Hello hello, la find es vacances approche... COURAGE !
En attendant, une petite suitounette. L'enquête avance mais le clexa reste pour l'instant en filigranne, mais PROMIS il y en aura bientôt ;)
ENJOY
Avancée
« Nous devons accélérer le processus. »
« Combien de temps ? »
« C'est une histoire de quelques jours, au plus, deux semaines. »
« Nous ne pouvons plus continuer ainsi. Nous allons finir par éveiller les soupçons. »
« Il nous faut d'autres… »
« … Je sais. Mais nous devons être prudents. »
« Les gens ne comprendraient pas. »
« Les gens ne peuvent pas comprendre. »
« Merde, ça commence bien… » marmonna Clarke en arrivant au bureau, un café noir entre les mains, lorsqu'elle vit les deux agents femmes l'attendant dont l'une était assise à sa place.
« Ca va ? Pas de gêne là ?! »
La jeune femme, l'asiatique comme l'appelait Clarke, sourit et se leva en soupirant « Griffin, il faut qu'on parle. »
« Ah super, vous vous êtes rendus compte que vous étiez inutiles et que vous alliez rasseoir vos jolis petits culs sur vos fauteuils en cuir du FBI ? »
« … »
« … »
« … »
« Ouais bon, si c'est pas ça, vous pourriez au moins me dire un truc. »
« Nous avons une piste. »
Clarke écarquilla les yeux « Sérieux ? »
« Venez. »
Clarke ne se fit pas prier. Pourtant, dieu sait qu'elle avait des a priori sur ces agents, mais si elle ne voulait pas être évincée totalement de l'affaire, elle devait aussi coopérer. Les trois femmes se rendirent alors dans une salle d'interrogatoire vide.
« C'est quoi tous ces mystères ? »
« Mathias Telford. »
Sur ces mots, l'agent Reynolds posa devant elle un avis de recherche datant d'une dizaine d'années.
« Vous êtes sérieux ? Cette photo date et le visage de l'homme qu'on a trouvé sur la rive était impossible à identifier. Comment vous avez fais le rapprochement ? »
« Un détail. » Anya pointa une phrase : signes distinctifs, à coté duquel figuraient les mots : tatouage sur le pied en forme de rose des vents et une large cicatrice au bras droit, suite à un accident de voiture à l'âge de 16 ans.
« Laissez-moi deviner, vous avez retrouvé ses signes distinctifs chez lui ? »
Woods opina « Nous avons rentré tout ce que nous avons trouvé sur ce corps dans notre base de données : cicatrices, tatouage, plombage… Tout ce qui aurait pu nous aider à l'identifier. »
« Et donc, ce Mathias Telford…. Il a disparu depuis plus de 10 ans ? Il vient d'où ? »
« Il a disparu à l'âge de 21 ans. Il a fugué. Sa famille habitait, à l'époque, à Memphis au Texas. »
« Sa sœur, Mandy Telford, avait témoigné, à l'époque, que son frère avait un groupe de connaissances qui était étrange. »
« Etrange ? »
« Ils sortaient tous les soirs, son frère revenait au petit matin, parfois encore saoul. »
« Attendez, vous avez appris ça cette nuit ? »
« On dort peu. » lança Anya
« Ouais, faut croire. Vous avez parlé à sa famille ? »
« Pas encore. Le père de famille est décédé d'un cancer il y a cinq ans, la mère a déménagé il y a deux ans pour Boston. Quant à la sœur, elle est fiancée et vit à Seattle. »
« Super, ça va être pratique pour lui parler. »
« Nous l'interrogerons par vidéo conférence, c'est prévu pour 11h. »
« Non mais sérieusement ? J'ai mon mot à dire à un moment donné ou pas ? »
« Ou pas. » répondit Woods, un léger sourire sarcastique sur les lèvres
Clarke la fusilla du regard : elle avait beau avoir un charme fou, un regard perçant et des lèvres qu'on aimerait caresser de sa langue, elle lui tapait sur le système comme rarement une personne l'avait fait avant cela.
