Source : Exonerated By Thecouchcarrot
Hellooo,
Je vous poste le chapitre 7 aujourd'hui parce que je pars toute la semaine en randonnée dans les montagnes donc je ne serai pas là jeudi...
Enjoyez, et à la semaine prochaine !
Ps: vous trouverez deux phrases en espagnol dans ce chapitre, qui, dans la version anglaise, étaient en français. Je me suis permise de faire une adaptation plutôt qu'une traduction par rapport à ce passage afin que ça garde du sens. La traduction des phrases en question se trouveront à la fin du chapitre.
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Novembre
« Bien sûr que j'ai envie d'y aller, Dean, je suis celui qui l'a proposé. Mais j'ai un procès qui approche, et j'ai vraiment pas de temps à perdre – »
« Je t'en prie Sam, j'ai besoin de sortir, » l'implore Dean. « Je suis en train de devenir complètement – complètement claustrophobe. J'ai seulement besoin de prendre l'air pendant cinq putains de minutes ! »
« Quoi, y'a de l'eau dans le gaz ? » demande Sam. Il s'adresse à Dean via le bluetooth en circulant sur l'autoroute à l'heure de pointe, et n'est donc pas vraiment compatissant. « Je suppose que la lune de miel est terminée et que maintenant c'est juste un vieux boulet… »
« C'est pas drôle ! » aboie Dean. « J'en ai tellement marre de sa voix que je pourrais – rahh. Ecoute, que ce soit clair, j'adore Cas, c'est un chic type, on le sait tous. Mais quand je rentre, il est là, quand je sors faire un tour, il est là, quand je vais au boulot, il est là ! On fait les courses ensemble, on fait du jogging ensemble – »
« Vous faites la sieste ensemble, » intervient Sam.
Dean ne relève pas. « – et si je dois encore passer une minute de plus dans cette baraque avec lui, je vais finir par le buter puis par me tirer une balle dans la tête pour l'avoir tué. Alors tu ne peux pas, PEUX PAS me faire faux bond. »
« Très bien, très bien, » capitule Sam. « J'irai voir Croctopus 5 avec toi ce week-end. »
[...]
La journée du samedi défile à une lenteur alarmante, se dandinant sur place à la vitesse d'une tortue, et Dean est désespéré à l'idée de sortir. A la minute même où l'horloge annonce 5h30, il se rue sur le porte-manteau près de la porte et se prépare à foutre le camp.
« Tu vas où ? » demande Castiel.
Dean enfile son blouson. « Au cinéma. Avec Sam. »
Cas s'avance jusqu'au porte-manteau et s'apprête à prendre sa veste.
« Non, attends – » Dean tend la main et s'humidifie les lèvres. « Tu n'aimeras pas. C'est Croctopus 5. »
Cas fronce les sourcils, la main toujours sur sa veste.
« Je t'en ai parlé, » ajoute Dean, de plus en plus désespéré. « Film d'horreur ringard, mutation génétique, violence à volonté ? Nudité flagrante ? C'est tout bonnement un navet. »
« Alors pourquoi tu veux le voir ? » demande Cas.
« J'aime les navets, » insiste Dean. « Les navets c'est ma ganas de vivir. » (1)
Les yeux de Cas se rétrécissent.
« Oui, je me rappelle très bien avoir banni l'espagnol de cette maison, » s'exclame Dean. « Alors fais pas chier. »
« Eres un xenófobo, » marmonne Cas. (2)
« Hé ! » Dean braque un doigt menaçant vers lui. « Inutile de me parler comme ça ! »
Cas soupire et retire la main de sa veste. « Avoue-le tout simplement, Dean. Tu n'as pas envie que je vienne. »
Dean fait de son mieux pour paraître innocent et proteste lamentablement, « C'essssst…totalement faux. »
Cas le dévisage de manière significative.
