BONJOUR ! Alors comment se passe vos vacances ?
Bon alors, dans un premier temps : MERCIIIIIIIIIIIIIIIIIII !
Merci pour l'accueil de cette nouvelle fic, votre enthousiasme . J'espère juste ne pas vous décevoir du coup ^^'
Bref un premier chapitre d'intro et celui-ci rentre un peu plus dan le vif du sujet !
/!\ ATTENTION : pas de suite dimanche prochain. Je serais en vacances sans mon PC /!\
La prochaine suite sera donc postée le DIMANCHE 26 AOUT !
A présent, place à la suite !
ENJOY
Partenariat
L'air lui manquait, brûlant ses poumons, ses boyaux, tous ses organes. Il n'avait jamais autant souffert… Il brulait littéralement de l'intérieur. Son cerveau semblait fondre. On lui avait dit, on lui avait promis… Etait-ce donc cela ?
Il n'imaginait pas telle souffrance pour y parvenir… Mais il réussirait, là où d'autres n'avaient pas eu le cran ou la chance d'être choisis. Oui, il était choisi, il était l'élu. Il avait au moins cela.
Bellamy et Echo regardaient cette scène comme des scientifiques pouvaient regarder une mutation génétique en direct.
« Tu penses que qui craquera en premier ? »
« Tu plaisantes : on a affaire à des agents sur entrainés aux pires situations, contre une véritable bombe à retardement. Ca ne fait aucun doute que Clarke va vouloir les tuer à la moindre occasion. »
« Je te préviens, il est hors de question que je sois mêlée de près ou de loin à ça. »
Bellamy gloussa alors « Ca risque d'être intéressant… »
« Ou totalement flippant. »
« C'est mon bureau. » lança Clarke en s'affalant dans son fauteuil. Mais devant l'air presque dégouté de la paire d'agents devant elle, elle perdit son sourire « Bref, vous voulez quoi exactement ? »
« Vos dossiers en cours sur cette affaire. »
« Je peux vous poser des questions ? »
« Si ça ne dépasse pas le cadre du secret professionnel. » répondit sur un ton neutre Lincoln.
« Agent Lewis c'est bien ça ? » Il opina « Ouais, écoutez, ces histoires de secret défense, c'est des conneries. » Woods et Lewis haussèrent un sourcil, surpris « Je fais partie de l'équipe je vous signale. Et si vous ne partagez pas vos infos, vous pourrez vous mettre les miennes là où je pense… Et notez bien que je suis polie parce que mon boss m'a demandé de l'être mais vous voyez l'idée hein ? On parle ici de votre popotin, à tous les deux, bien que très charmants, je n'hésiterais pas à en égratigner l'intégrité. »
Lewis et Woods se regardèrent alors puis, leur arrière-train respectif, avant de reporter leur attention sur Clarke « C'est on-ne-peut-plus-clair en effet. » répondit sobrement l'agent Woods.
« Super, alors maintenant que c'est clair, on va pouvoir se dire les choses sans secret ni tout ce bordel, on est bien d'accord. » Lewis haussa de nouveau un sourcil avant d'esquisser un léger sourire. Elle se leva alors et ouvrit son tiroir pour en sortir un dossier « C'est celui de la fille qu'on a trouvé un mois plus tôt. Je suppose que vous avez pas besoin des rapports du légiste, j'ai vu vos collègues en costards à l'hosto. »
« Exact. » répondit la jeune femme.