« Vous êtes vraiment… »
« Oui ? »
Clarke se mordit l'intérieur de la lèvre avant de soupirer « Ok, alors on fait quoi maintenant ? »
« Nous allons interroger sa mère. »
« Attendez… Vous avez son prénom et son nom. Il ne serait pas plus logique d'aller d'abord chez lui ? »
Anya sourit « Parce qu'il n'a pas de chez lui. Officiellement, il ne vivait nulle part. »
« Un clochard donc ? »
« Surement… Il a disparu de la circulation quelques semaines après sa fugue. On a noté des retraits de fonds jusqu'à épuisement du compte. Quelques vidéos par-ci par-là le montrant sortant de restaurants ou encore tirant du cash… Puis plus rien. »
« Ouais, en somme un mec qui, après avoir épuisé toutes ses ressources financières, est devenu un clochard. »
« Sauf que lorsqu'on regarde le rapport du légiste, il mentionne des actes médicaux postérieurs à sa disparition. »
« Ce qui sous-entend qu'il a fréquenté un lieu où il a pu être soigné, même de manière obsolète, durant plusieurs années. »
« Ouais donc c'est juste un mec devenu un clochard qui s'est fait soigné ses rages de dents dans des établissements qu'il pouvait se permettre… Genre, des installations bénévoles ou des associations pour personnes démunies qui offrent des soins au rabais, gratuits mais dont l'efficacité est à revoir… »
« Oui et non. On sait que les soins qu'il a subi n'était pas mauvais en soi, ils dataient juste d'un autre temps. Même les établissements sociaux ne peuvent faire des actes chirurgicaux tels d'un arrachage des dents de sagesse ou encore des appendicites. »
« C'est ce qu'il a eu ? »
« Entre autre oui… Et si l'on revient même au cas de cette femme trouvé plus tôt, elle aussi a certainement subi sa césarienne dans les mêmes conditions. »
« Donc quoi… Finalement c'était pas un clochard ? »
« Nous devons aller parler à sa famille… Peut-être que sa fugue à un rapport avec les retraits d'argents par la suite et sa totale disparition de la civilisation. »
Clarke commençait à se senti dépasser par cette enquête : des disparus, des retraits d'argent… Tout s'entremêlait, elle était perdue.
« Ok… Je… Je vous suis. »
Il était bien plu aisé de relier Washington à Boston en jet privé qu'en train ou voiture, c'est ce que constata Clarke, assise près du hublot, regardant de haut la ville qui grouillait de monde, telles des fourmis. Qu'espérait-elle trouver à Boston ? Des réponses sur ces meurtres ? Non, il était impensable que le dénouement se fasse ici et maintenant.
Toutes les informations recueillies ce matin se bousculaient dans sa tête et elle avait encore du mal à les traiter correctement. En face d'elle, les deux agents discutaient en s'échangeant des photos et autres papiers, certainement en rapport avec l'affaire. Elle aurait voulu les rejoindre mais elle sentait bien qu'elle ne faisait pas partie du club très fermé « des costards et lunettes noires ».
Alors elle se contentait de suivre, ce qu'elle détestait en temps normal. Elle repensa à cet homme qui avait fui son domicile, à peine majeur, qui avait pris tout son argent, qui n'avait plus donné de nouvelles… Et qui fut retrouvé une dizaine d'années après, mort, dans d'horribles circonstances.
Elle pensa soudain aux parents de cet homme. Comment leur annoncer que l'enfant qu'ils ont perdu a finalement été retrouvé ? Peut-être avaient-ils un mince espoir de le retrouver vivant ? Qu'il ne repasse le pas de la porte, tout sourire, en serrant sa mère dans ses bras ?
Et son père ? Mort sans savoir ce que son fils était devenu… Son cœur se serra alors.
