« -Une balle ? » Demanda Tatsuma en essayant de dissimuler l'horreur dans sa voix.
« -Oui, on a reçu une balle dans une boîte, habituellement utilisée pour mettre des bagues de cérémonie. » Répondit Araki.
-Ces mecs ont un humour tordu. » Commenta Aida.
« -Y avait un mot : « Laissez tomber ». Les kidnappeurs doivent savoir que nous les cherchons.
-Qu'en dit le labo ? » Demanda Nakamura en coupant Aida qui allait parler.
Les deux coéquipiers froncèrent tous les deux leurs sourcils au ton exigent de l'homme.
« -Apparemment, il y a des résidus de chair humaine sur la balle. C'est l'élément le plus apparent. Ils ont encore besoin de temps avant d'en dire plus. »
Tout à coup, le son distinct d'un poing qui frappe une table retentit violemment.
« -Qu'ils fassent plus vite bon sang ! »
Les deux observèrent le comportement de leur collègue. Aida essaya de sourire.
« -Calmez-vous Nakamura-san. Les résultats arriveront assez tôt. »
Tatsuma sembla se réveiller d'un rêve et cligna des yeux avant de raffermir sa position en envoyant un regard plein de regrets vers son poing.
« -Désolé. Depuis combien de temps ont-ils récupéré cette balle ?
-Quelques heures…
-Pourrait-on aller vérifier ? Pour les résultats, je veux dire.
-Nakamura-san ...
-J'aimerais y aller. »
Le ton employé était à la fois définitif et empreint d'une colère qu'Aida et Araki ne comprenaient pas. Les deux, particulièrement la jeune femme, plissèrent les yeux vers leur collègue.
« -Et moi Nakamura-san, j'aimerais savoir quel est votre problème. »
Tatsuma leva les yeux vers lui.
« -Pardon ?
-Eh bien, vous vous montrez impulsif, exigent, impatient…
-Ça a toujours été dans ma nature. » Répondit rapidement le brun.
« -Ce n'est pas ce que dit votre supérieur. »
Deux pairs d'yeux gris se rencontrèrent durement.
« -Vous avez appelé mon supérieur ?" Demanda Tatsuma d'une voix blanche.
Les deux autres inspecteurs étaient encore une fois étonnés de son ton, mais cela renforçait leur idée que quelque chose n'allait définitivement pas.
"-Je voulais simplement savoir avec qui je travaillais. J'étais content d'apprendre que vous étiez un enquêteur de talent, calme, ingénieux, stratégique, juste et qui possédait un sang-froid digne des plus grands militaires. Pourtant, l'image que vous me donnez en est l'exacte opposée. Alors je vous le demande, quel est le problème ? »
Les deux se fixèrent du regard pendant un moment, avant que Tatsuma ne baisse la tête lentement. Il joignit les mains et sa posture se tendit, malgré ses épaules qui se baissèrent. Le pauvre homme semblait porter le poids du monde sur son dos.
Son visage et sa voix furent grave lorsqu'il prononça difficilement ses prochaines paroles :
« -Ma fille a été enlevée avec son ami. Ce sont eux les victimes du kidnapping de cette enquête. »
Sa déclaration fut traitée comme si une bombe avait explosée près d'eux. Leurs yeux s'écarquillèrent et les mains d'Araki se posèrent sur les épaules de Tatsuma et le secoua violemment.
« -Et vous nous l'avez caché ?! »
Son coéquipier vint la retenir mais ses yeux lançaient des éclairs.
« -Expliquez. Maintenant. »
La tête toujours baissée, l'homme continua.
« -Ma fille, Nakamura Kei a été enlevée avec son ami Akashi Seijuro.
-Akashi?
-Fils de Masaomi et de Shiori Akashi. Oui. Ils devaient les récupérer à la sortie de l'école mais quelque chose s'est passé et ils sont sortis tous seuls dans la rue.
-Pour quelle raison ?
-Je ne sais pas mais ça n'a pas d'importance. Les retrouver est ma priorité ! Et la balle que vous avez récupéré pourrait m'apporter les réponses à mes questions. Ma fille et l'enfant Akashi n'ont que cinq ans, ils ne tiendront pas psychologiquement plus longtemps ! Et puis cette balle… »
Un silence s'installa dans la pièce après ses paroles. Peu de temps après, Aida croisa les bras et prit la parole.
