Yo yo ! Comment ça va ? Moi je pète la forme et comme promis, voici le chapitre 4, un peu plus long que ses prédécesseurs ! :D On commence avec la suite directe du chapitre précédent et cette fameuse altercation entre Raven et Finn… Mais que va-t-il se passer ? Mais que s'est-il passé ? Vous aurez toutes vos réponses dans ce chapitre. Le projet de Clarke prend forme, tout comme sa relation avec Lexa et une personne très importante dans sa vie va faire son apparition ! Sur ce, bonne lecture !


CHAPITRE 4 : Le Roi des animaux

« Qu'est-ce que tu fais ici ? articula Raven.

- Du calme Raven, fit le militaire en posant sa main sur la sienne.

- T'inquiète Wick, je gère.

- On peut me dire ce qu'il se passe ? répliqua Clarke dont le regard alternait entre Raven, Finn et le prénommé Wick.

- C'est à eux de nous expliquer, dit Wick.

- Griffin, c'est terminé. » dit un Murphy qui apparut entre eux…

Clarke regarda le garde, puis Finn avant de se lever et porter son attention sur Raven, mais celle-ci avait les yeux rivés vers le brun. C'était comme si elle lui lançait le diable par les yeux, tellement de haine pouvait être perceptible et le jeune homme ne bougeait pas d'un poil, il était comme pétrifié. Clarke avait sûrement manqué un épisode, elle était totalement perdue. Après ça, elle suivit Murphy jusqu'à la sortie et attendit patiemment que Raven sorte pour avoir des explications. Elle n'avait même pas pu enlacer Finn, ni lui dire au revoir, mais elle avait l'impression que ce n'était pas nécessaire, ou plutôt pas conseillé. Elle fit les cents pas, imaginant tous les scénarios possibles. Il y en avait un qu'elle ne voulait pas s'imaginer.

Pourtant, elle était loin de savoir que c'était le vrai.

Raven sortit des salles de visites à peine une minute après Clarke. Elle claqua la porte derrière elle, visiblement, sa colère n'avait absolument pas baissé. Elle leva les yeux et regarda Clarke qui sentit un frisson bousculer son corps. Raven Reyes était effrayante. Vraiment effrayante.

« Suis-moi » grogna la latina en détournant Clarke qui s'exécuta immédiatement.

Pendant tout le trajet, Raven n'avait pas pipé un mot et elle était seulement guidée par sa colère. Clarke était prise au dépourvu, elle en tremblait mais ne voulait en aucun cas le montrer à la brune. Elles se rendirent à l'extérieur et s'assirent sous un arbre. Clarke se souvenait de cet arbre. Elle avait dessiné à cet endroit-là il y avait un moment. C'était lorsqu'elle y avait trouvé Lexa en train d'écouter tranquillement sa musique. C'était le jour où toutes ses galères avec la brune s'étaient terminées, ou du moins, atténuées. Plusieurs minutes de silence s'écoulèrent et Raven était littéralement en train d'encaisser. Mais encaisser quoi ? Elle n'allait plus pouvoir attendre.

« Tu sais… commença la latina en regardant l'horizon, quand je t'ai dit que personne ne m'attendais en dehors d'ici… je faisais référence… à Finn.

Clarke leva la tête et regarda à son tour l'horizon.

- Finn et moi on est sortis ensemble avant que je ne termine ici, soupira la brune, il ne savait même pas dans quelle prison j'étais jusqu'à maintenant. C'est la première fois en trois ans que je le revois et… si je suis dans ce trou, c'est parce que ce con m'a dénoncé pour le blackout.

Clarke tourna brusquement la tête vers Raven qui baissa les yeux.

- Il t'a dénoncée ? Mais attends… ça fait trois ans que tu es ici ?

- Exact…

- Donc… oh putain. Je me suis mise en couple avec lui il y a trois… Merde. » bégaya la blonde.

Clarke sentit le monde s'effondrer autour d'elle. Finn était son seul espoir. Son seul pilier, son dernier rempart. Donc il avait quitté Raven lorsque celle-ci avait été incarcérée et s'était mise avec la blonde juste après. Il l'avait littéralement abandonnée, lâchée et laissée tomber dans ce trou à rats, lors de l'épreuve qui se voulait être la plus difficile de sa vie. A ce moment-là, elle se sentit trahie. Elle n'avait aucune raison d'en vouloir à Raven, au contraire, si la brune lui en voudrait, elle comprendrait pourquoi. Non, la personne à qui elle en voulait actuellement, c'était Finn. Même si, contrairement à Raven, Clarke s'était dénoncée elle-même, ils devaient avoir une discussion. Car c'était probable que le jeune homme l'abandonne comme il l'avait fait avec Raven. Mais sa peine comparée à celle que devait ressentir Raven n'était qu'une goutte d'eau dans l'océan. Elle se tourna doucement vers son amie, parce qu'elle avait peur de ce qu'elle allait voir. Son monde s'écroula plus qu'il ne l'était déjà. Comment c'était possible qu'une personne que vous ne connaissez que depuis un mois et demi, devienne aussi chère à vos yeux ? La brune était dévastée. Les larmes coulaient à flots, cependant, son visage était parfaitement détendu. Elle avait la bouche fermée mais les yeux grands ouverts. Tout passait par ses deux orbes chocolat, qui laissaient entrevoir une âme brisée, fendue, découpée en petits morceaux. Clarke secoua la tête de gauche à droite comme pour lui dire qu'il ne fallait pas pleurer, mais elle ne put empêcher quelques larmes de couler sur ses propres joues. Puis elle ouvrit ses bras et laissa Raven s'y conforter. Elle sentit les deux bras frêles de la latina s'enrouler autour de sa taille et Clarke lui chuchota des mots réconfortants tout en jouant avec ses mèches brunes. Aujourd'hui elles étaient tristes. Demain, l'enfer jalousera leur colère.