« Griffin ? »
« Hm ? »
Anya venait de lui tapoter l'épaule « On est arrivé. »
Clarke, étonnée, se leva et constata par le hublot qu'elles étaient arrivées sur le tarmac. Elles descendirent du jet et furent accueillies par les autorités locales « FBI ? »
« Entre autre… » lança Woods sous le regard contrarié de Clarke
« Bien, j'ai reçu votre message. Voici les informations que nous avons sur Tessa Telford. »
Il donna un dossier à Anya avant d'inviter les 3 jeunes femmes à monter dans sa voiture. Ils roulèrent une dizaine de minutes avant d'arriver dans un quartier résidentiel privé de Boston. Lorsque Clarke sortit de la voiture, elle soupira : la maison n'avait rien de pimpant, c'était une petite maison de plain-pied, au toit brun et aux volets bleus ciel.
« On y va. » lança Woods en prenant les devants, suivie par Anya, puis par le policier et finalement Clarke.
Car sur toutes les affaires qu'elle avait traitées, Clarke n'aimait pas le moment où il fallait se confronter aux familles pour enquêter, ce moment où il fallait leur annoncer LA mauvaise nouvelle, celle qui ferait basculer leur vie.
Elle sortit de ses pensées lorsque la sonnette retentit et que la porte s'ouvrit sur une femme d'une soixantaine d'années, le visage quelques peu ridé et surmonté d'une paire de lunettes rondes. Même si elle portait un air fatigué sur le visage, elle n'en paraissait pas moins attendrissante, ce qui rendait le travail encore plus difficile pour les agents.
« Madame Telford ? »
« Oui ? »
Anya sortit son badge, suivie de sa coéquipière « Nous sommes du FBI. Pouvons-nous entrer ? »
« Il s'agit de Mathias ? » coupa la vieille femme
« Pouvons-nous entrer ? » réitéra Anya sur un ton neutre mais compatissant
« Dites-moi, je vous en prie, vous l'avez retrouvé ? »
« Oui madame. » répondit Woods
« Il… Il est mort, c'est ça ? »
Personne ne répondit, préférant baisser la tête par respect.
« Tessa, laisse-nous rentrer, s'il te plait. »
Le policier venait de prendre la parole, visiblement coutumier de la vieille femme qu'il semblait connaitre. Elle opina alors, un air abattu sur le visage mais, aucune larme ne coula, ce qui surprit Clarke.
Ils entrèrent dans un salon aux meubles vieillis, aux papiers peints jaunis par des années de cigarettes, idem pour les rideaux et autres voilages. La nicotine envahissait l'air, s'introduisant dans les narines de chacun. Elles durent s'habituer un instant avant que leur nez ne les pique plus.
« Asseyez-vous. » Alors qu'elle s'assit dans un large fauteuil en cuir marron clair dont l'assise était usée, témoignant d'un passage plus que fréquent à cette place. Et Clarke imaginait alors cette femme, tricotant ou faisant des mots croisés, assise à cette même place, devant la télé à regarder des feuilletons occupant une journée de retraite morne et longue.
« Alors, il s'agit bien de Mathias… Mon dieu… Vous… Vous devez me penser sans cœur mais… Je pensais qu'il était mort depuis bien plus longtemps. »
« Son corps a été retrouvé à Polis, une bourgade excentrée de Washington. »
« Washington ? Moi qui le pensais dans un autre pays, à l'autre bout de la terre… Il était finalement si proche. Comment ? Comment est-il mort ? »
« Nous ne le savons pas pour l'instant. Dès que nous avons découvert son identité, nous sommes venus vous voir. »
« Mais pourquoi le FBI ? »
« Il a été tué, et il semblerait que son meurtrier soit un récidiviste. »
« Vous voulez dire : un tueur en série ? »
« Oui. »
« Mais… Que s'est-il passé ? »
« Nous aimerions bien le savoir, c'est pour cela que nous sommes ici. Nous cherchons des réponses. Nous savons que votre fils a fui le domicile familial à l'âge de 21 ans… Racontez-nous. »
« C'était il y a si longtemps. Je crois… Je crois qu'il attendait d'avoir 21 ans. »
« Pourquoi ? » lança Clarke instinctivement
« Parce qu'après 21 ans, la « fugue » n'est pas reconnue, mais simplement une disparition. Les moyens mis en place ne sont pas les mêmes. » répondit Anya assez neutre.
