Chapitre 19: Vengeance
Le centaure, Firenze, nous a donné un cours de divination exceptionnel. D'abord, il a eu droit à une classe personnalisée et tunnée où il a remplacé le sol par de l'herbe, les insectes en moins. Je profite donc des cours de divination pour rattraper le sommeil que je n'ai pas la nuit.
En tant que cinquième année, et surtout à l'approche de BUSE, notre travail est redoublé et je songe fondée une association pour la libération des elfes d'éducation que nous sommes devenu. Hermione n'a pas rit à ma blague mais elle a beaucoup amusé Ron.
Nous avons commencé les patronus à l'AD. Je suis pitoyable. Tout le monde a réussi à faire un patronus coporel et je parviens uniquement à faire crachoter à ma baguette un filet argenté. J'ai l'impression d'être ingrate : je suis loin d'être malheureuse pourtant. Neville est dans le même problème que moi.
L'anniversaire des jumeaux approchent et j'ai déjà un cadeau. Je souris doucement en voyant George s'amuser avec son patronus. Harry me rejoint.
- Alors Elizabeth ?
- Rien à signaler, chef, je raille avec mauvaise humeur.
Il hoche la tête, regardant les autres élèves un à un avant de me conseiller avec une patience pédagogue.
- Tu n'es pas obligé de penser à quelque chose de réel. Je pense à mes parents et moi, me confie-t-il.
Je le regarde, hochant la tête et me lève. Je ferme les yeux et imagine Maman, je l'imagine sourire devant mes aventures avec Papa et Sherlock. Je l'imagine faire entrer Neville dans la maison avec son humour tout pourri. Je l'imagine attendrie en rencontrant George, me faisant un clin d'œil en articulant "pas mal du tout". Sans que je ne le réalise, un sourire éclaire mon visage et je murmure la formule.
Quand j'ouvre mes yeux, un hérisson marche tranquillement dans les airs. Je pense aux fanarts que j'ai vu sur Papa et Sherlock. Sherlock est représenté en tant que loutre et Papa comme hérisson. J'éclate aussitôt de rire, regardant l'hérisson avec tendresse.
Papa est mon gardien. Ça lui ferait plaisir. Ça le rendrait émotif un peu, sans doute
George passe son bras autour de mes épaules.
- j'espère que j'étais dans tes pensées heureuses.
- à vrai dire.. Tu l'étais, je reconnais, à moitié gênée.
Il baisse les yeux vers moi, arquant le sourcil de celui qui y croit moyen. J'hoche la tête, faisant la moue.
- Ça me surprend autant que toi.
Harry se met à crier, tout d'un coup. Je me tourne et le vois discuter avec Dobby. Je fronce les sourcils, si je comprends bien Ombrage arrive. George m'attrape par le poignet mais je le dégage.
- J'arrive, je vais chercher le survivant !
Il fronce les sourcils.
- George, vas-y !
Il obéit, les sourcils quand même froncés. Je rejoins Harry qui empêche l'elfe de s'auto punir.
- Potter, j'articule entre mes dents. On doit y aller.
- Attends ! Dobby, je te demande de ne plus te punir. Retourne aux cuisines et mens à Ombrage si besoin.
Je tire Harry par le bras. Nous sortons de la pièce en courant mais Harry pousse un hurlement de douleur, faisant une chute spectaculaire de deux mètres et m'entraînant avec lui.
- J'en ai eu deux d'un coup, Professeur ! S'exclame la voix de Drago.
Je me lève en serrant les dents et toise froidement cette misérable teigne.
- Tu le regretteras, Drago. Et amèrement.
- C'est lui ! Jubile Ombrage. Et.. Watson ?!
Je souris de toutes mes dents. Mon moment. Mon putain de moment. Même George ne m'a pas donné d'orgasme comme celui qui m'attend. (oui, George m'a donné pas mal d'orgasmes). The game is on.
- Surprise, Professeur, je susurre en me tournant vers elle.
- Cinquante points pour Serpentard, articule-t-elle froidement sans me quitter du regard. Essayez d'en attraper près de la bibliothèque.
Elle nous attrape par le bras et nous emmène chez le directeur. Harry a l'air plus abattu que jamais. Je fronce les sourcils et prends sa main, lui souriant.
- On savait dans quoi on s'engageait, Potter.
- Silence, claque froidement Ombrage
Ce serait idiot de la contredire pour rien. Je me tais donc. Quand nous entrons dans le bureau du directeur, je vois que j'aurais un public. Parfait. Et pas n'importe lequel.
Dumbledore, Minerva, Fudge, Kingskley de l'Ordre du Phénix, un espèce de garde du corps inconnu au bataillon, Percy Weasley et le VIP : Mycroft Holmes. Il me regarde et se pince l'arrête du nez. Je souris un peu plus.