Clarke se tourna vers elle et fronça les sourcils « J'ai pas saisi votre prénom. »
« Peut-être parce que je ne vous l'ai pas donné. »
« Ah c'est ça… Et du coup… ? »
« On s'en tiendra à agent Woods. »
« Super. J'adore le protocole, je suis sa meilleure amie. »
« Donc, pouvons-nous avoir ces dossiers ? »
« Attendez, si vous les prenez, qu'est-ce qui me dira que vous n'aller pas partir avec et me planter ?! »
« Capitaine Griffin, nos services travaillent en étroite collaboration avec les vôtres, que ça nous plaise ou non. Ces meurtres ont été commis dans votre juridiction, mais nous en avons la charge depuis bien plus longtemps que vous. »
« Justement, c'est quoi cette histoire ? Vous êtes en train de me dire qu'il y a eu des meurtres similaires auparavant ? »
« Exact. »
« On parle de quoi… Un an ? Deux ans ? »
Les deux agents du FBI se regardèrent alors et Lincoln soupira « On parle de crimes remontant à une quinzaine d'années. »
« Sérieux ? La vache… »
« Pourrions-nous en parler ailleurs qu'au milieu d'un couloir ? N'avez-vous pas un bureau qui ressemble à autre chose qu'une décharge ? » lança la brunette
« Ah je vois le genre : vous, vous étiez la nana pimbêche, sûre d'elle qui marchait au milieu du couloir, sortait avec le quaterback et secouait les pompons des cheerleaders, en se foutant des pauvres filles comme moi au lycée, non ? »
L'agent Woods fronça le nez et soupira bruyamment « Alors ? Un bureau, oui ou non ? »
Clarke se leva alors « Ok, venez. J'ai un endroit parfait. »
« C'est une blague ? » lança l'agent Woods en voyant où les avait conduis Clarke
« Bah quoi ? Ici, on sera tranquille. »
La jolie blonde les avait amenés dans un petit parc non loin du bureau de police, non sans acheter, au passage, un hot dog à un vendeur non loin. Assise sur un banc, elle invita les agents à faire de même. Après hésitation, Lincoln fut le premier à s'asseoir, mais l'agent Woods, elle, resta debout, peu encline à se laisser aller de la sorte.
« Ok alors c'est quoi l'histoire ? »
« Nous nous penchons sur cette affaire depuis des mois maintenant. Elle a été commencée par d'autres agents, maintenant à la retraite. »
« Donc, il s'agit quoi… D'un serial killer qui a la soixantaine ? »
« On imagine oui. »
« Sérieux, ça existe ? Je veux dire, il a encore la force et la foi pour tuer ? »
« Il faut croire. » répondit Woods
« Et donc, vous le savez parce qu'il utilise la même technique ? » Les deux agents se regardèrent alors et Clarke se pinça les lèvres « Ok, si vous ne jouez pas le jeu, vous pouvez aller vous faire voir ! »
« Pardon ? »
« Vous avez peut-être des infos, mais les deux derniers meurtres ont été commis ici, sur mon terrain. Un terrain que je connais par cœur. Je connais les SDF, les voisins, les possibles témoins et autre… Vous y arriverez peut-être sans moi, mais ça sera tellement plus long et difficile. »
Woods mordit sa lèvre et soupira « Ce meurtrier a commis son premier meurtre il y a plus de 20 ans. C'était un homme, d'une quarantaine d'années, découvert sur les bords de la côte atlantique, dans l'état de New-York. Le corps présentait des brûlures d'origine inconnue. L'affaire est tombée dans l'oubli lorsqu'un mois plus tard, un autre corps, présentant le même genre de marques sur le corps, fut découvert à plus de 100 km de là. Après autopsie, le légiste en a conclu qu'ils avaient subi le même type de brûlure, ce qui nous a suffit pour relier les deux cas. Puis les semaines suivantes et durant plusieurs mois, des dizaines et des dizaines de corps ont été retrouvés. Ils n'avaient, au premier abord, aucun point commun : âge, sexe, race… L'identification fut impossible tant les brûlures avaient détérioré les empreintes digitales. »
« Donc, la seule chose que vous savez c'est… Qu'ils sont tous morts de la même façon ? »
« Exact. Et qu'ils portaient tous au moins un vêtement identique. »
« Un vêtement identique ? »
« Un habit en lin. Les femmes retrouvées le portait en robe, les hommes avaient au moins un pantalon. »
« Mais sur les dernières victimes, on a pas retrouvé ça… »
« Si, mais ils ont été détériorés par les circonstances : l'eau pour la dernière victime en est un flagrant exemple. »
« Donc : des personnes, s'habillant pareil, meurent de la même façon. » résuma Clarke « Ca rime à quoi ? C'est genre… une secte ? »
Lincoln sourit « Ce sont nos suspicions. »
« Vous vous marrez parce que vous pensez que je suis trop con pour en arriver à cette conclusion ? »
« Absolument pas. »
« Ouais, à d'autre… Bref, maintenant qu'on sait ça, est-ce qu'on a au moins le moindre indice sur le type de secte concerné ? »
« Non. Nous avons sillonné les principales sectes du pays, mais rien ne s'apparente à ce que nous avons. »
« Il s'agirait peut-être d'une secte plus restreinte, comme une secte familiale, un clan, plus difficile à dénicher. » ajouta Lincoln aux propos de Woods.
