Source : Exonerated By Thecouchcarrot
Hello guys !
Tout d'abord, je vous souhaite une bonne année, j'espère qu'elle sera riche de tout ce qu'il existe (encore) de bon dans ce monde.
Ensuite, bah... désolée pour l'attente. Comme toujours, je vous rassure, je n'abandonne pas du tout cette traduction, j'ai juste un emploi du temps qui ne suit pas forcément derrière sooo... la seule chose que j'peux vous dire, c'est... soyez patients ?
Enfin, je remercie tous ceux qui me suivent, qui me mettent dans leur favoris, ou qui tout simplement, lisent dans l'ombre. Cette simple ambiguïté quant à "qui et combien" est suffisamment gratifiante pour moi.
Je vous souhaite une bonne lecture !
Enjoy !
[...]
Dans le quart d'heure qui suit, Harvelle, Garth et toute leur troupe quittent la maison Singer en se frayant un chemin parmi le flot de journalistes, pour ensuite tracer la route à bord de leurs véhicules de patrouille. Les barricades sont laissées en place pour plus de commodité vis à vis des Singers ; un officier a la présence d'esprit d'agrafer une bâche en plastique pour supplanter la fenêtre brisée de l'étage. Pendant ce temps-là, Anna s'empare de son téléphone et quitte le bureau, sans doute pour passer d'importants coup de fils, laissant ainsi Dean, Sam et Cas reprendre leur esprit.
« D'accord, d'accord, bon, qu'est-ce qui se passe ensuite ? » demande anxieusement Dean en se frottant les mains. « Sammy, toi et moi - on fonce chez le légiste, voir ce qu'on peut en tirer. S'ils nous ont rien dit concernant le fragment d'ongle, va savoir le nombre de preuves dont on a pas encore vu la couleur. Anna, vous et Cas, vous filez au poste, assister à l'interrogatoire de Meg, voir si vous pouvez trouver des failles dans son histoire – »
« Dean. » Sam pose sa main sur l'épaule de son frère. « Il est six heures du matin. T'as besoin de dormir. »
« J'ai besoin de café, » le corrige Dean. « Et j'crève la dalle. On ira faire un saut chez Macdo. Tu veux quelque chose, Cas ? »
Cas, toujours blanc comme un linge, secoue la tête.
« Ça m'fait penser, » continue Dean, « Cas a besoin d'une douche. Et d'un rasage. Ou j'en sais rien. Peut-être pas. P't'être que le style clodo, c'est son nouveau délire. C'est quoi le nom du légiste ? C'est une nana, c'est ça ? Bon sang, c'que j'ai faim. »
« Veuillez m'excuser, » lance Cas d'une voix tendue. « Je crois qu'il faut que j'aille vomir. » Il titube jusqu'à la corbeille posée près du bureau de Bobby et s'en empare avant de se mettre à y vomir toutes ses tripes.
« Cas ! » Dean s'élance vers lui pour l'agripper par le bras et le conduire jusqu'au canapé. « Apportez-lui de l'eau ! »
Pile à ce moment-là, Anna fait irruption dans la pièce avec un verre d'eau et une boîte de biscuit. « Quel timing, » dit-elle en tendant le tout à Dean avant de le dévisager de la tête au pied. « Vous en faîtes pas, vous aussi vous allez passer par là une fois que l'adrénaline sera retombée. »
Dean la fusille du regard en lui arrachant le paquet de biscuit des mains avant de s'asseoir aux côtés de Cas. « Je vais bien, » dit-il. « J'ai seulement besoin d'un café et d'au moins une dizaine de cheeseburgers. »
« Non, » grogne Cas dans sa corbeille. « Dix, c'est beaucoup trop. Dean, c'est répugnant. »
« Tais-toi, » lui ordonne Dean. « L'effervescence t'a clairement bousillée les méninges, tu sais plus c'que tu dis. » Il pousse le verre d'eau vers Cas. « Hydrate-toi. »
« Vous avez tous les deux besoin de repos, » insiste Sam en enfonçant ses mains dans ses poches. « Ils vont garder Meg en observation pendant 72 heures, et ils prendront toutes les précautions nécessaires pour réduire en miettes le moindre de ses alibis. Profitez de ces quelques heures de répit en restant tranquilement à la maison. »
« Et toi, tu vas faire quoi ? » demande Dean. « Rentrer chez toi et jouer à Katanas pendant deux jours ? »
« Premièrement, c'est Catane, » rétorque Sam, « et deuxièmement, Amélia doit certainement se demander ce qui a bien pu se passer durant ces huit dernières heures, alors ouais, j'pense que j'vais rentrer chez moi. »
Anna lui lance un regard en coin. « Femme ? »
« Petite-amie, » soupire-t-il.
