Chapitre 14: Sherlock est dans la merde

Bonjour mes chatons!

Un gros merci pour vos reviews qui m'ont beaucoup touchées, c'est toujours un plaisir de les lire. Je continue d'écrire les OS que vous m'avez réclamé mais je dois avouer qu'un El/Remus a été le plus demandé. J'ai été inspirée et vous trouverez le résultat en fin de chapire!


Je suis dans la voiture pour passer le réveillon chez les Holmes. a m'énerve, je n'ai eu aucune nouvelle de la part de George. Me fait-il la gueule ? Je ne peux rien faire et je suis coincée ici. De plus, d'un point de vue niais, ça va faire un an que nous sommes ensemble demain et je ne pourrais pas le voir.

Et, pour couronner le tout, l'ambiance à la maison est aussi sympa que pendant une retenue avec Rusard. J'ai du mal avec Mary, Papa m'a dit que ça ne me regardait pas mais malheureusement si. Elle a tiré sur mon Sherlock et je lui en veux beaucoup pour ça. Mais je vois bien qu'elle s'en veut aussi.

Papa me regarde à travers le rétroviseur et soupire.

- Elizabeth.. Ne fais pas cette tête...

- Je fais la tête que je veux. Mr Weasley est blessé et tu m'interdis d'aller le voir.

- Pas du tout ! Je te demande d'attendre le 26.

- Je ne les connais même pas!

- Parfait, comme ça tu les connaîtras, répond-il avec un vilain sourire.

Spirituel. Mary se tourne vers moi.

- Elizabeth.. Tu vois tes amis toute l'année.

Exactement. Et c'est pour cette raison que je m'inquiète.

- Le 26 à la première heure je suis dehors, je dis froidement.

Papa soupire. Je me tais et pince les lèvres. Mon téléphone vibre dans ma poche, je fronce les sourcils en voyant que Hermione m'appelle, je décroche.

- ELIZABETH ?

La voix de George envahit mes oreilles.

- g.. Ecoute moi bien, Harry, si tu cries encore une fois de la sorte, je viens sur place pour te faire taire, définitivement.

Parce que, par soucis de discrétion, je ne peux pas écarter le combinée de mon oreille : ça ferait trop plaisir à Papa.

- "Harry" ? Raille George. Je vois. Tu es avec ton père ?

- En effet, en route pour le réveillon. Comment va Mr Weasley ?

- Bien. Nous avons passé une nuit complète dans l'ignorance mais maintenant on sait que ça va. Et qu'il ira bien.

Je souris et soupire de soulagement.

- Et toi ? Comment tu te sens ?

- Je suis désolé de ne pas t'avoir donné de nouvelles, ça a été le foutoir ici et..

- Tu n'as pas besoin de me fournir d'explications, Harry. C'est normal, je souris.

- Merci, Hermione, s'amuse-t-il. Moi ça va. Tu me manques, El..

- Je sais. Je suis dans le même état. Mais.. Vous n'avez qu'à imaginer que je suis avec vous !

- Ce n'est pas suffisant, soupire-t-il.

Bon sang il est vraiment niais parfois.

- Dis à Sirius d'être prudent et demande lui si il a lu le bouquin que je lui ai laissé. Sur un moldu en prison pendant ..

- On l'a amené à Papa. A vrai dire, on a amené tous tes bouquins sur l'histoire moldue à Papa. Il était ravi, ça ne t'embête pas ?

Je souris.

- Je suis ravie.

- Elizabeth.. Je t'aime.

- Moi aussi, Harry, je pense fort à vous. Passez un excellent réveillon.

J'entends un soupire et il raccroche. Je range mon téléphone.

- Alors ? Demande Papa.

- Il va bien, je souris.

Il hoche la tête. Nous arrivons chez les Holmes. Je sors de la voiture et vais frapper à la porte pendant que Papa prend les sacs. Une dame avec les mêmes pommettes et le même regard que Sherlock nous ouvre. Son sourire me rappelle celui de Mrs Weasley.

- Elizabeth ?!

Je tends la main.

- Ravie, Mrs Ho..

Avant d'avoir eu le temps de terminer, elle m'a prise dans ses bras. Je me laisse faire poliment.