« -Je devrais vraiment vous retirer de l'affaire. »
En entendant ses mots, Tatsuma se leva brusquement.
« -Je les retrouverai. Avec ou sans vous."
Ils ne dirent rien après cela mais Araki posa une main sur son épaule. Une offrande de paix.
« -J'aimerais aller voir les Akashi. Avec vous. »
Nakamura hocha la tête en envoyant à ses deux collègue un regard reconnaissant.
Danielle grimaça alors que ses yeux s'ouvrirent sans son consentement. La douleur était telle que sa perte de conscience n'avait durée que quelques minutes. Sans essayer de bouger, la petite fille sentit les traces de ses larmes séchées, seulement pour être remplacées par de nouvelles coulées.
Pleurant silencieusement, Kei vit Seijuro du coin de l'œil, les yeux fermés et respirant lentement, toujours sous l'effet d'un produit quelconque. Doucement, elle tenta de se déplacer pour atteindre sa main et la serra fort.
Après quelques minutes, la fillette eut assez de courage pour regarder les dégâts faits à sa jambe. Elle se redressa autant qu'elle le put et ce qu'elle vit failli lui faire tourner de l'œil : une quantité absolument horrifiante de sang -ça devait être parce que Hisoka l'avait farfouillé et s'était essuyé sur le drap-, s'étalait autour de son membre et avait coulé très loin d'eux sur le béton et une petite quantité avait été épongée dans le drap. Une autre chose plus inquiétante, sa jambe n'avait pas l'air d'une extrême fraîcheur. La seule bonne nouvelle, c'est que le sang semblait ne plus vouloir s'offrir des vacances en dehors de son organisme, et une sorte de serviette était solidement attachée à sa jambe. Ce qui d'après Tatsuma, pourrait être bon signe : les kidnappeurs semblent avoir arrêté l'hémorragie et avoir appliqué l'équivalent d'un bandage.
Sans oser en regarder plus de quelques instants, sa tête retomba sur le matelas.
« -Bonjouuuur ! »
Kei sursauta alors que le visage souriant de Hisoka se tenait soudainement à quelques centimètres du sien. Par réflexe, elle cria et le frappa avec son petit poing. Sa main se referma sur son poignet et il avait l'air encore plus amusé.
« -Tellement mignon. Alors… comment tu vas ? »
Danielle lui jeta un regard mi-affolé mi-agacé et mi-haineux. Son corps tremblait à son contact. Elle remarque deux autres malfrats quelques mètres plus loin.
« -Je suppose que oui, c'est de ma faute. Désolé.
-T'as absolument pas l'air désolé connard.
-Mais tu comprends, la police commençait à se rapprocher un peu trop, alors on a dû leur envoyer un avertissement. Les autres voulaient envoyer un doigt ou une oreille, voire même un pied. J'ai trouvé une alternative un peu plus technique mais au moins, tu as encore tous tes membres non ? »
Danielle plissa les yeux, par fatigue ou par colère, elle ne le savait pas vraiment elle-même.
« -Ah, on a aussi soigné ta tête. Enfin je l'ai nettoyé pour que ça s'infecte pas quoi. Pareil pour ta jambe. »
Kei ne répondit pas. Elle baissa les yeux, attendant impatiemment qu'il la relâche et s'en aille.
« -Tu pourrais me répondre quand même. Je t'ai sauvé la vie. »
Danielle ne put empêcher son œil droit de se crisper. La peur semblait avoir partiellement disparue après cette « opération », la colère avait pris facilement le dessus.
« -Je ne suis pas prête à attraper le syndrome de Stockholm avec un bâtard dans ton genre. »
Sans hésiter à deux fois, ce qu'elle aurait probablement dû faire, elle lui cracha le sang qui s'était accumulé dans sa bouche à force de se mordre la lèvre.
Un lourd silence les entoura avant qu'Hisoka ne s'essuiya lentement la joue, toujours de sa main libre. Le cœur de la fillette se mit à battre beaucoup plus vite face au calme inquiétant de son kidnappeur.
Soudain, ses yeux s'écarquillèrent quand elle sentit une douleur dans son abdomen. Elle haleta en lâchant son autre main de celle de Seijuro et y toussa durement.