- Tiens.. Evidemment, vous m'aviez pourtant dit Mycroft que.., fait Fudge
- Contrairement à ce que vous pensez croire, je ne suis pas son père, Monsieur le Ministre, coupe sèchement Mycroft.
- Heureusement, sinon vous m'auriez déjà pendue sur la place publique, je réponds tranquillement en observant mes cuticules. Pourquoi un représentant des moldus ?
- Il est venu pour vous, susurre froidement Ombrage.
- Quel honneur, Mycroft. Vous n'avez pas un cousin à exécuter ?
- Bon.. J'imagine pourquoi vous êtes là ? Nous demande Fudge.
- Non, nous répondons Harry et moi en cœur
Putain ce système de réponses synchronisées avec le Survivant est l'une de mes plus belle réussite. Nous échangeons un regard.
- Je vous demande pardon ? Répète-t-il
- Nous ne savons pas, répond Harry.
- Vous ne savez pas pourquoi vous êtes ici ?
- Pas la moindre idée, je réponds aimablement.
Fudge nous regard, incrédule. Harry se tourne vers Dumbledore et je vois le léger sourire amusé qu'il s'empresse bien vite de dissimuler.
- Vous n'avez donc aucune idée de la raison pour laquelle le professeur Ombrage vous a amené dans ce bureau ? Demande Fudge, la voix déformée par le sarcasme. Vous n'êtes pas conscient d'avoir violé le règlement de l'école ?
- Le règlement de l'école ? Dit Harry. Non.
Putain il est excellent.
- Ou plutôt les décrets, rectifie Fudge avec colère.
- Pas consciemment, je réponds doucement.
- Donc vous n'êtes pas au courant, reprend Fudge, la voix tremblante de fureur. Qu'une organisation illégale d'élèves a été découverte dans cette école ?
- Merlin, où ça ? Je demande, posant ma main sur la poitrine.
- Je crois, Monsieur le Ministre, susurre la voix d'Ombrage. Que ça ira plus vite si j'allais chercher l'élève qui m'a donné l'information.
Allez donc chercher le mouchard, que je lui casse la gueule au détour d'une ruelle sombre. Alors qu'elle sort, Fudge se tourne vers Dumbledore :
- rien ne vaut un bon témoin, n'est-ce pas ?
- Sauf pour le procès de Sirius Black ou Barty Croupton Jr, j'interviens tranquillement.
Je vois Kingskley dissimuler son sourire en se grattant la joue. Percy rougit de fureur et Mycroft me fixe comme si il allait m'étrangler sur le champ.
- Miss Watson, me prévient McGo.
- Désolé, Professeur, je m'excuse respectueusement.
- Vous avez parfaitement raison, Cornelius, approuve néanmoins Dumbledore d'un air grave.
Lui aussi il est génial.
Ombrage revient avec l'amie de Chang, la petite dinde qui glousse qui se cache le visage. Ombrage présente la gamine et Fudge la félicite, lui demandant d'enlever ses mains de son visage. Quand elle le fait, je me promet intérieurement d'arrêter d'écouter Hermione quand elle nous demande de nous conduire correctement.
Cette Granger est vicieuse.
Son visage est défiguré par une éruption de pustule violette serrées qui s'étirent pour former le mot "CAFARD".
- Racontez à Monsieur le Ministre, dit Ombrage d'un air impatient.
Mais Marietta est trop occupée à pleurnicher. Bien fait, on aurait dû faire ça à tous les collabos pendant la guerre.
Ombrage s'empresse donc de raconter ce que cette petite fouine lui a appris. Elle informe aussi Fudge de notre petite réunion à la Tête de Sanglier. Minerva intervient pour réclamer des preuves. J'ai envie de pleurer tellement elle me rend fière de ma maison.
- Le but de la réunion, explique Ombrage. Était que Potter apprenne des maléfices jugés dangereux par le ministère. Une association illégale d'élèves !
- C'est faux, je réponds doucement.
- Et en quoi ? Me demande-t-elle avec un sourire mielleux.
- Les maléfices sont jugés dangereux par la grande Inquisitrice qui représente le Ministre de la Magie et non le ministère. Les maléfices jugés dangereux par le ministère sont le Doloris, l'Imperium et l'Avada Kedavra. Sortilèges qui nous ont été enseignés l'année précédente par un fugitif d'une prison sorcière que je ne citerais pas.
Les rougeurs apparaissant sur le visage de Fudge, Percy et Ombrage me rendent toute chose.
- Et vous vous trompez sur un point, Dolores, dit calmement Dumbledore.
- Oh oh, s'amuse Fudge. Écoutons la dernière histoire à dormir debout pour sauver Potter. Était ce le sosie de Potter ? Ou bien l'explication habituelle : un mort qui revient à la vie et deux détraqueurs invisibles ?