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Jour numéro 58

Une bonne semaine s'était écoulée depuis cette poignante révélation. Raven et Clarke tentaient de reprendre leur vie, pas tellement normale, en prison. Raven passait beaucoup plus de temps à l'atelier, pour se vider la tête et penser à autre chose. Clarke avait discuté avec Octavia au sujet de son nouveau petit business. Octavia était carrément pour et avait suggéré à la blonde de dessiner un portrait d'elle. Bien évidemment, Octavia allait la payer, mais elle voulait voir de quoi la blonde était véritablement capable. Parce qu'à part celui de Lexa, elle n'avait pas dessiné d'autres portraits. Seulement des paysages. Et la Blake avait informé que les détenues aimaient aussi voir des visages de personnes qui leur étaient chères, ou même elles-mêmes. Ainsi, Clarke et Octavia s'étaient installée dehors, à l'ombre et l'ex étudiante dessinait la brune depuis une bonne demi-heure déjà. Alors qu'elle était à fond dans son esquisse, elle vit Octavia regarder derrière elle plusieurs fois. Clarke leva les yeux au ciel en voyant Lincoln qui n'arrêtait pas de leur tourner autour.

« Ok pause, soupira Clarke.

- Merci ! » s'exclama Octavia qui se leva en vitesse pour aller rejoindre discrètement le garde.

Clarke leva les yeux au ciel une secondes fois et s'appuya un peu plus contre l'arbre sous lequel elle était assise. Elle commençait à avoir mal au dos. Elle posa sa tête contre la cime et ferma les yeux quelques secondes. Elle les rouvrit car une présence, qui s'avérait imposante, s'était immiscée dans son espace personnel. Elle grogna et tourna la tête. Son visage se crispa par la surprise.

« Tiens Woods, dit Clarke absolument pas sereine.

Effectivement, Lexa s'était tranquillement assise à côté de Clarke contre l'arbre, et regardait au loin.

- Tu fais quoi ? demanda-t-elle en se tournant vers elle.

- Je dessine. »

Lexa posa son regard curieux sur la feuille de Clarke. Elle adorait voir cette expression sur le visage si fermé de la brune. Ses sourcils légèrement froncés et sa main qui caressait doucement son menton avait le don de la rendre plus charmante que n'importe quelle fille de cette prison. Soudain, Clarke posa sa main sur son dessin. Elle était revenue à la réalité plus vite qu'elle ne le pensait. Elle allait se relever quand elle sentit la main de Lexa attraper son poignet. Ce fut suffisant pour la retenir. Juste ce contact, simple, sans violence.

« Où est-ce que tu vas ? fit Lexa sans tonalité particulière dans sa voix.

- Désolée mais je ne veux pas m'attirer des problèmes. Je les attire, tu les attires, nous les attirons. Je me suis déjà prise les foudres de Zeus pendant mon premier jour sur l'Olympe, j'ai pas envie de me prendre celles d'Héra.

- Pour moi, c'est toi la Héra.

Clarke ne comprit pas pourquoi elle fut soudainement soulagée. Mais elle secoua la tête. Elle était peut-être paranoïaque, mais Lexa venait, subtilement, de lui faire du rentre dedans.

- Ok je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça, laisse tomber, soupira Lexa en levant les mains en l'air comme si elle abdiquait.

Clarke sourit en coin. Une mini victoire contre Lexa sans avoir à se battre. C'était un excellent début.

- Costia a vraiment raison de s'inquiéter ? demanda Clarke pas franchement motivée à tourner autour du pot.

Elle vit Lexa soupirer avant de détourner son regard du sien pour le poser sur un point imaginaire, loin devant elle.

- Elle se fait des films.

- Mais encore ?

Lexa se tourna vers elle, les sourcils froncés. Comment ça mais encore ?

- Laisse tomber, se rattrapa Clarke en tournant la tête à droite et à gauche.

Elle ne savait pas pourquoi, mais elle pensait à Finn. Elle savait qu'il allait disparaître de la surface de la Terre et qu'elle ne saura jamais quand est-ce qu'il allait pointer le bout de son nez, si jamais il le faisait. Elle doutait fortement de lui depuis qu'elle avait tout appris au sujet de sa relation avec Raven. Elle se demandait si Lexa avait des gens qui l'attendaient dehors. Elle avait Costia et les Trikru ici, mais qu'en était-il de l'extérieur ? Lexa était encore un livre bien fermé, limite scellé, dont seul le résumé était lisible et Clarke était bien décidée à l'ouvrir et à la lire, avec patience et longueur de temps, certes, mais elle allait le faire. Elle se demanda alors pourquoi est-ce que Lexa l'intéressait autant, peut-être parce qu'elle s'était faite remarquer dès le premier jour, peut-être parce qu'elle était le Zeus de la prison, mais Clarke refusait être la Héra.

Elle soupira bruyamment pour chasser toutes ses pensées qui commençaient à lui faire mal à la tête.

- Quelque chose ne va pas ? demanda Lexa.