Dean tend quelques biscuits à Cas. « Avale ça, » dit-il. « Prend des forces. Faut qu'on s'arrache. »
« Dean. » Sam se rapproche en plissant les yeux.
« Sam, » répond Dean, affable.
Sam se contente de le dévisager froidement.
La pomme d'Adam de Dean s'agite, mais son regard ne faiblit pas. « Sam, j'ai pas l'intention de rester. »
Sam ne lâche pas l'affaire. « Tu peux dormir dans le petit salon. On t'apportera des couvertures. »
« On ne peut pas rester ici. » Le visage de plus en plus tendu, Dean lance un bref regard en direction du couloir. « Je ne pourrai pas dormir – ici. »
Ce coup d'œil discret en direction du couloir, des escaliers, et de la chambre principale, est la pièce manquante pour que Sam assimile pleinement la véritable source de l'anxiété de Dean.
« Tu devras lui faire face un jour ou l'autre, » dit-il.
« Je sais. » Dean s'essuie la bouche « Seulement, pas ce soir. »
Sam hoche la tête. « Peut-être que tu devrais rentrer chez toi dans ce cas. »
Dean fronce les sourcils et le dévisage, bouche bée. « C'est là qu'il y a tous les journalistes ! » proteste-t-il. « Ils seront tous là, plantés sur la pelouse à attendre comme un escadron de vautours – »
« J'aimerai bien rentrer chez moi. »
Sam, Dean et Anna tournent tous leur regard vers Castiel.
Cas repose la corbeille par terre avant d'avaler une tremblante gorgée d'eau. « J'aimerai bien rentrer chez moi, » répète-t-il. « J'aimerai dormir dans mon propre lit. »
Le visage de Dean s'assombrit et il acquiesce lentement. « D'accord, » énonce-t-il calmement, « Ok, d'accord, on a qu'à faire ça. »
[…]
L'aube aux relents d'hiver est encore sombre et brumeux, et lorsqu'ils atteignent la maison à bord de la discrète petite voiture de Sam, l'espace de quelques instants, ils passent inaperçus. Puis ils se garent et sortent de la voiture.
Le vacarme se fait aussitôt assourdissant.
« Monsieur Goodwin ! » crie une femme. « Monsieur Goodwin ! »
« Dean Winchester ! » braille un homme par-dessus le grondement de la foule. « Monsieur Winchester, avez-vous – »
Leurs yeux sont assaillis par une multitude de flashs tout plus aveuglants, vifs et brûlants les uns que les autres. Dean réussit à se faufiler et à tracer son chemin de mémoire Il connaît cette route, ce portail, et cette allée en ciment par cœur. Sam le pousse en avant tout en escortant Castiel et en criant à tout va, pas de commentaires, pas de commentaires.
Après avoir tâtonné à la recherche des clés, le groupe se rue à l'intérieur en claquant la porte derrière eux.
« Verrouillez toutes les portes, » halète Sam. « Fermez les volets, les rideaux, tout. »
Cas s'enfonce dans le canapé pendant que Sam et Dean font le tour de la maison, inspectant la moindre brèche de celle-ci ainsi que tous ses points d'accès. Sam se rend à l'étage et Dean retourne auprès de Cas et pose une main sur son épaule.
