Source : Exonerated By Thecouchcarrot
Hey guys !
En route pour un nouveau chapitre qui, je pense, va vous mettre en rogne contre certains personnages...
Enjoyez !
Réponse à Oli la patate : Mets ton ordi en position latérale de sécurité afin de lire ce qui suit, petite patate en mousse. Je pense qu'on peut parler de mémoire sélective en ce qui concerne le cas Amélia x) et ouais, ton bébé Cassie a toutes les preuves qui s'accumulent contre lui. Je trouve que ça donne à réfléchir sur notre façon de juger quelqu'un dont la seule chose qu'on connait, ce sont les preuves qui ne jouent pas en sa faveur...
Réponse à Iantocullen : ta théorie du troisième frère sort de l'ordinaire, je dois dire, c'est intéressant comme façon de voir les choses. Du coup je ne sais pas si je dois te dévoiler le mystère se dissimulant sous le nom de famille (en tout cas, il n'a pas été choisi au hasard, bien que ce ne soit pas pour les raisons que tu crois)
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9h21
« J'ai demandé à Bobby d'appeler l'avocate qui s'est occupée du pourvoi en appel de Castiel, » dit Sam. « Anna Lawrence. Elle est en vacances au Nouveau Mexique pour l'instant, mais elle va revenir aussitôt que possible. »
Dean hoche la tête. Installé sur le siège passager de la voiture de Sam, il fait distraitement glisser son pouce le long de sa ceinture.
« En fin d'après-midi, on se rendra au poste, » ajoute Sam. « J'ai dit à Harvelle qu'on la retrouverait là-bas avec Garth. Jody s'est retirée de l'enquête, mais ils continuent de faire appel aux forces restantes du comté. Ils mèneront les opérations depuis là-bas jusqu'à ce que les choses se tassent. La police d'État veut y mettre son grain de sel donc j'imagine qu'ils seront bientôt transférés au quartier général. »
Dean hoche la tête à nouveau. Il resserre ensuite son emprise sur la ceinture, la courroie lui rentrant pratiquement dans la peau. « Tu sais, j'ai toujours détesté quand les suspects faisaient appel aux avocats. »
Sam lui lance un bref regard avant de se reconcentrer sur la route. « Papa aussi. »
Dean lutta contre le nœud oppressant au fond de sa gorge.
« C'est certainement pour cette raison que je suis devenu avocat de la défense, » avoue Sam. « Je pense qu'en grandissant, j'avais cet espèce de fantasme dans lequel j'aurai eu à le confronter dans une salle d'interrogatoire, à lui faire ravaler son attitude de macho avec des arguments juridiques, me montrant ainsi plus rusé que lui... » Il secoue la tête en ricanant tandis qu'il entre dans le parking de la prison. « C'était stupide. »
« Je détestais être Shérif. » Mon Dieu que ça faisait du bien de le dire à voix haute.
Sam gare la voiture et dévisage Dean. « Quoi ? »
Dean sourit devant l'absurdité de la situation. « Je détestais être Shérif, Sammy. J'adorais mon boulot d'inspecteur, mais dès le moment où j'ai revêtit l'étoile – ça m'a gâché la vie. C'était beaucoup trop. Je prenais le job trop à cœur, et ça a gâché ma vie, mes relations de couple et amicales... enfin, tu l'as vu par toi-même. »
« T'es un bourreau de travail, » énonce calmement Sam. « Tu dois seulement trouver un équilibre. »
« Je l'ai trouvé, » dit Dean. « Ce qu'on fait Cas et moi pour Jody... c'est mon équilibre. »
Sam mordille sa lèvre inférieure et regarde à travers la fenêtre. « Tu sais que ce n'est pas vrai, Dean. »
Dean fronce les sourcil. « Mais si. »
« Tu bois toujours beaucoup trop, » contrecarre Sam. « Tu n'as aucun ami en dehors de ton colocataire. Tu n'as pas eu de vraie relation depuis – »
« Tu sais quoi, ce n'est ni l'endroit ni le moment de parler de ça, » le coupe rageusement Dean. « Si tu veux, samedi prochain, tu me passeras un joli p'tit powerpoint sur "Dean et son merdier", mais pour l'instant on a du pain sur la planche. »
« Je suis pas en train de te critiquer, » riposte Sam. « Je refuse seulement de prétendre que tu as une vie parfaitement rangée – »