« Et donc, c'est quoi la prochaine étape ? »
« Nous allons interroger le SDF qui a trouvé le corps. »
« Je viens avec vous. » Et devant le regard surpris des deux agents, Clarke rajouta « C'était pas une question. » Puis elle se leva et prit les devants, laissant Woods et Lewis en retrait.
« Eh bah… Ca ne sera pas une partie de plaisir… » concéda Lincoln
« Elle va nous freiner. Je ne comprends pas pourquoi notre hiérarchie s'est laissée faire… »
« C'est un bon élément, selon ses supérieurs. »
« C'est un électron libre, et nous n'avons pas besoin de forte tête. »
Lincoln sourit « Un sacré tempérament… Elle devrait te plaire. »
Woods leva les yeux au ciel et donna un coup de coude dans les côtes de son partenaire « La ferme. »
Les interrogatoires étaient le domaine privilégié de Clarke. Elle usait de tous les stratagèmes pour parvenir à ses fins, y compris les moyens à la limite de la légalité. Ses collègues fermaient bien volontiers les yeux pour autant qu'elle obtenait des résultats probants.
Et lorsqu'elle entra dans la salle attenante à celle des interrogatoires, séparée par une vitre sans teint, elle eut la surprise de voir deux nouveaux agents.
« Laissez-moi deviner : costards, cravate, mine grave. Il ne manque plus que l'oreillette et les lunettes noires et vous auriez pu entrer au casting du prochain Men In Black les gars… FBI je suppose ? »
L'un des agents, une grande blonde typée asiatique, la fusilla du regard avant de la toiser de haut en bas d'un air dédaigneux, tandis qu'un homme, noir, plus âgé, se posta devant elle « Agent Thelonious. »
« Thelonious… ? C'est un nom ça ? » plaisanta Clarke. L'homme fronça les sourcils alors d'un air menaçant et Clarke perdit son sourire « Ouais euh, désolée. Clarke Griffin. »
Il lui serra la main avant de se tourner vers la blonde « Voilà l'agent Reynolds. » la blonde opina silencieusement, Clarke fit de même « Nous prenons en charge cet interrogatoire. »
« Pardon ? Non, je ne crois pas. »
« Excusez-moi ? »
« C'est mon poste ici… Enfin, théoriquement celui de mon boss, mais on est dans ma juridiction, dans ma ville… »
« Griffin, stop ! »
La voix de Marcus Kane venait de résonner dans la pièce, faisant sursauter la jeune femme tandis que les agents du FBI restèrent stoïques.
« Mais… »
« Ils vont mener l'interrogatoire. »
Après quelques secondes de tension silencieuse, les agents décidèrent d'entrer dans la salle, non sans un discret sourire de l'agent Reynolds, sourire que Clarke remarqua « Et merde… » grogna-t-elle
« Griffin ! »
« Quoi ?! » lança-t-elle en faisant volteface. Elle inspira profondément comme pour se calmer en face de Kane « Pardon mais… Merde, j'ai l'impression d'être une nana gourmande à qui on impose un régime… »
« Je sais ce que vous ressentez, moi-même je me sens mis sur la touche… Mais nous n'avons pas le choix. Je vous rappelle que votre présence est seulement une amabilité que nous fait le FBI. Ils auraient tous les droits de nous évincer totalement de l'enquête. »
« … »
« Vous devez prendre sur vous. »
Clarke soupira lourdement en levant les yeux au ciel « Et merde… »
« Je sais. Mais si vous voulez rester en contact avec votre enquête, vous devez mettre de l'eau dans votre vin. »
Clarke se tourna alors et vit les deux agents s'asseoir en face du clochard. Elle posa sa main sur la vitre sans teint avant d'allumer le haut parleur.
« Donc… Vous avez trouvé un corps. » lança la jeune femme blonde
« Ouais… » grommela le clochard, peu en confiance devant ces deux individus inconnus
De l'autre coté de la vitre, Clarke ruminait « Putain, il dira rien. Ils lui apparaissent comme des ennemis : deux personnes qu'il ne connait pas, habillés de costard qu'il ne portera jamais, arborant des montres de luxe… Il les déteste déjà… Il dira rien. »
« Je suis d'accord. » lança Kane « Mais laissons-les s'en rendre compte. Lorsqu'ils se seront heurtés à un mur, ils viendront te voir. » sourit-il en posant une main amicale sur son épaule.