« Comme au bon vieux temps, » marmonne Cas. « Tout le monde veut son slogan. »
Le sapin de Noël se tient toujours dans le coin du salon, baigné par la pénombre, les branches jaunies et quasi nues. Personne n'a pensé à l'arroser. Les aiguilles reposent en amas disgracieux par-delà le sac à sapin, s'éparpillant le long de la surface sombre du piano neuf ; l'étoile a glissé de son trône pour rester suspendue à une branche telle une couronne déchue.
« Trois jours, » lance Dean. « Noël est passé depuis seulement trois jours. »
Cas lève de grands yeux vers lui. « J'ai laissé toutes mes affaires à Détroit. Je – je les ai laissées, dans ma valise, sur le trottoir. »
« C'est pas grave. » Dean lui presse gentiment l'épaule. « T'as encore des affaires à l'étage. S'il te faut autre chose, on ira l'acheter. »
« J'ai laissé mes livres. » Sa respiration s'accélère. « J'ai laissé Jane Eyre, je l'avais pas encore fini, et j'ai laissé – j'ai laissé des souvenirs de Daphné que j'avais – gardé avec – »
« Cas. Ce n'est rien. » Dean pose sa main sur la joue de Cas avant de la glisser jusqu'à son menton pour lui relever le visage et l'obliger à croiser son regard. « Ce n'est rien. Tout va bien se passer à partir de maintenant. »
Cas plonge son regard dans le sien, le désarroi flottant au bord des lèvres.
Des bruits de pas résonnent dans l'escalier. « Ok, alors j'ai passé au crible toutes les fenêtres du premier et – » Sam se stoppe dans sa tirade en les dévisageant tous les deux.
Sans même réfléchir, Dean retire sa main, à l'instar de Cas qui détourne vivement le visage, enfouissant son menton dans son épaule, le piquant de sa barbe de trois jour encore fraîchement imprimé entre les doigts de Dean.
Sam écarquille les yeux en levant les mains. « Oh, désolé, je voulais pas – vous interrompre ou quoi que ce soit. »
« Non. » Dean lui répond sans même détacher son regard de Cas. « Ça va. »
Cas ne dit pas un mot. Il ne fait que soupirer en se tordant les mains.
« Rien à... signaler à l'étage, » continue faiblement Sam. « Et je pense que ça va aller pour vous cette nuit, donc... je vais y aller. »
« D'acc, merci, » dit Dean en quittant Cas des yeux tout en se massant l'épaule. « J't'appelle demain et on ira voir la légiste ensemble. »
Sam acquiesce du mieux qu'il peut tandis qu'il répond brièvement « Ouais. Ouais. » Il balaye son regard entre les deux hommes avant de franchir le seuil de la porte sous le crépitement des flashs des journalistes.
Dean et Cas se retrouvent à nouveau seuls.
« Bon, » lâche doucement Dean avec un léger sourire. « Faut croire qu'on va y être abonné, hein ? »
Cas s'éclaircit la gorge en dévisageant ses pouces. « Je me suis pas encore... fait à l'idée. J'ai toujours... » Ses joues s'empourprent et il pince les lèvres. « J'ai toujours dû le garder pour moi. C'était... mon secret. »
L'information met un petit moment à faire son chemin, puis Dean affiche un air étonné, bien qu'il ne sache pas du tout pourquoi ça le surprend autant. Tout ce qu'il sait de Cas, de son éducation et de sa foi, le conduit à la même conclusion tel un néon clignotant.
Mais ce qui surprend le plus Dean, c'est lorsqu'il ouvre lui-même la bouche pour répondre, « Moi aussi. »
Cas lève le regard vers lui et fronce les sourcils.
« Je savais pas vraiment ce que c'était, mais je pense que dans mon for intérieur, je savais depuis longtemps que je n'étais pas – j'étais pas – » Dean se désigne lui-même avec ses mains, faute de mots – « J'étais pas celui que les autres croyaient. C'était une façade. Bon sang, depuis que j'suis môme je le sais, et je savais comment le cacher, jouer les durs et avoir l'air cool mais – mon père, j'ai toujours cru que mon père voyait clair dans mon jeu et qu'il était... » Dean aspire une profonde goulée d'air en clignant brièvement des yeux. « Qu'il était déçu... »
Cas lui sourit amèrement en s'emparant de sa main. « Ton père ressemble beaucoup à mon Dieu. »
Dean lui caresse la main en se rapprochant de lui sur le canapé. « Alors on est corrompu, » dit-il. « Tous les deux. »
Cas le dévisage gravement. « Évidemment, » dit-il. « On se serait jamais rencontré sinon. »
Dean le fixe pendant un moment avant d'éclater de rire.