Dean arrête son numéro. « Okay, peut-être que j'ai seulement envie d'une après-midi avec Sam. Ai-je votre permission, Madame Goodwin, ou est-ce que tu vas continuer à me regarder comme si j'avais pissé dans tes céréales ? »
Cas continue de le dévisager, mais répond de manière impassible, « Tu n'as pas besoin de ma permission. »
Dean soupire et ouvre la porte avec un roulement d'yeux exagéré. Alors qu'il allait sortir, il lance par-dessus son épaule, « Je rentrerai tôt, chérie. Ne laisse pas le rôti cuire trop longtemps. »
« Je ne fais pas de rôti, » répond Cas dans son dos. « C'est la soirée tagliatelle. »
Dean s'arrête, baisse la tête, et se pince un instant l'arrête du nez, l'autre main toujours sur la poignée.
« Oh, » dit platement Cas. « C'était du sarcasme. »
Dean lève les yeux au ciel et grogne dans sa barbe, « Prendre l'air. »
« Ferme la porte, » lance Cas. « Tu laisses toute la chaleur s'en aller. »
Dean ferme la porte derrière lui et s'éloigne, marmonnant pour lui-même à propos de murs se resserrant autour de lui et de son libre accès aux armes et aux munitions.
[...]
« C'est comme si j'étais une balle anti-stress et qu'il me preeeeessait à mort, » dit Dean, l'illustrant de son poing serré.
« T'arrêtes pas de le répéter, » soupire Sam. « Tais-toi maintenant, les bandes-annonces vont commencées. »
Dean enfourne une poignée de pop-corn et ricane face à l'écran. « Y'a pas de bangue annonche, Cham. Ch'est encore la pub. » Il avale son énorme bouchée et prend une longue gorgée de son soda. « Bref, c'est comme quand on était gamin et que toi et moi on devait partager notre chambre, tu vois ? On se battait constamment. Mets deux rats dans une cage et ils finissent par se bouffer l'un l'autre. Je pense tout simplement que l'Homme n'est pas fait pour vivre dans une telle proximité. »
Sam fronce les sourcils, perplexe. « Dean, les rats vivent constamment ensemble. »
Dean lui jette un œil, prenant une nouvelle poignée de son maïs soufflé à la graisse et au beurre. « Nah, j'en ai entendu parler. C'est scientifique. C'était peut-être genre…six rats dans une cage. Un truc comme ça. Le fait est qu'ils étaient en surnombre, et qu'ils ont commencé à se déchaîner. »
Sam étouffe un rire. « Tu peux pas te contenter de valider un argument par "c'est scientifique." »
« Bien sûr que je peux. » Dean l'assène d'un large sourire. « C'est scientifique. »
Sam s'esclaffe.
Dean cligne des yeux et toise Sam. « C'était quoi ça ? »
« Quoi ? » demande Sam, se servant du pop-corn à l'aide d'une de ses gigantesques mains.
« Tu as rigolé, » l'accuse Dean. « Tu as rigolé à une de mes blagues. Tu ne rigoles jamais de mes blagues. »
Sam hausse les épaules et mâche bruyamment son pop-corn. « C'était drôle. »
Sauf qu'auparavant, Sam ne trouvait jamais que ses blagues étaient drôles. Les rouages dans la tête de Dean commencent à se mettre en place. Il médite là-dessus et repense à ces derniers mois, avant de réaliser quelque chose : Sam et lui s'entendent beaucoup mieux depuis qu'ils ont commencé à vivre chacun de leur côté.
La théorie des rats est belle et bien la bonne.
« Et j'vais te dire autre chose, » continue Dean, sortant une flasque de la poche de sa veste et faisant sauter la capsule de sa boisson. « Cette abstinence est en train de me bouffer. Je pense que c'est une des raisons pour laquelle je suis autant à cran en ce moment. Sérieusement Sam, mes burnes n'ont jamais été aussi bleues. » Il dévisse le bouchon de la flasque, verse une généreuse goutte de whisky dans son soda et remet la capsule.
« Premièrement, je ne veux rien savoir en ce qui concerne tes burnes, » dit Sam en ouvrant son paquet de réglisses, « et deuxièmement, ta définition de "l'abstinence" correspond à ce que d'autres appelleraient la saison des moussons. »
« Ça fait deux mois ! » s'exclame Dean. « Reconnais que ça commence à faire long pour moi. »
« Eh bah, va draguer, dans ce cas, » lui suggère Sam.
