Chapitre 20: ils s'en vont
Le lendemain, en revenant du cours de botanique, je discute avec Neville. Ombrage est devenue la nouvelle directrice : elle a redescendu les pouvoirs des préfets et, en échange, a créé une brigade inquisitoriale où se trouvent tous les fayots. Cette brigade peut enlever des points.
- Et vu que tu es une Sang de Bourbe, ça te fera dix points de moi, Granger, annonce Malefoy derrière moi.
- Hey Drago, enlève trente points à Gryffondor ! Je souris.
Il se tourne vers moi en fronçant les sourcils. Je lui souris.
- J'aimerais préciser que la brigade inquisitoriale correspond à la jeunesse hitlérienne et qu'Ombrage a le charisme d'Himmler et de Goebbels.
Je vois leur regard interrogateur et je souris de toutes mes dents.
- C'est dommage hein ? Que vous ne compreniez pas cette référence ?
- Dix points en moins pour Gryffondor, dit-il entre ses dents.
Je m'éloigne et vais dans la grande salle. Le trio est entrain de discuter avec les jumeaux, Hermione a l'air choquée. Je fronce les sourcils et tends l'oreille.
- Nous n'avons plus envie de rester, sourit Fred. Nous partirons volontiers à l'instant même si nous n'étions pas décidés à faire un petit quelque chose en hommage à Dumbledore.
Je sens mon sang se glacer dans mes veines. Harry fronce les sourcils, demandant à George.
- Et Elizabeth ? Elle est au courant ?
- Elle n'y verra aucun problème, sourit George.
Je serre les dents, prend mon livre de botanique et le claque bruyamment sur la table de Gryffondor, juste à côté d'eux. Ils sursautent et se tournent vers moi. George me sourit.
- Quand on parle du loup.
Il s'approche et je sors ma baguette.
- Ne me touche pas, je siffle froidement.
George fronce les sourcils. Je le regarde en serrant les dents.
- Je.. Je me fiche de savoir que tu te barres. Tu vas le faire avec panache, comme d'habitude. Et je sais très bien que j'ai pas mon mot à dire, je suis ta copine, pas ta mère. Et je sais aussi que tu n'as pas besoin de l'école pour réussir, pas plus que Fred.
Je fronce les sourcils, ne sachant pas très bien où je veux en venir, je baisse ma baguette avant que quelqu'un me voit.
- Mais tu aurais pu.. Je sais pas ? Me prévenir ? Au lieu de me mettre devant le fait accompli ?
- Elizabeth, dit-il avec amusement. Ce n'est que deux ou trois mois, on se verra des vacances.
- Il ne s'agit pas de ça, abruti ! Je m'exclame en serrant les dents. Quand.. Quand est-ce que c'est prévu ?
- Le plus tôt possible, me dit George.
Il a perdu son sourire, il me regarde sérieusement. Je déglutis et hoche la tête. Je fouille dans mon sac et lui tends un petit paquet.
- Joyeux anniversaire, abruti.
- Elizabeth ne..
- Et ne gaspille pas du papier à m'envoyer des lettres. Si je ne méritais d'être tenue au courant, je ne le mérite toujours pas.
Je vois qu'il ne se décide pas à prendre mon cadeau. Je le pose sur la table, en face de lui et sors de la pièce à grands pas. C'est nul d'avoir envie de pleurer pour ça, pour quelqu'un. Je décide d'inspirer bien fort, d'essuyer mes yeux pourtant sec et d'aller me cacher à la bibliothèque.
Une heure plus tard en effet, j'entends des bruits d'explosion. Je vois que quelqu'un (et on sait tous qui) a allumé une boite de feux d'artifices magiques. George va partir. Cet abruti se casse sans prendre la peine de me prévenir, pensant que c'est normal. Je ne l'aurais pas retenu, je l'aurais encouragé. Mais savoir que je suis aussi.. Méritante que le trio d'or.
Ça dure toute l'après midi. Quand je vais dans la salle commune en soirée, je vois que les jumeaux sont encore là et traités en héros. Je vois même Hermione se frayer un chemin au milieu des fans pour les féliciter.
Je pince les lèvres et vais tout droit dans mon dortoir. Lee Jordan se met devant moi.
- Elizabeth. Ne leur en veux pas, me dit-il doucement.
- Tu vas me faire la morale toi aussi ? Tu ne vas pas avec eux, n'est-ce pas ?
- J'étais invité, se vante-t-il. Mais je ne pense pas passer ma vie à faire des blagues, malheureusement. Je dois passer mes ASPICS.
J'hoche la tête, m'appuyant contre le mur. Il me regarde et sourit.
- Il t'aime vraiment.
- Il ne s'agit pas de ça, Lee. Et je ne veux pas que son meilleur ami fasse des excuses à sa place.
Je regarde les jumeaux prendre les commandes à tout va. Je souris doucement et hausse les épaules.
