Note de l'Auteure : Merci aux lecteurs qui ont pris le temps de me laisser un commentaire, c'est très apprécié !

Encore une fois merci à mon bêta reader, Dumby95, pour la correction de ce chapitre, ses idées ainsi que ses suggestions :)

Bonne lecture !

Chapitre X. Mise en quarantaine

A de nombreux égards, Luna Lovegood était une amie exemplaire. Elle était dévouée, sincère, attentionnée et fiable. Peu de personnes en étaient conscientes, refusant de passer outre ses goûts peu ordinaires pour apprendre à la connaître. Toutefois, les rares personnes appréciant Luna Lovegood savaient que sa loyauté n'avait pas de limites.

Luna avait toujours eu un don certain pour cerner les personnes autour d'elle. Ses intuitions se révélaient, pour la plupart, correctes. Elle avait senti quelque chose d'étrange chez Emelyn Hawke. Un sentiment qui lui hérissait les poils jusqu'à la nuque.

Lorsque Ginny Weasley lui avait fait part de ses doutes concernant Emelyn Hawke, Luna n'avait donc pas hésité une seule seconde à l'aider à enquêter. Lorsqu'elle avait mentionné son envie de confronter Emelyn, cependant, un sentiment de malaise avait remplit Luna.

Luna était installée dans la salle commune de Serdaigle, occupée à rédiger un devoir d'Etudes des Moldus. Son esprit, toutefois, était ailleurs.

Quelque chose frôla ses jambes et Luna sortit de ses pensées. Elle jeta un regard par-dessus la table et vit un chaton au pelage tacheté se frotter contre ses jambes. Elle se baissa, attrapant le chaton dans ses bras pour le caresser.

« Alors, on s'est perdu ? » demanda-t-elle alors que l'animal ronronnait sous ses caresses.

« Qu'est-ce que tu fiches avec mon chat, Lovegood ? » demanda une voix.

Lisa Turpin, une septième année de sa maison, avait surgit devant elle et lui jetait un regard méfiant.

« Il est à toi ? » interrogea Luna. « Je ne savais pas que tu avais un chat. »

Lisa tendit ses mains afin de récupérer l'animal puis le serra contre elle en lançant un regard oblique en direction de Luna.

« Ne touche plus à mon chat, qui sait quelle folie tu pourrais lui transmettre. » lança Lisa avec désobligeance avant de s'éloigner et rejoindre son groupe d'amis, installés plus loin dans la Salle Commune.

Luna l'observera s'éloigner et chuchoter des paroles à ses amis. Ces derniers se tournèrent en direction de Luna, s'esclaffant ouvertement en la regardant.

Luna haussa les épaules, habituée à ce genre de réactions de la part de ces condisciples. Elle reporta son attention sur son devoir, essayant de chasser ce sentiment pesant lui assurant que quelque chose clochait.

/

La pièce dans laquelle on l'avait enfermée était plongée dans l'obscurité et il fallut quelques minutes à Ginny pour s'y habituer. Elle n'osa pas bouger pendant ce qui lui sembla une éternité.

Les Mangemorts l'avait jetée dans cette pièce froide et sordide, lui avait retiré sa baguette et l'avaient menacé des pires tourments si elle bougeait ne serait-ce qu'un cheveu.

Après de longues minutes d'hésitation, elle se releva. Elle leva les bras devant elle, avançant avec précaution, ne distinguant pas ses alentours à cause de l'obscurité. Soudainement, elle sentit son genou cogner contre un objet, et quelques secondes plus tard, un bruit de verre cassé se fit entendre.

Elle se figea, retenant son souffle, prête à voir des individus encapuchonnés entrer dans la pièce. Ce ne fut pas le cas, et au bout de deux minutes à rester immobile, elle reprit son exploration de la pièce, avec plus de précaution cette fois. Ses mains rencontrèrent un mur en pierre et elle tâtonna le long de celui-ci.

Le mur était humide, presque poisseux, et une odeur de renfermé emplissait ses narines. Trop terrifiée pour s'en formaliser, elle ignora son dégout et poursuivit son exploration. Elle trouva finalement une porte et tenta d'en actionner la poignée. Sans surprise, cette dernière resta fermement close. Elle s'agenouilla à la recherche d'une ouverture éventuelle mais l'embrasure mesurait à peine trois centimètres.

Elle entendit un claquement sourd derrière la porte, puis des voix lui parvinrent aux oreilles. Elle regagna sa place initiale et se laissa glisser contre le mur, se recroquevillant dans le coin.

Elle tendit l'oreille, tentant de distinguer les voix dans la pièce attenante mais seuls des grondements et des sons étouffés lui parvinrent aux oreilles. Elle ne pouvait pas distinguer le contenu de la conversation mais les intonations lui semblaient furieuses.

Soudainement, la porte s'ouvrit à la volée et un homme à la silhouette imposante apparut dans l'encadrudre, tirant par le bras une autre personne.

L'homme la fit valser sans cérémonie à l'intérieur de la pièce et referma la porte d'un coup sec, plongeant de nouveau la pièce dans l'obscurité la plus totale. Les voix continuèrent leur dispute silencieuse pendant quelques instants, puis le silence revint.

Ginny entendit la personne se relever puis se diriger vers la porte, tentant désespérément de l'ouvrir, comme elle- même quelques instants plus tôt.

La personne fut bien plus déterminée que Ginny et elle ne renonça qu'un bout de dix minutes. Ginny entendit la personne, une fille au son de la voix – lancer des jurons.

« Ça ne sert à rien. » lança Ginny.

Sa voix lui parut étrangement faible et elle entendit la fille laisser échapper un hoquet de stupeur.

« Qui est là ? » demanda la fille.

« Ginny Weasley. »

La fille jura une nouvelle fois, plus vulgairement, cette fois.

« Qui es-tu ? » demanda Ginny avec curiosité.

« Romilda Vane. »

Ginny ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. De tous les étudiants qui remplissaient cette école, il avait fallu qu'elle se retrouve emprisonnée par les Mangements avec Romilda Vane, cette satanée Gryffondor qui lui causait tant de maux.

« Dites-moi que c'est une blague. » grogna-t-elle avec frustration. « Comment tu t'es retrouvée ici ? »

« Je te cherchais et j'ai croisé ces trois personnes au détour d'un couloir. Ils m'ont laissé ici. Qui sont-ils ? »

« Tu n'as pas reconnu leurs masques, Vane ? Ce sont des Mangemorts. » répliqua Ginny.

Un long silence suivit sa révélation.

« Tu regrettes de m'avoir suivi, pas vrai, Vane ? » demanda Ginny avec dédain. « Tu vas probablement mourir car tu ne peux pas t'empêcher de te mêler des affaires des autres. »

Vane resta silencieuse et Ginny attendit patiemment sa réaction. Après quelques instants, Vane se dirigea à nouveau vers la porte, et donna de grands coups sur celle-ci.

« Pour l'amour de Salazar, arrête ça immédiatement Vane. Tu vas ameuter tout le village. » rugit Ginny d'une voix furieuse. « Tu cherches vraiment à te faire tuer. »

« Il faut bien que quelqu'un fasse quelque chose. » répliqua Vane.

« Ce n'est pas le moment pour ton courage de Gryffondor. Je ne vais pas me faire tuer à cause de ton imbécilité. »

Vane sembla se résigner.

« Au moins, je cherche des solutions. » l'entendit-elle murmurer dans sa barbe.

« Commence par chercher des solutions qui fonctionnent. » déclara Ginny en levant les yeux au ciel.

Un silence s'installa de nouveau dans la pièce. Vane fut la première à la rompre en commençant à gémir.

« De quoi s'agit-il cette fois, Vane ? » demanda Ginny avec agacement.

« Il est bientôt neuf heures passées, tout le monde est retourné dans sa salle commune, ou son dortoir. Personne ne va remarquer que nous avons disparu avant des heures. » déclara Vane, une once de crainte dans la voix.

« Tes amies ne vont pas s'inquiéter si tu ne rentres pas dans ton dortoir ? »

« Je ne sais pas. » répondit Vane « Personne ne sait ce que je faisais à part… »

Vane se tut soudainement, comme si elle en avait trop dit.

« A part qui, Vane ? » insista Ginny.

« A part Emelyn Hawke. »

Cette fois, ce fut au tour de Ginny de jurer lourdement.

« Elle t'a demandé de me suivre ? » demanda Ginny.

Le silence de Vane suite à sa question fut des plus parlants.

« Pourquoi ? » insista Ginny.

« Elle voulait que je t'empêche de parler aux Professeurs. »

« Et tu t'es exécutée comme un bon petit chien de garde. » ironisa Ginny avec amertume.

« Je ne voulais pas le faire, Weasley. Elle ne m'a pas laissé le choix ! » se justifia Vane.

Ginny ne répondit pas, sentant la colère lui monter aux joues. A cause de l'idiotie de Vane, elle ne verrait probablement pas l'aube. Cette réalisation lui retourna le ventre, et elle se sentit nauséeuse. Que feraient d'elles les Mangemorts ?

/

Harry Potter transplana sur les dalles lisses de la rue principale Pré-Au-Lard, Albus Dumbledore à sa suite. Il jeta un regard inquiet en direction du Directeur. Il paraissait extrêmement affaibli et prenait appui sur le bras d'Harry. Son visage était pâle, ses lèvres asséchées et son regard, habituellement éclairé et amusé, semblait vide.

Pour la première fois de sa vie, Harry vit Dumbledore pour ce qu'il était vraiment : un vieil homme.

« Professeur, vous pouvez marcher ? » demanda-t-il à l'attention du Directeur.

Ce dernier hocha la tête, et tenta quelques pas précautionneux, maintenant le soutien d'Harry.

Harry jeta un regard prudent aux alentours. Le village était désert, comme chaque soir depuis ces derniers mois. Un couvre-feu officieux avait été instauré au début de l'année en réponse aux attaques de Mangemorts, devenues plus régulières. Des Aurors patrouillaient dans les rues du village, près des Trois Balais, le seul établissement où l'on pouvait apercevoir des lumières.

L'Auberge de Madame Rosmerta se situait à l'étage au-dessus de son pub, et autorisait les clients à fréquenter le bar jusqu'aux petites heures du matin tant qu'ils résidaient dans l'Auberge pour la nuit.

Les Aurors ne semblèrent pas sourciller en reconnaissant Albus Dumbledore. Personne n'osait faire de remarques au Directeur. Ils ne remarquèrent pas Harry, dissimulé sur sa cape d'invisibilité.

Les deux hommes se dirigèrent vers un bar excentré, loin de l'ambiance chaleureuse et accueillante des Trois Balais. Ce pub-là, semblait louche et mal famé. Les portes et les fenêtres de l'établissement étaient closes mais Harry s'approcha tout de même de la porte et cogna à cinq reprises de manière espacée contre le vieux bois moisi. Après quelques secondes, on put apercevoir de la lumière à travers la serrure et la porte s'ouvrit lentement, laissant apparaitre un vieil homme dans l'encadrudre. Il s'effaça pour les laisser entrer dans son établissement.

A l'instar des Trois Balais, La Tête de Sanglier faisait office de pub et d'auberge. L'endroit était plutôt miteux et une vieille odeur de chèvre imprégnait les lieux. Harry ne s'en formalisa pas et retira sa cape d'invisibilité, soupirant de soulagement. A ses côtés, Albus Dumbledore semblait toujours affaibli et il l'aida s'installer sur l'une des chaises crasseuses du pub. Le propriétaire apporta un verre d'eau au Directeur qui s'en empara d'un geste avide avant d'en boire le contenu à grandes gorgées.

« Merci Abe. » le remercia Harry en lui adressant un regard reconnaissant.

Il s'installa à son tour sur une chaise qui grinça sous son poids.

« Il m'a l'air dans un sale état. » commenta Abelforth.

Harry jeta un regard en direction d'Albus, avachi dans son siège, une expression de douleur sur son visage.

« Longue histoire. » répondit Harry d'un ton énigmatique avant de se lever et de se diriger vers l'une des fenêtres.

Des planches de bois avaient été placardées sur la plupart des fenêtres, rendant presque impossible la visibilité à l'extérieur du pub. Une faible embrasure lui permit cependant de distinguer la rue principale de Pré-Au-Lard. L'avenue était vide, et seules des lumières venant d'habitations lointaines se firent apercevoir. Il plongea la main dans sa poche, serrant sa baguette par reflexe, méfiant.

« Longue histoire qui ne m'intéresse pas, Potter, je vous rassure. » répliqua Abelforth d'un ton bourru.

Harry ne put s'empêcher d'esquisser un faible sourire. A de nombreux égards, Abelforth était bien différent de son frère Albus. Contrairement à ce dernier, il semblait en quête perpétuelle d'une vie ordinaire, sans problèmes. Il ne cherchait pas la gloire, simplement la tranquillité.

Il se dirigea vers le bar et agita sa baguette en direction d'un balai auquel il manquait la moitié du manche. L'objet s'anima dans le bar, nettoyant la poussière incrustée sur le sol.

« Al a toujours voulu faire les quatre cent coups, regardez où ça l'a mené. » commenta-t-il en se baissant pour saisir une bouteille de brandy et des verres.

« Il n'a jamais voulu être comme les autres. Toujours attiré par la grandeur, et les célébrités comme vous, Potter. » poursuivit-il dans son bar. « Au détriment de sa propre famille. »

« Il ne s'agit pas de grandeur ni de célébrité. Nous sommes en guerre. » lança Harry d'un ton un peu froid.

Bien qu'il se fût habitué aux discours d'Abe, cela ne signifiait pas qu'ils ne l'agaçaient plus. Peu enclin à se retrouver au milieu de leur rivalité fraternelle, il interrogea :

« Quelle heure est-il ? »

« Onze heure quarante. » répondit Abe alors qu'il avalait son verre de brandy en une seule gorgée.

« Le portoloin devrait s'activer dans cinq minutes. » déduisit Harry.

L'accès à Poudlard était restreint par diverses protections et sortilèges de défense. Depuis plusieurs mois, Harry et Dumbledore quittaient régulièrement l'enceinte de l'école afin d'investiguer sur les Horcruxes. Le Directeur avait créé divers Portoloins s'activant à un horaire précis et utilisable uniquement par ses soins. Albus Dumbledore avait une profonde compréhension des protections de Poudlard étant donné qu'il avait érigé la plupart d'entre elles. Son statut de Directeur lui permettait également de contrôler toutes les protections bâties par les quatre fondateurs.

Cette nuit-là avait été particulière. Après des semaines de recherches infructueuses ils étaient parvenus à localiser l'un des Horcruxes, le Médaillon de Salazar Serpentard et Dumbledore avait réussi à le détruire. L'action n'avait pas été sans conséquences. Il avait été grandement affaibli par la magie noire de l'objet.

« Il est temps » déclara Harry en se dirigeant vers le Directeur.

Il posa son bras autour de la taille du vieil homme afin de l'aider à se relever. Dumbledore s'exécuta avec difficulté, murmurant des paroles incompréhensibles dans sa barbe. Le portoloin, un vieux porte-bougies, se trouvait au-dessus de la cheminée. À vingt-trois heures quarante-cinq pétantes, Harry posa sa main ainsi que celle de Dumbledore sur le portoloin et ils furent aspirés dans un tourbillon.

