Je n'arrivais pas à le croire. Le Pasteur était mon seul refuge et il décidait de prévenir les flics. Son discours sur les épreuves de Dieu, quelle connerie. La vérité était que Dieu n'en avait rien à foutre car il n'existait pas. Il n'y avait pas d'autre solution, je devais partir encore. Cette fois-ci, je comptais me débrouiller seul. Je n'étais pas à me première tentative de fugue. Malheureusement à chaque fois je rentrais après les supplications de ma mère, mais j'étais rendu compte qu'elle jouait la comédie. Elle faisait croire que mon père la battait à cause de moi que je devais revenir. Par conséquent, je décidais de ne plus lui parler et ne croiser personne car les gens ont tendance à aider en te ramenant chez toi, normal non ? À ma chance, la chambre était au rez-de-chaussée donc finit les acrobaties que j'avais dû faire chez moi. Je suis passé par la fenêtre avec mes affaires que j'avais pris préalablement. Le soleil se levait, des pointes orangées digne d'un tableau ; je devais me diriger vers l'ancienne gare car d'après les rumeurs il y avait un squat que je pouvais utiliser. À la fin de la journée, je réussi à atteindre ma destination. Ce squat était composé de wagon ferroviaire abandonnée rouillée mais je n'étais pas seule à vouloir cette oasis pour les fugitifs. Un homme nommé Sergey vivait ici depuis six mois. La vie n'est pas un long fleuve tranquille m'avait-il dit, mais il fallait que ça arrive au plus gentil. Il a partagé son squat mais restée seule avec un homme, je me sentais à l'étroit. Après quelques jours, je décidais d'aller vers les Whitetail Mountains, marchant depuis l'aube et essayant de trouver un coin accueillant, lorsque j'entendis quelqu'un crier. Je me suis dirigé vers la source du bruit. Je voyais une grande tente vert kaki dressé au milieu d'un champs. Je distinguais des personnes assises qui écoutaient un homme sur une estrade. Ne distinguant aucun son je me suis donc rapprochée. Un homme posté devant l'entrée m'a fait signe pour m'autoriser à entrer avec un sourire amical que j'aurais rendu volontiers si je n'avais pas remarquer son Ak-47 accroché à son épaule. L'homme sur l'estrade continuait à discourir, tout en me regardant arrivée « Quelque chose approche, vous le sentez, n'est-ce-pas ? Nous rampons vers l'abîme et le jugement dernier arrive. C'est douloureux, je le vois dans vos cœurs parce que le monde qui vous entour vous fait souffrir. Mais la souffrance est un choix, à vous de choisir une meilleure voie. Je me tiens devant vous pour vous demander de rejoindre notre famille et ainsi vous trouverez la paix. Notre famille ne vous juge pas, nous nous acceptons tel que vous êtes. Car nous savons que vous êtes tous important, vous êtes tous intéressant, fantastique et capable ; il vous suffit d'y croire. Je suis votre père et vous êtes mes enfants. Ensemble nous marcherons vers l'Eden. ».

Parmi la foule je pouvais distinguer des visages familiers : des voisins et ma camarade de classe Linny Barnes. Elle semblait faire partie de leur « famille ». Elle avait 17 ans comme moi ; notre situation était similaire, elle avait quitté le foyer familial à la différence que j'avais encore mes parents. Les parents de Linny étaient décédés, c'était son frère, Mark, qui s'occupait d'elle aux dernières nouvelles. Lorsque « le père » eut fini son discours la foule se dirigea vers la sortie. Je m'apprêtais à faire de même lorsqu'une m'interpella, c'était Linny. Nous nous sommes dirigés vers un coin tranquille pour discuter. Au lycée, nous n'étions ni amie ni ennemi alors j'étais assez surprise qu'elle se rappelait de moi lorsqu'elle me raconta comment Joseph Seed, le père, l'a aidée à surmonter son mal-être qu'elle me proposa de le rejoindre. C'était vrai que le discours de Joseph était envoutant et idéal voir utopique, une grande famille où chaque membre te traitait avec amour. Bien que méfiante c'était une opportunité d'avoir un toit et de manger à ma faim.