L'homme qui lui avait donné un coup de poing lui tenait toujours le poignet. En se levant, il la souleva sans effort et lui leva la tête en la tenant au menton pour la regarder dans les yeux. Ses pieds ne touchaient même pas le sol et elle était trop faible pour se débattre.
« -Tu sais, j'aime beaucoup ce côté rebelle et impétueux que tu as… mais je déteste absolument quand tu es aussi ennuyeuse. Tu aurais peut-être préféré que je tire sur ton mari ? »
Le souffle de la petite fille s'arrêta rien qu'à cette idée.
« -Alors je te conseille de ne plus m'insulter, et au contraire, de me remercier. »
Danielle serra les dents et failli se mordre la langue. Elle baissa la tête alors que le regard de son kidnappeur lui perçait la tête sans pitié.
« -Merci. »
Hisoka sourit, satisfait.
Puis, il la jeta négligemment sur le matelas et partit.
Pour cela, un autre sentiment, autre que la peur, la colère et l'impuissance, naît. Danielle ne s'était jamais sentit aussi humiliée, de toute sa vie. De nouvelles larmes brouillèrent sa vision avant qu'elle ne laisse son esprit s'échapper en reprenant la main de son seul soutien dans cette terrible situation.
« Monsieur, madame, la police veut vous voir.
-Dis-leur que nous sommes occupés.
-Nakamura-sama est avec eux.
-Alors faîtes-les entrer. »
Masaomi Akashi n'a perdu son sang-froid que quatre fois dans sa vie, lors de sa demande en mariage, la veille de son mariage, à la naissance de son fils alors qu'il était seul dans son bureau, et à l'appel du kidnappeur.
Seulement, il pensa être prêt à le perdre une nouvelle fois quand il vit le visage pâle et horrifié de Tatsuma Nakamura. Sans se préoccuper des deux autres personnes qui venaient d'entrer, il s'avança vers lui et le prit par les épaules.
« -Qu'avez-vous appris ? »
Les yeux de l'homme semblait être morts. C'était une réaction normale étant donné qu'ils avaient reçus plus d'information sur la balle en venant au manoir Akashi. Apparemment, la balle serait couverte de l'ADN de sa fille, de sa chair… la balle aurait été tirée, puis retirée, lui donnant une vision de sa petite à terre, se vidant de son sang, les yeux dénués de vie, son corps détruit… Il n'eut cependant pas le temps de répondre parce qu'il fut coupé :
« -Akashi-san, je suis Masako Araki et voici mon partenaire Kagetora Aida. Nous sommes venus pour vous poser des questions sur votre fils. »
Le chef des Akashi dirigea son regard vers les deux enquêteurs, Shiori fit de même. Ils sentirent un frisson parcourir leur échine. Heureusement, une nouvelle voix interrompit ce silence pesant :
« -Akashi-sama, je crois qu'il est temps pour moi de partir. »
Toutes les têtes se tournèrent vers la présence. Un homme, à l'air grave se tenait devant eux.
« -Qui êtes-vous? » Demanda Kagetora.
« -Mon nom est Kibach Yami. Je suis l'assistant du procureur en charge de l'affaire contre les Walker.
-L'affaire Walker ?
-Kibach-san, je pense qu'il est temps d'y aller.
-Bien. Je vous prie de penser à ma proposition. Au revoir. »
Il s'inclina et partit.
Il y eut de nouveau un silence maladroit.
« Alors… » Commença Aida.
Lorsque les yeux de Danielle s'ouvrirent pour la seconde fois en quelques minutes, elle se sentait étonnamment bien pour quelqu'un qui venait de se prendre une balle dans la jambe. Elle se sentait même très bien. Très en paix. Très sereine. Très fatiguée. Très… bien.
« -J'suis défoncée ? Je suis soit défoncée soit morte… »
Doucement, Kei se frotta les yeux, somnolente.
« -Eh ben, c'est une sacrée sieste que tu nous as fait là ! »
Son regard se dirigea vers la figure de l'homme qu'elle détestait le plus sur cette Terre. Bien vite, elle le détourna pour observer ce plafond ô combien plus intéressant.
« -Ca fait plusieurs heures que tu es dans les vapes ! J'ai cru un instant que tu étais morte !