Ils prirent pied dans le bureau du Directeur. Avec horreur, Harry constata qu'ils n'étaient pas les seuls occupants de la pièce. Pire encore, leurs invités ne se semblaient pas leur passer une visite de courtoisie. Augustus Rookwood, Bellatrix et Rodolphus Lestrange leur faisaient face.

« Deux pour le prix d'un. » se réjouit Bellatrix Lestrange.

/

Hermione Granger parcourut les derniers mètres qui la séparaient des portes principales de Poudlard. Jamais elle ne s'était sentie aussi en confiance de sa vie. Elle avait l'impression de pouvoir conquérir le monde entier que chacune de ses entreprises se solderaient en succès. La sensation était grisante.

Elle jeta un regard à sa montre. Il lui restait exactement dix heures de chance liquide. Elle aurait largement le temps de mener à bien ses plans dans ce laps de temps. A l'aube, elle serait définitivement débarrassée de ses problèmes. A l'aube, Harry Potter se retrouverait enfin dans les mains du Seigneur des Ténèbres. A l'aube, elle obtiendrait finalement l'objet de tous ses désirs.

D'un geste confiant, elle ouvrit les grandes portes donnant accès à l'extérieur. Dehors, la pleine lune brillait dans le ciel et une brise légère lui caressa le visage. À peine eut-elle parcouru quelques mètres qu'elle se retrouva nez à nez avec deux Aurors. L'un deux, un homme court à la mâchoire carrée et au crâne rasé s'avança vers elle.

« C'est l'heure du couvre-feu. » rappela homme d'un air sévère.

Hermione se rua vers lui, s'accrochant à sa robe de sorcier, faisant mine de sangloter.

« Aidez-moi. » plaida-t-elle d'une voix chevrotante.

Les deux Aurors échangèrent un long regard intrigué.

« Que se passe-t-il ? » demanda la seconde Auror, une femme à l'apparence peu bienveillante.

Elle souhaita d'abord inventer une excuse mais le Felix Felicis lui persuada de dire la vérité.

« Des Mangemorts. Des Mangemorts dans l'école. » murmura Hermione, simulant la panique.

« Où sont-ils ? » demanda l'Auror, adressant à son partenaire un regard alarmé.

« Dans les cachots. » répondit Hermione. « Je peux vous y mener si vous le souhaitez. »

« Allons-y. » ordonna l'homme.

Hermione les mena à l'escalier qui descendait aux cachots. La marche fut silencieuse, rythmée uniquement par le bruit de leurs pas.

Les cachots semblaient plus lugubres qu'à leur habitude et Hermione vit la femme resserrer sa prise sur sa baguette, observant les lieux avec prudence.

« Où sont-ils ? » demanda à nouveau l'homme, se tournant vers Hermione.

Elle ne répondit pas et se contenta de pointer du doigt l'autre côté du couloir.

« Hominum revelio. » lança la femme Auror. « Lumos. »

Elle se tourna vers son collègue.

« Personne. »

Les deux Aurors se tournèrent vers Hermione. Elle aurait sans doute été intimidée dans un autre contexte. Toutefois, elle savait qu'il était crucial qu'elle les retienne dans les cachots.

« Si c'est une plaisanterie… » commença l'homme d'un ton menaçant. »

Un cri déchirant résonna dans l'obscurité et les deux Aurors échangèrent un regard avant de se ruer vers les tréfonds des cachots, où le hurlement s'était fait entendre.

Hermione les suivit mais resta en retrait. Ils se retrouvèrent devant la porte du bureau du Professeur Rogue. Ils échangèrent quelques paroles puis l'un deux agita sa baguette devant la porte. Celle-ci ne bougea pas.

L'homme posa sa main sur la poignée de la porte. Dès que ses doigts firent contact avec la celle-ci, il laissa échapper un hurlement. Il recula de quelques mètres tenant son poignet avant de tomber à genoux, criant de douleur.

La surface de sa main avait été profondément brulée et de larges cloques blanchâtres la recouvraient.

« Walcott ! » s'écria sa partenaire en se ruant sur lui.

Le dénommé Walcott semblait convulser sous la douleur et ses hurlements résonnèrent dans les cachots. Sa partenaire, elle, sembla garder son calme alors qu'elle s'agenouillait devant Walcott et la forçait à se mettre en position allongée. Ignorant les plaintes de son collègue et d'un geste discipliné, elle agita sa baguette sur la manche de Walcott.

Hermione constata que la brûlure s'était étendue sur son avant-bras. L'Auror lança une série de sortilèges en direction de la brûlure. Aucun ne sembla fonctionner et Hermione vit que la main de Walcott était désormais noirâtre. La peau et ses tissus semblaient totalement carbonisés.

« C'est de la magie noire, Walcott. » constata la femme, une soudaine panique se faisant entendre dans sa voix. « Ça se propage trop rapi… »

Elle ne termina pas sa phrase car la porte du bureau s'était ouverte à la volée.

Hermione avait peu de visibilité sur le bureau mais le regard terrifié de l'Auror la persuada de ne pas approcher. L'Auror semblait terrifiée par ce qu'elle voyait dans l'encadrudre de la porte.

Les secondes suivantes défilèrent à une rapidité extraordinaire. Hermione vit une ombre massive bondir à travers la porte du bureau et se jeter vers l'Auror. Cette dernière tenta de jeter un sort mais rata son assaillant qui se dirigea vers elle avec une vitesse anormale.

Il s'agissait d'un animal, ressemblant vaguement à un loup. La créature était plus large, plus imposante et plus puissante qu'un loup ordinaire. Hermione entendit l'Auror crier alors que le loup lui sautait à la nuque, plantant ses crocs pointus et acérés dans sa peau. Hermione entendit un craquement et les hurlements s'arrêtèrent d'un coup.

La créature abandonna sa prise sur le corps de sa victime et se dirigea vers Walcott. Ses hurlements de douleurs avaient cessé. Le sortilège semblait s'être étendu à son corps entier et avait même pris une couleur noirâtre. Seuls des bruits étouffés sortaient de sa gorge, comme s'il éprouvait des difficultés à respirer. La créature commença à renifler l'homme agonisant et au bout de quelques instants, sembla décider qu'il n'était pas intéressé.

Hermione n'osait pas respirer. Elle commença à reculer lentement, les yeux toujours rivés sur la créature sanguinaire, terrifiée à l'idée de se faire remarquer. Mais l'ouïe de l'animal semblait très développée car il se tourna vers elle dès qu'elle esquissa un pas.

Il commença à rugir de manière menaçante, laissant apparaître les crocs pointus qui remplissaient sa gueule. Il avançait lentement dans sa direction, visiblement prêt à attaquer.

Hermione entendit un faible son, ressemblant à un sifflement. Cela sembla alerter l'animal qui détacha son attention d'Hermione avant de se retourner et galoper en direction du bureau.

Hermione se rua vers l'escalier en bénissant intérieurement le Felix Felicis afin de quitter les cachots. Elle ne lança même pas un regard en direction de Walcott.

/

Ginny Weasley devenait folle. Comme si être jetée dans un pièce lugubre sous la menace de Mangemorts n'était pas assez horrible, elle devait désormais supporter l'héroïsme mal placé de Romilda Vane.

Cette dernière s'était mise en tête de quitter leur prison sordide en tentant diverses méthodes. Elle avait d'abord hurlé à en perdre la voix en direction de la porte, donnant des coups furieux contre celle-ci, dans l'espoir de se faire entendre. Elle avait fini par se fatiguer.

Lorsqu'elles avaient réalisé qu'elle se trouvait dans une remise à Potions, Vane avait ensuite tenté d'ouvrir l'un des placards de la pièce, à la recherche d'un objet pouvant les aider à se défendre. Le meuble était resté résolument clos. Agacée, Ginny lui avait fait remarqué que sans sa baguette magique, ces entreprises étaient vouées à l'échec.

« Donne-moi une meilleure solution, Weasley. » siffla Vane entre ses dents.

« Rester tranquille et ne pas faire de vagues. S'ils nous ont enfermé, c'est probablement parce qu'on pourra leur être utile. » déclara Ginny d'une voix qu'elle tenta de rendre confiante devant Vane. « Il faut comprendre ce qu'ils veulent et leur donner. »

Toutefois, Ginny était loin d'être convaincue par son propre discours. La vérité était qu'elle était effrayée à l'idée de ce qui pouvait lui arriver. Encore plus angoissant encore, elle craignait ce que feraient les Mangemorts durant leur séjour dans l'école. Elle savait qu'Harry Potter serait leur cible certaine et la pensée que son ex-petit ami se retrouve entre les mains des partisans de Voldemort la terrifiait encore plus que son propre sort.

Ginny entendit à nouveau du bruit de l'autre côté de la porte. Elle s'approcha du mur, se recroquevillant dans un coin. La porte s'ouvrit à nouveau et elle entendit des pas entrer dans la pièce.

Un sortilège fut prononcé et des lanternes illuminèrent chaque recoin de la pièce. Ginny cligna des yeux, s'habituant difficilement à la soudaine lumière qui l'aveugla presque. Elle distingua Vane, recroquevillée à l'autre bout du de la pièce, contre un mur. Deux hommes les toisaient. L'un deux était massif, avec des épaules larges et la carrure robuste. Des cheveux ou des longs poils gris hirsutes recouvraient les côtés de son visage. Sa bouche s'étira en un sourire pervers laissant apparaitre une rangée de dents pointues et jaunes.

« Je vous reconnais, vous êtes ce loup-garou, Fenrir Greyback ! » dit Vane.

Le seul loup-garou que Ginny n'ait jamais vu se nommait Remus Lupin. Toutefois, sa lycanthropie était contrôlée et jamais elle n'avait ressenti une once de danger à proximité. Fenrir Greyback, toutefois, émanait la malveillance, le danger et la perversion. Il collait parfaitement à la description qu'elle s'était toujours fait d'un loup garou depuis son enfance.

« Ma réputation me précède donc. » commenta Greyback avec un rictus réjoui.

Il se tourna en direction de l'autre homme.

« Attache-les. »

Le second homme, bien plus frêle que Greyback, fit quelques pas en direction de Ginny. Il s'arrêta soudain, jetant un regard soumis à Greyback. Ce dernier leva les yeux au ciel.

« Si j'avais su que tu étais un fichu cracmol, je ne t'aurais pas choisi. » grogna Greyback avant de lever sa baguette en direction de Ginny, faisant apparaitre des lianes autour d'elle, l'emprisonnant fermement. Il fit de même pour Vane qui tenta de se débattre furieusement. Les lianes se serrèrent davantage autour d'elle, l'empêchant d'esquisser le moindre mouvement.

Greyback ferma la porte, tira une chaise sur laquelle il s'installa calmement, observant Ginny et Romilda comme un félin guettait des proies vulnérables.

L'autre homme s'était retiré près du mur. Ginny remarqua qu'il tremblait légèrement, comme s'il était malade. Son visage était pâle et en sueur.

« Que voulez-vous ? » demanda Ginny à l'attention de Greyback. « Nous ne savons rien. Laissez-nous partir et je vous promets que nous ne dirons rien. »

Greyback lui lança un regard amusé.

« Pourquoi je te laisserai partir, trésor ? Toi et ta petite copine êtes une assurance supplémentaire. »

« Une assurance pour quoi ? »

« Pour nous assurer que Dumbledore et sa petite bande fasse exactement ce qu'on leur demande. »

« C'est-à-dire ? » insista Ginny.

Greyback éclata d'un rire bourru et se tourna vers l'autre homme.

« Tu entends ça, Hartnett ? 'Semblerait que la rouquine aime poser des questions. » dit-il avec moquerie.

Il se leva soudainement et une fraction de secondes, son visage fut près de celui de Ginny. Il émanait une odeur de sueur, mêlée à de la terre et à du sang.

« C'est moi qui pose les questions ici, petite idiote. Reste silencieuse avant que je m'occupe personnellement de te faire taire. » siffla-t-il d'un ton menaçant. « Compris ? »

Ginny détourna le visage et hocha la tête avant de baisser le regard vers le sol. Greyback retourna sur son siège, l'air satisfait.

« Fils, approche. » ordonna Greyback à l'attention du dénommé Hartnett.

Ginny observa son visage et devina qu'il ne devait pas être plus vieux qu'elle. Il transpirait à grosses gouttes et paraissait souffrant.

« Ce soir, c'est ton initiation. » dit Greyback. « Et quel meilleur endroit pour dénicher tes premières victimes qu'une école ? Aucun, je te le garantis. »

Il fit une pause, semblant se remémorer des souvenirs particulièrement réjouissants.

« Les enfants sont les meilleures proies. Leur sang a un goût particulier, grisant. Une fois transformés, ils deviennent les meilleurs loups de la meute. Ils peuvent être façonnés comme on le souhaite. »

Greyback désigna Ginny d'un geste de la tête.

« Celles-là sont déjà trop âgées. » dit-il. « Inutile de les transformer, elles seront difficiles à discipliner. »

Hartnett acquiesça de la tête d'un geste nerveux, observant les deux prisonnières tour à tour, l'air apeuré. Ginny et Romilda échangèrent un regard.

« Vous comptez transformer des élèves en loup-garou ? demanda Vane d'un ton horrifié. « Pourquoi ? »

« Pour étendre mon armée. Une fois que le Seigneur des Ténèbres sera au pouvoir, ma meute et moi-même auront finalement le statut que nous méritons. » assura Greyback.

Les loups garous faisaient l'objet d'une profonde discrimination parmi la communauté magique. La lycanthropie était considérée comme une maladie abjecte et le statut social des sorciers atteints de cette condition n'était guère plus élevé que les elfes de maison.

« Une meute ? » répéta Ginny, sans comprendre.

Les loup garous étaient habituellement solitaires et jamais Ginny n'avait entendu la notion de meute chez leur espèce.

« Ma race est supérieure à la vôtre, mais vous êtes trop aveuglés pour le voir. Vous n'avez aucune idée de nos capacités, de l'étendue de nos habilités. » cracha Greyback avec véhémence.

Il se leva d'un bond.

« J'ai acquis une profonde compréhension de ma condition et des dons qui m'ont été accordés. Un jour, notre nombre dépassera celui des sorciers. » indiqua-t-il. « Et nous pourrons instaurer notre structure sociale sur la communauté. »

« Quelle structure sociale ? » demanda Ginny en faisant mine d'être intéressée.

Vane lui lança un regard interloqué, ce à quoi Ginny répondit par un long regard appuyé. Le temps que Greyback passait à parler leur faisait gagner du temps. Peut-être que quelqu'un se rendrait compte de leur disparition et partirait à leur recherche.

« Chez les loups, la meute est une cellule familiale, hiérarchisée et centrée autour d'un couple dominant. » expliqua Greyback. « L'objectif est de rester unis pour être plus forts. Tous les membres ont un rôle bien précis au sein de la meute. C'est crucial car les loups sont des animaux puissants. Si jamais cet ordre n'existait pas, ils s'entretueraient. Il est donc naturel qu'ils cherchent à vivre ensemble. »

« Mais vous êtes un loup-garou. » rappela Vane, qui semblait avoir saisi l'instruction silencieuse de Ginny.

« En effet, l'alliance de deux races puissantes. Notre magie alliée à notre instinct, notre intelligence et notre hiérarchie naturelle nous rend supérieurs à de nombreux égards. » déclara Greyback, semblant ravi de l'intérêt porté à son discours.

« Je croyais que les loups garous étaient incontrôlables une fois transformés ? » demanda Ginny, essayant tant bien que mal de se souvenir du contenu de son cours de Défenses Contre les Forces du Mal.