« J'ai jamais dit que c'était le cas ! » Dean détache sa ceinture en la balançant rageusement. « Et la dernière fois que j'ai vérifié, monsieur le prodige, t'avais aussi besoin de faire le tri dans ta propre vie ! »
Le visage de Sam se contracte sous la colère. « Tu ne sais absolument rien de ce qu'il se passe dans ma vie ! »
« Et la faute à qui ?! » s'exclame Dean. « Parce que j'ai essayé, Sammy, et impossible de te faire cracher le morceau ! »
« Oh, non mais laisse-moi rire ! » Sam se défait de sa ceinture. « Tu me vannes à tout bout de champs en t'enfilant la moitié du bar, et t'appelles ça essayer ? J'arrive même pas à me rappeler de le dernière conversation sobre que j'ai eu avec toi, Dean ! »
« Oh alors maintenant tu veux qu'on parle de moi et de la boisson ? » demande Dean. « Tu veux qu'on se focalise sur ce travers en particulier ? Parce que t'es pas vraiment en reste quand il s'agit de boire, mon vieux ! Et plus important encore – »
« J'ai pas besoin de m'abstenir moi, j'arrive encore à m'en passer le temps d'un film – »
« Et plus important encore – »
« – et puis je porte pas de flasque plus souvent que je ne porte de cravate – »
« Ferme-là ! » hurle Dean. « Ferme ! Là ! Et écoute ! »
Sam cesse enfin son monologue.
Dean prend une profonde inspiration, et tente d'apporter un ton neutre et assuré à sa voix. « Plus important encore, on n'a pas le temps de déterrer tous les squelettes de la famille pour le moment. » Il regarde à travers la fenêtre et pose sa main sur la clenche de la porte. « On doit se rendre dans cette prison et comprendre pourquoi un taré découpeur d'enfants a piégé mon meilleur ami pour le faire accuser de meurtre. »
Sam dévisage Dean d'un œil critique, le regard parfaitement stoïque. « Dean, » dit-il, « Si j'accepte de devenir ton avocat, va falloir que tu sois beaucoup plus honnête avec moi. »
Dean cligne des yeux. « De quoi tu parles ? »
Sam prend une profonde inspiration avant de soupirer calmement, ses poignets reposant sur le volant. « Je sais que Cas n'est pas qu'un ami. »
Dean sent tout son corps se tendre, sa main se contractant autour de la poignée sans qu'il ne puisse le contrôler.
Son instinct lui dit de prendre la fuite. De sortir en courant par la porte, sans jamais regarder en arrière, sans jamais ralentir et sans jamais répondre aux questions que Sam est sur le point de poser, de faire taire les martèlements de son cœur ainsi que la sueur froide perlant à la lisière de ses cheveux. Il a envie de nier tout en bloc et de répudier tout le monde – il a déjà un mensonge sur le bout de la langue, une boutade réflexe prenant racine à l'endroit où ses dents rencontrent sa lèvre inférieure, un sourire en coin prêt à lui étirer la joue. La seule chose qui le retient c'est l'enjeu de la situation.
Il sait ce que Sam va en penser, mais... il le lui doit bien. Il ne peut pas lui demander de mettre sa réputation en jeu sans se montrer totalement honnête avec lui.
« Tu as raison, » déclare Dean. « Il est plus qu'un ami. »
Sam sent sa paume d'Adam s'agiter. « Plus comment ? »
« Beaucoup plus. La totale et tout ce qui va avec. »
Sam ferme les yeux. Dean peut voir la frustration lui dilater les narines, la colère, la déception et...la trahison.
« Pourquoi tu me l'as pas dit ? » demande Sam. « Pourquoi tu m'as servi tes mensonges en pleine figure quand je t'ai demandé s'il se passait quelque chose ? »
« Parce qu'il ne se passait rien, » proteste Dean, le visage s'empourprant, « pas avant – très récemment, ou j'imagine... enfin, j'imagine qu'il y avait quelque chose bien avant ça, mais je ne m'en rendais pas compte, et... » Ses mots émergent par saccade maladroite, mais il se force à continuer. Il se passe une main devant les yeux et rentre la tête entre les épaules avant de marmonner, « Sam, on a couché en semble pour la première fois hier soir. »
Un silence interminable s'étire dans l'habitacle.
« Merde, » lâche Sam.