- Tu es à Poudlard, toi aussi, n'est-ce pas ?

- Toi aussi ?

J'arque un sourcil.

- Mycroft était à Poudlard, je comprends à haute voix.

- Bien sûr ! Il ne t'a rien dit ?

- Non, pas un mot.

Elle lève les yeux au ciel, salue les autres Watson puis nous fait rentrer.

- Il était à Serdaigle. Après ses études là bas, il a préféré se consacrer au monde.. Chez nous et je suis certaine qu'il serait incapable d'utiliser sa baguette.

Je souris en coin, rangeant précieusement cette information avant d'aller saluer Mr Holmes qui a le sourire de Sherlock. Je pénètre dans la cuisine et vois Mycroft, Sherlock et un autre homme que je ne connais pas.

- Qui est-ce ?

- Bill Wiggins.

- Son hériter, quand il meurt je récupère ses affaires et son métier, dit l'homme.

- Non, répond Sherlock.

- Je prétends à ce titre d'héritière, désolé.

Je vais saluer Mycroft et lui murmure.

- Serdaigle, mmh ?

- Ma mère a la langue bien pendue, dit-il en pinçant les lèvres.

- Pourquoi ne m'avez-vous rien dit ?

- Aucun intérêt.

- Evidemment.

Je lève les yeux au ciel et repasse au salon. Mary est assise, elle me regarde.

- Elizabeth ?

J'arque un sourcil et me tourne vers elle.

- Je sais que tu m'en veux pour ce qu'il s'est passé..

- En effet.

- J'ai fais ça pour..

- Protéger Papa. Mais tu as échoué. Je sais que tes intentions étaient bonnes, c'est pour cette raison que je n'arrive pas à t'en vouloir. Pas complétement du moins.

- Et ton père m'a demandé de te parler..

- Du petit ami ? Je soupire.

Elle a un petit sourire dépité. Je roule des yeux et m'assois à ses côtés.

- Je ne sais pas trop ce qu'il veut que je te dise. Sache simplement que si un jour ça va moins bien avec lui, tu dois te rappeler plusieurs choses. Un couple ça se fait à deux, les problèmes qui le concerne également. Tu dois toujours t'assurer que ça ne te complique pas la vie : mieux vaut être seule que mal accompagné.

Je souris doucement et hoche la tête.

-Très bien.

- Quel âge a-t-il ?

- 17.

Elle plisse les yeux puis hoche la tête.

- Finalement, c'est une fille ou un garçon ? je demande en montrant son ventre

- On ne sait pas encore.

- On va l'appeler Zelda. Seul les vrais sauront de quel sexe le bébé est.

- Zelda est la fille, sourit-elle.

- Tu es vraiment une belle mère de compet', Mary.

Elle rejette ses cheveux en arrière, dans une excellente réplique de Charmant dans Shrek. Je me redresse, apercevant Papa entrer dans la pièce pour discuter. Je rejoins Mr Holmes, j'aperçois qu'il adore les plantes. J'adore les gens qui adorent les plantes, comme vous avez pu le remarquer. Nous discutons botanique, je lui explique le potager que nous avons fait chez Miss Hudson : il écoute avec intérêt.

Plus tard, je retourne dans la cuisine en compagnie des Holmes.

- J'ai reçu une lettre de la part d'Ombrage, Elizabeth, m'indique l'aîné.

- Ah oui ?

- Elle m'a dit que malgré tes fréquentations, tu as un comportement positif.

Je souris en coin et touille dans le chocolat chaud que Bill Wiggins m'a apporté.

- Que vas-tu faire ? Soupire Mycroft.

Je souris un peu plus et redresse la tête, le regardant.

- Moi ? Rien du tout, voyons.

Il me fixe, ne me croyant pas du tout. J'inspire et hausse les épaules.

- J'attends juste le bon moment.

- Elle surveille le courrier de certains.

- Il paraît.

Mycroft a son regard planté sur moi.

- Je doute que t'inscrire dans une association rebelle d'étudiants est une bonne idée.

- Je doute que cette cravate était vraiment la plus assortie à ce costume.

Je tourne la tête vers lui.

- Mais j'ai la délicatesse de me taire.

