Bonjour tout le monde :)

La prochaine mise à jour sera le 26/12 car je ne serais pas chez moi pour les fêtes.

Je vous souhaite un Joyeux noël!

J'avais enfin rejoint la route principale qui menait à la sortie du Park, j'ignorais par quel miracle j'avais réussi. À partir de là, j'avais fait de l'autostop et par chance encore, très inhabituel, une automobiliste m'a ramené à Fall's End. La ville n'avait pas changé à première vue : le bar et l'épicerie étaient toujours ouvert. Le garage où travaillait jadis mon père avait fermé, une seule note confirmait l'acquisition par Eden's Gate. Certaines maisons qui bordaient les rues principales affichaient la même note sur leur devanture. Eden's Gate s'était implanté activement dans la vallée comme la peste. Parmi ces maisons acquises et abandonnées, je retrouvais la mienne. Certaines fenêtres étaient brisées, la façade était décrépite, le jardin mal-entretenu couvert de ronces et de mauvaises herbes. La clôture était bloquée par une énorme chaîne empêchant toute intrusion. C'est en admirant mon ancien chez moi qu'une voisine se manifesta après quelques minutes à observer une étrangère plantée devant une bâtisse en ruine.

« Joy, c'est toi ? » je hochai la tête, mon corps tourné vers sa direction. Elle m'invita chez elle pour répondre à mes questions sur l'absence de mes parents. Mon absence a durée trois ans m'affirma-t-elle, je n'étais pas vraiment surprise au complexe nous vivions sans nous intéresser au temps. Joseph considérait les calendriers comme une distraction donc il n'y en avait pas. Le récit que la voisine Christine me dévoila au sujet de mes parents me perça le cœur.

Après mon appel téléphonique, mes parents avaient compris que je ne reviendrais pas. Afin de sauver les apparences ont laissé entendre que je vivais chez ma tante en Californie en faisant passé les protestions du Pasteur Jérôme pour des mensonges. Plusieurs mois après, mon père fût arrêté pour conduite en état d'ivresse et agression sur un agent des forces de l'ordre, il était désormais en prison comme quoi il y a une justice. Personne n'avait de ses nouvelles à ce jour, j'espèrerais qu'il restera enfermé pour très longtemps.

Ma tristesse fût tournée vers ma mère qui après cet appel était devenu dépressive. Son alcoolisme avait augmenté dangereusement et avait alimenté sa dépression. Les relations de mes parents s'étaient aggravées au fil des jours à cause de moi, elle était devenue négligente voire absente. Elle avait développé une cirrhose du foie. Son laisser aller à sceller sa mort, trois mois avant l'arrestation de mon père. Sa dépouille reposait désormais parmi nos ancêtres au cimetière derrière l'église de Fall's End. Christine m'a révélé que mon père était parti en direction du complexe de la secte lors de son arrestation. Sans doute dans le but de réaliser le dernier souhait de ma mère, de me vouloir sortir de cette maudite secte. Je me sentis claustrophobe dans ce salon à l'avancement du récit sur le destin funeste de mes parents.

La nuit tombait et Christine se sentant peut-être désolé d'être porteuse de mauvaise nouvelle, m'offrit le gîte et le couvert. Je pris possession de la chambre d'ami, même si j'étais certaine de ne pas y trouver le sommeil, je me sentais responsable du malheur et de la mort de ma chère mère.

C'était avec le cœur lourd que je me dirigeai vers le cimetière à l'aube. Le cimetière était toujours bien entretenu révélant l'omniprésence du Pasteur Jérôme Jeffries. Il priait sans doute pour l'office du matin à l'intérieur de l'église. De nouvelles tombes avaient été creusé récemment car la terre paraissait meuble. La tombe de ma mère n'était qu'une simple croix blanche gravé de « Sherill Hanson 1972-2013 ». À côté de sa tombe se trouvait la tombe de Gary, Irene et leur fils Drew Fairgrave, ils étaient morts quasiment la même année je n'osais imaginer le choc de leur fille Mary Mai, étant maintenant l'unique Fairgrave restante.