Dean se pince l'arête du nez. « Ouais. »
« Sérieusement, c'est... » Sam laisse échapper un rire nerveux tout en passant une main dans ses cheveux. « Dean, c'est probablement le pire concours de circonstances qui soit. On est vraiment dans la merde. »
« Non, on ne l'est pas ! » claque Dean. « Ça quittera pas la voiture ! Jamais ! Personne n'a besoin de savoir ! »
Sam laisse retomber son front contre le bord du volant avec un bruit sourd suivit d'un gémissement. « On ne peut qu'espérer. Espérer, prier et s'offrir en sacrifices à des Dieux païens pour que le F.B.I. ne le découvre jamais. »
« S'il était ma petite copine, personne n'y trouverait à redire, » maugrée Dean.
« S'il était ton mari, personne n'y trouverait à redire, » contrecarre Sam. « Enfin, sauf moi, j'y trouverais à – mais bref, le problème c'est pas l'aspect gay de la situation, c'est l'aspect nouveau. Ta relation de couple n'a rien d'avérée. Ton amitié n'est pas objective non plus. Tu peux jouer ni le rôle du compagnon, ni celui de témoin de moralité parce que tu te montreras soit partial, soit naïf – »
« Comme je le disais, » l'interrompt Dean en roulant des yeux, « Le powerpoint peut attendre. On a un meurtrier à interroger. Alors on y va ou on y va ? »
Sam fixe pensivement le bâtiment grisâtre de la prison. « Allons-y. »
[…]
La rangée de téléphones et de vitres en plexiglas est vide, à l'exception de celle du fond. Dean est assez surpris que personne n'ait de visiteur un lendemain de Noël, avant de réaliser – la salle a été volontairement vidé.
L'armoire à glace qui les escorte remarque le regard avisé de Dean quant au vide de la pièce. « On aime pas que les autres prisonniers se mélangent avec lui, » dit-il. « En général, il reçoit ses visiteurs dans l'une des salles de conférence. »
« Alors pourquoi on le rencontre ici ? » demande Sam.
Le garde jette un coup d'œil vers Dean, puis revient vers Sam. « Le F.B.I. vient de passer. Les événements ont eu lieu ce matin. Cette pièce est... plus sûre. »
Dean déblatère mentalement toutes les insultes qui lui passent par la tête. « Ils sont déjà venus ? »
Le garde hoche la tête. « Ils sont venus parler à Monsieur Goodwin. »
Sam grogne en penchant légèrement la tête. « Ok. Très bien. Très bien. Par contre, Dite-moi – comment est-on sensé lui parler avec un seul téléphone ? »
Le garde hausse les épaules. « Chacun son tour ? »
Ils passent tous les trois en revues les possibilités, et décident que c'est Dean qui parlera à Lucas, pendant que Sam sera dans la salle de contrôle en train d'écouter ; l'établissement lui fournira également une copie de l'enregistrement de la conversation.
Dean s'installe sur la chaise en plastique moulé à l'affreuse couleur verte écume. De l'autre côté de l'épais vitrage, Lucas fait de même avec sa chaise. Le rouquin semble différent de la dernière que Dean l'a aperçu – lors de son arrestation, pour le meurtre de Kenny Whidbey. Aveu de culpabilité, confession du crime, pas de procès, puis, quelques semaines plus tard, de nouveaux aveux font leur entrée, des aveux concernant les précédents meurtres, et le reste, absolument tout le reste. Cet homme est celui qui a attiré des enfants hors de leur balançoire, qui a refermé ses mains autour de leur nuque pour la tordre jusqu'à ce qu'elle se brise, qui a enserré leur petits doigts potelés entre les lames de son ciseaux jusqu'à en faire craquer l'os, qui s'est servi d'un cran d'arrêt pour leur vider les globes oculaires, qui leur a enfoncé un pied de biche dans l'estomac jusqu'au sternum et fracassé la cage thoracique d'un coup sec afin que leur organes engorgés puisent reluire à la vue de tous.
C'est cet homme.
Il est très maigre désormais, une barbe se distinguant clairement sur son menton, et il fait en sorte de ne pas trop croiser le regard de Dean. Il semble... faible. Pathétique. Honteux.
Dean s'empare du combiné, et observe Lucas en face de lui.
« Bonjour, » dit Lucas.
Dean ne répond rien.
Lucas se racle la gorge, et rit nerveusement. Ses yeux parcourent le visage de Dean point par point. « Je pense savoir pourquoi vous êtes là. Je viens d'avoir la visite de deux agents fédéraux. »
Dean ne cesse de le fixer. Il ne dit pas un mot.
