Est-ce donc le moment de réécrire ma fanfic ? Non clairement pas il faut que je me concentre sur les examens. Est-ce que c'est ce que je fais ? Non clairement pas.

Bonne Lecture !


Je rougis un peu à cause de sa remarque. C'est bête mais je me sens coupable. Infantilisée. Il reste penché en avant, mains enfoncées au fond des poches, avant de cligner des yeux en se redressant. Son sourire irritable toujours collé aux lèvres.

Je serre le journal contre ma poitrine, probablement pour cacher ma culpabilité mal placée. Je saute sur mes deux pieds. Il reste cependant penché en avant pour pouvoir me parler lorsque je me suis remise debout. Il est grand. Moi aussi mais lui dépasse le commun des mortels. Il est vraiment très grand. Il glousse. Nan mais il se fout de moi ! Je me mords la lèvre et saute sur le pont du navire avec peu d'agilité. L'amiral est déjà à terre lorsque je me remets debout, sa vitesse est incroyable. Insupportable même.

J'ai oublié le journal en haut mais ce n'est pas grave, je n'ai pas envie de lire les ragots des journalistes sur mon ancien supérieur. En réalité je meurs de curiosité. Je vais dans ma cabine légèrement énervée sous les regards amusés de mes collègues. Enfin, de ceux sur qui Borsalino a trop déteint. À l'intérieur je me pose sur mon lit, allongée sur le dos je souffle. INSPIRE. EXPIRE.

J'ai envie de fermer les yeux mais dès que mes paupières osent se rejoindre je m'endors illico presto et c'est parti pour une journée entière. Je reste ainsi quelques temps, entièrement éveillée, yeux ouverts et larmoyants. C'est dans ces moments que mes crises existentielles reviennent. Je me demande, actuellement, de quel côté est le bien, et lequel est le mal. Pas drôle. Satané journal.

En même temps, durant Marineford, nos visions du monde ont changé drastiquement. Je dis '' nous '' mais évidemment ça concerne tout camps, y compris les civils. Je n'arrive pas à m'en rendre bien compte, dans les chiffres, de l'ampleur. Tous les soldats ayant participé à la bataille contre Barbe Blanche ont changé mentalement. Certain ont de bons PTSD comme on en fait plus. D'autres ont changés de camps après la guerre Amirale_ comme les soldats aiment appeler la confrontation entre Kuzan et Sakasuki_ et les derniers ont juste changés. Ça me fait penser à quelque chose cette histoire d'évolution de pensée et d'idéologie. C'est comme ça, radotant le passé, que je me mets à me souvenir de ma dernière entrevue avec Kuzan, dans l'ancien QG.

FlashBack :

Je viens de rentrer depuis peu au quartier général. En arrivant j'ai eu le souffle coupé. Premièrement par l'état de la place mais aussi par la beauté des lieux. C'est bête mais c'est beau. Les éclats, les murs éventrés, les taillades de sabres légendaires et tout le reste forment un désordre déconcertant. Je m'avance avec prudence comme si le sol allait s'écrouler sous mon poids. Je souris à cette image, m'imaginant tomber perpétuellement, et avance jusque dans l'entrée. Je viens tout juste de passer contre-amirale, je ne suis pas vraiment encore habituée à mon rang. Je suis encore totalement à côté de mes pompes. C'est à cause de ça que je me retrouve à demander à un soldat la permission de passer. Il me dévisage un instant et acquiesce rapidement. Déconcerté. Il à la moitié du visage recouvert par une sorte de faux visage en porcelaine, ou une quelle qu'autre fragile matière, ce qui me fait froid dans le dos.

Mon organisme a pris lui aussi un grand coup ces derniers mois, vraiment. La bataille au sommet a fait de lourds dégâts que ce soit physiquement, ce qui semble le plus évident, ou psychologiquement. C'est une situation de crise déjà de base, mais en plus de ça les deux amiraux se disputant le titre le plus haut de la marine se sont battus. Aokiji a perdu et vient de décider de quitter la marine. Définitivement. Ma présence ici est justement due à ça. Je suis venue le voir.

