Source : Exonerated By Thecouchcarrot
Salut salut !
Chapitre court avec cliffhanger à la clé, une recette digne d'un auteur sadique (heureusement, je ne suis que la traductrice, soooo... soyez indulgent...please?)
Enjoyez !
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« Quand je suis arrivé à Détroit, » explique Castiel, « j'ai pris une navette aéroport pour me rendre directement à l'hôpital. Mais lorsque je me suis présenté au guichet, ils n'avaient aucun dossier enregistré au nom de Daphné. J'ai allumé mon téléphone et j'ai vu que j'avais plusieurs messages provenant du F.B.I. et de toi. J'avais ce...ce mauvais pressentiment, puis j'ai vérifié mon téléphone. Sous le prénom de Daphné, il y avait un numéro avec l'indicatif de notre région. » Cas serre la mâchoire. « C'est là que j'ai compris. Bizarrement, je savais ce qu'il se passait. Je savais qu'ils allaient pas tarder à envoyer quelqu'un à mes trousses alors j'ai jeté mon téléphone dans une fontaine et j'me suis enfui. Je l'avoue – je me suis enfui. J'ai pris un bus pour Lansing, et... » Le coin de sa bouche se tord en un léger sourire emprunt de tristesse. « Des tonnes d'idées de déguisements et de cabanes rustiques m'ont traversées l'esprit. Mais quand la panique initiale s'est atténuée, j'ai su qu'il fallait que je revienne te voir. Je t'avais donné ma parole que je reviendrai. » Sa main court le long du bras de Dean. Ses doigts encore légèrement humides s'égarent paresseusement sur la peau sèche de celui-ci en une douce caresse réconfortante.
Dean ne peut pas s'empêcher de détailler la moindre parcelle de son visage, s'enivrant de ses traits en les scrutant dans la pénombre. « Comment tu savais que j'étais ici ? » demande-t-il. « Comment tu savais où me trouver ? »
« J'en savais rien, au début, » avoue Cas. « J'ai pris un taxi à la gare routière et j'arrivais en ville quand je t'ai vu au volant de l'impala qui partais dans l'autre sens... alors je t'ai suivi. Je suis resté caché aux abords de la casse. J'ai vu de la lumière provenant de l'étage... » Il dépose ses lèvres sur la joue de Dean avant de murmurer, « et je t'ai vu t'avancer près de la fenêtre... »
Dean glisse ses doigts à travers les cheveux humides de Cas et frissonne. « T'es gelé. Tu veux pas prendre une douche ? »
« Non. » Le nez de Cas se frotte contre son oreille, son ventre plat effleurant le sien. « J'ai juste envie de me réchauffer. »
[…]
L'officier Hannah McMurtie reste plantée dans l'habitable de sa voiture banalisée dissimulée au fond de la casse du domicile du Shérif Singer, le cœur battant la chamade et la main toujours cramponnée à sa radio.
Elle a choisi cet endroit à cause de sa visibilité – à l'abri des regards tout en lui laissant une vue quasi imprenable sur tout. L'avant, l'arrière, absolument tout, à l'exception de l'autre bout de la maison. Elle l'a choisi parce qu'il permettait d'avoir l'œil sur tout. Néanmoins, elle ne s'attendait pas à visualiser quoique ce soit.
Il est ici.
La centrale crachote sa réponse dans la radio, lui intimant d'attendre et de rester à son poste. Les renforts sont en route. N'approchez pas le suspect.
Hannah garde les yeux rivés sur la fenêtre de la chambre, plongée dans le noir. Elle l'observe escalader le auvent de la véranda, grimper sur le toit glissant et forcer la fenêtre. Il pleut toujours à verse et Hannah se demande, depuis combien de temps je le piste ?
Elle n'a pas réussi à trouver le sommeil ces deux derniers jours, et n'a pas quitté sa voiture depuis plus de cinq heures. Elle scrute la fenêtre ouverte en pensant à la chambre de sa fille, son mobile bébé tournoyant au-dessus d'elle, et s'imagine une fenêtre ouverte –
Des pneus se mettent à crisser sur le gravier.
Hannah sursaute. Elle s'empare de ses jumelles et zyeute à travers la pluie.