Dean lui lance un regard purement dépité. « Wow, Sammy. Pourquoi n'y ai-je jamais pensé avant ? »
Sam se contente de rouler des yeux en entamant son réglisse.
« Comment vont les choses entre toi et Amélia ? » demande Dean. « Vous devez vous sentir à l'étroit vous aussi. »
« Pas vraiment, » dit Sam. « Je passe mes journées au cabinet, et quand elle est de nuit au refuge, certaines semaines on a même à peine le temps de se voir. »
« Mais est-ce que vous, tu sais – » Dean agite ses sourcils de haut en bas. « Régulièrement ? »
Sam fronce les sourcils, confus. « J'arrive pas à savoir si tu parles de ma vie sexuelle ou de mon transit. »
Dean soupire et balance sa main en l'air. « Fais un effort, Sammy, fais un effort. Evidemment que j'parle de sexe ! »
« Tu sais, la seule chose dont j'ai le moins envie d'aborder avec toi en dehors de tes burnes, ce sont mes burnes, » claque Sam. Il se recroqueville dans son siège et mord furieusement dans sa réglisse.
Dean l'étudie un moment. « Qu'est-ce qu'il y a ? »
Les lumières commencent à s'éteindre dans la salle, et Sam grommelle, « Rien, Dean. Ça te regarde pas. »
Des déflagrations survolent l'écran. Cette année, résonne la voix profonde du narrateur, vous feriez mieux de vous méfier…
« Evidemment que ça me regarde, » chuchote Dean. « Je suis ton frère. »
La main de Sam se resserre sur son paquet de bonbon, faisant distinctement crisser l'emballage. Il fixe l'écran, la mâchoire serrée, le muscle de son cou tressautant.
Une voiture dérape le long d'un pont et bascule de l'autre côté, dévorée par un brasier en flamme. Vous feriez mieux de ne pas pleurer…
Dean prend une nouvelle longue gorgée de son soda amélioré.
Sam déglutit.
Car le père noël…VA METTRE…un second crissement de pneu retentit dans une halte sinistre, et un homme bodybuildé en pantalon rouge et débardeur blanc surgit du siège conducteur, fusil en main…le PAQUET.
« Si jamais t'as envie de parler, » marmonne Dean, « Fais-moi signe. »
Sam prend une autre poignée de pop-corn et garde ses yeux rivés sur les coups de feu.
[...]
Le film était excellent, plein de sang, de jargons scientifiques, de femmes à la poitrine rebondie, et lorsqu'ils sortent de la salle, le ciel est recouvert d'un tapis bleu marine. Le vent de novembre les prend à la gorge et les deux frères s'élancent jusqu'à la voiture, tournant impatiemment le bouton du chauffage et soufflant dans leurs mains. Sam le dépose devant chez lui et ils se saluent à la hâte, chacun feignant le détachement.
Dean marche jusqu'à la porte et l'ouvre de manière théâtrale. « Chéri, je suis re-entré ! » crie-t-il.
Il n'obtient pas de réponse, mais il n'en attendait pas vraiment non plus. La maison est éteinte, les ombres ornant chaque recoin.
Dean retire son blouson et le suspend, frottant ses bottes sur le paillasson avant de se diriger vers le salon. « Cas, je t'ai ramené un cadeau, » braille-t-il. « Un demi paquet de bonbon. D'autant que je suis un peeeu pompette, alors… »
Cas est assis sur le canapé, regardant une émission stupide sur les rénovations de maison. Il tourne la tête vers Dean et le toise avec une expression de profond dégoût.
Dean titube en arrière et se cogne contre la lampe à proximité, la faisant presque s'écrouler.
« On a du travail, » lance Cas d'une voix dure comme la pierre, « et tu es ivre. »
« Du travail ? » Dean redresse la lampe et tente d'ignorer la sueur froide le long de son col, la manière dont il a envie de se dérober du regard de Cas et de disparaître. Il lève le menton. « Quel travail ? »
« On était sensé prendre Yuri en filature ce soir. » Cas se lève et éteint la télévision. « Maintenant on ne peut plus. »
« J'suis pas saoul, » réplique Dean. « J'peux conduire. »
Les narines de Cas frémissent. « Je ne vais pas te laisser mener une enquête en état d'ébriété. »
« Bien ! » hurle Dean, jetant le sac de bonbon sur le canapé. « On ira surveiller les miches de Yuri demain ! C'est pas la fin du monde, Cas ! Tout n'est pas qu'une putain d'affaire d'Etat ! »
Cas durcit la mâchoire et fait un pas en avant, détachant ses mots dans un grondement âpre et sentencieux. « Ne me parle pas sur ce ton, » grommelle-t-il.