Elle regrettait désormais d'avoir passé les heures dédiées au chapitre sur les Loup Garous à dessiner sur son parchemin au lieu de se consacrer à sa prise de notes.

« Encore une croyance des sorciers incapables de s'intéresser à nos réelles capacités. Les loups garous ont toujours été battus, humiliés, mis à l'écart à cause de leur condition. En raison de ce traitement, ils se sont aliénés, errant en loups solitaires. Les plus aliénés refusent leur vraie nature et se droguent de potions afin de réprimer cette partie d'eux-mêmes. » dit Greyback avec dégoût. « J'ai réussi à me libérer de la pression sociale et j'ai passé les quarante dernières années à rassembler mes frères et à offrir ce don à des sorciers. »

Ginny entendit un gémissement et se tourna vers Hartnett qui s'était agenouillé sur le sol. Son corps semblait en proie à une crise de tremblements sévères. Il se mit soudainement en position de fœtus, et commença à geindre de douleur.

« Que lui arrive-t-il ? » demanda Vane, l'air horrifié.

« Hartnett est l'un de mes frères aliénés que j'ai mordus il y a quelques années. Sa famille biologique le traitait comme un moins que rien et l'a forcé à réprimer ses aptitudes. Il a finalement décidé de rejoindre les siens et d'explorer sa vraie nature. Il s'agit de sa première transformation. » expliqua Greyback avec excitation.

Hartnett se contorsionna dans tous les sens et Ginny entendit des craquements d'os.

« C'est la plus douloureuse et la plus enivrante. J'ai encore le goût du sang de ma première victime à l'esprit. Doux nectar. » commenta Greyback.

Hartnett semblait crier à l'aide mais incapable de formuler la demande. Hartnett laissa échapper un long hurlement qui au fil des secondes résonna comme celui d'un animal blessé. La forme de son corps changea, de longs poils émergèrent de sa peau et après quelques instants, un loup gigantesque et terrifiant se retrouva face à elle.

« Les sorciers pensent que les loup garous sont des bêtes voraces, incontrôlables. Leur ethnocentrisme les a empêchés de réaliser que les loups obéissent à une règle supérieure, celle de l'Alpha. » expliqua Greyback.

Le loup garou resta sur place, comme s'il attendait des instructions.

« La seule unique raison pour laquelle Hartnett ne vous a pas encore réduite en morceaux est simple. Il sait qu'il ne peut pas se nourrir tant que son Alpha, moi en l'occurrence, n'aura pas touché à la nourriture. » dit-il avec un rictus, faisant apparaitre ses dents jaunes. « Son instinct le force à obéir à chacun de mes ordres. »

Un cri se fit entendre de l'autre côté de la porte et Greyback parut se tendre, aux aguets. Un son étrange sortit de sa gorge et il se dirigea vers la porte, le loup garou sur ses talons.

« Il faut qu'on sorte d'ici. » murmura Vane avec horreur. « Il va nous tuer. »

Elle tenta de se défaire de ses lianes, mais sans succès. D'autres cris se firent entendre et elles échangèrent un regard paniqué.

Ginny se déplaça vers Romilda tant bien que mal.

« Essaye de retirer mes liens. »

Elle vit Vane se retourner et constata que ses mains étaient liées dans son dos, rendant la tâche quasiment impossible.

« Je ne peux pas. » gémit Vane d'un ton désespéré.

Ginny observa autour d'elle, l'air paniqué, à la recherche du moindre élément lui permettant de retirer ses liens. Ses yeux tombèrent sur la robe de sorcier qu'avait laissé Hartnett derrière lui lors de sa transformation.

Avec difficulté, elle parvint à se hisser près de pile de vêtements abandonnés. Elle se pencha en arrière, tâtonnant avec ses mains dans la pile. Elle sentit un objet solide dans l'une des poches de la robe de sorcier et faillit crier de joie lorsqu'elle aperçut une dague. Visiblement dénué de pouvoirs magiques, Hartnett portait probablement l'objet afin de se défendre. Elle attrapa l'arme entre ses doigts et se dirigea vers Vane.

Ginny commença à couper les lianes qui emprisonnaient Vane et sous la lame, elles se scindèrent avec facilité. Après quelques instants, les mains de Vane étaient libres et elle put facilement se détacher des cordes. Une fois libre, cette dernière coupa les lianes de Ginny.

« Que fait-on ? » demanda Vane. « Ils vont sûrement revenir d'une minute à l'autre. Nous avons une arme, attendons le devant la porte et dès qu'il entre, il faudra le neutraliser avec. »

« Nous n'avons qu'une arme. Il a une baguette ET un loup-garou, c'est trop risqué. Sans parler du fait qu'il va probablement se transformer, c'est la pleine lune. » déclara Ginny d'un ton anxieux.

Elle sembla réfléchir.

« J'ai une idée. » murmura-t-elle finalement en levant les yeux vers Vane. « Mais tu ne vas pas l'aimer. »

/

Harry Potter analysa rapidement la situation devant lui, cherchant à trouver une issue.

Dans d'autres circonstances, le fait d'être aux côtés du seul homme que Lord Voldemort n'ait jamais craint aurait dû le rassurer. Cependant, voir Albus Dumbledore dans son actuel état chétif le rendait nerveux. A cet instant, il s'agissait plus d'un fardeau qu'un réel appui.

Les trois Mangemorts face à lui ne feraient aucune concession, il en était conscient.

« Deux pour le prix d'un. » lança Bellatrix Lestrange d'une voix ravie.

Son sourire vicieux et la lueur corrompue visible dans ses yeux lui donnait l'air plus pervers qu'à l'accoutumée. Elle fit quelques pas dans le bureau, se pavanant comme si elle était la propriétaire des lieux. Elle joua avec plusieurs objets exposés sur les diverses étagères du bureau, l'air amusé.

Harry jeta un regard au coin de l'œil à Dumbledore. La présence des Mangemorts semblait l'avoir sorti de sa léthargie, et il paraissait plus éveillé que quelques minutes auparavant.

« Comment allez-vous Bellatrix ? » demanda Dumbledore avec calme. « Je ne vous avais pas vu depuis le début de votre incarcération à Azkaban. »

Il avait parlé sur le ton des banalités, comme s'il rencontrait une vieille connaissance après de longues années d'absence.

« Mieux depuis ma sortie, vieillard. » répondit Bellatrix avec morgue.

Harry entendit des toussotements indignés en provenance des nombreux tableaux accrochés aux mur du bureau directorial. Certains tableaux semblaient choqués par la familiarité de Bellatrix Lestrange envers le Directeur.

Cette dernière ne sembla pas s'en soucier. Ses yeux sombres se posèrent sur Harry. Un sourire faussement complaisant s'étira sur ses lèvres minces.

« Potter, un bail que nos chemins ne s'étaient pas croisés. Je crois qu'à notre dernière rencontre, j'avais tué ton cher petit parrain Sirius. » dit-elle, semblant se remémorer un souvenir particulièrement plaisant.

La mâchoire d'Harry se contracta et il serra ses doigts davantage autour de sa baguette. Intérieurement, il bouillait de rage mais ne le fit pas paraître. Bellatrix s'attendait visiblement à ce qu'il réagisse de manière irréfléchie car elle lui adressa un regard étonné.

« C'est qu'on est devenu calme Potter. Vous l'avez bien dressé, Dumbledore. » commenta-elle d'un ton moqueur en les observant tour à tour. « Il y a encore deux ans tu pleurnichais en tentant de m'envoyer un Doloris. »

« Beaucoup de choses ont changées en deux ans. » répliqua Harry avec froideur. « Cette fois, il n'y aura pas d'hésitations et pas de ratés. »

« Oh oh, tellement mordant, Potter. J'adore ça. » dit-elle en lui adressant un clin d'œil appréciateur. « Un vrai petit soldat ! Je suis presque impressionnée. »

Elle semblait s'amuser comme une folle.

« Dommage que tu sois un infâme petit sang-mêlé. » poursuivit-elle ensuite, changeant radicalement de ton.

Son expression amusée se transforma en une grimace dégoutée. Dumbledore fit quelques pas en direction de son bureau, puis s'installa sur le siège derrière son bureau.

« Malgré ces camaraderies, j'imagine que vous n'êtes pas ici pour une visite de courtoisie. Je vous propose d'expliquer la raison de votre présence ici, afin que l'on puisse retourner à nos activités respectives. » déclara Dumbledore avec calme.

Bellatrix lui jeta un regard interloqué.

« Vous pensez sincèrement que nous sommes ici pour discuter ? » demanda-t-elle avec effarement. « Alors vous êtes encore plus maboul que je le pensais. »

« Dans ce cas, pourriez-vous m'éclairer ? » demanda Dumbledore d'une voix intéressée.

« Cela fait des mois que nous avons infiltré un espion dans votre école, Dumbledore. » déclara Rodolphus. « C'est elle qui nous a introduit dans votre école. »

C'était la première fois depuis leur arrivée qu'il prononçait la moindre parole. Il paraissait plus posé que son épouse.

« Et l'un de vos professeurs nous a aidé. » ajouta Bellatrix avec satisfaction. « Sous votre nez, depuis des mois, sans que vous le sachiez. »

Harry jeta un regard médusé à Dumbledore qui n'avait pas sourcillé. Un malaise s'était installé en lui lorsqu'il avait entendu la révélation de Lestrange. Son malaise s'accrut davantage lorsqu'il réalisa que Dumbledore, lui, ne semblait pas surpris.

« Impressionnant. » commenta Dumbledore. « Quel moyen avez-vous utilisé pour introduire l'école, si je peux me permettre ? »

« Une armoire à disparaître, connectée à Barjow et Burke. » répondit Bellatrix avec un rictus.

« Ingénieux. »

« Bella. » intervint Rodolphus, d'un ton impatient.

Il semblait pressé d'en finir, contrairement à Bellatrix, qui, paraissait se délecter de narguer Dumbledore.

« Excusez-moi, j'en viens presque à oublier mes bonnes manières. Ce n'est pas une manière d'accueillir des visiteurs. » dit soudainement Dumbledore.

Il se tourna vers l'un des nombreux tableaux d'anciens directeurs ornant le mur.

« Dilys, voulez-vous bien demandez aux elfes de nous apporter quelques rafraichissements ? » demanda-t-il. « J'imagine qu'ils sont actuellement en train de mettre un peu d'ordre dans les cuisines après la mauvaise blague de Peeves, ce matin. »

Dans le tableau, Harry vit Dilys Derwent, l'une des anciennes directrices, disparaitre du cadre. Du coin de l'œil, il remarqua Phineas Black s'était également levé et avait quitté son portrait.

« Ce ne sera pas nécessaire, Dumbledore. Nous … » intervint Rodolphus.

« Laisse-donc un vieil homme savourer son dernier verre de liqueur. » interrompit Bellatrix à l'attention de son époux.

Rodolphus parut agacé mais ne contredit pas Bellatrix.

« Après tout, nous fêtons une occasion spéciale. » ajouta Bellatrix, avec délectation.

« Laquelle, si je-puis me permettre ? » demanda Dumbledore, l'air réellement intéressé.

« Votre chute. La mort de Potter. La victoire du Seigneur des Ténèbres. » répondit Bellatrix d'un ton réjoui.

Elle tapa dans ses mains, comme une enfant sur le point de recevoir son cadeau d'anniversaire.

« Un tel dénouement ne se produirait uniquement si vous étiez capable de me neutraliser. Et croyez-moi Bellatrix, je sais que vous êtes une sorcière talentueuse, mais il serait absurde de penser que vous pourriez le faire. »

« Dumbledore, vous savez plus que quiconque que je suis une fervente partisane de la violence. Mais je ne compte pas lutter aujourd'hui. Vous et Potter allez gentiment vous rendre et de plein gré. »

« Jamais. » rétorqua immédiatement Harry.

Dumbledore lui adressa un regard bienveillant.

« Je crois qu'Harry a bien résumé ma pensée. »

Le sourire de Bellatrix s'élargit encore, et une lueur surexcitée apparut dans son visage. Elle semblait ravie de leur réponse.

« Ai-je omis de préciser que deux de vos étudiantes sont actuellement enfermées en compagnie du loup garou Fenrir Greyback ? » demanda-t-elle d'une voix fluette, faisant mine de couvrir sa bouche avec ses mains. « Oups. »

L'effroi emplit Harry. Il coula un regard vers Dumbledore, dont l'air bienveillant avait totalement disparu. Son visage arborait désormais une expression dure et austère. Toutefois, Harry le connaissait assez pour reconnaitre de l'inquiétude dans ses yeux.

« Vous connaissez les inclinaisons de Greyback, n'est-ce pas Dumbledore ? Vous savez qu'il serait ravi d'infliger les pires tourments à vos élèves ? Je ne vous apprends pas l'ampleur de sa perversité. Je suis une sainte à ses côtés. » ajouta-t-elle avec un éclat de rire.

Elle s'était approchée du bureau de Dumbledore et caressa le rebord du meuble avec sa baguette.

Harry observa les deux Mangemorts restés en retrait. Augustus Rookwood et Rodolphus Lestrange étaient deux Mangemorts redoutables, sans l'ombre d'un doute. Le combat serait probablement rude.

« Vous ne toucherez pas à mes élèves. » dit Dumbledore en haussant la voix.

Ses paroles avaient résonnées dans tout le bureau et il s'était relevé, son imposante silhouette dominant Bellatrix, face à lui. Cette dernière perdit son rictus satisfait et sembla presque frêle et apeurée face à la superbe d'Albus Dumbledore. Elle recula de quelques pas et les deux autres Mangemorts brandirent leurs baguettes en direction de Dumbledore. Harry brandit la sienne immédiatement, la pointant sur Bellatrix.

Seul Dumbledore était désarmé. Toutefois, devant son bureau directorial, posté dans une cette position impérieuse et supérieure, il paraissait plus puissant que jamais.

« AVADA KEVADRA ! » hurla Bellatrix avec rage en direction de Dumbledore.

« Impedimenta maxima. » avait chuchoté Dumbledore au même moment, semblant anticiper l'attaque.

Le sortilège d'Entrave de Dumbledore, dont la puisse était décuplée, était quasiment parvenu à figer tous les mouvements de tous les occupants de la pièce, ceux d'Harry y compris.

Seul Dumbledore n'était pas impacté et il se tourna vers Harry, l'air grave.

« Je n'ai que quelques secondes Harry. » dit-il d'une voix faible. « Les membres de l'Ordre du Phénix sont en chemin. Il est impératif que tu sortes et que tu trouves les élèves capturés. »

Harry voulut répliquer mais les mouvements ralentis de sa bouche l'en empêchèrent.

« Protège l'école avant tout, Harry. C'est notre avantage. Détruis les deux derniers Horcruxes. » continua Dumbledore d'une voix faible.

Il semblait s'affaiblir à vue d'œil.

« Ne renonce pas à l'amour, c'est ta force. Entoure-toi de tes proches et tu vaincras Tom. »

L'effroi emplit l'esprit d'Harry alors qu'il réalisait qu'Albus Dumbledore lui faisait ses adieux. Il voulut hurler, mais sa gorge resta silencieuse, refusant d'émettre un son complet sous l'effet du sort.

« J'ai confiance en toi. Tu nous sauveras tous. » acheva-t-il avec un faible sourire. « Un jour, j'espère, tu me pardonneras et tu comprendras tous mes choix. »

Il observa Harry un mélange d'attachement et de tristesse avant de brandir sa baguette, la pointant sur Bellatrix.

