiosité avant de l'ouvrir pour y découvrir son contenu. Une carte blanche se trouvait à l'intérieur et le message suivant y était inscrit :
Ginny,
Retrouve-moi ce soir devant la Tour de l'Horloge à 22:30.
HP
Ginny se mordit la lèvre, hésitante. D'un côté, elle était toujours en colère contre Harry mais de l'autre, elle était heureuse qu'il fasse un premier pas vers elle.
Elle ouvrit ensuite la boîte rouge qui était remplie de chocolats. Elle ne put s'empêcher de sourire de cette attention. C'était vraiment adorable de la part d'Harry. Elle s'empara d'un chocolat et le mangea en relisant la carte. Le chocolat était succulent : doux et fondant comme elle l'aimait. Elle en mangea un autre avant de se rappeler qu'elle était sûr le point d'aller déjeuner. Elle rangea la boite et la carte sur sa commode avant de descendre dans la grande salle.
En marchant jusqu'à sa table, elle ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil rapide en direction de la table de Gryffondor, à a recherche de son petit-ami. Harry était en grande discussion avec son frère Ron. Comme s'il avait senti son regard sur elle, il leva les yeux dans sa direction et Ginny détourna les siens. Elle ne put s'empêcher de rougir alors qu'elle rejoignait sa table.
Elle vit Emelyn l'observer d'un air neutre avant de reprendre sa conversation avec Draco, ignorant les regards emplis de sous-entendus que lui lançaient Ginny.
Ginny trouvait le comportement de sa condisciple avec Malfoy particulièrement douteux. Depuis son arrivée à Poudlard, Emelyn avait toujours été très froide et cassante avec Malfoy. Depuis quelques temps cependant, son attitude avait totalement envers lui, sans raison apparente.
Quand Ginny avait tenté de lui demander les raison de ce retournement de situation, la blonde avait été très évasive, comme à son habitude. Emelyn Hawke était parfois très étrange avait constaté Ginny depuis son arrivée dans l'école. Cependant, elle s'entendait très bien avec elle et Ginny était tout de même contente de la fréquenter. Elle ne s'était jamais vraiment entendue avec les filles de son année et les relations qu'elles entretenaient avec Pansy et Daphné étaient totalement superficielles et hypocrites. En réalité, Ginny ne s'était jamais très bien entendu avec d'autres filles hormis Hermione Granger.
Le cœur de Ginny se serra un peu, comme à chaque fois qu'elle pensait à son ex-amie. Elle se demandait parfois où elle était, ce qu'elle faisait et avec qui. Elle se força à chasser ses pensées de son esprit. Hermione avait fait trop de mal autour d'elle et où qu'elle soit actuellement, il était préférable qu'elle y reste.
Ginny ne fit rien de productif le reste de la journée. Elle tenta tant bien que mal de finir son devoir de Métamorphoses mais elle ne parvint pas à se concentrer. Elle appréhendait son rendez-vous du soir même avec Harry. Elle savait qu'ils devraient s'expliquer mais elle ne se sentait pas prête de tout entendre.
Elle avait horreur qu'on lui cache des choses et qu'on la mette à l'écart et Harry le savait très bien. Elle voulait être rassurée mais il semblait que le Gryffondor faisait tout le contraire.
Un quart d'heure avant l'heure convenue du rendez-vous, elle enfila sa veste, fourra sa baguette dans sa poche et se dirigea vers la salle commune.
Toute l'après-midi, elle avait évacué sa nervosité en mangeant les chocolats que lui avait offerts Harry, si bien que la boîte était presque vide. Etrangement, cela avait plutôt bien marché puisqu'elle se sentait curieusement guillerette. La salle de commune de Serpentard était bondée d'élèves comme tous les samedis soirs et Ginny sifflota alors qu'elle quittait la pièce en direction du lieu de rendez-vous.