Clarke essuya une larme qui coulait sur sa joue. Elle pensait devenir folle, pleurer de manière incontrôlée ne lui était pas arrivé depuis longtemps, même lorsqu'elle avait touché le fond et continué à creuser lors de sa première année de médecine, elle n'avait jamais versé de larmes, car il ne s'agissait que de colère. En ce moment même, elle était en colère, mais à ça s'ajoutait la tristesse, elle était dévastée et perdue dans un océan remplis de requins. Elle ferma les yeux et enfoui sa tête dans le creux de ses mains.

- Si tu demandes ça par simple politesse, j'apprécie merci. Je vais bien.

Elle entendit la langue de Lexa claquer sur son palais. Non mais elle se prend pour qui ?

- Je n'aime pas qu'on fasse des présupposés sur moi Griffin, reprit la brune. Je sais que ça va pas, et aussi chiant que sa puisse paraître, ça ne me gênerait pas d'écouter tes problèmes.

Clarke releva la tête et plongea ses yeux bleus dans l'émeraude profond de Lexa. Dans cet océan-là, il n'y avait aucun requin. Et si… Lexa pouvait être sa bouée de sauvetage ? Au mieux, un requin plus méchant que les autres requins et qui les chasserait. Clarke sourit légèrement. Sa conscience se mettait à faire n'importe quoi, elle mettait ça sur le dos de la fatigue. Lexa n'allait être rien de tout cela, elle avait sûrement déjà son lot de gros problèmes.

- Tu sais, dit Lexa face à l'absence de réponse de la part de la blonde, on va passer pas mal de temps ensemble ici. Et même si j'aime bien faire chier les petites nouvelles, j'essaie quand même de faire en sorte qu'elles ne craquent pas.

- On dirait que t'es le rite de passage qu'on doit accomplir, soupira Clarke.

Elle entendit Lexa souffler, puis un rire franchit la barrière de ses lèvres. A ce moment-là, le temps s'arrêta. Le rire de Lexa était sûrement l'une des plus belles choses qu'elle n'ait jamais entendues. Il était simple, franc, sincère, vrai, il n'était pas forcé, juste… pur. Lexa se tint le ventre face à l'hilarité et mit plusieurs secondes avant de reprendre son souffle.

- Désolée, fit-elle en voyant Clarke faire la moue, je rigole mais t'as pas vraiment tort.

- Dans ce cas, je te remercie.

Lexa s'arrêta net. Elle fronça les sourcils et son grand sourire rétrécit en un petit sourire en coin, affichant sa curiosité naissante et Clarke détourna les yeux. Lexa était vraiment dangereuse. Elle avait l'impression qu'elle l'attirait comme un aimant, elle avait le don de faire tomber toutes ses barrières lorsqu'elle n'affichait plus son air d'éternelle blasée. C'était tellement rare de voir son sourire, qu'elle se souvenait de chacune des fois où elle avait eu la chance de le voir. De plus, ce qui lui faisait chaud au cœur, c'était de savoir que ce sourire était pour elle.

- Tu m'as rendue plus forte Lexa.

- Tu l'étais déjà bien avant ! La plupart des filles se pissent dessus et me collent aux pattes pendant des semaines pour que je les laisse tranquille ! Tu m'as tenue tête Griffin, t'es vraiment solide.

Clarke ne put s'empêcher de sourire face aux dires de la brunes. Elle essayait vraiment de la charmer, pas de doutes sur ce point.

- Je rêve où tu me dragues ? ironisa Clarke en faisant face à Lexa.

La brune haussa les épaules.

- Te crois pas privilégiée non plus, rigola Lexa.

Clarke tapa sur l'épaule de la brune qui rigola une seconde fois. Clarke était heureuse. Pas entièrement, mais assez pour sourire sans se forcer. Elle se surprit même en train de rigoler aux blagues et autres comédies de Lexa.

- Putain Woods, j'te pensais pas aussi détendue, avoua Clarke en passant une main dans ses cheveux.

- Parce que j'ai un balai dans le cul ?

- Parce que t'es blasée regarde, reprit Clarke en l'imitant en train de faire son air blasée, on dirait un Moaï* !

- Ce n'est pas très flatteur, bouda Lexa en croisant les bras. C'est tout un art.

- Te justifie pas, moi ça me fait rire.

- C'est pas tellement le but de la manœuvre.

- J'imagine. »

Le calme s'installa, bercé par le silence. Un silence loin d'être inconfortable, au contraire, un silence doux et léger. Clarke commença à apprécier la compagnie de Lexa, même si elle se posait des milliards de questions sur la brune, à commencer par « pourquoi est-ce qu'elle se montre agréable avec moi », elle ne la remerciera jamais assez pour la faire se sentir mieux après la semaine infernale qu'elle venait de passer. Se rappelant ce qu'elle faisait avant que Lexa n'arrive, elle jugea bon d'aller retrouver Octavia. Elle se leva de l'arbre tout doucement et Lexa ne l'en empêcha pas cette fois ci. Elle se contenta de regarder la blonde se lever.

« Désolée mais je viens de me rappeler que… le devoir m'appelle.

- Tes dessins…

Clarke hocha la tête.

- Je ne te l'ai jamais dit mais, ils sont vraiment sublimes. Je n'ai jamais vu de dessins aussi authentiques, ils sont tellement réalistes et pourtant, on voit la trace du crayon. Je m'y connais pas trop en art mais je dois avouer que t'as du talent.