Dean s'avance droit dans son espace, le torse bombé, la tête haute et seulement quelques centimètres de plus que Cas. « Est-ce que c'est un ordre ? » lance-t-il en guise de provocation.
Il peut entendre le souffle de Cas, peut voir l'éclair de fureur remonter le long de son cou et de sa mâchoire, peut sentir la tension électrique crépiter entre eux, et pendant une seconde il a cette pulsion déroutante
Chope-le
Sa main tressaute vers l'avant et se stoppe net, retenue par une force invisible, bridant ses pulsions impétueuses.
« J'ai toléré tes conneries bien trop longtemps déjà, » gronde Cas. « Tu me dois un minimum de respect. »
« Ouais, bah, c'est pas l'Hôtel de Californie ici, » lance rageusement Dean. « Tu peux partir quand tu veux. »
Cas écarquille les yeux.
Un nœud de la taille d'un poing se forme dans la poitrine de Dean, à l'endroit exact où devrait se trouver son cœur, et il se tord douloureusement au niveau de ses tripes, de son estomac et de ses côtes.
Cas recule d'un pas, le visage blême, les yeux vides. « Tu penses que je devrais partir. »
Les mains de Dean amorcent une nouvelle embardée avant de se rabattre, comme une marionnette dont on manipule les ficelles. « Ce n'est pas ce que j'ai dit. »
« Cet arrangement n'a toujours été que temporaire, » continue Cas, d'une voix apathique et monotone. Il pivote et commence à s'éloigner. « Je ne suis pas surpris que tu – »
« Cas ! » Dean fait alors abstraction de son sens commun et l'agrippe par l'épaule, le retournant, paniqué et bouleversé. « Ne pars pas ! Putain ! Je suis désolé, d'accord ? T'es content ? »
Le visage de Cas est totalement meurtri et brisé lorsqu'il prend la parole, « Dean… »
« Je suis désolé d'être un tel connard, désolé de ne jamais faire le ménage, désolé de laisser les poubelles s'entasser, » énumère désespérément Dean. « Je suis désolé de foirer sans arrêt, je suis désolé d'avoir gâché ta vie, je suis désolé pour tout Cas, juste, s'il te plait, t'en vas pas. »
Cas semble partagé, et éloigne son regard du visage implorant de Dean. « Dean, peut-être est-ce préférable pour nous de ne pas vivre ensemble, peut-être qu'on est trop – »
« Tu sais combien de fois j'ai laissé Sam se tirer ? » demande Dean. « Tu peux lui demander, Cas, il a bien dû partir cinq ou six fois parce qu'il n'en pouvait plus, et je ne l'ai pas arrêté. Je ne l'ai pas supplié de rester. Je ne supplie jamais, Cas et là je te supplie – pitié. Je le pensais pas. » Ses mains resserrent leur emprise sur les épaules de Cas, fermes et rigides. Son pouls martèle le long de ses poignets, de sa gorge et de sa bouche, et il a l'impression que la pièce, le monde, l'univers tout autour de lui échappent à son contrôle.
Cas refuse toujours de croiser son regard, fixant un point au loin, silencieux, la bouche recourbée vers le bas. Le cœur de Dean bat jusqu'aux extrémités de ses doigts. « Cas. Dis quelque chose. »
Cas lève finalement le regard vers Dean, calme, sombre et vaste.
Puis il prend la parole. « J'ai mis des champignons dans tes tagliatelles. Je sais que tu détestes ça. »
Et Dean lance un « bordel » avant d'attirer brusquement Cas vers lui et de l'embrasser.