Clarke esquissa un faible sourire de satisfaction en sachant que son patron avait probablement raison. Elle attendit alors, scrutant l'interrogatoire.
« Bien… Vous l'avez découvert ce matin. »
« La nuit… » rectifia d'une voix rauque le clochard affalé sur la table, la tête soutenue par son bras accoudé à la table en fer.
« Oui la nuit. Donc… Avez-vous vu quelque chose ? »
« … »
Les deux agents se regardèrent, quelque peu décontenancés par l'attitude du vieil homme « Avez-vous vu quelque chose ? » redemanda la femme, un ton quelque peu agacé.
« Nope. »
« Etes-vous sûr ? »
« Vous me croyez pas ?! » argua-t-il soudain, irrité
Les deux agents se braquèrent alors et le clochard se racla la gorge avant de cracher par terre, rebutant ces deux derniers.
« J'ai faim ! » râla-t-il
« Vous aurez ce que vous voulez quand vous nous aurez répondu. »
« J'ai faim ! » répéta-t-il
La femme souffla, exaspérée, retombant sur le dossier de sa chaise, tandis que l'homme resta impassible, fixant le clochard comme s'il essayait d'en trouver la faille.
« Monsieur, vous êtes la seule personne qui était sur le lieu du crime, vous pouvez nous aider à… »
« … J'ai rien à voir là dedans moi ! »
« Nous savons. Nous savons aussi que vous êtes la seule personne qui puisse nous aider à retrouver le meurtrier. »
« Je connaissais pas ce type… »
« Vous ne l'avez jamais vu dans les parages ? »
« En même temps, il avait une sale gueule là… » ricana-t-il avant de partir en rire gras incontrôlé, ce qui fit naitre des grimaces sur les faces des deux agents.
« Monsieur… »
« Je suis pas un monsieur ! » hurla-t-il, tandis que la femme sursauta, ayant pour réflexe de mettre la main sur sa ceinture, à l'endroit où reposait son arme. Le clochard s'en rendit compte et sourit de toutes ses dents pourries « Vous comptez me flinguer aussi hein ? »
« … »
Il était certain que, si elle avait pu, la jeune femme aurait répondu par l'affirmative, mais il lui fallut tout le self control de la terre pour rester impassible.
Soudain, la porte de la pièce s'ouvrit, les deux agents se retournèrent pour voir apparaitre Clarke « Allez, finis les conneries. » Elle vint s'asseoir au coin de la table, non loin du clochard et lança un bout d'aluminium devant lui.
Lorsqu'il comprit de quoi il s'agissait, il essaya de l'attraper mais Clarke, plus rapide, mit la main dessus avant lui « Hep, tu l'auras quand tu m'auras parlé. »
« … »
« Sandwich poulet crudités… Ca doit être bon, tu penses pas ? C'est quoi ton nom ? »
« Marco. »
« Marco… T'as pas envie de ce sandwich tout frais ? »
Le clochard se redressa, intéressé, et passa sa langue sur ses lèvres avant de regarder la jolie blonde « J'ai vu personne… »
« Tu es sûr ? »
L'homme grogna et retomba sur le dossier de sa chaise « J'en sais rien, c'est pas comme si y'avait foule ici… et il faisait nuit. »
« Justement… Y'a rien qui t'a paru étrange : des gens, des mouvements que tu n'as pas l'habitude de voir. C'est ton coin par là, ton domaine… »
Le clochard se redressa, pas peu fier de se sentir important, même un faible instant « Ouais c'est vrai… »
Les deux agents derrière Clarke levèrent les yeux face à cette manœuvre certes rustique, mais efficace. Clarke, quant à elle, sourit faiblement, sachant pertinemment qu'elle le tenait alors :
« Bah ouais… Y'a que toi qui puisses nous aider sur ce coup. Tu connais le terrain, t'es là depuis un moment… Allez, concentre toi et ce sandwich, et ses petits frères, sont pour toi. »
Le clochard soupira alors et se gratta la barbe fournie qui médaillait son visage. Et après quelques secondes de silence, et tandis que les deux agents allaient baisser les bras et quitter la pièce, la voix rauque et grave du clochard retentit :
« Y'a bien ce mec… »
« Un mec ? Quel mec ? »