« Exact. Il était majeur, il avait fini ses études, il pouvait faire tout ce qu'il voulait, y compris de partir. Et c'est ce qu'il a fait. »
« Pensez-vous à un facteur qui l'a poussé à partir ? Une dispute avec vous ? Un emploi fortuit ? Des connaissances ? »
A ces derniers mots, la vieille femme pouffa de rire « Des connaissances… A la fac, tout a changé. »
« Comment ça ? »
« Il a rencontré des gens… Je ne sais absolument d'où ni comment… Mais il a commencé à sortir le soir, à rentrer tard. Il avait sa chambre à l'université, mais son meilleur ami était comme un second fils pour nous. Ils étaient souvent ensemble mais au fil des mois, Mathias a commencé à s'éloigner… »
« Ce meilleur ami à un nom ? »
« John Deekan. Il a soutenu la famille lorsque Mathias a disparu. Nous sommes restés en contact : il est cuisinier dans un établissement dans le centre de Boston. »
« Avez-vous déménagé aussi à Boston pour cela ? »
« A la mort de mon mari, me retrouvant seul, il m'a proposé de venir dans sa ville. Il n'a pas eu vraiment de parents, il s'est beaucoup rapproché de nous, et encore plus lorsque mon fils a disparu. Il nous a soutenu, il fut là pour l'enterrement de mon mari. Il était présent dans beaucoup d'événements alors que cela aurait du être la place de Mathias. »
« Auriez-vous son adresse ? »
« Oui, attendez… » Elle se leva et prit son sac à main. Elle en sortit un portefeuille et une carte de visite qui affichait l'enseigne d'une pizzeria. Lorsque la vieille femme vit l'air surpris d'Anya, elle compléta « Il vit au dessus de son restaurant. »
« Oh, très bien. Revenons à Mathias. Quand avez-vous compris que son départ serait inévitable ? »
« Quelques mois avant sa disparition. Il revenait de moins en moins à la maison, disait qu'il envisageait de grands voyages avant d'entrer dans la vie active. Puis… Il parlait de vie de débauche et de décadence, que notre civilisation était une enfant égoïste… Des mots qui nous a fait penser qu'il avait intégré un groupuscule radical. »
« Je vois. Aucun indice dans sa chambre quand il est parti ? »
« Rien. Ni là-bas, ni chez nous. Ce qui me fait dire aussi qu'il avait préparé son départ depuis longtemps… Il avait tout méticuleusement empaqueté dans des cartons, comme pour un déménagement. Il n'a pris que quelques vêtements. Je savais que nous ne le retrouverions pas lorsque nous avons appris qu'il avait vidé son compte en banque. »
« Vous a-t-il présenté quelques personnes de ces nouvelles connaissances ? »
« Non… Un jour, il nous a présenté une jeune femme qu'il avait rencontrée dans sa fac. Elle semblait timide, et je me souviens que mon mari n'avait pas eu une bonne impression d'elle… »
« Pourquoi ? »
« Elle était discrète, trop disait-il, pour qu'elle soit en couple avec notre fils qui lui était un peu plus expansif. Ils n'avaient rien en commun. Et lorsque nous nous penchions sur leur rencontre, ils restaient très évasifs. »
« Je vois… »
« Je savais bien qu'un jour on viendrait à ma porte m'annoncer son décès. Je ne sais pas si je dois être soulagée, abattue ou énervée… Je me dis que j'aurais pu faire quelque chose, j'étais sa mère, j'aurais pu l'aider… »
« Vous savez, si quelque décide de ne pas être aidé, il fera en sorte que ça soit le cas. Vous n'avez rien à vous reprocher. »
« … »
Clarke vaquant son regard dans la pièce et tandis que tous se levèrent, elle s'arrêta sur une photo, posée sur un meuble « Madame Telford ? »
C'était la première fois qu'elle prenait la parole dans la demeure, ce qui surprit les eux agents.