Il ne réfléchit pas. Il ne se retient pas. Il ne sais pas pourquoi il fait ça mais il embrasse Cas avec toutes les fibres de son corps, et plus encore, avec l'engouement d'un assoiffé au beau milieu du désert, d'un homme aux portes de la mort, haletant contre sa bouche avant d'y replonger un peu plus, agonisant, se noyant, enlisé, et Cas lui rend son baiser comme s'il n'avait jamais été aussi vivant, haletant chaudement contre sa peau, jusqu'à ce qu'il décide de faire machine arrière et de les éloigner d'une main l'un de l'autre.
« Explique-toi, » souffle Cas. Ses cheveux bruns partent dans tous les sens et ses joues sont teintées de rose.
« Je sais pas, » répond Dean, désemparé. « J'suis saoul. »
Cas fronce les sourcils. « Tu disais que tu n'étais pas saoul. »
« J'ai menti, » dit Dean.
Les joues de Cas rosissent encore plus, et il ajoute, « C'était pour m'empêcher de partir ? »
« Non, » lui dit honnêtement Dean. « Je l'avais pas prévu. »
Cas le toise, le regard impénétrable, et annonce posément, « Ce n'est pas une bonne idée. »
Le visage de Dean s'empourpre. « …Ouais. Probablement pas. »
« Et je ne…je ne comprends…pas vraiment… » Cas rougit et fixe le sol. « Tout ça est très déroutant pour moi. »
Dean étouffe un rire sarcastique. « Tu prêches un converti. » En fait, toute cette soirée est salement déroutante et Dean a l'impression que son esprit est embourbé au fond de son crâne à la façon d'Alice au pays des merveilles. Il doit vraiment en tenir une couche parce que rien de tout ça n'a le moindre sens. Il n'est pas gay. Pas dans ce sens-là. Point barre. Il n'a jamais embrassé un homme, n'a jamais voulu en embrasser un, et il y a encore un instant, il n'aurait même jamais envisagé d'embrasser Cas, Castiel, son pote, son meilleur ami. Il n'y a aucune explication logique. Si ce n'est… Il se frotte pensivement la mâchoire. « Tu sais, peut-être qu'avec l'abstinence, j'ai les fils qui se touchent… »
Cas penche la tête. « L'abstinence ? »
« Deux mois, » l'informe Dean. « Deux mois sans m'envoyer en l'air. Ça me retourne le cerveau, Cas. »
Cas le dévisage longuement.
« Quoi ? » demande Dean.
« J'étais en prison, » lui rappelle Cas. « Pendant six ans et demi. »
Dean referme subitement la bouche. Il se met inéluctablement à balbutier, « J'en – j'en reviens pas d'avoir oublier. »
Cas hausse les épaules. « Je me complais à l'oublier. »
Les brumes de l'alcool s'amenuisent jusqu'à l'aigreur dans la tête de Dean, la culpabilité et la honte s'insinuant au fond de sa gorge, et pendant un moment, c'en est presque trop dur à supporter. Il crispe les paupières et se demande très brièvement si c'est là qu'il est sensé se rouler en boule et disparaître de la surface de la Terre pour toujours.
Mais ensuite, il ravale cette horrible impression qui lui soulève l'estomac et lâche, « Tu veux manger ? »
Cas hoche la tête.
Ils mangent leurs tagliatelles dans une ambiance relativement alambiquée, chacun incapable de regarder l'autre trop longtemps. Après le dîner, ils retombent dans leur routine habituelle, Cas en lisant un de ses ouvrages biographiques et Dean en regardant le match, jetant quelques coups d'œil furtifs en biais de temps à autres. Toute idée de poursuivre Yuri est abolie. Dean ne suit pas vraiment le match. Ses yeux sont seulement tournés vers l'écran alors que son esprit s'agite, défilant en accéléré comme une cassette, s'arrêtant et se rembobinant, repassant la scène de la bouche de Cas contre la sienne, sa sensation grisante, douce et irréelle. Dean s'attache à en détailler chaque image, conscient du caractère unique et inégalable de la scène, trop risquée pour être reproduite, impossible à reproduire, et il continue de rembobiner et de rembobiner jusqu'à ce que la cassette soit usée et que les images en deviennent sombres et floues.
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A suivre...
(1) : joie de vivre
(2) : tu es un xénophobe