Je me suis agenouillée, les larmes chaudes et salés coulaient sur mes joues me montrant à quel point j'avais été égoïste. Ma dernière conversation avec ma mère était au téléphone avec Joseph, mon ravisseur à ses yeux. J'avais blessé ma mère en disant que la secte m'aimait plus qu'elle ne le ferait jamais. La colère, mon pire ennemi, m'avait rendu aveugle aux conséquences de mes paroles et de mes actes. L'expiation, l'entraînement et l'enseignement à la doctrine de Joseph n'étaient que les fruits de ma colère. Que suis-je devenu au final ? Je me retrouvais seule, mes souvenirs comme seule compagnie. Et ces souvenirs me torturaient l'esprit.

Le silence envahissant du cimetière fût perturbé, alors que je restais devant la sépulture, par des claquements de porte suivit de pas approchant derrière moi. « Je savais que tu étais ici, mon enfant, la voix du Père interrompant mes réminiscences. Un enfant retourne toujours auprès de sa famille, je suis simplement déçu que tu ne sois pas revenu auprès de moi, disait-il avec une légère rancune.

— Vous le saviez ? Pour la mort de ma mère, auquel cas vous ne seriez pas là. Pourquoi ne pas me l'avoir annoncé, c'était ma mère, dis-je d'une voix perçante plus fort sur la fin de mon reproche.

Je jetais un coup d'œil pour voir sa culpabilité mais rien, son visage resta comme coutume inexpressif. Il était habillé du même costume gris avec sa collerette de prêtre noir lorsque je l'avais quitté pour le Chalet.

— Je t'avais dit que pour nous rejoindre tu devais abandonnée ton passé, recommencé et consacré ta vie à nous, ta famille ! Nous sommes ta famille, il était donc inutile d'annoncer la mort de cette femme.

— Cette femme était Ma Mère ! criai-je en me retournant pour lui faire face. Vous lui avez pris son enfant au moyen d'un chantage ignoble, elle est tombée en dépression.

— Tu étais d'accord avec ça, ma douce enfant. Tu lui as dit que ma famille et moi t'aimions.

— C'était de la colère et maintenant je regrette. Tout ce que j'ai vécu l'expiation, l'entraînement. Tout ce que j'ai vu les peaux écorchées, exposées comme trophée, les exécutions des hommes considéré comme faible. Et surtout… surtout le corps d'un inconnue meurtri, profané par une tête d'Élan… je perdis mon souffle en énumérant et repensant à cette monstruosité.

Le Père baissa la tête réfléchissant à ses prochaines paroles pour démentir les miennes, pensai-je. Mais pas du tout, il se contenta de se rapprocher de moi en m'invitant à me cajoler dans ses bras ouverts.

— Rentre avec nous, nous sommes tout ce qu'il te reste. Je t'ai accueilli et aimé comme mon enfant si ce n'est plus. Je ne prétends pas être parfait, il m'arrive de commettre des erreurs mais je sacrifierai tout pour le bien de ma famille. Et tu en fais partie que tu le veuilles ou non et si je dois utiliser la force pour te ramener alors soit.

John, Jacob et deux membres de la secte que je n'avais pas remarqué jusqu'à présent, car étant trop concentré sur Joseph, s'approchèrent arme en main. John et Jacob restèrent en retrait alors que les autres continuèrent à s'avancer. Les deux frères arboraient un sourire vainqueur car je ne pouvais pas me soustraire à la volonté du Père. J'étais désarmé car j'avais abandonné mon arc et mon bâton, quelle erreur. Alors j'élançai mon regard dans chaque direction pour trouver un objet à utiliser pour me défendre. Par chance une pelle, oublié, avait été utilisé pour la tombe des Fairgrave que je brandissais face aux sbires.

— Je ne reviendrais pas sans me battre, déclarai-je.

Les deux fidèles se moquèrent de moi, sous-estimant la menace, l'entraînement au bô-jutsu de Jacob que je considérais comme ridicule, m'a permis de les dérouter mais pas assez pour avoir le dessus. Mais je gardais la tête haute, ne montrant qu'une expression sérieuse et sévère.

— L'entraînement me sert plus que je l'aurai cru finalement. Une simple pelle vous déstabilise, ricanai-je.

Mais ma bravade fut de courte durée. Ils ont réussi à me mettre à terre après m'avoir désarmé, ils se préparaient à me rosser. Je ne voulais pas revenir, je voulais être libre. Mais je suis entré dans la secte de mon plein gré et j'étais bloqué. La seule façon de partir est d'accueillir la mort comme une amie, pensai-je. J'en avais aucune envie, devrai-je me laisser mourir à cause d'eux ? Non, surement pas. Je me battrai, je m'échapperai encore et encore s'il le faut.