« Oui ? »
« Vous fils était-il atteint de Xeroderma Pigmentosum ? »
La vieille femme haussa un sourcil circonspect « Pardon ? De quoi ? »
« Une maladie contraignant le patient à fuir la lumière du jour. »
« Hm non, absolument pas. Mathias avait beaucoup de torts, mais il n'était pas malade, au contraire, il avait une santé de fer. »
La jolie blonde fronça les sourcils un instant avant de lui tendre la main « Merci, et encore toutes mes condoléances. »
« Merci. »
Et lorsque les trois agents sortirent, le policier les arrêta « C'est quoi cette histoire de maladie ? Il serait mort de ça ? »
« C'est ce qu'on pensait… » grommela Clarke dont le cerveau était en ébullition.
« Griffin, on devrait y aller. » coupa Anya pour ne pas qu'elle révèle des éléments d'enquête
La belle blonde opina et remonta en voiture, l'esprit toujours embrumé d'infos « Nous devons trouver ce John Deekan. »
« Nous y travaillons. » lança Anya en agitant son téléphone
Clarke soupira alors et son regard se vissa au dehors, le paysage défilant jusqu'à arriver dans le centre ville. La voiture s'arrêtant pile devant la devanture d'un restaurant italien dont une énorme pizza en néons trônait.
« Pizzaland ? Il n'a pas gagné la médaille de l'originalité en tout cas… » grinça Anya
« On s'en fout de son originalité Anya. » lança Woods
Clarke s'aperçut alors qu'elle ne connaissait toujours pas le prénom de cette jolie brune au tempérament qui lui donnait autant envie de la cogner que de l'embrasser : ce genre de personne qui, si vous ne la connaissez pas encore, vous fait hésiter entre plusieurs impressions, et pas toutes des plus positives : haine et amour, indifférence et curiosité…
Cette Woods était pareille : elle ne connaissait que son nom et sa profession… Etait-elle mariée ? Avait-elle un chien ? Un chat ? Un enfant ? Avait-elle des hobbies ? Son apparente indifférence lui donnait envie d'en apprendre plus sur elle…
« Griffin ? »
« Hm pardon, j'arrive ! »
Lorsqu'elles entrèrent dans le restaurant, une forte odeur de pâte à pizza et de tomate cuite envahirent leurs narines.
« Mesdames, vous avez réservé ? » lança un homme tout sourire… Sourire qu'il perdit en voyant Woods et Reynolds brandir leur badge à l'unisson
« FBI. Nous cherchons John Deekan. »
« Johnny ? Il… Il est en cuisine ? Y'a un problème ? »
« Pouvez-vous lui dire de venir s'il vous plait. »
L'homme s'exécuta rapidement et un autre revint quelques secondes plus tard, un tablier autour de la taille et des traces de farine encore sur les mains « Mesdames ? Max m'a dit que le FBI me cherchait, sérieux ? »
« Pouvons-nous nous mettre à l'écart ? »
« Le rush ne va pas tarder… »
« Nous souhaitons juste parler de Mathias Telford. »
« Mat ? Merde… Ca fait un bail… »
« On peut s'asseoir ? » lança Clarke
« Bien sur, en quoi puis-je vous aider ? Vous l'avez retrouvé ? Il a des ennuis ? »
Pour toute réponse, Anya posa sur la place autour de laquelle ils s'étaient tous installés, une photo du cadavre.