Sherlock pouffe et enfouit son sourire dans son journal. Mycroft me fixe dédaigneusement. Je bois un peu mon chocolat chaud. Malgré moi, ma jambe gauche s'agite : frustrée de ne pas être au Square Grimmaud ou d'avoir pu parler avec George comme je le souhaitais.

Au bout de quelques minutes, je baille fortement et me sens prise d'une fatigue folle. Je fronce les sourcils et ferme les yeux quelques instants.

OoOOoo

- Elizabeth.. Elizabeth..

Je redresse la tête et baille à nouveau. Mary est penchée sur moi.

- Sherlock nous a tous endormis, il a disparu avec ton père.

Je me crispe totalement, me réveillant véritablement et vois Mycroft endormis. Je fronce les sourcils et frotte son épaule.

- Hey.. Mycroft..

Il a un grognement endormis. Si il n'avait pas quarante ans et de la calvitie, je le trouverais mignon.

- Mycroft.. Sherlock.. Où est Sherlock ?

Il faut croire que j'ai prononcé le mot magique, il se réveille aussitôt et regarde autour de lui, cherchant quelque chose du regard.

- Tout va bien ?

- Mon.. Mon ordinateur.

Sur ces mots, il se lève et s'en va, prenant sa veste. Au moment où il franchit la porte il est déjà au téléphone avec je ne sais quelle organisation gouvernementale pour trouver Sherlock. Je soupire.

- Toujours le bordel.

Mary et moi tâchons de réveiller les parents Holmes, leur expliquant brièvement la situation. Ils échangent un regard. Celui des parents inquiets mais un peu blasé. J'imagine que la situation doit être blasante et un chouïa répétitive.

Nous remarquons qu'il est déjà tard, nous mangeons le repas de Noël dans une atmosphère hypocrite. Celle des gens qui essayent de faire semblant d'être heureux. Heureusement, les Holmes parviennent à rendre ce moment amusant en me posant plusieurs questions sur ma scolarité.

Nous échangeons nos cadeaux mais l'esprit n'y est pas, nous pensons tous à d'autres choses et ne parvenons plus à faire semblant.

Ensuite, nous allons nous coucher. J'offre la chambre d'ami à Mary et vais m'installer sur le canapé. Si j'ai fais ça, c'est d'abord parce qu'elle porte un bébé, ensuite elle est ma belle mère et enfin, j'entendrais les autres rentrés avant tout le monde.

Malheureusement pour moi, je me réveille le lendemain matin sans nouvelle. Je vais dans la cuisine et me massant ma nuque douloureuse. Je vois mon père assis à table, un café noir fumant devant lui.

- Papa..

- Sherlock a tué Magnussen.

Je fronce les sourcils.

- Je ne suis pas réjouie de sa mort, mais heureuse de savoir qu'il nous laissera tranquille.

- Elizabeth..

- Il avait prit l'ordinateur de Mycroft. J'imagine que Magnussen le réclamait.

- Elizabeth..

- Sherlock ferait définitivement n'importe quoi pour toi.

- Elizabeth, Sherlock n'est pas en très bonne posture.

Je le regarde.

- Pardon ?

Il soupire et passe ses mains sur sonn visage.

- Il s'est fait arrêté. Mycroft m'a dit qu'il ferait en sorte que Sherlock soit dans l'incapacité de refaire ce genre de.. Stupidités.

Je m'assois.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

Il lève la tête vers moi, avec un malheureux sourire d'impuissance.

- Je n'en sais rien. Je ne sais pas ce qu'il va faire.

- Pas la prison ?..

- Elizabeth, je ne sais pas..

Je me crispe totalement et passe mes mains sur mon visage moi aussi. Mycroft ne ferait pas ça. Pas à son petit frère.

N'est-ce pas ?


Os El/Remus

Ce serait ridicule de ma part, n'est-ce pas ?

De me lever en plein milieu de la discussion et de hurler « AIME MOI ». Les Weasley ne seraient pas content. Ils sont déjà bien assez gentils de me loger au terrier. Puis, je doute que faire un truc pareil aura vraiment de positives conséquences.

