Disclaimer : Le monde d'Harry Potter et de ses amis appartient à la formidable J.K Rowling. Je ne fais que lui emprunter ses personnages pour les martyriser un peu !

Résumé : Deux mois ont passé depuis le fameux bal d'Halloween. Pourtant, Hermione n'a toujours pas digéré sa défaite. Désireuse de prendre sa revanche, elle revient à Pouldard en undercover après avoir passé un marché avec le Seigneur des Ténèbres. L'eau a coulé sous les ponts depuis, et pour retrouver sa place au sein de l'école et mener à bien elle est prête à tout. Ce qui est certain, c'est qu'à Poudlard, il n'y aura jamais assez de place deux garces. Mais laissons le temps de s'en rendre compte à nos deux ex meilleures-amies.

Merci infiniment à Dumby95 pour sa relecture de ce chapitre et ses suggestions :D

Merci également à Samy, LilyP. Wooz, Yuigha, Dumby95, Sammy38550, Guest, Petite-plume, Lord Cornichon, HP09, Gin'etMione, Purée23 pour vos reviews ! Ce chapitre est pour vous !

Note de l'Auteur : Black Lagoon de retour, après une année, so so so sorry ! J'ai déménagé en Irlande pour le travail, beaucoup de changements qui expliquent mon absence. Je reviens avec un très très long chapitre que vous apprécierez, j'espère. Bonne lecture !

VI. Échanges de bons procédés

L'Elixir d'Euphorie fonctionnait à merveille, constata Hermione avec une joie non dissimulée. Et l'administrer à Ginny Weasley sans son consentement s'était révélé d'une facilité déconcertante. S'en était presque devenu un jeu pour Hermione qui, chaque jour, s'amusait à trouver de nouvelles manières ingénieuses et originales pour faire ingérer à Ginny sa dose quotidienne. Elle en versait parfois discrètement dans son jus de citrouille au petit déjeuner ou dans la gourde qu'elle emportait à chacun de ses entraînements de Quidditch. D'autres fois, Hermione optait pour la flasque contenant la potion contraceptive de Ginny et que cette dernière buvait chaque soir avant de se coucher.

Hermione était arrivée à la conclusion que mélanger l'Elixir à une boisson était bien plus efficace qu'avec de la nourriture. En effet, ses premiers essais avec les muffins ou la boîte de chocolats qu'elle avait ajouté au message de Potter et qu'elle avait remis à Ginny ne s'étaient, finalement, pas révélés très concluants. Le dosage y était bien trop élevé et Ginny avait complètement perdu la tête, faute de meilleur terme. En l'administrant grâce à la boisson, cependant, Hermione était parvenue à trouver le dosage idéal.

Après un certain temps, elle s'était rendue compte que Ginny avait besoin d'une quantité chaque fois plus importante pour obtenir les mêmes effets que la fois précédente, signe qu'elle avait réussi à rendre Ginny peu à peu dépendante. Les conséquences de l'Elixir étaient de plus en plus visibles. Ginny avait du mal à rester concentrée pendant les cours, présentait des signes évidents de troubles de la mémoire et à certaines occasions, peinait même à suivre le fil d'une conversation.

Certaines personnes avaient commencé à remarquer son comportement étrange, à commencer par l'équipe de Quidditch de Serpentard. Le manque apparent de coordination et le ralentissement général de la réactivité de la poursuiveuse vedette de Serpentard avait hautement agacé ses coéquipiers. Draco Malfoy, le capitaine de l'équipe, ne s'était pas gêné pour lui faire part de sa frustration.

« WEASLEY ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ? » hurla-t-il avec véhémence lorsque Ginny ne parvint pas à attraper la passe d'un de ses coéquipiers pour la troisième fois depuis le début de l'entraînement. « Est-ce que je dois demander à Zabini de t'envoyer un cognard dans la figure pour te réveiller ? »

Ginny secoua la tête, le visage rouge d'embarras et de frustration.

« Reprends-toi Weasley ! J'ai encore le temps de te remplacer avant le prochain match ! » menaça Malfoy.

« Je… » commença Ginny d'un ton chamboulé.

Elle semblait vouloir se justifier mais ne parvint pas à trouver les bons mots.

L'entraînement reprit et même si Ginny sembla faire preuve d'efforts, sa prestation ne parvint pas à convaincre les autres. A la fin de l'entraînement, Malfoy lui lâcha d'un ton froid :

« Tu ferais mieux de te reprendre Weasley. Si tu refais la même chose la semaine prochaine, tu es éjectée de l'équipe. Le prochain match est décisif, nous n'avons pas besoin de maillon faible. »

Et sans laisser le temps à Ginny de répondre, il se dirigea vers les vestiaires, le reste de l'équipe sur ses talons, non sans jeter des regards lourds de critiques en direction de Ginny.

Cette dernière resta seule sur le terrain, son balai dans la main, sous les regards moqueurs de quelques Serdaigle qui avaient assisté à l'entraînement et d'Hermione qui avait observé Ginny pendant les deux heures précédentes.

Elle fixa la rousse pendant que celle-ci traînait des pieds pour se rendre dans les vestiaires, l'air dépité. Une partie d'elle avait pitié de Ginny car cette dernière ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Heureusement, cette partie d'elle était infime et se cachait dans un recoin de son cerveau qui se manifestait rarement. L'autre partie d'elle, en revanche, éprouvait une satisfaction extrême de voir son ex-meilleure amie dans cet état pathétique. Il fallait que Ginny descende de son piédestal et que quelqu'un lui remette les pieds sur terre. Et Hermione allait se faire un plaisir de s'en charger. Ce n'était que partie remise, après tout.

Elle éprouvait très peu de remords face à ses actes. Elle ne pouvait d'ailleurs pas se le permettre. Si elle échouait, c'était sa peau qui serait en jeu et cela était inacceptable. Elle était une Serpentard jusqu'au bout de ongles et ce n'était que son propre intérêt qu'elle servait. Si elle devait écraser des gens –ou pire- pour se sauver, elle le ferait sans même cligner des yeux.

Quelques mois auparavant

« Où sommes-nous ? » demanda Hermione, une pointe de crainte dans la voix.

Adamus Mulciber sortit un masque de sa robe de sorcier et le revêtit sur son visage.

« Ça, ma jolie, c'est le Repaire du Seigneur des Ténèbres. »

Les yeux d'Hermione s'écarquillèrent avec horreur et un sentiment de crainte l'envahit.

« Par ici. » ordonna Adamus d'une voix assurée.

Ils traversent un grand couloir sombre, faiblement éclairé par des lanternes accrochées au mur. Ils croisèrent plusieurs individus vêtus de larges capes noires à capuche, leurs visages dissimulés derrière le même masque que portait Adamus. Certains jetèrent un regard dans la direction d'Hermione mais elle baissait rapidement ses yeux à chaque fois, s'évertuant à ne pas les regarder.

Après ce qui lui sembla une éternité, Adamus s'arrêta devant l'une des nombreuses portes du couloir. Des cris se faisaient entendre de l'autre côté de celle-ci. Un heurtoir représentant la tête d'un serpent en métal se trouvait sur la porte et Adamus tira sur l'anneau, frappant trois fois sur la porte avec. Immédiatement, le heurtoir sembla s'enfoncer dans la porte et un judas rectangulaire le remplaça. L'ouverture s'ouvrit d'un coup sec, laissant apparaître des yeux gris à travers.

« Identification ? » demanda l'individu dont seul le regard froid était visible à travers le judas.

« Adamus Mulciber. »

« Marque. » ordonna l'homme d'une voix sèche.

Une seconde ouverture, plus grande que la première, fit son apparition dans la porte, cette fois-ci au niveau de la taille d'Adamus. Celui-ci remonta la manche de sa robe de sorcier et introduisit son bras au niveau de l'ouverture. Hermione eut le temps d'apercevoir un tatouage d'un vert sombre représentant un crâne avec un serpent qui lui sortait de sa bouche. Après quelques secondes, Adamus retira son bras et les deux ouvertures rectangulaires de la porte se fermèrent immédiatement, disparaissant dans le bois noir et laissant à nouveau place au heurtoir en forme de tête serpent.

Hermione regardait Adamus avec un mélange d'appréhension et de confusion. L'homme aux yeux gris avait disparu de l'autre côté de la porte. Adamus resta devant la porte, fixant cette dernière intensément et ne semblant pas vouloir bouger. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrait lentement, laissant apparaître un homme imposant à la peau extrêmement pâle et aux cheveux d'un gris argenté. Ce dernier observa Hermione de haut en bas.

« Qu'est-ce que tu nous emmènes cette fois, Mulciber ? » questionna l'homme de sa voix rauque sans quitter Hermione des yeux.

« C'est Helda Parkinson, une nouvelle recrue. » répondit Adamus, une pointe d'excitation dans la voix.

L'homme détourna les yeux d'Hermione pour les poser sur Adamus.

« Parkinson ? Tiens donc. » lâcha-t-il d'un ton empli d'ironie. « J'espère que la qualité de son sang n'est pas douteuse. Je crois me souvenir que ta dernière ''recrue'' n'a pas réussi les tests. »

« C'est une sang-pur, Travers. N'est-ce pas, Helda ? Dis-lui, sois pas timide. Dis-lui. » insista Adamus en se tournant vers Hermione comme pour se rassurer.

Hermione déglutit. Elle savait que son mensonge à propos de son identité sortirait à un moment donné. Autant que ce soit de sa propre bouche. S'efforçant de prendre une voix sûre d'elle, elle répondit :

« Je suis une Sang-Pur. Et mon nom est…Granger. Hermione Granger. »

Adamus lui lança un regard confus et interloqué et le dénommé Travers lâche un rire narquois.

« Eh bien, eh bien, Mulciber. 'Semble que celle-ci ait un peu de jugeote, au moins. Tu t'es encore fait entuber Mulciber. Tu ridiculises ton vieux père. » déclara Travers avec méchanceté et hauteur.

Adamus avait perdu l'attitude assurée qu'il n'avait cessé de montrer à Hermione depuis qu'elle l'avait rencontré. Face à Travers, il paraissait comme un jeune enfant apeuré voulant faire ses preuves.

« Tu peux retourner dehors. » ordonna Travers avec froideur dans sa direction. « Continue de recruter. »

Adamus s'empressa d'acquiescer et tourna les talons pour partir, envoyant au passage un regard réprobateur en direction d'Hermione.

Travers saisit alors le bras d'Hermione avec force et l'attira dans la pièce avec brusquerie. Surprise, Hermione manqua de tomber à la renverse. Elle se rattrapa in-extremis en se retenant sur le bord d'une table.

Il l'avait emmenée dans une pièce circulaire aux murs en pierre, faiblement éclairée. En face d'elle, Hermione aperçut une porte en bois. En guise de mobilier, seule une table à laquelle il manquait un pied se trouvait au milieu de la pièce ainsi qu'un banc encastré au mur. Le banc était à peine visible mais Hermione put distinguer la silhouette d'une personne assise.

Soudainement, Hermione sentit son corps se raidir et devenir immobile. Furieusement, elle tenta de bouger, mais chacune de ses tentatives étaient vaines. Avec horreur, elle sentit une main, celle de Travers, se glisser sous sa robe de sorcière. Elle tenta d'hurler mais aucun son ne sortit de sa gorge.

Quelques secondes plus tard, elle tombait au sol, à nouveau capable de mouvements. Elle se précipita vers en direction du mur le plus proche, tremblante. Travers l'observait, une lueur railleuse dans ses yeux. Dans ses mains, il tenait une baguette, celle d'Hermione ainsi que son petit sac en perles dans lequel elle avait rangé toutes ses possessions.

« Va t'asseoir avec les autres. » ordonna-t-il en l'observant d'un air appréciateur alors qu'elle remettait ses vêtements en ordre.

Elle se releva sans un mot et se dirigea vers le fond de la pièce, sans rechigner. Elle n'était pas stupide. Cet homme était un Mangemort et elle savait pertinemment qu'il n'hésiterait pas à lui faire du mal. Mourir n'était pas dans ses plans actuels.

En s'approchant du banc, elle distingua deux silhouettes. La première qu'elle avait déjà aperçue quelques instants auparavant était tranquillement assise, balançant des pieds. L'autre, qu'elle n'aperçut qu'une fois à quelques centimètres du banc, était recroquevillée sur le sol et sanglotait doucement. Hermione s'assit sur le banc, à côté de la personne déjà installée, laissant cinquante centimètres de distance. Elle jeta un regard en direction de Travers qui s'était adossé au mur, les bras croisés.

Un cri strident lui parvenu soudain aux oreilles et elle se sentit immédiatement très mal à l'aise. Ce cri était venu de la porte qu'elle avait aperçu en entrant dans la pièce. Son sentiment d'inconfort s'accrut davantage lorsque la silhouette recroquevillée au sol repartit en sanglots à l'entente du cri.

« Non…Non…Arrêtez. » sanglota-t-elle comme si c'était à elle qu'on faisait du mal.

C'était la voix d'une jeune femme. Un ricanement aux côtés d'Hermione se fit entendre et elle détourna le regard sur la personne à ses côtés. Cette dernière esquissa un mouvement pour s'approcher d'Hermione, laissant à cette dernière tout le loisir de l'observer.

C'était une fille d'à peu près son âge, à la peau extrêmement pâle et aux grands yeux bleus. Ses cheveux étaient coupés très courts et teints en un violet vif.

« Stupide traîtresse à son sang. » grogna-t-elle entre ses dents en jetant un regard empli de haine à l'inconnue qui sanglotait.

Elle avait un fort accent slave.

« Que se passe-t-il? » demanda Hermione avec curiosité, sans réfléchir. « Que lui arrive-t-il ? Qui est de l'autre côté de la porte ? »

« Le petit-ami de cette idiote est un Sang-de-Bourbe. » cracha-t-elle avec le plus profond dégoût. « Il est en train de recevoir la correction qu'il mérite. »

Hermione déglutit.

« Elle a réussi les tests mais il est train de les rater. » ajouta la fille avec un sourire plein de méchanceté.

« Les tests ? » répéta Hermione, sans comprendre. « Quels tests ? »

« Qui baigne ses mains dans du sang impur, les lavera dans les larmes. » récita-t-elle.

Hermione ne put lui demander davantage d'explications car la porte d'où avait retentit les cris s'ouvrit brusquement. Un homme à la carrure imposante vêtue d'une cape noire apparut dans la pièce, tenant par le bras un jeune homme maigre, dont le visage était tuméfié. Il tenait à peine debout, et semblait être au bord de l'inconscience. Travers s'approcha de son collègue et ils échangèrent quelques paroles inaudibles avant de se tourner vers elles.

Le mangemort fit valser le jeune homme inconscient violemment à terre avant de retourner dans la pièce d'où il venait. La jeune femme recroquevillée au sol se leva immédiatement et se rua sur le jeune homme – son petit-ami, supposa Hermione. Elle s'attendit à ce que Travers réagisse et les sépare mais il les ignora totalement. Il s'avança d'un pas assuré vers elles et fit signer à la fille aux côtés d'Hermione d'entrer dans la pièce à la suite de son collègue. Cette dernière se leva immédiatement et acquiesça furieusement de la tête, se dirigeant d'un pas assuré dans la salle adjacente, comme s'il elle s'apprêtait à remplir une mission de la plus haute importance. Travers retourna ensuite vers son mur et s'y adossa de nouveau.

Hermione tourna la tête vers le jeune couple. La jeune femme tentait désespérément d'aider son petit-ami à s'asseoir mais ce dernier, mal en point, en semblait incapable.

Un désagréable sentiment de nervosité emplit à nouveau Hermione. Elle regarda autour d'elle, cherchant désespérément une sortie. Elle ne trouva aucun plan de secours plausible et se résigna. Les tests qu'avait mentionné la fille aux cheveux violets la rendaient soucieuse. Et voir dans quel état était sorti le jeune homme ne faisait qu'empirer son angoisse. L'atmosphère de la pièce, froide et pesante, n'améliorait pas l'agitation d'Hermione. On entendait seulement les gémissements de douleur du jeune homme et les glapissements de sa petite-amie.

Après ce qui lui sembla être une éternité, la porte s'ouvrit à nouveau et le mangemort et la fille aux cheveux violets apparurent à nouveau dans la pièce, semblant hilares. Cela contrastait totalement avec l'attitude que le Mangemort avait eue avec le jeune homme. La fille aux cheveux violets reprit sa place aux côtés d'Hermione, une expression satisfaite sur le visage.

Hermione n'attendit même pas que Travers lui fasse signe. Elle se leva avec résignation et suivit le Mangemort dans la pièce attenante. Son appréhension descendit d'un cran lorsqu'elle pénétra dans la pièce. Elle s'était attendue à une salle des tortures. Cependant, une table simple se trouvait au milieu d'une petite salle, deux chaises se faisant face de chaque côté de la table. Sur l'une d'elle était assis un petit sorcier chauve penché sur un parchemin sur lequel il écrivait machinalement. Le mangemort qui avait conduit Hermione dans la pièce désigna d'un geste la chaise libre. Hermione s'y installa et le Mangemort resta debout devant la porte, les bras croisés.

« Parfait, parfait. » murmura le petit sorcier chauve en regardant son parchemin.

Il paraissait âgé, probablement dans la soixantaine et portait des lunettes carrées dont la monture paraissait être en peau de serpent. Il apposa sa baguette sur son parchemin pendant quelques secondes. Toutes les notes disparurent alors, laissant le parchemin totalement vierge. Il releva la tête et regarda Hermione.

« Commençons. » dit-il. « Votre nom, votre âge Miss. »

« Hermione Granger. 18 ans. » répondit Hermione avec appréhension.

« Votre Statut de Sang ? »

« Sang-Pur. » répondit Hermione d'une voix qu'elle tenta de rendre la plus assurée possible.

« Seriez-vous prête à le jurer sous serment ? » demanda l'homme chauve.

« Sous-serment ? » répéta Hermione, levant un sourcil.

Le sorcier chauve s'empara de sa baguette, fit un geste gracieux de sa main et un plateau de thé apparut sur la table.

« Vous prendrez bien une tasse de thé, Miss Granger. » proposa-t-il d'une voix doucereuse, qui sonnait extrêmement fausse.

Hermione ouvrit la bouche, surprise. Elle s'était attendue à beaucoup de choses depuis son arrivée ici, mais pas à ce qui se déroulait devant elle. Des Mangemorts qui l'appelaient poliment par son nom et qui lui offraient du thé ?

« Non merci. » refusa-t-elle.

Le sorcier chauve donna un coup brusque sur la table, manquant de renverser le service de thé. Ses yeux s'étaient soudainement rétrécis, ses sourcils s'étaient froncés et son visage affichait une expression de fureur.

« Pourquoi faut-il toujours qu'ils compliquent la procédure ! » s'écria-t-il avec colère.

Il ferma les yeux quelques instants, comme s'il tentait de se calmer. Après quelques secondes, il les ouvrait à nouveau et un petit rictus s'était installé sur ses lèvres. Le coin de sa bouche semblait néanmoins trembler légèrement, comme s'il était prêt à exploser de nouveau sans prévenir. Lorsqu'il parla à nouveau, il reprit sa voix faussement douce :

« Vous accepterez cette tasse de thé et ferez exactement ce que je vous ordonne de le faire, quand je vous l'ordonne. »

Hermione s'empressa d'acquiescer.

« Sinon je serai forcé d'avoir recours aux services de Rowle ici présent, et je peux vous garantir que vous le regretterez. Dernièrement, le pauvre sot qui a refusé de collaborer a reçu sa correction. »

Il faisait indéniablement référence au jeune homme au visage totalement tuméfié.

« Devoir recourir aux mêmes méthodes avec vous serait très fâcheux, n'est-ce pas ? » demanda-t-il.

Son sourire s'agrandit alors, laissant apparaître des dents pointues jaunies. La peur envahit l'estomac d'Hermione.

Elle tendit la main en direction de la tasse déjà remplie posée devant elle et s'en empara. Elle l'approcha doucement de ses lèvres et commença à boire son contenu, effrayée. Elle fut surprise de réaliser que ce n'était que du thé.

« Parfait. » répéta l'homme. « Reprenons. Votre nom et votre âge. »

« Hermione Granger. 18 ans. » répéta Hermione d'une voix monocorde.

« Statut de Sang ? »

« Sang-Pur. »

Le sorcier sourit et gribouilla rapidement quelque chose sur son parchemin vierge.

« Noms des parents et profession. »

« Icarius et Jane Granger. Médicomages. » répéta Hermione de cette étrange voix monotone.

« Comment êtes-vous arrivée ici ? »

« J'ai été recrutée par Adamus Mulciber. »

« Où vous a-t-il trouvée ? »

« Dans un pub, dans un village près de Londres. »

« Qu'y faisiez-vous ? »

« Je prenais un verre, je m'ennuyais. »

Le sorcier chauve gribouillait inlassablement sur son parchemin tout en continuant son interrogatoire.

« Que faîtes-vous dans la vie ? »

« J'étudie…j'étudiais à Poudlard. »

« Vous étudiez ? » répéta-t-il, semblant intrigué de son usage du passé.

« Je me suis enfuie. »

« Pourquoi ? »

« J'ai mis un de mes camarades de classe sous l'effet de l'Imperium. Il m'a provoqué et a menacé de me dénoncer aux professeurs ainsi qu'au ministère de la magie alors je l'ai attaqué. C'était un accident, je ne voulais pas que ça en arrive là, mais je n'ai pas eu le choix. Alors j'ai dû m'enfuir. Je pensais qu'il était mort, mais ce n'était pas le cas. » expliqua-t-elle.

Elle avait révélé cela d'une voix monotone et factuelle, comme si elle récitait une leçon de cours à un professeur. Elle ne savait pas pourquoi elle ressentait se besoin extrême de dire la vérité. Elle ne pouvait pas s'en empêcher.

Le sorcier avait écouté son récit l'air intrigué et intéressé.

« Du potentiel. » commenta-t-il en regardant ses notes. « Nous avons terminé, Rowle. »

Le dénommé Rowle fit signe à Hermione de se relever et le suivre. Hermione s'exécuta et se sentit à nouveau elle-même. Lorsqu'elle retrouva ses esprits, il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour comprendre ce qui venait de se passer. Ces Mangemorts lui avait fait ingérer du Veritaserum, un puissant sérum de vérité.

Cependant cette potion n'était guère infaillible. Certaines pratiques, notamment l'Occlumancie pouvait en contrer les effets. Même si le Veritaserum avait fonctionné sur Hermione, elle n'avait pas pu révéler qu'elle était Née-Moldue et que ses parents n'étaient pas ses parents. La raison était simple : Le sortilège Fidelitas.

