Source : Exonerated By Thecouchcarrot
Helloooo !
Sorry pour le retard, mon ordinateur me faisait un caprice et refusait de s'allumer (je suis nostalgique du Windows 7, celui où on pouvait encore démarrer en mode "sans échec").
Bref, enjoyez ce chapitre !
Peace out !
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7 Décembre
« Arrête de tout astiquer ! » hurle Dean. « Je viens tout juste de nettoyer ce plan de travail, espèce de psychopathe ! »
« C'est de l'eau de javel ! » aboie Cas à son tour, frottant vigoureusement le comptoir de la cuisine, « pour pas qu'on attrape la salmonellose ! »
« Tu es pire que Sam ! » beugle Dean. « Voilà ! Je l'ai dit ! Tu es pire ! Que ! Sam ! »
[…]
10 Décembre
« Tu me piques toutes mes chaussettes ! » l'accuse Castiel.
« Pas vrai, » rétorque Dean, zappant entre les chaînes tout en se gavant de chips. « En plus, on a les mêmes chaussettes. »
Castiel désigne les chaussettes aux pieds de Dean, ces derniers se trouvant sur la table basse. « Ces chaussettes sont à moi. »
Dean ricane et remue les pieds. « Ah ouais ? Prouve-le. »
Cas retire vivement la chaussette blanche du pied droit de Dean et la lui brandit au visage. Sur la partie inférieure, écrit au marqueur noir, se détachent les initiales CG.
Dean s'interrompt en plein milieu de sa bouchée.
Castiel le fusille du regard.
« C'est moi qui l'ai écrit, » bredouille Dean. « Ça veut dire Chef...Génial. »
Castiel s'empare du paquet de chips et en déverse le contenu sur la tête de Dean.
[…]
12 Décembre
« Alors, il m'a dit qu'elle lui avait finalement pa − Oh, bordel de merde. Pour la foutue. Dernière. Fois. » persifle Dean entre ses dents, serrant et desserrant les poings tout en fixant le lecteur numérique sur le mur. « Castiel Goodwin. ARRÊTE, je répète, ARRÊTE de monter le thermostat au-dessus de 18 degrés Celsius. »
Castiel ne lève pas les yeux de son ordinateur. Il est assis à la table du salon, visiblement plongé dans une discussion de forum passionnée à propos du nouveau star trek ou une connerie du genre. « La température ambiante est de 20 degrés. »
« NON ! » Dean s'en arrache les cheveux. « ELLE N'EST PAS. DE VINGT. DEGRÉS. LA TEMPÉRATURE AMBIANTE EST, PAR DÉFINITION, N'IMPORTE QUELLE FICHUE TEMPÉRATURE Á LAQUELLE LA PUTAIN DE PIÈCE EST RÉGLÉE. »
Castiel se tourne sur sa chaise et le regarde de travers. « Cesse de faire comme si mon désir de garder la maison à une température agréable était aussi scandaleux. On a les moyens de payer la facture ! »
« Tu as les moyens de payer la facture ! » beugle Dean. « Contrairement à certaines personnes, l'État ne m'a pas offert plusieurs millions de dollars − »
C'est à cet instant que Castiel se lève, la voix dangereusement basse. « J'ai gagné cet argent, » gronde-t-il, « contre six ans de ma vie. »
Dean ferme la bouche.
« Je suis désolée, » dit-il. « J'ai été trop loin. »
Cas détourne le regard et marche en direction du salon.
Dean le suit.
« Donc, bref, comme je te le disais, » radote-t-il nonchalamment, essayant d'adopter un ton désinvolte, « je suppose que Sam n'a pas envie d'en parler, mais il dit que c'est juste un truc bidon sans importance et il pense qu'il peut la faire changer d'avis s'il fait preuve de suffisamment de patience. Ce qui, tu t'en doutes, aura l'effet totalement inverse. »
Cas s'assoit lourdement sur le sofa et s'empare de la télécommande.
Dean se juche sur le fauteuil en face de lui, posant ses fesses sur l'accoudoir et ses mains sur ses genoux. « Parce que plus il lui donnera du temps pour y réfléchir, plus elle va se mettre à y réfléchir et à finir par se convaincre qu'elle a raison. Quel que soit son problème, elle est persuadée de savoir ce qui est le mieux, et lui laisser du temps ce n'est que lui laisser l'opportunité de se bourrer le crâne et de le quitter. »
Cas augmente le volume de son documentaire sur les guépards.
Dean le scrute pendant un moment, puis soupire. « Cas, je suis vraiment désolé. Pour ce que j'ai dit. »
« Ne sois pas désolé, » marmonne Cas. « Viens plutôt t'asseoir et regarder les guépards avec moi. »
Dean hésite, puis se relève et va s'installer sur le canapé.
Ils s'installent silencieusement et regarde le documentaire. C'est assez fascinant à vrai dire − Il y a cette maman guépard avec son bébé, seuls dans le désert Africain, et le mec dans sa jeep semble totalement surexcité en les voyant. Le bébé est pourvu d'une petite crête soyeuse sur le dos et émet des miaulements comme un petit chaton. Sauf qu'ensuite, la maman doit laisser le bébé pour aller chasser, et qu'une meute de lion rode à proximité. Le bébé guépard est tout seul au sommet d'une butte, miaulant. Miaulant.
