Un peu plus d'un mois avait passé depuis l'arrivée miraculeuse de Danielle et ils étaient maintenant en novembre.
Elle s'était peu à peu habituée à cette nouvelle vie et s'était même parfois surprise à considérer de rester et d'arrêter de réfléchir à un moyen de rentrer ou de penser à son ancien monde… La petite fille avait un toit, quelqu'un qui prenait soin d'elle et avec qui elle était bien, allait à l'école, avait une intelligence supérieure, pouvait parler deux langues et avait des amis.
Enfin, « des », « un » ami. Akashi Seijuro. Danielle trouvait encore inenvisageable qu'ils se soient bien entendu et ce, dès le premier jour. Elle trouvait inenvisageable de le trouver mignon et tellement adorable à certains moments où son innocence ressortait particulièrement. Elle trouvait inenvisageable qu'il se tenait devant elle, les mains derrière le dos et une légère rougeur naissante sur ses joues alors qu'il prenait la parole d'une voix toute mignonne :
«-Kei ...»
Ah oui, les deux amis avaient passés le capte des appellatifs après l'incident de la balle au prisonnier et ils s'appelaient désormais par leur prénom. Si Danielle n'avait aucun problème avec ça, le roux était toujours un peu mal à l'aise.
« -Hm ? » Fit la brune sans lever les yeux du livre qu'elle lisait, même s'il avait toute son attention.
« -Je me demandais si… tu voudrais bien venir chez moi ce week-end ? »
Danielle releva brusquement la tête, les yeux écarquillés de surprise.
« -Le week-end ?
-Oui ! Vendredi… Semadi… Daminche ! »
La fillette passa sur le massacre du nom des jours de la semaine et le fait que cela rendait Akashi trop mignon.
« -Heu… Ben… C'est que j'ai… déjà un truc à faire. »
Rien ne l'attendait pour ce week-end mais la petite avait été prise au dépourvue et sa bouche avait répondu trop rapidement par rapport à son cerveau qui était toujours en train de digérer l'information.
« -Désolé Seijuro mais je… »
A ce moment, Akashi ne dit rien, mais son visage prit une teinte délicate et rose, il se mordilla la lèvre inférieure, mit ses mains derrière son dos, se tortilla légèrement, inclina la tête sur le côté et regarda la brune à travers ses cils avec un petit regard de chaton abandonné par une froide et humide journée de décembre sous un banc avec seulement un carton pour se protéger. Puis il finit par dire doucement d'une petite voix :
« -S'il te plaît. »
Une sacrée flèche vint se loger directement dans le cœur de la fillette et elle laissa tomber son livre sous l'effet du choc émotionnel.
Sans réfléchir, elle hocha faiblement la tête et le rouquin abandonna sa mine tristounette pour mettre un sourire rayonnant à la place. Ensuite, il retourna à ses cubes comme si rien ne s'était passé.
Danielle était encore figée.
« -QU'EST-CE QUI S'EST PASSÉ !? Où est-ce qu'il a apprit à faire ces yeux de chien battu ?! »
La fillette ne savait pas dans quoi elle s'était fourrée, ni à quoi précisément à quoi elle s'était engagée mais elle était sûre qu'il y aurait des conséquences.
Seulement, ses yeux s'adoucirent quand ils passèrent par le petit roux qui jouait tranquillement aux cubes en fredonnant un air joyeux. Un grand sourire sur son visage.
Bon, Danielle n'avait que cinq ans ici présent… qu'est-ce qui pourrait bien lui arriver ?
Kei revint dans la salle après être partie prendre son déjeuné dans son sac et se tourna vers le coin A-N (Akashi-Nakamura) pour voir que son jeune compagnon n'était plus là.
« -Bah ? »
La brune aurait pensé que son ami avait été au toilette si elle n'avait pas remarqué l'absence ô combien surprenante et sans doute l'œuvre du hasard complet, des ex-tyrans de la classe.
Au cas-où, Danielle jeta un nouveau coup d'œil pour tenter de trouver son ami ou l'un de ceux qu'elle soupçonnait mais elle ne trouva personne.
« -Sérieux mais que fait l'école ?! » Cria-t-elle en français en passant une main sur son visage.
