Source : Exonerated By Thecouchcarrot
Salut salut, et Bonne année à tous !
J'espère que vous avez été gâté, que vous avez passé de belles fêtes et que vous en avez profité pour vous en mettre plein le bide x)
Je vous mets en ligne le dernier chapitre (oui je croyais qu'il en restait deux mais en fait celui-ci est le dernier), qui joue un peu le rôle de conclusion sans être forcément un épilogue, mais qui risque peut-être de laisser certaines d'entre-vous sur leur faim car il ne répond pas à certains sous-entendus que l'auteurs a fait durant les derniers chapitres. J'espère néanmoins qu'il vous plaira et que je vous retrouverai pour une nouvelle traduction (j'attends déjà la réponse de plusieurs auteurs et je m'y mets dès que j'ai l'aval de l'un d'entre eux).
Un grand merci à tous ceux et celles qui m'ont suivi, même dans l'ombre, le plaisir réside parfois dans l'ignorance de savoir qui et combien de personnes nous suivent !
Enjoyez une dernière fois !
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Deux ans plus tard, au procès de Candace Jones – palais de justice du comté de Sherman, salle W-346, 13h00.
Le procès n'a même pas encore commencé, et pourtant la salle d'audience est déjà bondée. La vétusté des lieux se constate au travers du lino défraîchi, des vieux bancs en bois, de l'atmosphère rigide digne d'une église, ainsi qu'au pupitre poussiéreux sur lequel le juge rendra son verdict. En outre, l'endroit grouille de journalistes surexcités en train de régler l'éclairage et l'angle de leurs caméras. Les familles des victimes sont également présentes, paradoxalement calmes et silencieuses. Krissy déglutit et se tourne vers la mère de sa famille d'accueil. « Je vais me chercher un verre d'eau. »
« L'avocat nous en a amené, » dit Diana en tendant une bouteille à Krissy. Diana est une femme bien, seulement elle est vieille, gentille et beaucoup trop facile à manipuler.
« Je préfère celle de la fontaine, » répond Krissy en se levant. « J'en ai pour une minute. » Elle franchit la porte avant même d'attendre l'accord de Diana.
En tant normal, elle devrait avoir peur de se faire harceler par les journalistes, mais ils ignorent qui elle est pour le moment. La police et toutes les personnes impliquées ont réussi à taire son nom, que ce soit sur le papier comme au tribunal, lui permettant ainsi de s'inscrire dans une nouvelle école, avec un nouveau nom de famille, et lui donnant l'impression d'être dans un film où elle ferait partie du programme de protection des témoins, forcée de vivre dans le mensonge au moyen d'une nouvelle identité. Toujours est-il qu'elle leur passe devant sans sourciller et fonce en direction de la fontaine, les faisant presque trembler à l'idée qu'elle puisse être l'une des cousines ou parentes d'une des victimes, dans la mesure où il serait extrêmement mal vu d'aller harceler une gamine qui a perdu un proche.
Quelle bande de nuls.
Le couloir du tribunal s'élève en une voûte de marbre blanc et résonne comme à l'intérieur d'une cathédrale. Chaque pas ressemble à un spectacle de claquette. Krissy traverse le couloir à grandes enjambées, le dos droit, se mouvant telle une anguille. Ne pas se presser. Ne pas courir. Se contenter de marcher tranquillement jusqu'à la porte.
Elle tourne à l'angle d'un couloir plus étroit, désormais à l'abri du regard des journalistes. Elle pose sa main sur la barre en cuivre surplombant la porte de sortie.
« Krissy. »
Elle fait volte face.
Assis sur une banquette en bois se trouve un homme aux cheveux bruns, affublé d'un costume sombre, de chaussures noires et brillantes, ainsi que d'un regard profond et large.
« Tiens donc, » déclare Krissy, « ne serait-ce pas là l'affreux Oncle Castiel ?! »
« Où est-ce que tu vas ? » demande Castiel.