Lorsque ses parents l'avaient recueillie, quelques jours après sa naissance, ils avaient dissimulé toutes les informations concernant sa réelle identité grâce à cet enchantement très complexe. Son père, Icarius Granger, était le Gardien du Secret. Dès lors, lorsqu'il lui avait avoué que ses vrais parents étaient Moldus, il lui avait ainsi révélé volontairement le secret, faisant d'elle une Gardienne secondaire. Cependant, il lui était impossible elle-même de révéler ce secret tant que le Gardien principal était en vie, ce qui était le cas de son père adoptif. Le Veritaserum était donc une piètre arme face à la complexité du sortilège Fidelitas.

Hermione fut forcée de retourner dans la pièce circulaire, suivie de Rowle et cette fois du sorcier chauve également. Travers se redressa en les voyant arriver. Le couple était à présent assis par terre, le dos contre le mur, les bras autour de l'autre. Ils sursautèrent lorsque les Mangemorts firent leur entrée.

« Selwyn. » dit Travers avec un grognement agacé. « Ce n'est pas bientôt fini ? »

« Je ne fais qu'appliquer la procédure Travers. »

« La procédure. » répéta Travers avec ironie. « On se croirait au ministère avec toutes tes formalités. »

Hermione entendit la fille aux cheveux violets ricaner. Selwyn lui adressa un regard sombre et elle se tut immédiatement.

« Un peu d'ordre dans ce capharnaüm. » dit Selwyn.

« Je préfère l'indiscipline. »

« Précisément la raison pour laquelle Le Seigneur des Ténèbres m'a donné la responsabilité et le droit de choisir qui peut rejoindre nos rangs. Et la raison pour laquelle tu n'es toujours qu'un sous-fifre après tant d'années de service. » déclara vicieusement Selwyn.

Travers serra le poing, sa baguette fermement tenue. Il semblait furieux. Rowle, s'avança immédiatement, baguette en main, l'air menaçant, faisant office de bouclier à Selwyn. Travers sembla hésiter quelques secondes avant de se rétracter et de faire quelques pas en arrière. Selwyn sourit, révélant à nouveau ses dents pointues, l'air extrêmement satisfait.

Hermione n'en croyait pas ses yeux. Ils agissaient tels des employés du ministère confrontés à un différend.

« Reprenons. » déclara alors Selwyn en se tournant vers les autres.

Il déroula son parchemin et le parcourut des yeux à nouveau avant de lancer :

« Au vu des informations relatées par mes soins, il a été décidé qu'Iryna Rudenko et Hermione Granger sont aptes. »

La dénommée Iryna laissa échapper une exclamation de victoire. Selwyn lui adressa un regard bienveillant.

« Octavia Beadle, inapte. » continua-t-il d'une voix monocorde en jetant un regard sévère en direction de la fille du couple.

Il reprit sa lecture et sa bouche émit un rictus.

« Le dernier individu est quant à lui impraticable. »

Il semblait ne pas vouloir prononcer son nom. Hermione se souvint de ce qu'Iryna lui avait révélé une demi-heure auparavant. Le garçon au visage tuméfié était un Né-Moldu, une atrocité aux yeux des Mangemorts qui luttaient pour la pureté du sang au sein de la société magique.

« Au vu des pouvoir qui me sont conférés... » reprit Selwyn.

Hermione vit Travers lever les yeux au ciel.

« J'ordonne qu'Octavia Beadle soit soumise au Sortilège d'Amnésie et relâchée et que l'autre individu soit exterminé. »

Le jeune homme se mit à trembler et sa petite amie, Octavia, partit dans une nouvelle crise de sanglots.

« Non…S'il-vous-plaît…Ne lui faites pas de mal... » implora-t-elle.

Les Mangemorts ricanèrent.

« Je…je suis enceinte. Ne tuez pas le père de mon enfant, je vous en supplie ! » supliqua-t-elle en larmes, en étreignant son petit-ami qui paraissait sous le choc de sa révélation.

Les trois Mangemorts échangèrent des regards, semblant également étonnés de la révélation de la jeune femme. Selwyn s'avança alors en direction de la sortie de la pièce et fit signe à Hermione et Iryna de le suivre. Il pointa sa baguette en direction de la serrure qui fit un léger « clic » avant que la porte ne s'ouvre. Avant de sortir, il lança un regard par-dessus ses épaules.

« Après réflexion, achevez les deux. » décréta-t-il d'un ton dur, l'air impitoyable.

« NON ! NON ! Pitié…Pitié » hurla Octavia, bientôt suivi par son petit ami qui demandait miséricorde aux Mangemorts.

« Suivez-moi. » ordonna Selwyn à Hermione et Iryna.

Ces dernières s'exécutèrent. Hermione détourna les yeux du couple mais elle vit Iryna leur lancer un crachat. Elles se trouvèrent dans le couloir, et Selwyn qui se tourna vers elles.

« Vous venez d'apprendre votre premier enseignement. Aucune pitié et tolérance zéro pour les Sang Impurs et ceux qui les aident à se répandre parmi-nous. »

Sa voix glaça le sang d'Hermione. Comment parviendrait-elle à se sortir de ce pétrin ?

/

Ginny Weasley se traîna dans la Grande Salle, l'esprit ailleurs. Sa prestation lors de l'entraînement de Quidditch avait été désastreuse, sans qu'elle parvienne à comprendre pourquoi. Ses réflexes lui semblaient endormis, son temps de réaction complètement dépassé et sa concentration au plus bas.

Elle ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait ses derniers temps. Ses humeurs passaient d'un extrême à l'autre. Elle se sentait heureuse et épanouie parfois, et quelques heures plus tard, elle broyait du noir.

Elle s'installa à la table des Serpentard aux côtés d'Emelyn Hawke qui lisait la Gazette du Sorcier. Quand elle vit Ginny, elle demanda :

« Alors, cet entraînement ? »

« Horrible. Je suis nulle, je fais n'importe quoi en ce moment. » répondit Ginny, l'air abattu.

Elle jeta un regard en direction de ses coéquipiers tous assis ensemble qui lui jetaient de temps à autres des regards accusateurs et qui semblaient, sans l'ombre d'un doute, parler d'elle.

« Awww… » dit Emelyn d'un ton rassurant. « Je suis sûre que ça passera. Tu feras mieux la prochaine fois. Jus de citrouille ? »

Ginny acquiesça, l'air absent et Emelyn posa un verre de jus de citrouille devant elle. Elle s'empara du verre et le but d'une traite avant de s'emparer de son assiette et de servir son déjeuner.

« Joli bracelet. » commenta Emelyn en indiquant le bijou que Ginny arborait au bras.

« Merci. Un cadeau d'Harry. » répondit Ginny en souriant, son visage s'éclairant alors.

« Adorable. »

Ginny hocha la tête en reprenant son repas, un sourire aux lèvres. Elle jeta un coup d'œil à la table des Gryffondor à la recherche de son petit-ami. Elle repéra automatiquement sa chevelure noire de jais indomptable. Il discutait gaiement avec ses condisciples. A la fin du repas, lorsqu'elle le vit se lever et sortir seul de la Grande Salle, elle s'empara de son sac et se leva également. Elle se mit à courir pour le rattraper.

« Harry ! »

Il s'arrêta et se tourna vers elle. Il lui fit un grand sourire.

« Hey. » dit-il alors qu'elle arrivait à sa hauteur.

« Hey. » le salua la rousse en se levant sur la pointe des pieds pour l'embrasser. « Tu m'as manqué. »

« Et toi encore plus. » dit Harry en lui caressant la joue et en répondant à son baiser.

« Des projets pour cet après-midi ? » demanda-t-elle avec un entrain soudain. « On pourrait le passer ensemble. »

« Je suis désolé Gin, j'ai prévu de passer mon après-midi à la bibliothèque. Des devoirs à rattraper. » répondit-il d'un ton désolé.

Ginny fit une moue déçue et Harry ajouta :

« Mais toute ma soirée te sera consacrée. »

Cela suffit à rendre à Ginny son sourire.

« Super. » dit-elle alors qu'ils se remettaient en marche.

« Tu as eu un entraînement ce matin, non ? Prêts pour le match contre Serdaigle ? » interrogea Harry, glissant son bras autour des épaules de Ginny.

« Pas vraiment. Je n'étais pas très en forme ce matin. Malfoy a menacé de me virer de l'équipe. »

Harry leva les sourcils, surpris.

« Tu rigoles ? Tu es la meilleure de l'équipe. Tu es même meilleure à son poste. » la défendit-il fermement. « Malfoy est stupide. »

« C'est gentil, amour. Et tu as raison, Malfoy est un abruti fini. » déclara Ginny en piquant un baiser sur sa joue.

Harry lui sourit faiblement mais son visage devint soudainement sérieux.

« Tu te souviens de ce que je t'ai dit Ginny ? Je ne veux pas que tu traînes avec ce type. Je ne lui fais pas confiance. » dit Harry.

Ginny acquiesça sans répliquer.

« Ce qu'il a fait à Romilda Vane est horrible. Je ne sais pas comment il fait pour dormir, la nuit. »

« Probablement sur ses deux oreilles. » dit Ginny avec un rire.

« Ce n'est pas drôle Gin, c'est un enfoiré. »

« Peut-être que Vane le méritait. » suggéra Ginny.

« Personne ne mérite ce qui lui est arrivé. C'était totalement déplacé. » répondit Harry d'un ton sec.

Ginny acquiesça, sans répondre. Elle savait qu'Harry n'apprécierait pas de savoir qu'elle était impliquée jusqu'au coup dans l'affaire Romilda Vane. Depuis qu'ils sortaient ensemble, elle avait dû atténuer certaines de ses attitudes et habitudes qui n'étaient pas vraiment au goût de son petit-ami. Cependant, lorsque des petites idiotes de la trempe de Vane la provoquaient, elle n'avait pas le choix, il fallait qu'elle leur montre de quoi elle était capable. Harry ne comprenait pas car il avait des principes d'honneur et de courage comme tout Gryffondor qui se respectait. A Serpentard, on faisait les choses différemment. Se faire respecter était au-dessus de tout.

Le couple arriva rapidement à la bibliothèque et Harry s'installa à une table de quatre. Ginny soupira. Elle n'était pas d'humeur à étudier, aujourd'hui, pas après sa mauvaise prestation lors de son entraînement de Quidditch. Désœuvrée, elle observa simplement Harry alors qu'il lisait un énorme grimoire et qu'il prenait des notes de temps à autres.

Une demi-heure plus tard, quelle ne fut pas la surprise de Ginny lorsqu'elle vit Emelyn Hawke s'installer aux côtés de son petit-ami. Emelyn lui adressa un léger sourire et lança en direction d'Harry :

« Désolée pour le retard. »

« Aucun problème. » répondit Harry en décalant ses affaires pour qu'Emelyn puisse mettre les siennes.

« Je t'ai ramené un livre que tu trouveras sûrement intéressant. » lança Emelyn à Harry en lui tendant un grimoire.

Harry la remercia et ils se mirent à discuter de banalités, sous le regard ébahi de Ginny. Avait-elle raté un épisode ? Depuis quand son petit ami et sa camarade de classe étaient-ils amis ? Elle commença même à se sentir mal à l'aise, comme si elle était de trop dans leur conversation et cela la dérangeait au plus haut point.

« Je retourne à ma salle commune. » déclara-t-elle soudain avec froideur.

« On se voit ce soir, Ginny. » dit Harry alors qu'elle se levait et ajustait la lanière de son sac.

Ginny ne prit même pas la peine de répondre et quitta la bibliothèque, irritée. Pour qui Emelyn se prenait-elle ? Elle savait pertinemment que Ginny ne plaisantait pas lorsqu'il s'agissait d'Harry Potter. Comment pouvait-elle une seconde penser qu'il était approprié pour elle de se lier d'amitié avec Harry derrière son dos ? Ginny n'aimait pas cela et elle comptait bien lui faire comprendre.

Son agacement ne fit qu'accroître durant l'après-midi et au dîner, elle s'installa avec les autres filles de son dortoir, ignorant superbement Emelyn. En début de soirée, elle se dirigea en direction des quartiers des préfets-en-chef, décidée à obtenir des explications de la part d'Harry. Dès qu'il lui ouvrit la porte de sa chambre et sans d'autres formes de futilités, elle lui demanda immédiatement ce qu'il se passait entre eux. En réponse à ses interrogations, Harry ne fit qu'éclater de rire, visiblement très amusé.

« Gin. Il n'y a rien, vraiment. Elle m'a donné des conseils lorsque tu me faisais la tête. On ne discute de temps en temps, rien de plus. » expliqua-t-il simplement.

« Tu l'attendais à la bibliothèque. » rappelle Ginny d'un ton accusateur. « Vous aviez convenu d'un rendez-vous. »

« J'avoue, elle m'a aidé pour un devoir. Et avec toutes mes absences, j'avais besoin de quelqu'un pour rattraper mon retard. Elle connaît quasiment tout du programme de septième année, son percepteur lui a enseigné. Emelyn a proposé de m'aider. Rien de plus, Ginny, s'il-te-plaît. »

Ginny sembla réfléchir. Il était vrai qu'Emelyn était une élève extrêmement douée. Elle aidait constamment Ginny pour ses cours. Lorsque Ginny et Harry s'étaient disputés, Emelyn avait plusieurs fois plaidé la cause de son petit-ami devant elle. Il était tout à fait possible qu'ils aient eu à discuter plusieurs fois en son absence et qu'une amitié naissante s'était créée.

« Gin, s'il-te-plaît. Je ne veux pas me disputer avec toi. » plaida Harry en entourant la taille de Ginny avec ses bras.

« Je sais. » répondit Ginny, en soupirant. « Je me suis importée pour rien, je suis désolée. »

« J'ai la petite-amie la plus jalouse de l'univers. » se moqua Harry avant de se pencher et d'embrasser la nuque de Ginny.

Cette dernière gloussa en sentant ses lèvres effleurer son cou.

« La petite amie la plus adorable de l'univers. » rectifia Ginny avec amusement. « D'ailleurs je ne sais pas ce que tu as fait pour la mériter. »

« La plus adorable…belle…intelligente…sexy… » dit-il d'un ton faussement sérieux.

Il ponctuait chacun de ses mots par un baiser dans la nuque de Ginny. Celle-ci ne put s'empêcher de soupirer, sous les baisers de son petit-ami. Il la rendait folle et savait éveiller chacun de ses sens lorsqu'il la touchait.

« …et folle. » acheva-t-il avec un rire.

Cela lui valut une tape sur le bras de la part de Ginny. Amusé, il relâcha Ginny et se dirigea en direction de son lit sur lequel il se laissa choir, l'air épuisé. Il tendit ensuite les bras en direction de Ginny, l'invitant à le rejoindre. La Serpentard ne se fit pas prier et retira ses chaussures avant de s'installer confortablement dans les bras de son petit-ami. Harry l'entoura de ses bras.

« Alors…Quand as-tu l'intention de t'absenter avec Dumbledore ? » s'enquit Ginny d'un ton qu'elle tenta de rendre le plus neutre possible.

Elle ne souhaitait pas qu'Harry le prenne comme une accusation ou une plainte. Si c'était le cas, elle savait qu'il serait sur la défensive et qu'il ne lui dirait rien. Si elle tiré une leçon de leur récente altercation, c'était qu'elle devait se montrer plus compréhensive et l'aider autant qu'elle pouvait. Et même si ce n'était pas grand-chose, elle lui devait au moins cela.

« Les vacances de printemps. » répondit Harry d'un ton las. « Mes absences pendant les cours sont trop …évidentes. Et avec tous ses enfants de Mangemorts à Poudlard… »

« Tu peux être sûr que Tu-Sais-Qui était au courant dans l'heure qui suivait ton départ. » acheva Ginny.

Harry acquiesça gravement.

« Voldemort craint Dumbledore. Il n'essaiera rien tant qu'il sera avec moi. Mais s'il parvient à écarter Dumbledore… »

Harry ne termina pas sa phrase et caressa les cheveux de Ginny, l'air pensif.

« Tu penses qu'il pourrait l'écarter ? » demanda Ginny.

« Des informations semblent suggérer que Voldemort est en train d'infiltrer le ministère et d'y placer ses pions. S'il parvient à prendre le contrôle, éjecter Dumbledore sera un jeu d'enfant. »

Ginny ne put s'empêcher d'éprouver un certain malaise en entendant les paroles d'Harry. Vu la manière dont il disait cela, il ne l'envisageait pas comme une possible éventualité mais il pensait que ce n'était qu'une question de temps.

« Dumbledore pense que les Mangemorts sont plus organisés, plus structurés que la dernière guerre. Ils ont appris de leurs erreurs. Ils pourraient faire plus de dégâts, cette fois. »

Quelques minutes passèrent et les deux étudiants semblèrent chacun plongés dans leurs pensées respectives, sans nul doute que celles-ci- n'était pas très joyeuses. Ginny fut la première à sortir de sa torpeur et elle se tourna vers Harry, lui faisant face. Elle posa sa main sur la joue d'Harry qui sembla alors émerger de ses pensées. Ils échangèrent un long regard puis un sourire et Harry se pencha pour l'embrasser doucement.

« Merci. » dit-il simplement.

« Merci ? » répéta Ginny confuse.

« D'être compréhensive. » répondit-t-il.

« Je fais ce que je peux. » affirma Ginny avec un léger rire.

Il sourit à nouveau et enfouit son visage dans les cheveux de Ginny. Celle-ci fit courir ses doigts dans la chevelure indomptable de son petit-ami avec douceur. Lorsqu'ils étaient seuls, Harry pouvait parfois se montrer tellement humain, ce qui contrastait à l'image forte qu'il donnait aux autres. Devant le reste du monde Harry Potter était courageux, effronté et ne semblait avoir peur de rien. Lorsqu'il était avec elle, il se sentait assez en confiance pour lui montrer sa sensibilité et elle était heureuse d'être l'une de ses seules qui pouvait voir ce côté de sa personnalité.

Le lendemain, lorsque Ginny et Harry entrèrent dans la Grande Salle, main dans la main, une atmosphère morose planait dans la salle. Et lorsque Ginny rejoint la table de Serpentard après avoir rapidement embrassé Harry sur lèvres, elle eut immédiatement l'explication.

Tous les élèves étaient plongés dans des exemplaires de la Gazette du Sorcier. La Une affichait la photo d'un homme d'une cinquantaine d'années à la crinière fauve et aux sourcils broussailleux. Son regard balayait le cadre dans lequel sa photo se trouvait, l'air sévère, derrière des lunettes cerclées de fer. Au centre de la Une, au-dessus-de la photo, le gros titre annonçait : « Rufus Scrimgeour assassiné. »

Ginny émit un hoquet d'horreur et s'empara d'un exemplaire de la Gazette et parcourut rapidement l'article des yeux. Le Ministre de la Magie avait été retrouvé mort dans sa demeure de l'East Sussex. Sa garde rapprochée, composée d'une demi-douzaine d'Aurors avait subi le même sort.

Le corps du défunt Ministre avait été retrouvé dans un état déplorable. Les séquelles sur sa dépouille indiquaient qu'il avait été torturé pendant de longues heures. Les premiers témoins sur place avaient confirmé la présence de la marque des Ténèbres dans le ciel, bien visible au-dessus de la maison du Ministre.

Après avoir terminé l'article, Ginny se tourna immédiatement vers Harry qui avait également apprit la nouvelle au vu de l'expression sombre que son visage affichait. Ginny tourna ensuite les yeux vers la table des Professeurs dont la plupart affichait des expressions graves. Elle remarqua tout de suite l'absence du Directeur.

Toute la journée, toutes les conversations furent tournées vers l'assassinat du Ministre. Comme d'habitude, les rumeurs les plus folles de l'évènement circulaient parmi les élèves de l'école. Lisa Turpin, dont le père était fonctionnaire au Département de la Justice Magique au ministère de la magie, racontait à qui voulait l'entendre qu'après les faits, Vous-Savez-Qui avait été aperçu par deux Moldus devant la maison de Scrimgeour, couvert de sang.

Lavande Brown, dont le sensationnel était la spécialité, affirmait que la mort du Ministère était un leurre de la part du Département des Mystères qui avait orchestré sa fausse mort afin de le protéger.

Ginny finit par saturer lorsqu'elle entendit Pansy Parkinson raconter à sa clique d'écervelées que le Ministre entretenait des relations douteuses avec un gobelin surnommé Gloub anciennement employé chez Gringotts. Selon elles et ses « sources sûres » la mort du ministre était survenue lors d'une querelle d'amoureux entre les deux. Apparemment, Scrimgeour avait tenté de mettre fin à sa liaison avec le gobelin par peur qu'on découvre les « pratiques déviantes et répugnantes auxquelles il s'adonnait dans la sphère privée. »
Gloub, furieux après que Scrimgeour l'ait menacé de le faire rôtir à Azkaban s'il ne coopérait pas, l'avait froidement torturé comme « la créature vicieuse et sans pitié qu'il était » avant de réserver le même sort à la garde rapprochée du ministre.

« Sérieusement, Pansy ? C'est n'importe quoi. » commenta Ginny d'un ton sec. « Tu ne sais plus quoi inventer. »

Pansy se tourna vers elle, l'air outré.

« Mes parents, contrairement à d'autres, connaissent des gens importants et hauts-placés qui savent des choses. » répliqua Pansy en la regardant avec hauteur. « Enfin, je ne m'attends pas à ce que tu sois au courant de ces choses-là, Weasley. Qu'est-ce que fait ton père, déjà ? Il passe ses journées à récurer des objets Moldus, si je ne me trompe pas ? »

Comme à son habitude, elle avait lancé ses piques d'un ton qu'elle tentait de rendre innocent. Cependant, personne n'était dupe face au caractère dénigrant de ses dires. Daphné Greengrass étouffa un rire mais s'arrêta immédiatement en croisant le regard assassin de Ginny. Toutes les autres filles avaient les yeux rivés sur Ginny, en attente de sa réponse. Entre Serpentard, les duels ne se livraient pas avec l'aide de baguettes magiques mais avec les mots. Surtout en public.

« C'est drôle que tu mentionnes ma famille car Daphné nous racontait à toutes la semaine dernière que l'entreprise de ta famille est en train de faire faillite et que vos créanciers auront récupérés tous vos biens d'ici la fin de l'année. Peut-être que ton père aura besoin d'un nouveau boulot ? Ne t'inquiète pas, je demanderai au mien de recommander le tien au Ministère. Je crois que son service recrute un assistant pour nettoyer les brosses qu'ils utilisent pour récurer tous ces objets Moldus. » rétorqua Ginny d'un ton moqueur, en regardant tranquillement ses ongles.

Les jumelles Carrow, Flora et Hestia ricanèrent et le visage de Daphné rougit légèrement. Pansy, elle, sembla furieuse. Pendant quelques instants, il eut un silence. Cependant, loin de s'avouer vaincue, Pansy déclara :

« Weasley, je crois que tu as d'autres soucis à te préoccuper que l'employabilité de mon père. Emelyn Hawke est en train de baisouiller avec Harry Potter derrière ton dos, mais tu es trop stupide pour le voir. »

Elle sourit et se tourna vers les autres filles et continua d'un ton vicieux :

« Franchement les filles, se faire piquer son petit copain par sa meilleure copine. N'est-ce pas, genre, trop la honte ? »

« Totale. » renchérit Daphné, approuvant les dires de Pansy.