- Oh merci beaucoup ! Ça me touche beaucoup venant de toi. Bon aller j'y vais…

Elle tapa sur son pantalon pour faire partir l'herbe qui s'était collée et attrapa sa feuille ainsi que son crayon. Elle s'éloigna, mais avant de disparaître du champ de vision de la brune, elle se retourna une dernière fois.

- Merci Lexa. »

Les Moaïs sont les statues situées sur l'île de Pâques mdr, oui j'ai comparé Lexa avec ces choses-

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Jour numéro 61.

Clarke posa sa feuille sous le nez d'Octavia. Elle avait terminé son dessin hier, mais tenait à le peaufiner pour donner un travail dont elle était un minimum fière à sa colocataire de box. La brune enleva ses écouteurs et prit le morceau de papier délicatement, comme si c'était du cristal. Elle posa sa main libre sur sa bouche et ses yeux clignèrent plusieurs fois. Clarke analysait chacune de ses réactions. Elle appréhendait énormément.

« Meeerde Griffin…

- Oui je sais, c'est pas parfait ma-

- C'est parfait.

Octavia se tourna vers Clarke.

- T'es vraiment étudiante en médecine ? Parce que, aussi loin que mes connaissances vont en art, ton talent est immense !

- Je ne dessine que pendant mes heures perdues et… ici je sais que j'aurais beaucoup de temps.

- Pourquoi t'es partie en médecine ? Les arts, ça se voit à des kilomètres, c'est carrément ton domaine.

- Je savais que je ne pourrais pas en vivre.

Octavia hocha la tête, compréhensive. Mais elle restait ferme sur le fait que la blonde avait un véritable talent.

- Bon écoute, pour ton business je pense que t'as zéro souci à te faire. Ton talent est une base solide. Après, il faudra se plier aux exigences des autres.

- Je pense que c'est dans mes cordes…

- Ok, je te conseille d'aller en parler à Marcus. Après on réalisera des affiches.

- On peut faire ça ? répliqua Clarke avec un sourire.

- Bien sûr Griffin !

- Oh putain, j'y cours ! »

Clarke attrapa quelques-uns de ses dessins dont celui d'Octavia et quitta son box en vitesse, pressée de pouvoir commencer au plus vite. Elle arriva devant le bureau de Kane comme une bombe et toqua à la porte. Pas de réponse. Elle soupira, il devait sûrement s'entretenir avec une autre détenue. Et s'il s'agissait de Lexa ? Non, la brune avait peut-être prit une place plus importante dans sa vie de prisonnière, elle ne pouvait pas être partout. Une coïncidence, ça n'arrive qu'une seule fois. Comme la dernière fois, un garde passa par-là, mais il ne s'agissait pas de Jasper, celui-ci était assez grand, métisse et barbu. Il affichait un sourire que Clarke trouva trop mignon.

« Beh alors, qu'est-ce que tu fais là ? dit-il en s'appuyant contre le mur juste à côté de Clarke.

Elle se pencha un peu vers lui pour lire son nom. Nathan Miller. Alors c'était lui, le fameux chef Miller. Le chef des gardes. Il lui faisait penser à Lincoln physiquement.

- J'attends pour Kane, dit-elle en pointant la porte.

- Tu as des problèmes ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.

- Non, j'aimerai que mon talent serve à cet endroit, reprit-elle en montrant ses dessins à Miller.

- Olalaaah, c'est super beau ! Tu sais ce que je te conseille de faire ?

Clarke secoua la tête.

- Tu devrais faire cours de dessin.

- Oh, ce n'était pas mon intention mais maintenant que tu le dis, ça peut être pas mal.

- Ça te permettrait de te rapprocher des autres, et puis si c'est toi qui donne cours, tu seras rémunérée.

- Mais c'est une idée de génie ! Merci beaucoup ! » répliqua Clarke en reprenant ses dessins.

La porte du bureau s'ouvrit et Miller décolla son dos du mur. A ce moment-là, le cerveau de Clarke se frigorifia. Non, tout se corps se frigorifia. Il fallait qu'elle s'y attende, elle savait parfaitement qu'elle allait finir par se confronter à ce genre de situation en étant ici. Une femme grande et mince, aux cheveux châtains clairs et aux yeux noirs lui faisait face. Elle plissa les yeux à la vue de l'ex étudiante qui ne savait plus où se mettre.

« Maman, soupira Clarke.

- Clarke Griffin tiens, même en étant dans le même bâtiment, te croiser est aussi rare que de trouver de l'eau dans le désert.

- Qu'est-ce tu fais là ? bégaya la blonde.

- Je travaille ici je te signale.

Clarke secoua la tête et posa une main sur son front.

- Non ça je sais. Qu'est-ce que tu faisais dans le bureau de Monsieur Kane ?

Sa mère haussa les sourcils. En vérité, Clarke avait juste peur que son conseiller raconte sa vie à sa mère. Parce que Clarke s'était mise dans toutes les galères possibles depuis son arrivée en prison. Et la dernière chose dont elle avait besoin, c'était que sa mère le sache.

- C'est normal de discuter entre personnels de pénitencier non ?

Donc elle voulait la jouer professionnel. Tant mieux non ?

- Oui oui…

- Clarke, j'aimerais que tu viennes me voir quand tu as le temps. Je pense que nous devrions parler.