Les lions errent tout près.
« Ah, merde. » Dean crispe nerveusement les poings. « Ohhh, merde, ça va mal finir. C'est pour ça que je déteste les documentaires. »
Cas lui jette un coup d'œil et se penche vers la télécommande.
« Non ! » Dean tend la main pour le stopper, et se lèche les lèvres. « J'ai − j'ai besoin de savoir. Je suis trop investi maintenant. »
Les vagues du coucher de soleil de la savane se déversent dans la prairie mordorée, et les lions flânent comme des vautours en bas de la colline, nettoyant leurs museaux encore poisseux de leur dernière chasse. Leurs oreilles se tournent vers le haut, leurs yeux marrons se rétrécissent et leurs moustaches se mettent à frémir.
Le bébé guépard, seul au sommet de la colline, lâche un autre miaulement plaintif.
Et l'épisode s'achève.
« Oh, c'est pas vrai ! » proteste Dean.
Cas soupire. « C'est la démarche typique de ce genre de programme, » dit-il. Il récupère la télécommande et coupe le son de la publicité. « Les producteurs de ces émissions n'ont aucun scrupule à faire usage des émotions pour entretenir leur audience. »
Ils s'effondrent sur le canapé dans un confortable silence.
Et c'est dans ce silence que, d'une certaine manière, Dean arrive à trouver les mots. Il s'agit sans doute du pire moment possible pour aborder le sujet mais il lui semble curieusement approprié. Pour une raison inconnue, il s'agit présentement du moment où il trouve le courage d'aborder les choses qui lui pèsent sur la conscience depuis une semaine, tournoyant dans son esprit, et lui comprimant la gorge. Il a essayé d'être patient, de donner à Cas l'espace nécessaire pour qu'il fasse le premier pas, mais après une semaine à tourner en rond avec cette démangeaison constante au fond de lui, il considère qu'il est temps.
« Tu sais, » lance-t-il, « tu m'as embrassé la semaine dernière. »
Cas acquiesce. « En effet. »
« Et tu as dit...que c'était égoïste. » Dean se racle la gorge. « Ce qui est bizarre. Parce que ça veut dire que tu voulais m'embrasser. »
Cas déglutit. « En effet. »
« J'arrête pas de retourner ça dans ma tête...et ça n'a aucun sens. » A présent que les mots sont en train de sortir de sa bouche, Dean se sent étrangement apathique, étrangement immunisé contre l'angoisse qu'il ressent normalement dès que ses émotions et Cas sont dans la même pièce. « Parce que si je veux t'embrasser, et que tu veux m'embrasser... Alors pourquoi on ne s'embrasse pas ? »
Pendant un long moment, Cas ne dit pas un mot. Ses yeux sont rivés quelque part sur la table basse, quelque part au loin, et le reste de son corps est complètement immobile.
Il finit par prendre une profonde inspiration.
« Dean, » dit-il. « Je ne sais pas si je peux te l'expliquer d'une manière qui te conviendra. »
« Je te demande pas de me convaincre, » répond Dean. « Je n'attends rien. Je demandais juste. »
Cas tourne le visage vers Dean et le regarde droit dans les yeux. « Dans ce cas, je vais essayer de t'expliquer. »
Dean attend.
La main droite de Cas se crispe sur le coussin du canapé. « J'ai... de nombreux sentiments à ton égard, dont certains sont ambigus, ainsi que... de nombreux doutes envers moi-même. Et si j'étais dans une autre situation, je pourrai me sentir libre d'explorer ces sentiments et ces doutes dans, dans le cadre d'une d'une relation sexuelle. »
Dean a les yeux rivés sur Cas, ses poings se crispent et son torse se comprime parce ce qu'il sait ce qui l'attend, mais il n'arrive pas à changer de chaîne. Il est trop investi.
« Mais... étant donné que l'on vit ensemble, et aussi parce que... tu es mon seul ami, » continue lentement Cas, « Je préfère résoudre certains de ces sentiments et ces doutes par moi-même avant... avant de m'emmêler d'avantage. »
Dean hoche la tête.
Il a envie de dire, Cas, je suis déjà tellement attaché à toi que je ne pourrai pas m'en dépêtrer même si j'essayai. Si tu espères que tout ceci devienne simple, tu risques d'attendre sacrément longtemps parce que plus je passe de temps avec toi, plus ça devient compliqué. Tout ce qui vaut la peine d'être fait n'est jamais sans risque et je suis prêt à prendre ce risque, je le suis, tu pourras me rejeter la faute dessus quand ça se retournera contre nous, leur dire que c'était mon idée, j'en accepte la responsabilité parce que je n'ai plus aucun doutes en ce qui te concerne désormais.
Mais la seule chose qui sort de sa bouche c'est, « D'accord ».
Il observe le bouleversement marqué dans le regard de Cas à l'entente de ce simple mot, l'immense soulagement à l'idée que Dean n'émette aucune objection, qu'il l'accepte, qu'il l'accepte lui sans se poser de questions, et Dean se rend compte qu'il a dit ce qu'il fallait.