La petite se mit à chercher dans tous les sens pour essayer de trouver Akashi ou l'un des surveillants, mais elle doutait qu'elle arriverait à trouver facilement ces derniers étant donné que c'était la pause déjeuné et qu'elle ne savait pas où ils mangeaient.
Après dix minutes de recherche, la fillette soupira de soulagement quand elle entendit les voix des gamins qu'elle cherchait.
Décidant d'observer avant d'intervenir, ce qu'elle vit la fit souffler d'exaspération.
Deux petits garçons tenaient Akashi sur le sol et le troisième remuait un tube de peinture noire au-dessus de son visage.
« -J'aime pas la couleur rouge, en plus, c'est trop moche sur quelqu'un. Je peux rien faire pour tes yeux, mais je peux changer ta couleur de cheveux non ? »
Danielle vit son ami se tortiller en essayant de se dégager mais les deux le tenaient fermement.
La petite sortit de sa cachette (ils lui tournaient le dos). Son arme en plastique à la main, elle visa les pattes de celui qui tenait la peinture et tira trois fois de suite. L'autre cria et la brune lui donna un regard glacial quand il se retourna vers elle.
Les deux autres lâchèrent son ami et elle leur fit signe de partir avant qu'elle ne s'énerve pour de bon. Ils partirent en courant, ne voulant pas se frotter au monstre de la classe qui en plus, avait une arme entre les mains.
La petite s'agenouilla près de Seijuro qui était toujours à terre. Elle inspecta son corps pour voir s'il avait tout type de blessure et vit qu'il avait une légère entaille à la main. Un peu paniquée, elle le fit se lever et l'emmena au lavabo qui se trouvait dans la cour. La petite lava avec soin la blessure en observant le visage d'Akashi pour voir si elle lui faisait mal ou non. Voyant qu'il avait un visage vierge, elle le tira ensuite vers le couloir où se trouvait son sac. Elle l'ouvrit, en sortit un pansement avec des chats et le mit sur l'égratignure de son ami.
Danielle releva ses yeux pour rencontrer ceux du rouquin, mais avant qu'elle puisse lui demander quelque chose, elle se retrouva prise dans une féroce étreinte.
La petite eut le souffle coupé mais elle tapota quand même le dos de son ami pour lui donner du réconfort et elle put entendre de faibles reniflement au niveau de son épaule. Elle ne fit aucun geste autre que lui tapoter le dos en lui retournant l'étreinte. Mal à l'aise, elle se retint cependant de se dégager en voyant la détresse de son jeune ami.
Ils restèrent comme ça pendant quelques instants, appréciant la simple présence de l'autre.
Puis ils se dégagèrent et Seijuro se détourna d'elle pour s'essuyer le visage.
La brune sourit en voyant la légère rougeur sur les joues de son ami mais elle ne dit rien, même si elle trouvait tentant de le taquiner pour l'embarrasser encore plus. Malheureusement, les circonstances n'étaient pas vraiment favorables à la plaisanteries alors elle se tut.
Quand Danielle n'entendit plus de reniflements, elle prit cela comme un encouragement et s'avança pour attraper la main de Seijuro, apportant un supplément de chaleur pour lui faire savoir qu'elle était là. La brune vit le roux passer une dernière fois sa main sur son visage avant qu'il ne se dirige vers la classe avec elle.
La façon dont ils fut accueillis ne plut à aucun d'entre eux. Les trois tyrans se tenaient derrière leur institutrice avec un air effrayé sur le visage et l'adulte rayonnait de colère : les mains sur les hanches et le visage crispé… même si elle essayait néanmoins de garder un air… posé.
Immédiatement, Danielle s'arrêta pendant une seconde, la peur s'insinuant dans son cœur… mais décidée à ne pas se laisser intimider, elle reprit la marche vers les quatre. Si elle laissait voir quelque chose comme ça, les trois n'arrêteraient jamais de venir embêter son ami. Akashi ressentait la même chose. Leurs mains se serrèrent plus solidement et ils partagèrent un regard pour se donner implicitement du courage entre eux.
Au final, Danielle et Seijuro n'avaient pas pu prononcer un mot pour se justifier. L'arme trouvée, les marques rouges sur les jambes du chef et les réprimandes de leur maîtresse ne laissaient aucune place pour leurs explications. La brune soupira bruyamment à la vue des adultes qui ne leur laissaient même pas une chance. Ils avaient décidé des coupables et tout le monde devaient s'y conformer. La frustration lui fit serrer son poing libre et elle ragea encore une fois pour être dans le corps d'un enfant. Les deux amis soutinrent le regard furieux que lui envoyait leur instit' et le renvoyaient sans peur.
