Note de l'Auteur : Merci infiniment à Swangranger, Dumby95, Lord Cornichon, KaraMel30 & Guest pour vos reviews :) Merci d'avoir pris le temps de laisser un message à l'auteur, ça me fait super plaisir !
J'ai décidé de modifier le rating de cette fanfiction qui devient désormais Mature (M) pour contenu sexuel suggéré, langage explicite, violence et autres thèmes suggestifs.
Ensuite, afin de poster plus régulièrement, je vais opter pour un format de chapitres plus courts (comparés aux trois précédents) qui s'applique à partir de ce chapitre. J'espère que ça ne sera pas trop dépaysant.
Enfin, encore merci à mon beta-reader, Dumby95, pour avoir corrigé ce chapitre, remarqué mes incohérences et pour toutes ses suggestions :)
Bonne lecture !
persona non grata (n.) : Personne indésirable, dont on ne veut pas dans une communauté.
Chapitre VII. Persona non grata
L'impopularité avait toujours été une notion abstraite dans l'esprit de Ginny Weasley. Pendant la majeure partie de sa scolarité, elle avait été l'une de ces personnes qu'on adorait détester. Un physique particulièrement avantageux, une popularité sans égale et l'attention de toute la communauté mâle de Poudlard lui avaient attiré les regards jaloux, mais admiratifs de toutes les adolescentes de l'établissement.
Lorsqu'elle avait mis le grappin sur Harry Potter, le Survivant et accessoirement le garçon le plus désiré de l'école, elles s'étaient toutes accordées à dire que Ginny Weasley était née sous une bonne étoile et que personne ne pourrait jamais la toucher, là-haut sur son piédestal.
Imaginez donc la surprise du corps étudiant, lorsque le règne de Ginny Weasley était finalement parvenu à son terme et qu'elle était devenue un paria parmi ses condisciples.
Tout avait commencé quelques jours auparavant, lors de la défaite écrasante que Serpentard avait essuyé face à Serdaigle, arrachant tout espoir aux verts et argents et de remporter l'un des prix les plus prisés de l'école, la Coupe de Quidditch des Quatre Maisons.
Il aurait été avisé d'affirmer que Ginny Weasley n'avait pas eu d'impact particulier sur ce match puisqu'elle n'avait joué que les trente premières minutes avant de s'étaler indignement sur la pelouse fraîchement taillée. Malheureusement pour Ginny, Emelyn Hawke avait, par totale inadvertance, révélé à certaines élèves que Ginny avait consommé des substances interdites pendant des semaines, menant à son malaise pendant le match.
Cette information, qu'elle avait révélé dans la confidence la plus innocente à Pansy Parkinson, avait fait le tour de sa maison en deux heures seulement, un record depuis l'humiliation publique de Romilda Vane.
Pansy Parkinson, dont la réputation de ragotteuse professionnelle n'avait pas d'égale, s'était faite un plaisir de partager une version déformée des faits à qui voulait l'entendre.
En l'espace de quelques jours seulement, aux yeux du tout Poudlard, Ginny Weasley était devenue une toxicomane névrosée dont les excès de violence avaient forcé le personnel de l'école à la mettre en quarantaine pendant trois jours.
« Elle arrivait à peine à tenir debout pendant les entraînements. Elle était complètement stone. » raconta Urquhart, l'un des poursuiveurs de Serpentard, aux jumelles Carrow.
Elles étaient assises dans la salle commune, écoutant avidement le garçon, à la recherche des scoops les plus croustillants à rapporter à Pansy Parkinson.
« Malfoy a menacé de la virer de l'équipe à plusieurs reprises. » ajouta Urquhart. Ça m'étonne d'ailleurs qu'il ne l'ait pas fait. »
Il sembla réfléchir quelques instants.
« Enfin, c'est vrai qu'elle avait d'autres atouts, si vous voyez ce que je veux dire. » ajouta-t-il avec un ricanement. « Et on connait tous le point faible de Malfoy. »
Les jumelles Carrow ouvrirent de grands yeux, et se regardèrent, l'air conspirateur.
« Franchement, c'est bien la seule raison pour laquelle il l'a gardée aussi longtemps dans l'équipe. Oui, elle jouait plutôt bien, pour une fille, mais son jeu n'avait rien d'exceptionnel, si vous voulez mon avis. »
Urquhart omit de mentionner que Ginny avait inscrit le plus de buts pour son équipe lors de leur dernière rencontre contre Gryffondor, les tenants du titre.
Le jour suivant les révélations d'Urquhart, en plus d'être une toxicomane névrosée, Ginny Weasley se fit taxer de gourgandine de première classe, prête à tous les vices pour obtenir ce qu'elle voulait, qu'il s'agisse de sa dose de substance illicite quotidienne, sa place dans l'équipe de Quidditch de sa maison, ou bien des Efforts Exceptionnels en DCFM.
Les rumeurs n'en étaient que plus plausibles car Ginny Weasley s'était fait éjecter de l'équipe de Quidditch de Serpentard sans pouvoir demander son dû. Rogue avait convoqué les autres membres de l'équipe pour leur faire part de cette décision, invoquant une atteinte à l'éthique.
Les rumeurs avaient davantage été prises au sérieux lorsqu'on avait appris qu'Harry Potter avait rompu avec Ginny Weasley. La rupture du couple le plus en vue de l'école en avait fait jaser plus d'un. La nouvelle avait toutefois fait beaucoup d'heureuses.
« Elle lui a administré un philtre d'amour pendant des mois. » avait assuré Romilda Vane à sa bande de cinquième année. « Le pauvre Harry n'a rien vu venir. »
D'un commun accord, Romilda Vane et Pansy Parkinson semblaient avoir enterré la hache de guerre pour se liguer contre Ginny Weasley, la réprouvée du moment.
Tout allait au plus mal pour Ginny. Depuis sa chute lors du match contre Serdaigle et son réveil quelques jours plus tard, sa vie avait pris un virage corsé.
D'élève populaire et admirée, elle était devenue l'étudiante la plus méprisée de l'établissement.
Le corps enseignant l'avait convoquée dans le bureau du directeur pour interroger sur la présence de potions douteuses dans ses affaires et dans son organisme, ainsi que la raison de son malaise en plein match.
Ginny, dont la provocation était le mécanisme de défense principal, n'avait pas pu s'empêcher de rétorquer que le Directeur n'avait « rien à faire dans ses affaires personnelles et qu'elle pensait que qu'il était même un peu déplacé pour un homme de son âge de farfouiller dans les dessous d'une adolescente, s'il voulait son honnête avis. »
Ses parents, qui avaient fait le déplacement au vu de la gravité des faits, avait émis des exclamations choquées, McGonagall avait ouvert de grands yeux offusqués derrière ses lunettes austères et Rogue avait secoué la tête, l'air dépassé. Dumbledore n'avait pas relevé mais une lueur presque amusée était passée dans ses iris.
« Clairement, monsieur le Directeur, les effets de l'Elixir ne sont pas totalement dissipés. » était intervenu Rogue avec son éternel rictus.
Après une heure d'interrogation pendant laquelle Ginny avait tout nié en bloc sans en démordre, où Molly Weasley avait beaucoup pleuré, Dumbledore avait finalement donné à Ginny soixante heures de retenue ainsi que l'obligation pour elle de se rendre à l'infirmerie toutes les semaines pour un examen complet de son sang.
Ginny avait innocemment demandé s'il souhaitait également un échantillon de son urine pour compléter le tout, ce qui avait causé l'indignation générale dans la pièce. Elle avait écopé de dix heures de retenue supplémentaires.
A la fin de son entrevue avec les professeurs, ses parents lui avaient fait part de leur déception extrême et Rogue, le directeur de sa maison, lui avait annoncé son expulsion de l'équipe.
Pour une raison inconnue mais qu'elle pouvait facilement deviner, sa prétendue addiction à des substances interdites et son éjection soudaine de l'équipe avaient fait le tour de l'école en un temps record. Evidemment, les rumeurs les plus folles avaient suivi dans la foulée.
Elle avait entendu un Poufsouffle, Owen Cauldwell, prétendre qu'il lui avait donné six gallions en échange d'une gâterie afin qu'elle puisse alimenter son addiction. Il s'était retrouvé un après-midi entier à l'infirmerie après un sortilège Chauve-Furie particulièrement sanglant de la part de Ginny. Elle avait écopé de trois heures de retenue supplémentaire par Filtwick mais voir cet imbécile sautiller dans les couloirs pour essayer de fuir une horde de chauves-furies géantes en valait largement la peine.