- Ouais ok… »

Sa mère salua Miller puis tourna les talons. Clarke prit une grande inspiration, donna un dernier coup d'œil au garde qui agita sa main pour lui dire au revoir et pénétra à l'intérieur du bureau de Marcus. Elle fut surprise de voir son conseillé essoufflé, c'était limite s'il transpirait. Trop centrée sur ses objectifs, elle prit la peine de s'asseoir et posa ses dessins sur son bureau avant de croiser les bras. Elle voulait faire preuve d'une détermination sans faille. La dernière fois, il l'avait assignée à l'atelier mécanique sans qu'elle n'ait son mot à dire. Aujourd'hui c'était différent, elle n'allait pas le laisser bousiller ses ambitions une seconde fois. Kane était un peu perdu, ses yeux naviguaient entre Clarke et ses dessins et il s'assit correctement sur sa chaise avant de se racler la gorge.

« Bonjour Kane, débuta-t-elle en le regardant droit dans les yeux.

- Bonjour Griffin, répondit-il en prenant l'un de ses dessins.

- Je viens faire une proposition.

- En général, c'est moi qui fais les propositions, dit-il en mettant ses lunettes.

- En général, vous prenez les décisions sans demander l'avis de personne.

Kane haussa un sourcil et regarda Clarke qui, malgré son air impassible, était effrayée à mort.

- Telle mère telle fille. Je t'écoute.

- J'aimerais donner des cours de dessins.

- Et je suppose que tu veux être rémunérée pour ça.

- Entre autres.

- On ne peut pas rémunérer une activité qui ne rapporte pas à la prison Griffin.

Clarke baissa la tête. Ok, sa détermination avait été franchement balayée avec cette simple phrase. Elle s'y attendait, mais Kane n'avait pas tourné autour du pot pour lui expliquer.

- Si les résultats sont positifs… je ne sais pas. Bon, je travaille déjà à l'atelier mécanique, donc je vais faire ça parce que j'aime vraiment dessiner. Et partager ma passion ne peut que me plaire.

Kane recula et posa son dos sur le dossier de sa chaise. Il se pinça l'arête du nez et soupira.

- Je pense que ça va être possible.

Le visage de Clarke s'illumina. Alors là, c'était une bonne nouvelle.

- Merci beaucoup ! Vraiment !

- J'ai du mal à croire que ces dessins sont de toi. Ta mère ne m'a jamais parlé de ça.

Le sourire de Clarke disparut aussi vite qu'il n'était apparu.

- C'est normal. Elle a toujours voulu que je sois médecin comme elle. Bien sûr elle aime bien ce que je fais, mais je n'ai pas trop eu le choix pour mes études.

- Je comprends mieux maintenant. Fais-moi une affiche pour demain, et je l'imprimerai en plusieurs fois. Je vais t'avoir une salle de libre, il faudra juste que tu me donnes des horaires et tu t'occuperas de tout le reste.

- Bien évidemment ! Merci énormément ! »

Elle serra la main de Kane et laissa tout de même un dessin pour lui avant de quitter son bureau un sourire plaqué aux lèvres.

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Jour numéro 67.

Elle était pressée. Elle allait enfin donner son premier cours, quelques jours après avoir collé sur les murs de la prison, toutes ses affiches. Tous les mardis à 11 heures, elle donnera son fameux cours de dessin à une petite dizaine de détenues. La plupart étaient curieuses tandis que d'autres voulaient vraiment apprendre à dessiner. Pour son premier cours, Octavia et Raven avaient acceptées de venir, Harper ne pouvait pas car elle travaillait à la laverie. Kane lui avait trouvé une petite salle avec des tables et des chaises. Auparavant, elle servait aux cours de langues étrangères données par une ancienne détenue partie il y a quelques mois déjà. Clarke lisait la liste des inscrites. Elle en reconnaissait quelques-unes, comme Zoe Monroe, une fille de son dortoir ou Anya Wilson, qu'elle imaginait être une amie de Raven vu qu'elle les avaient déjà vues ensemble plusieurs fois. Elle fut heureuse lorsqu'elle lut le nom de Lexa Woods tout en bas de la feuille. Il avait sûrement été rajouté au dernier moment. Il y avait une certaine Gaïa Edwards, Emori Gonzales et… oh merde.

Niylah Freds.

« Ok, asseyez-vous toutes, on va commencer ! répliqua Clarke en tapant des mains. Bon, je suis Clarke Griffin. Flemme des présentations, on n'est pas l'école donc je vais pas passer vingt-six ans à vous expliquer.

- C'est ça que j'aime chez Griffin, souffla Octavia à Raven qui ne put sourire.

- Donc on va commencer par un truc tout simple. Je vais juste vous demander de me dessiner un fruit.

Raven se tourna vers Octavia, les sourcils froncés. Elle ne comprenait pas, mais elle faisait confiance à la blonde. Elle semblait savoir ce qu'elle faisait. Ainsi, elles s'attelèrent à la tâche et Raven décida de dessiner une fraise tandis qu'Octavia traçait les courbes d'une banane. Clarke passa dans les rangs. Emori dessinait des raisins, Gaïa un avocat ouvert et Niylah une pêche. Elle s'approcha de ses deux amies en voyant Raven exploser de rire.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Clarke.

- On se demande pourquoi O' dessine une banane ! rigola Raven.

Octavia donna une tape sur l'épaule de Raven qui rit de plus belle.

- Je vais changer, espèce de perverse ! grommela Octavia en attrapant une gomme qui traînait sur la table.