- Ils réussiront, sans le moindre doute. Mais j'aurais aimé.. Sentir que mon avis était important. Et pas être une pauvre potiche qui subit la moindre décision.
- Tu l'en aurais empêché ? Me demande-t-il.
- Bien sûr que non.
- Alors qu'est-ce que ça change ?
- La place que j'ai pour George.
Il hoche la tête et pointe son doigt vers moi.
- Tu restes là. Je vais lui parler, ok ?
J'hausse les épaules et vais m'installer dans un fauteuil, commençant à travailler malgré que les vacances de Pâques commencent demain. J'entends les élèves crier plus fort derrière moi et je serre les dents.
- Hey.. Tu as trouvé ça comment ? Demande George d'une voix moins enjouée que d'habitude.
- Très bien, évidemment que c'était très bien.
- Tu m'en veux ?
- A ton avis ? Je siffle froidement.
Il soupire et attrape une chaise, s'asseyant en face de moi. Je baisse la tête et me mords la lèvre.
- C'est bon. Je n'ai pas envie de gâcher ta soirée, va encaisser les commandes.
- S'il te plaît, me demande-t-il, prenant doucement ma main.
Je la dégage. Je ne suis pas d'humeur aux contacts physiques, et certainement pas avec lui. Malgré ça, je relève la tête pour l'écouter.
- Je ne savais pas comment t'en parler. Ça aurait gâché la surprise. Ça aurait rendu ça moins.. Impressionnant.
Je soupire et passe mes mains sur mon visage.
- George je rigole comme une dinde à la moindre de tes blagues. Celle-ci, en plus de me faire rire, m'aurait remplie de fierté. Là elle m'impressionne, c'est certain mais.. Elle m'énerve. J'ai eu envie de tuer quelqu'un toute l'après midi. Je n'aurais pas fais de commentaires style "et ton diplôme" ou "tu es sûr de toi". Je sais que tu sais ce que tu fais. Je sais que tu n'as pas besoin de diplôme, et je sais que tu vas réussir. On a toujours besoin qui croit en nous quand nous en sommes incapable. Et tu n'as jamais douté de toi, je pense, mais sache que le jour où tu le feras, je serais là. Et pour cette raison, je ne t'aurais jamais retenue.
- J'ai été idiot, murmure-t-il.
J'hausse les épaules et regarde ailleurs.
- Tu pourrais me laisser passer mes derniers jours avec ma petite amie ? Me demande-t-il.
Là encore, j'hausse les épaules, mais repose mon regard sur lui. Il a un petit sourire plein d'excuse qui me donne envie de l'étrangler et de l'embrasser.
- D'accord, je grogne.
- Cache ta joie.
OoOOoo
Quelques jours plus tard, je suis couchée dans le parc, entrain d'étudier mon cours d'histoire de la magie. George a ses bras autour de moi et grogne dans mon cou.
- Elizabeth arrête d'étudier.
- Ca fait uniquement vingt minutes, espèce d'idiot.
- C'est déjà trop, geint-il.
- J'ai un rendez vous d'orientation avec Minerva, bientôt. Si je n'ai pas les points qui suivent, elle ne sera jamais convaincue, je marmonne en tournant la page.
George se redresse et me regarde.
- Tu arrives à convaincre n'importe qui. Arrête de faire ton Wistily et embrasse moi.
Distraitement, je pose mes lèvres sur les siennes, sans même détacher mon regard de mon livre. Il pousse un grognement exaspéré, ferme sèchement le bouquin et prend mon visage dans ses mains avant de m'embrasser langoureusement.
- Ça c'est un baiser, murmure-t-il, son front contre le mien.
- Dévergondé, je souris doucement.
Je regarde l'heure et me crispe totalement, me relevant d'un bond.
- C'est mon conseil d'orientation !
- Elizabeth !
Il se lève et pose ses mains sur ma taille, embrassant ma joue.
- On s'en va aujourd'hui.
Je me crispe, hoche lentement la tête et me blottis contre lui. Il me serre dans ses bras et embrasse ma joue plusieurs fois.
- Ne me quitte pas pour une fangirl, je grogne.
- C'est toi ma préférée.
Je souris, me recule et l'embrasse doucement.
- Je sais.
Je vais dans le bureau de Minerva. Je vois Ombrage entrain de griffonner sur un bloc note dans un coin.
- Asseyez vous, Watson, me dit-elle vivement.
J'obéis.
- Bien. Cet entretien a pour objet de parler des idées de carrière que vous pourriez avoir et de choisir les matières que vous devriez continuer à étudier. Savez-vous ce que vous voulez faire après Poudlard ?
- Je le sais depuis ma troisième année, Professeur, je réponds, avec un sourire.
Je vois l'étincelle d'amusement dans les yeux de McGo. Elle hoche la tête, m'invitant à continuer.