Une fois dehors, elle sentit avec plaisir le vent frais caresser son visage. Un sourire béat apparut sur son visage, sans raison particulière. Sans doute l'excitation de voir Harry. Elle arriva rapidement à la tour de l'Horloge et s'adossa contre le mur de pierre. Elle attendit, encore et encore sans savoir combien de temps. Curieusement, cela ne la dérangea pas. Elle était heureuse d'être ici.
Elle entendit soudain un craquement et presque aussitôt, son petit-ami apparut de nulle-part, sa cape d'invisibilité tombant de ses épaules.
« Je suis désolé pour le retard Ginny. Des premiers-années traînaient dans les couloirs après le couvre-feu et… » commença-t-il d'un ton désolé.
« Ce n'est rien, je comprends. » répondit tranquillement Ginny, l'empêchant de se justifier davantage.
Harry parut surpris mais soulagé. Il observa Ginny pendant quelques instants en silence, comme s'il ne savait pas quoi dire. Il semblait nerveux. Ginny trouva cela adorable. Elle savait qu'elle était supposée être en colère contre lui et lui quémander des explications. Cependant, elle n'y parvenait pas. Comme lui en vouloir à lui et à son adorable air nerveux, à son sourire contrit ou à la manière dont ses cheveux tombaient indomptablement sur son visage ? Alors que le froid lui caressait le visage, elle eut soudainement très chaud. Elle ne put s'empêcher de rougir et un gloussement lui échappa même des lèvres alors que des pensées peu prudes lui traversaient l'esprit.
Harry la regardait l'air totalement confus.
« Hm Ginny ? Tu es sûre que tout va bien ? » demanda-t-il, inquiet.
« Je vais parfaitement bien Harry. Alors, de quoi voulais-tu me parler ? » interrogea-t-elle.
« Je suis désolé d'être parti sans explications. Tu es ma petite-amie et tu as le droit de savoir ce qui se passe. » dit-il d'un ton désolé. « Je pensais qu'en te tenant à l'écart de tout ça, je te protègerai, mais j'ai réalisé que ça ne changerai rien. »
« Je comprends, Harry. Et j'accepte tes excuses. Je n'aurais pas dû m'emporter comme ça. » répondit Ginny.
Elle se sentait d'une humeur particulièrement bienveillante et ne voulait rien voir entraver son état d'euphorie. Harry sembla extrêmement surpris. Il ne s'attendait visiblement pas à voir Ginny aussi obligeante.
« Tu ne m'en veux plus ? » se risqua-t-il, hésitant, comme s'il s'attendait à ce qu'elle change d'attitude d'une seconde à l'autre.
« Non. » répondit Ginny en souriant.
Un grand sourire apparut sur le visage d'Harry. Il s'approcha de Ginny et lui ouvrit ses bras. Elle n'hésita pas une seconde et rejoint son étreinte. Il la serra très fort contre lui, très longtemps comme s'il la revoyait pour la première fois après des années sans l'avoir vue.
Ginny ferma les yeux avec contentement. Se retrouver à nouveau dans les bras d'Harry après ses quelques semaines d'absences la rendait dans un état euphorique. Harry resserra son etreinte et enfouit son visage dans les cheveux de Ginny, respirant longuement son parfum.
« Tu m'as manqué Gin. » murmura-t-il dans son oreille.
« Toi aussi Potter, mais tu vas m'étouffer si tu continues à me serrer aussi fort. » fit remarquer la Serpentard avec un rire.
Harry la relâcha en riant et prit sa main dans la sienne.
« Viens. » dit-il en commençant à marcher en direction du château.
« Où est-ce que tu m'emmènes ? » interrogea-t-elle.
« Surprise. » répondit Harry.
Il s'arrêta soudainement et couvrit Ginny avec la cape d'invisibilité.
« Tu n'as pas le droit d'être dans les couloirs à cette heure-ci. Si le préfet-en-chef te croise, il risquerait de te mettre en retenue. » déclara-t-il d'un ton faussement sérieux.