C'est la voiture du Shérif, sa voiture personnelle, et non sa voiture de patrouille. La portière avant s'ouvre sur Singer, qui claque la porte derrière elle. Elle porte encore son uniforme, mais ce n'est certainement pas parce qu'elle a reçu l'appel radio d'Hannah – elle l'a passé il n'y a même pas deux minutes. Il en faut au moins quinze pour arriver jusqu'ici depuis le poste, même en actionnant la sirène. Singer se dirige vers la porte d'entrée sous une pluie diluvienne.
Elle n'est au courant de rien.
Hannah se rue sur son téléphone.
[…]
Jody arrive chez elle aux alentours de 23 heures, après une longue et peu fructueuse opération d'infiltration. La pluie est aussi torrentielle que le froid n'est saisissant, cela va sans dire, et elle s'extirpe de sa voiture en marmonnant une flopée de juron de son cru. Au moment-même où elle ouvre la porte, son téléphone se met à vibrer et Jody regarde qui peut bien l'appeler.
C'est un de ses officiers, McMurtie.
Jody roule des yeux. Elle ouvre son manteau en se frictionnant les cheveux avant de répondre. « Qui a-t-il ? »
« Shérif. » La voix de McMurtie vacille d'incertitude. « Shérif, j'ai un visuel sur Castiel Goodwin. Il est ici. »
Jody resserre son emprise sur le téléphone.
Elle fait en sorte de garder un ton neutre et autoritaire. « Vous savez que je ne fais pas partie de cette enquête, McMurtie. Est-ce que vous avez des ennuis ? Vous avez besoin que j'appelle du renfort ? »
« Non, vous ne comprenez pas, » dit McMurtie. « Shérif, il est chez vous. Dans la chambre à l'étage. »
Jody se fige.
Elle éloigne le téléphone de son oreille
et laisse traîner son regard sur l'escalier en marbre sombre
menant à la chambre d'ami.
« Shérif ? » résonne la voix de McMurtie, lointaine et insignifiante. « Shérif ? »
[…]
« Ils ont trouvés deux cadavres, » lui explique Dean. « Près du Lac Madeleine. Quelqu'un a placé un poil sur l'un d'entre eux, un de tes poils. »
Cas hoche la tête. « Je crois savoir qui, » dit-il. « Quand j'étais en prison, Lucas venait me voir tous les week-end. Il me parlait de sa vie. Lors de ma dernière année en cellule, il m'a raconté qu'il sortait avec une fille qui s'appelait Betsy. Je ne l'ai jamais rencontrée, mais il m'a dit qu'elle avait les cheveux noirs... Je crois que cette fille que j'ai rencontré au bar – Meg – Je pense qu'il s'agit de Betsy. Je pense que c'est elle. »
« C'est ça ! » Dean attrape Cas par l'épaule. « Cas, ça expliquerait – Je savais que c'était elle depuis le départ. Elle avait ton numéro, elle écrit la biographie de Lucas, elle savait qui tu étais au bar. Elle tue pour lui et ils te font porter le chapeau ! » Il se redresse et se penche vers la table de nuit, où il a posé quelques affaires. « Faut qu'on appelle Harvelle – »
Cas stoppe son geste en lui agrippant le poignet. « Attend. »
Dean croise son regard, profond et large. « Pourquoi ? »
« Ne leur dis rien pour l'instant. Ne leur dis pas que je suis là. Sinon ils m'arrêteront. » Cas plonge son regard dans le sien. Il y a une certaine révocation dans l'intonation de sa voix, une détermination farouche à l'orée de sa mâchoire. « Je ne peux pas retourner en prison, Dean. Je refuse d'y retourner. »
Et rien qu'à sa manière de l'exprimer ainsi qu'au vide qu'il perçoit dans son regard, Dean comprend exactement ce qu'il veut dire.
Un corps. Des cheveux bruns. Face contre terre. Inconscient. Du vomi.