« Invertatur. »

Le décor sembla s'accélérer devant les yeux d'Harry. Aussitôt que Dumbledore eut prononcé le sortilège, tous les occupants de la pièce retrouvèrent l'usage et la vélocité normale de leurs mouvements.

La baguette de Bellatrix dévia étrangement vers le haut et son sort fatal fut redirigé vers le plafond, détruisant une gargouille qui se disloqua et tomba devant Rookwood. Bellatrix parut estomaquée.

Profitant de ce moment d'inattention de sa part, Harry pointa sa baguette dans sur le sol, sous elle.

« Deprimo ! »

Le sol à son niveau s'affaissant brutalement avant de s'effondrer dans un craquement lourd, créant une ouverture massive au plein du milieu du bureau. Bellatrix chuta dans l'ouverture, laissant échapper un cri de surprise.

Un sort lancé par Rodolphus lui érafla l'épaule et Harry se rua à toute vitesse dans le trou crée par son sortilège, sa baguette brandie devant lui. Il tomba doucement sur le sol du couloir grâce à un sortilège de Coussinage.

« Harry ! » entendit-il derrière lui.

Il se retourna et vit Nymphadora Tonks, Auror et membre de L'Ordre du Phénix, devant la gargouille donnant accès au bureau de Dumbledore. Non loin d'elle, Remus Lupin se livrait en duel avec Bellatrix Lestrange qui semblait avoir repris ses esprits. Elle envoyait des sorts mortels en direction de Lupin, l'air enragé.

« Derrière-toi ! » prévint Tonks.

Rodolphus s'était visiblement rué à la suite d'Harry dans le passage. Tonks, d'une rapidité étonnante, s'écria :

« Ventus ! »

Un tourbillon d'air, similaire à une tornade miniature jaillit de de sa baguette et frappa brutalement Rodolphus Lestrange qui se retrouva propulsé avec violence contre un mur. Sa tête heurta violemment la paroi et il tomba au sol, inanimé. Tonks le désarma et lia son corps inconscient. Harry lui jeta un regard surpris.

« Il devrait être hors d'état de nuit pour les prochaines heures. » commenta-t-elle avec fierté.

« Tonks, les ordres ! » hurla Lupin dans sa direction entre deux sortilèges.

Il fut heurté par un sortilège et tituba, une expression de douleur apparaissant sur son visage. Harry s'apprêta à lui venir en aide mais Tonks l'en empêcha et le tira par le bras.

« Lâche-moi ! » hurla Harry à son attention.

Au même instant, un BANG assourdissant se fit entendre au-dessus d'eux. Ils levèrent la tête d'un geste synchronisé vers le bureau du directeur dans lequel une explosion impressionnante semblait avoir eu lieu. Une partie du plafond s'écroula et Harry se jeta sur le côté, entraînant Tonks à sa suite, pour éviter l'avalanche. Une trainée de poussière était apparue autour d'eux, rendant la visibilité extrêmement difficile.

Lorsque la poussière se dissipa, Harry constata avec horreur que Bellatrix Lestrange avait disparu.

« Tonks, emmène Harry ! » hurla à nouveau Lupin avant de se ruer dans le premier couloir.

« Dépêche-toi Harry ! »

« Mais Dumbledore… » commença à répliquer Harry.

« Peut se débrouiller sans nous. » acheva Tonks. « Harry, ce sont les ordres ! »

Elle semblait paniquée et l'hystérie présente dans sa voix persuada Harry d'obtempérer à contrecœur. Ils se dirigèrent à toute à l'allure dans le couloir opposé.

« L'infirmerie est sécurisée. » informa-t-elle, hors d'haleine.

Ils arrivèrent dans l'infirmerie et Tonks érigea des sorts de protection devant la porte une fois qu'ils furent entrés.

« Je dois y retourner, ils ont besoin de mon aide. » dit Harry avec agacement.

« Je ne peux pas te laisser partir Harry. J'ai l'ordre de te garder ici. » déclara Tonks, en se mordant la lèvre, visiblement très nerveuse.

Comme lui, elle semblait peu rassurée par la situation laissée derrière eux. Cependant, son sens du devoir semblait primer.

Harry se détourna et se dirigea vers la porte, ignorant ses paroles, l'air résolu.

« Harry non ! » s'écria-t-elle. « Rigor corpus ! »

Harry se retrouva immédiatement paralysé. Tonks sur rua vers lui, un air désolé sur le visage.

« Je n'ai pas le choix Harry. Il faut qu'on reste ici. Je dois établir le contact avec le reste de l'Ordre pour qu'ils nous viennent en aide. L'école et tous les élèves sont en danger. Je vais te libérer du sort, Harry, mais tu dois me jurer que tu vas m'écouter. » dit-elle.

Elle agita sa baguette dans sa direction et Harry fut libéré de l'effet paralysant du sortilège. Il grimaça. Tous ses membres étaient endoloris. Il se dirigea vers l'une des chaises de l'infirmerie et s'y laissa choir. Tonks parut soulagée.

« Comment les Mangemorts ont-ils pu s'introduire dans l'école ? » demanda-t-elle.

« La Salle sur Demande. Ils ont utilisé une Armoire à Disparaitre. »

Tonks sembla déconcertée par sa réponse et Harry lui expliqua rapidement le principe de la Salle sur Demande.

« Il faut sécuriser la zone et s'assurer que d'autres ne sont pas entrés. » décréta-t-elle.

Harry extirpa la Carte du Maraudeur de sa poche puis la déplia devant lui.

« Je sure solennellement que mes intentions sont mauvaises. » murmura-t-il, dévoilant le contenu dissimulé de la carte.

Il parcourut rapidement des yeux les endroits stratégiques du château, à la recherche de noms de Mangemorts mais sa frustration s'accrut lorsqu'il n'en vit aucun.

« La Salle sur Demande est incartable. » expliqua-t-il à Tonks en serrant les dents, l'air irrité. « S'ils sont à l'intérieur, nous ne pourrons pas le savoir avant d'aller directement vérifier sur place. »

Tonks secoua la tête, réfutant immédiatement l'idée.

« Pas avant d'avoir du renfort. »

« Comment êtes-vous entrés dans le château ? »

« Phineas Black. Son tableau est chez nous depuis que l'ancien QG a été découvert. Puis cet elfe de maison, un certain Denver, est apparu. »

« Dobby. » rectifia Harry.

« C'est ça. Apparemment, il avait reçu des instructions spécifiques de Dumbledore en prévision de ce genre de situation. Tellement prévoyant, ce vieil homme. » dit-elle d'un ton admiratif. « L'elfe nous a fait transplané dans l'école. Je ne savais pas que c'était possible. »

« La magie des elfes est différente, ils peuvent transplaner à Poudlard sans difficulté. »

« Comment se fait-il que personne ne soit au courant ? C'est une faille gigantesque. » lança-t-elle, les yeux ronds.

« Car les sorciers et notamment Voldemort et sa bande sous-estiment et méprisent les elfes de maison et leurs capacités. Rares sont les personnes qui le savent. »

« Quoi qu'il en soit, nous avons donné le signal habituel au reste des membres de l'Ordre. Aucun d'entre d'eux n'est arrivé et nous avons décidé de venir quand même. J'ai renvoyé l'elfe chez nous, pour attendre les autres et les emmener ici, si besoin. » expliqua Tonks. « J'espère qu'il ne s'est rien passé de grave. »

Elle parut soudainement très agitée et posa une main sur son ventre, distraite. L'une des lampes de l'infirmerie commença à s'éteindre et s'allumer fébrilement avant de tomber bruyamment sur le sol. Harry sursauta, sa baguette brandie, se préparant à voir surgir un danger soudain.

« Désolée, c'est de ma faute. » dit Tonks d'un ton embarrassé.

« Comment as-tu fait-ça ? » demanda Harry avec curiosité.

« Je suis enceinte. » révéla-t-elle avec un sourire. « Surprise ! Remus et moi voulions que tu sois le premier à le savoir. »

Harry fut pris de court par son annonce.

« Oh…wow… Félicitations. » dit-il, surpris. « Je ne m'y attendais pas. »

« Moi non plus, crois-moi. Ça a été un accident. Enfin techniquement non, pas un accident. C'est arrivé parce que nous avons…Tu vois. Parce que les bébés n'arrivent pas à dos d'hypogriffe comme le prétendait ma mère pendant mon enfance. »

Elle eut un rire nerveux puis poursuivit :

« Ce n'est pas accident au sens négatif du terme. Nous sommes très heureux de l'accueillir. C'est juste que nous ne nous attentions pas. » acheva-t-elle en rougissant.

Harry s'approcha d'elle et l'étreignit, la forçant à stopper ses bredouillements. Elle lui rendit son étreinte, soulagée.

« Mais quel est le rapport avec cette lampe ? » demanda Harry en se grattant la tête.

« Le bébé et mes hormones décuplent ma magie. Peut-être parce que je partage la sienne pendant la grossesse ? En tout cas j'ai remarqué que mes sorts sont plus puissants que d'habitude. D'autres fois, j'ai du mal à contrôler ma magie. » admit-elle en désignant d'un geste de la tête la lampe cassée.

« Reparo. » murmura Harry en direction de la lampe.

Puis il fut frappé par une réalisation. L'adrénaline récente lui avait fait oublié les paroles de Bellatrix Lestrange et les dernières recommandations de Dumbledore.

« Les Mangemorts ont capturés deux étudiants. » s'écria-t-il.

« Et c'est maintenant que tu le dis ? » s'écria Tonks avec hystérie. « En es-tu certain ? Où sont-ils ? »

« Aucune idée. » admit Harry.

La possibilité que Bellatrix Lestrange ait pu bluffer était une probabilité mais la connaissant, il ne préférait pas prendre de risques.

« Elle a dit qu'ils étaient tenus captifs par Greyback. » ajouta-t-il.

« Greyback ? » répéta Tonks avec pure horreur. « Il est extrêmement dangereux, Harry. »

Harry posa la carte du Maraudeur sur l'un des lits de l'infirmerie, parcourant les étages tout à tour des yeux, à la recherche de toute activité suspecte. Malheureusement, l'école était gigantesque et chercher un nom dans tout le château sans aucune indication de localisation lui semblait difficile.

« Il faut qu'on trouve Minerva et Severus. » dit soudainement Tonks.

Harry approuva de la tête avant de diriger ses yeux vers les plans des cachots, à la recherche du Directeur de Serpentard. Son bureau était vide. Il remarqua toutefois qu'une remise à potions, derrière son bureau, semblait occupée. Le cœur d'Harry se mit à battre à toute vitesse lorsqu'il reconnut le nom de Fenrir Greyback, puis celui de Romilda Vane.

Un troisième nom apparut sur la carte et son cœur s'arrêta lorsqu'il lut de qu'il s'agissait.

Ginny Weasley.

/

''01 : 53'' affichait la montre d'Hermione Granger. Le Felix Felicis agirait pendant encore six heures.

Depuis son entrevue avec la bête massive des cachots, elle avait fait profil bas. Comme prévu avec Rodolphus, elle avait introduit les Mangemorts dans l'enceinte de l'école. Elle avait également écarté les Aurors de leurs chemins. Toutefois, sa mission ne serait complète qu'une fois Harry Potter capturé.

L'entrée de la Salle sur Demande s'ouvrit de nouveau, laissant apparaitre Bellatrix Lestrange. Le visage rouge, la chevelure passablement échevelé et sa robe était maculée de cendres. Elle paraissait erratique.

Hermione vit une forme suspendue dans l'air suivre son sillage. Elle reconnut Rodolphus Lestrange, dont une partie du visage était maculée de sang. Bellatrix se dirigea vers Hermione d'un pas déchainé.

« Nous avons besoin de renforts. » rugit-elle avec emportement. « Active cette fichue armoire pour contacter les autres. »

« Ce n'est pas possible, le sortilège doit se recharger, l'armoire ne fonctionnera pas avant quelques heures. » répondit Hermione d'un ton calme.

La magie de l'Armoire à Disparaitre était limitée et chaque voyage en diminuait l'énergie magique.

Bellatrix émit un grognement rageur. Elle se mit à faire les cent pas dans la pièce, l'air furibond. Hermione hésita quelques secondes, incertaine à l'idée de lui demander comment se déroulait le plan. Au vu de l'expression enragée de Bellatrix et de l'état actuel de Rodolphus, la réponse serait probablement négative.

« Où sont les autres ? » dit-elle finalement.

« Nous avons été appréhendés par deux membres de l'Ordre du Phénix. Nous étions à deux doigts d'enfin nous débarrasser de Dumbledore et d'attraper Potter. » expliqua Bellatrix en serrant des dents.

Elle retira sa cape, qu'elle laissa tomber à ses pieds et se massa la nuque, l'air calculateur.

« Potter s'est enfui avec l'Auror. Cet idiot de loup-garou m'a suivi mais j'ai réussi à le semer. » poursuivit-elle. « Rookwood est probablement mort. Avec un peu de chance, il aura emporté Dumbledore avec lui. »

Elle se dirigea vers Rodolphus, dont le corps lévitait toujours dans les airs, inconscient.

« Enervate. » murmura-t-elle en pointant sa baguette. « Incarcerem Finite. »

Les cordes emprisonnant Rodolphus s'éclipsèrent et il reprit lentement conscience. Une grimace de douleur apparut sur son visage alors qu'il posait sa main sur le coin de sa tête, ensanglanté. Bellatrix agita sa baguette à nouveau dans sa direction et il fut relâché du sortilège. Il tomba dans un bruit sourd sur le sol.

Lorsqu'il se releva, Bellatrix et lui étamèrent une longue conversation à voix basse. Hermione entendit quelques haussements de voix au détour de leur discussion houleuse. Après une dizaine de minutes, Rodolphus vint à la rencontre d'Hermione.

« Nous allons faire profil bas pendant quelques heures, afin d'attendre du renfort. »

Hermione acquiesça.

« Trouvez Rogue et Greyback. Nous vous enverrons le signal dès que nous serons prêts pour un second assaut. »

« Entendu. » dit Hermione avant de quitter la pièce à la hâte, impatiente de ne plus se retrouver dans la pièce avec Bellatrix dont les yeux lançaient des Avada Kedavra.

Encore une fois, les Mangemorts n'étaient pas parvenus à leurs fins. Pour avoir passé plusieurs semaines dans leur antre, Hermione savait le manque de discipline qui y régnait parmi les partisans. Hermione savait qu'elle devrait être proactive. Elle n'avait que faire des instructions de Lestrange. Elle n'irait pas chercher Rogue, comme il avait sollicité. Le Felix Felicis la persuadait de prendre une direction toute autre.

« Il faut tout faire par soi-même. » murmura-t-elle avec agacement.

Hermione avança d'un pas rapide en direction du Hall principal de Poudlard. Les portes principales étaient ouvertes, désormais laissées sans surveillance par les Aurors. Hermione se dirigea vers la Tour de l'Horloge, qui paraissait effrayante dans l'obscurité, uniquement éclairée par la pleine lune luisant dans le ciel. Elle ouvrit la porte grâce à un sort de déverrouillage puis grimpa quatre à quatre les marches.

Lorsqu'elle arriva en haut de la tour, elle agita sa baguette en direction des quatre cloches en cuivres suspendues. Celles-ci commencèrent à osciller, entamant une litanie des plus spectaculaires.