« Violation du code des filles. » continua Pansy pendant que les autres filles acquiesçaient d'un air grave. « Et tu restes là à te faire marcher sur les pieds alors qu'Emelyn est en train d'astiquer le balai de Potter. »

« Totalement irrespectueux. » commenta Daphné en secouant la tête.

Le poing de Ginny se serra alors que la colère envahit son esprit. Elle était prête à sortir sa baguette et jeter un sort de Chauve-Furie à Pansy. Mais elle savait qu'en le faisant, elle montrerait que les paroles de Pansy l'avaient touchée et ceci venait à montrer sa faiblesse devant les autres filles de Serpentard.

Elle fit de son mieux pour ne pas afficher sa fureur sur son visage et esquissa un rictus en direction de Pansy.

« J'apprécie vraiment cette leçon d'amitié de votre part les filles. Dis-moi, Pansy, à combien s'élève la fortune des Malfoy déjà ? Ah oui ! Un milliard et six cents millions gallions. Je commence à comprendre pourquoi tu harcèles tant Draco. Je parie que c'est ton ticket vers une nouvelle fortune. Dommage que Daphné soit aussi sur le coup. » lança Ginny d'un ton mielleux.

« De quoi tu parles, Weasley ? » interrogea Pansy avec un froncement de sourcils.

Toutes les filles du groupe observèrent Ginny la bouche limite ouverte, attendant le prochain scoop. Daphné, pour sa part, avait légèrement pâli.

« Eh bien c'est avec Draco que Daphné a perdu sa virginité. Où était-ce déjà… »

Ginny fit mine de réfléchir.

« Ah oui ! Dans un placard à balais ! Et apparemment Malfoy a apprécié. » commenta Ginny Si j'étais toi Pansy, je ferai attention. Tu as de la sacrée concurrence. »

Le visage de Daphné avait officiellement perdu toute couleur. Pansy, elle, semblait avoir pris un saut d'eau glacé dans la figure.

« Si je ne me trompe pas, c'est une violation du code des filles. » résuma Ginny avec satisfaction.

Elle se leva alors d'un bon, se dirigeant vers les escaliers menant au dortoir, ayant totalement conscient du bazar qu'elle laissait derrière elle.

« DAPHNÉ ! » entendit-elle Pansy hurler.

Ginny entra dans son dortoir et ferma la porte avec un claquement brusque derrière elle, bouillant de rage. Elle aurait dû être heureuse d'avoir fermé le clapet de cette bêcheuse de Parkinson mais elle n'en n'éprouvait actuellement aucune satisfaction.

Lorsque Pansy avait mentionné ses parents, elle n'avait rien ressenti également. Elle avait l'habitude de ce genre de pique. Depuis son entrée à Poudlard, c'était sa famille que les Serpentard utilisaient pour se moquer d'elle. Depuis le temps, elle était devenue insensible à ces remarques.

Lorsque Pansy avait mentionné Harry et Emelyn, en revanche, et qu'elle avait sous-entendu qu'il se passait quelque chose entre eux, Ginny n'avait pas supporté.

Elle s'assit sur son lit, rouge de colère. Ses mains s'étaient mises à trembler fébrilement et elle les observa, confuse. Pourquoi les dires de Pansy l'affectaient autant ? Sûrement parce que cela évoquait ses propres doutes et incertitudes sur la situation.

Harry Potter était fou amoureux d'elle, elle en était certaine et s'interdisait d'en douter. Il le lui rappelait constamment. Si elle pouvait douter de quelqu'un, c'était d'Emelyn. Après tout, que savait-elle réellement d'elle ? Elles étaient amies depuis trois mois seulement. Ce n'était pas suffisant pour connaitre quelqu'un. Son expérience avait Hermione Granger lui avait enseigné cela. Après cinq ans d'amitié, elle avait eu l'impression de se retrouver en face d'une inconnue.

Elle jeta un regard vers le lit à baldaquin d'Emelyn. Elle ne l'avait pas vue de la journée. Comme à son habitude, elle disparaissait parfois des heures sans raison. Ginny se rappela qu'elle n'avait pas vu Harry depuis le matin également. Son estomac se noua.

Elle passa une nuit horrible et agitée, ponctuée par des rêves incessants. L'un d'eux, fut particulièrement vivide. Elle entrait dans la grande salle et se dirigeait vers Harry qui était installé à la table des Gryffondor. Mais elle se rendit rapidement compte que même si elle marchait, elle ne semblait pas avancer. Elle vit Emelyn s'approcher d'Harry en la narguant du regard et se pencher vers lui pour l'embrasser. Paniquée, Ginny se mit à courir pour rejoindre son petit-ami qui avait enlacé Emelyn. Cependant, malgré tout l'énergie qu'elle mettait à courir, elle restait inlassablement sur place, impuissante. Elle sentit une main s'abattre sur son épaule et la retourner avec force. C'était Hermione Granger qui la regardait avec moquerie :

« Je t'avais dit qu'il te laisserait tomber, pauvre idiote. Tu aurais dû m'écouter. » dit-elle vicieusement.

Ginny hurla, et se réveilla presque immédiatement. La lumière du jour avait pénétré dans le dortoir et elle se frotta les yeux, ayant du mal s'habituer à celle-ci. Elle remarqua immédiatement qu'elle était la seule dans le dortoir. En jetant un coup d'œil à l'horloge du dortoir, elle se rendit compte qu'elle s'était levée une demi-heure en retard. Elle rabattit ses draps et émergea de son lit en panique et se dirigea vers la salle de bain pour prendre une douche.

Elle se dirigea ensuite directement vers la salle de classe de son double de Potions, décidant de sauter le petit-déjeuner, pour lequel elle n'aurait pas le temps. Et de toute façon, après le rêve désagréable de cette nuit, elle n'avait pas envie de mettre les pieds dans la Grande Salle. Alors qu'elle s'attendait à ce que la pièce soit vide, elle trouva Emelyn Hawke, déjà installée à leur table habituelle.

Ginny s'avança vers elle d'un pas décidé.

« J'ai besoin de te parler. » dit-elle alors qu'elle arrivait à sa hauteur.

Emelyn les yeux vers elle, levant un sourcil.

« Bonjour. » rétorqua-t-elle avec une once d'ironie. « C'est sûrement par-là que tu voulais commencer. »

« Ne te fiche pas de moi. » dit Ginny avec agacement.

« Je comprends que tu te sois levée du mauvais pied – ce que semble t'arriver tous les jours en ce moment, soit dit en passant. Mais ce n'est pas une raison pour te défouler sur moi, Ginny. » déclara Emelyn d'un ton calme.

« Pourquoi est-ce que tu cherches à voir Harry dans mon dos ? » demanda Ginny, entrant directement dans le sujet.

Emelyn leva les yeux au ciel.

« C'est donc d'Harry Potter qu'il s'agit ? Maintenant que tu t'es débarrassée de Romilda Vane, tu cherches une nouvelle rivale ? » se moqua-t-elle.

« Tu ne seras jamais une rivale, ne te fais pas d'illusions. » répliqua Ginny.

« Ça c'est toi qui le dit. » affirma Emelyn d'un ton calme.

Ginny ouvrit la bouche, surprise et outrée. Avait-elle bien entendu ce que sa condisciple venait de dire ?

« Pardon ? »

« Tu es paranoïaque, Ginny. »

« Je ne veux plus te voir tourner autour de lui. Pour l'aider à faire ses devoirs, lui parler de la météo, lui parler de moi, ou pour n'importe quelle autre raison, je m'en fiche complètement. Bas les pattes. » déclara Ginny d'un ton menaçant.

Emelyn lâcha un petit rire, haussant les épaules. A cet instant même, d'autres élèves pénètrent dans la salle de cours, bientôt suivi du Professeur Slughorn et elles furent obligées de s'en arrêter là.

« A partir d'aujourd'hui et pour le reste du trimestre, vous travaillerez en binôme. » indiqua le professeur Slughorn de sa voix enthousiaste.

Ginny l'écouta à peine lorsqu'il commença à donner des instructions sur leur nouveau projet. Elle était choquée de l'attitude d'Emelyn. Elle avait l'impression de se retrouver face à une personne totalement différente.

« Ce projet comptera pour un tiers de votre note finale. Choisissez donc bien votre partenaire. » acheva Slughorn. « Allez-y, cherchez un binôme ! »

La salle de classe s'emplit d'un brouhaha assourdissant alors que tous les élèves se levaient et que des tables et des chaises étaient tirées. Ginny observa Emelyn se leva sans lui adresser un regard et s'installer à côté d'un garçon de Serpentard.

Toutes les élèves semblaient avoir trouvé un binôme, sauf Ginny. Elle regarda autour d'elle, l'air dépité. Une voix s'éleva alors derrière elle.

« Je n'ai pas de binôme, moi non plus. »

Elle se retourna et ses yeux se tombèrent sur une fille blonde aux cheveux très longs et négligés avec de grands yeux bleus. Elle portait des boucles d'oreilles en forme de bananes d'un jaune vif qui s'accordaient étrangement mal avec l'insigne de Serdaigle qui luisait sur sa robe de sorcière.

« Je suis Luna Lovegood. » se présenta-t-elle en s'installant aux côtés de Ginny.

« Je sais qui tu es. » répliqua Ginny en levant les yeux au ciel, dépitée.

Pourquoi était-ce elle qui devait se coltiner Loufoca Lovegood, la fille la plus bizarre de l'école ?

« Et tu es Ginevra Weasley. » continua Lovegood d'un ton guilleret, sans s'offusquer de l'attitude désobligeante de Ginny.

« Ginny. » rectifia la Serpentard en grimaçant.

Elle détestait qu'on l'appelle par son prénom complet.

« Mais ce sera Weasley pour toi. » ajouta Ginny, cassante.

Après la conversation qu'elle venait d'avoir avec Emelyn, la dernière chose dont elle avait envie à ce moment même était de sympathiser avec Luna Lovegood. A cet instant précis, elle entendit des ricanements devant elle. Elle leva le regard et vit Emelyn et son partenaire de Potions la regarder et se moquer ouvertement d'elle et de Lovegood.

« Je t'appellerai Weasley, dans ce cas. » dit Lovegood. « Tu es la sœur de Ronald Weasley. Il est plutôt sympa, mais je crois qu'il me trouve bizarre, lui aussi. »

Ginny se tourna vers elle, surprise de son franc-parler.

« Qu'est-ce qui ne va pas avec tes mains ? » demanda Lovegood d'un ton intéressé.

Ginny baissa le regard et vit ses mains qui s'étaient mises à trembler fébrilement, sans raison. La même chose s'était passée hier après sa dispute avec Pansy Parkinson et elle n'arrivait pas à l'expliquer. Elle cacha ses mains sous son bureau, confuse.

« Rien. »

« Tu as peut-être un début de scrofulite. »

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Ginny, en levant un sourcil, vaguement intéressée.

« Un virus que tu attrapes à cause des Poltrock. Ces créatures détestent les humains. »

Ginny secoua la tête, irritée. Comment avait-elle pu penser une seconde que Lovegood dirait quelque chose de sensé ?

« Je pense que tu devrais aller à l'infirmerie. Je suis sûre que Madame Pomfresh pourra te soigner. »

« Je vais très bien Lovegood, compris ? » la coupa Ginny d'un ton cassant et joignant ses mains qui n'avaient cessé de trembler. « Slughorn nous a donné du travail. »

Pendant tout le reste du cours, elle fit de son mieux pour supporter les jacasseries incessantes de Lovegood, et ignorer les regards moqueurs des autres élèves qui la regardaient avec pitié. Lorsque la sonnerie retentit, Ginny rangea rapidement ses affaires, fermement résolue à reprendre sa conversation avec Emelyn. Mais cette dernière fut bien plus rapide qu'elle et avant que Ginny ne puisse lui lancer un mot, elle quitta la salle de cours en l'ignorant. En fait, Emelyn fit de son mieux pour éviter Ginny pendant le reste de la journée. Ginny finit par se décider d'abandonner. Elle se dit qu'Emelyn n'était pas stupide et qu'elle avait dû comprendre que Ginny ne plaisantait pas. Elle était sans doute embarrassée.

Lors du dîner, à la fin de la journée, le Directeur fit son apparition dans la Grande Salle, l'air grave. Ginny l'observa avec attention. Son ton était terreux, ses yeux creusés et son expression soucieuse. Ginny l'avait rarement vu dans cet état. Il affichait habituellement un air aimable et mutin et portait un regard rassurant sur son école.

A l'air qu'il affichait actuellement, il semblait que la situation était grave. Et comme pour le confirmer, dès qu'il atteint la table des professeurs, il resta debout et posa sa baguette près de sa gorge pour lancer un sort. Il commença à parler et sa voix résonna dans toute l'école.

« Chers étudiants, vous n'êtes pas s'en savoir que Rufus Scrimgeour, notre Ministre de la magie a été assassiné la nuit dernière par des partisans de Lord Voldemort. »

Plusieurs hoquets de stupeur se firent entendre à travers toute la Grande Salle. Beaucoup de personnes semblaient choquées de l'emploi du nom de Vous-Savez-Qui.

« Ce sont des temps sombres que notre communauté vit actuellement et il est crucial que nous restions soudés pour combattre ce mal. » continua-t-il. « Il est important de ne pas laisser nos peurs prendre le pas et guider nos actions. »

Ginny entendit quelques Serpentard ricaner. McGonagall leur adressa un regard austère et ils se turent immédiatement.

« Des mesures de sécurité supplémentaires ont été mises en place pour protéger le château. Tous les préfets vous expliqueront tout en détail après le dîner. Si vous souhaitez nous faire part de tout commentaire n'hésitez pas à vous adresser à vous adresser au corps enseignant directement. »

Et il s'arrêta là, s'asseyant dans son siège et son air soucieux ne quitta pas son visage tout le reste du repas.

A la fin du repas, tous les élèves furent invités à suivre les préfets en direction de leur salle commune respective. Ginny vit Emelyn se rapprocher de Romilda Vane alors qu'elle sortait de la Grande Salle et lui glisser quelques paroles discrètement à l'oreille. Ginny fronça les sourcils mais n'eut pas le loisir de continuer à observer cette scène étrange puisque les préfets de Serpentard pressaient leurs condisciples pour retourner à la salle commune.

/

Plongée dans ses pensées, Hermione regardait distraitement son reflet dans le miroir depuis près d'une vingtaine de minutes. C'était la première fois qu'elle soignait autant son apparence depuis qu'elle ressemblait à Emelyn.
Emelyn avait un physique simple et banal, très passe-partout, ce qui lui garantissait de ne pas attirer l'attention.

Aujourd'hui, cependant, Hermione avait besoin de mettre tous ses atouts en valeur pour ce qu'elle s'apprêtait à faire. Elle avait donc passé l'heure précédente à se coiffer et à se maquiller et avait enfilé une tenue plutôt révélatrice. En s'observant sous toutes les coutures, elle s'estima très satisfaite du résultat.

Elle se leva en soupirant et sortit de son dortoir puis de la salle commune. Elle se dirigea en direction des grandes portes du Hall qui donnaient accès à l'extérieur du château. Plusieurs élèves faisaient la queue devant le concierge Argus Rusard pour se faire fouiller avant de pouvoir quitter le château. Deux Aurors étaient postés près des grandes portes et observaient les allers et venues d'un air attentif.

« Tu es encore plus jolie que d'habitude. » murmura une voix tout près de l'oreille d'Hermione et elle se retourna vivement, se retrouvant face à Draco Malfoy.

Il l'observa de haut en bas d'un air appréciateur et il fallut à Hermione tout son sang-froid pour s'empêcher pour lui répondre froidement.

« Merci. » répondit-elle d'une voix qui se voulait enjouée.

Malfoy sembla se réjouir de son attitude. Ils s'approchèrent de Rusard qui procéda à une fouille minutieuse sur Malfoy. Ce dernier sembla extrêmement agacé et Hermione l'entendit murmurer dans sa barbe « Cracmol stupide » alors que le concierge retournait les poches de sa robe de sorcier.

« Au suivant ! » hurla Rusard, visiblement fâché de ne pas avoir trouvé quoi que ce soit sur Malfoy.

Lorsqu'ils se retrouvèrent à nouveau seuls sur le chemin qui menait au village de Pré-au-Lard, Malfoy tendit son bras à Hermione, l'invitant à le prendre. Elle s'exécuta sans attendre.
Si elle souhaitait que ses plans fonctionnent, il était impératif que Malfoy croie en son changement d'attitude le concernant.

« Je suis surpris que tu aies accepté ce rendez-vous. » déclara Draco avec son habituel sourire suffisant.

« Nous n'avons pas commencé sur les meilleures bases, tous les deux. Je veux me faire une vraie opinion sur toi, et ne pas former un avis à partir des commérages. » déclara Hermione.

Draco leva un sourcil intéressé.

« Et quelles sont les rumeurs que tu as entendues à mon sujet ? »

« Que tu es le Prince de Serpentard et que tu as toutes les filles de l'école à tes pieds. Beaucoup d'entre elles parlent de tes performances sexuelles. » ajouta Hermione d'un ton serein.

Le Serpentard sembla très pressé d'entendre la suite.

« Et ? » demanda-t-il avidement.

« Apparemment, elles seraient exceptionnelles. » déclara Hermione.

L'expression de satisfaction extrême qu'elle vit apparaître sur le visage de Malfoy la fit ricaner intérieurement. L'égo de Malfoy était plus gros que le calamar géant et elle savait que le caresser dans le sens du poil était la meilleure stratégie à adopter avec lui.

Ils arrivèrent rapidement au village et constatèrent immédiatement que la sécurité avait été renforcée. Plusieurs Aurors, déambulaient dans les rues de Pré-Au-Lard, sur le qui-vive.

« Où va-t-on ? » interrogea Hermione alors qu'ils dépassaient le magasin de plumes Scribenpenne.

« Nous y sommes. »

Draco entraîna alors Hermione dans le Salon the Thé de Madame Pieddodu. Hermione connaissait très bien l'endroit. C'était le repaire des couples de Poudlard qui venaient y passer leur après-midi à Pré-au-Lard pour se bécoter sous la décoration chaleureuse et intime du salon de thé.

Draco la mena à une table au fond de la salle et tira sa chaise afin qu'elle puisse s'asseoir. Des angelots virevoltaient au-dessus de leur table, jetant de temps à autre des confettis. Une serveuse se présenta vers eux pour prendre leur commande. Lorsqu'elle tourna les talons pour se diriger vers le comptoir, Hermione vit Malfoy la suivre du regard. Il le fit très discrètement mais Hermione le remarqua tout de même.

« Alors Emelyn, qu'est-ce tu aimes chez un garçon ? » demanda Draco en tournant à nouveau son regard sur elle.

« Qu'il ne reluque pas les autres filles lorsqu'il est avec moi. » répondit Hermione d'un ton serein.

Malfoy eut le bon goût de paraître gêné.

« Je n'étais pas… » commença-t-il à se justifier.

« Draco, je m'en fiche, vraiment. » coupa Hermione.

Elle ne mentait pas.

« Qu'est-ce que tu cherches chez une fille ? » interrogea-t-elle, reprenant sa question.

La serveuse leur apporta leur boisson et cette fois-ci, Draco ne lui jeta pas un seul regard. Il regarda attentivement Hermione avant de répondre :

« Une fille qui saura me faire oublier les autres. »

L'élan de sincérité de Malfoy surprit Hermione. Elle s'attendait à ce qu'il lui sorte son éternel baratin de séducteur invétéré.

« La femme qui rendra Draco Malfoy insensible aux autres filles ? Existe-t-elle ? » lança Hermione avec un rire peu convaincu.

« Oui… » dit Draco, semblant soudainement dans ses pensées. « Malheureusement elle n'a pas su saisir sa chance et réaliser ce qu'elle avait. »

Hermione ne put s'empêcher de perdre son sourire. Etait-ce d'elle qu'il parlait ?

« Je n'aurais jamais pensé que toi, Draco, aurait pu être déçu par une fille. »

Draco haussa les épaules, retrouvant très rapidement son attitude confiante.

« C'est dans le passé. » déclara-t-il. « Et je suis certain que tu pourrais me faire oublier les autres.

Hermione porta sa tasse de café à ses lèvres et but une gorgée de son chocolat en regardant Malfoy avec amusement.

« Je crois que tu te trompes sur ce que je cherche, Draco. » dit-elle.

Draco leva les sourcils, intrigué.

« QU'est-ce que tu cherches ? »

« Rien. » répondit simplement Hermione. « Je n'attends rien de toi. Je ne veux pas être ta petite-amie, je ne veux pas que te faire oublier les autres filles. A vrai dire, je n'en ai strictement rien à faire que tu reluques la serveuse. »

Draco ouvrit sembla surpris et confus. Hermione reposa sa tasse sur la table avant de reprendre :

« Ce que je veux c'est m'amuser, sans aucun compromis et sans aucun engagement. »

Cette fois-ci, Draco ouvrit grand la bourse, abasourdi. Visiblement, il ne s'attendait pas à cela de la part d'Emelyn.

« Ne sois pas aussi surpris, Draco. C'est bien ce que tu veux, non ? »

« Je…J'ai… Tu... » commença à bafouiller Draco, semblant totalement pris au dépourvu par ce qu'il venait d'entendre.

Hermione en profita pour se pencher vers la table, mettant en avant son décolleté et Draco ne put s'empêcher de couler un regard dans cette direction.

« Tu es partant ? » questionna-t-elle en se penchant davantage.

Leurs visages étaient à présent à quelques centimètres l'un de l'autre. Draco la regardait avec un mélange appréhension et d'excitation.

« Si je suis partant ? » murmura-t-il. « Bien sûr que je suis partant. »

Hermione esquissa un sourire, se rapprochant à nouveau. Ses lèvres frôlaient à présent celles de Draco.

« Dans ce cas pourquoi n'irais-tu pas régler l'addition pour qu'on puisse rentrer au château et s'amuser ? » susurra-t-elle contre ses lèvres avant de se redresser soudainement, empêchant Malfoy de répondre à son baiser.

Il se leva d'un bond et se dirigea vers le comptoir. Hermione s'empêcha de ricaner et sortir discrètement une fiole de sa robe de sorcière. Elle jeta un regard à Malfoy qui était occupé à payer leur commande vers la serveuse pour regarder ce qu'elle faisait. Elle vida le contenu de la fiole dans le reste du café de Draco avant de la remettre dans sa poche, l'air serein. Malfoy revint à la table quelques instants plus tard et Hermione lui adressa un regard innocent.

« Tu devrais terminer ton café avant d'y aller. » dit-elle avec un rire. « On risque d'en avoir besoin. »

Draco ne se fit pas prier et vida sa tasse d'un trait.

« Allons-y. » dit-il en lui tendant sa main.

Hermione la saisit et il l'entraina hors du salon de thé de Madame Piedoddu.