En réalité, ses provocations et son effronterie exacerbée apparaissaient à Ginny comme une arme pour faire face sa blessure principale.
Harry Potter l'avait quittée et il n'y avait rien qu'elle puisse y faire.
Les premiers jours, elle avait passé des nuits entières à pleurer dans l'intimité de son dortoir. Elle avait ressassé la scène des centaines de fois dans son esprit. Le mépris qu'elle avait vu dans son regard, la dureté de son expression, la violence de ses mots. Jamais elle n'aurait pu croire que la personne qu'elle aimait le plus au monde pourrait lui faire autant de mal.
« Tu n'es qu'une putain de menteuse, une manipulatrice, tu me dégoutes. » l'entendait-elle encore martelé dans son esprit.
Il était tout pour elle.
« Trop tard Ginny, c'est fini. »
Et il était parti.
Cette fois il ne s'agissait pas d'une dispute anodine, comme ils en avaient accumulé ces derniers temps. Il ne voulait plus rien avoir à faire avec elle et elle en était parfaitement consciente. Les jours suivants la rupture, elle le vit très peu, probablement l'évitait-il. Et très vite, elle eut d'autres problèmes à gérer.
En effet, si le début de son impopularité s'était résumé à des rumeurs grotesques lancées à son sujet, la situation prit rapidement une tournure plus grave.
Les « plaisanteries » avaient commencées par être plutôt bon enfant. Ses affaires changeaient de place et se retrouvaient à des endroits insolites, des sorts de collage étaient lancés sur sa chaise en cours, l'empêchant de se relever, ou son jus de citrouille était transformé en jus de rutabaga.
Au fil des jours, les plaisanteries étaient devenues de plus en plus dérangeantes. On lui lançait régulièrement des sorts de croche-pattes pour la faire trébucher dans les couloirs.
Son shampoing avait été trafiqué, ce qui lui avait causé de se trimballer toute une journée avec des cheveux rose fluo.
Quelqu'un – probablement Pansy Parkinson – avait payé une petite annonce dans la Gazette du Sorcier indiquant que Ginny cherchait un « un sorcier mature pour financer ses addictions en échange de temps et d'attention – prix négociable. »
Evidemment, Pansy Parkinson ne ratait plus aucune occasion d'essayer d'humilier Ginny.
« Je vois qu'on a le feu aux fesses, Weasley. » avait commenté Pansy Parkinson en jetant devant Ginny un exemplaire de la Gazette à la page des petites annonces.
Ginny était assise à l'extrémité de la table des Serpentard, le plus loin possible de Pansy et de sa clique d'écervelées. Elle avait pris l'habitude de manger à des heures décalées pour les éviter au maximum. Elle s'asseyait stratégiquement près des premières années, moins enclins à la harceler que leurs condisciples plus âgés.
Ginny avait lu l'annonce, horrifiée. Le lendemain, au petit déjeuner, elle avait reçu plus d'une vingtaine d'Hiboux provenant de sorciers trente à quarante ans ses aînés, prêts à financer ses études, ses sorties shopping et autres frivolités contre des « faveurs amoureuses. »
Ginny avait failli vomir son porridge lorsqu'elle avait lu la lettre d'un dénommé Monty Runehammer, un employé du Département de contrôle et de régulation des créatures au ministère qui lui promettait trois-cent gallions pour la faire participer à une « session privée » avec son hippogriffe.
Elle était arrivée à son paroxysme, lorsqu'un soir, en voulant se glisser dans son lit, elle y trouva un nid de limaces gluantes. Son hurlement se fit entendre dans toute la salle commune de Serpentard. Deux de ses voisines de chambrée pouffèrent, l'air conspirateur, en voyant Ginny se ruer hors du dortoir.
Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase pour Ginny. Elle avait tenté faire bonne figure face à toutes ces brimades car elle ne voulait laisser à personne la satisfaction de savoir qu'elle était affectée par la situation. Cette fois, cependant, ça en devenait trop. Les plaisanteries allaient désormais trop loin et même si fierté en prenait en coup, elle ne pourrait pas accepter cela davantage.
Bien évidemment, elle se voyait mal aller voir ses professeurs. Ses provocations incessantes tout au long de sa scolarité envers le corps enseignant lui apporteraient probablement peu de compassion.
Elle erra dans les couloirs pendant près d'une demi-heure, sans but. Il était hors de question qu'elle retourne dans son dortoir après la mauvaise blague de ses camarades de chambrée. Elle ne pourrait plus fermer l'œil de la nuit.
Ses pas la menèrent à la Tour d'Astronomie, l'endroit le plus désert de l'école. Elle savait qu'elle n'y croiserait personne.
Elle s'installa sur l'une des marches de la partie inférieure de la tour et posa son dos contre le mur en colimaçon.
Le lendemain, elle devait se rendre à l'infirmerie afin que Madame Pomfresh fasse un examen et vérifie qu'elle n'avait pas encore ingurgité des substances interdites.
Ginny se demandait comment elle l'avait pas pu réaliser plus tôt qu'on l'avait droguée à son insu. Les signes avaient pourtant été tellement évidents. Ginny les avait totalement ignorés jusqu'à se retrouver dans un lit d'hôpital, à l'agonie pendant deux jours. Madame Pomfresh et Rogue lui avait indiqué qu'il s'écoulerait plusieurs semaines avant que les effets disparaissent totalement.
Elle devait prendre une potion prescrite par Rogue deux fois par jour pendant un mois. « Pour éviter les séquelles. » avait-il indiqué de son éternel ton austère.
Lors de sa convocation dans le bureau du directeur, elle avait expliqué que la potion lui avait été administrée à son insu. Pour toute réponse, on lui avait adressé des regards dubitatifs. Lorsqu'on lui avait demandé l'identité du coupable, elle n'avait pas pu fournir une réponse certaine et la discussion avait été définitivement close.
Personne ne la croyait, bien évidemment. Elle n'avait aucune preuve de ce qu'elle avançait et après tout, les potions avaient été retrouvées dans ses affaires personnelles, ce qui la rendait coupable aux yeux de la Direction.
Elle s'était mise en tête de résoudre le mystère et de trouver la personne qui essayait de la saboter.
Malheureusement pour elle, la liste de ses ennemies s'était rallongée dernièrement et il était difficile d'affirmer avec assurance qui avait pu en venir à cette extrémité.
Elle avait d'abord pensé à Romilda Vane. Il était de notoriété publique qu'elles ne s'appréciaient guère et que Ginny avait été l'une des actrices principales de son humiliation publique. Toutefois, leurs interactions étaient extrêmement limitées et il paraissait peu probable que Romilda ait pu la droguer de manière régulière sans que la rousse ne le réalise.
Venait ensuite Pansy Parkinson et sa bande d'écervelées. Les rapports que Ginny entretenait avec elle étaient totalement hypocrites. Pansy avait toujours été jalouse d'Hermione, de son influence au sein de Serpentard et bien évidemment de sa relation avec Malfoy. Ginny était sa meilleure amie, et il était vraisemblable qu'elle transfère son animosité sur elle. La seule raison pour laquelle Pansy faisait sembler d'apprécier Ginny était parce que cette dernière était amie avec Draco Malfoy.
En dernière position, venait Emelyn Hawke. En toute objectivité, c'était la seule des trois qui était constamment en compagnie de Ginny. Elles allaient en cours ensemble, mangeaient leur repas aux mêmes moments et partageaient le même dortoir. Depuis l'arrivée d'Emelyn Hawke à Poudlard, Ginny l'avait prise sous son aile et elles avaient passé le plus clair de leur temps ensemble. Il semblait donc plausible qu'elle ait pu facilement lui faire ingérer l'Élixir d'Euphorie.
Le seul problème que Ginny trouvait à cette hypothèse, c'était le motif. Emelyn Hawke n'avait aucun motif apparent de saboter Ginny, du moins pas à sa connaissance.
Elle laissa échapper une exclamation de frustration. Elle avait l'impression de ne pas avancer dans son enquête. Il fallait absolument qu'elle trouve de qui il s'agissait et par-dessus tout, qu'elle obtienne des preuves. Sans quoi, elle resterait un paria pendant le reste de sa scolarité et elle passerait tous ses week-ends en retenue jusqu'à la fin des temps.
Mais la raison principale pour laquelle Ginny devait trouver le coupable se résumait en deux mots. Harry Potter. Son petit-ami (désormais ex-petit-ami) avait rompu avec elle car il était persuadé de sa culpabilité. Comme à chaque fois qu'elle pensait à Harry et à leur rupture, ses yeux s'emplirent de larmes.