« Qu'est-ce que ça peut te faire ? » claque Krissy.
Castiel baisse les yeux au sol. « Mes avocats m'ont fortement déconseillés de m'entretenir avec toi de manière trop intensive avant le procès. Mais ça fait un moment que j'avais envie de te parler. »
Krisse souffle fortement par le nez. « Et laisse-moi deviner : si j'essaie de te fausser compagnie, t'iras tout balancer à Diana. »
Castiel lui indique d'un geste de la main la place vide sur le banc à ses côtés.
A contre-cœur, Krissy s'assoit et croise les bras, furieuse. Cet abruti pense qu'il peut se permettre de contrôler sa vie, tout ça parce qu'il a les flics dans sa poche.
Il ne dit rien pendant un long moment.
Krissy se frotte la cheville et soupire.
« Krissy, » lance-t-il finalement, « ta vie est sur le point de prendre un tournant assez compliqué. »
Elle ne peut s'empêcher de bondir hors du banc, le corps en ébullition. « Sur le point ? » demande-t-elle. « Sur le point de prendre un tournant assez compliqué ?! »
Il relève la tête et plante son grand regard de chien battu sur elle. « Plus que tu le ne crois. »
Elle serre les poings et se colle à son visage. « Écoute-moi bien connard, » gronde-t-elle, « ma mère et mon père sont tous les deux des serials killers condamnés à perpette, et moi j'suis plus qu'une pupille de l'État, alors si tu crois que ma vie est facile, j'te l'dis tout de suite, tu peux aller te faire foutre ! »
« Si tu vas à la barre, ils connaîtront tous ton visage, » dit-il. « Les journalistes, les familles... C'est bien pour ça que tu es là, pas vrai ? Pour parler en son nom ? »
Krissy recule en se renfermant sur elle-même. Ce type en sait beaucoup trop. « Non, » dit-elle. « C'est pas ça. »
Castiel se pose au bord du banc et continue de la dévisager, attendant patiemment qu'elle s'explique.
« J'suis pas – Je suis pas là pour défendre ma mère, » avoue-t-elle de façon hésitante. « Elle m'a seulement demandé – elle voudrait que je – » La vérité lui paralyse les cordes vocales et l'empêche de poursuivre.
« Elle t'a demandé de glisser quelques mots au juge, » continue doucement Castiel. « Que tu lui dises qu'elle était une bonne mère. »
Krissy enfonce les mains dans ses poches. « Ouais, peu importe. Moi j'me casse, » peine-t-elle à bredouiller. « J'suis la seule à plaider sa cause et j'peux pas l'faire. Je ne peux pas. »
Castiel se lève lentement, se dressant au-dessus d'elle tel un épouvantail sur son trente-et-un. « Tu n'es pas la seule. »
Krissy le dévisage à son tour.