« Tu sais, je n'aurais jamais pensé cela de toi. » dit Draco alors qu'ils marchaient en direction du château.

« Quoi donc ? »

« Que tu étais capable de…t'amuser. » répondit Draco, semblant extatique.

« J'imagine que je ne suis pas la seule à avoir mal jugé quelqu'un. » déclara Hermione avec amusement.

Ils arrivèrent rapidement au château et une fois de plus, Rusard prit son temps pour fouiller Malfoy. Cette fois cependant, le Serpentard ne fit pas mine de broncher, semblant impatient de rentrer au château.

Draco lui attrapa la main à nouveau, l'entrainant vers les escaliers. Hermione jeta un regard à sa montre avant de demander :

« Où m'emmènes-t-tu ? »

« Si tu veux t'amuser, je crois que nous allons avoir besoin de quelques … extras. » déclara Draco en lui adressant un clin d'œil.

Il la mena au septième étage et s'arrêta devant une tapisserie représentant un sorcier et des trolls en train de danser. Il se mit à faire les cent pas devant le regard surpris d'Hermione. Avait-il perdu la tête ? La proposition d'Hermione l'avait-elle secoué à ce point ? Avant qu'elle ne puisse demander quoique ce soit, cependant, une porte apparut de nulle part et Draco saisit la poignée.

A sa plus grande surprise, ils pénètrent dans une pièce plus grande que l'intérieur d'une cathédrale. A l'intérieur, une infinité de rangées se présentaient face à eux, toutes remplies par divers sortes d'objets.

« Où sommes-nous ? » demanda Hermione avec ébahissement alors qu'elle observant une énorme hache couverte de ce qui semblait être du sang séché.

« La Salle sur Demande. » répondit Draco avec un sourire satisfait.

« La Salle sur Demande. » répéta Hermione. « J'ai lu quelque chose dessus dans l'Histoire de Poudlard. »

« Tu as eu lu l'Histoire de Poudlard ? » interrogea Draco avec surprise.

« Comment entre-t-on à l'intérieur ? » demanda Hermione avec intérêt sans même répondre à sa question.

« Il faut que tu te concentres sur ce dont tu besoin et que tu marches trois fois devant la tapisserie. La salle se transformera en ce que tu recherches. »

« C'est fabuleux. » s'exclama Hermione avec excitation.

Draco lui adressa un sourire goguenard avant de lui faire signe de le suivre. Ils s'engagèrent dans l'une des allées et Hermione observa tous les objets qui semblaient avoir été abandonné à la hâte.

« C'est la salle des objets cachés. » expliqua Draco d'un ton distrait alors qu'ils tournaient dans une autre rangée.

« Tu veux dire que tous ces objets ont été placés ici par d'autres élèves ? »

« Exact. Par des professeurs, aussi. » dit-il en désignant plusieurs bouteilles de vins qui s'entassaient dans une boîte.

« Où est-ce que je l'ai mise ? » marmonna-t-il.

« Un « accio » ne serait-il pas beaucoup plus simple ? » demande Hermione en levant un sourcil.

« Malheureusement, cela ne fonctionne pas dans cette salle. Ce serait tellement facile. AH ! La voilà. »

Ils s'arrêtèrent devant une énorme armoire sombre et Draco sembla chercher quelque chose sous une chaise cassée. Il sortit une bouteille et la tendit à Hermione avec un sourire.

« Whiski pur feu. » dit-elle en observant l'étiquette sur la bouteille.

« Pas n'importe quel Whiski pur feu. Un single cask de 52 ans d'âge. Tout droit sorti de la réserve personnelle de mon père. » informa Draco d'un ton vantard. « 2400 gallions. »

Il reprit la bouteille des mains d'Hermione et s'approcha de son oreille pour murmurer d'un ton suggestif :

« Pour les occasions très spéciales. »

« Quelle chanceuse je suis. » dit-elle avec ironie.

Malfoy ne sembla cependant pas déceler le sarcasme.

« J'ai une question cependant. Comment as-tu pu rentrer avec ça au château ? Toutes nos affaires ont été fouillées au peigne fin. »

« C'est un secret. » répondit Malfoy du tac au tac. « Cependant, je serai peut-être disposé à te le révéler si tu parviens à me convaincre. »

Hermione s'approcha de lui.

« Et dis-moi, Draco, qu'est ce qui te convaincrait ? » demanda-t-elle en esquissant un geste pour toucher la bouteille.

Sa main remonta ensuite sur le bras de Malfoy, caressant lentement celui-ci.

« Je crois que tu sais parfaitement ce qui me convaincrait. » dit Draco en regardant sa main posée sur son bras.

Hermione la retira aussitôt avant de lâcher un rire.

« Et bien dommage que ce soit moi qui commande. » dit-elle.

« Une femme qui sait prendre les rênes. » observa Draco, l'air appréciateur. « Tu continues de me surprendre. »

Hermione regarda autour d'elle, observant la pièce, l'air pensif. Elle se tourna à nouveau vers lui.

« Tu n'as encore rien vu. » déclara-t-elle. « Alors, on va entamer cette bouteille ou rester ici à discuter toute la nuit ? »

Draco sortit sa baguette et l'agita d'un coup sec en murmurant un sort. Deux verres apparurent immédiatement dans les mains d'Hermione.

« Aguamenti. » lança-t-il en direction des deux verres. « Glacius. »

L'eau conjurée par Malfoy se transforma en glaçons sur lequel il ajouta une dose généreuse de whisky pur-feu.

Il posa ensuite la bouteille avec prudence, prit l'un des verres des mains d'Hermione et le brandit devant elle.

« A nous deux. A cette soirée. A notre amusement. » dit-il en la regardant dans les yeux.

Hermione soutenu son regard alors qu'ils portaient le toast et que leurs verres se rencontraient dans un claquement sonore qui résonna dans toute la salle.

Elle porta ensuite le verre à ses lèvres et but une gorgée du contenu. Malfoy l'observa, attendant une réaction de sa part. Le whisky pur feu lui brûla la gorge et la poitrine mais elle n'en fit rien paraître. Elle ne buvait que très rarement de l'alcool car elle détestait la perte de contrôle que celui-ci entraînait.

« Tu ne m'as pas répondu Draco. Comment as-tu pu faire entrer ce whisky sous le nez de Dumbledore et des Aurors ? »

Malfoy ricana.

« Ce vieux fou est tellement accaparé par Potter qu'il ne réalise pas ce qu'il se passe sous son nez. » se moqua-t-il.

Il but une autre gorgée de whisky avant de déclarer.

« Tu peux faire entrer ce que tu veux au château si tu as les bons contacts et les bonnes méthodes. »

Hermione leva un sourcil, l'incitant à continuer. Il se détourna d'elle et d'un geste de la tête désigna l'armoire devant laquelle ils s'étaient arrêtés. Hermione observa l'objet, confuse.

« Une armoire ? » interrogea-t-elle.

« Une armoire à disparaître. » rectifia Draco.

Une lueur de compréhension éclaira le visage d'Hermione.

« Elle est reliée à une autre armoire, c'est ça ? Et tu t'en sers pour introduire des choses venant de l'extérieur ? » demanda Hermione, parvenant à peine à cacher son excitation.

« Bien pensé. » répondit Draco. « Malheureusement elle est défectueuse, et ne fonctionne qu'une fois sur dix. Elle n'est donc pas fiable. »

« Pourtant tu l'utilises. » fit remarquer Hermione. « Comment l'as-tu découvert ? »

« Un ancien élève, Montague, est resté à l'intérieur l'année dernière pendant des heures. Il m'a raconté qu'il entendait ce qui se passait à Poudlard et à Barjow et Burke. C'est imbécile a failli mourir en transplanant à l'intérieur. Il n'avait pas son permis à l'époque. » ajouta Draco d'un ton moqueur. « C'est comme ça que l'idée m'est venue. Malheureusement, ça ne fonctionne qu'une fois sur dix, et encore, avec des objets relativement petits à l'intérieur. »

Il finit son verre et jeta un regard vers Hermione.

« Mais assez parlé de ces idioties. Je crois qu'on a plus…important à faire pour l'instant. »

Et en l'espace de quelques secondes, il se trouve à quelques millimètres d'Hermione et supprimant la distance superficielle qui les séparait encore, ses lèvres s'écrasèrent sur les siennes.

Son baiser était passionné, exigeant et n'admettait pas de refus. Hermione, surprise par son geste soudain ne réagit pas immédiatement et il profita de son impassibilité pour la prendre par la taille, la rapprochant de lui.

A sa propre surprise, Hermione se laissa totalement entraîner et répondit à son baiser. Draco la fit reculer jusqu'à ce que son dos se retrouve collé à l'étagère la plus proche, continuant de l'embrasser ardemment. Les mains de Draco caressèrent la taille d'Hermione, descendant fébrilement plus bas et sa bouche quitta la sienne pour se diriger sur la nuque d'Hermione.

« Malfoy… » ne put-elle s'empêcher de murmurer.

Le son se sa propre voix la fit sortir de sa soudaine léthargie et elle repoussa Draco avec fermeté. Que lui arrivait-elle ? Comment pouvait-elle laisser Malfoy avoir le contrôle et cette situation ? Et comment pouvait-elle apprécier ce qu'il faisait ?

Elle haletait, son visage était légèrement rougi et un rapide coup d'œil en direction de Malfoy lui prouva que c'était également son cas.

Elle n'avait pas accepté de passer l'après-midi avec Draco Malfoy pour le plaisir. Elle avait un objectif à remplir et elle ne devait pas laisser ses hormones lui dicter son attitude. Elle se racla la gorge, essayant de retrouver sa maîtrise d'elle-même.

« J'ai un meilleur endroit pour ça. » dit-elle d'un ton qui se voulait confiant.

Draco leva un sourcil, visiblement frustré mais amusé et déclara :

« Je te suis. »

Elle se dirigea vers la sortie de la Salle sur Demande, Malfoy sur les talons. Il marchait légèrement en retrait et elle savait qu'il la reluquait. Elle se maudit intérieurement de s'être ainsi laissée aller et d'avoir souhaité que Malfoy continue ce qu'il était en train de faire.

Hermione les conduisit au rez-de chaussée, dans un couloir entre la grande salle et le Hall d'entrée. Elle s'arrêta devant un placard à balais et Draco lui jeta un regard inquisiteur.

« J'espère que ce n'est pas ta définition d'un meilleur endroit ? » demanda-t-il.

« Au contraire Malfoy. N'importe qui pourrait passer dans ce couloir et nous surprendre en ouvrant ce placard. Je trouve ça terriblement excitant. »

« Tu as le goût du risque, j'aime ça. Décidément, tu vas de surprise en surprise. Je dois dire que je ne m'attendais pas à ça de ta part. »

« Tu n'as pas idée. » répondit Hermione en ouvrant la porte du placard à balai et en entrant à l'intérieur.

Elle sortit sa baguette et l'agita dans l'espace étroit. Des petites lumières jaillirent de l'extrémité de sa baguette et se dirigèrent vers les coins du placard à balai, l'éclairant assez pour qu'Hermione puisse voir la lueur emplie de convoitise dans les yeux de Draco Malfoy.

Hermione posa ses deux mains sur son torse, le forçant à reculer jusqu'à ce que son dos se retrouve contre le mur. Elle s'approcha de son oreille et murmura d'une voix suave :

« Tu ne réalises pas combien de temps j'ai attendu ce moment. »

« Toi non plus. » répondit Draco alors qu'il glissait ses mains autour de la taille d'Hermione.

Il la rapprocha de lui à nouveau et captura ses lèvres pour un baiser passionné. Hermione entreprit alors d'ouvrir les boutons de la chemise qu'il portait et la jeta derrière elle.

Leur baiser était semblable à un rapport de force, et ils voulaient tous les deux obtenir le dessus de l'autre. Hermione laissa échapper un cri étouffé lorsqu'elle sentit Malfoy lui mordre la lèvre inférieure. Toutefois, elle ignora la douleur qui envahit sa lèvre et continua de retirer les vêtements de Malfoy avec empressement. Ce dernier sembla considérer sa précipitation comme une marque de désir évident à en croire au sourire satisfait qui s'était dessiné au coin de ses lèvres.

Malfoy se retrouva dans son plus simple appareil devant elle. Elle le toisa quelques secondes avant de s'éclaircir la gorge et de reculer de quelques centimètres.

Il leva un sourcil, ne semblent pas comprendre pourquoi elle s'était rétractée de la sorte. Elle lui désigna d'un signe de la tête bref son entrejambe. Il suivit son regard et laissa échapper une exclamation d'horreur.

« Qu'est…qu'est-ce que…non ! » dit-il d'un ton horrifié.

Hermione agita sa baguette derrière elle discrètement pendant que Malfoy inspectant son membre avec panique.

Ses vêtements et sa robe de sorcier disparurent. Trop occupé à geindre et à s'agiter, Malfoy ne le remarqua même pas. Elle se racla la gorge à nouveau, referma sa chemise, plissa sa jupe et ouvrit la porte du placard à balai.

« Je crois que je vais avoir du mal à m'amuser avec ça, Malfoy. » dit-elle en jetant un regard entendu à l'entrejambe de Malfoy.

Il posa immédiatement ses mains dessus, dans une vaine tentative de dissimulation.

« Je…Ce n'est pas que tu crois…Il n'est pas… » bégaya-t-il avec horreur.

Hermione laissa échapper un ricanement avant de sortir du placard à balai et de claquer la porte derrière elle, ignorant les justifications du Serpentard.

/

En se réveillant ce matin-là, Romilda Vane sut immédiatement que cette journée serait différente. Depuis le débâcle de sa relation avec Draco Malfoy et l'humiliation publique qu'il lui avait infligée, sa vie n'avait été qu'un enchaînement de journées toutes plus horribles les unes que les autres.

Elle était devenue la risée de l'école, les élèves de sa maison l'ignoraient totalement et toutes les rumeurs les plus méchantes circulaient à son sujet à cause de Pansy Parkinson. Cette dernière et son groupe d'écervelées pimpantes faisaient tout ce qui était en leur pouvoir pour rendre la vie de Romilda impossible.

Romilda Vane était courageuse, certes, mais pas stupide. Elle savait qu'il ne servait à rien de répondre aux provocations de Parkinson et de sa bande, car elle n'avait aucun allié pour la soutenir. Même Lavande et Parvati, qu'elle considérait pourtant comme des amies proches, l'ignoraient désormais royalement. Elle avait donc fait profil bas et attendu son heure avec impatience pendant ces dernières semaines.

Son heure était à présent arrivée. Aujourd'hui serait le jour où Draco Malfoy obtiendrait la monnaie de son gallion, pensa-t-elle avec euphorie.

Elle avait émis quelques réserves à l'idée de faire confiance à Emelyn Hawke pour l'aider dans la démarche. Après tout, elle était également Serpentard et il était de notoriété publique qu'elle traînait avec Ginny Weasley, l'une des principales responsables de la situation actuelle de Romilda. Toutefois, lorsqu'elle avait entendu le plan vicieux et impitoyable de Hawke, tous ses doutes la concernant s'était envolés. Romilda sortit de son lit et se dirigea vers la salle de bain. Aujourd'hui, tout serait une affaire de timing.

Lorsqu'elle sortit de sa salle commune, contrairement à ses condisciples elle ne prit pas le chemin qui menait jusqu'à la Grande Salle mais se dirigea vers la tour d'Astronomie.

« Tu es en retard. » lança une voix lorsqu'elle eut atteint les dernières marches menant à la tour.

Emelyn Hawke l'observait de son éternel air insondable.

« Je voulais simplement m'assurer que personne ne me suivait. »

« Il n'y a personne ici, le samedi matin. C'est pour ça que je t'ai demandé de me retrouver ici. » répliqua Hawke d'un ton un peu autoritaire.

Romilda, n'appréciant pas l'attitude de la Serpentard à son égard, voulut répliquer mais Hawke la coupa :

« Tout est clair, concernant le plan ? »

Romilda hocha la tête.

« Parfait. » déclara Hawke.

Elle sembla chercher quelque chose dans sa robe de sorcière et en extirpa une petite bourse qu'elle tendit à Romilda. Cette dernière s'en empara et l'observa d'un air suspicieux.

« Qu'est-ce qu'il y a là-dedans ? » demande Romilda.

« Un sortilège serait ce qui s'en rapprocherait le plus, j'imagine. » répondit Hawke.

« Et comment je suis supposée l'utiliser ? »

« Il faudra que tu jettes son contenu dans les Trois Balais. C'est le meilleur moyen que j'ai trouvé pour être sûre que les élèves rentrent au château en temps voulu. »

« Ce n'est pas dangereux, au moins ? » s'enquit Romilda.

« Pas vraiment non. » répondit évasivement la Serpentard, ce qui fit tiquer Romilda.

« C'est illégal ? » demanda-t-elle, bien qu'elle ne fut pas certaine de vouloir connaître la réponse.

Hawke ne répondit pas, ce qui fit tiquer Romilda.

« C'est illégal ? » répéta-t-elle. « Comment je suis censée sortir avec quelques choses d'illégal sans que les Aurors ne le remarquent ? »

« Je l'ai ensorcelé pour que tu sois la seule en mesure d'ouvrir son contenu réel. »

Toutefois, Romilda n'était pas convaincue.

« D'accord mais… » commença -t-elle.

« Ecoute Vane, si tu veux on peut laisser tomber. Malfoy continuera d'agir en toute impunité et tu resteras le souffre-douleur de l'école jusqu'à la fin de ta scolarité, c'est à toi de voir. » coupa Hawke d'un ton cassant.

Romilda soupira.

« Non, ça va, je te suis. »

« Bien. Il faut que j'aille me préparer pour Malfoy. » déclara Hawke en tournant les talons et en s'éloignant.

Romilda fourra la petite bourse que lui avait donné Hawke dans la poche de sa robe de sorcière, l'air résolu.

Une heure après le déjeuner, elle se dirigea vers le grand hall où une file d'étudiants s'était formée pour passer entre les mains – ou plutôt le détecteur - de Rusard.

Elle vit Draco Malfoy et Emelyn Hawke au début de la file et elle les observa longuement, l'air dépité.

Et dire que quelques semaines auparavant, c'était elle qui avait été aux côtés de Draco. Son dépit se transforma rapidement en rancœur lorsqu'elle pensa à la manière dont il l'avait humiliée devant l'école et à ce qu'elle subissait actuellement par sa faute.

Ce fut rapidement son tour de passer devant Rusard et celui-ci inspecta de haut en bas Romilda avec l'aide de son détecteur. Lorsqu'il passa devant la poche de l'étudiante, le détecteur émit un bruit sourd et Rusard, s'exclama :

« Videz vos poches ! »

Le cœur de Romilda manqua un battement.

« Je ne vais pas me répéter ! » s'écria Rusard.

Romilda sortit sa baguette et la bourse de sa robe de sorcière. Le concierge s'en empara et passa à nouveau son détecteur qui sonna de la même manière. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire vicieux.

« Qu'est-ce que vous transportez là-dedans Vane ? » interrogea Rusard. « Un objet dangereux ? »

« Non, non… » commença Romilda, la panique envahissant son esprit.

Rusard allait trouver quelque chose de dangereux et d'illégal dans cette bourse et s'en suivraient de gros problèmes pour Romilda. Comment avait-elle pu être aussi stupide et faire confiance à Emelyn Hawke, une Serpentard ? Cette dernière souhaitait sûrement garder Draco Malfoy pour elle seule et définitivement écarter Romilda.

Rusard ouvrit la bourse et l'inspecta. Toutefois, à la grande surprise de Romilda, il perdit son sourire victorieux et une lueur de déception passa dans ses yeux sombres. Il rendit la bourse à Romilda et d'un ton agacé, lança :

« Allez, au suivant ! J'ai perdu assez de temps comme ça ! »

Soulagée, Romilda ne se fit pas prier et s'éloigna rapidement, marchant en direction du village. Elle inspecta la bourse et faillit éclater de rire lorsqu'elle vit des pièces à l'intérieur.

« Bien joué Hawke. » pensa-t-elle.

Elle accéléra le pas pour rattraper les deux Serpentard. Lorsqu'elle les vit au loin, discuter vivement, elle ralentit le pas afin de rester à une distance correcte. La dernière chose qu'elle souhait était se faire remarquer.

Il se rendirent dans le salon de thé de Madame Pieddodu, le repaire des couples. Romilda soupira et s'installa sur un banc non loin du café. De cet emplacement, elle avait une bonne vue sur les allées et venues du salon.

A sa grande surprise, une demi-heure plus tard, les deux Serpentard sortaient déjà du salon de thé. Elle les vit discuter quelques instants avant de s'éloigner.

Romilda se leva immédiatement, et prit la direction opposée, en direction du centre du village. Elle entra rapidement dans les Trois Balais qui était bondé, comme à son habitude. Elle trouva toutefois une table vide prêt d'une fenêtre et s'y installa. Elle commanda une bièraubeurre auprès d'une serveuse qui passait près de sa table. Pendant la demi-heure qui suivit, elle jeta des regards nerveux autour d'elle, comme si quelqu'un soupçonnait ce qu'elle comptait faire. Elle jetait toutes les trois minutes des regards à sa montre, agitée.

« Tiens donc, si ce n'est pas notre traînée notoire. » s'exclama une voix criarde derrière Romilda.

Elle reconnut immédiatement la voix et elle leva les yeux au ciel. Elle n'aurait pas pu choisir un plus mauvais moment pour croiser ces personnes.

« Ce n'est vraiment pas le lieu ni le moment, Parkinson. » dit Romilda en se retournant.

Ses yeux tombèrent sur Pansy Parkinson, Daphnée Greengrass et les jumelles Carrow. Elles portaient toutes des énormes sacs de shoppings.

« Tu as totalement raison, Vane. » répliqua Parkinson. « Cet endroit ne devrait pas laisser entrer des prostituées de ton genre. »

Romilda sentit la colère lui monter aux joues.

« Par Salazar, c'est complètement non-hygiénique de te laisser boire dans les verres de ce pub. Même s'ils les nettoient, certaines bactéries que tu transportes sont tenaces. Qui sait quelles saletés tu pourrais transmettre aux autres, de cette manière ? » demanda Pansy avec méchanceté.

Les trois hyènes qui la suivaient éclatèrent de rire et Pansy parut très satisfaite. Leur rires s'étouffèrent soudainement et se transformèrent en exclamations horrifiées lorsque le pub plongea soudainement dans l'obscurité totale.

Romilda venait de vider le contenu de la bourse sur le sol.

Après quelques secondes, une forme sembla se dessiner au plafond, au-dessus de leurs têtes. Romilda plissa les yeux et eut un hoquet de surprise lorsqu'elle vit ce qui venait de se former.

« La marque des ténèbres ! » s'exclama la voix apeurée d'un élève.