Cela leur valut de se prendre une claque. Chacun.
« -NON MAIS SÉRIEUX ! On a le droit de frapper les enfants ici ?! »
La fillette se sentait de plus en plus dégoûtée par cette école et ses yeux s'écarquillèrent quand la main avait frappé son visage. Sous le coup de la colère, Danielle lâcha la main de Seijuro pour la mettre devant elle et pousser de toutes ses forces l'adulte qui leur faisait face.
La petite entendit un bruit sourd et elle ouvrit ses yeux.
« -Quand est-ce que je les ai fermés ? »
Choc et surprise, la brune vit que la tête de sa maîtresse avait frappé le mur d'en face. Elle regarda brièvement Akashi qui avait la même expression qu'elle avant de poser son regard sur ses mains. Un flash la ramena à son combat contre les trois adolescents lors de sa première fuite de l'appartement de Tatsuma.
A partir d'ici, les yeux de Danielle se firent brumeux et elle ne dit plus rien. On la transporta dans le bureau de la directrice quand elle ne bougea pas et on appela son tuteur quand elle ne répondit pas.
La fillette crut rapidement entendre la voix de Seijuro qui criait mais son attention n'était pas sur la conversation autour d'elle.
Ce fut quand elle sentit une main familière se poser lourdement sur son épaule qu'elle sembla se réveiller. Le propriétaire de la main la regardait et elle lui rendit son regard. Il la prit ensuite dans ses bras en s'asseyant sur le fauteuil à sa place et elle ne résista pas.
Sur les genoux de Tatsuma, Danielle vit que Shiori était également présente avec Seijuro dans ses bras, dans la même position qu'elle. Intérieurement, la petite fille se réprimanda pour se laisser aller… elle vit le petit rouquin serrer ses poings sur ses genoux en baissant les yeux et elle ressentit l'envie de poser sa main sur la sienne.
Seulement, la directrice devant eux parla avant qu'elle eut la chance de faire un mouvement.
« -Nous vous remercions d'être venus aussi rapidement. »
Elle fit une pause et Danielle se retint de lui crier dessus pour être aussi dramatique.
« -Nous vous avons convoqué ici pour parler de l'attitude de Akashi-kun et Kei-chan.
-Leur attitude ? » Demanda Tatsuma.
« -Oui. Il a été dit que votre enfant avait apporté une arme dans l'enceinte de l'école… et qu'elle l'avait utilisé contre un de ses camarades.
-POUR FAIRE VOTRE BOULOT ! Et c'est une arme en plastique ! » Pensa avec exaspération la petite.
Sa colère intérieure était néanmoins mêlée à la terreur : la réaction de son protecteur l'effrayait, et le silence qu'il lui donnait était pire que s'il s'était mis à crier.
« -On m'a également informé que Kei-chan imposait une certaine… domination sur ses camarades de classe.
-QUOI ?! Alors maintenant c'est moi la fautive ?! »
Tatsuma fronça ses sourcils et Danielle se crispa dans ses bras.
« - Ses camarades ont peur d'elle. Elle se montre agressive avec presque tout le monde en dehors des gardiens et cela fait plusieurs fois que nous retrouvons des bleus sur les autres enfants.
-Parce que, bon dieu de merde, la classe entière semble s'être liguée contre Seijuro et moi ! S'ils avaient arrêté de nous embêter, si vous aviez fait votre putain de boulot correctement, j'aurais pas eu à me « montrer agressive » !
-De plus, lorsque sa maîtresse l'a confronté au sujet de son comportement aujourd'hui, elle s'est montrée violente et insolente.
-QUOI ?! J'aurais pas répliqué si l'autre nous avait pas frappé ! »
Danielle essaya par tous les moyens de montrer un visage et une attitude calme. Na pas serrer les dents, ni les poings, pas de tiques, rien… et elle semblait bien y arriver.
Ensuite, la directrice se tourna vers Shiori.
« -Votre fis…
-EST SUJET AUX MOQUERIES DE SES CAMARADES SE FAIT HARCELER, VIOLENTER, PEINDRE A LA PEINTURE NOIRE, INSULTER… Je continue bordel ?!