Il sort un papier plié en quatre de sa poche. « J'ai préparé un plaidoyer, » explique-t-il. « Je vais faire en sorte qu'elle passe le restant de ses jours en prison. Je vais demander au juge de ne pas la condamner à la peine de mort. »
« Pourquoi ? » souffle Krissy. « Pourquoi ? »
« Pour plusieurs raisons, » répond-t-il, le ton neutre et l'expression indéchiffrable. « Déjà parce que, de principe, je suis contre la peine de mort, et que... même si toute cette histoire est épouvantable et me touche personnellement, je me dois de rester fidèle à mes principes. Mais aussi et surtout... » Il croise son regard, les lèvres pincées. « Parce que l'idée de la tuer me révulse. J'ai la ferme conviction que même un individu comme Candy a le droit à la compassion. »
« Alors, quoi ? » demande Krissy, la voix tremblante, mortifiée en sentant les larmes lui brûler la rétine. « Tous ces pauvres gamins, ces bambins à peine sortis de leur couches, quoi leur vie n'avait aucune valeur ? Est-ce qu'ils avaient pas le droit à cette putain de compassion ? »
« La violence engendre la violence, » dit Castiel, les yeux rougis et les bras pendant mollement contre ses flancs. « La mort entraîne la mort. Et il y a déjà eu beaucoup trop de morts, Krissy, je refuse d'avoir à en supporter une de plus. Donc en ce qui me concerne, je préfère demander à ce qu'elle vive avec les conséquences de ses actes. »
« C'est ma mère, » déplore Krissy, « et moi-même j'arrive pas à le faire. C'est à peine si j'arrive à la regarder dans les yeux ! »
« Je ne m'attends pas à faire l'unanimité auprès des autres. » Il cligne rapidement des yeux avant de ranger le morceau de papier dans sa poche. « Que ce soit les familles ou encore le juge. Mais il faut que je le fasse. Il faut que j'essaie. »
« Je te laisserai pas faire, » insiste Krissy d'une voix étranglée, la gorge de plus ne plus serrée, les yeux sur le point de déborder, les bras et les genoux tremblants. « Tu peux pas – t'as pas le droit d'aller leur déballer toutes ses conneries, ni à eux, ni à moi, elle est morte, t'entends, pour moi elle est morte ! »
« Personne ne peut t'en vouloir de l'aimer encore, » lui dit doucement Castiel, et la compassion irradiant de son visage lui déchire les tripes. « Ce n'est pas quelque chose que tu peux contrôler. »
Il connaît son secret. Il sait. Krissy titube en arrière et lui crache ses prochains mots à la figure, « T'y connais que dalle en amour ! »
Son visage s'assombrit. « C'est bien la seule chose en laquelle je m'y connais, » dit-il, le ton grave et presque autoritaire. « Je m'y cramponne même, Krissy. L'amour est la seule chose qui importe dans ce monde, c'est une force vitale, tenace et indestructible qui se trouve en nous, au plus profond de notre âme, même lorsque l'on croit que tout y est mort. »
Krissy secoue fermement la tête. « C'est pas vrai. Pas pour moi en tout cas. »
Castiel continue de l'examiner du regard, lui retournant l'estomac. « Je peux le voir en toi, » murmure-t-il. « Tu n'es pas obligé de mentir. Pas à moi. Je ne te tournerai pas le dos pour autant. »
Et à l'entente de ces mots, Krissy atteint son point de rupture et se sent définitivement perdre pieds.
Incapable de se retenir, elle se jette dans ses bras et le serre contre elle aussi fortement que ses sanglots le lui permettent, car continuer d'éprouver ce genre de chose ne peut faire d'elle qu'un monstre aussi abject que sa mère, et Castiel est la seule personne au monde qui se fiche de l'horreur qui l'habite.
Dans un geste hésitant, il enroule ses bras autour de ses épaules, et lui rend son étreinte.
Krissy n'arrive plus à stopper le flot de larmes qui l'envahit, et enfouit son visage dans sa veste. Il sent le coton et le pin, et passe une de ses mains dans ses cheveux, comme sa mère avait l'habitude de le faire, ce qui ne fait que redoubler ses pleurs. Il reste près d'elle, à la tenir dans ses bras jusqu'à ce que les larmes se tarissent, la laissant épuisée et la morve au nez. C'est comme ouvrir une plaie pour évacuer le pus et faire dégonfler l'œdème ; ça continue de faire mal mais d'une manière plus saine, en quelque sorte.
Lorsqu'elle n'est plus agitée de soubresauts, elle recule et s'essuie le visage avec le revers de sa manche, tout en s'excusant d'avoir ruiné son costume.
