Source : Exonerated By Thecouchcarrot
Hello people !
J'ai été ravie de voir toutes vos réactions quant au chapitre précédent, je me revois vraiment à votre place quand je découvrais cette histoire, et je trouve ça vraiment exaltant !
Je laisse donc place à la suite... enjoyez !
Réponse à Iantocullen : dis donc, ça badine pas avec toi, t'as revisité l'expression "métro, boulot, dodo" à ta façon (d'ailleurs, ces trucs là vont toujours par trois, c'est dingue!). Ne t'en prends pas à moi si je ne vais pas dans ton sens par contre, je n'écris pas, je traduis x)
Réponse à Oli la patate : non, ton smiley a été censuré (beaucoup de choses sont censurées ici, j'ai l'impression). Oui Cas a été marié, et la je pense que tu baignes dans la purée si t'as loupé ce passage (désolée, ton pseudo m'inspire en matière de jeu de mot pourri, il m'en faut tellement peu...) parce qu'il en parle assez souvent quand même, tout le monde connait Daphné, celle qui, selon certaines (et tu en fais parti), fout le bordel x)
J'espère que depuis ta position latérale de sécurité et même entre tes larmes, tu arriveras à lire la suite !
Réponse à Drayy : Merci pour toutes tes reviews, c'est toujours agréable de découvrir de nouvelles lectrices (ou lecteur qui sait)
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26 décembre, 7h44
Dean est assis à la table en érable de sa cuisine, une tasse de café à la main. Il ne l'a pas encore portée à ses lèvres. Il se tient là, en tricot, boxer et robe de chambre devant deux agents du F.B.I. en costard, dans une atmosphère au goût insipide, écœurant telle une pièce de cuivre.
La façon dont il a atterri ici est une assez longue histoire.
« Pouvez-vous nous dire où se trouve Castiel ? »
« Vous savez où il est, » marmonne Dean entre ses dents. « Vous venez de me le dire. Vous avez dit que son avion avait atterri. »
« Pouvez-vous nous dire où se trouve Castiel ? » répète l'agent Harvelle.
« Dans le Michigan. » Le café dans sa main est chaud. C'est la seule partie de lui qui l'est. « Il est parti pour le Michigan voir Daphné. Son ex-femme. Elle est mourante. »
De silencieuses silhouettes armées de badges, de gants et de surchaussures passent en revue chaque pièces et couloirs, s'attardant sur divers objets en les inspectant brièvement, ouvrant les tiroirs pour les passer au crible avec plus de minutie qu'un horloger. Certains possèdent des barres noires avec lesquelles ils survolent les mur, les tables, la moquette, les baignant d'une lueur violette.
« Qu'est-ce qu'ils font? » demande Dean. Il sait très bien ce qu'ils font. Ils ne peuvent pas être en train de faire ce qu'ils font. « Qu'est-ce que ces gens sont en train de faire ? »
« Ils procèdent seulement à un examen de routine, » lui assure Garth. « Nous remettrons tout en ordre, comme nous l'avons trouvé. »
« Je vous en prie. » Dean sent sa prise sur la réalité lui glisser entre les doigts, ses nerfs vaciller et sur le point de lâcher. « Il doit y avoir un malentendu. Appelez Daphné. Elle sait probablement où il se trouve. Elle est à l'Hôpital de Brighton. »
« Nous l'avons fait, Dean. » Elle ouvre un dossier que Dean n'avait pas remarqué jusque là. Il n'avait pas réalisé qu'elle avait un dossier. « Après avoir parlé avec votre amie Jody, nous avons cherché du côté de mademoiselle Daphné Allen et avons discuté avec elle. »
Dean resserre sa prise sur le mug comme pour essayer d'en retenir la chaleur. « Qu'est-ce qu'elle a dit ? »
La porte s'ouvre avec fracas. « Excusez-moi ! » beugle la voix de Sam à travers la maison. « Où est Dean Winchester ? »
Ellen se lève. « Je m'en occupe. »
Sam déboule dans la cuisine comme une tornade, le visage sombre et les yeux lançant des éclairs. Il s'approche de Dean à grands pas, l'agrippe par le bras pour le dégager de sa chaise, fusillant Harvelle et Garth du regard. « Mon client ne répondra plus à aucune de vos questions tant qu'il ne se sera pas entretenu avec son avocat. Est-ce qu'au moins vous avez un mandat de perquisition ? »
L'agent Hrvelle boutonne sa veste et lui rend son regard. « Évidemment que nous avons un mandat. J'en conclus que vous êtes son avocat ? »
« Mieux encore, » gronde Sam. « Je suis son frère. »
Le visage de Garth s'éclaire, une expression ravie lui étirant les traits. « Sam Winchester ! Quelle coïncidence. Vous étiez la prochaine personne qu'on avait prévu d'appeler, et voilà maintenant que vous nous épargnez tout ce mal ! »
Harvelle roule des yeux.