-… est sans aucun doute une autre victime de Kei-chan. Que ce soit par son influence ou par une quelconque pression, je suis sûre que ce n'est pas sa faute. »
Le cœur de la brune sembla s'arrêter pendant quelques secondes. Un froid parcourut ses veines tandis qu'elle restait avec un visage vierge à l'extérieur. Ses yeux convergèrent vers la silhouette de son ami qui la regardait de la même façon qu'elle.
« -Ils comptent me mettre tout sur le dos ? »
Les deux se comprenaient très bien et la brune en fut surprise vu leur très jeune âge.
Seulement, ni l'un, ni l'autre n'était « normal ». Ils possédaient tous deux une certaine intelligence qui les rendaient beaucoup plus mature aux yeux du monde extérieur.
Danielle fut tentée d'appeler ça, le « destin ». Seulement elle ne croyait pas en ce mot, alors elle supposait que c'était dut à son éducation et au caractère de ses parents.
Ainsi, ils pouvaient en venir à la conclusion suivante : La femme devant eux était soit très stupide, soit mauvaise jusqu'à la moelle.
A cette touche de finalité, Kei se sentit bien plus apaisée qu'avant. L'éclair d'un espoir l'avait frappé.
« -Si Seijuro et moi avons compris, Tatsuma et Shiori pourrait aussi l'avoir vu… Aucun des deux ne sont stupides. Shiori ne va pas faire confiance à une inconnue sur sa propre progéniture et Tatsuma… il est intelligent, il comprendra, même s'il me connaît depuis peu si ? Il est policier, il a fait l'armée, ça doit pratiquement être une seconde nature de détecter se genre de truc non ? Non ? Non ? »
Un silence prit place après les révélations de la directrice.
Il se passa quelques minutes avant que Tatsuma n'agisse finalement. Il entoura ses bras autour de la plus jeune afin de pouvoir la porter et se leva.
Souriant légèrement, malgré le fait que Kei détecta une humeur noire flottant dans la pièce et qui provenait de son tuteur, il prit la parole :
« -Je vous remercie de votre accueil Usahi-san. Cette entrevue m'a ouvert les yeux, je vais immédiatement prendre des mesures. »
A ce constat, Danielle prit peur et essaya de se détacher de l'étreinte tandis que Tatsuma se dirigea vers la porte. Seijuro allait parler mais sa mère le fit taire.
« -Je suis heureuse de l'entendre et si je puis me permettre, qu'allez-vous faire ? » Demanda la directrice dans le dos du jeune homme.
Le brun se retourna et lança brièvement un regard glacial à la femme avant de le faire disparaître pour donner un sourire.
« -Eh bien quand je vais rentrer chez moi, je vais immédiatement confisquer l'arme…
-Très bien.
-… je vais peut-être également la punir pour l'avoir pris dans mon bureau.
-Trè… attendez quoi ?
-Et pour finir, je passerais quelques coups de fil afin de sortir ma fille de cette école incompétente. Je n'aurais jamais imaginé que vous permettriez à votre personnel de négliger ainsi des enfants qui sont sous votre responsabilité ! »
Danielle arrêta de se débattre dans les bras de Tatsuma. Elle leva la tête et regarda comment le langage corporel et le visage de son protecteur se tenaient.
« -Il est furieux, mais… »
Ses bras autour de sa petite forme la serraient avec force, mais c'était chaleureux, pas violent.
« -… pas contre moi. »
Une vague de soulagement déferla en elle et ses mains agrippèrent le tissu de la veste de Tatsuma.
Ensuite, ils partirent.
Kei eut juste le temps de voir le sourire de Seijuro au-dessus de l'épaule du brun avant que la porte claqua.
Quand Danielle et Tatsuma rentrèrent dans la maison, il enleva rapidement ses chaussures et celle de la petite avant de se diriger vers la pièce interdite : le bureau.
La brune se crispa et elle donna le petit pistolet quand ils arrivèrent dans la salle. L'homme le lui prit et le remit à sa place.
Il fit mine de regarder autour avant de se diriger lentement vers la sortie.
« -C'est pour me faire comprendre que je n'étais pas censée venir ici. »
Kei se retint d'enfouir son visage dans la veste de l'autre.