- J'aimerais, d'une façon ou d'une autre, améliorer le système judiciaire sorcier. Aujourd'hui, le pouvoir exécutif et législatif l'influencent de trop pour qu'on puisse parler d'une véritable justice. Ce qui est dommage car les sorciers ont tous les instruments qui leur permettraient de devenir la meilleure cours de justice au monde.
Ce petit compliment n'est que pour flatter Ombrage. Minerva plisse les yeux.
- Quelles matières comptez-vous prendre ?
- Histoire de la magie, étude des runes, botanique, potion, sortilège et métamorphose. Et Défense contre les forces du mal.
J'entends un léger toussotement derrière moi. Minerva l'ignore.
- En quoi cela pourrait vous aider ?
- Je ne sais pas encore précisément quelle sera ma place et mon rôle. Je préfère être certaine de pouvoir lire des rapports d'enquête et pouvoir voir une faute si besoin.
Minerva hoche lentement la tête.
- Vous voulez donc créer votre profession ? Intervient grossièrement Ombrage.
Minerva me regarde.
- Vous n'êtes pas obligé de répondre.
- Je le ferais, Professeur.
Je me tourne vers Ombrage. Je regarde cette pauvre meringue, ferme les yeux et me convaincs que je suis entrain de parler à Molly Hooper, mon sourire devenant aussitôt aimable.
- Oui. Comme mes deux oncles l'ont fait avant moi. Je veux m'assurer d'avoir une quelconque utilité. Nous ne pouvons changer le monde, nous ne sommes qu'un grain de sable dans la plage de l'histoire.
Je suis le nouvel Oscar Wilde.
- Mais je peux essayer de changer le monde d'une personne. M'assurer que tout le monde dispose d'un procès juste est la moindre des choses.
- Est-ce que ça a encore un rapport avec Sirius Black ? Me demande-t-elle avec amusement.
Je la regarde et fronce les sourcils.
- Sirius Black, Nelson Mandela, Sakae Menda, Michael Morton.. Ils sont des centaines chaque année, Professeur. Je vous conseille "Ne tirez pas sur un oiseau moqueur".
Je me tourne à nouveau vers le professeur McGonagall.
- Et sinon, je pense essayer de devenir auror. Je doute exercer là dedans mais j'utiliserais ma formation pour aider mon oncle.
- Le moldu ? Me demande-t-elle. C'est illégal.
- Je parlais de Mycroft, je mens avec douceur.
J'aiderais Sherlock, qui pourrait m'arrêter ?
Elle hoche la tête. Ombrage se racle la gorge.
- Le ministère n'acceptera jamais une chose pareille.
Je me tourne vers elle, prenant l'air le plus stupide que je possède. Je dois probablement ressembler à Donovan.
- C'est une déclaration officielle ? Parlez-vous au nom du ministère ?
C'est dangereux comme réponse. Elle se crispe et articule du bout des lèvres.
- Sortez.
Je sors, impassible et éclate de rire une fois dans le couloir. Je retourne étudier et reçois une lettre : de Papa. Je décide de l'ouvrir.
"Ma chérie,
Rosamund Watson est née. Nous sommes déçu que tu n'as pas été des nôtres. Nous lui parlons beaucoup de toi. Nous avons hésité à te nommer marraine, mais je pense que le rôle de tante te suffit déjà largement.
Je t'envoie quelques photos,
Je t'aime,
Papa."
Je regarde les photos du bébé aux yeux bleus et aux cheveux bruns. Je souris doucement, comment la trouver autre chose que magnifique ?
J'arrive Rose.
Plus tard, je vais dans le couloir du troisième étage qui a été transformé en marécage. Je vois Fred et George, sans peur, face à Ombrage. J'éclate de rire, me baisse dans la foule et crie très fort :
- George est le plus beau des Weasley !
Au moment où tout les élèves s'écartent, je m'écarte avec eux. Ombrage essaye brièvement de voir qui a dit ça mais laisse rapidement tomber.
- George, sourit Fred. Je pense que nous n'avons plus l'âge de faire des études à plein temps.
- Oui c'est bien ce qu'il me semblait, confirme George d'un ton léger.
- Le moment est venu d'exercer nos talents dans le monde réel, tu ne crois pas ? Reprend Fred.
- Sans aucune doute, approuve George.
Avant qu'Ombrage ne réplique quoique ce, ils font un accio sur leur balais. Ils vendent leur produit, annonçant l'ouverture de nouveaux locaux aux Chemins de Traverse. George me rejoint sur son balais et m'embrasse avec tout l'amour du monde.
- Je t'aime, je souris contre ses lèvres, attrapant son col.
- Tu seras toujours la bienvenue chez nous, mon amour, me souffle-t-il, embrassant une dernière fois mon front.
Fred ordonne à Peeves de rendre à Ombrage la vie impossible. Le vieil esprit frappeur hoche la tête. Les jumeaux disparaissent parmi les applaudissements et les cris de la foule.
Je déglutis.
Il est partit.