Percy éclate de rire :
- Hoho ! Très drôle, Monsieur le Ministre, très drôle !
Je vois Harry prêt à tabasser Weasley. Je décide de le tourner en ridicule en riant moi aussi : je ne hurle pas de rire, mais je ris assez pour que Percy s'arrête d'un coup et me fixe, serrant les dents. Je me calme finalement.
- Pas mal du tout.
- Cornelius, je ne nie pas que Harry se trouvait à la tête du Sanglier ou même qu'il recrutait les élèves. Mais le décret n'était pas encore passé et l'association n'était pas encore illégale. Harry n'avait donc pas encore violé le règlement.
Je l'embrasserais là maintenant. Et la tête de Percy, qui semble avoir été frappé en plein fouet avec le poing de Hagrid est la plus belle chose de la journée.
- Mais toutes les autres réunions étaient illégales, dit Ombrage d'un air triomphant.
- Mais Marietta n'a parlé que d'une réunion ce soir. Je ne suis pas certain qu'elle puisse raconter six mois de réunion.
Tous se tournent vers la pauvre gamine qui pleurniche. Je ne parviens pas à détacher mon regard. Selon sa réponse, je saurais si je dois lui casser la gueule avec une barre métallique rouillée histoire de lui filer le tétanos ou si je ferais ça plus gentiment.
Marietta répond "non", qu'elle ne se souvient pas d'autres réunions.
Sage fille.
Mais Ombrage sort la liste que nous avions signé. Fudge la prend d'un air horrifié et blanchit quand il voit le nom. Je souris doucement.
- Vous avez vu, Monsieur le Ministre ?
Il me regarde l'air hébété. Mycroft me fixe, interdit.
- Ce que vous aviez peur que ça se réalise.. C'est arrivé. Peut être que si, en premier lieu vous aviez cru on en serait pas arrivé là. Ou peut être que si vous aviez nommé un professeur capable de donner des cours corrects, de discuter avec les élèves et de faire preuve de pédagogie un gamin de quinze ans n'aurait pas eu à le faire à sa place.
Je me tourne vers Ombrage qui me regarde, écarlate de fureur. Je fais la moue.
- Et, Professeur, en tant que colonel en chef de l'Armée de Dumbledore..
J'entends Harry pouffer derrière moi.
- J'aimerais vous dire que malgré son style affligeant, le Professeur Lupin est le meilleur professeur que nous ayons eu. L'hybride le plus dangereux avait Voldemort à l'arrière de la tête.
Je lui fais un clin d'oeil.
- Vous avez entendu ? Voldemort est de retour.
Je crois que je l'ai tuée. J'en profite pour un final et me tourne vers Percy.
- Percy, un jour tu t'en voudras, à mort. Un jour tu regretteras le mal que tu as fais à ta famille. Et ce jour là, j'espère qu'il ne sera pas trop tard.
- Elizabeth, il suffit, m'interrompt Dumbledore. J'avais organisé ça.
- Vous ? Répète Fudge, horrifié.
Je me crispe totalement. Si Dumbledore joue au martyr, je le tue.
- Vous avez recruté les élèves.. Pour votre armée ?
- Nous devions tenir la première réunion ce soir, explique Dumbledore. Seulement pour voir si ils souhaitent se joindre à moi. Je vois que j'ai fais une erreur en invitant Miss Edgecombe.
- Donc vous avez vraiment comploté contre moi !
- C'est exactement..
- NON ! S'exclame Harry.
J'attrape sa main, le tirant en arrière pour le faire taire mais il se dégage. D'un autre côté, je peux pas trop faire la maligne pour faire taire les gens vu mon bordel.
- Taisez vous, Harry, ou vous devrez sortir de mon bureau, menace calmement Dumby.
- Oui fermez la Potter ! Aboye Fudge.
J'arque un sourcil.
- Et bien.. J'étais venu ce soir en espérant renvoyer Potter et au lieu de ça..
- Au lieu de ça vous allez devoir m'arrêter. C'est comme chercher pour une noise et trouver une mornille, coupe joyeusement Dumbledore.
- Weasley ! Vous avez bien tout noté ? Sa confession ? Tout ?!
- Oui, Monsieur, j'ai tout Monsieur, répond-il avec empressement !
Fudge l'envoie envoyer ça à la gazette. Percy y court et, sur le chemin, je lui fais un croche pied. Il se tourne vers moi et me fusille du regard. Je fronce les sourcils.
- Tout va bien, Wistily ?
Il se crispe et s'en va. Fudge annonce à Dumbledore qu'il va finir à Azkaban. Et à ce putain de moment, ça devient génial.