« Weasley ? » demanda une voix féminine derrière elle.
Ginny sursauta et essuya furieusement les larmes au coin de ses yeux. Décidemment, elle ne pouvait pas être seule plus d'une dix minutes avant que quelqu'un n'apparaisse pour la harceler.
« Est-ce que je peux au moins pleurer en paix ? » s'enquit Ginny d'une voix agacée.
Elle se retourna et fut surprise de voir Luna Lovegood la regarder fixement de ses grands yeux bleus. Ginny ne put s'empêcher d'émettre un rire nerveux.
« Même toi, tu vas te payer ma tête Lovegood ? Décidemment, je suis tombée bien bas sur l'échelle sociale de cette école. » constata-t-elle.
« Pourquoi me paierais-je ta tête, Weasley ? »
« Tu n'es pas au courant ? Apparemment, je suis devenue une toxicomane, une femme de mauvaise vie, et tout le monde me hait. »
« C'est pour ça que tu pleures ? » interrogea Lovegood.
« Non, j'ai de la poussière dans l'œil, Lovegood. » répondit sarcastiquement Ginny.
« Oh, c'est sûrement des oeufs d'augurey qui sont tombés dans ton œil, c'est la saison après tout. »
« Un quoi ? » demande Ginny s'en pouvoir s'en empêcher. « Non, tu sais quoi, pas la peine de me répondre, je m'en fiche. »
« Je t'assure, c'est très sérieux. Les augureys se cachent dans un nid en forme de larmes. Leurs œufs sont aussi petits qu'un éclat de poussière. Ils tombent dans les yeux des humains lorsqu'il pleut. C'est sûrement cela. » expliqua Lovegood avec sérieux.
Elle avait l'air d'y croire dur comme fer.
« As-tu une vague idée de la stupidité de ce que tu viens de dire Lovegood ? » demanda Ginny en levant un sourcil, dépassée par les sottises de Lovegood.
« Je peux t'assurer que c'est vrai, mon père les a observés dans leur milieu naturel pendant trois mois. Il a publié un article là-dessus dans son journal il y a quelques années. Je pourrais te le montrer si tu veux. » proposa Lovegood avec gentillesse, loin de s'indigner de l'attitude désagréable de Ginny à son égard.
Ginny se détendit. Pourquoi se sentait-elle obligée d'être aussi infecte avec Lovegood ? Après tout, c'était l'une des seules personnes qui lui avaient témoigné de la compassion.
« Ce n'est pas ça. Je suis devenue le souffre-douleur de ma maison et Harry...Harry a rompu avec moi. » avoua Ginny d'un ton accablé. « Et je viens pleurnicher ici, parce que je ne sais pas quoi faire d'autre. »
« Je suis désolée de l'apprendre, je n'en avais aucune idée. » répondit la Serdaigle d'un ton sincère.
« Tu as vécu dans un trou pendant ces derniers jours ? Toute l'école en parle. » rétorqua Ginny avec amertume.
Lovegood haussa les épaules.
« Je n'écoute pas les rumeurs, en général. » répondit-elle.
Ginny remarqua qu'elle tenait dans les mains un instrument noir, équipé d'une énorme lentille.
« Qu'est-ce tu trimballes ? » interrogea Ginny en désignant l'objet.
Lovegood secoua l'objet qui se rétracta soudainement, perdant sa taille initiale. Elle le plaça dans ce qui ressemblait vaguement à un étui à lunettes puis le fourra dans sa poche.
« C'est un astrographe, je m'en sers pour observer les constellations avec le club d'Astronomie. Le Professeur Sinistra nous autorise l'accès à la Tour d'Astronomie deux fois par semaine. » expliqua Lovegood avec enthousiasme.
« Où sont les autres ? » demanda Ginny en jetant un regard par-dessus son épaule, s'attendant à voir les autres membres du club débarquer à la suite de Lovegood.
« Oh, je suis la seule membre ! »
Ginny ouvrit la bouche, interdite. Puis soudainement, et sans pouvoir expliquer pourquoi, Ginny éclata de rire. Son hilarité dura deux bonnes minutes durant lesquelles elle se tint les côtes, éprise d'un rire incontrôlable. Cela faisait des semaines qu'elle n'avait pas ri autant et cela lui fit un bien fou. Luna Lovegood était, sans aucun doute, la personne la plus étrange qui lui ait été donné de rencontrer.
« Enfin Neville me rejoint parfois, lorsqu'il en a l'occasion. »
« Tu es déprimante, Lovegood. » lança Ginny, en essuyant ses larmes, qui étaient désormais dues à son hilarité.
« Tu peux te joindre à moi, si tu veux. » proposa Lovegood.
« Ça ira, Lovegood. Ce n'est pas trop mon truc, l'astronomie. »
« Si tu veux on peut aussi se faire les ongles et parler de maquillage et de coiffure. » proposa Lovegood avec sérieux.
« Pourquoi ferait-on ça ? » demanda Ginny en haussant un sourcil, confuse.
« Je pensais que c'était le genre d'activités auxquelles les filles superficielles aimaient s'adonner. » déclara Lovegood, semblant réfléchir.
« Quoi ? Non ! Enfin si. Je ne suis pas superficielle Lovegood. » rétorqua Ginny, outrée.
« Je ne voulais pas te vexer. Je pensais que ça te remonterait le moral. » expliqua Lovegood, qui paraissait réellement sincère.
« Ecoute Lovegood, je sais bien que tu n'as pas beaucoup d'amis ici, mais il y a des choses que tu ne peux pas dire aux gens. »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« Tu ne peux pas dire tout ce que tu penses, Lovegood. Certaines personnes risqueraient de mal le prendre. » expliqua Ginny.
« Il faut que je mente ? »
« Non Lovegood. » s'exclama Ginny. « Simplement ne pas tout dire ce qui te passe par la tête. Il y a des choses qui ne sont pas appropriées pour toutes les conversations. »
« Mais si j'étais ton amie, ne voudrais-tu pas que je te dise la vérité ? » interrogea Lovegood.
Ginny ouvrit la bouche pour rétorquer, mais ne trouva pas d'arguments et se résolut à abandonner.
« Je lâche l'affaire. » déclara-t-elle en secouant la tête.
Elle se releva puis lança en direction de Lovegood :
« Je dois avouer que tu m'as un peu remonté le moral. »
Un grand sourire se dessina sur les lèvres de Lovegood, éclairant son visage pâle et une lueur joyeuse passa dans ses grands yeux bleus. Ginny l'aurait presque trouvé jolie sans sa touffe de cheveux emmêlés qui paraissaient en besoin urgent d'un masque en profondeur et de son style vestimentaire discutable.
Alors qu'elle commençait à se diriger vers l'escaliers, elle s'arrêta soudainement, laissant échapper un juron.
« Je ne peux pas retourner dans mon dortoir. Mon lit est infesté de limaces dégoutantes à cause de mes camarades de dortoirs. » expliqua-t-elle avec un gémissement.
Lovegood lui lança un regard compatissant. Ginny réalisa qu'elle s'était probablement retrouvée dans cette situation plus d'une fois. Elle ne put s'empêcher de ressentir une vague de pitié, qu'elle refoula rapidement. Sa situation et celle de Lovegood étaient totalement différentes. Quelqu'un essayait de la saboter volontairement et elle ne se laisserait pas faire sans rien dire.
« Tu peux passer la nuit dans la Salle sur Demande. » suggéra Lovegood d'un ton léger. « Je faisais cela quand les farces devenaient trop… »
« Excellente idée, Lovegood. » coupa Ginny, peu intéressée par l'histoire de Lovegood.
Elle se dirigea vers les escaliers, Lovegood sur ses talons. Dès qu'elles arrivèrent au septième étage, Ginny se tourna vers elle.
« Merci Lovegood, je connais le chemin à partir d'ici. » dit-elle d'un ton ferme.
Elle n'avait rien de personnel contre Lovegood, mais elle souhaitait être seule et les histoires étranges de la Serdaigle commençaient à lui faire perdre patience.
Lovegood avait été plutôt agréable avec elle, elle en avait totalement conscience. Pour cette raison, Ginny souhaitait la congédier avec un minimum de tact.
Lovegood ne répondit pas, semblant fixer un point par-dessus l'épaule de Ginny.