Ginny ricana et se laissa entrainer à sa suite. Ils montèrent jusqu'au septième étage et atteignirent une tapisserie représentant des trolls qui réalisaient ce qui pouvait s'apparenter d'une manière lointaine à de la danse.
Harry passa trois fois devant le mur d'en face et une porte apparut face à eux. Il actionna la poignée entraînant Ginny à sa suite dans la pièce.
Ginny retira la cape qui la couvrait et observa la pièce avec émerveillement. Bien qu'elle sache pertinemment qu'ils se trouvaient dans la Salle sur Demande, elle avait l'impression de se retrouver sur l'étendue d'herbe près du lac de Poudlard pendant un week-end ensoleillé. Il n'y avait pas de murs autour d'eux. En face, se trouvait le lac et derrière, une gigantesque étendue d'herbe et de nature jusqu'à l'horizon.
« Wow… » s'émerveilla Ginny. « Comment-est-ce possible ? »
« La Salle sur Demande. » déclara simplement Harry, comme si cela pouvait répondre à toutes ses interrogations.
« Mais nous sommes à l'extérieur. » insista Ginny en regardant autour d'elle.
Harry secoua la tête.
« Approche-toi du lac. » ordonna-t-il.
Ginny s'exécuta, s'avançantt en direction du lac. A sa plus grande surprise, plus elle s'approchait, plus le lac lui semblait irréaliste. A quelques centimètres, elle se rendit compte que c'était en réalité une peinture plus vraie que nature qu'elle avait pris pour le lac.
« C'est un trompe-l'œil. » expliqua Harry qui l'avait rejointe. « Touche-le. »
Ginny approcha sa main de la peinture et esquissa un geste pour toucher l'eau. Sa main entra en contact avec une surface dure, le mur. Cependant, l'eau représentée sur la peinture suivit ses mouvements, comme elle le ferait en réalité.
« C'est magnifique Harry. » lança Ginny avec un sourire.
Il lui rendit son sourire et lui prit à nouveau la main pour l'entrainer près d'un grand arbre, non loin d'eux. Il fronça les sourcils quelques secondes et une couverture rouge apparut sur l'herbe, sous l'arbre. Il sourit en s'installant confortablement sur la couverture et Ginny le rejoignit.
Un panier de pique-nique apparut également et Harry proposa :
« Bièraubeurre ? »
Ginny acquiesça.
« Je vois que tu as tout prévu. »
Elle avait lancé cela sur un ton taquin mais elle était réellement agréable surprise par les efforts qu'il avait mis en œuvre pour elle.
« Tout pour ma princesse. » répondit Harry en lui tendait une bouteille fraîche de bièraubeurre.
Ils passèrent l'heure qui suivit à discuter et à se câliner, heureux de profiter de ces instants ensemble depuis des semaines.
Ginny était heureuse. Harry lui avait tellement manqué ses dernières semaines et elle savait qu'elle ne pourrait pas supporter qu'ils soient à nouveau séparés.
« J'ai quelque chose pour toi. » déclara soudain Harry d'un ton sérieux.
Il sortit une boite noire de sa proche et la tendit à sa petite-amie qui haussa un sourcil.
« Qu'est-ce que c'est ? »
« Un cadeau. Ouvre-le. » proposa-t-il.
Ginny ne se fit pas prier et s'exécuta. Elle adorait les cadeaux. En ouvrant la boite, elle émit une exclamation surprise. Un bracelet se trouvait à l'intérieur. Au centre du bijou se trouvait une petite pierre noire.
« Harry…C'est magnifique. » dit Ginny avec émerveillement.
Jamais de sa vie elle n'avait reçu un aussi magnifique cadeau.
« Je savais qu'il te plairait. » dit-il avec contentement. « Il a aussi une utilité. »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Pendant ces semaines j'ai eu le temps de réfléchir. Il y a des choses que je ne peux pas encore t'expliquer mais je sais que ce qui te dérange réellement, c'est de ne pas avoir de nouvelles de moi et de ne pas savoir comment je vais quand je suis absent. »
Elle acquiesça, ne comprenant pas où il en venait.