« Montrez-moi ce mandat, » exige Sam. « Ensuite, vous conviendrez d'un rendez-vous pour vous entretenir avec moi et avec Dean, dans le courant de l'après-midi. »
Harvelle tire sans peine une liasse de papier de son dossier. « Voilà. Tout ceci est parfaitement règlementaire, Sam. Nous sommes du F.B.I., pas de la C.I.A. »
Garth cale son menton sur son poing en soupirant. « C'est dommage, vraiment. La C.I.A. se rend dans des endroits cool comme Cuba. »
« Attendez, » intervient Dean. « Attendez. »
Tous les regards se tournent vers lui.
« Elle n'a pas répondu à ma question, » dit-il. « A propos de Daphné. »
Harvelle jette un œil à Sam avant de revenir vers Dean. « Nous avons parlé avec Mademoiselle Allen et... elle n'est pas à l'hôpital. Elle n'est même pas malade. »
Dean ne réalise pas qu'il parle à voix haute jusqu'à ce que ses propres mots résonnent dans la pièce. « Arrêtez vos conneries. » Le mug dégringole de la table pour s'écraser bruyamment au sol. « Arrêtez de me mentir. »
« Il s'agit de la vérité. » Le visage d'Harvelle s'est plutôt – radoucie, en quelque sorte, un voile de compassion traversant son regard. « Il a pris l'avion pour Lansing, et à présent, votre Castiel est dans la nature. Je pensais que vous sauriez où il se trouve. »
Sam resserre son emprise sur le bras de Dean. « Ok, je pense qu'on a terminé. »
Dean reste cloué sur place. « Quelqu'un a menti à Cas. C'est un – tout ça, c'est un coup monté. Il a passé un coup de fil. Le matin de Noël. Il a essayé de l'appeler et il est tombé sur sa mère à la place. Épluchez donc ses relevés téléphoniques ! »
« Ferme-là, » siffle Sam en voyant Garth prendre des notes. « Ne dis rien pour l'instant. Il faut qu'on parle. »
« Avez-vous été témoin de cette conversation ? » demande Harvelle. « Qu'a-t-il dit exactement ? »
Sam commence à saisir Dean à bras-le-corps pour le traîner hors de la cuisine, mais la torpeur qui s'était emparé de celui-ci jusque-là s'évapore pour laisser place à une explosion de rage. « Tout ça n'est qu'un putain de coup monté, j'en suis sûr ! » vocifère-t-il. « Il est innocent, vous m'entendez ? Vous savez absolument rien de lui, c'est un putain de saint, alors si vous levez ne serait-ce que le petit doigt sur lui, je vous jure que je – »
« Dean ! » beugle Sam, en cherchant à le tirer jusqu'au salon. « Fais gaffe à ce c'que tu dis ! » Les scientifiques effectuant des prélèvements dans le coin du mur les scrutent avant de s'éloigner à l'autre bout de la pièce.
« Quelqu'un chez Daphné lui a demandé de se rendre dans le Michigan ! » braille Dean en direction de la cuisine. « Épluchez ces relevés téléphoniques, vous m'entendez ? Épluchez-moi ces fichus relevés ! »
Sam le plaque contre le mur, l'immobilise à l'aide son bras, et écrase sa main contre la bouche de Dean au point de lui faire mal avant de gronder, « En tant qu'avocat, Dean – ferme. Ta. Gueule. »
Dean enfonce ses ongles dans le bras de Sam, puis lorsqu'il constate que ça ne marche pas, sort sa langue et enduit la paume de Sam de salive.
Sam a les narines qui se dilatent et il gronde à nouveau, « Ne t'avise pas de me mordre. »
Dean le fusille des yeux.
« Tu rends pas service à Cas en te comportant de la sorte, » dit fermement Sam. « Tout ce que t'es en train de faire, c'est exhiber ton implication émotionnel le concernant, ce qui ne fera qu'attiser la flamme. On ne sait pas ce qui est vrai de ce qui ne l'est pas à ce stade. Tu viens de leur dire qu'il avait appelé Daphné le matin de Noël. Qu'est-ce qui se passera s'il ne trouve rien dans ses relevés téléphoniques ? Présentement, soit t'es un menteur, soit il l'est. Je suis disposé à prendre la défense de Cas, mais franchement, avec tout ce qu'il s'est passé... » Sam expire par le nez. « Dean, je ne pense pas qu'il ait été complètement honnête avec nous. Alors juste – évite de dire n'importe quoi à n'importe qui pour le moment, d'accord ? »
Dean baisse le regard vers la main de Sam avant de relever les yeux.
Sam retire sa main, et l'essuie sur son jean d'un air dégoûté.
Dean s'essuie la bouche du revers de la main et soupire. « Je suis désolé d'avoir péter les plombs, » marmonne-t-il. « Mais je ne suis pas désolé pour ce que j'ai dit. Il ne m'a pas menti, Sam. Il n'a pas menti. Lui et moi... » Avant que Dean ne s'en rende compte, sa gorge se resserre, son nez se met à le picoter et sa voix s'étrangle. « Lui et moi... »
Sam l'observe une minute, un peu trop consciemment, sa façon compréhensive de hocher la tête un peu trop indulgente. Et au travers de tous ces signes, Dean comprend...