Cas sourit.
« Nom de Dieu, » s'esclaffe Dean, « c'est vrai ! »
Cas tapote le genou de Dean avant de se relever. « Viens, on monte, » dit-il. « Je vais aller prendre une douche. »
[...]
Lorsque Sam arrive chez lui, Amélia dort encore à poings fermés, roulée en boule dans les couvertures remontées jusqu'aux épaules, ses longues boucles brunes étalées sur le coussin. Le parquet est gelé, le faisant frisonner lorsqu'il retire sa chemise et son pantalon avant de grimper dans le lit.
Amélia maugrée dans son sommeil avant de jeter un œil au réveil. « C'pas vrai, Sam... » grommelle-t-elle. « Qu'est-ce qui s'passe ? »
Sam peine à se retenir de claquer des dents et se blottit contre elle, son torse se pressant contre son dos. « Cas est revenu. Je t'ai envoyé un message. »
Elle gémit en se passant une main sur le visage. « Hein ? »
« Réveille-toi. » Sam glisse ses pieds gelés le long de sa jambe.
Amélia pousse un cri perçant en lui donnant un violent coup de coude. « Rahhh ! J'te déteste ! » Elle se tortille hors de ses bras puis se tourne vers lui pour agripper le coussin où repose sa tête et le frapper avec. « Ça te dirait un réveil de ce genre ? »
Sam lui arrache le coussin des mains et la plaque en l'immobilisant sur le lit à l'aide de son corps, un sourire accroché aux lèvres. « Ça a marché, non ? »
Amélia le foudroie du regard, ses cheveux bruns lui barrant le visage.
« T'es vraiment flippante parfois, tu le sais ça ? » fait remarquer Sam.
Le regard de sa petite-amie se fait encore plus meurtrier.
« Tu vas me frapper dans les parties, c'est ça ? » demande Sam.
Pour toute réponse, elle lève le genoux.
« D'accord d'accord d'accord ! » Sam se retire en roulant de son côté du lit. « T'as gagné, j'me rends. »
Ils restent silencieusement allongés pendant un moment.
« Qu'est-ce que tu disais à propos de Cas ? » demande Amélia.
« Il est revenu. Il est revenu de son plein gré. »
« Quoi ? »
« Il s'est glissé en douce chez Bobby, y'a environ huit heures, mais quelqu'un l'a repéré. L'équipe du GIGN est venu le coffrer pendant qu'Anna et moi, on s'attelait à essayer de calmer le jeu – »
« Oh mon Dieu. »
« On a reçu une info juste à temps comme quoi il se pourrait qu'il y ait des traces A.D.N. qui ne correspondent pas à celles de Cas. On a réussit à convaincre les fédéraux de ne pas l'arrêter tant que les résultats n'étaient pas revenus, et on a passé les six dernières heures à attendre la réponse. »
« Oh mon Dieu. Ça ne correspondait pas ? »
« Non. L'A.D.N. appartient a une femme. Ils vont embarquer un autre suspect dans la nuit. Ils gardent un œil sur Cas mais pour le moment, c'est un homme libre. »
« Donc... il se pourrait qu'il soit... »
« Il se peut qu'il soit innocent, ouais. »
« Dean avait raison ? »
« … ça en a tout l'air. »
« Oh mon Dieu. »
Sam promène son regard sur Amélia, et tend la main afin de replacer une mèche de ses cheveux derrière son oreille. « Merci d'être là pour m'aider à surmonter tout ce calvaire. Je pense... je pense qu'on en a bientôt fini. »
Elle le dévisage à son tour, de son regard sombre et intense. « T'aurai dû me réveiller. J'aurai attendu avec toi. »
« Tu travailles aujourd'hui, » dit-il.