Des cris de panique jaillirent de toute part. Romilda en profita pour se lever rapidement et se diriger vers la porte. Elle s'arrête cependant, revint sur ses pas et envoya sa main en direction du vide. Comme elle l'avait souhaité, son poing fermé rencontra une joue ferme. Elle entendit un hurlement de douleur et rit intérieurement, satisfaite, avant de se diriger vers la sortie du pub. Pansy Parkinson l'avait bien cherché.

Une fois arrivée dehors, elle vit des Aurors s'approcher à toute allure de l'entrée du pub, sûrement alertés par les cris à l'intérieur. Elle s'éloigna le plus vite possible et se dirigea vers le chemin pavé qui menait au château.

La « Marque des ténèbres » pensa Romilda avec effarement. Elle n'arrivait pas à croire que Hawke avait utilisé un moyen aussi drastique et malsain. Les personnes présentes dans le pub devaient actuellement être en panique totale et persuadées qu'il s'agissait d'une attaque de Mangemorts.

Toutefois, elle ne pouvait pas le retirer à Hawke, cette méthode fonctionnerait à merveille pour écourter la visite de la journée à Pré-au-Lard.

Romilda accéléra le pas en direction du château. Il ne faisait aucun doute que les Aurors se rendraient compte que ce n'était qu'un stupide leurre mais elle savait qu'ils évacueraient les Trois Balais et conduiraient les élèves au château pour des raisons de sécurité.

Lorsqu'elle vit les portes du château, elle se mit à courir à toute vitesse. Elle tapa du pied, impatiente, lorsque Rusard s'appliqua à fouiller sa robe de sorcière avec plus d'attention qu'à l'ordinaire.

Lorsqu'il eut terminé, elle reprit sa course en direction du couloir qui menait à la grande Salle. Elle s'arrêta alors, la respiration haletante, et fut déçue de constater que Hawke n'était nulle part en vue. Elle jeta un coup d'œil à sa montre, stressée.

« Où es-tu ? murmura-t-elle.

Une dizaine minutes plus tard, elle vit Hawke sortir d'un placard à balais, un sourire en coin des lèvres. Romilda lui jeta un regard interloqué alors qu'elle avançait dans sa direction, l'air satisfait.

« Que faisais-tu là-dedans ? » interrogea Romilda avec étonnement.

« J'étais avec Malfoy. » répondit Hawke d'un ton neutre, en plissant sa jupe.

« Malfoy est dedans ? »

« Tu as fait ce que j'ai demandé ? » demanda Hawke sans même répondre à sa question, de son éternel ton directif.

Romilda détestait la façon présomptueuse avec laquelle à Serpentard s'adressait à elle.

« Oui. Tout le monde était paniqué quand ils ont vu la Marque des Ténèbres. » expliqua Romilda dans un chuchotement.

Un léger frisson la parcourut lorsqu'elle repensa à la forme qui s'était dessinée dans les Trois Balais. Hawke sembla remarquer son air mal à l'aise et laissa échapper un rire ouvertement moqueur.

« Oh ça va Vane, ce n'était qu'une plaisanterie. »

Romilda haussa les épaules, peu convaincue. Des coups bruyants venant du placard à balais duquel Hawke était sortie il y a quelques instants se firent entendre.

« Je crois que Draco essaie de sortir. Dommage qu'il n'ait pas cela pour l'aider. »

Elle sortit de sa poche une baguette noire. Romilda l'identifia immédiatement comme appartenant à Draco Malfoy. Elle n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit car elles entendirent des voix de l'autre du couloir. Un attroupement d'élèves, sûrement rentrés du village plus tôt que prévu par ordre des Aurors s'approcha d'elles, en direction de la Grande Salle.

« C'est l'heure du spectacle. » lança Hawke d'un ton réjoui. « Vane, profite bien de ce moment. Ces choses-là n'arrivent qu'une fois dans une vie. »

Un sentiment de nervosité et d'excitation envahit alors Romilda. Elle jeta des regards successifs vers Hawke et en direction de la foule d'élèves qui s'avançait en discutant énergétiquement. Lorsque la foule arriva à leur hauteur, Romilda vit Hawke agiter sa baguette discrètement en direction du placard à balais qui s'ouvrit. Draco Malfoy, nu comme un ver, jaillit du placard, l'air furieux. Des hoquets de stupeurs se firent entendre parmi la foule qui était arrivée au même moment.

Malfoy semblait ne pas avoir encore remarqué qu'une centaines d'yeux étaient rivés sur lui. Après quelques secondes, il sembla comprendre tout l'ampleur de la situation. L'expression de son visage passa de la colère, à l'hébètement puis à l'embarras.

Il posa ses mains immédiatement sur son entrejambe pour se dissimuler.

« Oh non, pas aujourd'hui. » murmura Hawke dans un chuchotement.

Romilda la vit agiter une nouvelle fois sa baguette et murmurer un sort au bout de lèvres.

Les mains de Malfoy s'élevèrent dans les airs, et se posèrent derrière sa tête, laissant à tous le loisir de voir le corps de Malfoy dans les moindres détails.

Les yeux de Romilda s'agrandirent lorsqu'elle vit que les parties du Serpentard étaient désormais à peine visibles tellement elles étaient minuscules.

« Oh Merlin ! » entendit-elle derrière elle. « Regardez ça. »

« Il est minuscule. » s'exclama une étudiante de Serdaigle.

« Il n'a pas de quoi se vanter. » commenta un élève de Poufsouffle.

Les commentaires fusèrent de tous les côtés, bientôt suivi par des éclats de rire moqueurs.

Draco Malfoy, pour sa part, semblait vouloir s'enfoncer dans un trou. Il tentait de bouger mais ses tentatives étaient vaines, immobilisé par le sort qu'avec lancé Hawke.

Un flash aveuglant surgit soudainement de nulle part et Romilda vit Colin Creevey, avec son énorme appareil photo, prendre plusieurs clichés de Malfoy.

« En première page pour l'édition de demain ! » se réjouit Colin Creevey, tout excité.

Malfoy parut sur le point de s'évanouir. Il ouvrit la bouche, semblant vouloir hurler, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Son visage avait pris une couleur rouge écarlate, couvert de honte probablement. Ou peut-être de colère. Romilda, elle s'en fichait. Tout ce qu'elle appréciait, c'était d'être au premier rang de l'humiliation publique du grand, du beau, du populaire Draco Malfoy. Il méritait de ressentir ce qu'elle avait ressenti lorsqu'il l'avait rabaissée sans aucun remord devant l'école entière.

Les semaines passées avaient été un enfer pour elle. Mais désormais, lorsqu'elle observait les élèves hurler de rire en pointant du doigt Draco Malfoy, elle se sentit plus heureuse que jamais. Elle jeta un regard en direction de Hawke, qui observait Malfoy avec un petit rictus au coin de lèvres, jouant distraitement avec la baguette de celui-ci. Romilda ne put s'empêcher d'éprouver un mélange de respect et de crainte.

« Rappelle-moi de ne jamais te chercher des noises. » chuchota Romilda en se penchant vers Hawke.

« MERLIN ! » hurla une voix derrière la foule.

Romilda vit Professeur McGonagall se frayer un chemin parmi la foule hilare, arborant une expression des plus choquées.

« Que se passe-t-il ? Malfoy, que croyez-vous faire ? » s'exclama-t-elle d'un ton outragé. « Cachez-vous immédiatement !»

« Je pense que Mr. Malfoy ici présent est victime d'un sort d'immobilisation. » lança la voix du Professeur Rogue qui surgit aux côtés de McGonagall.

« Severus, faites quelque chose doux Merlin ! » hurla McGonagall.

Elle désigna d'un geste la direction de Malfoy, ne souhaitant visiblement pas regarder vers lui.

Rogue leva sa baguette et l'agita en direction de Malfoy, un voile noir le recouvrant, sous les rires de tous les élèves présents.

« Dispersez-vous ! Le spectacle est terminé ! » ordonna McGonagall, les joues rouges.

Cependant aucun élève ne sembla vouloir bouger. Rogue s'était approché de Malfoy qui pouvait à nouveau bouger.

« 30 points de moins à chaque élève qui se trouvera dans ce couloir d'ici vingt secondes. » s'exclama la Directrice adjointe.

La menace sembla fonctionner car tous les élèves se dispersent rapidement, sans cesser de rire toutefois. Parmi la foule, Romilda remarqua Ginny Weasley dont le regard était rivé sur elle, insondable. Romilda soutint son regard en souriant. Après quelques secondes, Weasley détourna le regard et disparut avec la foule qui s'éloigna.

Romilda soupira de soulagement et de satisfaction.

Ginny entra dans son dortoir et se dirigea vers son lit sur lequel elle s'assit, se triturant nerveusement les mains.

Elle n'arrivait pas à croire la scène à laquelle elle venait d'assister. Draco Malfoy venait de se faire humilier publiquement de la pire des façons. Lui qui était réputé pour sa virilité s'était retrouvé dans le plus simple appareil devant le tout Poudlard dans un état visiblement très réduit.

Ginny n'avait pas besoin de chercher de midi à quatorze heures pour savoir qui était le, ou plutôt la coupable. L'air d'extrême satisfaction qu'elle avait vu sur le visage de Romilda Vane était sans équivoque. Après tout, les raisons de sa riposte étaient plus qu'évidentes. A cause de Ginny et Draco, elle s'était fait raillée par toute l'école. Elle venait de riposter et Draco venait d'en faire les frais. Et Ginny suivrait probablement très bientôt. Le regard qu'elle avait échangé avec Vane était des plus parlants. « Prépare-toi Weasley, c'est à ton tour. » avait pu lire Ginny dans ses yeux.

Toutefois, un élément paraissait étrange aux yeux de Ginny. L'opération était bien trop élaborée et malsaine pour une coquille vide comme Vane. La manipulation de Malfoy, les méthodes utilisées, l'excellente coordination et le timing. C'était l'œuvre d'un Serpentard. Le cerveau derrière l'opération appartenait à quelqu'un d'autre et Ginny avait une petite idée de qui il s'agissait.

C'est à ce moment que choisit la principale suspecte, Emelyn Hawke, pour entrer dans le dortoir. Elle ne s'attendait visiblement pas à voir Ginny mais elle garda une expression neutre et ignora sa voisine.

Elle s'installer sur son lit, son vieux manuel de Potions dans les mains et commença à lire.

« Je sais que c'était toi. » dit Ginny d'un ton plat.

C'était une simple constatation.

« De quoi parle-tu ? » demande Emelyn, sans quitter son livre des yeux.

« Tu as aidé Vane à se venger de Draco. » continua Ginny.

« Pourquoi ferais-je ça, par Merlin ? » questionna Emelyn.

« Tu as complètement changé d'attitude envers lui du jour au lendemain. Je savais bien que ça cachait quelque chose. C'était simplement pour mieux le manipuler. »

Emelyn haussa les épaules.

« Je n'ai rien contre Malfoy. Et toi et moi savons très bien qu'il a des ennemis. »

« Ne te fiche pas de moi. Cette torcarde de Romilda Vane n'aurait jamais pu élaborer un plan de ce genre toute seule. » répliqua Ginny avec agacement.

« Tu devrais vraiment arrêter de sous-estimer tes ennemis, Ginny. » lança Emelyn avec un petit sourire.

« Je n'arrive pas à croire que tu aies pu aider cette garce, une Gryffondor. Que tu aies pu trahir ta propre maison, que tu aies pu me trahir. Je t'ai aidée depuis que tu es arrivée ici, j'ai été ton amie. »

En entendant cela, Emelyn ferma son livre avec brusquement et se tourna vers Ginny, un air irrité sur le visage.

« Mais as-tu véritablement été mon amie, Ginny ? Tu penses qu'une amie me menacerait parce que j'ai aidé son petit ami pour un devoir ? »

« Ne fais pas l'innocente. Tu sais très bien que je ne plaisante pas quand il s'agit d'Harry. » s'exclama Ginny, se sentant soudainement très en colère.

« Tu es paranoïaque et ridicule. Tu sais très bien que je ne veux pas de ton cher petit Potter. D'ailleurs ne serait pas ce toi qui trahit ta maison en t'envoyant en l'air avec un Gryffondor ? » demanda vicieusement Emelyn.

Ginny se leva d'un bond, ses mains tremblantes, son expression furieuse.

« La ferme. » ordonna-t-elle en sortant sa baguette et en la pointant vers Emelyn qui ne parut en rien effrayée.

« Je crois que tu devrais à l'infirmerie. Tu n'es pas dans ton état normal, Ginny. » dit-elle d'un ton faussement maternant.

En effet, les mains de Ginny tremblaient tellement qu'elle parvenait à peine à tenir sa baguette droite.

Elle sentit sa tête tourner et une désagréable sensation de nausée la parcourut, la forçant à abaisser sa baguette.

Elle se dirigea en courant vers la salle de bains et s'enferma à l'intérieur. Quelques secondes, elle déversait le contenu de son petit déjeuner dans la cuvette des toilettes.

Elle resta enfermée dans la salle de bains du dortoir, assise sur le sol, une heure durant. Elle finit par se relever, difficilement, et se rinça la bouche. Elle sortit de la salle de bain et constata avec soulagement qu'Emelyn ne s'y trouvait plus. Ginny se sentit embarrassée lorsqu'elle pensa à la conversation qu'elles avaient eue et la faiblesse dont elle avait fait preuve devant sa camarade.

Elle n'eut pas le loisir de ressasser ce souvenir plus longtemps, car une soudaine fatigue l'envahit. Elle s'écroula dans son lit, éreintée, tirant les rideaux de son lit à baldaquin. Après quelques secondes à peine, elle tombait dans un sommeil profond.

Lorsque Ginny émergea de nouveau, le dortoir était plongé dans l'obscurité totale. Elle se redressa et se frotta les yeux. Il devait sûrement être l'heure du dîner et elle avait probablement dormi tout l'après-midi.

Cependant, en ouvrant les rideaux de son lit, elle remarqua que toutes ses camarades de dortoirs étaient dans leurs lits, respectivement, et y dormaient profondément. Elle esquissa un geste en direction de sa table de chevet pour prendre sa montre. Elle tapota celle-ci avec son index et le cadran s'éclaira immédiatement.

Ses yeux s'écarquillèrent de surprise lorsqu'elle vit qu'il était cinq heures du matin. Elle avait dormi plus de treize heures. Alors pourquoi Merlin, se sentait-elle aussi faible et fatiguée ?

Elle se dirigea silencieusement vers la salle de bain du dortoir. Lorsqu'elle vit son reflet dans le miroir, elle ne se reconnut pas. Elle fut frappée par son teint livide, ses cernes si sombres qu'elles semblaient violettes. Son reflet, qui était habituellement si joyeux et mordant, la regardait d'un air triste et vide.

Elle avait l'impression d'avoir perdu du poids et lorsqu'elle fixa ses mains, elle constata que les tremblements inexpliqués avaient repris.

« Qu'est ce qui ne va pas chez moi ? » se demanda-t-elle à voix haute.

Même sa voix lui parut méconnaissable. Elle se força à détourner le regard de son apparence désastreuse et se dirigea vers la douche.

Une demi-heure plus tard, lorsqu'elle entra dans la Grande Salle pour le petit-déjeuner, elle s'installa à la table de sa maison.

Elle vit deux cinquièmes années de Serpentard glousser, penchées sur un journal.

« Qu'est-ce qui vous fait tant rire ? » demanda-t-elle d'un ton agressif sans pouvoir s'en empêcher.

Les deux filles se tournèrent vers elles, hilares.

« Tu n'as pas lu le journal de l'école ? » dit l'une d'entre elles en ricanant.

« Non. » répondit Ginny d'un ton agacé. « Qui lit ce torchon de toute façon ? »

Le Journal de l'école était publié chaque dimanche par les frères Creevy, deux abrutis de Gryffondor qui suivaient Harry comme deux petits chiots apeurés.

La majorité des éditions n'étaient pas lues par le reste de l'école.

L'une des filles continua de glousser bêtement avant de tendre le journal à Ginny qui s'en empara en levant les yeux au ciel.

Elle ouvrit la bouche de stupeur en voyant la couverture. Draco Malfoy, en plein d'un couloir, nu comme un ver, se tenant la tête et observant l'objectif avec un air d'animal traqué dans un piège. Les « parties » de Malfoy avaient été dissimulées par un visage tirant la langue au lecteur.

L'article accompagnant la photo se composait d'une cinquantaine de lignes parsemée de mauvais jeux de mots sur la taille des parties intimes de Draco Malfoy.

Ginny leva les yeux au ciel et secoua la tête alors qu'elle rendait le journal au deux filles qui s'étaient remises à glousser.

Durant toute la semaine, l'humiliation publique de Draco Malfoy devint le sujet de toutes les conversations dans l'école.

Dès le lendemain de la parution du journal de l'école et de l'article relatant tout l'évènement, le Professeur McGonagall avait interdit à tous les élèves de posséder l'édition la plus lue depuis la création du journal. Tout élève se trouvant en possession du journal écoperait d'un retrait de 50 points et de retenues jusqu'à la fin de l'année scolaire.

Dès lors, un marché noir s'était mis en place, activement lancé par les frères Colin Creevey qui vendaient le journal et qui, au vu des sourires satisfaits qu'ils affichaient, avait amassé une jolie petite somme grâce à cette activité clandestine.

Rusard, le concierge, avait été chargé par McGonagall de traquer chaque exemplaire du journal jusqu'au dernier mais la tâche s'était révélée plutôt infructueuse jusqu'à présent. En effet, les frères Creevey avaient pris une longueur d'avance sur le corps enseignant et avaient appliquer un enchantement sur les journaux pour qu'ils se transforment en grimoires de Sortilèges. Le vendredi suivant la première sortie de l'article, les frères Creevey avaient sorti une édition spéciale. Pour la modique somme de cinq noises, les élèves pouvaient profiter d'un album photo contenant toutes les images de l'exhibition de Malfoy. La majorité des images avaient été retouchées et montraient Malfoy dans des décors totalement improbables : Malfoy nu devant une bande de gobelins à Gringotts, Malfoy nu devant une assemblée exceptionnelle du Magenmagot, Malfoy nu devant les anneaux d'un terrain de Quidditch.

Cette histoire avait pris tellement d'ampleur que personne ne mentionnait la Marque des ténèbres qui était apparu dans les trois balais. Les Aurors avait parlé d'une « canular » de mauvais goût, et les professeurs, trop occupés avec les éditions illégales du journal de l'école qui circulaient, n'avaient pris aucune mesure supplémentaire à ce sujet.

Romilda Vane se pavanait à nouveau dans les couloirs de Poudlard comme si elle en était la propriétaire. Depuis la déchéance de Draco Malfoy, tout le monde la soupçonnait d'être derrière toute l'affaire. A chaque fois qu'elle était interrogée sur le sujet, elle gardait un air énigmatique et se refusait à tout commentaire.

Ginny, elle, savait très bien que Romilda n'était qu'un pion et que la véritable responsable, Emelyn Hawke, tirait les manettes.

Sa condisciple était devenu un sujet de dispute incessant entre Harry et Ginny. Cette dernière ne cessait de reprocher à son petit-ami son rapprochement avec Emelyn.

Un jour, après la troisième remarque de Ginny à ce sujet, depuis le début de la journée, Harry leva les yeux au ciel et assena d'un ton lassé :

« Tu es fatigante, Ginny. Pour la troisième fois, elle ne faisait que prêter un livre. »

Il avait tenté de garder un ton neutre, mais Ginny remarqua son agacement sur son visage. Cela suffit à alimenter sa propre irritation.

« Je suis fatigante ? » répéta Ginny en ouvrant de grands yeux, comme si elle avait mal entendu. « Tu ne te préoccupes pas de moi, tu es toujours avec Dumbledore, avec Ron et maintenant avec Emelyn Hawke. »

Harry soupira, agacé.

« Je rentre au château. » annonça-t-il sans la regarder.

« Tu vas encore me laisser tomber, c'est ça ? » demanda Ginny d'une voix accusatrice.

« Je te reconnais plus Ginny. » dit Harry d'un ton sombre.

Et sans un regard dans sa direction, il s'éloigna, laissant une Ginny ahurie et frustrée.

Cette dernière se laissa tomber sur le banc qui se trouvait à ses côtés, les mains tremblantes. Après quelques instants, elle sembla reprendre ses esprits. La sensation était étrange, comme si elle sortait d'un rêve particulièrement réaliste.

Une fois encore, elle n'avait pas pu s'empêcher d'aboyer sur Harry, sans explication aucune. C'était comme si quelqu'un d'autre s'exprimait à travers elle, et qu'elle n'avait plus le contrôle. Elle lança un regard dans la direction dans laquelle Harry s'était éloigné, dépitée.

Pendant toutes ces dernières semaines, il avait dû supporter les sautes d'humeur incessantes de Ginny, ses accusations infondées, son comportement irascible et inexplicable. Aujourd'hui, cependant, il semblait avoir atteint son point culminant.

Elle laissa échapper un long soupir à en fendre l'âme et se dirigea également vers le château.

Elle ne remarqua pas qu'une personne les avait observés, elle et Harry, depuis le début de leur conversation.

Le visage d'Hermione, ou plutôt celui d'Emelyn, se fendit en un sourire satisfait. Tout son plan marchait à merveille et dépassait même ses attentes. Ginny s'enfonçait de plus en plus auprès de Potter, et ce dernier ne dissimulait plus son irritation auprès de sa petit-amie. A deux reprises, alors qu'Emelyn et Potter discutaient, elle avait vu celui-ci éviter volontairement Ginny. Lorsqu'Hermione l'avait interrogé sur le sujet, il avait donné un prétexte plutôt mauvais avant de la saluer rapidement et de se diriger vers la direction opposée.

La satisfaction d'Hermione n'avait alors fait que croitre. Ce n'était que le début de son plan, elle avait encore tellement à réaliser avant d'en voir l'issue.

Quelques mois auparavant

Le mangemort Selwyn conduisit Hermione et la dénommée Iryna dans les cachots de l'endroit dans lequel ils se trouvaient. Bien que nerveuse, Hermione prit le soin de regarder l'itinéraire qu'ils empruntaient, dans le cas où elle aurait une occasion de s'enfuir.

A ses côtés, Iryna sifflotait calmement, semblant bien plus à l'aise qu'Hermione. Selwyn s'arrêta vers une porte en métal forgé et agita sa baguette devant celle-ci.

« Vos appartements. » dit-il avec un rictus en ouvrant la porte et en leur intimant de pénétrer dans la pièce.

Les "appartements'' étaient en fait une salle sombre et un peu glauque, meublée d'un lit superposé, d'une vieille armoire cassée, ainsi que d'un bureau sans chaise.

« Reposez-vous bien. » conseilla Selwyn. « Demain sera une longue journée. »

Une sorte de sourire ressemblant plus à une grimace se dessina sur son visage, laissant apparaître des dents pointues. Il sortit ensuite de la pièce, la porte en métal grinçant lentement avant de se claquer fermement.