Elle descendit en vitesse et rejoint le château. Comme elle l'avait prévu, le son émit par les cloches était assourdissant et il serait probablement entendu par l'école entière. Elle se mit à courir en direction de la salle commune la plus proche, celle de Serdaigle. A son arrivée, elle constata que plusieurs élèves étaient déjà sortis de la pièce, en pyjamas et robes de chambre, à peine réveillés, apeurés par le son résonnant des cloches.

Elle s'introduit parmi le groupe d'élèves.

« Des Mangemorts à Poudlard ? » demanda-t-elle, d'une voix faussement choquée.

Sans surprise, la nouvelle se répandit comme une trainée de poudre, aussi rapide balai de Quidditch professionnel.

Très vite, les quelques murmures se transformèrent en exclamations apeurées et bientôt, on entendit des cris de terreurs, venant des étudiants les plus jeunes.

« RESTEZ-CALME ! » entendit-t-elle hurler.

Il s'agissait d'Anthony Goldstein, un préfet de Serdaigle. Malgré ses instructions, la panique avait envahi les élèves et personne ne l'écouta. Bientôt, tous les élèves de l'école seraient hors de leurs lits. Les professeurs et les pantins de Dumbledore peineraient à garder tout le monde en sécurité. Les Mangemorts auraient alors tout le loisir de mettre leurs plans à exécution.

Satisfaite, Hermione esquissa un pas pour s'éloigner mais une main posée sur son épaule l'en empêcha. Elle se retourna et tomba sur Luna Lovegood. Hermione leva un sourcil, confuse.

« Emelyn, c'est bien ça ? » demanda Luna d'une voix amicale.

« C'est ça. Je peux t'aider ? » demanda Hermione avec agacement.

Elle devait encore fait le tour des autres salles commune et n'avait pas le temps à accorder à Lovegood.

« Sais-tu où est Ginny ? » demanda Lovegood.

« Absolument pas. » répondit Hermione, impatiente.

Elle se dégagea de la poigne de Luna avant de se diriger vers la. Elle constata que Luna Lovegood l'avait suivi.

« Qu'est-ce que tu fiches ? » demanda Hermione avec froideur.

« Tu ne devrais pas être seule dans les couloirs s'il y a des Mangemorts dans l'école. » lança simplement Lovegood. « Je viens avec toi. »

Hermione hésita. Elle savait qu'elle devait se débarrasser de Lovegood mais elle n'osait rien faire à cause des personnes qui les entouraient. Elle hocha la tête en direction de Lovegood. Elle la laisserait tomber en chemin, une fois qu'elles se retrouveraient sans témoins.

« Où va-t-on ? » demanda Luna en accélérant le pas pour garder le rythme effréné qu'avait pris Hermione.

« Dans les cachots. » répondit Hermione, évasive. « Tu pourras sans doute y trouver Ginny. Elle doit être sortie de la salle commune avec tout ce boucan. »

Elle entraina Lovegood dans les escaliers sombres qui menaient aux cachots. Elle s'arrêta devant, se tournant vers Lovegood, s'effaçant pour la laisser entrer.

« Après toi. » proposa-t-elle avec un sourire.

Lovegood sembla hésitante mais s'engagea tout de même dans l'escalier, Hermione sur ses talons. Des cachots, on entendait peu les cloches résonnantes de la tour de l'Horloge. Les murs des cachots étaient épais et leur isolation était extrême. Argus Rusard prétendait qu'ils avaient été édifiés ainsi quelques centaines d'années auparavant. Selon lui, il s'agissait d'un subterfuge pour que les hurlements des élèves torturés lorsqu'ils n'obéissaient pas aux ordres du corps enseignant, ne soient pas entendus. « La belle époque, ma douce. » l'entendait-on souvent murmurer à Miss Teigne, son animal de compagnie, un sourire sadique au coin des lèvres.

« C'est la première fois que je m'enfonce autant dans les cachots. » dit Lovegood. « Je m'arrête toujours ici habituellement. »

Elle désigna la porte qui menait à la salle de classe de Potions. Hermione ralentit le pas lorsqu'elles s'approchèrent du bureau de Rogue. Les corps des deux Aurors n'étaient nulle part en vue. Lovegood, elle, ne sembla pas remarquer la distance qu'elle avait pris sur Hermione.

Un grognement se fit entendre dans l'obscurité. Hermione s'arrêta net et commença lentement à faire marche arrière. Deux grands yeux jaunes apparurent dans l'obscurité devant Lovegood.

La dernière chose qu'Hermione entendit alors qu'elle s'éloignait dans la direction opposée fut le cri de Luna Lovegood.

/

« Je vais être malade. » annonça Romilda Vane.

Ginny émergea de sa somnolence lorsqu'elle entendit les paroles de Vane. Elles étaient enfermées depuis plusieurs heures et la fatigue la gagnait.

« Par pitié, Vane, retiens-toi. » dit-elle, la langue pâteuse.

« Je n'aime pas les endroits étroits. » révéla Vane.

« Ça fait des heures qu'on est enfermées ici, ça ne semblait pas te poser de problèmes jusqu'à maintenant. »

« Je ne pensais pas que je serai là aussi longtemps. » avoua Vane, la voix légèrement chevrotante.

Ginny lui jeta un regard en coin. Des gouttes de sueur étaient apparus sur le visage de Vane et son expression était tendue et anxieuse. Ginny l'ignora et elle ferma les yeux, reposant sa tête contre le mur froid.

Après quelques secondes, elle entendit le son d'une respiration rapide et bruyante. Elle ouvrit de nouveau les yeux et vit Vane hyperventiler, les yeux grands ouverts, fixés droit devant elle. Ginny jura et se rua vers elle.

« Qu'est ce qui te prend, Vane ? » demanda-t-elle d'une voix paniquée.

Vane ne répondit pas. Elle posa ses mains contre sa poitrine, et sa respiration sembla devenir difficile. Tous ses membres tremblaient. La panique envahit Ginny. Elle s'agenouilla et prit le visage de Vane, la forçant à la regarder dans ses yeux.

« Regarde-moi, Vane. » ordonna-t-elle. « Calme-toi. »

Vane semblait tétanisée.

« Respire lentement. » dit Ginny en prenant de grandes inspirations, l'invitant à faire de même.

Vane commença à l'imiter, non sans difficulté.

« Détends-toi Romilda, je suis là. Continue de respirer. »

Peu à peu, la Gryffondor sembla se calmer et sa respiration ralentit. Son visage était moite et ses yeux exorbités. Il lui fallut quelques minutes pour reprendre une respiration régulière. Ginny lui chuchota des paroles rassurantes. Finalement, Romilda sembla retrouver le contrôle de ses membres et elle s'agrippa au bras de Ginny, l'air confus et désorienté. Elles restèrent dans cette position pendant plusieurs minutes.

Ginny recula, observant Romilda avec inquiétude.

« Ça va mieux ? »

Romilda hocha la tête.

« Nous allons bientôt sortir. » assura Ginny d'une voix confiante. « Et tu pourras à nouveau te moquer de moi avec le reste de l'école. »

Un rire nerveux sortit de la gorge de Vane et Ginny lui adressa un clin d'œil.

« Merci, Weas…Ginny. » dit Romilda d'un ton timide.

« Pas de quoi, Romilda. »

« Je suis désolée de t'avoir tyrannisé ces dernières semaines. » dit soudainement Romilda d'un ton embarrassé. « Je sais ce que c'est. »

« Et je suis désolée d'avoir fait en sorte que tu sois humiliée devant tout l'école, ce n'était pas cool de ma part. » admit Ginny.

Un faible sourire apparut sur le visage de Romilda.

« On fait la paix ? » proposa-t-elle.

« Entendu. »

Un long silence suivit leur réconciliation.

« Tu crois qu'on va mourir ? » demanda finalement Romilda, rompant le silence.

« Non. » répondit Ginny d'un ton calme.

Sa propre réponse lui apparut comme un mensonge.

« J'aurais dû rentrer dans ma salle commune. Je savais que c'était une mauvaise idée. » gémit Romilda en enfouissant son visage dans ses mains.

« Pourquoi avoir fait ce qu'elle demandait ? Emelyn, je veux dire. » demanda Ginny.

« Elle m'a aidé à me venger de Draco Malfoy. Je lui étais redevable. » expliqua Vane. « C'est elle qui a organisé tout le plan. »

Ginny ne répondit pas. Elle n'avait pas eu besoin de la confirmation de Romilda Vane pour comprendre qu'Emelyn, ou plutôt Hermione, était derrière toute l'affaire.

« Elle semble avoir une dent contre toi et Malfoy. » indiqua Vane.

« Plus qu'une dent, crois-moi. » assura Ginny en levant les yeux au ciel.

« Pourquoi ? » demanda Vane ave curiosité.

« Longue histoire. Elle n'est pas celle qu'elle prétend. » assura Ginny.

Hermione Granger était un individu nuisible, dont les motivations pernicieuses avaient atteint des sommets. Elle serait probablement heureuse d'apprendre que Ginny était entre les mains des Mangemorts. Après tout, Ginny avec découvert son secret.

Se réjouirait-elle s'il lui arrivait quelque chose ? Se souciait-elle-même réellement de Ginny, désormais ? Probablement pas, pensa Ginny avec amertume. Elle l'avait manipulée, droguée, et l'avait observée plonger plus bas que terre pendant ces derniers mois, sans aucune culpabilité.

Cette fois cependant, Ginny avait pris les devants. Avant sa confrontation avec sa condisciple, elle avait fait part de ses doutes à Luna Lovegood sur la réelle identité d'Emelyn Hawke.

Un claquement de porte se fit entendre dans la salle attenante. Ginny et Romilda échangèrent un regard puis Ginny se rua vers le mur opposé, reprenant sa place originelle. Elle prit les lianes qu'elles avaient coupé puis s'entoura avec, pour donner l'impression d'être toujours attachée. Romilda fit de même.

Quelques secondes plus tard, Fenrir Greyback pénétra à nouveau dans la pièce, un rictus satisfait au coin des lèvres. Il semblait avoir assisté à une scène particulière agréable.

« La première année, un loup-garou est sanguinaire. L'appel du sang est irrésistible. » dit-il en souriant, laissant apparaitre ses dents jaunes.

Greyback prit de nouveau place sur sa chaise.

« Comme se fait-il que vous ne vous transformiez pas ? » demanda Romilda. « C'est la pleine lune, dehors. »

« Potion Tue-Loup. » répondit Greyback, semblant de bonne humeur

« Je croyais que vous étiez contre ces potions ? Qu'elles refrénaient votre vraie nature ? » insista Romilda.

« Un loup doit parfois faire quelques concessions. C'est une nuit importante. Je dois garder le contrôle de mes actions. Je ne peux pas prendre le risque de dévorer nos otages. Avec quoi pourrons-nous négocier, sinon ? » interrogea-t-il comme s'il attendait réellement une réponse de leur part.

« Où est l'autre loup-garou ? » interrogea Vane.

« La ferme, Vane. » interrompit Ginny avec agacement. « J'en ai assez de t'entendre, pourrais-tu nous coller la paix avec tes questions, pour une fois ? »

Romilda lui jeta un regard offusqué.

« Ne me dis pas quoi faire, Weasley. Je parle si j'ai envie de parler et… »

« Par pitié, je ne peux plus la supporter. » plaida Ginny à l'adresse de Greyback.

Ce dernier semblait extrêmement amusé par leur crêpage de chignons.

« Je ne peux plus te supporter Weasley. Il a fallu que je sois emprisonnée avec une garce dans ton genre. »

« Retire ce que tu viens de dire, pauvre idiote. » répliqua Ginny en serrant les dents, jetant un regard noir dans la direction de Vane

« Sinon quoi ? » la nargua Romilda.

« Sinon je te refais le portrait. » assura Ginny d'un ton menaçant.

Greyback les regardait avec excitation, riant désormais à pleine bouche.

« Tu crois que tu me fais peur Weasley ? »

Ginny se tourna vers Greyback.

« Relâchez-moi, je vais lui donner une petite leçon. »

Greyback s'esclaffait désormais, se tenant presque les côtes. Il essuya des larmes au coin de de ses yeux.

« Captivant. » dit-il.

Il sortit sa baguette magique et la pointa en direction de Ginny, faisant disparaître les cordes autour d'elle. Il fit de même en direction de Vane.

« Battez-vous. » suggéra-t-il en s'installant confortablement dans son siège, un air pervers visible dans ses yeux. « Peut-être même que je laisserai sortir la gagnante, si le combat en vaut la peine. »

La lueur malsaine dans ses yeux dégouta Ginny mais elle se tourna vers Romilda qui s'était levée à son tour. Romilda fut la première à charger en direction de Ginny. Elle lui attrapa la nuque, faisait mine de la serrer. Ginny se débattit et repoussa Romilda contre le mur le plus proche, attrapant ses mains pour les forcer à lâcher prise.

Derrières elles, on entendait Greyback jeter des encouragements vulgaires et surexcités. Ginny hocha subrepticement la tête en direction de Romilda qui sembla comprendre son signal. Elle attrapa Ginny par la taille, semblant vouloir la pousser à terre.

Elles arrivèrent près de Greyback et Romilda lâcha Ginny qui se jeta sur l'homme. La dague d'Hartnett était fermement serrée dans sa main. Elle chargea en direction de Greyback et abattit la lame de la dague sur lui. L'objet pénétra dans l'épaule de Greyback et il laissa échapper un hurlement.

Romilda se rua sur Greyback à son tour, et envoya un poing bien placé dans la figure de ce dernier. Ginny enfonça la dague encore plus profondément dans l'épaule de l'homme dont le cri se fit encore plus déchirant.

Soudainement, Greyback attrapa le bras de Ginny et le fit tourner si violemment qu'elle entendit un craquement d'os. Elle laissa échapper un hurlement de douleur. Elle tituba en arrière, gémissant de douleur. Greyback se releva et avec une force impressionnante, il attrapa Romilda par la nuque et la souleva.

Ses pieds se décolèrent du sol et elle essaya d'envoyer des coups de pieds dans la direction de Greyback, sans succès. De sa force spectaculaire, il fit valser Romilda près de l'armoire à Potions. La tête de cette dernière se cogna contre le meuble et elle tomba à terre, immobile.

Ginny, paniquée, et meurtrie par la douleur de son bras, se tourna vers Greyback. Il s'était relevé et l'observait d'un air sombre. Il prit l'extrémité de la dague dans sa main puis la porta à sa bouche et lécha la lame ensanglantée sous le regard horrifié de Ginny. Il jeta ensuite la dague à terre puis se dirigea vers Ginny.

« Tu vas regretter ça, petite chienne. » assura-t-il d'un ton menaçant. « La mort sera une libération à côté de ce que je vais te faire subir. »

Il s'approcha de Ginny et attrapa son bras cassé. Elle hurla et la douleur la fit presque perdre connaissance. Il la jeta ensuite au sol et encercla sa nuque avec l'une de ses mains, l'empêchant de respirer. Son emprise était ferme et Ginny commença à suffoquer.

« Hurle autant que tu veux, personne ne va t'entendre. » dit Greyback d'une voix rauque.

Un sourire malsain était visible sur son visage.

« On aime le danger, hein, petite effrontée ? » demanda-t-il.