« Il était bizarre… Je marche bizarrement moi, parce que vous voyez j'ai une goutte qui a flingué mon pied droit et du coup… »
« Bref, cet homme ? » coupa la jeune agent du FBI, agacée
Mais voyant qu'elle l'avait presque frustrée, Clarke se tourna de nouveau vers le clochard et relança « Ouais, ça doit faire un mal de chien, je peux comprendre. »
« Ouais… » dit-il en déviant son regard noir de l'agent pour le radoucir vers Clarke « Ca fait vachement mal… »
« J'imagine… Et donc, ce mec avait une démarche bizarre ? »
« Ouais, on avait l'impression qu'il trainait quelque chose mais… Il avait rien, enfin je crois. »
« Vous croyez ou vous êtes sûr ? » lança le second agent
« Il faisait noir bordel, j'peux pas être sûr ! » s'énerva le clochard
« Du calme, y'a pas de soucis Marco. Concentre-toi. Il faisait nuit, tu te cherchais un coin pour dormir… »
« … Je fais toujours un tour ici parce que, vous comprenez, la journée, les touristes qui viennent sur les docks, ils laissent toujours des trucs ou ils les balancent par-dessus bord… Le soir, avec les vagues, ils reviennent sur la rive. »
« Et c'est là que tu as trouvé le cadavre. »
« Ouaip. »
« Et donc, avant ça, tu as vu un homme… Tu pourrais me dire comment il était ? Genre : grand, petit, baraqué, maigrelet, as-tu vu s'il avait des cheveux ? De quel couleur ? »
« Je pourrais pas dire pour les cheveux, il faisait trop sombre, et puis il portait genre une capuche ou un truc du genre. Il était assez grand, je dirais comme ce mec là… » dit-il en pointant du doigt l'agent noir assit derrière Clarke.
« Hm ok… Assez grand donc. Il était blanc ? »
« Ouais… »
« Donc, si tu as vu sa couleur c'est que tu étais assez près non ? »
« Ouais… J'en sais rien… »
« Tu disais qu'il marchait comme s'il tirait quelque chose, mais il ne tirait rien… »
« Il boitait peut-être… Ou alors il avait marché dans la merde, et dieu sait qu'il y en a qui traine par là-bas… »
La femme du FBI soupira, de plus en plus agacée « Ca ne sert à rien. »
Le clochard la fusilla du regard avant de se tourner vers Clarke « Hey je sais c'que je dis ! Je suis pas fou. » Il pointa du doigt la femme en costard « Vous pensez que parce que je suis un clochard qui fouille les poubelles je vaux moins que vous ! Mais j'ai des diplômes moi ! J'ai été à l'école ! »
« Du calme Marco, je te crois. » essaya de le calmer Clarke « On essaie juste de retrouver le salaud qui a fait ça. »
« … »
« Il est dangereux. Il a tué plusieurs personnes… »
« Ouais, ça craint. »
« Tu l'as dis. Alors, si tu nous aides à le coincer, à notre tour, on pourrait t'aider tu sais. »
Le clochard ferma brièvement les yeux, comme pour essayer de se remémorer les faits « Il avait rien dans les mains, je crois juste qu'il essayait d'être discret. Mais j'étais le nez dans les poubelles, il m'a pas vu. J'ai regardé que quelques secondes… Qu'est-ce que j'en avais à foutre de ce mec après tout ? Au mieux c'était un clampin qui s'était perdu, au pire c'était un autre clochard qui essayait de prendre mon coin. »
« Et tu ne penses pas que c'était ça ? Un autre clochard je veux dire… »
« Non, il portait des fringues trop bien. »
« Comme quoi ? »
« Un sweat à capuche… »
« Tu n'as vu que ça ? »
« Ouais je crois. »
« Il avait doc rien dans les mains ? »
« Non, pas que je sache, j'vous ai dis, je l'ai regardé que quelques secondes à peine… »
« Hm ok… On aura peut-être besoin de te reparler tu sais, tu vas nulle part. »
« Ouais, vous voulez que j'aille ou ? »
Clarke lui sourit et lui tendit le sandwich enrubanné dans l'aluminium « Merci Marco. »
« De rien mamzelle. »
Il arracha le papier argenté avant de croquer à pleines dents dans le sandwich et soudain, il se mua dans un mutisme dont personne ne pourrait l'en sortir. Clarke le comprit et se leva de la table avant de jeter un œil vers la paires d'agents, leur signifiant de sortir aussi.