« Je vais vous dire ce que je leur ai dit. » Lucas expire fortement et s'affale légèrement sur sa chaise. « Je n'ai pas été... tout à fait honnête en ce qui concerne les circonstances des meurtres. C'est un sujet très délicat à trancher pour moi, en termes de bon sens et d'affect. J'ai occulté certaines choses, et – protégé des gens. Mais je suis en train de travailler sur un livre, ma biographie, et je pense que vous y trouverez tout ce dont vous avez besoin. »
« C'est quoi ton but en fait ? » demande Dean.
Lucas trésaille en remuant sur sa chaise. « Mon...but ? »
« Quand t'as fait accusé Cas de meurtre en le faisant enfermer à vie. » Dean garde un ton calme et neutre, mais il sait que Lucas peut le voir enserrer le combiné. « Qu'est-ce que ça t'apporte exactement ? »
Lucas se renfrogne. « Je n'ai pas fait accuser mon frère Castiel, Dean. C'est uniquement grâce à moi s'il a été libéré de – »
« Arrêtes tes conneries. » Dean se penche vers lui, le sang lui martelant les tempes et le cœur battant dans ses orbites. « T'es pas un simple escroc ou un petit homme de main. Tu tues pour le plaisir. J'ai juste envie de savoir où se trouve le plaisir actuellement. »
« Je n'ai pas – »
« Tu es un joueur, Luke, et tu te joues du monde. Tu aimes te considérer comme un marionnettiste, pas vrai ? »
Le visage de Lucas n'est qu'un reflet de confusion et d'indignation, mais une étrange lueur se met à briller au fond de ses yeux.
« Tu aimes tirer les ficelles et faire de nous ce que tu veux. »
A la commissure de la bouche de Lucas, un tressautement apparaît.
« Mais pourquoi tirer sur ces ficelles en particuliers ? » demande Dean, l'adrénaline lui vrillant les nerfs, lui picotant la peau avec insistance. « Pourquoi Cas ? C'est ton frère. Je sais que tu ne l'aimes pas parce qu'un salopard dans ton genre est incapable d'amour, mais pourquoi tu le détesterai ? T'as pu te promener en liberté pendant six ans grâce à lui. »
La lueur momentanée an fond du regard de Lucas s'évapore, et son visage revêt une enveloppe froide, vierge de toute ignorance.
« Pourquoi ? » exige Dean. « Pourquoi tu fais ça ? »
Une ombre se dessine sur le visage de Lucas, et sa bouche se tord en un rictus mauvais. « Mon frère a des squelettes dans son placard, Dean, » dit-il. « Tu aurais dû y réfléchir avant de te le taper. »
Pendant un moment, le temps s'arrête.
Le bruit cesse.
Tout autour d'eux se tait.
Puis Dean se lève, ramène son bras vers l'arrière,
et explose le téléphone contre le plexiglas.
« POURQUOI ? » hurle-t-il à plein poumons. « POURQUOI ? »
La porte du côté de Dean s'ouvre à la volée et deux gardes l'agrippent chacun par le bras.
Lucas sourit.
« Tu vas moisir ici ! » beugle Dean alors qu'il est tiré hors de la pièce. Il sait que Lucas ne peut pas l'entendre, mains il s'en contrefiche. « Tu crèveras en prison, espèce de sale fils de pute ! »
[…]
Dans la salle de contrôle, Sam pose une main sur son menton tout en observant son frère se faire escorter dans le couloir par deux armoires à glace.
Le garde visionnant l'écran avec Sam émet un petit rire. « Pauvre gamin. C'est pas le premier qui a envie de refaire le portrait à Lucas. »
« Lucas a mentionné le fait qu'il travaillait sur une biographie, » lance Sam. « Je souhaiterai avoir une liste des visiteurs qu'il a eu ces derniers mois. »
« J'peux vous trouver ça, » répond le garde en pianotant sur son ordinateur. « Laissez-moi votre carte et je vous envoie tout ça par mail. Mais je peux d'ores et déjà vous dire qui est la personne qui lui écrit son bouquin : elle s'appelle Margaret Masters, un beau p'tit brin de nénette, sûrement une de ces romancières de faits divers. Elle vient le voir toutes les semaines. »
Sam sort sa carte de visite et la fait glisser vers le garde. Il fouille ensuite sa veste à la recherche d'un stylo avec lequel il écrit le nom à l'arrière d'une carte qu'il remet dans sa poche. « Merci. J'irai lui rendre une petite visite. »
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A suivre...