Ils redescendirent dans le salon et Tatsuma s'assit sur le canapé, toujours la fillette dans ses bras. Il la posa sur ses genoux et ils se firent face à face.
« -Je crois que tu me dois une explication. »
Danielle ne répondit pas tout de suite, intimidée par le regard perçant de l'adulte.
Cependant, elle reprit son sang-froid quand elle se rappela l'entrevue avec la directrice.
« -C'était au déjeuné. J'étais parti chercher mon repas dans mon sac comme d'habitude. Seijuro et moi, on devait manger ensemble… mais quand je suis revenue dans la classe, il était plus là. J'ai remarqué que les garçons avec lesquels c'était le plus tendu avaient également disparus. J'ai vite fais la liaison. » Dit-elle en baissant la tête.
« -Je les ai trouvés derrière l'école. Deux tenaient Seijuro et l'un voulait lui verser de la peinture dans les cheveux. »
La petite fit une pause et reprit pour éclaircir certains points.
« -Faut que tu saches que ça fait des semaines que ça dure. Ça fait des semaines que je les repousse, en parlant ou par la violence. Ils ne comprennent souvent que par la violence alors j'ai arrêté d'essayer de parler avec eux. »
Elle reprit son souffle pour continuer juste après.
« -Ils n'avaient jamais directement attaqué Seijuro, juste des petits coups dans le dos mais jamais ça. « Ça », ça m'était plutôt réservée. Seulement j'arrivais toujours à les battre. »
Tatsuma sentit une pointe de fierté dans le ton de la plus petite.
« -Mais quand je les ai vu derrière l'école… J'ai… pris l'arme à bille et j'ai tiré dans les jambes d'un d'eux. C'est tout. Je l'ai voulu. Ensuite, on est allés nettoyer la main de Seijuro et puis… l'institutrice nous attendait. Les trois étaient partis pleurer et ils nous avaient désigné comme les méchants. C'était plus fort que moi, je l'ai poussé quand… je l'ai poussé quand elle nous a mis une claque à Seijuro et à moi. »
C'était sans doute de la peur qui tiraillait les entrailles de Danielle mais la petite ne pouvait s'empêcher de vouloir que ce soit son estomac qui grogne de faim.
Elle n'avait pas à avoir peur, mais… elle ne pouvait pas s'en empêcher.
Une main vint se poser sur sa tête et la poussa légèrement vers l'arrière pour que les yeux des deux se rencontrent.
« -Tu étais à quelle distance quand tu as tiré ? »
La question interloqua la petite mais elle sembla avoir le pouvoir de dissiper immédiatement la tension dans la pièce.
« -Heu… ? Je sais pas…
-Réfléchis.
-Heu… quelques mètres ? Je sais pas.
-Montre-moi. »
Tatsuma poussa doucement la fillette sur le sol. Elle pencha légèrement la tête avant de comprendre et de reculer lentement. A bonne distance, elle s'arrêta.
Tatsuma souriait et le lui rendit avec un regard confus.
« -Impressionnant. »
Kei était plus que confuse.
« -La prochaine fois que tu voudras emprunter mon pistolet à bille, tu me demanderas avant. Ok ?
-Heu… ok ?
-Et tu ne touches à aucune autre chose de mon bureau, compris ? »
Danielle se contenta de hocher la tête, pas sûre de ce qu'il se passait.
« -Il passe réellement l'éponge sur tout le reste ? C'est une blague ! Y a un bug quelque part !
-Bien. Tu as faim ? » Sourit le brun.
Il se leva pour aller dans la cuisine. Vu qu'il relevait ses manches, Danielle devina qu'il allait préparer le déjeuné qu'elle avait manqué. Elle fut extrêmement tentée de lui dire « C'est tout ? ». Seulement, elle ne voulait pas pousser sa chance trop loin. Elle n'allait pas se plaindre de ne pas recevoir de réprimande.
Toujours hésitante cependant, elle recula lentement dans le but de monter dans sa chambre.
Juste avant de disparaître de la vue de Tatsuma, elle demanda rapidement :
« -Je pourrais aller chez Seijuro ce week-end ? De vendredi à dimanche. »
Elle s'attendit réellement à un « non ».
« -Pourquoi pas ? »
Ok… vivement vendredi !