« Cette pierre noire est de l'obsidienne. Elle est ensorcelée pour communiquer avec sa sœur. »
« Sa sœur ? » interrogea Ginny, sans comprendre.
Harry leva le bras et redressa la manche de sa robe de sorcier. Il portait le même bracelet, dans une version plus masculine cependant, au bras.
« Les deux pierres sont liées. Elles changent de couleur selon les émotions du porteur de l'autre bracelet. »
« Tu veux dire que la pierre ton bracelet changera de couleur selon mes émotions. » demanda Ginny, qui commençait à comprendre.
« Exactement. Et la même chose avec le tien. La pierre restera noire lorsque je ne ressentirai aucune émotion particulière. Elle deviendra verte grâce au bonheur, à l'excitation, ou au plaisir, par exemple. Elle deviendra rouge à cause de la peur, de la douleur, ou de la colère. La teinte des couleurs dépendra de l'intensité avec laquelle nous ressentons ses émotions. » expliqua-t-il. « Tiens, essaie-le. »
Il plaça le bracelet sur son le bras de Ginny, fermant le loquet soigneusement. Ginny observa avec appréciation le magnifique bijou sur son poignet. La pierre changea de couleur immédiatement et prit une teinte verte. Harry lui sourit. Il observa son propre bracelet qui avait pris une teinte d'un vert encore plus vif.
« Quelqu'un est très très heureuse. »
Harry ne réalisait pas à quelle point elle était euphorique en ce moment même. Son bonheur semblait presque trop grand pour que son corps puisse en contenir autant. Sa tête tourna légèrement.
« Tu vas bien Gin ? » demanda Harry en fronçant les sourcils, semblant remarquer son trouble.
Elle acquiesça.
« Ca va…ça va. » mentit-t-elle alors qu'elle se sentait légèrement nauséeuse.
Harry sembla la croire car il lui sourit et lui caressa le visage.
« Je t'aime. » dit-il.
Le cœur de Ginny rata un battement en l'entendant dire cela.
« Je t'aime aussi Harry. Merci pour tout ça. » dit-elle en désignant d'un mouvement de la tête la pièce.
« Ginny, ce n'est rien comparé à ce que tu me fais ressentir chaque jour. Je n'ai jamais été aussi heureux de ma vie. » confessa Harry, manquant de la faire chavirer.
Son visage s'approcha du sien.
« Et la couleur verte de ton bracelet signifie que je suis heureux, c'est vrai mais pas seulement. » déclara-t-il en posant sa main sur la taille de Ginny.
Sa main descendit lentement, caressant les courbes de sa petite-amie. Cette dernière esquissa un sourire mutin.
« Qu'est-ce que ça pourrait bien de signifier d'autre ? » demanda-t-elle d'un ton faussement innocent, se rapprochant du Gryffondor.
Leurs visages se trouvaient à présent à quelques centimètres l'un de l'autre.
« Laisse-moi te montrer. » proposa Harry en posant ses lèvres sur les siennes.
Ils s'embrassèrent avec ferveur, empressés de toucher l'autre après cette période d'abstinence. Ils n'avaient, à cet instant, que l'envie de se prouver à quel point ils s'aimaient.
Et bien qu'ils n'en soient pas encore conscients, il sembla que l'univers avait consentit à leur offrir un dernier instant de répit avant les épreuves qui les attendait.
Fin du Chapitre
C'était un très long chapitre, et j'espère que vous avez apprécié. N'hésitez pas à reviewer, ça me ferait extrêmement plaisir d'avoir vos opinions en attendant la suite qui viendra le plus rapidement possible. Le prochain chapitre s'intitulera « Échanges de bons procédés »
Et je tiens à vous prévenir, Hermione ne fera aucun cadeau…
A très vite,
Black Lagoon