Il pense que Cas ment.
Sam reprend alors la parole, « Prends quelques affaires, on va aller chez Bobby. Tu pourras prendre une douche, t'habiller, te débarbouiller... Jody nous briefera ensuite sur ce qu'elle sait. »
[...]
Dans la salle de Bain de Bobby, Dean laisse un message sur le répondeur de Cas. « Hé, Cas. Décroche ton fichu téléphone. T'étais sensé m'appeler. Eh bah, devine quoi ? Vu que tu l'as pas fait, tout est parti en vrille et moi j'suis en train de perdre la boule, et la seule chose qui pourrait être pire, c'est que tu sois pas là, alors... appelle-moi. Appelle-moi ou je remballe le piano. »
Il marque une pause. « Cas, je sais qu'on dirait que je plaisante... mais c'est pas le cas. » Il ferme les yeux. « J't'en supplie. Si t'es vivant...appelle-moi. »
[…]
Jody a l'air aussi assommé que l'est Dean, avachie sur le sofa avec les coudes sur ses genoux. « Aux alentours de minuit hier soir, peut-être un peu avant, ils ont retrouvés le corps au Lac Madeleine. Une fillette qui s'appelait Gabriela Chavez. Gabby. Les doigts et les orbites arrachés, les côtes brisées, exactement comme les autres. Ils l'ont trouvée sur un sentier près de la voie publique - quelqu'un a appelé depuis le téléphone d'urgence de la voie publique, en hurlant de façon hystérique. J'en ai informé le F.B.I. Ça me semblait être la bonne chose à faire sur le moment, tout ça c'est tellement – c'est un véritable cauchemar – » Elle se prend la tête et enfouie son visage entre ses mains.
Bobby pose une main sur son épaule. « Chérie... »
« Non, tu ne comprends pas. » Elle prend une profonde inspiration et replonge son visage entre ses mains, enfonçant les paumes dans ses orbites. « C'est littéralement un cauchemar que j'ai déjà fait. J'ai encore l'espoir de me réveiller. »
« Je l'ai déjà fait aussi. »
Tous les regards se tournent vers Dean.
« J'ai fait tout un tas de cauchemar, » continue Dean. « J'en ai fait sur Cas, quand il était en prison, avant que je ne le connaisse. J'ai rêvé de Lucas un paquet de fois. Et croyez-moi... » Il les gratifia d'un léger sourire en coin, le seul qu'il puisse faire se rapprochant le plus de son attitude nonchalante au vue des circonstances. « Cette fois, ça n'a rien à voir. Cette fois c'est bien pire. »
Jody soupire et se relève, les yeux bouffis et rouges. « Tu as raison. Ça l'est. Parce que quand la légiste a examiné le corps, elle a trouvé un cheveux collé à sa jambe. Et les fédéraux ont reçu les résultats d'analyses ADN aux alentours de 7 heures ce matin – me demande pas comment ils ont fait pour précipiter autant les choses – et, bah, l'ADN correspond. »
Sam déglutit en hochant la tête tandis que Bobby baisse les yeux au sol.
Dean s'esclaffe.
Les regards se fixent à nouveau sur l'homme du moment.
« Un cheveux ? » s'exclame-t-il. « Un putain de cheveux ? C'est tout c'qu'ils ont ? Ça peut être – ça peut être carrément n'importe qui dans la rue. Un tueur imitateur qui nous a vu moi et Cas nous asseoir sur un banc, et qui s'y est arrêté dès qu'on est parti. Allez donc jeter un œil, j'ai partagé ma salle de bain avec lui et j'peux vous assurer que ce mec perd ses – »
« Dean. » Jody le regarde dans les yeux, hésitante. « Ce n'était pas qu'un – simple cheveux. C'était un...poil. Un poil pubien. »
La bouche de Dean se referme aussitôt, et sa langue va trouver refuge au fond de sa gorge.
« Ils ont également fait appel aux services d'un expert médico-légal pour inspecter le corps, et à l'instant où nous parlons, ils sont en train de fouiller le contenu de ta maison, » continue Jody. « J'ai aussi entendu des rumeurs des personnes du service pénitencier comme quoi Lucas se ferait interviewer afin d'écrire un bouquin, et Dieu sait ce qu'il a pu dire. »
A la simple mention de son prénom, quelque chose de profond et d'instinctif se tord et se resserre désagréablement au fond des tripes de Dean. « Lucas est impliqué là-dedans d'une manière ou d'une autre, » dit-il. « J'en suis persuadé. Il a tendu un piège à Cas. »
Bobby et Sam échangent un regard. « Il est en prison, Dean, » fait remarquer Sam. « Et c'est pas ça qui va le disculper. Son ADN a été retrouvé sur les autres corps. Qu'est-ce que ce coup monté contre Cas pourrait bien lui apporter ? »
« J'en sais rien. » Dean se redresse en lissant sa veste. « Pourquoi on n'irait pas le lui demander ? »
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A suivre...