Ils retournent à la télévision et regardent le programme suivant, mettant cette fois en scène une famille de suricates. Et lorsque Cas glisse sa main sur celle de Dean avant d'entremêler leurs doigts, Dean sent son visage s'embraser puis se dit,
D'accord.
[...]
17 décembre
« Je dois dire que... » Jody survole les différents clichés. « Je suis impressionnée. »
Cas et Dean se tiennent droits sur leurs chaises. « Merci, » répond Dean.
Elle s'installe confortablement sur son bureau et claque des mains, les dévisageant tous les deux pendant quelques secondes. « J'aimerai vous proposer quelque chose. Quelque chose de plus...gros. »
Dean et Cas se regardent l'un l'autre.
Jody ouvre un tiroir et en extirpe un de ses dossiers. « Cet homme, celui que vous avez surpris en compagnie de Yuri il y a quelques semaines ? »
Cas s'empare du dossier en l'inclinant de façon à ce que Dean puisse y jeter un œil. Il contient des rapports de police, des photos du blond en train de vendre de la drogue dans une ruelle, et un nom : Balthazar Travers.
« C'est un dealer, pas un fournisseur, » leur explique Jody. « Notre source nous indique qu'il rend des comptes à un homme connu sous le nom de "M". On essaie de lui mettre le grappin dessus depuis des semaines, mais d'après mes officiers, c'est une véritable anguille. » Elle n'a pas l'air convaincu de cette supputation. « J'aimerai que vous le localisiez si vous le pouvez et que vous le suiviez. Pistez les endroits où il se rend, prenez des photos et faites-moi un rapport. »
Dean se renfonce dans sa chaise. « Singer. C'est un cas très sérieux. Faut que tu mettes des officiers sur le coup, peut-être même une unité d'infiltration. Tu le sais ça. »
« J'ai mis des officiers sur le coup, » rétorque-t-elle. « et ils me rapportent que dalle, Winchester ! Cette affaire est très importante. J'ai besoin de toutes les mains disponibles, et ça inclut les vôtres. »
Dean se lève de sa chaise, prend le dossier des mains de Cas et le balance sur le bureau de Jody. « On n'a pas signé pour ça. Non merci. »
Cas se redresse posément. « J'ai bien peur d'être d'accord avec Dean, » s'excuse-t-il. « Les enjeux de cette affaires pourraient être...beaucoup trop gros, et je ne suis pas prêt à en assumer la responsabilité. »
Jody le foudroie du regard.
Cas baisse immédiatement la tête.
« Non, pas toi, » claque-t-elle. « Je ne suis pas en colère contre toi. » Elle oriente plus spécifiquement son regard furieux en direction de Dean.
Celui-ci croise les bras. « Si tu fais cette grimace trop longtemps, tu vas rester coincée. »
Jody serre les poings et se redresse avec un soupir frustré. « J'ai besoin de toi sur ce coup, » insiste-t-elle. « Je t'en prie, je t'en supplie. Si tu ne m'aides pas, on pourrait ne jamais l'attraper. »
« Eh bah tu l'attraperas pas ! C'est la vie ! » déclare fortement Dean, l'irritation transpirant dans sa voix, s'infiltrant jusque dans ses dents. « Mais plus important encore, ce n'est plus mon problème ! »
« Ça t'arrange bien, pas vrai ? » demande Jody, ses yeux lançant des éclairs. « De quoi t'as peur exactement, Dean ? De réaliser que t'es encore bon dans ce que tu fais ? »
L'irritation de Dean se transforme en colère. « Ce n'est plus ce que je fais, bordel ! » hurle-t-il. « Ça a cessé d'être ce que je "fais" depuis des mois ! C'est drôle comme perdre son travail chamboule complètement tes plans de carrières ! »
« Tu as démissionné ! » crie-t-elle, en le pointant du doigt. « C'est toi qui as démissionné ! Toi qui as tourné le dos à ton service, qui as laissé tomber tout le monde, qui m'as laissé tomber moi, Dean ! »
« Ouais ! » crie-t-il à son tour, en s'avançant alors que son self-control s'effondre totalement. « C'est vrai, je me suis barré, Jody ! Alors devine quoi ? T'es pas mon adjointe, ou mon patron, ou quelle que soit la foutue personne que tu croie être, et tu n'as aucun droit de me dire – »
Jody écrase son poing si fort sur la table qu'elle en tremble. « Je suis ta famille ! » rugit-elle, les yeux brillants.
Le silence de mort dans le bureau est assourdissant.
Dean ferme sa bouche et ouvre la porte. Il s'éloigne sans un mot.
Jody pose ses mains à plat sur le bureau et baisse la tête.
Cas se racle la gorge. « Je pense qu'on sera quand même présent pour le dîner de Samedi, » dit-il. « On amènera une salade. »
Jody hoche la tête sans lever les yeux.
Castiel quitte son bureau en lançant des œillades peinés dans son dos, ne sachant pas quoi dire et préférant opter pour le silence.
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A suivre...