Parfois je me dis que Œdipe est terrible. Il a fallu que je tombe amoureuse du mec qui porte des gilets ridicules et qui a une loyauté à toute épreuve. Mais ne parlons pas de Papa. J'ai déjà assez de soucis à mettre de l'ordre dans mes sentiments rien que par moi-même.

Je suis devenue pire qu'Hermione avec Lockhart, il pourrait parler avec Molly de sa façon préférée de récurer les tâches persistantes que je l'écouterais comme si c'était le premier des dix commandements.

Les gens ne sont pas stupides, je crois qu'ils se doutent d'un truc. Mais si je vais semblant que tout est normal peut être me croiront-ils. Peut être.

Du bout de la table, il discute avec Arthur Weasley. Remus porte un cardigan qui autrefois était certainement coloré mais ces couleurs ne sont désormais qu'un vague souvenir. J'écoute très distraitement Hermione me parlée des devoirs de potion que Slughorn nous a donné, mon regard est concentré sur les lèvres fines de Remus s'agitées, répondant à Arthur. Remus n'est pas stupide. Il sait. Et surtout, lui aussi.

Je ne dis pas ça par arrogance ou fantasme. Je sais qu'il partage mes sentiments. Son comportement dépasse celui qu'il aurait avec une élève, même une élève préférée. Malgré lui, il est plus tactile, touchant mon épaule ou mon bras régulièrement. Mais, encore plus souvent, il glisse dans la conversation sa condition de loup garou et son « vieil » âge. Je crois que le convaincre sera ardu mais je suis prête à essayer.

Je mange en silence et il faut croire que j'ouvre ma gueule trop souvent le reste du temps pour que ça passe inaperçu.

- Elizabeth, tout va bien ? me demande Mrs Weasley.

- Moi ?

Non, l'autre.

- Tout va bien, je souris en levant les yeux vers elle.

- Tu t'es maquillée ? souligne-t-elle. Pour quelle occasion ?

Molly Weasley tient son rôle de mère à cœur tellement qu'elle remplit même sa fonction d'être gênante. Super. Oui, je me suis maquillée. Un fard à paupière doré, un trait d'eye liner et du mascara. Franchement ça valait pas le coup de te faire une remarque.

- J'aime utilisé les objets pour lesquels je dépense de l'argent, je réponds, espérant que ma confiance en moi la convainc.

Elle a un regard perturbé mais ne soulève pas et j'en suis reconnaissante. Je vois que Remus me lance un sourire complice et je suis ravie de constater que je ne rougis pas, répondant à son sourire. Le repas se termine lentement, tout le monde discute mais parlons de l'éléphant dans la pièce : Voldemort.

Personne n'en parle mais tout le monde y pense. Je vois Harry tendre l'oreille à chaque miette d'information qu'il pourrait récupérer sur le sujet. Le pauvre gars en a marre d'être mis à l'écart d'un sujet qui le concerne directement.

A la fin du repas, Molly nous serre un digestif. Même à moi, j'ai atteins 17 ans et je peux boire de l'alcool dans le monde sorcier. Pour détendre l'atmosphère, Fleur met un peu de musiques. Françaises.

Je me dis qu'au fond c'est pas plus mal, parfois ne pas comprendre est juste plus simple. Je dodeline ma tête sur l'air en buvant mon verre, observant Arthur qui a prit Molly par la taille, dansant à deux. Du coin de l'œil, je regarde Remus qui observe lui aussi Arthur et Molly mais sans vraiment les voir. Je me demande à quoi il pense.

Oh et puis merde, Elizabeth-Impulsivité-Reprend-Du-Poil-De-La-Bête.

Je me lève, attrape un tabouret et vais m'asseoir près de Remus.

- À quoi pensez-vous ?

Je le tire hors de ses pensées et il lève les yeux vers moi, me souriant tristement.

- A l'avenir.

- Nul. Noir et pas fun. Pensez à autre chose, je réplique en roulant des yeux.

- Et à quoi ?

- A moi, je réponds comme si c'était l'évidence. Incroyable, drôle, super fun. Franchement ça vaut le coup.

Il a un petit rire et je perds mon sourire immédiatement. Je le regarde sans un mot. Lorsqu'il rit, son visage semble éclairé et il perd ses cernes, son froncement de sourcils et son air si sérieux. Il est beau. Il est magnifique.