Son autre main ôta le gilet de l'uniforme de Ginny avec rage. Il desserra sa prise sur sa nuque et attrapa de nouveau son bras cassé pour le poser au-dessus de sa tête. La douleur était insupportable pour Ginny dont les hurlements n'avaient pas cessé. Le visage de Greyback s'approcha du sien.

« Si je dois rester toute la nuit ici, je ferai bien d'en profiter. » dit-il avec un grognement, près de son oreille.

Il laissa passer sa langue sur sa joue, lentement. Son odeur était nauséabonde et lui donna la nausée.

« Continue de hurler, il n'y a rien de plus excitant pour moi. » assura-t-il.

Il déchira la chemise de Ginny, laissant apparaitre sa peau nue. Elle tenta de ses débattre de toute ses forces, essayant de le repousser à l'aide de ses jambes. Toutes ses tentatives furent vaines. L'homme était trop fort. Il la força à se retourner sur le ventre. Sa tête tapa violemment contre le sol et sa respiration fut coupée.

Elle sentit ses les ongles épais de Greyback le long de ses jambes, remonter lentement sous sa jupe de sorcière. La douleur lancinante de son bras la meurtrissait. Des larmes remplissaient ses yeux. Soudain, elle entendit un claquement de porte et Greyback la relâcha.

« Toi ? » l'entendit-elle demander.

Elle entendit une voix murmurer une incantation, suivie d'un éclair vert, puis le son d'une personne qui s'écroulait. Elle resta à terre, n'osant pas esquisser le moindre geste. Elle sentit une main se poser sur épaule.

« Miss. Weasley ? » entendit-il.

Ginny se retourna lentement, tremblante. Ses yeux tombèrent sur le Directeur de sa maison, Severus Rogue, qui l'observait avec appréhension.

Dans un coin de la pièce, elle vit la dépouille de Greyback. Romilda était toujours inconsciente.

« Pouvez-vous vous relever, Miss. Weasley ? » demanda Rogue.

Elle hocha la tête et se redressa difficilement. Elle retint un grognement de douleur.

« M-mon b-bras. » dit Ginny avec une grimace de douleur.

Rogue agita sa baguette et fit apparaitre une étoffe qui s'enroula autour de son bras et s'attacha seul autour de sa nuque, faisant office d'attelle temporaire. Il retira sa robe de sorcier et la posa sur les épaules de Ginny, couvrant ses vêtements lacérés.

« Qu'est-il arrivé à Miss Vane ? » interrogea Rogue en se dirigeant vers la forme inconsciente de Romilda.

« Assommée. » parvint à articuler Ginny.

Rogue lança un sort en direction de Romilda, la faisant lentement léviter.

« Allons-y. » dit-il en direction de Ginny tandis qu'il l'aidait à se relever.

Elle s'exécuta avec difficulté. Ses jambes tremblaient incontrôlablement et elle craignait qu'elles ne puissent pas la retenir très longtemps debout.

Rogue se dirigea déjà vers la porte qui s'ouvrit à leur passage. Ils entrèrent dans son bureau et il verrouilla la porte donnant accès à la remise à potions.

Ils prirent la direction de la sortie, Romilda toujours suspendue dans les airs derrière eux. Lorsque Rogue ouvrit la porte menant à la sortie, ils furent accueillis par un visage familier. Emelyn Hawke, ou plutôt Hermione Granger.

/

Draco Malfoy savait que le chiffre trois était toujours problématique dans les rapports humains. Lorsque Flora Carrow avait accepté son rendez-vous, il avait d'accord cru décroché le gros lot. Après tout, Flora avait une sœur jumelle, Hestia, qui lui ressemblait comme deux gouttes de bièraubeurre.

Si une chose était particulièrement appréciée par Draco, il s'agissait bien des défis. Les sœurs Carrow représentaient un challenge à sa hauteur. Depuis son retour de Sainte-Mangouste, où il avait passé quelques semaines embarrassantes, il était redevenu le fantasme numéro un de la population féminine de Poudlard grâce au spectacle qu'il avait récemment offert à l'école entière.

Depuis, il avait bien profité de sa nouvelle popularité et les sœurs Carrow étaient un nouveau défi pour son palmarès. Premièrement, il mourrait d'envie de savoir s'il s'agissait de vraies blondes (il avait eu de mauvaises surprises par le passé.) Ensuite, Draco désirait démontrer si cette légende de bonne et mauvaise jumelle était un mythe ou une réalité. Il avait parié vingt gallions avec Theodore Nott qu'il séduirait les sœurs Carrow et qu'il les emballerait en même temps avant la fin de l'année.

Individuellement, elles étaient apparues plutôt enthousiasmées à l'idée de sortir avec Draco Malfoy. Il avait été un peu compliqué pour Draco de sortir avec l'une sans que l'autre ne le réalise, mais Draco était un spécialiste et il avait plutôt bien jonglé cette nouvelle double vie.

La situation s'était compliquée lorsqu'il avait acheté un énorme chat de race pour faire plaisir à Flora (elle lui avait cassé les pieds avec des images de Maine coots pendant une semaine entière, et il avait rapidement saisi l'allusion) Jusqu'à là, tout s'était plutôt bien déroulé, et Draco s'était réjoui d'enfin pouvoir conclure avec l'une des sœurs.

Tout avait dérapé lorsqu'il s'était présenté avec l'énorme bête dans les bras, accompagné d'une carte au romantisme indéniable. Elle avait observé le chat avec confusion et avait rapidement parcouru la carte des yeux avant de lui assener une gifle retentissante dans la salle commune. Il était resté bouché bée dans la salle commune, sous les rires hilares de Blaise Zabini et Theodore Nott.

Ce fut seulement quelques heures plus tard, lorsque la seconde jumelle s'était plantée devant lui pour lui assener une autre gifle, que Draco avait compris son erreur.

« Tu me déçois, Malfoy. C'est tellement amateur de ta part de te tromper de sœur. » avait doucereusement commenté Nott. « Envoie mon argent. »

Depuis l'incident, Draco avait stratégiquement évité les sœurs Carrow qui le fusillaient du regard à chaque fois qu'elles le croisaient. Pire encore, sans autre solution, il avait dû adopter le chat. Un comble pour Draco qui détestait les animaux. L'énergumène était capricieux, pénible et extrêmement irascible. Il avait violemment griffé Draco à plusieurs reprises.

Ce soir-là, Draco resta éveillé très tard dans la salle commune pour terminer un devoir de Métamorphoses à rendre pour le jour suivant. Le monstre errait dans la salle commune, observant Draco de ses deux larges yeux jaunes, comme l'animal dérangé qu'il était.

Un son lointain, ressemblant vaguement à la sonnerie d'une cloche se fit entendre dans la salle commune. Draco ne réagit pas, et garda son attention sur la feuille de parchemin vide. Le chat commença à s'agiter sans raison apparente mais Draco l'ignora.

Après quelques instants, le chat se dirigea vers l'entrée de la salle commune et gratta violemment sur la tapisserie, comme s'il essayait de sortir. Draco se releva, laissant échapper un soupir d'agacement.

« Tu vas rester calme ? » demanda-t-il.

Mais l'animal parut s'agiter davantage et Draco ouvrit la porte de la salle commune. Il n'y avait rien derrière celle-ci et Draco leva les yeux au ciel en direction de l'animal qui émit un miaulement contrarié avant de détaler à toute vitesse.

« Reviens ici, saleté ! » s'écria Draco avant se lancer à sa suite.

L'animal disparut rapidement dans l'obscurité des cachots. Draco détestait errer dans les cachots une fois la nuit tombée. L'atmosphère glauque qui y régnait lui donnait froid dans le dos. Il chercha le chat pendant plus d'une dizaine de minutes, sans succès. Finalement il entendit un cri au détour d'un couloir et pressa le pas. Il tomba sur Luna Lovegood, qui semblait être tombée à la renverse après une « attaque » du chat. Lorsqu'il s'approcha, il constata avec surprise que Lovegood caressait l'animal et que ce dernier semblait même apprécier. Lovegood portait une robe de chambre bleu ciel et paraissait sortie du lit.

« Il t'a attaqué, toi aussi ? Il est infect. » dit Draco en adressant à l'animal un regard noir.

« Il m'a juste surprise. La pauvre bête a l'air terrifiée. »

En effet, l'animal tremblotait et acceptait sans problèmes d'être porté par Lovegood.

« Il est adorable. » dit-elle avec plaisir en caressant sa tête. « Comment s'appelle-t-il ? »

« Chat. » répondit Draco.

« Je sais que c'est un chat, Malfoy. Comment il s'appelle ? » insista Lovegood.

« Il s'appelle Chat. »

Cela sembla faire rire Lovegood.

« C'est un nom horrible. Il faut lui en trouver un autre. » décréta Lovegood.

Chat sauta soudainement des bras de la Serdaigle et il décampa à nouveau, prenant la direction des escaliers menant à la sortie des cachots. Lovegood s'engagea à la suite de l'animal.

Draco hésita. Il s'agissait probablement de son occasion pour enfin se débarrasser de cette boule de poils exécrable. Toutefois, il entendit un grondement quelque part dans les cachots et peu rassuré, il décida de prendre la suite de Lovegood.

Il la rattrapa rapidement, à la sortie des cachots, dans le Hall principal de l'école. Il entendit le bruit strident de cloches résonnant dans tout le Hall. Il constata avec surprise que plusieurs dizaines d'élèves étaient réunis près de la salle commune, l'air apeurés, encore en pyjamas.

« Que se passe-t-il ? » demanda Draco, confus.

« Des Mangemorts dans le château. » murmura une élève derrière lui, d'une voix craintive. « Les Aurors ont disparu. »

« Quoi ? Ce n'est pas possible. » dit Draco en fronçant les sourcils.

Il vit les Professeurs Filtwick, Chourave et Sinistra ordonner aux élèves d'entrer dans la Grande Salle. Un large groupe de Gryffondors rejoint le groupe d'élèves. Draco vit Lovegood se diriger dans la direction opposée.

« Où vas-tu, Lovegood ? Nous sommes supposés aller dans la Grande Salle. »

« Je retourne dans les cachots chercher Ginny. » décréta Lovegood d'un ton déterminé.

« Ça fait des heures que j'étais dans la salle commune. Je l'ai vu en sortir et elle n'est pas rentrée depuis. » informa Draco.

Une lueur inquiète s'installa dans les grands yeux bleus de Lovegood.

« Il faut qu'on la retrouve, elle est probablement en danger. » décréta Lovegood.

« Qu'est-ce qui te fait dire ça ? D'ailleurs, est-on certain qu'il y a des Mangemorts dans l'école ? Quelqu'un les a vu ? »

« Mangemorts ou pas, Ginny est en danger. »

« Je ne te suis pas, Lovegood. »

« Me croirais-tu si je te disais qu'Emelyn Hawke n'est pas la personne qu'elle prétend être ? »

Draco jura lorsqu'il entendit la suite.

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« Trouvez Potter. Tuez toutes les personnes qui se mettront sur votre chemin. » ordonna Bellatrix Lestrange au groupe de Mangemorts positionnés devant elle. « Le Seigneur des Ténèbres le veut vivant. »

L'Armoire à Disparaitre s'était finalement régénérée après plusieurs heures d'inutilisation et une demi-douzaine de Mangemorts supplémentaire s'étaient infiltré dans l'école. Hermione reconnut trois d'entre eux, Dolohov, Travers et Jugson, sous leurs masques de Mangemorts.

Les Mangemorts acquiescèrent aux instructions de Bellatrix avant de quitter la Salle sur Demande d'un pas précipité.

« Peut-être serait-il judicieux de trouver Greyback ? » proposa Severus Rogue. « Il nous sera utile pour l'assaut. »

Il avait rejoint la pièce quelques instants auparavant. Comme à son habitude, son visage ne trahissait aucune émotion. Bellatrix, elle, semblait déchainée.

« Très bien. » accepta-t-elle, en agitant la main, l'air impatient.

« Devrions-nous libérer Miss. Weasley et Miss Vane ? » proposa Rogue d'un ton neutre. « Si j'ai bien compris, nous avons désormais un otage de plus grande valeur. »

« Peu importe, elles ne nous sont d'aucune utilité. » lança Bellatrix d'un ton agacé avant se tourner vers Rodolphus pour lui donner des instructions.

Le cœur d'Hermione rata un battement lorsqu'elle entendit les paroles de Rogue. Elle savait que deux élèves avaient été pris en otage. Elle ne savait toutefois pas que Ginny était l'une d'entre eux.

Rogue hocha la tête et se dirigea vers la sortie. Hermione bondit à sa suite.

« Professeur. » s'écria-t-elle.

« Miss ? »

« Ginny sait. » avoua-t-elle, une panique dans la voix. « Elle a découvert ma véritable identité il y a quelques heures. »

Le visage de Rogue resta impassible face à cette révélation.

« Je m'occuperai de Miss. Weasley, n'ayez crainte, Miss. Hawke. » assura Rogue. « Rejoignez le reste de l'école dans la Grande Salle. Vous ne devriez pas être vue en compagnie de Mangemorts. »

Hermione voulut polémiquer mais Rogue ne lui en laissa pas le temps et il quitta la Salle sur Demande, sa longue cape noire virevoltant à sa suite.

Hermione était agitée. Cela faisait déjà plus de huit heures que les Mangemorts avaient infiltré l'école et le siège était plus compliqué qu'ils l'avaient initialement prévu. La frustration d'Hermione commençait à s'accroître. S'ils échouaient, ce serait terminé pour elle.

L'anxiété la regagna rapidement et elle décida à quitter la pièce à son tour. Elle ne se dirigea pas vers la Grande Salle comme l'avait demandé Rogue, mais une nouvelle fois dans les cachots.

Ginny connaissait sa réelle identité. Combien de temps faudrait-il avant qu'elle ne la dénonce ? Non, je ne peux pas prendre ce risque, se dit Hermione.

Elle prit la direction du bureau de Rogue.

Lorsqu'elle arriva devant son bureau, la porte s'ouvrit à la volée et elle vit Rogue en sortir. Derrière lui, Romilda Vane, inconsciente, lévitait dans les airs. Elle détourna le regard et vit Ginny pour la première fois depuis leur confrontation quelques heures auparavant.

Ginny paraissait confuse et traumatisée. Une robe de sorcier bien trop grande pour elle était posée sur ses épaules. Elles avaient plusieurs hématomes sur le visage et sur les jambes.

« Miss. Hawke, il me semblait vous avoir demandé de vous rendre dans la Grande Salle ? » demanda Rogue d'une voix traînante.

« Je sais mais… Que leur est-arrivé ? »

« Il semblerait que Miss. Weasley ait reçu un sortilège d'Amnésie. » lança Rogue d'un ton insistant dans sa direction. « Elle ne souvient pas des dernières 72 heures. »

Hermione coula à nouveau un regard vers Ginny dont le regard était vide. Elle semblait totalement désorientée.

Hermione ne put s'empêcher de soupirer de soulagement. Si Ginny avait oublié les soixante-douze heures précédentes, elle ne se souviendrait pas de leur dernière conversation et de l'erreur d'Hermione. Et quoi qu'il lui fût arrivé lors de sa captivité avec Greyback, elle n'en aurait aucun souvenir.

Elle adressa à Rogue un regard plein de reconnaissance.

« Où les emmenez-vous ? »

« Elles sont mal en point et ont besoin de soins immédiats. » dit-il.