« C'est pas grave, » lui dit-il. « Je ne le porte que très rarement. »
De longues minutes s'écoulent pendant lesquelles ils ne font que se dévisager l'un l'autre. Tout a changé entre eux, et ce n'est que maintenant que Krissy les perçoit, elle et lui, comme un reflet au bord d'une rivière : déformé et méconnaissable, mais représentant une seule et même personne. Elle s'en veut d'avoir passé tout ce temps à lui en vouloir. Elle s'autorise un léger sourire à son attention et il lui rend son geste.
Ce n'est que lorsqu'il réajuste le col de sa chemise qu'elle remarque l'anneau argenté ornant sa main gauche.
« Tu t'es marié ? » demande-t-elle en plissant les yeux. Elle ne l'a certes pas vu depuis longtemps, mais elle est persuadée qu'il n'était pas marié la dernière fois.
« Hier, » répond-t-il. « Ici même. Deux étages en-dessous. »
Malgré ses yeux boursouflés, Krissy roule des yeux. « Bah voyons, en voilà une super idée, » rétorque-t-elle. « Maintenant vous penserez à elle à chaque anniversaire. »
Le sourire de Castiel se teinte de chagrin. « Je pense qu'on aurait pensé à elle dans tous les cas. » Il fait tourner l'anneau sur son doigt. « On en avait marre d'attendre le bon moment. »
Krissy n'est pas sûre de savoir quoi répondre, et finit donc par demander, « Est-ce qu'il t'attend dans la salle d'audience ? »
Elle ne se rappelle pas avoir vu le petit copain flic, mais c'est pas comme si elle y avait vraiment prêté attention.
Castiel soupire et baisse les yeux au sol. Son sourire est encore plus chargé de regret. « Non. Il n'est pas là. Il n'est pas d'accord avec ce que je veux faire, et... il est en colère contre moi. »
Il est beau le discours sur l'amour maintenant, pense Krissy, mais elle réussit à garder son opinion pour elle. Au lieu de ça, elle répond, « Oh. Bon, j'suis quasi sûre que Diana me croit morte dans un fossé à l'heure qu'il est donc... »
« Tu devrai y retourner, » lui suggère Castiel.
Krissy hoche la tête.
« Je n'ai rien dit lors du procès de mon frère, » ajoute-t-il. « Je crois que c'était le mieux que je puisse faire. Garder le silence n'est pas un signe de lâcheté, Krissy. C'est un choix. »
Krissy sent sa gorge se resserrer et tousse pour s'éclaircir la voix. « Merci. »
Soudain la porte menant aux escaliers derrière elle s'ouvre avec fracas, laissant entrer un homme complètement débraillé dans son costume trois pièces. Krissy reconnaît immédiatement le fameux petit copain flic, celui qui s'est présenté à la porte de chez elle un soir pour changer sa vie à jamais. « Cas ! » s'exclame-t-il, à bout de souffle, pantelant et la respiration sifflante. « Par ici ! Y'a des journalistes – plein les ascenseurs. J'ai dû – l'escalier – » Il pose les mains sur ses genoux en aspirant une grosse goulée d'air. « Neuf putain d'étages... »
Le visage de Castiel s'illumine bien que ses traits demeurent tendus lorsqu'il s'approche. « Dean – »
« Attends deux secondes. » Dean l'arrête d'un geste de la main en commençant doucement à récupérer son souffle. « J'ai plein de choses à te dire, et... » Il remarque finalement Krissy et la dévisage prudemment. « Oh. Salut. »
Krissy plisse les yeux. « Salut. »
« On s'est déjà rencontré, non ? » demande Dean, incertain.
Elle se pointe du doigt avant d'en faire de même pour lui. « Je suis le suppôt de Satan et toi le copain gay de mon oncle gay. Fin des présentations. »
Dean fronce les sourcils en jetant un coup d'œil vers Castiel.
Krissy désigne Cas d'un mouvement de tête. « T'en fais pas, tout va bien, » lance-t-elle vivement. « On s'est fait une partie d'action ou vérité avant de s'échanger des bracelets de l'amitié. »
Dean plisse les yeux vers elle. « Et t'as treize ans ? »
Krissy roule des yeux. « Ouais, peu importe. Je vais rejoindre ma tutrice. » Elle tourne les talons et commence à traverser le couloir.