Cependant, Clarke l'attrapa avant elle.

- Hmhm, fit la blonde en secouant la tête, interdit d'effacer.

- Quoi ? Mais !

Clarke partit, la gomme dans la main et le sourire en coin. Elle chercha Lexa du regard. Elle était tout au fond et avait le nez dans sa feuille. Curieuse, elle s'approcha et se pencha juste à côté de la brune qui sursauta lorsque quelques-uns de ses cheveux caressa son cou.

- Putain Griffin tu m'as fait peur, grommela Lexa en se grattant la nuque.

- Donc… un ananas. Très original. Tu m'avais aussi caché ton talent, Woods.

Lexa haussa les sourcils et tourna la tête vers Clarke.

- C'est un ananas, c'est pas fameux-fameux.

- C'est un très bel ananas Woods, ne doute jamais de ton talent.

Lexa hocha la tête et Clarke s'éloigna, fière d'elle. Elle tapa des mains.

- Bon, vous avez toutes fait de très beaux fruits ! Mais comme j'ai pu le voir, vos courbes sont assez incertaines. On va donc s'entraîner à faire ça.

Clarke se mit devant le tableau et prit un stylo. Elle commença à tracer des formes sous les yeux ébahit de ses « élèves ». Elle avait dessiné un lion, en entier et de profil.

- Wouhhhh qué buena ! Quoi de mieux que le roi des animaux ? s'exclama Raven.

- Ferme-là Reyes, répondit Clarke en roulant des yeux. Bon, vous allez me dessiner ce lion. Attention, je tiens à ce que vous rajoutiez quelque chose de personnel dessus. Je ne sais pas, une couronne, un visage humain, des lunettes, un tatouage… ce que vous voulez ! »

Ainsi, elles s'exécutèrent.

A la fin du cours, Clarke récupéra tous les dessins pour les regarder plus tard et les rendre au prochain cours. Elles sortirent toutes de la salle. Toutes sauf Niylah. Clarke, qui ramassait tranquillement les dessins, remarqua sa présence et sans se tourner vers elle, elle lui dit

« Freds, le cours est finit. Tu peux partir.

Elle entendit des pas vers sa direction. Elle déglutit, prenant le plus d'assurance possible et se retourna. Elle fit deux pas en arrière, Niylah était déjà beaucoup trop proche et heurta une table. Niylah posa une main sur la table, piégeant Clarke.

- T'as réfléchi à ma proposition ?

- Quelle proposition ?

- Ne fais pas comme s'il ne s'était rien passé Griffin, chuchota-t-elle en glissa son doigt sous le menton de Clarke.

- Sors de là, bredouilla difficilement Clarke.

Mais Niylah ne semblait pas l'entendre de cette oreille. Elle s'approcha encore plus et Clarke se sentit couler. Elle regardait son interlocutrice droit dans les yeux et même si elle ne savait pas quoi faire, elle refusait catégoriquement de laisser paraître de la faiblesse. Soudain, elle vit une main se poser brutalement sur l'épaule de Niylah et la forcer à se retourner. Clarke sursauta.

- Dégage de là !

Hurla une voix. Sa voix.

- Oh oh, Lexa Woods, grommela Niylah en se tenant l'épaule, t'as failli me la déboîter t'es au courant ?

- Ouais, parce que j'ai pas réussi. Laisse Griffin tranquille.

Niylah et Lexa se fixaient, la tension était palpable. L'électricité dans l'air était insupportable et Clarke se redressa puis alla se mettre à côté de Lexa.

- C'est bon je gère, mentit Clarke.

- Bon alors, Woods joue la garde du corps ? Tu lui donnes quoi en échange ? répliqua Niylah.

Lexa ferma les yeux et pencha la tête sur le côté. Clarke comprit qu'elle retenait sa colère. Intérieurement, Lexa semblait mener un véritable combat. Mais elle bougea trop vite pour que Clarke ne l'attrape et elle poussa Niylah contre le mur avant de la choper par le col. Elle plongea son émeraude dans ses yeux et la pétrifia rien qu'avec son regard.

- Si t'oses toucher ne serait-ce qu'un cheveu de Clarke, je t'étripe, t'as compris ?

Un sourire tout sauf rassurant apparut sur le visage de Niylah qui donna un coup de tête à Lexa qui recula, lâchant sa prise. La brune poussa un grognement avant de revenir à la charge, mais avant qu'elle n'atteigne son adversaire, une voix d'homme, imposante fit vibrer les murs de la pièce. Les trois filles s'arrêtèrent nettes.

- Détenues ! Quelqu'un peut me dire ce qu'il se passe ici ?

Elles se tournèrent vers le garde. Lincoln Brown. Autant pas le chercher, ses biceps voulaient tout dire.

- Rien, on allait partir. » répliqua Clarke en prenant Lexa par le bras, qui se tenait le visage avec sa main libre.