Hermione hocha la tête tandis que le Direction de sa maison s'éloignait sous le regard soulagé d'Hermione. Ginny avait perdu tout souvenir compromettant, les Mangemorts trouveraient bientôt Potter et le livreraient au Seigneur des Ténèbres. Tout se déroulait parfaitement bien.

/

Harry Potter était incontrôlable. Tonks n'avait eu d'autre choix que de lui administrer un nouveau sort de Paralysie pour l'empêcher de se ruer hors de l'infirmerie afin de secourir Ginny Weasley.

Quelques instants plus tard, Remus l'avait rejointe. Au fil des heures, d'autres membres de l'Ordre du Phoenix s'étaient fait escortés par l'elfe de maison Dobby. Ron Weasley avait également rejoint son meilleur ami, après avoir entendu les cloches retentissantes.

Les rangs de l'Ordre du Phoenix s'étaient réduits au cours des derniers mois. Le groupe avait fait face à de nombreuses pertes dues à la politique de l'autruche du Ministère de la Magie. Plusieurs membres avaient été victimes d'embuscades de la part des Mangemorts qui gagnaient peu à peu du terrain depuis le début de l'année.

Deux heures plus tôt, Severus Rogue, infiltré chez le camp ennemi, avait fait une rapide analyse de la situation en voyant Harry Potter immobilisé sur un lit de l'infirmerie et s'était proposé pour venir en aide aux deux élèves prises en otages.

Harry avait semblé accepter le compromis, à contrecœur, et Tonks l'avait une nouvelle fois libéré de l'emprise du sortilège. Depuis, il faisait les cent pas dans la pièce, l'air agité.

Tonks posa sa main sur celle de Remus, lui adressant un sourire chaleureux. Comme chaque nuit de pleine lune, son mari était agité et souffrant. Même si la potion Tue-Loup empêchait ses transformations douloureuses, cette nuit mensuelle était loin d'être une partie de plaisir.

Soudain, Sturgis Podmore ouvrit la porte de l'infirmerie, laissant entrer Severus Rogue. Le soulagement remplit Tonks lorsqu'elle vit Ginny Weasley entrer à sa suite. Son visage était pâle et l'air perdu qu'elle vit sur le visage de la jeune fille retourna l'estomac de Tonks.

Tonks vit Harry se ruer vers elle, dégageant tout le monde de son passage. Il emprisonna Ginny dans une puissante étreinte.

Ils semblèrent oublier le monde autour d'eux et Tonks ne put détacher son regard du couple. Ils paraissaient si intimes à cet instant, qu'elle était presque gênée de les regarder avec autant d'intérêt. Elle détourna le regard lorsqu'elle vit Severus se diriger vers elle.

« Que s'est-il passé ? » demanda Remus à ses côtés, l'inquiétude visible sur son visage fatigué.

« Miss Vane était inconsciente à mon arrivée. Et Greyback a tenté d'agresser Miss Weasley. J'ai pu le neutraliser avant qu'il n'arrive quelque chose de grave. » ajouta-t-il en voyant l'air horrifié de Tonks.

Tonks jeta un regard en direction de Ginny dont le visage était enfoui dans la nuque d'Harry. Ce dernier lui chuchotait des paroles réconfortantes à l'oreille.

« Elle est encore sous le choc, à juste titre. » ajouta Rogue.

« Où est Greyback ? » interrogea Remus.

« Mort. » annonça Severus d'un ton monocorde.

Remus parut soulagé, comme si un fardeau énorme lui avait été retiré.

« Qui sait ce que ce dégénéré mental leur a fait subir. » dit Tonks avec rage.

Elle avait la nausée rien que d'imaginer ces deux filles innocentes enfermées avec un psychopathe tel que Greyback. Il était responsable de la lycanthropie de son mari. Greyback était un individu dangereux, dérangé et incapable de la moindre empathie. Il était désormais hors d'état de nuire, probablement pour le meilleur.

McGonagall et Madame Pomfresh étaient les deux seules membres du personnel restées en retrait dans l'infirmerie. Les autres professeurs de l'école avaient réuni les étudiants de l'école dans la Grande Salle pour les garder en sécurité. Pomfresh s'occupait de Romilda Vane, qu'on avait allongé sur l'un des lits de l'infirmerie.

Tonks vit Harry soulever Ginny dans ses bras pour la conduire jusqu'au lit le plus proche. Elle grimaçait de douleur et Tonks vit l'attelle improvisée immobilisant son bras. Pomfresh se dirigea vers eux pour examiner Ginny sous le regard attentif d'Harry qui ne la quittait pas des yeux. Ron Weasley était également à son chevet.

« Nous avons un autre problème. » annonça Rogue. « Bellatrix a accepté de relâcher Miss Vane et Miss Weasley car ils ont capturé un otage de plus grande valeur. »

Remus et Tonks échangèrent un long regard.

« Albus Dumbledore. » révéla Severus d'une voix grave. « Six autres Mangemorts se sont introduits dans l'école. »

Les autres membres de l'Ordre s'étaient également approchés et avaient entendu la réponse de Severus. Des hoquets apeurés se firent entendre partout dans la pièce.

« Nous devons faire quelque chose. » intervint Sturgis Podmore.

« C'est trop risqué. » répliqua Hestia Jones. « Il faut protéger le garçon. »

« Nous ne pouvons pas laisser Albus entre les mains des Mangemorts. »

« Passons à l'offensive. »

« Il y a trop d'innocents, nous risquerions de blesser quelqu'un. »

Les membres de l'Ordre se disputèrent pendant de longues minutes, souhaitant tous donner leur opinion sur la suite des évènements.

Un sifflement se fit entendre et tout le monde se tut. Harry Potter s'était levé et s'avança vers le reste du groupe, l'air sombre. Tonks fut surprise de sa soudaine sérénité.

« Nous devons protéger l'école et les élèves en premier lieu. » déclara-t-il, d'une voix posée. Ça signifie que nous devons trouver les Mangemorts et essayer de les neutraliser. »

Sturgis hocha la tête, l'air approbateur.

« Albus Dumbledore était conscient de cette éventualité. Il était préparé à cette éventualité. » ajouta Harry d'un ton grave.

« Mais… » commença à riposter Minerva McGonagall.

« Si les Mangemorts obtiennent le contrôle sur l'école, nous ne pourrons pas protéger les élèves. Et qui sait ce qui arrivera à tous les Sang-Mêlés les Nés-Moldus. »

L'argument relevé sembla convaincre la Directrice de sa maison qui acquiesça. Tonks fut impressionnée par la capacité d'Harry à rassembler les membres sous son autorité. Elle se rendit compte qu'en l'absence d'Albus Dumbledore, les autres considéraient désormais Harry comme leur leader.

« Severus, combien de Mangemorts sont entrés ? » demanda Harry.

« Onze sont encore à l'intérieur, c'est confirmé. Greyback est mort. Je n'ai aucune nouvelle de Rookwood. » l'informa Severus. « Mais il s'agit tous de Mangemorts redoutables. »

« Tous les élèves sont-ils tous dans la grande salle, Professeur McGonagall ? » demanda Harry à l'attention de Minerva.

Elle hocha la tête.

« Très bien. » dit Harry. « Les Mangemorts sont là pour moi. Alors donnons-leur ce qu'ils veulent. »

/

L'aube s'était levée sur le château, donnant à l'endroit une atmosphère presque paisible. Pendant un jour ordinaire, Albus Dumbledore aurait sans doute observé le lever du soleil dans la chaleur de son bureau, sirotant une tasse de thé à la camomille.

Toutefois, ce jour était tout sauf ordinaire. Son école était assiégée par des Mangemorts redoutables et il était désormais leur prisonnier.

Albus était affaibli et l'usage extensif de sa magie dans les dernières vingt-quatre heures rendait impossible toute tentative de magie sans sa baguette.

Sans doute dans un souci de dramatisme, Les Mangemorts l'avaient attaché à une potence. Il reconnaissait bien là le style de Bellatrix Lestrange dont l'attrait pour l'extravagance n'avait fait que se renforcer au fil des années. Lors de sa scolarité, il avait rapidement remarqué son besoin maladif d'attirer l'attention sur elle. Trente ans plus tard, elle était parvenue à se hisser à la place de bras droit de Lord Voldemort.

Elle semblait vivre pour l'attention qu'elle recevait, se délectant de voir les Mangemorts, son mari y compris, obéir à la moindre de ses instructions.

« Qui aurait pensé que le grand, le célèbre Dumbledore aurait une fin aussi misérable. » commenta Bellatrix en observant Dumbledore de haut en bas, comme si elle avait affaire à un mendiant.

« Dommage que votre maître ne soit pas là pour y assister. » fit remarquer Albus.

« Je lui conterai les détails de votre disgrâce, rassurez-vous, Dumbledore. »

« Je ne suis en aucun cas inquiet. Je sais pertinemment que l'information sera transmise. » déclara Albus. « Après tout, pour Tom, vous n'êtes qu'une messagère chargée d'effectuer ses basses besognes. »

« Je ne vis que pour servir mon maître. » répondit Bellatrix avec plaisir. « Ses ordres sont le plus grand des honneurs. »

« On a honte d'obéir au Roi parce qu'il est le roi, alors on lui obéit parce qu'il est intelligent. » dit Dumbledore, une once d'ironie dans la voix. « Je dois l'avouer Bellatrix, je ne vous imaginais pas vous épanouir dans le rôle de laquais. »

Il vit la tempe de Bellatrix se crisper.

« Vous agenouiller devant ce que vous considérez un Sang-impur. » ajouta Albus.

Elle brandit sa baguette, le regard assombri par la fureur.

« Je ne peux imaginer que vous n'ayez pas tenté d'atteindre les hautes sphères de son dictat. Tom a-t-il refusé vos avances ? C'est l'unique raison que je trouve à votre union avec Lestrange. » ajouta Dumbledore d'un ton neutre, lui souriant calmement.

« Taisez-vous, sang souillé. » rugit-t-elle en s'approchant de la potence, la baguette pointée devant Dumbledore. « Comment osez-vous parlez ainsi de mon maître ? »

A cet instant, les portes principales du château s'ouvrir dans un éclat et Dumbledore vit une silhouette sortir de la porte. Il reconnut des cheveux noir ébouriffés, des yeux verts perçants et un air déterminé qui le rendit fier.

Harry Potter, suivi d'un cortège de membres de l'Ordre du Phoenix, s'avança en direction des Mangemorts qui s'étaient regroupé devant la potence de Dumbledore.

« C'est moi que vous voulez. » fit-il remarquer. « Pourquoi ne pas vous attaquer à la raison de votre présence. »

« Potter. » s'extasia Bellatrix. « Je commençais presque à douter que tu viendrais. Ce courage de Gryffondor fera ta perte. »

Elle rejoignit le reste de Mangemorts.

« Attrapez-le. Tuez les autres. » ordonna-t-elle d'une voix sifflante.

Une avalanche de sortilèges furent lancés simultanément de la part deux camps. Dumbledore focalisa son attention sur Harry. Il ne put que constater le résultat de son travail de longue haleine. Depuis le retour public de Voldemort, deux ans auparavant, Dumbledore s'était assuré qu'Harry bénéficie un entraînement acharné.

Harry était désormais un duelliste confirmé. Il l'observa alors qu'il combattait ses ennemis d'une manière disciplinée et méthodique. La concentration et la détermination visibles sur son visage alors qu'il enchainait les attaques sur ses adversaires remplit Dumbledore de contentement. Les autres membres de L'Ordre du Phénix semblèrent être stimulés par la détermination de leur nouveau meneur.

« Confundo ! » hurla Tonks en direction de Travers. « Ilusio corpus. »

Travers tituba lorsqu'une trainée orangée le toucha de plein fouet. Ses genoux tombèrent à terrière et il commença à hurler, agitant ses mains autour de lui, comme s'il était attaqué par des créatures dangereuses invisibles.

Non lui de lui, Walden Macnair fit exploser un banc, éjectant Hestia Jones quelques mètres plus loin.

Dumbledore vit Jugson tomber sous l'un des sorts d'expulsion d'Harry. Les Mangemorts avaient reçu l'ordre de ne pas tuer ou blesser sérieusement Harry et ils paraissaient hésitants à l'idée de l'attaquer de front. Harry, lui, ne leur témoignait aucune indulgence. Des gouttes de sueur étaient visibles sur son front. Il érigea un sort de protection et évita sans difficulté le sortilège de Lacération de Rodolphus.

« Ruptura. » lança-t-il en direction de Rodolphus.

Le sortilège atteint sa jambe droite qui émit un « crac ». Le Mangemort s'écroula sur l'herbe. Bellatrix ne sembla pas se soucier de la situation de son mari. A nouveau, elle avait entamé un duel contre Remus Lupin. Bellatrix était une duelliste habile mais vicieuse. Elle jeta un sort d'Altération derrière Remus. Le sort passa à plus de deux mètres de ce dernier qui s'était baissé pour l'éviter.

« On est un peu rouillée, Bella ? » interrogea Remus avec un rire moqueur.

Elle agita de nouveau sa baguette dans sa direction, sans le toucher.

« Ça devient inquiétant. » commenta Remus. « Et tu prétends être la meilleure duelliste de Voldemort ? »

Un rictus satisfait s'installa sur les traits vicieux de Bellatrix et Remus réalisa que quelque chose clochait. Il se tourna et vit Hestia Jones, dont la tête avait été métamorphosée en bloc de granit, être attirée à une vitesse fulgurante dans sa direction grâce au sort d'attraction de Bellatrix.

Le sourire de Remus s'effaça alors qu'il se jetait sur le côté pour dévier Hestia. Elle continua sa course folle en direction de Bellatrix et s'arrêta devant elle. Bellatrix enroula son bras atour de la nuque d'Hestia, et la plaça devant elle, en guise de bouclier humain.

Elle lança une vague de sorts, bien ciblés cette fois, en direction de Remus. Les sortilèges de protection qu'il érigeait étaient inutiles face aux Impardonnables que lançait la sorcière. Dans l'impossibilité de contre-attaquer sans prendre le risque de toucher Hestia, Remus fut contraint de battre en retraite.

Soudainement, son odorat développé détecta une odeur familière, celle d'un de ses semblables. Il n'eut pas le temps d'hurler pour prévenir ses compagnons. Une large créature aux poils longs bondit à travers les Portes.

Remus le savait, le loup-garou avait été attiré par l'odeur du sang versé pendant les duels et son grognement bruyant lui démontra que la bête ne s'était pas encore nourrie suffisamment. Remus ne savait que trop bien qu'il était impossible de résister à l'appel du sang.

L'animal sauta sur les premières personnes sur son chemin, Bellatrix et Hestia. Bellatrix laissa échapper un hurlement et poussa violemment Hestia en direction du loup-garou. Sa tête était toujours métamorphosée et Hestia ne sembla pas se douter du sort qu'il l'approchait dangereusement. On entendit aucun cri lorsque la créature bondit sur elle, lacérant violemment ses membres.

Il lâcha rapidement sa victime lorsqu'elle expira son dernier souffle et leva la tête, observant ses alentours, à la recherche d'une nouvelle proie.

La panique envahit Remus lorsqu'il vit le regard vicieux de la créature se poser sur Tonks. Les yeux de Tonks s'agrandirent de terreur alors le loup-garou avançait dans sa direction, l'air impitoyable.

