La vie de Sherlock Holmes était réglée comme du papier à musique. Ce qui exaspérait John la plupart du temps.
Sauf à un moment de la journée. Quand il rentrait du travail. Le même rituel avait lieu alors.
A peine passait-il la porte du 221B Baker Street que le son mélodieux et parfait du violon s'échappait de l'étage du dessus. Il gravissait alors lentement les marches de l'escalier. Son cœur battait fort et accélérait le rythme à mesure qu'il se rapprochait. Il poussait ensuite la porte déjà entrouverte. Il voyait le détective consultant debout, dos à lui, jouant de son instrument comme s'il s'agissait d'une extension de lui-même. Il observait les doigts longs et fins du musicien glisser sur les cordes tendues dans un ballet exécuté avec l'archer. Chaque vibrato résonnait au fond de son être.
C'était à cet instant que John désirait être l'instrument. Vibrer sous les mouvements agiles des doigts de Sherlock. Il s'imaginer se cambrer sous chaque glissendo et jouir chaque vibrato. Et puis le morceau se terminait et Sherlock se tournait enfin vers son amant pour venir l'embrasser avec passion. La porte de l'appartement se refermait sur les deux amants qui s'empressaient d'aller danser la valse à l'horizontale dans leur chambre.
La vie de Sherlock Holmes était réglée comme du papier à musique. Et John en était pleinement satisfait.