-Je crois que j'aurais préféré que tu me prennes mes deux oreilles plutôt que ma jambe. » Pensa faiblement la petite avant de refermer les yeux sans vraiment se soucier si elle avait dormi quelques minutes, quelques heures, ou même quelques siècles.
Mais cette sérénité était tellement… elle lui semblait bienveillante. Depuis tout ce temps passé dans cette stressante, bouleversante, terrifiante, et douloureuse situation… Danielle ne put refuser ce moment de paix. Sans douleur, sans larme, sans rien du tout. Juste la tranquillité.
« -J'crois que j'suis vraiment défoncée. Ils m'ont peut-être donné des anti-douleurs… »
La partie encore consciente de son esprit sentit qu'on l'appelait mais elle n'y fit pas grandement trop attention… jusqu'à ce que deux doigts lui ouvrirent de force ses paupières et que ses oreilles furent complètement agressées par une voix extrêmement bruyante.
Elle sursauta.
« -Pourquoi t'as l'air complètement… Oh. Oui bien sûr, la perte de sang. Ça doit être ça. »
Rien de ce qu'aurait pu dire l'homme pourrait paraître plus inintéressant pour la fillette en ce moment.
"-Laissez-moi tranquille, s'il vous plaît." Marmonna-t-elle sans pouvoir contrôler ses paupières de plus en plus lourdes.
La voix d'Hisoka était étouffée mais elle parvint à distinguer ses mots :
"-Ok ok, si c'est si gentiment demandé."
Lorsqu'Akashi Seijuro se réveilla de son long sommeil, il se sentit étourdi pendant un petit moment. La nuit était tombée et sa noirceur aurait englobée l'ensemble de l'atelier si ce n'était pas pour les deux petits lumières sur un bureau et une près d'eux. Alors qu'il reprenait constance, le garçon regarda autour de lui. Ses yeux tombèrent sur le visage endormi de son amie... avant qu'ils ne s'élargissent en constatant sa jambe. Il fut alors immédiatement à ses côtés, prenant une main, il posa anxieusement son oreille sur la poitrine de la brune. Sa respiration était imperceptible, c'est pour cela que Seijuro avait eu si peur, mais les battements de son coeur était indéniablement là, lents et calmes. Sans pouvoir retenir un soupir soulagé, ses yeux se durcirent alors qu'il s'installa près de Danielle et la serra fort faisant attention à ne pas toucher le membre ensanglanté. Puis, il ferma les yeux, même s'il doutait de pouvoir dormir.
Au moins une heure plus tard, Kei se réveilla. Elle tourna la tête pour constater la présence de son petit roux à ses côtés. Elle sourit, mais fronça bien vite les sourcils.
"-Quelque chose cloche."
Même si elle était heureuse, Danielle ne pouvait s'empêcher de se sentir méfiante et alarmée.
Elle ne sentait plus aucune douleur venant de sa jambe droite.
En essayant de faire attention à ses mouvement pour ne pas réveiller son ami, la fillette se redressa et doucement, comme si elle attendait qu'une douleur fulgurante la frappe soudainement, replia sa jambe encore teintée de son sang vers ses mains. En enlevant soigneusement le tissu qui le recouvrait, Danielle repassa avec précaution sur la plaie qui devrait être là. Cachée par sa nuance rouge.
Seulement, il n'y avait rien.
Aucune blessure. Aucun trou. Aucun impact de balle. Pas de chair. Pas de plaie.
Absolument rien.
Le souffle de Kei Nakamura s'effaça alors que ses yeux restèrent empreint d'une nouvelle peur, une nouvelle angoisse.
"-C'est pas normal. Qu'est-ce..."
Et puis, ça la frappa.
"-C'est pas normal, comme ma chute."
L'esprit de Danielle allait dériver vers Tobias, mais elle se retint en secouant la tête. Elle lui en voulait encore pour ce qu'il avait fait et elle avait évité de penser à lui depuis l'incident avec l'autre ange.
"-Mais il pourrait nous aider."
Kei regarda le visage endormi, étonnamment, de son ami en fronçant les sourcils. Sa main vint vers l'emplacement de son coeur et elle serra le vêtement. La déchirure qu'elle avait ressentie était toujours là. Elle voulait revenir, cet endroit n'était pas naturel... mais, pour le moment, n'était-ce pas censé être son devoir de la protéger ? Ne devrait-elle pas se concentrer sur le présent, sur la situation pour sauver Seijuro ? Ses tripes tournaient rien qu'à l'idée de demander son aide directement alors qu'il était la cause de sa venue et qu'il l'avait abandonné. Ses poings se serrèrent alors que ses yeux observaient l'endroit où devait être la blessure, décidant de se distraire de ses pensées sur son ange.