« Cas, » souffle Dean. « Promet-moi que tu feras rien. »
« Je ne peux pas y retourner, » murmure Cas. « Je ne peux pas. »
« Je les laisserai pas faire. » Dean se penche vers lui en fermant les yeux, appuyant son front contre le sien. « Je te le jure, Cas. Je suis – je suis là pour empêcher que tout ça ne se reproduise. D'accord ? Tu n'imagines pas combien de nuit je suis resté allongé à souhaiter pouvoir, pouvoir revenir en arrière pour faire les choses autrement. Combien de fois j'ai espéré pouvoir simplement remonter le temps afin de tout changer. » Il déglutit en sentant sa poitrine se resserrer. « Eh bien aujourd'hui, on m'offre l'opportunité de le faire, Cas. Je vais réécrire l'histoire. Et je te jure sur ma tête, sur tout ce en quoi je crois et sur ce que j'ai de plus cher... » Il s'empare des mains froides de Cas pour les serrer entre les siennes, presque douloureusement, avant de le regarder droit dans les yeux et de lui dire, « Cette fois, je ne te laisserai pas tomber. »
Cas plonge également son regard dans le sien pendant un moment infiniment long, le visage rongé par l'anxiété.
« Est-ce que tu tiens à moi ? » Demande Dean.
« Oui, » souffle Cas.
Dean renforce encore plus fortement sa poigne. « Est-ce que tu me fais confiance ? »
La bouche de Cas se recourbe d'elle-même, ses yeux brillant alors qu'il hoche la tête sans un mot.
« Alors on va s'en sortir. » Le chancellement dans sa voix trahit la fermeté de ses paroles. « Toi et moi, Cas. Toi et moi. » Il tire Cas contre lui puis l'embrasse avec une douceur et une tendresse si dévouée qu'elle en est douloureuse.
Il reste ensuite appuyé contre lui, à s'enivrer du souffle de Cas contre ses lèvres, à laisser leur bouche continuer de s'effleurer, et à attendre.
« S'il te plaît, » murmure Cas. « S'il te plaît, juste pour cette nuit ? »
Dean soupire, le poids de ces dernières 48 heures se faisant sentir au plus profond de lui. Cas est ici, bien réel, et vivant, et il sait qu'à la minute même où il va décrocher ce téléphone, ils seront embringués dans l'œil du cyclone, dans le tourbillon des interrogatoires, des passages au crible, des débats et des comptes à rebours.
Harvelle peut attendre.
Dean remonte sa main pour caresser le visage de Cas, et hoche la tête. Puis il s'avance et l'embrasse longuement et profondément – un baiser pour affronter la tempête.
[...]
Jody reste figée au pied de l'escalier. Dans la pénombre, le vert du papier peint jouit d'une mystérieuse teinte bleutée, et ses ombres conduisent en haut du palier, là où le couloir disparaît dans les renfoncement de la vieille bâtisse. Sa main plane au-dessus de l'interrupteur, puis elle la ramène vers son flanc gauche.
Elle commence à monter les escaliers, le cœur au bord des lèvres, menaçant de jaillir de sa poitrine tel un marteau passant à travers la caisse de résonance d'un tambour.
[…]
Cas allonge Dean sur le lit en parsemant sa nuque de baisers, ses mains se frayant un chemin le long de son abdomen. « Je suis désolé, » halète-t-il. « Je suis désolé de pas avoir appelé. »
Dean, quant à lui, lutte pour reprendre son souffle et gémit en plantant ses doigts dans le dos de Cas. Il a chaud et froid à la fois, et a désespérément besoin de plus, écrasé par une vague de désir qu'il n'avait même pas conscience d'avoir refoulé.
[...]
L'officier McMurtie guette silencieusement les fourgons du GIGN s'avancer dans la cour, et plusieurs agents en sortir discrètement. Ils encerclent la maison et grimpe sur le toit en grouillant autour de la bâtisse avec une précision militaire.
Elle se demande si le Shérif Singer a pensé à réveiller son mari pour le prévenir.
[…]
Jody gravit progressivement les marches, chacun de ses pas semblant résonner en grinçant. Lorsqu'elle arrive en haut, elle marque un temps d'arrêt et se terre dans le silence afin de tendre l'oreille.
Elle entend une voix étouffée, provenant de la chambre d'ami. Elle marche en arpentant les murs, l'effroi lui picotant la base de la nuque, son champ visuel devenant plus net et aiguisé au fur et à mesure que ses yeux s'habituent à l'obscurité.
C'est la voix de Dean, basse et pressante.
« Cas, » dit-il. « Cas... »
Jody abaisse sa main sur la poignée avant d'ouvrir silencieusement la porte. Elle met un moment à réaliser ce qu'il se passe sous ses yeux.
Castiel.
Dean et Castiel.
Ensemble.