Une fois dans le couloir, la femme prit les devants « Qu'est-ce qu'il vous a pris ? Débarquer comme ça en plein milieu d'un interrogatoire ! »
« Ah parce que vous appeliez ça un interrogatoire ?! Vous étiez en train de ramer plutôt ! Il ne vous aurait rien dit parce que vous vous y preniez comme des pieds. »
« … »
« C'est un clochard bon sang ! Et vous vous débarquer avec vos costards à des centaines de dollars, votre coiffure impeccable et vos Rolex au poignet… Vous le prenez de haut et le jugez avant même qu'il n'ait ouvert la bouche. Moi aussi, à sa place, je me serais foutu de votre gueule… En attendant, si je n'avais pas été là, il aurait rien craché. »
La jeune femme hoqueta alors « Ah oui ? Et qu'a-t-on appris justement ? Rien. Un homme blanc, avec une capuche qui marchait bizarrement… Et encore, il n'en ait même pas sûr. C'est flagrant : nous avons avancé dans l'enquête. »
« C'est toujours mieux que rien. Ca peut ajouter une piste comme ça peut en éliminer une autre. »
« Vous avez raison. » lança Thelonious « Nous avons pris le problème du mauvais sens. Vous êtes plus avisée sur ce terrain. » La jeune asiatique le fusilla du regard avant qu'il ne précise « Elle a raison sur un point : il ne nous aurait pas parlé. Mais à elle oui. Elle connait le terrain, ses habitants, leur façon de penser… Avec ce clochard, le capitaine Griffin n'a pas simplement fait parler cet homme, elle a ouvert une porte. »
« Une porte ? »
« Les gens de la rue parlent. Ils sont un réseau à eux seuls. Il suffit qu'ils soient un peu curieux pour que cet homme leur parle, et de fil en aiguille, les langues peuvent se délier, et certains même peuvent venir nous voir spontanément. »
La jeune femme haussa un sourcil avant de se tourner vers Clarke « Huh… Si elle savait encore ce qu'elle faisait… »
Clarke se retint de lui tendre un majeur bien droit et rongea son frein. Elle savait que ses méthodes étaient peu orthodoxes, mais elles avaient souvent réussi, elle l'avait encore prouvé aujourd'hui.
« Et quand il aura dit à tout le monde qu'une flic donne de la bouffe gratuitement, on verra débarquer des dizaines de clochards, prêts à nous dire n'importe quoi pour avoir de la bouffe… Des dizaines et des dizaines de faux témoignages pour de la nourriture, génial. »
« Tu l'as mauvaise parce que tu t'es heurtée à un mur, et pas moi, pauvre flic d'un trou perdu, qui a réussi là où un agent du FBI surentrainé a échoué. »
La jeune femme esquissa une grimace de dégout, pour le plus grand plaisir de Clarke, avant de se tourner vers son coéquipier « On va y aller. »
Thelonious opina avant de se tourner vers Clarke et Kane et de les saluer. Puis Kane se tourna vers Clarke et soupira « Ca aurait pu être pire. »
La jolie blonde gloussa « Ca pourrait être mieux, si ces connards n'étaient pas dans les parages… »
« On devrait faire avec. En attendant Griffin, profil bas. »
« Bien sur patron, vous me connaissez… »
Kane leva les yeux au ciel et, avant de sortir, s'arrêta « Il est tard, rentrez chez vous, profitez de votre fille. Nous voyons assez d'horreur comme ça. »
Clarke opina et ne tarda donc pas, oubliant quelques instants ces parasites d'agents qui gangrénaient son poste de police. Elle se sentait bafouée et presque épiée dans ses propres murs. Alors, quand elle sortit du bâtiment, elle prit une longue et profonde inspiration avant de sortir son téléphone et de composer un numéro.
« Ray c'est moi… J'arrive. » Elle sourit, puis raccrocha.
Sans perdre de temps, elle monta en voiture et retourna chez elle, retrouvant son amie affalée sur le canapé, zappant nonchalamment de chaine musicale en chaine musicale, Jasper ronronnant sur ses genoux.