« Tu m'écoutes ? »
« Il y a quelqu'un à l'intérieur. » lança Lovegood en désignant d'un signe de la tête quelque chose derrière Ginny.
Cette dernière se retourna et vit effectivement une porte à l'endroit où se trouvait habituellement la tapisserie.
« Comment le sais-tu ? »
« La porte vient d'apparaître il y a quelques secondes. » expliqua Lovegood. « Je pense que la personne à l'intérieur est en train de sortir. »
Ginny attrapa le bras de Lovegood et l'attira vers l'alcôve la plus proche, ignorant son exclamation indignée.
« Shhh. » lui ordonna-t-elle.
Sortant sa tête de l'alcôve discrètement, elle tenta un coup d'œil en direction de l'entrée de la Salle sur Demande qui s'était ouverte et elle vit une silhouette en sortir. La personne se dirigea vers l'endroit où se trouvaient Lovegood et Ginny. Cette dernière recula au fond de l'alcôve, attirant Lovegood avec elle.
La personne passa rapidement, sans faire cas des deux étudiantes, ne semblant visiblement pas être remarquée. Lovegood et Ginny restèrent dans leur cacher sans bouger pendant quelques secondes.
Ginny fut la première à sortir de l'alcôve et se mordit la lèvre, confuse.
« C'est étrange… » commenta Lovegood, derrière elle. « L'existence de cette pièce est connue par peu d'élèves. »
Ginny l'observa en silence.
« Tu as vu de qu'il s'agissait ? » demanda Lovegood.
« Non. » mentit Ginny. « Bonne soirée, Lovegood. »
Et sans rien ajouter, elle se dirigea vers le mur où l'entrée avant déjà disparu. Elle ferma les yeux et fit les cent pas devant, se concentrant sur ce dont elle avait besoin.
L'entrée apparut de nouveau, et elle tourna la poignée, pénétrant dans la pièce. C'était une chambre aux couleurs chaudes et accueillantes, où se dressait un grand lit à baldaquin. C'était l'exacte réplique de la chambre de préfète-en-chef d'Harry Potter.
Ginny se laissa choir sur le lit, serrant l'un des oreillers contre sa poitrine. Se retrouver dans cette pièce lui donnait l'impression de se retrouver auprès d'Harry, même si ce n'était qu'éphémère. Elle s'autorisa à verser quelques larmes avant de sombrer dans un sommeil profond, extenuée.
Le lendemain, son réveil se fit en douceur. Habituellement, elle était réveillée par les bruits de ces camarades de dortoirs qui se chamaillaient pour voir utiliser la salle de bain qu'elles partageaient.
Aujourd'hui, toutefois, Ginny put rester une demi-heure sous la douche qu'avait matérialisée la Salle sur Demande. Cela lui laissa tout le loisir de penser à ce qu'elle avait vu la veille. Elle avait menti à Lovegood. Elle avait reconnu la personne qui était sortie de la Salle sur Demande, et il ne s'agissait ni plus ni moins que d'Emelyn Hawke.
Comme Emelyn pouvait-t-elle connaître l'existence de cette pièce ? Une poignée d'étudiants seulement étaient au courant, et il paraissait improbable qu'Emelyn, arrivée à Poudlard seulement quelques mois auparavant, découvre son existence par hasard.
Bien sûr, il était possible que Draco lui en ait parlé. Après tout, c'était à grâce à ce dernier que Ginny avait connu cette pièce.
Malheureusement, Draco était toujours interné à Sainte Mangouste et Ginny n'aurait pas le loisir de l'interroger.
Mais, encore une fois, quel motif pousserait Emelyn à utiliser cette pièce ? Et quel motif aurait-elle de saboter Ginny ?
« Ça ne colle pas. » se répéta Ginny, en sortant de la douche.
Elle quitta la Salle sur Demande, prête à affronter une nouvelle journée difficile. Elle grimaça en se rappelant qu'elle devait chercher ses affaires de cours dans son dortoir.
Elle se traina jusqu'à la salle commune des Serpentard à cotre cœur. Dans la salle commune, elle reçut quelques regards méprisants, mais la plupart des étudiants l'ignorèrent et elle grimpa rapidement dans son dortoir.
La pièce était vide, et lorsque s'approcha de son lit, elle constata que son lit était impeccablement fait. Elle se risqua à tirer les couvertures et constata avec soulagement que les limaces avaient disparu et les draps semblaient intacts. Les elfes de maisons étaient probablement déjà passés par là. Elle attrapa son sac de cours y fourra rapidement ses grimoires et sortir rapidement.
Elle se rendit dans les cachots pour son premier cours de la journée.
Comme elle s'y était attendue, la pièce était vide et elle s'installa au fond de la pièce. Après quelques instants, la salle de cours se remplit peu à peu. Lorsqu'elle entra dans la pièce, Emelyn Hawke jeta un regard bref à Ginny avant de se diriger vers la première rangée de chaises.
La rousse la suivit du regard, pensive. Elle sortit rapidement de sa torpeur, lorsqu'elle entendit quelqu'un s'asseoir à côté d'elle. Elle posa les yeux sur Luna Lovegood, son nouveau binôme de Potions.
« Bonjour Weasley. » la salua Lovegood.
Ginny marmonna une salutation inaudible avant d'ouvrir son manuel à la page qu'avait indiquée Slughorn.
Il demanda à sa classe de préparer un Philtre de Paix. Ginny laissa la majorité de la préparation à Lovegood, qui avait l'air dans son élément. Elle ne put s'empêcher de lui lancer un regard admiratif lorsque la potion obtint la couleur blanchâtre préconisée dans le grimoire de cours.
« Tu t'en sort plutôt bien. » commenta Ginny.
Le visage de Lovegood s'éclaira, et un large sourire se fendit sur son visage.
« J'adore les Potions, ma mère m'a transmis cela. C'était une grande inventrice de sortilèges et de Potions. » expliqua Lovegood.
« C'était ? » interrogea Ginny en levant un sourcil, confuse par son usage du passé.
« Elle est décédée quand j'avais 9 ans…Un sortilège qui a mal tourné. » déclara Lovegood.
Une expression horrifiée apparut sur le visage de Ginny.
« Je suis désolée, je n'avais aucune idée de… » murmura-t-elle, embarrassée.
« Ce n'est rien. C'était une sorcière extraordinaire, elle me manque beaucoup parfois. Mais elle serait ravie de voir que je me fais de nouveaux amis. » dit Lovegood.
Ginny ne répondit pas, ne sachant pas quoi dire à la suite des paroles de Lovegood.
« Tu as de la chance d'avoir une si grande famille. » continua Lovegood. « Je n'ai plus que mon père. »
La Serpentard se mordit la lèvre, désormais mal à l'aise par la tournure qu'avait prise la conversation.
« Ma famille et moi…on ne s'entend pas très bien. » révéla-t-elle. « Depuis que j'ai été repartie à Serpentard, je suis devenue le vilain petit hypogriffe. »
« Je suis sûre qu'ils t'aiment autant, Serpentard ou Gryffondor. »
Ginny haussa les épaules, puis fit mine de regarder les instructions de leur manuel pour couper court à la conversation. Ses relations avec sa famille étaient un sujet sensible et ne provoquaient en elle que frustration et ressentiment. Pour une fois, Lovegood n'insista pas et elles terminèrent la Potion en silence.
Ginny leva les yeux au ciel lorsque Slughorn s'émerveilla devant la qualité de la potion d'Emelyn Hawke. Elle rangea ses affaires d'un geste dépité et s'apprêta à quitter la pièce lorsqu'elle entendit :
« Miss. Weasley. »
Le Professeur Slughorn s'était approché de leur table et lui tendait une enveloppe violette.
« Qu'est-ce que c'est ? » interrogea Ginny.
« Une invitation pour la soirée annuelle du Club de Slug. » répondit Slughorn avec un clin d'œil entendu.
Ginny le remercia distraitement avant de quitter la pièce, Luna sur ses talons. Elle ouvrit l'enveloppe et parcourut l'invitation des yeux.
« Je n'ai jamais été invitée à l'une des soirées du professeurs Slughorn. » indiqua Lovegood d'un ton rêveur.
« Tu peux venir, si ça t'intéresse tant. » lança Ginny.
Elle n'avait aucune envie de se rendre à cette soirée. Mais refuser l'invitation de Slughorn alors qu'elle essayait de regagner sa cause auprès du corps enseignant n'était pas la solution la plus intelligente. Inviter Lovegood lui permettrait de ne pas s'y rendre seule.