"-La dernière fois, on m'a sauvé, pareil quand je suis tombée de mon lit la dernière fois, et puis après avec l'autre ange. Leurs pouvoirs sont miraculeux. Seulement si ma jambe a été guérie, pourquoi le travail n'a pas été fini ? Pourquoi sommes-nous toujours ici ?"
Danielle ne comprenait pas... mais sans réfléchir plus longtemps, elle remit le tissu autour de sa jambe et resserra fermement.
Kei se posait toujours des questions quant à son rétablissement miraculeux alors que Seijuro ouvrait petit à petit ses yeux. Il était immédiatement en alerte lorsqu'il sentit l'absence de la chaleur habituelle qui accompagnait les étreintes avec son amie... seulement pour laisser échapper un sourire soulagé alors qu'il la trouvait à un mètre de lui.
"-Comment va ta jambe ?" Demanda-t-il en se rapprochant.
La fillette porta son attention sur lui, alors qu'elle releva lentement la tête et pendant un instant, Akashi sentit un frisson parcourir sa colonne vertébrale.
Est-ce qu'il devenait fou au point d'halluciner, ou les yeux habituellement bruns chocolat de son amie étaient hâtivement devenus d'un bleu vif ?
"-Je dois être fatigué."
Aussitôt qu'il cligna une nouvelle fois des yeux, la lueur avait disparu comme si elle n'avait jamais été là.
"-Ca fait un mal de chien mais au moins, ça s'infecte pas donc t'inquiète pas, je vais pas mourir."
L'Akashi baissa la tête. Il allait parler mais Danielle lui coupa rapidement la parole, sachant ce qu'il pourrait dire dans cette situation. Elle se rapprocha en lui chuchotant :
"-La balle, ils l'ont envoyé. La police ne devrait pas tarder à trouver le type d'arme et peut-être l'acheteur... Ou quelque chose qui pourrait les aider à nous retrouver. Donc, même si ça fait un peu mal, ça pourrait nous servir... alors ne prends pas trop sur toi Seijuro. T'as seulement essayé de t'en sortir, j'aurais fait la même chose à un moment donné."
La fillette lui donna un véritable sourire de réconfort et le cœur du petit garçon gonfla. De nouvelles larmes perlèrent ses yeux mais il ne fit aucun bruit. Kei n'a rien fait non plus, le laissant pleurer.
"-Mais si tu tiens tant à te repentir, j'aurais vraiment voulu que tu me fasses un de tes mochi quand on rentrera ok ?"
Seijuro renifla en hochant furieusement la tête. Il ne pouvait pas retenir quelques cris et sanglots qui semblaient plus forts que les autres alors qu'il se jetait une nouvelle fois dans les bras de Danielle qui les resserra autour de sa taille en enfouissant son nez dans ses cheveux.
"-Kibach-san voulait vous faire abandonner votre témoignage ?
-Moi-même je ne m'attendais pas à ça venant de sa part mais il a dit que si le jury apprenait le kidnapping, ils penseraient que mon témoignage est faussé.
-Comment a-t-il appris pour...
-J'ai fais des recherches et ça ne lui a pas échappé.
-Qu'est-ce que vous allez faire ?" Demanda Aida.
"-Pour l'instant, nous n'avons rien reçu des kidnappeurs à part..."
L' Akashi jeta un regard rapide à Tatsuma.
"-... enfin rien qui pourrait nous donner l'impression qu'ils voudraient de l'argent ou ce genre de chose. Donc s'ils attendent de moi que je ne témoigne pas, je ferais tout pour ne laisser échapper aucune fuite venant de mon entreprise.
-Au prix de la remise en liberté de criminels ?
-Tout ce qui compte, c'est que nos enfants reviennent à la maison. Alors si je peux les retrouver en me taisant, alors je ne dirai pas un mot."
Les deux enquêteurs soupirèrent bien qu'ils puissent comprendre l'homme.
Tout à coup, une sonnerie de portable retentit. Araki vit le correspondant et son visage devint plus grave qu'à l'accoutumé.