« Hey… »
« Hey Clarkie. Alors, ta journée ? »
Pour toute réponse, Clarke tomba aussi lourdement qu'elle put sur le canapé en soufflant « Ah je vois… C'était lourd ? » puis elle caressa le chat qui ronronna de plus belle.
« Ces saloperies d'agents qui empiètent sur mes plates-bandes. Je leur encastrerais bien la tête dans un mur. Avec leur air hautain, leurs manières de bourges et de mieux savoir que nous, pauvres péquenots que nous sommes. »
« Détends-toi… »
« Facile à dire pour toi. Imagine qu'on vienne te prendre ton ordi parce qu'on prétend mieux s'en servir que toi. »
« Le premier qui fait ça, c'est clair que je lui pose une mise à mort sur la face. »
Clarke sourit « Ouais… En attendant, je dois faire avec… » Elle soupira et resta silencieuse quelques secondes avant de reprendre la parole « Madi ? »
« Oh elle dort depuis un moment, elle a fait une sortie avec l'école, elle est allée voir… Euh, merde, c'est quoi déjà… Ah oui ! Le musée des Arts, à Washington… »
« Wow… Je ne me souvenais plus qu'elle avait une sortie aujourd'hui… Je suis totalement à la masse… Je suis la pire mère de l'année. »
« Voire du siècle. » répliqua avec un sourire Raven « Hey, t'en fais pas, elle sait que tu es flic et que tu es occupée. Elle est super fière de toi. »
« Ouais… » peu convaincue, elle grimaça quand même, s'enfonçant un peu plus dans le canapé « Je vais la voir ! »
« Fais ça, je prépare la pizza. »
Clarke leva un pouce d'acquiescement avant d'entrer doucement dans la chambre de sa fille, aux couleurs pastels jaune et orange, ses couleurs préférées. Son lit était surplombé par une immense toile de tulle jaune. Elle avait d'immenses étoiles au mur, et un tapis en forme de soleil souriant. Oui, définitivement, le jaune était sa couleur.
Clarke s'assit au bord du lit et dégagea le visage de sa fille de quelques mèches vagabondes. Elle semblait paisible et calme, un léger sourire sur les lèvres, témoin d'un rêve potentiellement agréable. Puis son regard fut attiré par un objet brillant sur sa table de chevet : un médaillon en forme de demi-cœur. Elle sourit et toucha instinctivement son collier, formant la deuxième partie. Madi le lui avait offert pour son anniversaire l'an dernier, et depuis, elle ne l'avait jamais retiré, le prenant pour un véritable porte-bonheur.
Elle savait que, chaque nuit, Madi l'enlevait par peur de le casser. Habitude qu'elle avait prise et que Clarke aimait à satisfaire : dès qu'elle le pouvait, elle bordait sa fille, partageait avec elle sa journée, puis lui enlevait son collier avant de la border et de l'embrasser une fois sur le front et une fois sur le bout du nez.
Mais elle perdit vite son sourire lorsqu'elle pensa que cela faisait déjà quelques jours que ce rituel avait disparut. Avec cette affaire de double meurtres, elle était constamment au bureau, délaissant son foyer et sa fille bien trop à son gout. Elle fronça les sourcils et soupira… Puis soudain sa fille papillonna les yeux et tourna lentement la tête « Maman ? »
« Hey chérie… Je t'ai réveillée… »
« Hm nope… »
Clarke savait pertinemment que c'était faux, mais elle ne releva pas. Elle lui caressa la joue lorsque sa fille se redressa pour s'asseoir contre sa tête de lit « Tu viens de rentrer ? »
« Oui. Désolée d'avoir loupé ta sortie, j'ai complètement zappé. »
« T'inquiète, Raven a géré. »
Clarke pouffa de rire « Clairement, et comme beaucoup de fois. »
« Tu sais, j'ai pris l'habitude d'avoir une deuxième maman à présent. »
« Oh oui j'imagine. » Elle se pencha pour l'embrasser sur le front
« Alors, c'est une grosse affaire ? »
Clarke lui sourit « Très grosse. Y'a même le FBI sur le coup. »
« Wow ! Le FBI ? Genre Mulder et Scully. »
« Genre ça. » sourit Clarke
« Et bah, ça doit être un gros truc. »
Clarke parlait parfois de ses affaires en cours : des vols, des disparitions, simplement pour conclure généralement par une petite leçon de morale. Mais lorsqu'il s'agissait de suicide, de meurtre ou de choses de cet acabit, elle préférait encore préserver sa fille du monde de fou dans lequel elle évoluerait plus tard.