« C'est très gentil de ta part, Ginny. »
« Pas de quoi, Lovegood. »
Elle fourra l'invitation dans sa robe de sorcière.
« Hey Luna. » s'exclama une voix non loin d'elles et Ginny vit Londubat, un élève de l'année d'Harry, s'approcher d'elles.
Il perdit rapidement son sourire lorsqu'il vit Ginny et lança à Lovegood un regard confus.
« Ginny et moi sommes devenues amies, Neville. Nous allons à la soirée de Slughorn ensemble. » informa Lovegood d'un ton enchanté.
Ginny n'eut pas le temps de démentir ces affirmations d'amitié non fondées car une nouvelle voix les interrompit de nouveau :
« Tiens, tiens, tiens. Si ce n'est pas Weaslette, Loufoca Lovegood et Neville Grasdubat. »
Ginny détourna le regard et aperçut Pansy Parkinson et sa clique habituelle se poster devant eux. Pansy jeta un regard impérieux à Londubat et Lovegood avant de tourner vers Ginny, la dévisageant de haut en bas.
« Alors Weasley, on fait la charité ? » demanda-t-elle d'un ton faussement complaisant. « Je ne savais pas que tu avais ouvert un club de rejetés. »
Ses amies caquetèrent derrière elle et Pansy parût très satisfaite d'elle-même.
« Il fallait bien que je te fasse concurrence. » répliqua Ginny. « Combien de rejets as-tu essuyé de la part de Malfoy ? »
Une lueur enragée passa dans le regard de Parkinson.
« Tu ne sais pas de quoi tu parles, pauvre trainée traîtresse à son sang. » s'écria Pansy, furieuse.
La baguette de Ginny fut dehors en une demi seconde et son extrémité se posa sur la joue de Pansy.
Cette dernière laissa échapper un hoquet de stupeur, apeurée.
« Répète ce que tu viens de dire Parkinson. » demanda Ginny d'une voix étrangement maitrisée.
Elle en avait assez des brimades incessantes de Parkinson et de sa bande.
« Tu…tu ne sais pas de quoi tu parles. » répéta Parkinson en bégayant légèrement.
« La suite. » ordonna Ginny, en enfonçant davantage sa baguette dans la joue de Parkinson.
Elle sentit une main ferme se poser sur son bras. Du coin de l'œil, elle vit qu'il s'agissait de Lovegood.
« Reste en dehors de ça, Lovegood. Parkinson et moi avons des comptes à régler. » déclara Ginny sans lâcher Parkinson des yeux, qui paraissait extrêmement nerveuse.
Cela ne découragea pas la Serdaigle. Un petit groupe d'élèves avait les yeux rivés sur la scène qui se déroulait devant eux. Certains paraissaient curieux, d'autres appréhensifs.
« Ecoute Weasley, je ne faisais que te charrier. » tenta de se justifier Pansy, mal à l'aise.
« Si tu veux Parkinson, je peux te donner un coup de main au sujet de Draco Malfoy. » déclara soudainement Lovegood.
Ginny lui jeta un regard surpris.
« La licorne sauvage. » continua la Serdaigle de son éternel ton rêveur.
« De quoi tu parles Lovegood ? » interrogea Pansy avec hostilité.
« C'est la position préférée de Draco. » informa Lovegood. « Depuis que je lui ai fait découvrir. »
Les déclarations de Luna Lovegood provoquèrent des réactions explosives. Ginny abaissa sa baguette, et se tourna vers Luna, la bouche grande ouverte. Les élèves autour d'elles ouvrirent de grands yeux choqués. Mais la réaction la plus notable fut sans doute celle-de Pansy Parkinson.
Son visage était devenu livide et le coin de son œil et de sa bouche tremblaient incontrôlablement, visiblement tiraillée entre le choc et la rage. Autour d'elle, ses amies l'observaient avec désarroi.
« Pansy, tout va bien ? » interrogea Hestia Carrow.
« Je vous rappelle que le cours a commencé il y a cinq minutes. »
Le Professeur Slughorn était apparu dans l'encadrement de la porte de la salle de classe. Il jeta un regard curieux au groupe d'élèves.
Londubat, suivi d'autres élèves de septième année s'empressèrent d'entrer dans la salle. Ginny vit Daphnée Greengrass saisir Pansy Parkinson par les épaules pour l'entraîner à l'intérieur.
La porte se ferma derrière elles, laissant une Ginny abasourdie. Elle se tourna vers Lovegood.
« Je ne savais pas que tu avais ça en toi, Lovegood. » dit-elle avec admiration. « Mentir comme ça à Pansy devant tout le monde, c'était épique. Et la tête qu'elle faisait ! Elle a dû te croire. »
Elle lâcha un petit rire en repensant à l'expression choquée de Pansy.
« Je n'ai pas menti. » déclara Luna d'un ton calme.
« Tu as réellement couché avec Malfoy ? » interrogea Ginny, abasourdie.
Lovegood hocha la tête.
« Par la barbe froissée de Merlin ! » s'exclama Ginny, choquée. « Tu es pleine de surprises Lovegood. »
« Appelle-moi Luna. »
/
« Harry, tu m'écoutes ? » demanda Hermione pour la troisième fois en une heure.
Harry Potter sembla sortir de sa léthargie et son regard se focalisa sur elle.
« Oui, oui. » assura-t-il d'un ton distrait qui ne suffit pas à la convaincre.
Hermione soupira. En son for intérieur, son irritation grandissait au fil des secondes mais elle ne le fit pas paraître. Ils se trouvaient dans la bibliothèque, installés à une table reculée, à l'abris des regards.
Elle ferma le grimoire qu'elle feuilletait d'un geste plus brutal qu'elle ne l'aurait souhaité, et croisa les mains dessus, le regardant fixement.
« Laisse-moi deviner, tu penses encore à elle ? » interrogea Hermione d'une voix neutre.
Potter haussa les épaules, mais ne démentit pas.
« Il faut que tu arrêtes de penser à elle, tu as d'autres priorités. » rappela Hermione. « Tu n'as pas besoin de distractions. »
« Je sais. Mais j'ai l'impression d'avoir été trop dure avec elle, je ne l'ai pas laissée s'expliquer. »
Hermione ferma les yeux, essayant de contenir sa frustration. Lorsqu'elle les ouvrit, elle fit mine d'arborer une expression compréhensive.
« Je comprends que tu t'en veuilles mais Ginny n'avait pas d'explications. Toutes ses choses qu'elle a faites, elle ne pouvait pas les nier. Elle se fiche des autres, sa seule préoccupation, c'est elle-même. » acheva Hermione.
Potter l'écoutait, mais ses pensées semblaient ailleurs.
« Je peux te garantir que Ginny s'en fiche totalement. Elle n'a même pas l'air particulièrement affectée par votre rupture. »
Bien évidemment, elle ne lui mentionnerait pas que Ginny sanglotait inlassablement des heures durant pendant que ses camarades de dortoirs dormaient profondément.
« Elle est déjà passée à autre chose. Parkinson, Lovegood et elle en sont même venues aux mains au sujet de Draco Malfoy. »
Heureusement pour Hermione, les élèves de Poudlard adoraient colporter les rumeurs les plus absurdes. Potter avait probablement déjà eu écho du dernier ragot en date. Il impliquait Pansy Parkinson, Luna Lovegood, Ginny Weasley et une position appelé La licorne sauvage. Apparemment, la rencontre avait provoqué une altercation épique dans les cachots devant la salle de classe de Slughorn. Hermione n'était pas certaine de la part de vérité dans ces histoires mais elles renforçaient ses dires, ce qui lui convenait parfaitement.
A la mention de Malfoy, une expression exaspérée apparût sur les traits de Potter et Hermione se réjouit intérieurement. Malfoy semblait être le mot magique qui déclenchait chez Potter une colère patente.
Dès qu'Hermione sentait que Potter doutait de sa rupture avec Ginny, ou qu'il échappait à son contrôle, elle lançait la carte Malfoy subtilement et Potter semblait immédiatement se conforter dans sa décision.
Peu disposés à continuer leurs recherches à la bibliothèque, ils quittèrent la bibliothèque pour se rendre dans la Grande Salle afin de dîner. Sur le chemin, Hermione proposa :
« Que dirais-tu d'aller à la soirée de Slughorn ce vendredi ? Ça t'aiderait à penser à autre chose. »
Potter parut hésitant.
« Ensemble ? » demanda-t-il, semblant soudainement gêné.
« En amis. » précisa rapidement Hermione.