"-C'est le labo."
Elle répondit en jetant un regard à ses collègues.
"-Vous avez quelque chose ?"
Un silence pesant entourait la femme alors qu'elle prenait en compte les nouvelles données de leurs scientifiques.
Quelques minutes passèrent et Araki finit par sourire en remerciant son interlocuteur.
"-Bonne nouvelle. Apparemment, la balle n'a pas traversé l'os, seulement le muscle, ce qui veut dire que la blessure infligée n'est pas si grave que ça pourrait en avoir l'air. Donc la victime survivra. Aussi, la balle qui a été extraite à l'aide d'une pince sur une surface en béton.
-Ca nous aide pas vraiment." Fit remarquer Shiori.
"-Il y avait aussi... des traces de plomb, de MTBE et d'huile de moteur.
-MTBE ?" Demanda Aida.
"-En japonais, c'est un composant de l'essence. J'ajoute que l'opération a été faîte par un boucher, votre fille, bien que sans doute encore en vie, doit...
-Je vous serez reconnaissant si vous ne vous détourniez pas du sujet principal." Demanda Tatsuma d'une voix vide.
"-Bien, le MTBE a été ajouté à l'essence dans les années 70.
-Mais il y a aussi du plomb. L'essence au plomb a été retiré progressivement entre 75 et 86.
-Donc on cherche un endroit avec de l'essence, du béton et de l'huile de moteur. Un ancien garage abandonné ? Un établi ? Un atelier mécanique désaffecté ?" Intervint Shiori.
"-Et comment on peut trouver ça."
Masaomi n'avait pas terminé sa phrase que les trois enquêteurs étaient déjà sortit de la pièce. Aida étant le dernier, leur répondit avec une détermination et un espoir qui pouvaient aisément s'entendre dans sa voix.
"-On est enquêteurs, ça c'est notre travail, mais il y a de bonnes chances que vos petits soient à la maison ce soir."
Danielle tenait fermement Seijuro en fusillant leur assaillant du regard.
"-Baisse les yeux." avait dit l'homme en plissant les siens.
La fillette a obéi. Depuis tout à l'heure, elle avait remarqué que cet homme n'avait pas arrêté de les regardé. Il semblait à bout. Kei avait compris avant tout le monde et avait tenté de toutes ses forces de calmer son ami qui n'avait pas cesséde pleurer depuis leur dernière conversation.
"-Je suis désolée." Avait-elle réussi à dire avant qu'il ne fasse un geste brusque vers eux.
Par elle ne savait quelle force, la brune s'était mis devant Seijuro et avait attendu l'impact.
Seulement pour que le poing de l'homme ne soit arrêté par Hisoka. Ses yeux étaient les plus effrayants que Kei avait jamais vu... mais elle ne comprenait pas pourquoi il l'avait arrêté. Celui qui avait essayé de leur faire du mal semblait aussi surpris qu'eux.
"-Qu'est-ce que...
-Je peux savoir ce que tu fais ?"
Les yeux de l'homme s'écarquillèrent, semblant déceler d'où venait le problème.
"-Désolé je...
-Je t'ai pourtant clairement expliqué les règles que tu devais suivre non ?"
Danielle avait une réelle impression de déjà vu.
"-Je suis le seul autorisé à les toucher ou à les punir, vous non, sauf mon autorisation ou s'ils tentent de s'échapper.
-Oui, c'est vrai mais je voulais juste..."
L'homme sans nom n'avait pas eu le temps de réagir qu'Hisoka avait projeté sa main en avant et lui avait pris sa langue entre ses doigts.
"-Chut chut chut. Laisse encore échapper un mot, et je t'arrache la langue de ta bouche nauséabonde."
L'instant d'après, un silence les entoura. Danielle avait depuis longtemps entravé la vue de son ami innocent de ce spectacle en lui bouchant les oreilles. De son côté, il serrait fortement sa taille en plongeant sa tête dans sa poitrine.
Tout à coup, Danielle entendit un hurlement et son corps frissonna de manière incontrôlable. Sans oser regarder en arrière, elle se rapprocha de Seijuro en veillant bien à ne laisser filtrer aucun son ou aucune vision de derrière eux. D'horribles gargouillement se firent entendre et le cœur de la petite fille se fit impitoyablement écraser par une main invisible.