Elles sortirent de la salle, Clarke n'oublia pas de prendre les dessins, et marchèrent sans but précis, elle ne se voyait pas ramener Lexa dans son dortoir sinon elle allait se taper l'interrogatoire sans fin d'Octavia. Encore moins dans son propre dortoir, elle doutait fortement que la brune voulait que ses acolytes la voient dans cet état. Elle hésitait, se mettre dehors ne servait absolument à rien. Elle commençait à paniquer, tellement qu'elle finit par tourner dans un couloir et les enfermer dans un placard qui lui rappelait de gênants souvenirs. Le placard où Niylah l'avait piégée il y avait quelques jours. Elle força Lexa à s'asseoir sur l'une des caisses et écarta ses cheveux pour mieux voir son visage. Elle fronça les sourcils. Niylah lui avait légèrement ouvert le front, sur la gauche et son nez commençait à saigner. Petit à petit, ses yeux descendaient jusqu'à ce poser sur les yeux de Lexa. Ils étaient magnifiques. La brune attendait patiemment que la blonde fasse quelque chose. Elle était tout l'opposé de Clarke. Calme. Il fallait qu'elle le partage avec la blonde qui ne savait vraiment pas quoi faire. Lexa posa ses deux mains sur ses épaules.

« Calme toi Clarke, c'est rien du tout ! Il faut juste du papier pour arrêter les saignements ! T'es en médecine non ? Pourquoi est-ce que tu paniques ?

Clarke sentit son cœur s'arrêter. Lexa avait raison. Elle était en médecine, elle était censée savoir comment gérer ce genre de situation. Elle avait juste peur qu'il arrive quelque chose à Lexa. Peur de ne pas savoir gérer la situation, de la mettre en danger de merder.

Soudain, elle eut une illumination. Ce n'était peut-être pas la meilleure des solutions, mais s'en était tout de même une. Elle avait le choix. Et elle choisit. Elle prit Lexa par le bras. Direction l'infirmerie.

Elle poussa la porte de l'infirmerie avec une violence incontrôlée et chercha immédiatement sa mère du regard. Elle ne tarda pas à la trouver, elle faisait tellement de bruit, que sa génitrice apparut des salles de médicaments, un peu paniquée.

« Clarke ? Qu'est-ce que tu fais là ? demanda sa mère en s'approchant d'elle.

- Elle a un problème ! Son front est ouvert et son nez n'arrête pas de saigner ! répliqua Clarke.

- Je m'en charge, amène là dans mon cabinet.

Lexa regarda Clarke puis sa mère. Elle était en pleine confusion, mais ne put dire un mot. Elle était déjà dans le cabinet de Madame Griffin, assise sur le lit.

- Heu… vous connaissez Clarke ? osa demander Lexa pendant que la concernée cherchait dans ses tiroirs.

- Clarke est ma fille, répondit-elle. J'ai dit que le tutoiement n'était pas nécessaire.

- Désolée madame Griffin.

- Abby, grogna-t-elle en sortant un bandage et un tube de désinfectant.

Elle appliqua le désinfectant sur la plaie de Lexa et lui tendit un paquet de mouchoirs pour son nez. Elle tamponna sa blessure et fronça les sourcils.

- Comment tu t'es faite ça ? demanda Abby.

- Un accident.

Abby soupira et recula un peu pour faire face à Lexa. Elle ne la croyait pas une seule seconde. Cela n'avait rien d'un accident et elle le savait parfaitement.

- Tu t'es encore battue, conclut Abby en faisant le pansement, je ne peux pas te protéger pour toujours tu le sais.

- Je ne l'ai pas touchée, répliqua Lexa, je te promets ! C'est elle qui m'a donné un coup de bou-

- Qui ça ? la coupa Abby.

Lexa marqua une pause et baissa la tête.

- Clarke ?

- Non ! C'est… personne. »

Abby soupira. Elle n'allait pas forcer Lexa à lui dire. C'était une très mauvaise menteuse, mais lorsqu'elle promettait, on ne pouvait pas douter de sa parole. Elle n'en avait qu'une seule. Si Lexa ne l'avait pas frappée, elle ne l'avait pas frappée point à la ligne. Abby donna un antidouleur à Lexa et lui autorisa à quitter l'infirmerie, sans oublier de lui donner le papier de passage à l'infirmerie. Afin de respecter Lexa, elle avait écrit « accident » sur celui-ci et la brune la remercia silencieusement.

Elle sortit du cabiner d'Abby et aperçut Clarke qui attendait sur une chaise dans le couloir. Elle rejoignit la blonde qui sourit à sa vue. Elle commença à ouvrir ses bras, mais consciente de la connerie qu'elle s'apprêtait à faire, elle les laissa retomber rapidement.

« Alors ? demanda Clarke un peu trop gênée.

- Elle m'a fait le pansement et j'ai plus mes règles du nez, donc tout va bien ! expliqua Lexa.

Clarke regarda le pansement de plus près. Tout avait l'air d'être rentré dans l'ordre.

- Je suis folle, ou Abby est ta mère ?

- C'est bien ma mère, soupira Clarke.

- Oh putain, s'exclama la brune.

- Ouep, oh putain.

- Clarke !

La mère de Clarke sortit de son cabinet. Les deux détenues se regardèrent un court instant.

- Je vais y aller. » dit simplement Lexa en saluant Clarke et sa mère.

Elle s'éclipsa et laissa Clarke seule avec sa mère qui l'invita à entrer dans son cabinet. La blonde inspira longuement, préparant déjà ses phrases dans sa tête. Abby s'avança vers elle et l'enlaça. Surprise, Clarke se laissa faire mais elle les sépara rapidement.

« Je suis heureuse que tu ailles bien, soupira sa mère.

- Deux moi. Deux moi maman, deux putain de mois et pas une fois tu me rends visite !

- J'avais du travail, soupira-t-elle.

- Du travail ? Tu te moque de moi ? Dit plutôt que tu as honte d'avoir une fille en prison oui !