Elle ferme les yeux. « Cette histoire est plus importante, et tu le sais. »
Sam se met à la regarder, à vraiment la regarder. Ses yeux se sont ajustés à l'obscurité et il peut à présent discerner la moindre tâche de rousseur qui parsèment les courbes de son nez. Il peut également contempler à sa guise l'arrondi de ses paupières, ses long cils recourbés, le creux de son menton, sans oublier les légers sillons lui traversant le front, la douceur de sa peau claire et, pour finir, l'imperceptible duvet recouvrant ses joues.
« Tu es magnifique, » murmure Sam. « Tu le sais, pas vrai ? »
Son regard vacille. « Quoi ? »
« Je ne te le dis pas assez souvent. » Sam sent comme un besoin pressant, déterminé et haletant s'emparer de lui. « Je ne te dis pas assez souvent à quel point je t'aime. »
Il peut voir l'incertitude ainsi que l'inquiétude emplir son regard. « Je t'aime aussi, » dit-elle doucement.
« J'ai juste – j'ai tellement de chance de t'avoir, » continue-t-il, « et récemment, j'ai eu l'impression... que je te laissais me glisser entre les doigts. »
Amélia ferme les yeux à nouveau. « Sam... »
« On n'est pas obligé d'en parler tout de suite, » dit Sam, « C'est juste que... Amélia, je n'ai pas envie de te perdre. »
Elle ferme plus fortement les yeux tout en rapprochant son corps du sien, se blottissant au creux de ses bras et lui entourant la nuque avec les siens. « Je suis là, » murmure-t-elle. « Sam, je suis encore là. »
« Reste, » la supplie Sam. « J't'en supplie, reste avec moi. »
Amélia enfouit sa tête dans son cou. « Je reste. »
« Pour combien de temps ? »
Elle ne lui répond pas.
Il resserre au maximum son étreinte autour d'elle.
[…]
Assis dans la chambre de Cas, Dean se laisse bercer par l'écoulement d'eau provenant de la douche. L'adrénaline a désormais terminé de faire son effet, et dès lors, il sent l'effervescence le quitter à grand pas, la fatigue commençant à s'insinuer au plus profond de lui. Il balade son regard autour de la chambre et se demande quelles sont les affaires qui figurent à l'heure actuelle dans le listing des pièces à convictions du F.B.I.
Cas sort de la salle de bain puis commence à se déshabiller à la va-vite en jetant ses fringues sur le lit. Il lance un regard impatient vers Dean.
« Très bien, très bien, » lâche Dean en déboutonnant son pantalon tout en roulant des yeux. « Tu pourrai pas m'offrir un verre avant ? »
« Je ne suis pas sûr d'avoir assez d'énergie pour du sexe, » déclare rudement Castiel, « mais je ne serai pas contre quelques caresses avant de sombrer dans le coma. »
Dean retire nonchalamment son T-shirt, faisant exprès de contracter ses abdos dans le mouvement. « Tu t'es brossé les dents ? » demande-t-il. « Parce que t'as un peu rendu la moitié de tes tripes toute à l'heure alors j'aimerai éviter l'haleine vomito autant que possible. »
Cas hausse un sourcil dans sa direction. « J'imagine qu'il va falloir que tu le découvres par toi-même. »
Dean lui renvoie un regard désabusé. « Ça c'est vraiment dégueu, Cas. Et pourquoi j'suis aussi excité tout d'un coup ? »
« Parce que je suis nu, » lui rappelle Cas.
Dean désigne la salle de bain d'un mouvement de tête. « Va donc sous la douche, gros malin. »
Contre toute attente, aucun des deux ne s'éternisent sous la douche ; ils en avaient l'un comme l'autre bien besoin, et étaient, en outre, totalement morts de fatigue, donc ce qui devait être à la base un tête à tête chaud bouillant s'est limité à un savonnage mutuel aux mains baladeuses.
Tout ceci est tellement nouveau. Cette constatation fait accélérer le rythme cardiaque de Dean. Tout, absolument tout dans cette situation est nouveau, et excitant, et réel, et empli d'espoir, à tel point que sans cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, il pourrait tout à fait en être heureux et comblé pour le restant de sa vie.