Hermione vit Iryna sortir sa baguette puis l'agiter en direction des lanternes accrochées sur les murs. La pièce devint un peu plus éclairée, la rendant soudainement moins glauque. Hermione le regretta toutefois immédiatement lorsqu'elle vit la crasse dont les murs de la pièce étaient maculés.

Par réflexe, elle serra son petit sac en perles qui contenant toutes ses possessions contre elle. Iryna lança un regard moqueur dans sa direction et laissa échapper un commentaire dans une langue qu'Hermione ne comprenait pas. Toutefois les intonations et le sourire froid de la jeune fille furent suffisantes pour qu'Hermione réalise que ses paroles n'étaient pas des plus agréables.

Iryna se dirigea vers l'armoire et la table de la pièce, pour les inspecter. Hermione, elle, n'avait pas l'esprit à observer les alentours. Elle se dirigea vers les lits superposés et s'installa sur celui-du bas.

Le tourbillon d'émotions qu'elle avait ressenti pendant les dernières heures l'avait rendu exténuée. Ses paupières se fermèrent et elle se laissa tomber sur l'oreiller dur du lit. Elle était si fatiguée qu'elle ne se formalisa pas de la dureté du matelas, ni de l'odeur de vieux débris de l'oreiller.

Elle s'endormit ainsi, son sac contre sa poitrine, et avec la sensation angoissante de ne pas savoir de quoi demain serait fait.

Quelques heures plus tard, de bruyants coups contre la porte en métal se firent entendre, résonnant furieusement dans la pièce. Hermione se réveilla d'un bond, surprise. Il lui fallut quelques secondes pour se souvenir de l'endroit où elle se trouvait.

« DANS LE COULOIR DANS 10 MINUTES ! » hurla une voix derrière la porte.

A ce moment-là, Iryna sortit d'une pièce attenante au dortoir, portant une tenue noire, ses cheveux humides lui collant le visage et se dirigea vers la table. Hermione remarqua immédiatement qu'elle avait installé ses affaires dans la pièce.

Iryna s'empara d'un petit miroir sur la table et observa son reflet. Elle sembla réfléchir intensément à quelque chose. Quelques secondes plus tard, ses cheveux violets prirent une teinte vert foncé. Elle observa son reflet à nouveau, une lueur désapprobatrice dans les yeux. Quelques secondes plus tard, ses cheveux redoublèrent de longueur et prirent une teinte noire de jais.

Ses yeux croisèrent ceux d'Hermione dans le reflet du miroir.

"Qu'est-ce que tu regardes ?" lança-t-elle d'un ton agressif.

"Tu es Métamorphomage ?" interrogea Hermione.

"Sans rire ?" répondit Iryna avec froideur.

Hermione ne prit pas la mouche du comportement désagréable et agressif d'Iryna. Elle ne savait encore rien du cadre dans lequel elle se trouvait. Ce n'était pas le moment pour elle de se faire des ennemis.

Elle s'empara de son sac en perles sans répondre et se dirigea dans la pièce de laquelle Iryna était sortie quelques instants plutôt.

C'était une pièce sale et étroite qui faisait visiblement office de salle de bain. Elle fit une toilette rapide, n'osant pas s'aventurer dans la douche dont le fond avait pris une couleur douteuse.

Quand elle revint dans le dortoir, elle vit qu'Iryna était déjà sortie de la pièce et Hermione fit de même. Elle se retrouva dans le même couloir sombre et que la veille. Plusieurs personnes étaient attroupées dans le couloir, s'observant les uns les autres.

« Suivez-moi, et plus vite que ça ! » s'exclama la voix de Travers derrière Hermione.

Les personnes agroupées dans le couloir suivirent Travers dans une grande pièce au plafond élevé. Elle observa les autres. Il y avait une douzaine de personnes, paraissant très jeunes pour la plupart. Certains regardaient autour d'eux, l'air apeurés. D'autres, observaient Travers d'un œil résolu, paraissant très sûrs d'eux. Iryna Rudenko faisait partie de la deuxième catégorie. Hermione ne put s'empêcher d'observa l'un des garçons du groupe. Son visage, extrêmement jeune, contrastait avec l'expression malfaisante qu'arboraient ses traits. Il n'avait pas l'air d'avoir plus de quinze ans, mais son expression austère glaça le sang Hermione.

« Si vous êtes ici aujourd'hui, c'est parce que vous avez décidé de rallier

la noble cause du Seigneur des Ténèbres. » déclara Travers d'une voix forte, son regard froid balayant chacun des membres du groupe.

« Notre société est en train d'être décimée par les Moldus et leurs adeptes. Petit à petits, ils se sont enracinés parmi nous, nous ont volé nos enseignements et parviendront bientôt à nous annihiler. »

Des hochements de tête suivirent ces paroles.

« En tant que Sans-Purs, notre rôle et notre devoir est de protéger nos enseignements et nos secrets de ces voleurs et nous assurer que notre survie est assurée. Pendant des décennies, le Ministère et ceux en son sein ont tenté de nous forcer à nous mélanger à cette racaille. Ces unions répugnantes ont donnés place à des imposteurs, des individus indignes qui partagent désormais nos secrets magiques. »

« Fichus sangs-de-bourbe ! » commenta une jeune fille avec dégoût.

« Si nous n'agissons pas au plus vite, mes amis, nous arriverons malheureusement au génocide. » acheva Travers, d'une voix dramatique, provoquant des chuchotements approbateurs autour de lui.

Il leur tourna le dos.

« Toutefois, cette quête ne sera réservée qu'aux plus méritants. Seuls ces derniers pourront protéger notre cause de la vermine. Certains d'entre vous ne seront pas choisis pour mener ce combat. » indiqua Travers d'un ton faussement désolé.

A cet instant, six figures encapuchonnées firent leur apparition dans la pièce et encerclèrent le groupe. Se doutant de ce qui allait suivre, Hermione tira immédiatement sa baguette de sa robe de sorcière. Elle vit une petite minorité du groupe faire la même chose, dont Iryna et le jeune garçon qu'elle avait observé.

Les autres restèrent apeurés, observant avec appréhension les Mangemorts qui les avaient encerclés. Soudainement, sans crier gare, Travers se retourna d'un geste vif et s'écria :

« ENDOLORIS ! »

Il avait pointé sa baguette en direction du groupe. Hermione vit le jet se diriger droit vers la fille qui avait insulté les sangs de bourbe, quelques instants plutôt. Elle ne s'était visiblement pas attendu à cela car le sort la frappa en pleine poitrine, une expression surprise sur son visage. Celle-ci se transforma rapidement en grimaces alors qu'elle se tordait de douleur sur le sol. Les autres, visiblement choqués, l'observèrent se tordre dans tous les sens, sous l'emprise du sortilège. Ils n'eurent pas le temps de l'observer plutôt car les autres mangements commencèrent à jeter des sorts en direction des autres.

Hermione, qui s'y était attendue, brandit sa baguette et lança un « Protego ! » alors qu'un jet violet arrivait dans sa direction. Le Mangemort qui l'avait attaqué parut surprit de sa réaction. Sa surprise sembla croitre encore plus lorsqu'Hermione riposta, envoyant un « Stupéfix » en plein sur son torse. Le sortilège le toucha en plein fouet et il tomba d'un coup.

Toutes les nouvelles recrues avaient désormais brandi leurs baguettes et se défendaient tant bien que mal face aux attaques du groupe de Mangemorts. La plupart tombaient comme des mouches et bientôt, ils se retrouvèrent à trois recrues face à quatre Mangemorts qui s'avançaient dangereusement. Il ne restait plus qu'elle, Iryna et le jeune garçon.

Un Stupéfix suivi d'un Doloris furent lancés par Travers en direction d'Hermione. Elle érigea un Protego à temps pour contrer le Stupéfix, mais l'impardonnable qui suivi traversa son bouclier comme s'il n'existait pas. Elle évita le maléfice in-extrémis en se jetant au sol. Le sort atteint Iryna qui tomba d'un coup au sol.

Elle vit le jeune garçon se défendre contre les sortilèges envoyés dans sa direction et même parvenir à stupefixier un autre des Mangemorts. Hermione commença à courir dans la direction opposée, son cœur battant la chamade, l'adrénaline l'envahit. Ces semaines de frustration, de déceptions et de dissimulation lui revinrent en mémoire et elle n'avait qu'une envie : se défouler. C'était un sentiment étrange : alors qu'elle aurait dû effrayée par la perspective de combattre en duel avec des Mangemorts, elle en éprouvait une satisfaction inexplicable.

Elle parvint à se débarrasser d'un autre mangemort. Ils étaient désormais deux recrues face à deux Mangemorts. Travers s'avança immédiatement vers elle, menaçant.

Hermione lui envoya un sort qu'il dévia avec facilité. Il riposta avec un autre sort immédiatement. Hermione, elle, ne parvint pas à l'éviter avec autant de facilité. Elle faillit trébucher mais se rattrapa au dernier moment. Travers lui envoya une série de sorts qu'elle peina à éviter. Le dernier la toucha sur le bras et lui lacéra la peau. Elle laissa échapper un hurlement de douleur et tomba au sol.

Travers s'approcha d'elle, et la toisa au sol, sa baguette devant elle. Elle l'observa avec appréhension, s'attendant à ce qu'il lui assène le coup de grâce.

Il n'en fit rien. Il lui tendit la main et l'aida à se relever. Hermione hésita quelques secondes avant de l'empoigner et se relever. Travers se retourna, et se dirigea vers le centre de la pièce. Les Mangemorts se regroupèrent à ses côtés, faisant face aux nouvelles recrues. Leurs visages affichaient une expression impassible, comme s'ils ne s'étaient pas battus en duel quelques instants plutôt.

Toutes les nouvelles recrues échangèrent des regards avant de se regrouper au niveau des Mangemorts.

« Vous apprendrez bientôt qu'ici, tout se mérite, en particulier le respect. Soyez forts et vous récompensés. Soyez faibles, et vous serez… éliminés. »

Il avait dit cela d'une voix faible, semblant visiblement instaurer un sentiment de crainte parmi le groupe. Cela sembla avoir son effet. Hermione entendit un hoquet de stupeur de la part de certaines des recrues.

Travers s'avança ensuite vers eux, les observant tour à tour avec insistance. « Toi. » dit-il en désignant Hermione de sa baguette. « Toi, toi, toi et…toi ».

Il avait désigné successivement plusieurs personnes du groupe avec sa baguette.

« Ceux que j'ai désignés, suivez-moi. Les autres, avec Jugson. »

Et sans ajouter un mot, il se retourna d'un geste rapide, se dirigea rapidement vers une grande porte en marbre.

Le jeune garçon, sans jeter un regard aux autres, suivit Travers. Quelques secondes après, Iryna s'engagea également ainsi que les autres que Travers avait désigné. Hermione suivit le mouvement, non sans jeter un regard rapide aux autres arrivants non sélectionnés par Travers.

On le mena à une salle de réunion où se dressant une longue table de réception au bois sombre. Travers se tourna vers eux.

« Si vous vous retrouvez dans cette salle, c'est que vous avez passé la première étape. » déclara-t-il d'un ton froid.

Il désigna la porte par laquelle ils étaient entrés.

« Nous n'avons pas de places pour des faibles dans nos rangs. Seuls les meilleurs d'entre vous pourront s'attirer les faveurs de notre Lord et se battre pour notre noble cause. » continua-t-il.

Il se lança alors un long discours sur la méritocratie, la supériorité du sang de certains individus comparés à d'autres et à l'immense honneur qu'ils avaient tous de retrouver là.

Hermione écouta à peine son discours, trop occupée à observer autour d'elle à la recherche d'une sortie éventuelle.

En aucun cas elle ne souhaitait s'éterniser ici, surtout vu la tournure qu'avait pris la situation. Elle était résolue à se donner quelques jours pour observer ce qu'il l'entourait et prendrait la fuite dès que l'occasion se présenterait.

L'arrivée de silhouettes cagoulées la força à sortir de ses plans d'évasions.

« De la chair fraiche ! » s'enthousiasma l'une d'elles.

La voix, presque enfantine, était celle d'une femme. Elle gloussa en approchant le plus jeune du groupe.

« Celui-là sort à peine du ventre de sa mère. » dit-elle remarquer avec un rire aigu qui fit frissonner Hermione. « N'as-tu donc pas de cœur, Travers ? »

Deux des individus voilés ricanèrent.

« Il est plus jeune que mon neveu, par Salazar. » continua-t-elle. « Petite chose innocente. »

« Vous n'avez rien d'autre à faire ? » demanda Travers avec agacement. « Les nouvelles recrues doivent être entrainées. »

La femme se retourna d'un bond, se retrouvant devant Travers, sa baguette tendue en direction de son visage. Sa capuche s'était retirée, laissant apparaitre une cascade de boucles noires et un visage pâle.

« A qui crois-tu t'adresser, minable ? » demande-t-elle avec fureur.

Le visage de Travers semble perdre toute couleurs lorsqu'il vit l'identité de la femme.

« Toutes-toutes mes excuses, Mrs. Lestrange. Je-je ne vous avais pas reconnue. » bégaya Travers.

La dénommée Mrs. Lestrange lui lança un regard empli de mépris avant de se tourner vers le groupe de recrues.

C'était une belle femme, d'une quarantaine d'années environ. Ses yeux noirs et perçants les observèrent tour à tour.

« Le Respect. C'est ce que ce bon à rien de Travers aurait dû vous enseigner en premier lieu. » dit-elle en reprenant sa voix guillerette qui sonnait affreusement fausse.

Elle s'approcha d'Iryna, un rictus auprès des lèvres.

« Fillette, pourquoi es-tu là ? »

« Je veux me battre. » répondit immédiatement Iryna d'un ton solennel.

Cela fit glousser la femme.

« C'est ce que j'aime entendre. » s'exclama-t-elle en tapant des mains d'un air enjoué, comme un enfant surexcité.

Elle se tourna vers Travers.

« Trêve de divertissements. » déclara-t-elle d'un ton froid, perdant son ton enjoué. « Nous avons besoin de la pièce. »

« Bien sûr Mrs. Lestrange. » s'empressa de répondre Travers.

Il intima à ses recrues de le suivre d'un geste de la main. Le groupe s'empressa de le suivre, sous le regard de Mrs. Lestrange et des silhouettes encapuchonnées à ses côtés. Une fois en dehors de la pièce, Travers sembla se détendre et une grimace fit son apparition sur son visage. Il n'avait visiblement pas apprécié de se faire ridiculiser de la sorte devant le groupe qu'il tentait d'intimider. Toutefois, il était clair que cette femme lui inspirait une crainte certaine.

Il se racla la gorge avant de déclarer :

« Suivez-moi. »

Pendant les quatre heures qui suivirent, Travers leur fit « visiter » ce qui semblait être un quartier général ainsi que les règles à respecter. Il leur fit comprendre de manière très claire que certains endroits leur étaient formellement interdit d'accès.

Il insista particulièrement sur une entrée gardée par deux Mangemorts à l'air peu commode. Le reste du bâtiment, toutefois, rappela vaguement Poudlard à Hermione.

« Poudlard avec énormément de cachots. » pensa-t-elle avec un frémissement.

Travers leur présenta une grande salle faisant office de cantine dans laquelle ils pourraient se restaurer entre les « entraînements »

Travers leur mentionna qu'ils auraient un emploi du temps à suivre à la lettre et que tout retard ou absence serait sévèrement sanctionné.

A douze heures tapantes, Travers les laissa dans la cantine. Hermione suivit le mouvement et s'installa avec le reste du groupe sur une table vide. Sur une grande table au fond de la pièce se trouvaient des plats entreposés. Hermione avait peu d'appétit mais elle se força à se servir une assiette de pommes de terre et de rosbif. Elle retourna à la table et mangea son plat silencieusement, écoutant à peine les discussions de ses nouveaux « camarades. »

Elle sortit néanmoins de sa torpeur quand elle entendit des ricanements de la part d'Iryna. Elle releva la tête, à la recherche de la cause de son hilarité.

Hermione vit une jeune fille à peine plus âgée qu'elle en train de nettoyer les tables et de vider les plats vides. C'était l'un des filles du groupe initial du matin même. Elle n'avait pas tenu 30 secondes face aux Mangemorts.

Visiblement, à cause de ses piètres performances, Travers et les autres Mangemorts l'avaient assignée à des tâches de seconde main.

Iryna laissa échapper un hoquet hautain et renversa son assiette sur le sol volontairement. Elle se racla la gorge bruyamment.

« Hé toi ! C'est sale, par ici ! » s'exclama-t-elle de son fort accent slave à l'attention de la jeune fille.

Celle-ci se retourna en direction du groupe assis à la table et s'avança avec réticence. Sans un mot, elle agita sa baguette pour nettoyer le bazar causé par Iryna.

« Comment t'appelles-tu ? » demanda un garçon blond assis à côté d'Iryna.

Il lui rappela vaguement Draco Malfoy et Hermione décida à cet instant qu'elle ne l'appréciait pas.

« Clothilda. » répondit la jeune fille dans un murmure.

« Que dirais-tu si on allait dans la pièce d'à côté pour que je te donne quelques leçons de duel en privé ? » proposa le blond en la regardant de haut en bas.

Hermione leva les yeux au ciel. Iryna fit à nouveau tomber le contenu d'un bol de soupe par terre.

Le bol éclata en morceaux sur le sol, éclaboussant la dénommée Clothilde.

« Désolée, je suis tellement maladroite. » lança Iryna.

Toute la tablée partit dans un grand éclat de rire, sauf Hermione et le plus jeune des garçons.

Clothilda agita à nouveau sa baguette afin de nettoyer, et se releva, le feu aux joues, s'éloignant rapidement de la tablée.

Hermione avait l'impression d'être de nouveau à Poudlard, parmi une bande de Serpentard immatures.

Le plus jeune garçon du groupe, n'avait pas manifesté de quelconque intérêt aux actions d'Iryna. Hermione l'observa avec attention. Il ne devait pas avoir plus de quatorze ans. Son visage pale avait encore des traits très enfantins, dissimulé par des mèches d'une couleur cuivrées.

Comme s'il avait senti son regard sur elle, il leva les yeux et leurs regards se croisèrent. Si son visage paraissant presque angélique, ses yeux, toutefois, trahissaient une maturité évidente.

Hermione se demanda qu'elles circonstances avaient amenés un si jeune garçon dans le quartier général des Mangemorts.

Elle l'avait vu combattre contre des Mangemorts, bien plus âgés, et pourtant aussi si en qu'il ne paraisse, il semblait être duelliste expérimenté.

S'ils se trouvaient tous ici aujourd'hui, c'était parce qu'ils étaient capables d'actes malveillants. Hermione s'interrogea. Toutes les actions qu'elle avaient commises auparavant faisaient elles d'elle une apprentie Mangemort ? Non, refusa-t-elle intérieurement. Elle ne croyait pas en la pureté d'un sang comparé à un autre. Oui elle était supérieure à certaines personnes. Harry Potter, Draco Malfoy, Pansy Parkinson et consorts. Mais elle n'était pas supérieure à cause de son sang, qui de toute façon n'était pas aussi pur qu'elle l'avait cru depuis toujours. Elle était supérieure par son intellect, son ambition, sa vision des choses. Et il ne faisait aucun doute qu'elle serait prête à tout, au pire même, pour obtenir ce qu'elle voulait.

Au fond, peut-être qu'elle saurait tirer une opportunité de sa situation actuelle. Après tout, les Mangemorts et elle-même me partageaient un ennemi commun. Harry Potter. Le monde se porterait bien mieux sans cette parodie de Héros. Si son passage ici pouvait l'aider à obtenir ce qu'elle souhaitait, en ne voyait pas pourquoi elle devrait s'en priver.

Les rires de la tablée sortirent Hermione de ses pensées et après avoir terminé d'un trait son verre d'eau, elle se leva à son tour et suivit ses nouveaux camarades.

Les jours qui suivirent installèrent Hermione dans une routine plutôt glauque. Sans les individus encapuchonnés qui erraient dans les couloirs sombres et les cris stridents qu'on entendait à travers certaines portes, Hermione avait presque l'impression d'être de retour à Poudlard. Chaque jour, le groupe de nouvelles recrues étaient entrainées sur l'art du duel, des potions et sur l'Histoire de la magie. Cette version du cours différait particulièrement de celle qui était enseignée à Poudlard puisqu'elle ne se focalisait que sur les grands mages noirs de l'histoire et présentaient des gens comme Albus Dumbledore comme des individus dangereux.

Hermione et son groupe avait été installés dans des dortoirs beaucoup plus confortables que ceux de la première nuit où les personnes qui n'avaient pas réussi les premiers tests s'entassaient désormais. Ces derniers étaient traités comme des servants et des moins que rien et étaient tyrannisés et malmenés par Iryna et sa bande dès que ceux-ci en avaient l'occasion.

Iryna avait totalement changé d'attitude envers Hermione depuis ces fameux tests. Elle la regardait avec une certaine crainte et un respect non dissimulé. Il était évident qu'Hermione et le jeune garçon, apparemment prénommé Fabius dominaient les autres recrues du groupe dans les duels.

Peu à peu, Hermione s'habituait à cette nouvelle vie. Elle appréciait le respect et l'envie qu'elle inspirait parmi les autres du groupe. Depuis sa fuite de Poudlard, elle se sentait enfin libre et appréciée à sa juste valeur, bien que les circonstances et le cadre ne soient pas des plus attendus.

Tout changea le jour ou Bellatrix Lestrange entra dans la salle de duel suivie d'un groupe d'hommes. Jusqu'à là rien d'étrange, Bellatrix venait de temps observer les recrues. Elle ricanait, gloussait en les voyant se jeter des sortilèges dangereux et traitait Travers d'incapable avant de quitter la pièce.

Celle fois, toutefois ce n'était pas seulement Bellatrix et son habituel groupe de Mangemorts qui fit irruption dans la pièce. Des yeux sombres, un teint terreux et des cheveux gras d'un noir de jais tombant sur son visage, Severus Rogue entra dans la pièce.

Le cœur d'Hermione rata un battement lorsqu'elle reconnut son le directeur de son ancienne maison. Comment réagirait-il en la reconnaissant ? Elle avait disparu en pleine année scolaire sans donner de traces ni de nouvelles. Comment réagirait-il en la croisant dans le repère du Seigneur des Ténèbres, confirmant ses réelles affinités ?

Elle baissa les yeux, essayant à tout prix de se faire petite. Elle se maudit intérieurement. Pourquoi avait-t-elle décidé de porter ses cheveux en une queue de cheval, dégageant clairement son visage ?

Le Groupe de Mangemort prit place au fond de la pièce, observant les recrues avec attention. Travers intima au groupe de continuer l'exercice. Hermione remarqua qu'il semblait nerveux. Elle se positionna de façon à ce que son dos soit tourné au groupe. Avec un peu de chance, Rogue ne reconnaitrait pas Hermione. Elle se retrouvera en duel face à Phillip, la pale copie de Draco Malfoy. Il lui lança un regard charmeur et elle leva les yeux au ciel.