- Non ma chérie… je pense juste que les visites ne sont pas nécessaires vu que je travaille ici.

- Pourquoi je ne t'ai jamais vue hein ? Devant le bureau de Kane c'était une coïncidence et à l'instant, une urgence. Tu ne serais jamais venue me voir de ton plein gré.

- Ecoute Clarke je suis désolée. Ces derniers mois ont été très difficiles pour toi et pour moi. Tu as Finn aussi, ne l'oublies pas.

- Ben bonne chance pour ça, grogna Clarke en secouant la tête.

- Comment ça ?

- Si tu avais été présente, tu aurais su que Finn n'est qu'un imbécile qui abandonne ses copines en prison ! Son ex est une amie à moi !

- Oh mon Dieu.

Clarke soupira et passa une main dans ses cheveux blonds. Elle était vraiment trop fatiguée, sa journée avait été intense et elle n'avait qu'une seule envie, c'était de se poser tranquillement et de ne plus parler à personne pour le reste de la journée.

- Bref, je vais y aller, dit-elle en ramassant ses dessins. On parlera plus tard. »

Elle ne laissa même pas à sa mère, le temps de répliquer, qu'elle s'engagea dans le couloir et disparu.

.

Jour numéro 69

Elle feuilletait tranquillement les dessins de ses « élèves ». Elle les trouvait vraiment intéressant. C'est qu'elles avaient énormément d'imagination. Elle avait tenu à ce que leurs œuvres restent anonymes et elle écrivait des petits commentaires sur le dos de chaque feuille. Par exemple, sur le lion qui tenait une clé à molette et était entouré d'étoiles et de planètes, elle avait écrit : très original, « les lions de l'espace » ferait un super titre de film. Attention au sens de la crinière qui doit toujours être le même. Bien évidemment, elle avait cramé qu'il s'agissait du dessin de Raven. La latina ne radotait qu'à propos de l'espace ou de la mécanique. Au fond, elle espérait vraiment que Raven et Octavia restent dans son cours de dessin. Les deux détenues avaient beaucoup d'imagination et ça se voyait sur le papier, elles avaient joué le jeu à fond. Elle passa au prochain dessin. Celle qui l'avait fait avait donné un côté impérial et souverain au lion. Sa crinière avait été légèrement modifiée, comme si elle avait été coiffée. Il avait du noir sous les yeux et une forêt avait été dessinée en guise de décor. Clarke sourit, on aurait dit un raton-laveur. Elle devina qui l'avait dessiné grâce à la coiffure du lion. Soudain, elle se rappela qu'elle ne l'avait pas remerciée l'autre jour. Elle écrivit son commentaire : Ce n'est plus le roi des animaux, mais le dieu des animaux. Je te félicite, le lion est très bien fait. Cependant, je ne comprends pas pourquoi tu as mis une forêt en fond. Puis elle sourit.

« On peut savoir pourquoi tu souris comme une abrutie ? fit Octavia en débarquant dans leur box.

- Ferme-là O', je corrige simplement vos petits chefs-d'œuvre.

- Olalah ! J'peux voir ?

- Non ! répliqua Clarke en posant ses deux mains dessus pour les cacher à Octavia.

- Ca va je rigole ! En tout cas t'es la meilleure prof que j'ai jamais eu, dix sur dix ma grande.

- Ma grande ? Rappelle-moi ton âge ?

- C'est pas parce que tu as trois ans de plus que tu peux te la jouer grande sœur Griffin, en prison, ça se joue à l'ancienneté ! répliqua Octavia en tirant la langue.

- Bon, a priori j'ai terminé, dit Clarke en rangeant les dessins.

Octavia attrapa l'un de ses livres qui traînait sur leurs étagères et s'allongea lourdement sur son lit. Clarke la regarda pendant plusieurs longues secondes et la brune leva les yeux vers elle.

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda Octavia.

- J'ai une question.

Octavia se redressa et Clarke s'assit à côté d'elle.

- Je sais que c'est à propos de Lincoln, devina la brune.

- Je ne vous ai jamais vus ensemble, mais vous risquez tellement gros si vous vous faites choper.

- Oui je sais… C'est pour ça que… Je sais pas. Je pense tout arrêter.

- Ça fait combien de temps que ça dure ? osa demander Clarke.

- Un mois après mon arrivée. Ça fait donc… trois mois.

- Tu penses que ça ne dureras pas ?

- J'ai deux ans à tirer Clarke… » soupira Octavia.


Yo, chapitre terminé ! Alors, qu'est-ce que vous en pensez, la mère de Clarke en prison, c'est une bonne chose ? Aussi, dans le prochain chapitre, nous auront un petit focus sur Octavia et les raisons de son emprisonnement ! Je dois vous dire que j'apprécie énormément le personnage de Niylah dans la série, mais il me fallait un « méchant » et je n'ai trouvé personne d'autre :c Dans tous les cas, Lexa est là pour Clarke dans les moments difficiles, c'est le plus important !

On se voit la semaine prochaine avec un chapitre qui s'intitulera « Ce n'est un secret pour personne ».

Réponses aux reviews :

Fanny : Bon alors, tu en penses quoi du coup de toute cette histoire entre Raven, Finn et Clarke ? Déçue ou pas ? Au final, une semaine ce n'est pas si long que ça, si ? x) Dans tous les cas, on peut être heureux de voir que Clarke et Raven arrivent à s'en remettre (bien que difficilement) mais on n'aura pas fini d'entendre parler de Finn !