« Cas. » Il embrasse sa nuque, ses lèvres dérivant dans le creux de son oreille. « Merci. »
Cas s'arque sous le toucher en haletant, « De quoi ? »
« D'être revenu. » Sa peau est brûlante, l'eau chaude dévalant son visage avant ruisseler le long de son menton. « T'étais pas obligé de revenir. »
Cas l'embrasse à pleine bouche, laissant leur corps humides et glissant s'emboîter, créant juste assez de friction pour les amener au bord de la délivrance sans pour autant l'atteindre.
Dean l'agrippe alors fermement par les hanches et l'attire contre lui d'un coup sec dans une étreinte désespérément farouche, les faisant tous les deux s'écrouler sur le carrelage froid de la salle de bain, l'impact résonnant depuis leurs tripes jusqu'à leurs poumons, et se répercutant le long de leurs doigts.
Le chuintement calme de l'eau retentit inlassablement sur leurs corps enlacés.
« Je t'aime, » halète Dean. « Je t'aime. »
Cas ne fait que lever de grands yeux brillants vers lui avant de souffler, « Dean... »
« Quoi ? » Dean écarte les cheveux de son front puis se penche pour effleurer le nez de Cas avec le sien. « Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Je ne sais pas... » Cas referme sa main autour de son poignet, et lance à Dean un regard tellement sincère et vulnérable que ça en est presque douloureux. « Je ne sais pas comment j'ai fait pour te mériter. »
Dean ferme les yeux, et essaie de passer outre sa poitrine lancinante en rigolant avant de dire, « Cas. Tu comprends pas. »
Cas caresse le poignet de Dean de son pouce. « Comprendre quoi ? »
« Depuis que je t'ai rencontré, je me trimbale avec cette dette, cette dette que je te dois et pour laquelle je n'ai jamais réussi à me racheter. » Dean s'esclaffe légèrement contre la joue de Cas. « Et pour la première fois aujourd'hui, pour la toute première fois, je commence à me dire que si j'arrive à te faire sortir de ce cauchemar, je me serai enfin... racheté. »
« Je t'ai pardonné il y a longtemps, » souffle calmement Cas.
« Je sais. » Dean l'embrasse à nouveau en une douce et lente pression des lèvres. « Je sais. »
[…]
Le téléphone de Sam vibre sur la table de nuit.
Une grande main s'agite à l'aveugle en direction du bruit. Elle finit par atteindre sa cible et s'empare lourdement du téléphone. Sam sort la tête de sous les couvertures et plisse les yeux face au numéro ; il fait glisser son doigt sur l'écran avant de porter le portable à son oreille. « Allo ? »
« Bonjour, » répond une boîte vocale féminine. « Vous avez un appel en P.C.V. provenant – » La voix change d'intonation – « d'un résident du centre de détention du comté de Sherman. » Elle reprend son ton d'origine. « Si vous souhaitez accepter cet appel, tapez zéro. Si vous souhaitez le refuser, veuillez raccrocher. »
Sam dévisage son téléphone une seconde avant d'appuyer sur le zéro.
« Cet appel provient d'un établissement pénitencier, et est soumis à un enregistrement ainsi qu'une étroite surveillance, » poursuit aimablement la voix. « Après le bip sonore, tapez 1 pour accepter cette condition, ou 2 pour la refuser puis raccrochez. »
Sam presse la touche 1 de son téléphone.
La ligne s'enclenche aussitôt.
« Allo ? » dit-il.
« Bonjour Sam, » retentit une familière voix traînante à l'autre bout de la ligne. « C'est Meg Masters. Ne me raccrochez pas au nez s'il vous plaît, j'viens de passer une véritable journée de merde et je n'ai droit qu'à un seul coup de fil. »
« Comment avez-vous eu ce numéro ? » demande Sam.