« Attends. » Castiel se tourne vers Dean. « T'as une carte sur toi ? »
Dean fouille dans sa poche pour en sortir son porte-feuille. Il donne une carte à Castiel qui, lui-même, la tend à Krissy.
« N'hésite pas à m'appeler, » lui dit Castiel lorsqu'elle fait glisser la carte entre ses doigts. « Diana a mon numéro, mais ça c'est ma ligne direct quand je suis au travail. »
Win-Win Detectives privés, indique la carte.
« Goodwin-Winchester, » explique Dean. « J'ai pas pu résister. »
Krissy roule à nouveau des yeux, mais range la carte et retourne en direction de la salle d'audience. Elle marche droit devant elle, en de longues enjambées, la tête haute, et fière. Sauf que cette fois, elle ne cherche à se faufiler telle une anguille. Cette fois, elle marche comme une femme sûre d'elle, de son identité et de l'endroit où la conduisent ses pas.
[...]
Aussitôt que Krissy disparaît à l'angle du couloir, Dean reporte son attention sur Cas. « Okay, alors, » commence-t-il. « La première chose que tu dois savoir c'est que j'approuve toujours pas ce que tu veux faire. Je pense toujours que cette garce mérite de brûler en enfer. »
Cas soupire de lassitude, sentant le débat refaire surface. Il n'a ni l'envie, ni la force de débattre à nouveau le sujet. Pas maintenant en tout cas.
Dean indique la salle d'audience du doigt. « Là-dedans, il y a neuf familles – neuf d'entre elles, Cas – qui ont passé des années à être ballotter de procès en procès, qui ne pourront plus jamais avoir une vie normale, et tout ça à cause d'elle, ils ont au moins le droit de repartir l'esprit tranquille. Sans compter ce qu'elle t'a fait subir à toi ! Elle a volé sept ans de ta vie ! Alors d'accord, elle aimait peut-être pas ce qu'elle faisait, mais n'empêche qu'elle le faisait quand même, et ça c'est pas quelque chose qu'on peut ignorer. Au l'issue de cette journée, c'est la seule chose qui importe pour moi, et je changerai pas d'avis. » Il lève ensuite sa main gauche, les doigts écartés, la paume tournée vers lui pour mettre son alliance en évidence avec un sourire timide. « Mais à l'issue de cette journée, Cas, je suis ton mari à présent, et ton avis passera toujours en premier. » Il laisse retomber sa main avant de la tendre vers lui.
Cas ne trouve pas les mots pour exprimer la gratitude le submergeant jusqu'au plus profond de lui, et décide donc de prendre la main de Dean en la serrant dans la sienne. Ses yeux brûlent de larmes contenues, et il pince les lèvres pour les retenir.
« Je suis venu pour toi. Je t'aime. Peu importe ce que tu diras, je te soutiendrai. » Dean lui serre la main à son tour. « J'suis désolée d'avoir réagi comme une gros con. »
« Merci, » tente Cas,
Dean cligne brièvement des yeux en lâchant un petit rire, « Sacrée lune de miel, hein ? »
Cas s'approche et l'embrasse avec la même force que la vague d'émotion qui s'est emparée de chaque fibre de son être. Il se souvient de la première fois qu'ils se sont embrassés, il y a un bon moment maintenant : c'était inattendu, passionné, électrique, avide et impulsif, l'aboutissement d'une tension suffocante associée à un brutal coup de tonnerre. Les fois suivantes n'ont jamais vraiment reflété l'image de cette première fois, mais l'étincelle y est toujours bien présente. D'une certaine façon, Cas les préfère comme ça. La nuit dernière, il a décidé qu'il aimait le fait d'être marié, et à présent, il partage les vestiges de sa décision avec Dean au travers de ses lèvres, de ses dents, et de ses doigts s'accrochant à sa veste pour le rapprocher plus encore.