« Ew merde… C'est Mat ça ? »
« Il semblerait. »
« La dernière fois que je l'ai vu, il n'était pas comme ça, je vous l'assure. »
« Il a été retrouvé mort i jours à Polis. »
« Polis ? C'est où ça ? »
« Près de Washington. »
« Il était pas si loin finalement… » soupira, en un sourire triste, Deekan « Qu'est-ce qu'il s'est passé avec… son visage ? »
« Nous n'en savons rien encore. Ce que nous souhaiterions savoir c'est pourquoi et comment il a disparu de la circulation du jour au lendemain. Sa mère nous a dit que vous étiez proches tous les deux. »
« Proches ? C'est peu de le dire. On était comme des frères : on a fait notre scolarité ensemble, on a dragué ensemble, on a fais les 400 coups… »
« Alors, racontez-nous. Que s'est-il passé ? »
« A la fac… On rencontre parfois les mauvaises personnes… Et on choisit la mauvaise voie. » dit-il le visage soudain fermé.
« C'est-à-dire ? Quelle rencontre ? »
« Ca fait longtemps maintenant… Mais j'ai souvenir qu'il m'a présenté cette fille… Elle était étrange, différente. »
« En quoi ? »
« Elle était discrète. »
Ce qualificatif avait déjà été utilisé par la mère de Mat Telford et cela commença à titiller la curiosité de Clarke « Discrète ? »
« Elle parlait peu, sortait très peu et incitait Mat à rester aussi à l'écart des événements : les soirées, les matchs… Il prenait peu à peu de la distance avec nous. »
« Et les cours ? »
« Il les suivait… Au début. Ensuite, ça a changé… Il s'absentait souvent des cours, il rentrait tard, jusqu'à ne plus venir même dans notre chambre… »
« Pourriez-vous faire un autoportrait de cette jeune femme ? »
« Elle a du changer depuis… Ca fait un bail… »
« Peu importe, la moindre piste peut aider. »
« Je… Je peux essayer, mais y'a pas grand-chose à dire : c'était une fille assez commune. Une brune, cheveux bouclés en bataille, les yeux noisettes. Elle était fine. » Il gloussa alors « J'me souviens que Mat avait refusé une sortie au ciné en prétextant qu'il devait aller en ville pour acheter un truc… Il est revenu avec une petite boite, et j'ai pensé que c'était genre, vous voyez, un bijou, type bague, pour sa copine… »
« En quoi est-ce drôle ? »
« Cette nana, elle était pas vraiment féminine… Pas de bijou, aucun. Pas de maquillage non plus. Je vous l'ai dis, elle était assez commune, voire insipide. Elle était… Ouais, bizarre… »
« Bizarre ? »
« Bah quand vous continuez de vous couvrir les jambes et les bras alors qu'il fait 25° dehors… »
« Tout le monde n'est pas à l'aise avec une jupe, un short, une robe ou un débardeur. » argua Clarke
« Ouais peut-être… Elle était assez blanche de peau, genre quelqu'un qui va jamais au soleil… » Il s'arrêta et écarquilla les yeux « Ouais, en parlant de ça, elle était bardée de tâches de rousseur : le visage, le cou, les mains… Et elle avait un grain de beauté au dessus de l'arcade gauche. »
« Vous saviez ce que cette petite boite contenait ? » lança curieusement Woods
« Non. J'ai pas pensé à lui demander, et il m'en a pas parlé non plus. D'ailleurs, avant sa disparition, on se disait plus grand-chose… »
« Quand l'avez-vous vu pour la dernière fois ? »
« Houlà… Je dirais… Un soir, avant le springbreak… Il allait y fêter ses 21 ans. On devait partir pour Majorque. »
« Et donc ? »
« Il est jamais venu à l'aéroport. Après plusieurs appels, on s'est résolu à partir sans lui. Pas de nouvelles, et quand on est revenus, la chambre était déserte. Il était parti, il n'avait même pas fini son cursus. »
« Qu'avez-vous fais ? »
« J'ai immédiatement contacté ses parents pour savoir s'il était revenu chez eux, mais ils m'ont annoncé qu'il avait récupéré quelques affaires, avant de disparaitre sans un mot. »