« Je ne sais pas trop… » dit Potter en passant une main dans ses cheveux, visiblement mal à l'aise.
« Allez Potter, je n'ai pas d'amis avec qui y aller. Et les élèves de ma maison commencent à me détester depuis que je te fréquente. » mentit-t-elle.
Elle savait que Potter se sentir coupable si elle utilisait cet argument. Il ne pouvait pas s'empêcher de jouer le Héros.
« Ok. » accepta-t-il finalement, sans enthousiasme.
Ils arrivèrent au niveau de la Grande Salle et croisèrent le Professeur Rogue qui jeta un regard des plus parlants à Hermione. Elle détourna rapidement les yeux, ignorant le regardant empli de sous-entendus du Directeur de sa maison.
Quelques mois auparavant
« Quelle surprise, Miss Granger. »
Tapi dans l'obscurité, le regard sombre et indescriptible, Severus Rogue lui faisait face. Hermione observa les alentours, ressentant l'envie urgente de fuir. Comme si Rogue avait lu ses pensées, il jeta des regards autour de lui avant d'attraper le bras d'Hermione fermement et l'entrainer vers une porte à quelques mètres. Il ouvrit la porte et la força à entrer dans la pièce, refermant la porte derrière eux d'un geste de sa baguette. Il relâcha Hermione qui, surprise par sa soudaine brusquerie, n'avait pas esquissé le moindre geste pour de débattre. Rogue lui fit face, une expression sévère sur le visage.
« Que faîtes-vous ici ? » demanda-t-il, d'une voix maitrisée.
« La même chose que vous, je suppose. » répondit Hermione entre ses dents.
« C'est un jeu très dangereux que vous jouez là Miss Granger. Vous n'avez aucune idée de ce que ces gens-là sont capables. » menaça Rogue.
« Rassurez-vous, Professeur, j'en suis bien consciente. » répliqua-t-elle avec défi.
Rogue la regarda fixement. Soudainement, elle ressentit une douleur vive au niveau de sa tempe, et elle émit un hoquet de stupeur alors que des pensées parcouraient son esprit à toute vitesse. Elle revit Potter et Ginny lors du bal d'Halloween, son altercation avec Malfoy lors de cette fameuse nuit, puis sa fuite de Poudlard. Elle se vit se réfugier chez Krum, puis face à ses parents, la baguette dressée, murmurant une incantation. Elle revit sa première entrevue avec Mulciber, sa silhouette recroquevillée sur un lit insalubre et ses interactions avec les Mangemorts.
Soudainement, elle sentit comme un voile qui s'était retiré de son esprit, et recula de quelques pas, pantelante. Elle réalisa que Rogue venait de forcer l'accès à son esprit, sans consentement de sa part. Cette intrusion brusque la laissa heurtée.
« Comment osez-vous ? » siffla-t-elle, enragée.
Jamais elle ne s'était sentie aussi violentée de sa vie.
« Taisez-vous Granger. » ordonna Rogue, sans le moindre remord. « Rejoindre les Rangs du Seigneur des Ténèbres pour de misérables querelles d'adolescentes ? Vous êtes pathétique. »
Hermione brandit sa baguette en direction de Rogue. Il parut surpris mais regagna rapidement son masque de froideur.
« Que croyez-vous faire, Miss Granger ? » interrogea-t-il avec une moquerie non dissimulée.
Hermione ne répondit pas et dirigea sa baguette en direction de la porte. Elle l'agita, murmura une incantation et la porte s'ouvrit à la volée. Elle jeta un dernier regard assassin à son ex Professeur avant de sortir de la pièce.
Les jours qui suivirent, Hermione ne vit plus Rogue et elle finit par se détendre. L'intrusion dans son esprit l'avait laissée étrangement affaiblie psychologiquement. Le voir accéder à ses souvenirs et ses pensées les plus intimes l'avait traumatisée.
Elle se montra encore plus agressive envers les autres recrues qui évitèrent d'interagir avec elle. Elle laissa exprimer toute sa frustration dans les sessions de duels que Travers organisait chaque après-midi.
Chaque jour, Travers devenait de plus en plus exigeant avec eux et lorsqu'ils sortaient des sessions de duel, ils étaient tous extenués, autant physiquement que mentalement.
La magie qui leur était enseignée devenait chaque jour un peu plus sombre et il n'était pas rare qu'Hermione retrouve ses appartements, nauséeuse, l'esprit rempli de questions sur l'intégrité morale ce qu'ils faisaient.
Elle avait décidé de fermer complètement les yeux et se confortait dans l'idée que cet usage intensif de magie noire se déroulait dans le cadre de ce bâtiment uniquement, dans un pur souci d'apprentissage.
Tout cela changea brusquement lorsque Travers leur annonça qu'ils participeraient à leur première mission, un guet-apens contre un officier influent du ministère. Il désigna trois d'entre eux, Hermione, Fabius et Phillip, qu'Hermione appelait généralement la pale copie de Draco Malfoy.
Travers resta vague sur les détails sur la mission à ses recrues. Il leur déclara qu'ils seraient là principalement pour faire office de support aux Mangemorts sur le terrain.
La mission était supposée être une mission de routine, dont l'objectif principal était d'effrayer les habitants de Tinworth, un petit village sorcier au nord du pays. Une large communauté de familles mixtes y vivait, un affront pour les Mangemorts. Isaac Padmoore, un officier haut-placé de la Brigade de police magique y logeait avec sa famille. Padmoore était connu pour ses revendications vocales au sujet de ses origines moldues.
Travers, Mulciber Jr. et Jugson menaient l'opération, accompagnés des trois recrues, supposées rester en retrait afin d'observer les Mangemorts à l'action. Adamus Mulciber envoya un clin d'œil en direction d'Hermione et elle fit mine de ne pas l'avoir remarqué. Ils transplanèrent dans une allée sombre, derrière ce qui semblait être une maison abandonnée.
Travers posa sa baguette en direction de son propre visage et murmura :
« Umbra persona. »
Un masque noir apparut sur son visage, le dissimulant totalement et ne laissant apparaitre que ses yeux gris. Les autres l'imitèrent.
« Jugson, tu t'occupes des protections autour de la maison. Une fois les barrières détruites, nous aurons 10 minutes avant que les Aurors soient prévenus. »
« Mulciber, tu restes dehors. »
Il jeta un regard à Phillip.
« Tu restes avec Mulciber. » ordonna-t-il. « Les deux autres, avec moi et Jugson, à l'intérieur. Fouillez toutes les pièces et neutralisez les occupants. »
Hermione et Fabius hochèrent la tête.
« En route. » ordonna-t-il.
Ils sortirent de la ruelle sombre, se retrouvant sur l'une des rues principales du village. Les alentours étaient silencieux en vue de l'heure tardive et ils arrivèrent rapidement à quelques mètres d'une maison avec un toit de chaume devant laquelle Jugson érigea sa baguette afin de détruire les protections magiques qui l'entouraient. Grâce à ses gestes expérimentés, l'opération ne dura d'une demi-douzaine de minutes et Hermione vit apparaitre dans l'air une fissure jaune qui disparut au bout de quelques secondes.
« Protections retirées. » informa Jugson.
Travers se dirigea rapidement vers la maison, les autres sur ses talons. Adamus et Phillip restèrent dehors et les trois autres pénètrent dans la maison, à la suite de Travers qui avait fait explosé une partie de la porte.
« Lumos maxima. » s'exclama la voix Travers dans l'obscurité.
La pièce s'éclaira, faisait apparaitre un grand séjour à la décoration rustique.
« Jugson, Granger, à l'étage. » ordonna Travers, en s'éloignant déjà vers une autre pièce.
Hermione suivit Jugson dans les escaliers, serrant fermement sa baguette, le cœur battant. Jugson lui ordonna d'un geste de la main d'inspecter deux pièces. Elle s'exécuta, se retrouvant devant l'une des portes. Elle l'ouvrit lentement, d'un geste anxieux. La pièce qui semblait être une salle de bain, était vide. Elle laissa la porte ouverte et se dirigea vers la seconde porte à l'autre bout du couloir.
Elle entendit un « BOOM » retentissant derrière-elle et des cris stridents, ceux d'une femme, s'en suivirent.
Elle sursauta en arrière, se retournant d'un geste paniqué et vit Jugson, devant l'une des portes ouvertes, lancer une série d'incantations à l'intérieur.
