Source : Exonerated By Thecouchcarrot
Voici le chapitre 8, pas très long désolée...Il le sera davantage la semaine prochaine !
Merci pour votre fidélité, l'auteur est ravie de voir que sa fiction plait.
A la semaine prochaine !
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Dean se réveille, et pendant un court et paisible instant, il n'a conscience de rien d'autre si ce n'est de la douce chaleur de sa couette ainsi que la lueur matinale balayant les rideaux de sa chambre. L'ambiance est douillette, accueillante, et plaisante à souhait.
Et puis il se souvient de la veille.
Il grogne et enfonce le visage dans son oreiller, en espérant s'étouffer et s'épargner la honte de sa vie. Curieusement, ce n'est pas la partie du baiser qui lui retourne l'estomac. Non, c'est le souvenir de Cas faisant tout juste allusion à son désir de partir et la façon dont Dean s'est presque jeté à ses pieds en le suppliant de rester. La façon dont il a pleurniché jusqu'à ce que Cas décide de céder. Son air désespéré, en mal d'attention, affolé et foutrement pathétique.
Il inspire un bon coup dans son oreiller et crispe ses poings sur les rebords.
Lorsqu'il arrive finalement à tirer sa carcasse de sous les couvertures et hors du lit, ses pieds atterrissent sur quelque chose de mou.
Cas grogne sous la surprise.
« Oh, merde, désolé ! » Dean rebascule dans le lit et roule de l'autre côté. « Bon dieu, désolé Cas ! »
Cas se contente de pousser un grognement mécontent depuis le sol.
Dean s'assoit au bord du lit un instant et reprend ses esprits, établissant une note mentale de la situation. « Ça va ? »
« Je suis vivant, » maugrée Cas.
Dean se passe une main sur le visage et soupire. « C'est déjà pas mal. »
Il entend Cas se lever, faire craquer son cou, puis râler après son dos en compote.
« Hé, » lâche Dean en fixant le tapis. « A propos d'hier soir… »
Cas ne dit pas un mot, attendant la suite.
« …je me suis plus ou moins emporté. » Dean se gratte le coude et sent la chaleur lui remonter dans le cou. « Mais je veux que tu saches que…t'es pas obligé de rester. Si t'en n'as pas envie. »
Cas ne dit rien.
« Je veux dire, évidemment que je veux que tu sois là, » continue Dean, « mais on n'a pas besoin de vivre ensemble pour être ami, tu vois ? On sera quand même pote. Donc si tu te sens un peu, euh, à l'étroit, te force pas. Te force pas à devoir le supporter à cause de moi. Je comprendrai. »
Une longue minute s'écoule avant que Cas ne décide de prendre la parole, « Tes propos sont extrêmement contradictoires. »
Dean râle et se relève pour lui faire face. « Je sais, je sais, je – hier soir, je voulais pas que tu te barres, » explique-t-il. « J'ai pas réfléchi, j'ai juste – réagi, mais là j'y ai repensé et, je ne suis pas là pour jouer les Kathy Bates avec toi. Si t'as envie de partir, tu devrais t'en sentir le droit. »
Cas le dévisage avec une expression totalement vide et confuse. « Et qu'en est-il du baiser ? » demande-t-il. « En quoi ça entre en ligne de compte ? »
Le visage de Dean s'embrase et il se racle la gorge. « Eh bah, ça c'est ma façon de réagir quand j'suis un poil angoissé. Et… » Il tente un petit sourire. « C'est aussi une autre raison pour laquelle tu devrais te sentir libre de partir si tu le souhaites. »
Cas continue de le dévisager de cet air consterné, totalement perplexe.
Dean s'humecte les lèvres et tente de paraître sincère. « Ecoute, Cas, je, j'ai…putain comment dire… » Il ferme les yeux et a la sensation vertigineuse d'être en équilibre au bord d'un énorme précipice.
Il décide alors de s'éloigner du bord.
« …j'en sais rien, » conclut-il piteusement. « Je sais pas ce qu'il m'a pris. »
L'air dubitatif de Cas est presque préoccupant désormais, devenant déterminé et grave. « Peut-être devrions-nous raconter à Chuck ce qu'il s'est passé. Il pourrait avoir une idée. »
« Ou alors, » suggère Dean, « on peut aussi ne jamais en reparler, plus du tout. Se contenter de laisser – » Il fait de grands mouvements avec ses mains « – touuuut ça derrière nous. »
Cas a l'air septique.