- Nous allons rencontrer une difficulté. Vous semblez entretenir l'illustration selon laquelle je vais obéir.. Sans opposer de résistant. Or, je crois que je vais en opposer une justement. Car voyez vous, Cornelius, je n'ai aucune intention de me laisser envoyer à Azkaban. Oh, bien sûr, je pourrais m'en évader mais quelle perte de temps et j'ai plus utile à faire.
Putain mais je suis sure que dans sa jeunesse il était comme les jumeaux.
Fudge demande à l'armoire à glace qui était restée silencieuse jusque là de s'approcher.
- Ne soyez pas idiot, Dawlish, dit Dumbledore avec gentillesse. Je suis certain que vous êtes un excellent auror. Vous avez d'ailleurs eu O à vos résultats aux ASPIC mais si vous essayez de m'emmener par la force, je serais contraint de vous faire du mal.
- Donc vous voulez affronter Dawlish, Shackelbolt, Dolores, Mycroft et moi à vous tout seul ? Demande Fudge.
Je regarde Mycroft. Il ignore mon regard. Quel abruti. Je me racle la gorge. Dumbledore a un peu défonce Grindelwald.
- par la barbe de Merlin non. Tant que vous ne serez pas assez sot pour m'y obliger.
- Il ne sera pas tout seul ! lance Minerva en sortant sa baguette.
- Oh si, il le sera, Minerva! Poudlard a besoin de vous, répond sèchement Dumbledore.
Fudge oblige l'auror et Kingsley a se saisir de Dumbledore. Je vois Harry et Marietta se baisser sèchement, comme tirer en arrière. Au moment où un éclair se dirige droit vers moi, une main m'agrippe par le col et je termine contre le torse de Mycroft.
- Gênant..
- Tais toi, pour l'amour du ciel, se plaint-il.
Il me garde là, me protégeant des sorts qui fusent un peu partout. Il baisse les yeux vers moi et hoche doucement la tête, approuvant silencieusement ce que j'ai fais. J'ai envie de pleurer.
- Vous alliez tuer Sherlock..
- Elizabeth, tu penses vraiment que j'allais l'envoyer là bas ?
Je me crispe totalement et lui frappe l'épaule.
- Sérieusement ! Et vous ne dites rien ?
Il me fusille du regard, se massant l'épaule.
- Elizabeth, menace-t-il.
- Vous l'avez mérité, et vous le savez, je grogne.
Soudain, un sort frappe Mycroft et il tombe au sol avec les autres fonctionnaires du ministère. Dumbledore m'offre un regard d'excuse.
- Fudge l'aurait soupçonné. J'ai même dû pétrifier Kingsley.
- Merci, Professeur, je murmure. On a .. besoin de vous.
Avec son éternel sourire amusé, il chasse ma remarque. Il donne ses dernières instructions à Minerva puis à Harry.
A l'aide de Fumseck, Dumbledore disparaît. Au même moment, les gens du ministères se réveillent. Fudge annonce de façon grandiloquente la "fin de Dumbledore". Minerva le fixe avec mépris. Mycroft me salue par un hochement de tête. Fudge nous envoie au lit. Harry et moi sortons, encore sonnés par ce que nous avons vu.
Nous échangeons un regard et éclatons de rire.
- "colonel en chef" ! Répète-t-il.
- "non je ne sais pas de quoi vous parlez !"
Nous rions à en pleurer une demi de dizaine de minutes. Je le regarde en souriant.
-Je suis loin d'être ravie par la tournure des choses mais, si c'était à refaire, je le ferais sans hésiter.
- Je crois que moi aussi, s'amuse-t-il.
En souriant, nous entrons dans la salle commune. Les membres de l'AD sont tous assis, l'air anxieux. Ron, Hermione, Neville et les jumeaux se lèvent d'un bond. Nous nous mettons à raconter à deux, complétant les dires de l'autre, ajoutant un commentaire.
Harry sourit en coin.
- ...Ensuite, Fudge a envoyé Percy donner les notes à La Gazette. Il sortait en courant. Elizabeth lui a fait un croche pied monstrueux ! Et lui a demandé "ça va Wistily" !
Les jumeaux m'applaudissent. George m'embrasse fougueusement.
- Tu es parfaite.
- Non, je ris. Hermione est parfaite. Hermione, le sort que tu as fais à Marietta.. Ombrage est incapabl de l'enlever !
Flattée et mal à l'aise, Hermione hausse les épaules avec une modestie affligeante. Nous allons nous coucher avec un sentiment étrange. Triste que ce soit la fin de l'AD mais ravi de la façon dont ça s'est conclu.
Dans mon lit, je fais tourner le gallion magique dans mes doigts et souris en coin.
Je le garde avec moi, un porte bonheur.