Je pousse la porte d'un coup d'épaule. Étriquée par le voyage je m'appuie bien trop fort et celle-ci, plus fragile que ce à quoi je m'attendais, vole à travers le couloir. Je me frotte la tête un peu gênée et repart aussitôt. Une porte qui a dû être ouverte violemment et claquée à de bien trop nombreuses reprises ces dernières semaines...
Lorsque j'arrive enfin au bureau de mon ancien modèle, qui à partir d'aujourd'hui a repris son ancien nom, je me sens toute chose. Quand j'ai appris la nouvelle dans le journal mes membres m'avaient lâché. Fatiguée et encore blessée je n'avais pas trouvé la force de m'exprimer. Je ne comprenais pas du tout ce qui a poussé Kuzan à se battre contre Sakasuki de cette manière. Du moins à ce moment je m'étais réconfortée dans un déni entretenu par le personnel médical. Kuzan... Lui qui s'en foutait royalement de ce titre met sa vie en jeu pour l'obtenir ? Pittoresque. Une fois ma remise sur pied signée et officialisée j'ai pris le bateau et j'ai aussitôt rappliquée. La légende raconte d'ailleurs que j'ai falsifié avec l'aide d'autres infirmes les dossiers médicaux. Mais oubliez s'il vous plaît, c'est un secret. D'ailleurs je m'excuse auprès des médecins qui ont retrouvés un lit vide il y a trois jours.

Je ris légèrement à ce souvenir ce qui provoque une immonde quinte de toux. La poussière_ qui me semble plutôt ressembler à du sable_ est si fine qu'elle rentre follement dans mes poumons. J'ose m'approcher vraiment de la porte, lève ma main mais la laisse en suspens. J'ai tellement de questions à lui poser. D'insultes à lui lancer. Là, maintenant... Aller !
J'inspire un grand coup. Malgré son départ imminent je ne voie personne autour de son bureau. Pas un chat ne rôde dans ces couloirs. J'attrape la poignée et toque. J'entends un début de réponse, directement stoppé par un grand bruit suivit d'une injure. Inquiète mais curieuse je pousse la porte, Aokiji tient en équilibre une pile d'affaire non identifiées et de documents. Il n'a pas le temps de demander de l'aide que j'attrape déjà la moitié des feuilles pour tout poser à côté de moi. Il me sourit avant de se poser sur son grand fauteuil de cuir. Il a troqué son ancien et ignoble costard d'un blanc immaculé pour un tee-shirt en col en V et un long jean sombre. Je remarque alors que je n'avais pas vu depuis longtemps sa tenue civile. Sur le dossier de la chaise où je m'assois instinctivement se trouve un grand manteau.

Sous mon menton je joins mes mains et fixe impassiblement ses lunettes rondes. Je vois mon reflet à l'intérieur. J'ai un visage encore rond, loin d'être menu. Je suis même plutôt large en fait, non seulement mes parents ont eu la brillante idée de pratiquer le fertile attouchement sachant pertinemment qu'adviendrait une presque géante mais en plus de ça j'ai obtenu la génétique de mes aïeuls. Ma mère est une sorte de mélange entre petits géants et grands humains et moi un nain géant. Mais passons. Mes cheveux sont ramenés sur ma tête dans un chignon travaillé. Trop même. Pas une seule mèche ne dépasse. Je tente d'apercevoir autre chose que mon propre reflet dans ses lunettes. Nada. Un véritable miroir, impossible de le voir vraiment. Après tout il s'est peut-être endormi.

Je ris. Tout ce stress emmagasiné se relâche dans un rire déplacé et psychotique qui à l'air de le réveiller. Pincez-moi ! Je reste ébahi et rigole plus fort encore. Les gens ne changent pas. J'essaie difficilement de retenir mon hilarité, en vain. Après tout je peux bien en profiter maintenant qu'il n'est plus de la marine, qui plus est mon supérieur. C'est ainsi que je ris encore et encore sous son sourire en coin avant de me calmer et d'ainsi, arrêter de me foutre complètement de lui.

- Qu'est-ce qui te... Fait venir ici ?

- Le pape voyons !

Il se tourne vers le trou béant qu'il y a dans le mur, pensif.

- Évidemment que je passe te voir. Tu pars.

Le silence s'installe, il faut dire que même si je l'apprécie particulièrement, il reste quelqu'un de... D'intimidant. Maintenant que je suis rentrée je ne sais même plus quoi lui demander. Jusqu'à il n'y a même pas dix minutes les questions me brûlaient les lèvres. Elles parcouraient mon esprit fatigué à une vitesse et cadence effroyable et là... Plus rien. Je me mords la joue en attendant une réaction de sa part. Ce qui, à mon plus grand bonheur, arrive vite. Il se remet en face de moi et pose ses coudes à ses genoux.

- Me battre contre lui as été douloureux mais nécessaire.

Je le regarde sans réaction, je veux qu'il parle simplement et qu'il me raconte ce qu'il pense sans filtre. Sakasuki à la tête de la marine, la guerre, le monde, la mort de milliers de soldats, peu importe. Il pousse un grand soupire et lève la tête. Il a une cicatrice qui part de son bras droit jusqu'à son cou, formant ainsi de belles arabesques boursouflées. Je la regarde pour essayer de la comprendre mais rien n'y fait, je me demande toujours pourquoi il s'est énervé comme ça lorsque l'autre amiral fut recommandé par les autres soldats. Qu'il déteste son collègue OK. Le défier et quitter la marine c'est une autre affaire. Il en a surpris plus d'un. Sans bouger d'un poil il reprend la parole.