Dean lui rend goulûment son baiser, ses mains se frayant un chemin jusqu'à la taille de Cas. Il finit néanmoins par se détacher juste assez pour lui dire, « Cas. Va falloir qu'on y aille. »
Cas redouble d'ardeur dans son baiser, refusant de prendre en compte ses paroles.
« Cas. » Dean le repousse en lui lançant un regard plein de reproche. « Il faut y aller. »
« Je sais, » soupire Cas. Il arrange la cravate de Dean et boutonne sa veste. « Okay, je suis prêt à mettre un termes à toute cette histoire. » Il tourne le dos à Dean et commence à traverser le hall en direction de la salle d'audience –
Et sent une main lui claquer sèchement les fesses.
Il fait volte-face.
Dean affiche un sourire goguenard, tout en jouant des sourcils.
Castiel lui lance un regard noir. « Faut que j'arrête de te traîner en public. »
Le sourire de Dean s'élargit plus encore et il lui tire puérilement la langue. « T'adores ça, » lui dit-il d'un ton sûr. « T'adores avoir une raison de jouer les offusqués. »
Cas affiche un air contrarié avant de tourner à nouveau le dos rapidement pour ne pas que Dean voit le sourire accroché à ses lèvres. « On en reparlera plus tard. »
Dean se trouve juste derrière lui lorsqu'il répond, tellement proche que Cas peut sentir son souffle chaud contre son oreille. « Oh oui, ça j'y compte bien. »
Cas sourit tout le long de leur traversée du hall, jusqu'au moment où ils passent les portes de ascenseur et se rapprochent de la salle d'audience. Le bruit de leur pas résonnent dans l'architecture caverneuse du couloir. Son sourire s'estompe petit à petit, et bientôt il sent la réalité du moment le submerger à nouveau, telle une éponge se gorgeant d'eau jusqu'à en être saturée et alourdie.
Il pose un doigt sur le papier au fond de sa poche pour s'assurer qu'il est toujours là. Il sait très bien que le juge n'accédera jamais à sa requête, pas au détriment de la volontés des familles, mais les mots en eux-mêmes sont inscrits dans son âme depuis si longtemps qu'il a besoin de les dire à voix haute ou ils finiront par lui empoisonner l'existence. Il sent le poids de chaque lettre lui écraser la plante des pieds. Il ralenti l'allure. Sa poitrine se resserre. La porte finit par se dresser devant lui.
Ils s'arrêtent, les yeux fixés sur l'imposante poignée métallique. Dean lui prend la main.
« Voilà, on y est, » dit-il. « La fin des mésaventures. Après ça, ce sera enfin terminé. »
« Pas totalement, » répond Cas, la voix basse. « Pas pour Candy, ou même Krissy. L'histoire va se poursuivre, juste sans nous. »
« Je croyais que cette histoire ne parlait que de toi, » le taquine gentiment Dean. « Du moins, c'est comme ça que je le voyais dans ma tête. »
Cas tourne son regard vers lui, et l'amusement s'évapore du visage de Dean. « De toutes les victimes présentes aujourd'hui, » lance le brun, « Je suis celui qui a perdu le moins. » Il décale sa main pour entrelacer ses doigts avec ceux de Dean. « Et gagné le plus. » Il exerce une pression de la main. « Je suis content de ne plus être l'épicentre de toute cette tragédie. »
Dean le dévisage pendant un long moment, avant de tourner à nouveau son regard sur la porte. « Bon bah, dans ce cas. » Il pose sa main sur la poignée. « Prêt à tourner la page ? »
Cas prend une profonde inspiration,
Et hoche la tête.
Dean ouvre la porte, et ensemble, ils pénètrent dans le tribunal.
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The End
Encore merci de m'avoir suivie !