Les cris de la femme stoppèrent instantanément. Hermione serra les dents. Elle n'avait qu'une envie, en finir au plus vite, et quitter cet endroit. Elle ouvrit la porte devant laquelle elle se trouvait d'un geste ferme.
Alors qu'elle s'était attendue à la trouver vide, elle fut frappée d'horreur lorsque ses yeux tombèrent sur un visage. Il s'agissait d'une fillette, probablement âgée d'une dizaine d'années. Elle cligna des yeux sous la lumière que renvoyait la baguette d'Hermione, fatiguée. Il était évident qu'elle venait de se réveiller, probablement alertée par les bruits des Mangemorts. Elle paraissait confuse. Hermione entra dans la pièce, l'observant silencieusement, sa baguette toujours levée dans sa direction.
Après quelques secondes, elle se rendit compte que la petite fille semblait moins craintive qu'elle-même. Elle sentait ses propres jambes trembler sous la panique. Elle devait agir. Elle resserra son emprise sur sa baguette, comme pour se redonner du courage. Il suffisait d'une seule petite incantation. Deux simples mots, une lueur verte et tout serait terminé.
Après quelques secondes pendant lesquelles elle avait cessé de respirer, son bras retomba le long de son corps, impuissant.
Elle posa son doigt sur sa bouche en regardant la petite fille, comme pour lui intimer de se taire. La petite fille sembla comprendre le message et rentra de nouveaux sous les couvertures, cachant son visage sous les draps.
Hermione fit quelques pas en arrière. A peine fut-elle sortie de la pièce qu'elle se retrouva en face de Jugson qui la regardait intensément. Son cœur rata un battement.
« Alors ? » demanda-t-il. « Quelqu'un ? »
« Personne. » répondit Hermione en refermant la porte derrière elle d'un claquement.
Sa propre voix l'étonna. Elle avait parlé d'un ton assuré alors qu'en son for intérieur, elle tremblotait littéralement.
Jugson sembla la croire.
« Tout est sécurisé de ce côté, on redescend ! » ordonna-t-il en tournant les talons, en direction des escaliers.
De retour au rez-de chaussée, ils retrouvèrent Travers et Fabius dans une pièce attenante au séjour principal qui semblait être un bureau. Une bibliothèque imposante se dressait à gauche de la pièce, derrière un grand bureau en bois noirci. A l'autre extrémité de la pièce se trouvait un canapé sur lequel un homme d'une quarantaine d'années était recroquevillé. Fabius était accolé au mur, près de la porte de la pièce, l'air insondable.
Travers, lui, avait sa baguette dressée en direction de l'homme, l'air satisfait.
« Brachialigo. » lança Travers dans sa direction.
L'homme se retrouva les mains et pieds liés.
« Padmoore. » commença Travers. « Pauvre sang-mêlé stupide. »
Le dénommé Padmoore sembla vouloir parler mais sa bouche était bâillonnée, l'empêchant d'émettre le moindre son.
« Pensais-tu pouvoir répandre éternellement tes litanies abominables sur ces satanés Moldus ? Ton dégoutant projet de réunification des Sorciers et de cette vermine ? » demanda-t-il en observant Padmoore avec aversion.
Jugson laissa échapper une exclamation de dégout et cracha sur le sol, au pied de Padmoore.
« C'est terminé, le Seigneur des Ténèbres nous envoie transmettre un message à ta bande dégénérés. » déclara Travers avec un sourire obscur. « Jugson. »
Jugson leva sa baguette et murmura un sort d'attraction. Quelques instants plus tard, une femme, fermement liée à une chaise à l'aide de lianes se retrouva dans la pièce, face aux Mangemorts. Son visage était tuméfié et ruisselait de larmes. Elle était également bâillonnée et seuls des gémissements étouffés se faisaient entendre.
« Tu ne dors pas dans le même lit que ton épouse, Padmoore ? » demanda Travers d'un ton vicieux. « Des troubles conjugaux ? »
Jugson ricana.
« Je parie qu'il est autant dégouté par cette truie de Sang-de-Bourbe que nous. » déclara-t-il.
« Ou peut-être qu'il ne la satisfait pas assez. » s'enquit Travers qui semblait réfléchir.
Il tourna sa baguette en direction de la femme de Padmoore qui semblait l'implorer des yeux.
« Je parie qu'elle aime quand c'est brut. » dit-il. « Petrificulus Totalus. »
Le corps de Mrs. Padmoore se raidit soudainement, immobilisé par le sortilège.
« Endoloris. » assena-t-il.
Mrs. Padmoore commença à convulser subrepticement sur la chaise. Le sort d'immobilisation réduisait l'aptitude de son corps à exprimer physiquement la douleur qui la parcouraient. Ses yeux, toutefois, convulsaient incontrôlablement dans ses orbites.
« Tu aimes quand ça fait mal, pas vrai, Sang-de-Bourbe ? » interrogea Travers, une leur amusée dans le regard.
Il semblait jubiler à la vue des tourments de Mrs. Padmoore.
Mr. Padmoore, horrifié face à la torture de son épouse, se remuait dans tous les sens, hurlant au travers du bâillon qui lui avait été introduit de force dans la bouche. Le désespoir et l'impuissance visibles sur son visage retournèrent l'estomac d'Hermione.
Elle détourna le regard de la scène, refusant d'en regarder davantage. Son sang se glaça alors qu'elle entendait le craquement d'os.
Le calvaire de Mrs. Padmoore aux mains de Travers ne dura qu'une minute mais sembla durer une éternité pour Hermione. Travers abaissa finalement sa baguette, blasé.
« Finis-la » ordonna-t-il en direction de Jugson.
Ce dernier leva sa baguette et lança :
« Avada Kedavra. »
Une lueur verte jaillit de baguette et frappa de plein fouet Mrs. Padmoore. Sa tête tomba sur le côté, et ses yeux cessèrent de convulser dans tous les sens. Elle était morte.
Les secondes suivantes laissèrent Hermione confuse. Tout d'abord, probablement à force d'hurler, Isaac Padmoore réussit à défaire son bâillon.
« INTRUSUS ! » hurla-t-il à plein poumons. « INTRUSUS ! »
Ensuite, un son ressemblant à une alarme se mit à résonner dans l'ensemble de la maison. Padmoore commença à gémir en regardant la dépouille de sa femme qui gisait immobile sur la chaise sur laquelle l'avait liée ses agresseurs.
Quelques secondes plus tard, Hermine entendit la voix d'Adamus crier « Aurors ! Aurors ! »
« Avada Kedavra. » lança froidement Travers en direction de Padmoore qui s'écroula, mort. « En avant ! »
Il se rua à toute vitesse vers la porte de la maison, les trois autres sur ses talons. Hermione constata avec panique que Phillip et Adamus luttaient contre des individus portant des robes aux couleurs du Ministère de la Magie.
Travers et les autres se joignirent à la bataille et des sorts fusèrent dans tous les sens, provoquant des dégâts collatéraux au mobilier de la maison.
« On ne pourra pas les retenir plus longtemps. » s'écria Adamus entre deux sortilèges. « Ils continuent d'arriver en masse. »
« Bombarda maxima ! » entendit Hermione dans la cohue.
S'en suivit la chute d'une partie du plafond qui s'écroula au-dessus d'eux. Elle entendit-un hurlement de douleur à ses côtés et vit Phillip coincé sous un énorme morceau du plafond détruit. Hermione reçut un débris énorme sur son épaule mais l'adrénaline lui fit momentanément oublier la douleur.
« Une porte à l'arrière. » indiqua Fabius, derrière elle.
Elle vit Jugson se jeter dans la direction que Fabius avait désignée.
« Ignis daemonium ! » hurla Fabius.
Des flammes sortirent de l'extrémité de sa baguette et emplirent la pièce une fraction de secondes.
« Fuyez ! » hurla Travers.
Des silhouettes se formèrent dans le feu qu'avait créé Fabius, ressemblant vaguement à des chimères. Elles commencèrent à charger dans la direction des personnes les plus proches. Un Feudeymon, constata Hermione avec horreur. Le Feudeymon ne faisait pas la différence entre les individus, il attaquait tout sur son passage, sans distinction. La température ambiante de la pièce s'intensifia prématurément, l'obligeant à tousser bruyamment lorsqu'elle inhala la fumée toxique du Feudeymon.