- Je ne sais pas ce que je vais devenir sans la marine.

Il sourit.

- Mais en tout cas je compte sur vous, mes élèves, de continuer votre avancée.

J'acquiesce.

- C'est Momonga qui va te prendre sous son aile.

- Ce n'est pas la peine...

Je me relâche dans mon fauteuil oubliant tout formalisme. Il fronce les sourcils avant de bailler avec très peu de classe. Oublions les grades à deux. Je n'arrive pas à me retenir de gigoter comme une enfant et me mord la lèvre pour ne pas lui débiter cent questions à la seconde. J'ai une lettre dans ma poche, ma lettre de démission de la marine. Je suis debout, sans m'en rendre compte je me suis levée. Les poings serrés. Je commence à parler et tendre l'enveloppe fermée à deux mains en tremblant.

- Je … J'ai décidé de quitter la marine.

Je pensais sincèrement que cela ne le gênerait pas le moins du monde. Erreur. Il se lève à son tour et vient se placer juste devant moi le dos droit. Il me dépasse à peine. Ses yeux transpercent maintenant le miroir dans ses lunettes. Je soutiens non sans mal son regard énervé mais aussi interrogateur. On reste comme ça une minute puis il part se rasseoir en grimaçant. Je me gratte la tête ne sachant pas du tout (du tout) quoi faire. Je m'apprête à reprendre la parole mais il me coupe directement avec un geste de la main autoritaire.

- Pourquoi ?

Je froisse un peu la lettre entre mes doigts.

- Je ne partage pas les intentions de Sakasuki quant aux... Enfin... À la marine.

Il m'affiche un sourire moqueur. Je lis très bien le '' et si je saute d'un pont tu le fais aussi ? '' réprimandeur. Je tourne la tête sur le côté en pestant et croise les bras sur la poitrine. Au bout de quelques temps je roule mes yeux et retourne les poser vers lui, presque endormi. Il enlève ses lunettes.

- Tu sais Shell...
Il marque une pause, songeur.

- T'es un soldat avec du potentiel. Tu le sais. Et merde quoi tu viens d'être promue c'est cool ! Si tu comptes quitter un jour l'institution profites-en au moins pour t'entraîner... Je pense que... Et... Puis c'est comme si... Bref j'ai oublié. Mais tu vois !

Je sens ma lèvre inférieure trembler. Je ne vais pas non plus chialer quoi ! Merde ! Réprimant mes larmes j'opine du chef et me lève. Pendant le reste de la soirée je l'aide à trier et ranger toutes ses affaires. Ce qui à la fin donne un énorme sac ridicule. Je suis contente d'être avec lui dans ce qui semble être ses derniers instants ici. Fatiguée d'avoir trié la moitié du quartier général je détache mon chignon et passe une main dans mes cheveux humide.

Sur la petite table basse qui reste se trouve un petit service à thé. Il doit être froid mais qu'importe. J'attrape deux tasses et pars m'asseoir sur le rebord de l'énorme trou ouvrant sur la baie. Ma lettre est à la poubelle depuis longtemps, je ne sais pas pourquoi je l'écoute autant mais, au final, j'ai changé d'avis.

- Même s'il paraît impitoyable, cruel et… Enfin voilà tu comprends ce à quoi je veux arriver... Et bien, il n'en reste pas moins quelqu'un d'ici. Nous sommes camarades.

Je me gratte la tête et acquiesce. Oui, c'est un homme qui veut détruire la piraterie et la criminalité avant tout, comme moi, comme n'importe quel soldat. C'est un amiral ayant une grande aura et une idée de la justice destructrice. Je le respecte, vraiment même si parfois il peut devenir un chouïa excessif. En fait depuis ce que Kuzan m'a dit je me sens égoïste d'avoir songé à laisser mes hommes ici même pour ma propre opinion de la justice. J'aurai servi à quoi dehors ? Je serai allée où ? Priver la marine, mais surtout les civils et autres innocents, mes talents au combat reste contre-productifs. J'ai honte de mon comportement. Je rougis, embarrassée par ma stupidité.

- J'y vais Kuzan-sensei. Je vous remercie de tout ce que vous avez fait. Tout. Tout ce que vous m'avez appris. Aujourd'hui. Tout. Je vous suis redevable, oui … J'ai une dette de vie envers vous je crois bien.

Je ne souris plus, ces paroles sont si sérieuses. Pendant les trois mois où il m'a entraîné à comprendre mon fruit j'ai beaucoup appris. Alors, je suis loin de l'éveil c'est certain mais mais voilà quoi... Il m'a tant donné. Je ne l'ai pas vraiment montré sur le terrain et reste contre-amiral cependant avec comme nouveau maître Momonga je risque de faire mes preuves devant les autres. C'est sûr que Kuzan va pas vous apprendre le maniement des armes ! Son logia est si puissant qu'il ne s'est jamais servi ne serait-ce d'un gourdin.