Les deux hommes entremêlés dans le noir ne remarquent pas sa présence, du moins pas tout de suite. Ce n'est que lorsque Dean ouvre les yeux en se figeant, que Cas se raidit à son tour.
Jody porte machinalement sa main vers sont étui, et entend sa propre voix articuler, « Debout. »
Aucun des deux n'esquissent le moindre mouvement, demeurant parfaitement rigides. Dean la dévisage, le regard vif et accusateur. « Jody, » dit-il. « Jody, ne fais pas ça. »
Elle dégaine son arme et la pointe vers Castiel. « Castiel Goodwin. Les mains derrière la tête. »
Castiel se dégage calmement de Dean, et obéit.
Dean a les narines qui frémissent, son cou et ses joues s'enflammant. « Jody – »
« Y'a pas de Jody qui tienne, » claque-t-elle, plus durement qu'elle ne le voulut. « Il y a un mandat d'arrêt à son nom, et il est chez moi. Je suis dans mon droit le plus strict. »
Castiel garde les mains au-dessus de la tête, nu et silencieux. Il baisse les yeux au sol.
« Tu ne fais pas partie de cette enquête, » lâche Dean, en s'extirpant du lit. « Tu n'as pas idée de la futilité des preuves qu'ils – »
« Non ! » crie Jody. « Ce n'est pas comme ça que ça marche, Dean ! Le F.B.I. veut Castiel, et je vais le ramener au poste. Point final ! »
Dean la toise du regard, et avant même qu'elle ne cligne des yeux
il tend le bras vers le tiroir de sa table de nuit et dégaine son arme.
Il retire le cran du sûreté et la pointe dans sa direction, le regard glacial. « Alors il va falloir que tu me passes sur le corps. »
La situation est en train de déraper totalement.
« Pose ton arme, Dean, » ordonne Jody. « Toi et moi, on sait tous les deux que tu ne vas pas tirer. »
« Si tu t'en prends à Cas, je le ferai, » contre Dean. « Tu débarques dans ma chambre, tu me surprends à moitié à poil et tu me braques ton flingue à la tronche, donc ouais, y'a pas mal de choses que j'pourrai faire là tout de suite que j'regretterai p't'être plus tard, mais ça sera plus tard, et là c'est maintenant. »
Jody serre les dents. « Je ne fais que mon travail. »
« Ton travail ? » demande Dean, en fronçant les sourcils tout en clignant des yeux à la hâte. « Qu'est devenu le "je ne suis pas ton patron, je suis ta famille" ? Hein ? »
« Je n'ai pas le droit d'enfreindre la loi. Même pour la famille, » Jody garde les doigts sur la détente, sa prise ferme autour de la crosse. « Si t'étais à ma place, tu dirai exactement la même chose. »
« J'ai été à ta place ! » rétorque Dean. « J'étais sur ce putain de bateau lors de la dernière virée, tu te souviens ? J'ai traîné Cas hors de chez lui de mes propres mains et ça a été la pire connerie que j'ai jamais faite. »
« Vraiment ? » demande Jody. « Pourquoi est-ce si difficile pour toi de songer au fait que t'aies pu taper dans le mille pendant tout ce temps ?»
Dean trésaille à ses mots. Castiel, quant à lui, demeure silencieux, les yeux rivés au sol.
« Pourquoi ? » répète Jody. « T'avais de très bons arguments en ce temps-là. Tu étais persuadé que c'était lui. Je m'en souviens ! J'étais là ! »
« J'avais tort, » gronde rageusement Dean. « T'en as la preuve sous les yeux, Jody. Cas est chez toi aujourd'hui parce qu'il est revenu. Il était en cavale et il est revenu de son plein gré ! »
Jody commence à perdre pied et resserre sa prise autour de son arme. « Tu as si peu de foi en tes convictions, Dean. Depuis que Castiel a été disculpé, tu dénigres la moindre petite chose que tu as pu faire en tant que Shérif. Mais, tu sais quoi ? Certaines de ces choses avaient du sens, Dean ! »
Dean change de main et braque le canon sur la poitrine de Jody. Il essaie de conserver sa hargne mais celle-ci trésaille en le faisant grimacer. « J't'en supplie, » dit-il. « J't'en supplie, Jody, fais pas ça. »
Jody glisse son index dans le creux souple de la détente –
puis soudain la fenêtre vole en éclats et la pièce se retrouve plongée dans un nuage de fumée.
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A suivre...