« Oui un très gros truc. Et du coup, ça m'a pris les deux derniers jours, je suis désolée. »
« C'est pas grave, tu vas te rattraper ce week-end ! » s'enthousiasma la petite fille
« Ce week-end ? »
« Bah ouais, t'as oublié l'anniversaire de ta propre fille ?! »
Clarke écarquilla ses yeux bleus « Qu… Quoi ? Non, bien sur que non voyons ! »
Madi sourit « J'aurais 10 ans. C'est cool, je vais enfin avoir deux bougies sur mes gâteaux ! Au fait, cette tablette… »
« Houlà jeune demoiselle, doucement. »
« Mais tu avais dis… »
« Je sais ce que j'ai dis chérie. Nous ne sommes que lundi soir, nous avons encore quelques jours pour voir ça. En attendant, il est tard et tu as école demain. »
« Tu travailles demain ? »
« Chérie… L'affaire sur laquelle je bosse est vraiment compliquée… » mais en voyant la moue boudeuse de sa fille, Clarke sourit en lui caressant la joue « Mais je t'accompagnerai demain matin, promis. »
« Super ! »
Et c'est sur le sourire de sa fille que la jolie blonde quitta la chambre pour rejoindre Raven qui entamait une énième bière.
« Tu devrais lever le pied non ? »
« Pas si je dors ici ce soir… »
« Rappelle-moi quand tu bosses toi ?! » lança ironiquement la jeune femme
« Dans un bureau exigu avec des collègues aussi geek que moi qui bossent dans la sueur entre un écran d'ordi et une part de pizza froide. »
Clarke sourit : quelle chance avait-elle de faire de sa meilleure amie, une collègue de travail ? Raven était informaticienne, spécialisée dans le décorticage des données informatiques diverses impliquées dans une affaire : un téléphone, un ordinateur, une tablette, mais aussi un ordinateur de bord, Internet… Rien n'échappait à Raven Reyes. Elle était douée et l'on faisait souvent appel à elle pour conclure une affaire en trouvant les derniers indices déterminant. Elle faisait parfois équipe avec Clarke et c'était le moment qu'elles préféraient toutes les deux.
« J'accompagne Madi demain à l'école. »
« Hm… J'imagine que tu culpabilises de pas être la mère de l'année... »
« La ferme, je suis déjà assez mal comme ça pour pas que tu en remettes une couche. Cette affaire va me bouffer tout mon temps et mon énergie… Et je déteste ça d'avance. »
« Détends-toi, tout se passera bien. »
« Avec ces agents à la con collés à mes fesses ? Je crois pas non… »
« T'aimerais peut-être ça. »
« Quoi donc ? »
« Que l'un deux te colle un peu… »
« Tu rêves. »
« Allez, allez, dis-moi à quoi ils ressemblent ? Est-ce que ce sont les parfaits clichés qu'on peut voir dans les films : des mecs hyper stylés, classes, beaux gosses mais terriblement antipathiques ? »
« Quelque chose comme ça. Et y'a pas que les hommes, les femmes sont pareilles. »
« Hm, intéressant… Dis m'en plus. »
« Tu sais que, fatalement, tu vas finir par les rencontrer. »
« Je sais, je sais… Mais je déteste les surprises. Alors, raconte. »
« Y'a un mec, assez classe, baraqué, un mec typé musclé au crâne rasé… Lewis… Lincoln Lewis. »
« Continue. »
« Y'a, ce qu'il semblerait être, leur patron sur cette affaire, un black au regard vindicatif, genre, monsieur-je-sais-tout, qui te prend de haut et semble tout savoir. »
« Charmant. Et les filles ? »
« Hm, y'a cette étrange métisse… Indonésienne je dirais. Physiquement pas mal mais alors… Un foutu caractère qui n'a rien à envier à son supérieur. Quant à la seconde, dont le nom m'échappe… Il ne m'a pas marqué plus que ça : entre discrétion et ignorance de ma personne… »
« Super, j'ai tellement hâte de bosser avec eux… »
« Y'a des chances que ça soit bien plus vite que ce que tu penses. »
« Super… En attendant, bière ? »
Clarke soupira en souriant « Bière. »
TBC