Ils brandirent leurs baguettes, se saluèrent et reculèrent de trois pas. Phillip n'eut pas eu le temps de prononcer les premières syllabes de son sortilège qu'il se fit propulser de l'autre côté de la pièce par un puissant « Stupéfix »

Bellatrix Lestrange se mit à applaudir en riant.

« Brava ! » s'exclama-t-elle, visiblement aux anges de voir Phillip, tenter de se relever, du sang coulant sur le côté droit de son visage.

Le reste de l'entrainement se passa sans encombre et sans autres blessures. Elle n'avait pas jeté un seul regard en direction du groupe, de peur d'être reconnue par Rogue. Lorsqu'elle jeta un rapide coup d'œil en leur direction, elle constata avec soulagement que Rogue avait quitté la pièce.

Elle réprima un soupir de soulagement. Elle s'en était plutôt bien sortie. Elle sortit de la pièce afin de se diriger vers son dortoir. L'entraînement avait été extrêmement épuisant et elle avait grand besoin d'une douche.

Après quelques mètres dans les couloirs, elle sentit une main attraper son bras d'un geste ferme et l'attirer dans une alcôve.

Tapi dans l'obscurité, le regard sombre et indescriptible, Severus Rogue lui faisait face.

« Quelle surprise, Miss Granger. » déclara-t-il avec un rictus.

/

Hermione jeta un coup d'œil impatient à sa montre puis esquissa un regard en direction du Stade de Quidditch. Des silhouettes rouges et ors se trouvaient dans les airs, virevoltant dans tous les sens depuis près de deux heures. Après une autre demi-heure d'attente, elle vit enfin un groupe sortir des vestiaires et se diriger en direction du château. En tête du groupe, le Survivant, Harry Potter. Ses cheveux étaient trempés, il sortait visiblement de la douche. Il tenait son balai d'une main, ses affaires de sport dans l'autre et riait à grands éclats avec les membres de son équipe. Lorsque le groupe arriva à son niveau, Hermione lança :

« Potter. »

Ce dernier s'arrêta et son visage se fendit en un sourire en l'apercevant. Il se dirigea vers elle.

« Harry, tu viens ? » demanda une fille du groupe.

« Allez-y, je vous rejoins. » répondit Potter d'un ton amical.

La fille, ne sembla pas apprécier mais elle hocha la tête et continua sa route.

« Hey, Emelyn. » la salua Potter. « Je pensais qu'on s'était mis d'accord pour utiliser nos prénoms. »

« C'est vrai. Il faut que je m'y habitue. » répondit Hermione.

« Cela faisait un moment que je ne t'avais pas vue. » remarqua Potter en levant un sourcil.

Hermione l'avait volontairement évité depuis qu'elle avait assisté de loin à sa dispute avec Ginny.

« Je ne voulais pas te causer de problèmes. » répondit Hermione en soupirant.

« Pourquoi me causerais-tu des problèmes ? » interrogea le Gryffondor, sans sembler comprendre.

« Quel imbécile. » pensa Hermione.

Cependant, un faux sourire penaud se posa sur ses lèvres.

« Avec Ginny. » dit-elle. « Je sais que vous vous êtes disputés. Elle m'a dit de plus t'approcher. Et si je faisais, qu'elle s'occuperait de mon cas personnellement. »

Potter soupira, passant une main dans sa chevelure décoiffée. Il semblait faire cela à chaque fois qu'il était nerveux.

« En ce moment, entre Ginny et moi c'est… » commença-t-il.

Il s'arrêta, semblant chercher le terme approprié pour décrire la situation.

« Compliqué ? » proposa Hermione.

« C'est exactement ça, compliqué. » déclara-t-il.

« Je ne suis pas spécialiste en relations amoureuses mais il faudrait être aveugle pour voir que vous n'êtes pas heureux. »

Potter fronça les sourcils avant de nier :

« Je suis heureux avec Ginny. Je ne comprends pas simplement ce qu'il lui arrive récemment, elle a changé. »

Hermione haussa les épaules, sans rien ajouter, le visage neutre. Elle sentit que Potter n'avait pas l'air tranquille avec sa remarque.

« Est-ce qu'elle t'a dit qu'elle n'était pas heureuse avec moi ? » interrogea-t-il.

Elle fit délibérément exprès de ne pas répondre à sa question et de lancer :

« Ecoute, il semblerait juste que vous ayez des priorités différentes. »

« C'est-à-dire ? »

« Eh bien, d'un côté, tu veux sauver le monde magique de Tu-Sais-Qui et de l'autre côté, Ginny a des priorités un peu immatures. Elle veut être ta priorité et que le reste passe après elle. » expliqua Hermione. « Tout cela n'est pas forcément conciliable. »

Potter ne répondit pas, semblant plongé dans ses pensées.

« Je pense que parfois, la meilleure solution est de s'éloigner pour mieux se retrouver. Peut-être qu'une pause vous serait utile, pour faire le point sur vos sentiments et vos attentes respectives. » lâcha sournoisement Hermione.

Elle ne laissa pas le temps à Potter de répondre et fit mine de jeter un regard à sa montre.

« Oh c'est déjà l'heure du dîner ! On devrait y aller, il risque de ne plus rien rester. »

Potter la suivit jusqu'à la Grande Salle. Ils entrèrent à l'intérieur ensemble et Potter lui adressa un vague signe de la main avant de s'éloigner vers la table des Gryffondor, visiblement ailleurs.

Elle se dirigea vers la table de sa propre maison, satisfaite. Elle venait de planter la graine dans l'esprit de Potter et elle n'aurait plus qu'à attendre. Hermione ne manqua pas de remarquer que le regard brûlant de Ginny était posé sur elle et n'avait visible pas manquer une miette de son entrée aux côtés de Potter.

Elle l'ignora volontairement et prit place aux côtés de Pansy Parkinson et Daphné Greengrass.

« Je ne peux pas croire que tu traînes toi aussi avec Potter, Hawke. » lança Parkinson d'un ton dégoûté.

Elle fit mine de repousser son assiette de ragout comme si voir Potter et Hermione (ou plutôt Emelyn) ensemble lui avait coupé l'appétit.

« Je ne traîne pas avec lui Pansy, ce n'est pas de ma faute s'il veut me parler. » répondit Hermione en haussant les épaules d'un air innocent.

Elle avait parlé d'une voix très claire, consciente du fait que Ginny ne se trouvait qu'à quelques mètres et qu'elle écoutait sans aucun doute toutes leurs paroles.

« Potter et Hawke dans la cabane hurlante... » commença à chantonner Daphné avec moquerie. « En train de se faire des… »

On n'entendit pas la fin de sa phrase puisqu'un bruit de vaisselle cassée non loin d'elles se fit entendre.

Ginny Weasley venait visiblement de faire tomber son verre en se levant, surprenant une partie de la tablée autour d'elle. Ses lèvres étaient pincées, ses poings serrés et son expression courroucée ne laissait aucun doute sur son humeur.

Elle se dirigea vers la sortie sous le regard des trois Serpentard.

« Je crois qu'elle t'a entendue, Daphné. » gloussa Pansy.

« Je n'avais pas vu qu'elle était là. » rétorqua Daphné sans une once de remords.

Il semblait que les relations de Ginny et de ses deux condisciples étaient également au plus bas. Selon les dires de Daphné, Ginny et Pansy s'étaient disputés quelques jours auparavant et Pansy n'avait pas apprécié les remarques de la rousse à son égard.

Un petit sourire se dessina sur les lèvres d'Hermione. Ginny se faisait désormais des ennemis toute seule. Ça en devenait même trop facile, pensa-t-elle en sirotant son jus de citrouille.

/

Ginny entra dans son dortoir, passablement agacée. Elle était partagée entre l'envie de tout détruire autour d'elle et l'envie de pleurer. Pourquoi avait-elle l'impression de perdre le contrôle sur ses émotions, ses paroles, sa vie tout simplement ?

« Qu'est-ce qui m'arrive ? Reprends-toi, par Merlin. »

Depuis quelques semaines, tout allait au plus mal. Elle se sentait physiquement au bout du rouleau et émotionnellement, elle n'était qu'une épave. Sa relation avec Harry battait de l'aile, ses amitiés étaient devenues une source de querelles perpétuelle et même son passe-temps favori, le Quidditch, la stressait lorsqu'elle y pensait.

Le prochain match contre Serdaigle approchait à grand pas et les Serpentard devaient s'imposer avec une différence d'au moins 300 points pour pouvoir rester dans la course pour le titre.

Habituellement, elle l'aurait pris comme un challenge qu'elle était tout à fait capable d'atteindre mais ces derniers temps, penser à monter sur son balai lui provoquait un violent stress qu'elle ne parvenait pas à expliquer.

Heureusement pour elle, Draco Malfoy, le capitaine de l'équipe avait quitté Poudlard dans des circonstances quelques peu spéciales et n'était pas là pour la harceler sur ses performances sportives.

Depuis son humiliation publique, Draco n'était nulle part en vue. Ginny avait appris par Blaise Zabini, le remplaçant de Malfoy et nouveau capitaine de l'équipe de Serpentard, qu'il avait été admis en urgence à l'Hôpital Sainte Mangouste le soir-même de l'incident, à l'abris des regards.

Les jours suivants défilèrent à une vitesse incroyable et Ginny se retrouve un samedi matin dans le vestiaire de son équipe, vêtue de sa tenue de Quidditch, devant son reflet.

Son teint éteint terreux, comme habituellement ces derniers temps et pour la première fois de sa vie, elle était nerveuse à l'idée du match.

Elle écouta à peine le discours de Zabini, le capitaine remplaçant, et fixa d'un œil vide les portes qui s'ouvriraient dans quelques instants.

Elle entendit la voix tonitruante de Zacharias Smith, le commentateur de la saison, qui annonçait l'équipe de Serpentard.

Le vent glacial du mois de mars la sortit de sa torpeur et elle grimpa sur son balai, tapant sur le sol et s'éleva dans les airs.

« Tu peux le faire Ginny. » dit-elle en guise de paroles d'encouragement.

Et cela sembla fonctionner. La première demi-heure de match, elle se surprit elle-même. Peut-être était-ce l'adrénaline, mais elle inscrit 4 buts pour son équipe.

Malheureusement sa prise de confiance fut de courte durée. Alors qu'un de ses coéquipiers lui avait passé le souaffle et qu'elle volait à toute vitesse en direction des anneaux adverses, sa vue devint soudainement floue. Elle fit tomber le souaffle qu'un concurrent attrapa en plein vol mais elle n'y prit pas attention.

Son trouble s'accrut et très vite, elle eut du mal à garder le contrôle de son balai.

« Il semblerait que Weasley ait des difficultés à tenir sur son balai ! Un avantage pour Chambers qui récupère le souaffle et se dirige vers les anneaux de l'équipe adverse. » entendit-elle Zacharias Smith clamer dans son micro.

Il continua à commenter les faits et gestes de Chambers mais Ginny l'entendait à peine. Sa prise sur son balai devenait de plus en plus difficile et sans surprise, elle lâcha le manche.

Elle sentit son corps tomber dans le vide et la panique s'empara d'elle. Etrangement, alors qu'elle s'attendait à tomber d'une vitesse fulgurante, il n'en fut rien. Sa chute lui sembla longue, très longue. Pendant ce qui lui sembla une éternité, elle se prépara au choc violent qui ne parvint pas. Au contraire, son dos atterrit sur l'herbe fraîche du terrain avec douceur.

Quelques instants plus tard, elle entendit des pas accourir auprès d'elle et entre ses yeux à demi-clos, décerna des ombres s'empresser autour d'elle.

« Ginny, tu vas bien ? » entendit-elle au loin.

« Harry ? » murmura-t-elle. « C'est toi ? »

« Je suis là, ma chérie. » répondit la voix de son petit ami.

Elle sentit sa main étreindre la sienne.

« Je ne me sens pas bien… » dit-elle d'une voix à peine audible.

« Tout va bien se passer. On va t'emmener à l'infirmerie, ne t'inqui… »

Mais elle n'entendit pas la fin de la phrase car elle tomba dans l'inconscience.

Le professeur Bibine avait arrêté le match afin de s'enquérir de l'état de Ginny.

« Pas de choc. » dit-elle en observant Ginny.

Elle posa sa baguette sur elle et murmura un sort.

« Elle n'est pas dans le meilleur des états, mais elle devrait s'en remettre. Potter, emmenez-là à l'infirmerie. »

Hermione qui était aussi aux côtés de Potter avait observé la scène à distance.

« Je t'accompagne. » dit-elle.

Potter acquiesça la tête avant de prendre Ginny dans ses bras et de se relever, se dirigeant vers le château.

« Zabini, un poursuiveur remplaçant ? » demanda Bibine.

Zabini hocha la tête et cinq minutes plus tard, le match reprit comme s'il ne s'était passé. Il fallait dire qu'à chacun des matchs, un joueur était blessé, parfois plus au moins gravement et cette rencontre n'échapperait pas à la règle.

Potter et Hermione arrivèrent rapidement à l'infirmerie et Madame Pomfresh aida Potter à installer Ginny sur l'un des lits de l'infirmerie en secouant la tête et en pestant contre le Quidditch.

« A chaque fois c'est la même chose. » l'entendit-elle murmurer. « Dangereux…pas assez de protection… Devrait interdir... »

Elle se tourna ensuite vers les deux élèves et demanda :

« Que s'est-t-il passé ? »

« Elle est tombée de son balai, heureusement Emelyn a lancé un sort avant qu'elle ne touche le sol. » expliqua Potter en jetant un regard reconnaissant vers Hermione qui hocha la tête.

« Pour quelle raison elle est tombée ? » demanda l'infirmière en commençant à administrer des soins à Ginny qui était toujours inconsciente.

« A vrai dire, je ne sais pas. Elle a juste perdu le contrôle de son balai. Mais ça ne lui ressemble pas. » répondit Harry en observant la forme inconsciente de sa petite amie. « Est-ce qu'elle va bien ? »

« Au vu de mes premiers tests, elle semble extrêmement faible. »

« Si je peux me permettre Madame Pomfresh, Ginny n'était pas dans son assiette ces derniers temps. » indiqua Hermione.

« Déshydratée, visiblement mal-nourrie. Pas en forme idéale pour accomplir des exploits sportifs, j'ai bien peur. » observa l'infirmière. Ça devrait aller mieux après un bon repos. Je vais la garder ici pour la nuit. »

Hermione acquiesça et Potter s'approcha de Ginny. Il caressa ses cheveux en la regardant avec attachement. Après quelques instants, il remercia l'infirmière avant de se diriger vers la sortie, Hermione sur ses talons.

« Tu ne trouves pas étrange ce qui s'est passé ? Ginny n'a jamais eu de problèmes pour maîtriser son balai. Ça ne lui ressemble pas de simplement tomber comme ça, sans explications. » dit Potter, une lueur inquiète dans les yeux.

« Tu as entendu ce que Pomfresh a dit ? Elle n'était pas en forme physiquement. Elle n'aurait pas dû jouer, elle a dû avoir un malaise. Elle mange à peine en ce moment. » répondit Hermione.

« J'avais remarqué que quelque chose n'allait pas, mais je n'avais pas idée que c'était de cet ampleur. J'aurais dû le voir. »

« Ecoute Potter, arrête de culpabiliser. Ginny est assez grande pour prendre soin d'elle-même. »

« Je sais. Mais je suis son petit-ami, quand ça ne va pas, je devrai être le premier à le savoir. »

Hermione se força à ne pas lever les yeux. Potter était tellement agaçant parfois à vouloir porter tous les fardeaux du monde sur ses épaules.

« On devrait attendre demain. Je suis sûre que ça ira mieux et qu'elle sera de nouveau sur pieds. » assura Hermione.

Il hocha la tête sans conviction.

« Tu retournes au match ? » interrogea-t-elle.

« Non. Je retourne dans ma salle commune. A plus tard, Emelyn. »

Hermione le regarda s'éloigner en soupirant. Elle retourna dans sa propre salle commune et s'installa sur le canapé le plus confortable, sortant le manuel de Potions du Prince de Sang-Mêlé.

Elle l'ouvrit à la page de l'Elixir d'Euphorie. La page était criblée d'annotations additionnelles rajoutées par le Prince.

L'Elixir d'Euphorie peut provoquer une addiction sévère s'il est consommé en grande quantité. L'un des effets secondaires est l'apparition d'une paranoïa aigue.

Les notes étaient assez brèves. Hermione avait bien entendu observé la paranoïa récente de Ginny, qui s'était révélée plutôt utile, il fallait l'avouer.

Le manuel, toutefois, ne faisait pas mention des autres comportements qu'elle avait remarqué chez la rousse ces derniers temps.

Elle se releva et sortit de la salle commune en direction de la bibliothèque.

Sans surprise, la bibliothèque était déserte, la plupart des élèves assistant au match de Quidditch Serpentard-Serdaigle. Elle se dirigea vers les différentes étagères, cherchant celui qui conviendrait le plus à ses recherches.

Après quelques minutes, elle tomba sur un grimoire appelé Potions et Addictions : les plus grands maux.

Elle s'en empara avant de se diriger vers une table, sous le regard courroucé de la bibliothécaire qui détestait jusqu'au bruit des chaussures des élèves sur le sol.

Les potions mentionnées dans le grimoire étaient classées par ordre alphabétique, ce qui facilita sa recherche.

Elle tomba sur une demie page consacrée à L'Elixir d'Euphorie et des effets néfastes qu'il pouvait créer s'il était consommé trop régulièrement.

Les effets secondaires « normaux » apparaissant peuvent parfois apparaître lors d'une consommation exceptionnelle et provoque au buveur l'envie de chanter et de tordre le nez d'autrui. Ils peuvent être atténués en ingérant de la menthe.

Toutefois, consommé régulièrement, l'Elixir peut provoquer des dommages importants au buveur.

L'un des ingrédients contenus dans l'Elixir, fèves sopophoriques endommagent le cerveau et l'énergie magique. Ses consommateurs éprouvent des sensations accrues de dynamisme, d'excitation et d'agitation, parfois même un sentiment irréaliste de pouvoir et d'euphorie. Parmi les effets physiques, on observe une respiration et un rythme cardiaque accélérés, une tension artérielle élevée, des pupilles dilatées, une crispation des mâchoires et un appétit en baisse. Ces effets durent six heures, ou parfois même plus longtemps, dans certains cas.

Des doses plus importantes de fèves sopophoriques peuvent provoquer de la fièvre, des maux de tête, des nausées une vision floue et des vertiges. Des doses très importantes peuvent entraîner des battements de cœur irréguliers, des douleurs à la poitrine, des frissons, une perte d'équilibre, des crises, des fièvres importantes, une insuffisance cardiaque, des accidents vasculaires cérébraux.

L'abus de fèves sopophoriques peut également déclencher un état d'agressivité, des sautes d'humeur, une certaine irritabilité, des troubles du sommeil et des envies incontrôlables. Parmi les symptômes à long terme, on constate la dysthymagimie, un trouble de l'humeur qui se caractérise par une dépression chronique ou une humeur irritable.

Les autres symptômes peuvent impliquer des troubles de l'appétit et du sommeil, une certaine fatigue, une faible estime de soi, une dépression, des sautes d'humeur, des envies incontrôlables, la léthargie et des troubles du sommeil.

Hermione finit sa lecture et se mordit la lèvre. Avant de faire la potion et l'administrer à Ginny, elle n'avait pas fait davantage de recherches et n'avait pas eu conscience de l'impact que cette potion pourrait avoir.

Elle sortit à nouveau le manuel du Prince et chercha la liste des ingrédients. Les instructions normales du manuel préconisaient sept fèves sopophoriques. Le Prince, lui, avait barré l'indication et indiqué onze fèves à la place pour un effet plus fort et plus durable.

En tout logique les conséquences en seraient plus importantes.

Hermione jura à haute voix et reçut une réprimande de la part de Madame Pince.

Bien sûr qu'elle avait voulu donné une leçon à Ginny mais sans en arriver à de telles extrémités. Qui savait si Ginny s'en remettrait ?

Elle décida d'attendre le jour suivant pour voir comment l'état de la rousse évoluait. Toutefois, le lendemain, Ginny ne sortit pas de l'infirmerie. Le surlendemain non plus.

Le troisième jour après son admission à l'infirmerie, toujours aucune nouvelle de Ginny. Toutefois, pendant son cours d'Histoire de la Magie, le professeur Rogue fit interruption dans la salle de classe.

« Excusez-moi d'interrompre votre cours Professeur Binns, mais j'ai besoin de Miss Hawke en toute urgence. »

Hermione sortit de sa torpeur et se leva rapidement pour sortir de la pièce, sous les regards curieux de toute la salle de classe.

« C'est Ginny ? » demanda-t-elle, une fois la porte refermée dernière.

Rogue se contenta d'acquiescer et ils se dirigèrent en silence vers l'infirmerie. Lorsqu'ils pénètrent à l'intérieur, Hermione remarqua qu'un groupe de visiteurs étaient agglutinés auprès de Ginny. Elle s'approcha en silence et émit un hoquet de stupeur en observant la rousse.

Son visage était d'une teinte presque grisâtre, ses traits émaciés, ses cheveux habituellement flamboyants avaient perdus tout leur éclat et tombaient tristement auprès de son visage. Si sa poitrine ne s'était pas levée régulièrement, Hermione aurait presque pensé qu'elle était en face d'un cadavre.

Autour d'elle, le Directeur, ses parents et son frère Ron l'observaient avec inquiétude. Molly Weasley sanglotait dans son mouchoir en regardant sa fille et Arthur Weasley n'en menait pas large non plus. Il tenait sa femme par les épaules, l'air agité.

Quelques instants après leur arrivée, elle vit la porte de l'infirmerie s'ouvrir à nouveau et Potter entra en trombe dans la pièce, se dirigeant d'un pas rapide en direction du lit de Ginny. Son expression devint horrifiée lorsqu'il vit Ginny.

« Qu'est ce qui lui arrive ? » demanda-t-il avec horreur. « Pourquoi est-elle aussi mal ? »

« Nous ne sommes pas certains. » répondit l'infirmière d'un ton désolé.

« VOUS AVIEZ DIT QU'ELLE AVAIT SEULEMENT BESOIN D'UNE NUIT DE SOMMEIL ! » tempêta-t-il à l'adresse de l'infirmière, furieux.

Madame Pomfresh recula légèrement, visiblement choquée et apeuré de la fureur de Potter.

« POTTER ! Calmez-vous ! » ordonna McGonagall qui était entrée à la suite du Gryffondor.

« Ginny… » dit Potter, la voix légèrement tremblante.

Il s'approcha du lit de sa petite-amie et étreignit sa main. Toutes les personnes dans la pièce observent la scène, sans dire un mot. On entendait uniquement les sanglots réguliers de Mrs. Weasley.

« Mr. Potter, Miss. Hawke. Avez-vous remarqué quelque chose d'étrange dans le comportent de Miss Weasley, ces derniers temps ? » demanda Rogue.