Maintenant que c'est Sakasuki aux commandes de la marine je me dois de monter en grade pour pouvoir être un minimum libre de mes mouvements. J'arrive à la porte et pose ma main tremblante sur la poignée. C'est la dernière fois que je le vois. Probablement. Ma main bouge malgré moi mais heureusement je ne suis pas du genre à pleurer deux fois. Je tends le bras devant moi et m'efforce à serrer le poing. Je souris un peu lorsqu'enfin les tremblements cessent. Une main vient se poser sur mon épaule. Intriguée je me retourne vers mon mentor et fronce les sourcils. Il est terriblement sérieux.

- Je dois te dire quelques petites choses...

Fin du FlashBack

Je me suis endormie dans ma cabine en étant plongée dans mes souvenirs, quelle truffe ! Je baille avec une grâce inégalée et me lève en titubant. Lorsque je dors, je dors. J'aime bien dire ça c'est assez bien représentatif de ma philosophie. Oui Shell, quand tu dors et bien tu dors. J'explose de rire, seule dans ma chambre avant de me rappeler où je me trouve et de rougir. Je balance ma tête en avant et me noue les cheveux de manière archaïque. Je masse légèrement mes longs lobes et une crème et voilà. Fin prête. Je fais des moulinets avec les épaules et quelques étirements basiques, histoire de me réveiller un peu et sors. Il est tôt le matin. Je ne sais pas quelle heure. Comme d'habitude ma sieste a durée dans les, hum… Je porte un doigt à ma tempe. Hmmmm... Je sais plus, c'est pas grave.

Je monte sur le pont, m'accoude à la rambarde et regarde la mer. Une étendue infinie d'eau où au bout se trouve Raftel. Tant d'occasion de mourir noyée. Je nage comme un parpaing, et pas seulement à cause du Baru Baru, j'ai toujours nagé comme ça. En coulant.
Je appuyée contre la barrière pendant longtemps avant de voir un point noir à l'horizon. En quelques sauts sur mes bulles je rejoins les filets tenant la voile et grimpe à la vigie avec souplesse. Le soldat pionce. Exaspéré, je me retiens de lui coller un coup de poing sur le crâne en me rappelant qu'il y a dix minutes je n'étais pas mieux. Je prends la longue vue qu'il porte à sa ceinture discrètement et regarde au loin. Un bateau. Piquée par la curiosité je fonce là-bas.

Vous devez vous demander comment qu'elle fait ça dis donc, foncer sur un bateau à des miles d'où elle est ! Je vous l'ai dit j'ai mangé le Baru Baru no mi. Le fruit des bulles, en gros c'est comme celles de Shabondy sauf que je peux faire des choses encore plus cool avec. C'est ce que je dis quand je présente mes capacités à mes adversaires. Par exemple, en termes de trucs cools, là je peux me créer une route en bulle. Ou une barque flottante ! Trop bien...
Je disais donc que j'arrive à quelques pieds de la coque sur une bulle suspendue en l'air. C'est un beau navire ! Curieuse je tourne autour en regardant comment mais surtout en quel bois il est fabriqué. Je monte le long du mat toujours en tailleurs sur mon socle. Il y a un drapeau, pirate évidement. Je souris, contente que nous ayons trouvé le pirate recherché de sitôt. Évidement les lois de la physique, qui ne permettent pas de déplacements si rapides, font que le jolly roger n'a rien à voir avec celui de notre cible.

- Fait chier !

Je le relève et frotte mes yeux. Bien sûr que ce n'est pas le bon.

- Naze.

- Oh, il faudrait se détendre un peu. Tu ne vas pas t'énerver avant un combat Shell-san hein ?

À la manière d'un robot rouillé je tourne la tête vers la voix qui ne m'est pas inconnue. Debout sur la vigie du bateau ennemi l'amiral Kizaru me regarde en fermant presque les yeux. Je sursaute tellement que je tombe de ma bulle et atterris lourdement sur le plancher du ponton. Enfin, c'est ce que j'aimerais dire. Je me retrouve plutôt dans un dortoir rempli de pirates, entrain d'écraser l'un d'eux. Je ne suis pas grosse ! Je suis cos-tau-de. Mais j'ai juste traversé le plancher probablement fragile. Je me relève sous le regard ahuris d'une vingtaine de pirates. (La mâchoire tombant au sol). Je fais la révérence montrant que je m'excuse avant de regarder par l'énorme trou au plafond.

- Amiral ou pas. Putain qu't'es mort !


Va falloir garder un rythme de "parution" du coup.