« Dans l'annuaire. Et oui, il y a effectivement un botin au poste de police. J'en suis aussi surprise que vous. »
« Pour quelles raisons est-ce que vous m'appelez ? »
« Ecoutez. » Elle s'interrompt pour inspirer un bon coup, et sa voix perd toute trace de moquerie lorsqu'elle reprend la parole. « Je sais que vous ne me croyez pas, mais j'ai été piégé par Lucas. Et la seule personne qui le connaisse suffisamment pour pouvoir démêler tout ce bordel, c'est Castiel. Il faut que je lui parle. »
« Dans ce cas, pourquoi vous ne l'avez pas appelé lui ? » gronde Sam. « On verra s'il vous adresse toujours la parole après c'que vous lui avez fait. »
« Je n'ai absolument rien fait, » claque-t-elle. « J'veux dire, pas en ce qui concerne cette partie là en tout cas, et puis – son téléphone est éteint. Quant à Dean, il ne décrochera certainement pas. Vous êties le seul qui était susceptible de répondre. »
« Pourquoi est-ce que je devrais vous écouter ? »
« Parce que si vous ne le faîte pas, d'autres enfants risquent d'y passer, » lâche Meg d'une voix blanche. « Et puis si vous m'écoutez, vous n'avez absolument rien à perdre. Vous avez toutes les cartes en main là. »
Sam réfléchit, laissant le silence planer sur la ligne.
« J'vous en prie. » Sa voix se brise. « J'vous en prie, faîtes venir Cas au poste. Je peux expliquer certaines choses et je me montrerai... complètement honnête. J'ai seulement besoin de votre aide. »
« Je vais y réfléchir, » répond Sam. Il raccroche sans ajouter quoique ce soit d'autres.
Il s'assoit ensuite au bord du lit et commence à passer d'autres coup de fils.
[...]
Jody s'installe à la table de la salle d'interrogatoire, en face de Balthazar Travers, et le regarde droit dans les yeux.
« Te voilà dans de beaux draps, » lui dit-elle. « On a des photos de toi en train de dealer des amphet' et de la cocaïne à trois reprises, on doit avoir pas loin d'un kilo de cocaïne qui t'appartiennent, et ta voiture se trouve à la fourrière en attente d'un mandat de perquisition. »
Balthazar croise ses pieds sous la table en faisant craquer ses articulations. « En tant normal, j'aurai trouvé ces nouvelles extrêmement dérangeantes, » lui lance-t-il, son accent britannique apportant une cadence joviale à ses paroles. « Quand bien même je posséderai une somme colossale en petites coupures éparpillés aux quatre coin du globe, les pots-de-vins semblent malheureusement peu prospère dans ce comté et la prison deviendrait donc ma seule option. » Il se penche sur la table, les mains de chaque côté de ses genoux, une lueur conspiratrice flottant dans le regard. « Mais nous sommes à l'ère de l'information, ma belle, et la monnaie juridique s'illustre par la parole. Pour réussir à vous acheter, je n'ai qu'à vous faire part de la bonne information au bon moment. Et il se trouve que j'en ai une particulièrement croustillante que je me gardais en réserve pour un jour tel que celui-ci. »
Jody plisse les yeux. « Qu'est-ce que tu sais ? »
Balthazar pince les lèvres. « La rumeur prétend que Lucas Goodwin vous cause pas mal de soucis. Allez savoir comment, il semble avoir acquis la capacité de tuer des enfants depuis sa cellule. » Il contemple ses ongles qu'il s'amuse à élimer. « Il se trouve que je sais exactement qui est son complice. »
Jody déglutit, la bouche soudainement sèche. « Je ne suis pas responsable de cette enquête, » dit-elle. « Vous devez en faire part à des agents fédéraux. »
« Oh, je le sais bien ça, mon ange. » Balthazar lui lance un regard condescendant avant de faire un grand geste dédaigneux de la main. « Allez donc me chercher Mulder et Scully, qu'on puisse discuter entre adultes. »
Jody se relève en essayant de se rappeler pourquoi "brutalité policière" pourrait entacher son C.V. « Si t'essayes de les embobiner, » lâche-t-elle à la place, « on te loupera pas. »
Balthazar lève deux de ses doigts. « Pas d'entourloupe. Parole de scout. »
Jody quitte la salle d'interrogatoire, et Balthazar sourit.
[...]
A suivre...