« J'ai faim, » lâche Dean. « Et si sortait pour le petit-dej' ? »
« Tu devrais vraiment aller voir Chuck, » dit Cas. « Tu pourrai avoir besoin d'une thérapie. »
Dean passe près de lui pour se rendre à la salle de bain et ricane. « C'est ça, comme si j'allais aller avoir ton psy pour lui parler de mes problèmes. J'ai pas besoin de lui fournir plus de munitions. »
Ils s'habillent et se préparent à sortir, et pile au moment où Dean attrape ses clefs, ils entendent le rugissement essoufflé et tonitruant d'un moteur.
Ils se toisent l'un l'autre, puis Cas ouvre la porte.
Une vieille Ford Pinto toute cabossée vient de se garer dans leur allée, sa peinture écaillée et ses portes grises jurant avec la carrosserie verte olive. Cette caisse est aussi laide que sa grand-mère et grince de la même manière. Installée confortablement dans l'intérieur en cuir déchiré, la fenêtre baissée, se trouve une femme aux cheveux sombres et ondulés, et le grincement rauque s'échappant de la voiture correspond aux cris des Allman Brothers.
« Like I been TIIIIIII-ieed to the whippin' post/ TIIIIIIIIIIIII-Iiiiied to the whippin' post/ TIIIIIIIIIED to the whippin' post… »
Elle sort de la voiture, talons vertigineux, pantalon noir serré et lunettes d'aviateur sur le nez.
« Cas, » gronde Dean.
« Je comprends pas, » chuchote Cas. « Je ne lui ai pas donné mon adresse. »
« Salut les gars, » retentit la voix traînante de Meg. Elle enfonce ses lunettes dans ses cheveux et sourit d'un air satisfait. « Ça fait un bail. »
« Qu'est-ce que vous faite là ? » demande Dean.
Meg a l'air plus inoffensive que dans le bar, plus attentive et appliquée. « Vous savez, ça a été plutôt difficile de la localiser, ma gazelle. » Elle fixe Cas de son regard en biais. « Personne ne semble savoir où tu te trouves. Même ton avocat s'est présenté à moi avec un sérieux problème d'amnésie. Mais le Shérif là… » Ses yeux retournent vers Dean, et son sourire s'agrandit. « Il fait partie intégrante de la communauté. »
Cas fronce les sourcils fortement, même pour lui. « Pourquoi tu voulais me retrouver ? »
Elle roule des yeux. « Tu ne m'as pas laissé ton numéro, chéri. Comment suis-je supposée te joindre ? »
Cas haussent si fortement les sourcils qu'ils disparaissent presque de son front.
« Vous savez, » claque Dean, un peu trop agressivement, « vous avez vraiment rien compris au concept du coup d'un soir. »
Elle sourit narquoisement. Ses yeux marrons pétillent. « T'inquiète pas, mon cœur, » dit-elle en enroulant son bras avec celui de Cas. « Je te le ramène avant le couvre-feu. »
Cas recule et se détache de son emprise, trop choqué encore pour se maîtriser. « Je ne – non je ne viens pas, » balbutie-t-il. « Je vais déjeuner, avec Dean. »
Meg soupire et secoue doucement la tête. « Si mignon, » murmure-t-elle, « Et pourtant si lent. » Elle tire une carte de visite de sa poche et la glisse dans sa main. « Appelle-moi, ma gazelle. Je me languis. »
Cas et Dean l'observe soigneusement alors qu'elle retourne à sa voiture, fait vrombir le moteur et crisser les pneus en déguerpissant à une allure folle.
« Tu vas l'appeler ? » demande Dean.
Cas fixe la carte dans le creux de sa main. « J'en sais rien. »
« Mmm. » Dean laisse son regard dévier sur la rue déserte. « Elle est relativement moche en tout cas. »
Cas le toise en fronçant les sourcils.
« Juste…tu vois, son visage. » Dean désigne son propre visage d'un mouvement circulaire. « Elle a plutôt une sale tête. Avec ce – menton. Il est vraiment moche son menton. »
Les sourcils froncés de Cas laissent place à un regard noir de réprobation.
« Je dis simplement, » proteste Dean, « que tu peux avoir beaucoup mieux. Parce qu'elle est moche. Vraiment moche. Et un peu grosssokay j'me la ferme. Allons déjeuner. »
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A suivre...