Même s'il s'était adressé aux deux, il regardait fixement Hermione, attendant visiblement qu'elle lui donne des éléments de réponse concernant l'état de Ginny.

Potter secoua la tête.

« Elle était souvent irascible, beaucoup de sautes d'humeur inexplicables… » dit Potter sans lâcher sa petite amie du regard.

« Miss Hawke ? » interrogea McGonagall.

Hermione fit mine d'hésiter et de regarder ses pieds.

« Miss Hawke. » répéta McGonagall. « Avez-vous remarqué quelque chose d'habituel. »

Hermione soupira et releva les yeux avant de déclarer :

« Je l'ai vu à plusieurs reprises prendre une sorte de…potion. »

« Une potion ? Quelle potion ? » demanda Arthur Weasley, en fronçant les sourcils.

« Je...je ne sais pas ce qu'elle contenait. Mais je l'ai surprise deux ou trois fois dans notre dortoir ainsi qu'au petit déjeuner. » mentit Hermione. « Et son comportement a changé. »

« Changé ? C'est-à-dire ? » s'enquérit MacGonagall.

« Au début, c'était positif, elle était heureuse tout le temps… Après quelques temps, c'est devenu le contraire. Elle s'énervait contre moi et ses amis sans raison. Elle est devenue extrêmement paranoïaque envers tout le monde. »

Toute le monde la regardait et écoutait avidement ses paroles, Potter y compris.

« Puis cela a commencé à devenir physique, elle était souvent fatiguée ou « ailleurs » et maintenant que j'y pense, je la croisais peu pendant les heures de repas, mais je n'ai pas fait le rapprochement jusqu'à aujourd'hui. »

« Est-ce que c'est potion aurait pu causer tout cela, Severus ? » demanda Molly, qui s'était arrêtée de sangloter pendant quelques instants.

Les lèvres de Rogue se pincèrent et il répondit :

« Cela est possible. Il faudrait d'abord trouver cette fameuse potion. »

« Je pense qu'il faudrait regarder dans notre dortoir, je l'ai vu en sortir une fois de sa malle. » lança Hermione.

McGonagall acquiesça.

« Severus, Miss Hawke, allons dans le dortoir afin de trouver plus d'informations. »

Hermione acquiesça et suivit les deux professeurs jusqu'à à la salle commune de Serpentard. Certains élèves parurent étonnés de voir la directrice des Gryffondor dans leur salle commune mais un regard sévère de la part de Rogue dissuada quiconque de faire le moindre commentaire.

Une fois dans le dortoir des filles de sixième année, Hermione désigna d'un geste de la main le lit de Ginny. Rogue agita sa baguette en direction de la malle de Ginny qui s'ouvrir d'un coup sec.

Il murmura un sortilège et des bruits de verres se fit entendre dans la malle. Quelques secondes plus tard, deux fioles contenant un liquide jaune jaillirent de la malle et se retrouvèrent dans les mains de Rogue. L'une était remplie et l'autre à moitié entamée.

Rogue et McGonagall échangèrent un long regard.

« Une idée de la potion dont il s'agit Severus ? »

« Des doutes, mais j'ai besoin de l'analyser afin de les confirmer. » indiqua Rogue.

« Combien de temps cela va-t-il prendre ? » interrogea la Directrice adjointe. « L'état de Miss Weasley… »

« Une demi-heure devrait amplement suffire. » assura Rogue.

Ils quittèrent le dortoir et McGonagall et Hermione prirent la direction de l'infirmerie à nouveau alors que Rogue se dirigeait vers son bureau.

A leur retour, le petit comité de Ginny leur lança des regards interrogatifs.

« Nous avons effectivement trouvé une potion, Severus est actuellement en train de confirmer ce dont il s'agit. Cela devrait prendre une demi-heure tout au plus. »

Tout le monde hocha la tête et l'attention se détourna à nouveau vers Ginny toujours inconsciente sur son lit d'hôpital. L'ambiance qui régnait dans la place était assez sordide. Il semblait que tout le monde s'attendait au pire.

« Est-ce qu'on ne peut pas lui donner quelque chose en attendant qu'on sache ce dont il s'agit ? Elle est encore plus pâle que tout à l'heure. Son état empire à vue d'œil. » déclara Potter d'un ton anxieux à l'attention de Pomfresh.

« Nous lui avons apporté tous les soins nécessaires pour le moment Potter. Mais en attendant que nous sachions ce qu'elle a exactement ingéré, il est dangereux de lui donner une option qui pourrait causer une réaction avec les ingrédients de la première potion. »

Il était évident que Potter voulait répliquer mais il ne trouva visiblement pas les arguments et resta silencieux, portant son attention sur Ginny.

Après ce qui sembla une éternité, Rogue pénétra à nouveau dans la salle. Tout le monde, sauf Hermione, lui jeta des regards anxieux.

« Mes doutes sont confirmés. Il s'agit d'un Elixir d'Euphorie. Du moins une version améliorée de cette potion. »

« Un Elixir d'Euphorie ? » répéta demanda le père de Ginny, d'un ton étonné. « Mais les effets ne devraient-ils pas être positifs ? »

« Si, sauf si elle ingérée trop régulièrement, la potion devient alors comme une drogue et provoque une addiction sévère. »

Il expliqua les différents effets secondaires que pouvaient entraîner sa consommation trop importante.

Il confirma les recherches qu'Hermione avait faites quelques jours plus tôt. Ce qu'elle n'avait pas réussi à trouver, cependant, c'était l'antidote.

« Le sevrage peut prendre plusieurs jours mais peut être accéléré grâce à une potion de contre-effets. Cela ne sera pas agréable pour Miss Wealsey, mais rien d'insurmontable. »

« Doit-elle être admise à Sainte Mangouste ? » interrogea Mrs Weasley, qui n'avait pas l'air plus rassurée.

Rogue secoua la tête.

« Ce n'est pas nécessaire. Je vais de ce pas préparer la potion de contre-effets. Elle sera prête dans deux heures et Miss Weasley devrait être sur pieds d'ici quelques jours. »

Tout le monde parût soulagé de la nouvelle.

« Toutefois, il serait intéressant de savoir comment Miss Weasley s'est retrouvé en possession de ces potions ? » lança Rogue en désignant les deux fioles. « L'Elixir d'Euphorie traditionnel peut être acheté dans le commerce mais cette version est bien plus forte et la dose de certains ingrédients rend sa vente et sa consommation illégale. »

Dumbledore se tourna vers Hermione.

« Miss Hawke. Auriez-vous une idée de l'endroit où Miss Wesley aurait pu se procurer une telle préparation ? »

Hermione fit mine de réfléchir.

« Je ne sais pas professeur. Ginny fréquentait beaucoup Draco Malfoy. Et il faut dire qu'il n'était pas l'une des meilleures fréquentations qu'elle aurait pu avoir. »

« Ce sont là de graves accusations, Miss. Hawke. » déclara Rogue en la regardant intensément.

« Je ne suis pas en train de l'accuser, je cherche simplement des pistes. » répondit Hermione. « Mis à part lui, je ne sais pas. N'importe qui aurait pu lui vendre cela, peut-être même qu'elle l'a préparé elle-même après-tout. »

« Cela serait peu probable. Cette version du filtre est très complexe. Les différentes combinaisons et améliorations qui ont été apportées sont dignes d'un Maitre des Potions. A ma connaissance, les notes de Miss Weasley en Potions s'approche à peine de l'Acceptable et récemment même du « Piètre » selon les commentaires d'Horace Slughorn.

« Nous ouvrirons une enquête. » assura McGonagall en direction des parents de Ginny. « En attendant, il faudrait la laisser se remettre et nous pourrons l'interroger lorsqu'elle sera remise. »

Tout le monde acquiesça et Hermione en profita pour quitter la pièce. Personne ne la retint, elle avait écoulé son utilité visiblement.

Elle se dirigea d'un pas déterminé vers les toilettes condamnées de Mimi Geignarde. Celle-ci jouait gaiment avec les plomberies des lavabos centraux.

« Oh de la visite ! » s'exclama-t-elle avec enthousiasme en apercevant Hermione.

« Juste de passage. » indiqua Hermione alors qu'elle se dirigeait vers l'un des WC. Les toilettes et la plomberie y avaient été retirées et ce WC avait fait office de laboratoire de Potions pour Hermione ces dernières semaines. Ce ne serait plus le cas, toutefois. Elle fit disparaitre les fioles, les derniers ingrédients ainsi que le grand chaudron usé qu'elle avait utilisé pour préparer l'Elixir d'Euphorie. Si toutes les preuves disparaissaient, personne ne pourrait remonter jusqu'à elle.

Une fois qu'elle avait lu les effets sévères de l'addiction à l'Elixir d'Euphorie à la bibliothèque, quelques jours auparavant, elle avait caché les dernières fioles qu'elles possédaient dans la malle de Ginny.

Elle savait que l'infirmière et les professeurs feraient rapidement le lien entre l'état de Ginny et les potions si elle forçait un peu destin. Encore une fois, son plan avait fonctionné à merveille et Hermione était plutôt satisfaite de la tournure qu'avait prise la situation.

Mais il lui restait encore une tâche importante pour boucler cette partie de son plan : séparer Harry Potter et Ginny Weasley.

Et elle devait s'y atteler au plus vite.

Le lendemain, Hermione fit un tour à l'infirmerie afin de rendre visite à Ginny. Elle ne s'étonna pas d'y trouver Potter, aux côtés de sa bien-aimée. Elle s'empêcha de lever les yeux au ciel, et fixa un sourire faussement amical sur son visage.

« Comment va-t-elle ? » demanda-t-elle en s'approchant du couple.

« Beaucoup mieux. » répondit Harry en la voyant arriver.

Il lui fit un grand sourire et elle s'empêcha à grand peine de grimacer. Elle jeta un regard à Ginny dont le visage avait effectivement repris des couleurs.

« Pomfresh m'a dit qu'elle s'est réveillée ce matin et qu'elle a même mangé un repas. Mais elle a encore besoin de beaucoup de repos. »

« Génial. » s'enquit Hermione.

Ils gardèrent le silence quelques minutes avant que Potter, hésitant, le rompe :

« Emelyn. J'aimerais te demander quelque chose. »

« Oui ? »

« Si tu savais pour cette potion, pourquoi tu ne m'as rien dit avant ? » demanda Potter.

« Je n'étais pas sûre, vraiment. Je pensais que c'était une potion tout à faire bégnine, jamais je n'aurais imaginé ce dont il s'agissait. Je n'ai fait le rapprochement que lorsque McGonagall et les autres m'ont posé toutes ses questions. »

« Pourquoi aurait-t-elle pris cela ? »

« Sincèrement, je n'en ai pas la moindre idée. Comme tu le sais, Ginny est devenue très étrange avec moi ces derniers temps. Je pense que c'est la même chose avec toi. Peut-être qu'elle pensait que ce serait la réponse à ses problèmes. »

Potter ne répondit pas, semblant réfléchir. Hermione en profita pour assener :

« Par contre, ce que j'ai dit aux professeurs aux sujets de ces fréquentations est vrai. Elle est devenue très proche de Draco Malfoy, ce n'est pas la première fois que je te le dis, il me semble. »

« Elle ne ferait pas quelque chose d'aussi stupide même si Malfoy la persuadait de le faire. » s'entêta Potter.

« Désolée de te dire cela Potter, mais je ne sais pas si tu te rends compte de quoi elle est capable. Tu sembles oublier dans quelle maison elle s'est faite répartir. » insista Hermione, perdant un peu sa subtilité.

Potter lui jeta un regard surpris.

« Qu'est-ce que tu veux dire par là ? »

« Je ne sais pas si je devrais t'avouer cela. Elle me tuerait. » répondit Hermione, faussement hésitante.

« S'il-te-plaît Emelyn. Toi et moi on a beaucoup sympathisé dernièrement, et je sais que tu veux la même chose que moi, c'est-à-dire le bien de Ginny. »

Hermione soupira et lança :

« Très bien, mais s'il-te-plaît ne lui dis pas que c'est moi qui t'aie raconté cela. »

Il hocha la tête.

« Promis. »

Elle agita sa baguette en direction du lit de Ginny « Assurdiato » murmura-t-elle. Elle avait appris cette incantation dans le manuel de potions du Prince.

« Tu te souviens cette lettre que Romilda Vane t'a envoyée ? » questionna-t-elle.

« Quelle lettre ? » interrogea Potter, en se grattant la tête, ne semblant pas savoir de quoi elle parlait.

« A la Saint-Valentin. » ajouta Hermione.

« Ah, ça. Oui, pourquoi ? »

« Ginny était furieuse. Elle n'arrêtait pas d'en parler. Elle était persuadée que Vane voulait briser votre couple et elle a voulu lui donner une leçon. »

Bien évidemment, Ginny n'avait mentionné cette lettre qu'une seule fois à Emelyn, en se moquant ouvertement de Vane. Mais mentir n'était pas un problème pour Hermione qui continua :

« Ginny a fait semblant de sympathiser avec Vane et l'a invitée à la soirée de Serpentard. Elle a demandé à Malfoy de séduire Vane et de la mettre dans son lit. Elle lui a demandé de faire semblant de l'apprécier, de rester avec elle quelques temps pour lui infliger ce que Serpentard estime être la punition ultime…l'humiliation publique. »

Elle s'arrêta là, observant Potter qui la fixait sans expression. Elle se décida d'en rajouter.

« Elle voulait même que Malfoy prenne des photos pendant l'acte pour qu'elle publie les photos après l'humiliation en question. Son objectif était de « détruire Romilda Vane » selon ses propres termes. Uniquement parce qu'elle s'était trop approchée de toi. Mais Malfoy a refusé pour les photos, il trouvait que Ginny allait trop loin. » mentit Hermione.

Evidemment, elle évita d'ajouter que Ginny avait d'abord mis un terme à son plan avant de le reprendre suite aux provocations de Romilda Vane à son égard. Elle ne voulait pas donner des circonstances atténuantes à son ex-amie. Potter la regardait sans vraiment la voir, constata Hermione avec satisfaction, visiblement sous le choc de ses révélations partiellement vraies.

« Je ne peux pas le croire… » dit-il en baissant la tête. « Comment a-t-elle pu faire ça ? »

Hermione haussa les épaules.

« Je vais être franche avec toi, ça devient pire. Après tout ça, Romilda était vraiment dans un sale état. Elle se faisait insulter et lyncher par toute l'école pendant des semaines. Un soir, je l'ai trouvée dans la tour d'Astronomie. Elle m'a avoué qu'elle essayait de trouver le courage pour se jeter par la fenêtre. »

L'expression de Potter devint horrifiée.

« Je l'ai dissuadée et je lui ai promis de l'aider à prendre sa revanche sur Malfoy. Tu connais la suite, tu as entendu ce qu'il s'est passé avec Malfoy l'autre jour. C'était Vane et moi-même. »

Elle soupira avant de lancer :

« Vane aurait pu se tuer après ce que lui a fait Ginny. On a évité le pire mais le mal a été fait. Maintenant, j'espère que tu te rends compte de ce dont elle est capable. »

Potter resta silencieux.

« Il y a quelques temps, elle a commencé à penser que je m'intéressais aussi à toi quand elle nous a vu discuté. Elle m'a menacé à plusieurs reprises, elle a même voulu me jeter un sort. » ajouta Hermione. « Je ne sais pas comment elle a pu arriver à de telles extrémités. Mais une fois encore, j'ai ma petite idée, ses fréquentations. »

Elle savait qu'en disant cela, Potter ferait le lien entre les actes de Ginny et l'influence qu'Hermione Granger avait eu sur elle.

« Je sais que vous êtes ensemble, que vous êtes amoureux, mais tu as d'autres priorités, et peut-être qu'il est temps pour toi de te concentrer là-dessus. » acheva-t-elle d'un ton neutre. « Et que Ginny travaille sur elle-même. »

Elle quitta ensuite la pièce sans rien ajouter d'autres, consciente de l'impact que ses paroles avaient eues sur Potter. Elle avait précédemment planté la graine, et les fruits étaient quasiment prêts à être cueillis.

/

Ce ne fut que deux jours plus tard que Ginny Weasley se remit complètement. Elle était encore faible, mais les deux jours précédents, elle avait pu avalé ses repas sans problèmes. Madame Pomfresh avait été très vague sur ce qui lui était arrivé, et avait simplement mentionné une chute pendant le match de Quidditch. Elle avait toutefois indiqué que la rousse serait convoquée dans le bureau du Directeur une fois complètement remise. Ginny l'avait regardé d'un air pantois mais n'avait pas insisté. Elle se sentait tellement mieux comparé à son état des dernières semaines.

Elle s'était étonnée de ne pas avoir reçu la visite d'Harry pendant les deux derniers jours. Elle avait été consciente toute la journée et pas une seule fois son petit-ami n'avait daigné la voir. Peut-être était-il de nouveau parti on-ne-savait-où avec Dumbledore ? C'était la seule explication qu'elle trouvait à son absence.

Explication qu'elle finit vite par oublier en voyant Harry Potter avec ses amis non loin de la Grande Salle à sa sortie de l'infirmerie, en fin de soirée. Le dîner venait visiblement de se terminer.

Elle croisa les bras. Oh Harry Potter allait avoir le droit à une scène ! Elle attendit simplement que le Gryffondor se sépare de ses condisciples afin de commencer sa ronde habituelle, devoir de préfet-en-chef. Elle l'attendait près du dernier étage qui était généralement vide à cette heure-ci.

Lorsqu'elle le vit s'approcher, elle s'avança dans sa direction. Bien qu'elle ait prévu une scène, revoir son petit ami lui fit plaisir, elle se dit qu'elle l'embrassait d'abord avant de lui assener ses reproches.

« Potter ! » dit-elle en ouvrant ses bras pour l'enlacer.

Il parut un peu surpris de la voir et ne prit pas la peine de répondre à son étreinte.

« Eh bien tu as l'air heureux de me revoir. » dit-elle d'un ton ironique.

Elle lui adressa un sourire, qu'étrangement, il ne lui rendit pas

« Je n'arrive pas à croire que j'ai été inconsciente toute ce temps. Ça a dû être une sacrée chute. Qui a gagné le match ? » demanda-t-elle d'un ton léger.

Harry semblait un peu distant, pour une raison qu'elle ne comprenait pas.

« Serdaigle. » répondit-il d'un ton neutre.

Une moue déçue apparut sur le visage de la rousse.

« Draco va me tuer à son retour. » dit-elle avec une grimace.

Harry sembla complètement se tendre lorsqu'elle évoqua Malfoy.

« Qu'est-ce qui te prend ? Tu es bizarre. Tu n'es même pas venue me voir à l'infirmerie. » dit-elle sur un ton de reproches.

Il enfonça ses mains dans ses poches et semblait irrité, pour une raison qui échappait à Ginny.

« Tu sais pourquoi tu étais inconsciente pendant plusieurs jours ? » demanda-t-il d'un ton froid.

Ginny fut surprise du ton qu'il avait employé.

« J'ai fait une chute pendant le match. » dit-elle sur le ton de l'évidence, ne voyait pas vraiment où il voulait en venir.

« Et pourquoi tu as fait une chute ? » insista-t-il.

« J'ai perdu le contrôle de mon balai, Potter ! Pourquoi toutes ces questions ? » déclara-t-elle en haussant le ton, commençant également à s'agacer.

« Tu sais très bien que ce n'est pas la seule raison. Tu as pris une potion illégale pendant des semaines Ginny. Et tu en as trop abusé. » accusa Potter sous le regard médusé de Ginny.

« Qu'est-ce que tu as fumé Potter ? Tu racontes n'importes quoi. Qui t'a raconté ça, franchement ? » dit-elle d'un ton ouvertement moqueur.

Elle avait l'impression d'être dans la quatrième dimension.

« Je parie que c'est Emelyn qui t'a dit ça, hein ? Ou cette idiote de Romilda Vane ? »

« En parlant de Romilda Vane, tu vas aussi me dire que ce n'est pas toi qui a fomenté ce plan pour l'humilier publiquement devant toute l'école par Malfoy ? »

Ginny ouvrit la bouche, surprise. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il soit au courant.

« Surprise que je sois au courant, n'est-ce pas Ginny ? Combien de temps comptais-tu continuer tes crasses derrière mon dos et me prendre pour un idiot ? »

« Tu es idiot, si tu crois ce qui t'a été dit. » répliqua Ginny « Tu ne sais pas ce qui s'est passé. Elle l'a mérité. »

« Je sais exactement ce qui s'est passé Ginny et j'en ai assez que tu me mentes. »

« Je ne mens pas. » s'entêta-t-elle.

Il secoua la tête, la fureur semblant lui monter aux tempes.

« Je suis tellement déçu de toi. Tout ce temps à croire que tu étais différente des autres. Tu n'es qu'une putain de menteuse, une manipulatrice, tu me dégoutes. »

Choquée par la violence des propos de son petit-ami, Ginny recula de quelques pas. Ses bras retombèrent le long de son corps. Elle avait l'impression d'avoir pris une gifle en plein visage.

« Comment… Comment peux-tu dire une chose pareille… » murmura-t-elle d'une voix éteinte, blessée.

« Arrête avec ta comédie, tes larmes de crocodiles et tes mensonges, je ne veux plus les entendre. »

Ginny, les lèvres tremblantes fit mine de s'approcher de lui mais il se dégagea d'un geste rageur.

« Ne me touche pas Ginny. Je ne veux plus entendre parler de toi. Je ne veux plus te voir. »

Ses paroles mirent quelques instants avant d'être totalement comprises par le cerveau de Ginny.

Elle l'observa d'un air horrifié, se refusant à entendre ce que son petit-ami lui disait. Ce n'était pas possible. Elle était en train de rêver. Sa chute avait été plus dramatique qu'elle ne le pensait. Elle était encore dans l'inconscience et faisait un horrible, atroce cauchemar.

« Harry, s'il-te-plaît. » supplia-t-elle, au bord des larmes. « Ecoute-moi… »

« Trop tard Ginny, c'est fini. » assena-t-il, sans pitié.

Et il se retourna, lui lançant un dernier regard empli de mépris, avant de s'éloigner.

Elle regarda sa silhouette s'éloigner, le souffle court, l'esprit brouillé, les jambes tremblantes. Après quelques instants, il sembla que ses jambes n'arrivaient pas à la maintenir debout et ses genoux tombèrent au sol.

« Harry… » murmura-t-elle d'une voix à peine audible.

Et elle fondit en larmes, seule dans ce couloir désert et obsur, son cœur en mille morceaux.

Fin du chapitre

Trop triste, non ? Hermione a vraiment fait de sacrés dégâts! A votre avis, Harry va-t-il se rendre compte ? Ginny va-t-elle s'en remettre ? Hermione va-t-elle réussir sa mission ? J'espère que vous avez apprécié ce chapitre. J'attends vos retours et vos reviews avec impatience. Le prochain chapitre s'intitulera Persona non grata.

A très bientôt pour la suite,

Black Lagoon.