Les semaines se sont écoulé depuis que ma douce Joy était partie s'entraîner. Bien que Jacob me refusât de lui rendre visite, j'avais foi en sa capacité. Elle serait l'égérie du projet d'Eden's Gate, angélique et parfaite. J'accordais à chaque prière une pensée pour elle, je savais que c'était un acte égoïste mais je restais qu'un homme.
Néanmoins, mon esprit était occupé par les nombreux rapport de mes frères et de ma sœur. John avait acquis de nombreuses terres cultivables et de fermes pour notre famille. Il avait acheté beaucoup de nourriture et de matériels médicaux grâce à un pharmacien de la région un certain Feeney qui a rejoint mon troupeau. Feeney était très utile au projet dans l'aspect logistique mais aussi à maintenir mes enfants en bonne santé. J'ignorais les arguments de John pour le convaincre mais je connaissais bien mon frère pour savoir que ses réponses me déplairont. Dans ce cas, vaut mieux se dispenser de détails et se concentrer sur le résultat « la fin justifie les moyens ». Mais je désirais ardemment que John oublie son passé et se transforme en un homme bon, tendre et affectueux.
De son côté, Faith avait tiré partie de l'adhésion de Feeney pour l'amélioration de la Grâce. Feeney était très talentueux et intelligent mais aveuglé par son amour pour Faith. Je savais qu'elle utilisait cela à son avantage, mes opinions à ce sujet restait ambigu. Ma Faith aimait Feeney mais d'une autre forme d'amour, plus platonique. Mais profiter de l'amour passionnel de Feeney me rebutait. Pourtant cela a permis au succès de la puissance des fleurs de Grâce, elles étaient désormais plus faciles à cultiver, plus robuste et exigeaient moins de temps de productions. Cependant à forte exposition, elles ont tendance à inhiber la volonté d'une personne de façon permanente. Ces êtres surexposés à la Grâce avaient le cerveau comme éteint et exécutaient les moindres demandes même les plus mortelles. Faith les appelait ses Anges mi-Vivant, mi-Mort ; ils étaient coincés entre notre monde et l'autre. Ces anges étaient le résultat de notre inexpérience face aux effets secondaire du sérum de Grâce.
Quant à mon frère aîné, Jacob ses rapports étaient sporadique contrairement à Faith et John, ce qui me contrariais. Je connaissais ses réticences à entraîner Joy puisque je lui avais imposé et que Jacob détestait les ordres. Malgré cela je m'attendais à ce qu'il m'honore de façon détaillé la progression de Joy. Lorsque j'abordais le sujet, les réponses que je recevais étaient : « Elle est faible mais elle s'accroche » ou « Tu pourras lui demander toi-même bientôt quand elle rentrera ». Le dernier rapport de Jacob me confirma l'achèvement de mes portes sacrées, mes bunkers. Trois bunkers, celui de John étant le grand et le plus confortable puisqu'il va accueillir mes enfants, mes frères, Faith et moi-même. L'emplacement des bunkers étaient stratégique, en-hauteur avec une accessibilité restreint, car ceux que nous aurons laissés derrière nous après l'effondrement viendront, prendront nos biens et notre famille. Par conséquent, les bunkers devaient être défendable. Tout ceci aurait été impossible sans le dévouement total de mes enfants. En Géorgie, nous étions une dizaine, nous étions parties avec rien alors qu'aujourd'hui dans le comté de Hope nous sommes nombreux, mieux organisé avec nos possession acquise ou construite avec la force de nos bras. Je ne décevrais pas le projet que Dieu m'avait donné.
Tout comme mes habitudes, je demandais des nouvelles sur ma jeune protégée et habituellement Jacob aurait été évasif dans ses réponses. Mais cette fois son visage normalement impassible se crispa de façon répréhensible alors je devinais que quelque chose avait changé. Rien de bon était arrivé à ma Joy.
J'avais raison ! ma Joy avait été abandonné et perdu à cause de son soi-disant test, entraînement, peu importe. Pour la première fois depuis longtemps ma colère avait éclaté. Il répondit à mes invectives « je pensais qu'elle était prête » ; « Prête ? un esprit comme le sien fragile, brisé en proie à son manque de confiance en elle », m'exclamai-je. En réalité, j'étais en tort, le caractère fort de Jacob avait scellé mon échec à la rendre endurci et dévoué. Je voulais qu'il adoucisse ses méthodes avec elle ; qu'il voie ce que je voyais en elle, son innocence, sa pureté, sa douceur. Elle avait fui devant l'insensibilité de Jacob que je comprenais tout à fait. Je devais réparer mes erreurs, pour moi il ne faisait aucun doute qu'elle retrouverait sa mère à Fall's End. C'était donc là-bas que j'irais avec mes frères et deux de mes fidèles.