- Elizabeth tout va bien ? me demande-t-il en fronçant les sourcils.

Ca fait des semaines que je prépare mon discours quand je m'ennuie en cours de botanique.

- On pourrait parler ? je demande en me massant la nuque.

J'ai peur. Je suis nerveuse. Me connaissant, je vais lâcher une blague de beauf histoire de détendre l'atmosphère et ça va juste la rendre super gênante. Bref.

Je vais à l'extérieur. Je doute que ça arrêtera qui que ce soit de nous espionner mais au moins ça pose le ton sur le fait que nous aimerions que ça reste privé.

Remus me suit et ferme la porte avant de me regarder avec curiosité sans prononcer le moindre mot.

- Nous sommes en guerre, je ne vous apprends rien. Et, vous comme moi, n'avons pas grand-chose à perdre.

- Elizabeth, vous êtes jeune, m'interrompt Remus.

- Et je suis prête à mourir pour un monde dans lequel je crois. Tout comme vous l'étiez à mon âge.

- C'était différent, je suis…

- Le fait d'être un loup garou n'a rien à voir avec la façon dont laquelle on se bat pour ce qu'on croit, je réponds froidement.

Remus me regarde puis sourit avec indulgence.

- Et avec tout ça, j'ai longuement réfléchis. La plupart des gens que j'aime sont prêt à se battre pour les mêmes raisons que moi. La plupart des gens que j'aime connaissent mes sentiments à leur égard. Et…

J'inspire profondément et le regarde.

- Et je ne suis pas certaine que vous connaissiez l'étendue de mes sentiments pour vous. Et je pense, je n'ai pas les talents de déduction de Sherlock mais tout de même, je pense que ces sentiments sont partagés. Et je…

Je ris, mal à l'aise et le regarde.

- Je sais pas trop où je veux en venir. Je crois que c'était ma conclusion. Voilà. Mes sentiments pour vous dépassent ceux que je devrais avoir pour un professeur, même un professeur aussi génial que vous, je souris doucement.

Remus me fixe, stoïque, neutre, et seuls ses yeux me donnent l'impression qu'il est un peu perdu.

- Elizabeth…, commence-t-il. Je ne sais pas quoi vous dire.

- J'ai raison ? Mes déductions ? Sont-elles vrai ?

- Qu'est-ce que ça changerait ? me demande-t-il, et pour la première fois il y a quelque chose d'amère dans sa voix.

Je me fige, un peu surprise. Si je ne suis pas stupide ça veut dire que j'avais raison, n'est-ce pas ?

- Je vous demande pardon ?

Remus change du tout au tout et son sourire devient ironique. Je n'aime pas ça.

- Et même si vos déductions étaient vrai, qu'est-ce que ça changerait, Elizabeth ?

- Bah… ça dépend de nous.

Il glousse. Mais ça n'a rien d'amusant, je n'aime pas le Remus aigri que je découvre.

- Elizabeth je pourrais être votre père.

- Trop tard, j'en ai déjà un.

Évidemment que j'avais préparé des répliques déjà toute prête. Aussi intelligent que Remus est, il est prévisible.

Remus lève les yeux au ciel.

- Je suis un loup garou.

- Je suis marocaine.

- Ça n'a rien à voir.

- Contente que vous le reconnaissiez, je réponds du tac au tac.

- Elizabeth je vous parle sérieusement.

- Moi aussi, Remus.

Maintenant que mes sentiments sont avoués, je n'ai plus rien à lui cacher. Je me sens animée par un espèce de courage nouveau.

- Je n'ai rien à vous offrir, soupire-t-il. Je suis un vieux loup garou qui va probablement mourir dans cette guerre.

- Je suis une adolescente débile et impulsive qui se fera sans doute tuée parce qu'elle a dit une remarque déplacée.

J'esquisse un sourire mais il ne répond pas

- Elizabeth, j'aimerais rentrer. Cette discussion ne nous mènera nulle part.

Il fait mine de se diriger vers la porte et je me mets devant lui, attrapant son poignet pour l'empêcher de partir.