Heureusement pour les Mangemorts, les Aurors semblèrent surpris par l'apparition du Feudeymon et commencèrent à battre en retraite devant la maison, laissant la possibilité à Hermione et aux autres de fuir par la porte arrière du cottage. Du coin des yeux, Hermione vit le feu saisir Philip, qui était encore coincé sous les débris du plafond. Elle entendit ses hurlements d'agonie alors qu'elle courrait à toute à l'allure dans la rue, derrière Travers et les autres. Lorsqu'une lumière violette lui rafla le bras, elle remarqua que les Aurors s'étaient remis de leur surprise et qu'ils engageaient de nouveau à leur poursuite.
« Séparez-vous ! Rendez-vous au point de transplanage ! » hurla Travers, sans regarder derrière lui.
Il jeta un sort par-dessus son épaules, manquant de peu Fabius. Ils prirent tous une direction différente afin de créer la confusion auprès des Aurors.
Hermione vit que l'un des Aurors s'était mise à sa poursuite. Elle courut aussi vite qu'elle put mais elle constata avec horreur que son poursuivant était bien plus rapide qu'elle et arrivait déjà à sa hauteur. Elle sentit un sort la toucher dans les omoplates et une douleur fulgurante l'assaillit, lui arrachant un cri de supplice.
Elle se retourna, arrêtant sa course et fit face à l'Auror.
« C'est fini, rends-toi Mangemort ! » hurla-t-il.
L'appellation la fit tressaillir. L'Auror brandit sa baguette en direction de son visage et le fit disparaitre. Son visage, à découvert, lui fit face. Une lueur d'hésitation passa sur le visage de l'Auror. Probablement était-il surpris par son jeune âge.
« D...d'accord. » accepta-t-elle avec un gémissement causé par la douleur dans son dos.
Elle fit mine de baisser sa baguette et de complaire aux ordres de l'Auror. Celui-ci sembla baisser sa garde, pensant visiblement qu'elle n'était pas en état physique de répliquer. Elle envoya son pied en direction de l'entrejambe de l'Auror qui hurla de surprise, puis de douleur avant de tomber à genoux. Elle profita de la position de faiblesse de l'Auror pour le désarmer.
« Cofringo. » s'écria-t-elle ensuite en direction des fenêtres de la maison la plus proche.
Les vitres explosèrent dans un craquement lourd.
« Oppugno ! »
Les morceaux de verres s'élevèrent dans les airs et se dirigèrent à toute vitesse vers l'Auror qui se retrouva transpercé par une multitude de débris de verre.
Hermione reprit sa course, ralentie par la douleur lancinante qui lui brulait le dos. Elle retrouva la ruelle dans laquelle ils étaient arrivés. Elle vit Jugson et Fabius accourir dans la même direction. Jugson attrapa les deux recrues par le bras et transplana.
Après quelques secondes, Hermione se retrouva devant la grande bâtisse qui constituait le repère des Mangemorts, l'estomac retourné à cause de la désagréable sensation du transplanage.
Elle entendit un autre Pop quelques secondes suivant leur arrivée et vit Mulciber et Travers se diriger vers eux. Une partie du visage de Mulciber était lacérée et du sang coulait à flot de la blessure.
« Je suis toujours aussi séduisant, pas vraie, princesse égarée ? » lança Adamus avec un sourire narquois à l'attention d'Hermione.
Elle eut presque envie de rire mais seul un grognement plaintif sortit de sa gorge. Travers, qui semblait être le moins affecté physiquement, prit le bras d'Hermione et l'entraina vers la bâtisse, les autres sur leurs talons.
On emmena Hermione et Adamus dans une pièce qui ressemblait vaguement à une chambre d'hôpital. Une femme à l'allure un peu rustre était assise à un bureau, écoutant la musique sortant d'une vieille radio. Elle ricana en voyant Adamus.
« On ne t'a pas raté cette fois-ci. » se moqua-t-elle.
Adamus ne répondit pas mais il parut vexé par les moqueries de la femme.
« Catriona. » commença Travers. « Il faut que tu raccommodes Granger également. »
La dénommée Catriona dévisagea Hermione de haut en bas, l'air appréciateur.
« Avec grand plaisir. » dit-elle avec un air un peu pervers. « Clothilda ! »
Une jeune fille fit irruption dans la pièce. Hermione reconnut l'une des recrues du premier jour. Les performances en duel de Clothilda n'avaient pas convaincu Travers et elle s'était donc retrouvée à s'occuper de tâches un peu plus triviales pour les Mangemorts.
« Quelqu'un d'autre ? » demanda Catriona.
« Nous avons perdu Philip Adair. » l'informa Travers avec une grimace. « On se retrouve avec une personne de moins. »
Il semblait davantage affecté par la perte d'une ressource dans son nouvel effectif de recrues que par le sort de Philip.
Hermione vit une lueur de soulagement passer sur le visage de Clothilda. Phillip s'était montré insistant et grossier envers elle depuis leur arrivée. Phillip ne pourrait désormais plus avoir de gestes déplacés envers elle.
« Très bien. Vous pouvez sortir maintenant, il faut qu'on s'occupe de ces deux-là. » déclara Catriona en désignant Hermione et Adamus d'un geste de la tête.
Travers et les autres prirent congé.
« Allez, déshabille-toi, princesse. Et sur le lit. » lui ordonna Catriona.
Hermione jeta un regard en direction d'Adamus qui l'observait avec intérêt.
« Ne fais pas ta prude, tu ne vas rien nous montrer que nous n'ayons pas déjà vu. » indiqua Catriona avec agacement. Hermione, ôta sa robe de sorcière ainsi que la blouse qu'elle portait avec résignation. Elle couvrit sa poitrine avant de d'allonger sur le lit. La douleur de son dos était telle qu'elle lui donnait la migraine.
Catriona grimaça en regardant son dos.
« Ils ne t'ont pas raté toi non plus. » commenta-t-elle.
« Qu'est-ce que j'ai ? »
« Crois-moi, tu n'as pas envie de regarder. » lui assura Catriona.
Elle donna des instructions à Clothilda qui disparut de la pièce pour aller chercher du matériel. Lorsqu'elle revit dans la pièce, elle se dirigea vers Adamus pour s'occuper de sa blessure.
Hermione, elle, se fit soigner par Catriona. Elle sentit cette dernière lui appliquer une pommade glacée qui fit sursauter Hermione lors de l'application. Toutefois, après quelques secondes, la douleur s'apaisa.
Après trois heures passée avec les soins de Catriona, Hermione put rejoindre son dortoir son dortoir où Iryna semblait l'attendre avec impatience.
« Alors ? » demanda-t-elle avec empressement dès qu'Hermione ait franchi la porte de leur chambrée.
Bien qu'extenuée, Hermione lui fit le rapport de l'attaque. Iryna semblait surexcitée par le récit. Lorsqu'elle entendit le sort de Phillip, elle laissa échapper une exclamation de dédain.
« Quel faible. Travers aurait dû me laisser y aller avec vous à sa place. » commenta-t-elle avec un air de supériorité.
Hermione l'ignora et se dirigea vers la salle de bain. Devant le miroir, elle voulut observer ses blessures mais les bandages appliqués par Catriona l'empêchèrent de voir quoi que ce soit. Après avoir pris une longue douche chaude, elle appliqua un sort de séchage à ses bandages puis se dirigea vers son lit, se glissant dans les draps.
La dernière image qui traversa son esprit fut le visage confus de la fillette qu'elle avait sauvée, désormais orpheline.
Fin du chapitre
J'espère que vous avez apprécié, n'hésitez pas à reviewer, vos feedbacks sont très importants pour moi. Je suis ouverte à la critique, tant que ça reste constructif.
Après le chapitre 3, j'avais donné dix affirmations et indiqué que 3 étaient correctes
1. Neville Londubat deviendra un play-boy.
2. Ginny fera amie-amie avec Luna Lovegood.
3. Cette fic sera pour l'auteur une occasion de faire débarquer à Poudlard Edward Cullen.
4. Hermione deviendra la putain de Lord Voldemort.
5. Ginny couchera avec Draco.
6. Dumbledore épousera Trelawney et ils feront des gamins fêlés.
7. Hermione mourra mais finira par ressusciter à l'aide d'un procédé magique abracadabrant sorti tout droit de l'imagination foisonnante de l'auteur.
8. Hermione couchera avec Harry.
9. Ron et Lavande Brown se remettront ensemble et feront des gamins.
10. On découvrira que les problèmes d'Hermione relèvent d'ordre psychique : la toxicité narcissique.
A ce stade, on peut dire que l'affirmation 2 est correcte. Je vous laisse continuer à trouver les deux autres. En attendant, je vous dis à bientôt pour le prochain chapitre !
Black Lagoon