"-Peur... au secours."
Aucun mot n'était sortit de la bouche de la fillette, mais son esprit était en ébullition. Des larmes coulaient sur le bords de ses yeux et ses oreilles sifflaient. Elle prit un souffle haletant, de terreur, de colère, d'impuissance, en pleurant tandis que ces larmes humidifiaient les cheveux rubis de l'Akashi. Le silence qui suivit cette torture aveugle ne faisait qu'aggraver la situation et l'état de la petite fille.
Après quelques minutes, Danielle eut enfin le courage de tourner la tête. L'homme était à terre, peut-être inconscient alors qu'Hisoka le regardait avec un sourire maniaque.
"-Ce mec est fou. Il est complètement cinglée."
Ses yeux globuleux et complètement ouvert, voire trop, se tournèrent brusquement vers elle et elle tourna rapidement la tête tandis que son corps continuait de trembler.
Heureusement, rien d'autre ne se passa, l'assassin ne vint ni leur parler, ni les voir. Il ne semblait même pas être parmi eux alors qu'il déplaçait le corps avec les autres.
Cependant, l'esprit de Kei ne put s'empêcher de penser sombrement :
"-Un de moins."
NDA : Oui je sais pardon... -_-'. Vraiment désolée... MAIS PROCHAIN CHAPITRE, SAUVETAGE ! De plus, Danielle découvrira implicitement ses CDT dans le prochain chapitre avec une technique VRAIMENT SPÉCIALE ! x) Et désolé pour les fautes...
Je crois que j'ai choqué ou traumatisé plus d'un avec ce kidnapping, vraiment désolée '_'.Je devrais peut-être mettre ma fic en M ?
AUSSI TRÈS IMPOOOOOOOOOOOORTANT : Répondez au nouveau sondage que j'ai mis sur ma page d'accueil ou par commentaire ! x)
Sondage : Lorsque Danielle sera au lycée et qu'elle intégrera l'équipe (OUI, ELLE VA L'INTÉGRER), devra-t-elle cacher le fait qu'elle soit une fille OU PAS (j'ai prévu les deux et j'aime les deux donc à vous de décider) ?
Réponse Review (merci) :
RenAkashi : Alors, oui j'ai failli le faire apparaître mais non pas encore mais il est vrai que depuis l'arrivée de Danny dans sa vie, il semble que le petit empereur-chan soit né bien plus tôt que dans l'anime ! x). Moi aussi j'aime beaucoup ce côté de Seijuro (Danielle moins mais moi j'aime beauuuuucoup donc, ah comme je te comprends). Ah moi aussi j'oublie les bonnes manières : OHAYO ! x). Ah bah oui, désolé pour la cruauté mais faut quand même qu'il lui arrive des trucs à Danielle pour qu'elle s'endurcisse ! (Bon j'aurais pu trouver moins pire qu'un kidnapping mais c'est partit trop loin en vrai ! A la base, j'avais pas du tout prévu de faire ça xD). Ah merci, contente que tu ais remarqué x) et que tu apprécies. Merci pour ton commentaire et à la prochaine ! (N'oublie pas de me faire part de ton avis dans le sondage !)
F : Ah mais tellement ! x). Oui GOMEN je suis véritablement horrible mais d'un autre côté, je suis contente que tu ais envie de me péter les jambes, ça prouve que mon chapitre t'as fait ressentir des émotions (et c'est ça que je voulais donc...). Oh bah... pour le coup, si. Si elle va un peu être traumatisé, pour le coup, oui un peu (mais ça va l'aider, je crois...). ALORS POUR TOBIAS, tu dois savoir qu'il ne la surveille pas 24/24h et que surtout, ils se sont disputés (vu que Danny a appris que c'était essentiellement lui qui l'avait arraché à son monde d'origine et tout...) donc du coup, il la laisse tranquille pour le moment et n'agira que bien plus tard mais ne t'en fait pas, il sera là pour Kei le moment venu (ET EN MODE BERSERK hehehehehehehehehehe -rire diabolique-. J'espère que l'attente n'a pas été trop insupportable et... à bientôt ! Merci encore pour ton commentaire et n'oublie pas, si tu veux bien évidemment, répondre au sondage pour que je puisse me faire une idée de qui veut quoi et combien !
Voilà OVER !