- Remus, il y a de grande chances que l'un de nous deux si pas les deux meurent. Pour être franche, rien de ce que je fais d'un point de vue relationnel me mènera quelque part. Mais j'ai appris, et j'apprends toujours, à ne pas avoir peur de mes sentiments. Je vous aime. Et je veux pouvoir vivre ce sentiment du mieux que je peux tant que j'ai le temps de le faire. Vous pourriez être mon père ? Super, ma mère est tombée amoureuse d'un homme qui est devenu soldat avant de pouvoir apprendre qu'il était père. Mon père est tombé amoureux d'une ex espionne qui a apporté avec elle pleins de secrets et de dramas.

Je lui souris, quittant son poignet pour prendre sa main.

- Toutes ces relations n'étaient pas forcément typiques mais elles étaient parfaites, elles ont apporté de belles choses. Vous êtes pleins d'arrogance de croire que vous êtes mieux que tout ça. J'ai une vie toute bordélique, Remus. Mais je sais que mes sentiments ne le sont pas.

Remus soupire et regarde nos mains sans les dégager.

- Elizabeth, réfléchissez, votre père…

- Mon père sera horrifié peu importe l'âge de l'homme que j'aime. Et croyez moi, on en est pas là. Je dois d'abord m'assurer que vous êtes assez bien pour que je vous présente à John Watson.

Je lui souris mais il ne me sourit pas en retour.

- Vous méritez mieux.

- Je suis la seule qui décide qui je mérite. Je mérite quelqu'un de bien, attentif, qui me rendra heureuse et me respectera. Je suis désolé Remus mais vous répondez à tous ces critères.

Il me regarde, ses yeux ambres semblent assombris de pensées.

- Sirius m'avait dit.

- Pardon ?

- Sirius m'avait dit que vous aviez des sentiments pour moi, continue Remus. Je lui avais dis que ça n'avait aucune importance, que ça n'arriverait jamais. Il m'avait répondu que, même si il ne vous connaissait pas bien, il savait que vous ne me laisseriez pas m'en tirer aussi facilement.

Mon sourire s'élargit.

- Il me connaissait très bien.

Je prends l'initiative de m'avancer et il me regarde, comme adoucis soudainement.

- Et donc quoi ? dit-il avec un léger soupir. On se met ensemble basé sur la possibilité que l'on meure ?

- Je n'ai pas envie de me priver de quelque chose sous prétexte que vous êtes une poule mouillée parfois.

Il arque un sourcil.

- Je vous demande pardon ?

- Excuses acceptées mais je pense que vous allez me devoir m'embrasser pour être pardonné, je souris.

WTF

D OU CA SORT CA ?

Je me fige, et fronce les sourcils. J'ai dis ça ? A haute voix ? Remus me regarde lui aussi l'air un peu perdu.

- Enfin… je…

Je quoi ?

J'ai envie qu'il m'embrasse oui ou non ?

- Vous m'avez entendu. Enfin, si vous voulez, bien sûr.

Était-ce vraiment nécessaire d'ajouter ?

Oui.

Remus me regarde et je peux voir un combat interne se dérouler dans son regard. Je lui souris et m'approche un peu plus.

- Je t'aime, Remus. Et je ne veux pas vivre une guerre sans que tu ignores mes sentiments.

Remus étant la drama queen qu'il est, la phrase fragile de fin l'achève et il pose ses lèvres sur les miennes avec douceurs. Je ferme les yeux et frissonne de partout. Je sens sa main se posée sur ma taille et je m'apprête à m'approcher mais la porte s'ouvre et Molly nous sourit.

- Le dessert est servit !

Remus se recule en rougissant, sa main quittant la mienne. Je cherche des yeux un indice qui dirait qu'il ne regrette pas ce qu'il a fait.

- Nous arrivons Molly.

Elle nous sourit et rentre à nouveau. Remus se tourne vers moi et sourit doucement.

- Allons-y.

Il pose sa main au creux de mon dos pour me pousser à l'intérieur et je lui souris avant d'embrasser sa joue. Il se laisse faire. Tout va bien.

Dans la maison, Arthur et Molly fixent Remus d'un air entendu. Le trio d'or et compagnie me regardent avec un sourire en coin. Je leur fais un clin d'œil et vais m'asseoir à table.

En bout de table, Remus répond à Arthur mais me sourit, doucement.