Le loup-garou fut soudainement pris de convulsions violentes et Remus constata qu'il peinait à poursuivre sa course folle vers Tonks. Arrivée à quelques mètres de Tonks, la créature tomba à terre. Remus leva les yeux et vit le ciel dégagé s'éclaircir. Il se rua vers Tonks qui regardait à terre. Là où s'était tenu le loup garou quelques secondes auparavant, il vit la forme allongée d'un homme chétif.

« Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas retrouvée allongée en compagnie d'un autre homme nu. » commenta Tonks, provoquant le rire de Remus. `

Leur hilarité fut de courte de durée. Les combats arrêtés à l'arrivée du loup garou, avaient repris. Remus constata avec horreur que peu des combattants étaient encore debout. Sturgis tomba sous la main de Macnair. Bellatrix laissa échapper une exclamation de victoire. Seuls Harry, Minerva, Remus et Tonks étaient encore debout. Bellatrix et trois autres Mangemorts persistaient.

Remus vit Bellatrix courir dans la direction opposée et il ne comprit que trop tard ses intentions. Elle s'était approché de la potence où Albus Dumbledore était emprisonné, brandissant sa baguette.

« RENDS-TOI POTTER ! » s'écria-t-elle.

Ses cheveux virevoltaient sauvagement autour de son visage. Un air déchainé était visible sur son ses traits. Elle paraissait forcenée.

Harry se stoppa net et hurla à pleins poumons. Remus et Tonks se jetèrent dans sa direction.

Dumbledore avait relevé les yeux, et regardait Harry avec un faible sourire.

« Harry. » fut le dernier mot qu'il prononça avant d'être frappé en plein cœur par une trainée verte.

/

Un grincement se fit entendre et Ginny se redressa avec panique, jetant des regards apeurés sur ses alentours. Elle vit Madame Pomfresh refermer un placard et lui adresser un regard désolé.

Il fallut de longues minutes pour que Ginny puisse se détendre à nouveau. Elle se plaça en position de fœtus dans le lit d'hôpital, gardant les yeux grands ouverts.

Même si la douleur de son bras cassé s'était atténuée grâce aux soins de l'infirmière, elle était extenuée et une angoisse nerveuse lui tordait le ventre. Chaque bruit qu'elle entendait la mettait à cran et elle imaginait Greyback surgir dans la pièce pour finir ce qu'il avait commencé.

Le silence dans la pièce était pesant. Pomfresh avait plongé Romilda dans un sommeil artificiel. Ron était assis sur une chaise près du lit de Ginny, à moitié endormi.

Avant qu'il s'en aille, Harry avec insisté pour que Ron reste aux côtés de sa sœur en son absence.

Harry avait longuement serré Ginny dans ses bras, restant vague sur la suite des évènements. Elle n'avait pas cherché à savoir. Depuis que Rogue l'avait secouru des griffes de Greyback, elle était dans un état second. Elle avait l'impression que son esprit avait quitté son corps et qu'elle assistait à ce qui se passait autour d'elle en tant que spectatrice.

Se ventre se noua alors qu'elle imaginait ce qui serait arrivé si Rogue n'était pas intervenu. Elle se releva sous le regard attentif de Pomfresh, se dirigea vers la salle de bain de l'infirmerie et s'y enferma. Ses yeux s'étaient habitués à l'obscurité et les murs d'un blanc albâtre ainsi les lumières aveuglantes de la pièce lui firent mal aux yeux. Elle ôta ses vêtements entaillés et se dirigea vers l'une des douches. Elle ouvrit les robinets et resta immobile tandis que l'eau coulait à flot sur elle, se mêlant rapidement à des larmes.

Lorsqu'elle posa un pied sur le carrelage glacé du sol, elle frissonna avant de s'emparer d'une des robes de chambres intactes que Pomfresh réservaient pour ses patients. Lorsqu'elle sortit de la pièce, elle fut surprise de voir Luna Lovegood et Draco Malfoy en grande discussion avec son frère. Luna fut la première à l'apercevoir et elle se rua en direction de Ginny pour l'étreindre.

« Je suis tellement désolée, Ginny. » dit-elle avec tristesse. « J'ai entendu ce qui s'est passé. »

Draco resta en retrait mais lui lança un sourire réconfortant. Ginny hocha la tête avant de se diriger vers son lit, grimpant dessus. Un chat tacheté surgit de nulle part et sauta sur le lit, prêt de ses jambes. Elle posa la main sur l'animal qui se laissa caresser.

« Comment êtes-vous arrivés ici ? » demanda Ginny.

« Nous te cherchions et nous avons croisé le Professeur Rogue dans les couloirs. Il était furieux que nous ne soyons pas avec le reste de l'école. » expliqua Luna. « Il nous a conduit ici. »

Ginny trouva curieux que Luna Lovegood et Draco Malfoy vagabondent ensemble dans les couloirs une nuit comme celle-ci mais elle ne fit aucun commentaire.

« Que se passe-t-il, dehors ? »

Elle vit Draco regarder Ron, comme s'il hésitait à dire la vérité.

« Les Mangemorts ont attaqué l'école. » répondit Luna de but-en blanc. « Toutes les élèves sont enfermés dans la Grande Salle pour leur sécurité. »

On entendit soudain un cri déchirant devant du Parc de l'école. Ginny tendit l'oreille et réalisa qu'il s'agissait d'un chant.

« Un Phénix. » murmura Luna, d'une voix éteinte.

Ils restèrent silencieux, écoutant la complainte accablée de l'animal. Soudainement, la porte de l'infirmerie s'ouvrit à la volée, laissant entrer en trombe ce qu'il restait de L'Ordre du Phénix. Ginny fut effarée de voir le faible nombre revenu du combat. Elle fut soulagée lorsqu'elle vit Harry entrer. Toutefois, son soulagement s'envola lorsqu'elle vit l'immense tristesse sur son visage.

Elle n'hésita pas une seule seconde bondit sur ses pieds, faisait sursauter le chat installé sur le lit, se ruant dans sa direction. Il la réceptionna dans ses bras et l'encercla dans une étreinte ferme.

« Albus Dumbledore est mort. » annonça Remus Lupin, d'une voix grave. « Ainsi qu'Hestia, Sturgis et Elphias. »

Un silence de mort s'abattit dans la pièce et dura de longues minutes. Ginny s'extirpa des bras d'Harry à contrecœur et chercha à croiser son regard. Ses yeux étaient secs mais l'air douloureux qu'il affichait étaient des plus parlants. Elle glissa sa main dans la sienne et se dirigea vers le bureau de Madame Pomfresh, en quête d'intimité.

Pendant de longues minutes, ils restèrent silencieux.

« Je suis désolé Ginny. » lança soudainement Harry d'une voix enrouée. « Je n'ai pas pu te protéger. »

Elle lui lança un regard surpris. Elle s'était attendue à tout sauf à cette réaction de sa part. Encore une fois, Harry Potter ne pouvait s'empêcher de porter le lourd fardeau du monde sur ses épaules. Il semblait dépité et paraissait avoir abandonné.

« Je n'aurais jamais dû te laisser. » poursuivit-il. « Tout est de ma faute. »

Une soudaine colère envahit Ginny.

« Tout n'est pas de ton ressort Potter » dit-elle en serrant les dents. « Des choses horribles se passent tous les jours et il n'y a rien que tu puisses y faire. »

Il parut surpris par sa réaction vive. Il sembla vouloir intervenir mais elle ne lui en laissa pas l'occasion. Toute son angoisse, son trauma et sa souffrance avaient besoin d'être exprimés et la colère lui parut comme un excellent moyen de le faire.

« Je ne suis pas restée enfermée pendant des heures avec ce malade pour t'entendre te lamenter. Il nous a malmené pendant des heures, Vane a failli y passer. Il a essayé de me violer… »

Sa voix se brisa quand elle prononça les derniers mots. Elle ferma les yeux quelques secondes, prenant de grandes inspirations. Elle poursuivit d'une voix plus contrôlée :

« Nous avons subi trop de choses pour que tu abandonnes maintenant Harry. »

L'expression d'Harry était devenue pétrifié en entendant les paroles de Ginny.

« Tous ces gens dehors ? Ils ont besoin de toi. J'ai besoin de toi. » dit-elle avec insistance. « Tu es le seul qui puisse détruire...Vol..demort. »

C'était la première fois de sa vie qu'elle osait prononcer son nom. La sensation fut libératrice. L'expression d'Harry s'adoucit en l'entendant. Il s'approcha de Ginny et prit son visage dans ses mains.

« Tu es tout pour moi. » dit-il.

Ses lèvres s'écrasèrent contre celles de Ginny dans un baiser passionné. Ginny rendit son baiser avec autant d'ardeur. Harry retira ses mains de son visage, encerclant la taille Ginny avec force pour la rapprocher plus près de lui.

Lorsqu'ils se séparent, à bout de souffle, Harry colla son front contre celui de Ginny, sans la relâcher pour autant.

« Ça m'avait manqué. » admit-il.

« Ça t'apprendra à me larguer, Potter. » répliqua-t-elle d'un ton faussement énervé.

« Je suis désolé, Gin. » répondit-il d'un ton embarrassé.

Il se détendit lorsque Ginny émit un petit rire. Il posa un baiser sur sa joue avant de lancer :

« Allons-y. »

Elle acquiesça et Harry ne lâcha pas sa taille alors qu'ils sortaient du bureau de Pomfresh, pénétrant de nouveau dans l'infirmerie.

Tout le monde se retourna en les apercevant. Tonks, le visage ruisselant de larmes, se rua vers eux pour les étreindre en même temps. Elle retourna ensuite auprès de Remus.

« Que fait-on ? » demanda Ron avec appréhension en direction d'Harry.

Ce dernier prit une grande inspiration avant de lâcher d'un ton résigné :

« C'est moi qu'ils veulent. Si je reste ici, je mets tout le monde en danger. »

Remus sembla approuver silencieusement.

« Ce n'est pas une défaite. Nous devons d'abord réorganiser nos forces avant de tenter quoi que ce soit. »

Tonks hocha la tête.

« Dobby ! » appela-t-il d'une voix claire.

Quelques secondes plus tard, un elfe de maison transplana dans l'infirmerie. Il portait un sweatshirt de Quidditch et une jupe kilt écossaise trop grande pour lui. Il s'abaissa profondément devant Harry.

« Harry Potter a appelé Dobby, monsieur » dit-il en observant Harry avec soumission.

« Nous avons besoin de toi pour quitter Poudlard, Dobby. » dit-il à l'elfe qui hocha la tête frénétiquement.

« Dobby est ravi d'aider Harry Potter. »

« Severus, Luna, Malfoy, Madame Pomfresh, vous pouvez rester à Poudlard sans risques. Sortez de l'infirmerie avant qu'ils ne vous trouvent. » indiqua Harry.

Il semble réfléchir quelques instants et lança en direction de Draco :

« Malfoy, pas un mot de ce que tu as entendu ici. Sinon, je reviendrai m'occuper personnellement de ton cas. » dit Harry d'une voix menaçante.

« Il ne dira rien. » intervint Luna d'une voix assurée. « Sinon, je te devancerai. »

Draco leva les yeux au ciel en direction de Luna.

« Je n'ai rien vu, rien entendu Potter. Ce ne sont pas mes affaires. » dit Draco.

« Très bien. Ron, Remus, Tonks allons-y. » ordonna Harry. « Minerva, vous aussi. »

Tenant toujours Ginny par la taille, il s'approcha de Dobby d'un pas résolu. Remus et Tonks échangèrent un regard en observant Ginny.

« Et Ginny ? » demanda soudainement Luna.

Harry lui jeta un regard interloqué.

« Elle vient avec moi. » répondit Harry en regardant Luna comme si elle avait dit quelque chose de particulièrement idiot.

« Ginny devrait rester. » suggéra Luna. « Pour sa sécurité. »

« Hors de question. Elle est en danger si elle reste ici. »

« Miss Lovegood n'a pas tort, Potter. » intervint Rogue d'une voix traînante.

Harry lui lança un regard estomaqué. Par reflexe, il resserra sa prise sur la taille de Ginny, la rapprochant de lui d'un geste protecteur.

« Vous avez tous perdu la tête ? » demanda Harry, choqué. « Ginny est la première personne à qui ils s'attaqueront pour m'atteindre. Ils apprendront rapidement que c'est ma petite-amie. »

« Harry, tout le monde pense que vous êtes séparés. Tout l'école est persuadée que vous vous détestez. » l'informa Luna d'une voix posée.

« Si tu t'en va, les Mangemorts n'auront aucun intérêt à rester à Poudlard. Ils vont chercher par tous les moyens de te retrouver où que tu sois. Si Ginny est avec toi… » lança Remus.

« Hors de question. » répliqua Harry en haussant la voix, semblant irrité.

« Je veillerai sur Miss. Weasley, Potter. » assura Rogue.

Harry secoua la tête.

Ginny n'avait prononcé aucune parole depuis qu'ils étaient entrés de nouveau dans l'infirmerie. Elle prit une grande inspiration et fit face à Harry, s'extirpant de son étreinte à contrecœur.

« Harry. » dit-elle d'une voix faible. « Ils ont raison. »

Le visage d'Harry se décomposa.

« Luna a raison. Personne ne sait que nous sommes de nouveau ensemble. »

Harry secoua de nouveau la tête.

« Je ne peux pas t'abandonner ici, Ginny. » dit-il. « Je ne peux pas faire ça. »

« Fais-moi confiance, tout ira bien. J'ai pris ma décision. » ajouta-t-elle d'une voix qui n'admettait pas de refus.

Elle ignora le regard implorant d'Harry. Elle savait qu'elle devait rester ferme. Le courage lui manquait et la nuit traumatisante qu'elle venait de passer la dissuadait également de risquer de se placer dans une situation similaire. Les Mangemorts chasseraient Harry sans relâche. Elle ne voulait pas être un fardeau dans sa lutte contre Voldemort.

Les paroles de Ginny furent les seuls qui parvinrent à convaincre Harry. Ses mains tombèrent le long de con corps, impuissant. Remus et Tonks parurent soulagé.

« Je reviendrai te chercher. » promit-il.

Il la serra dans ses bras et lui donna un dernier baiser fervent avant de se diriger vers Dobby.

Tonks étreignit Ginny à son tour, Ron également et ils rejoignirent Harry et l'elfe de maison.

Remus serra la main de Severus, semblant échanger des paroles silencieuses avec lui. Rogue hocha la tête. Les cinq membres de l'Ordre transplanèrent aux côtés de Dobby. Harry ne quitta pas Ginny des yeux alors qu'ils disparaissaient dans un tourbillon.

Dehors, on entendait toujours la complainte funèbre de Fumseck. La voix glaçante de Bellatrix Lestrange s'éleva soudainement dans toute l'école :

« Nous avons pris le contrôle de votre école. Votre directeur, Albus Dumbledore, est mort. Harry Potter, son complice, vous a lâchement abandonné. Prosternez-vous devant la puissance du Seigneur des Ténèbres ou périssez. »

Fin du Chapitre.

« On a honte d'obéir au roi parce qu'il est le roi - alors on lui obéit parce qu'il est intelligent. » Soren Kierkegaard Artiste, écrivain, Philosophe, Scientifique, Théologien (1813 - 1855)

J'espère que vous avez apprécié lire ce chapitre autant que j'ai apprécié l'écrire. Il reste officiellement 3 chapitres avant la fin de cette histoire.

Le onzième chapitre s'intitulera "Sans foi ni loi" et je tiens à vous prévenir, il ne fera aucun cadeau...

A très vite,

Black Lagoon