Et alors que Clarke allait reprendre la parole, Woods la devança « Connaissez-vous l'identité de cette jeune femme ? »
« Hm... Attendez... Julie, non… Judy… Son nom m'échappe. »
« Si quelque chose vous revient, tenez. »
Elle lui tendit une carte dont il se saisit avant de soupirer « Il était mon meilleur pote, mon frère… J'arrive toujours pas à croire qu'il ait disparu comme ça. Même pour une fille. Je veux dire, on fait tous des trucs par amour mais… ça… C'est radical. »
« Vous parliez de rencontre au pluriel. Ces rencontres étaient liées à cette femme ? »
« Oui, elle faisait partie d'une petite bande marginale. Ils n'avaient aucune sororité, aucune sport ou groupe où ils se rattachaient. Ils semblaient proches, elle les appelait ses frères et sœurs. Vous voyez, genre comme ces mecs qui vivent comme au siècle passé… »
« Les Hamish ? »
« Ouais voilà ! Sauf qu'ils étaient habillés comme vous et moi… »
« Vous pensez que Matias ait pu intégrer ce groupe ? »
« Je ne vois que cette explication… Pourquoi aurait-il coupé tous liens avec ses proches et sa famille sinon ? Elle a du salement lui laver le cerveau… »
Anya et sa collègue échangèrent un regard alors, ce que Clarke capta « Si quelque chose vous revient n'hésitez pas. »
Il opina alors « Je savais qu'un truc du genre pourrait arriver : quand on se fait embrigader dans ce genre de cercle, genre secte, c'est jamais bon… »
« Merci monsieur Deekan. »
Il les salua avant qu'elles ne ressortent du restaurant. Et tandis que chacun était dans ses pensées, assimilant les récentes informations, la voix du policier les accompagnant résonna « Bah merde… Une secte ? Sérieux, vous pensez que c'est ça ? »
« Aucune idée. Il faut juste espérer qu'il puisse au moins se souvenir du nom de famille de cette fille. »
Dans la voiture, Clarke pensa à voix haute « Qu'est-ce que ça pourrait être d'autre ? Je veux dire : un jeune qui rencontre des personnes louches, qui l'éloignent de ses amis, sa famille, qui quitte l'école sans un mot, sans trace… Et qu'on retrouve 10 ans plus tard, mort étrangement. Et on parlerait de quelque chose qui date d'au moins 15 ans… Une sorte de secte ritualiste ou un truc du genre… »
Les deux agents se regardèrent et Anya prit la parole « En quelque sorte. »
« Anya ! » rétorqua la jolie brune
« Quoi ? C'est quoi le problème ? Qu'est-ce que vous savez et que j'ignore ? Dites-le avant que je l'apprenne ailleurs. »
« Nous sommes sur une piste, depuis peu… A vrai dire, depuis le meurtre de la jeune fille du mois dernier. »
« Allez-y. »
« Pas ici, pas maintenant. » Anya lança un discret regard vers le policier « Dans l'avion. Nous devons retourner à Washington. »
Après quelques politesses d'usage avec le policier qui les avait accueillies, les trois jeunes femmes remontèrent dans le jet où les théories fumèrent dans le crâne de Clarke. Et à peine l'avion fut-il en mouvement que la jolie blonde sauta presque à la gorge des deux agents du FBI « Alors, vous allez cracher le morceau ? »
Anya inspira « Nous avons… Des pistes. »
« Des pistes ? Genre ? »
Anya ouvrit sa mallette et en sorti un dossier rouge vif qu'elle tendit à la jeune femme. Et tandis qu'elle le feuilletait, Anya reprit « En 1878, la famille Wallace était une des pionnières dans le Vermont. Elle possédait des milliers d'hectares de terre et lors de la grande migration, elle en a vendu une partie aux nouveaux arrivants, faisant ainsi prospérer son compte en banque. Des années plus tard, lors de la crise de 29, la famille Wallace a perdu une large partie de ses biens, plongeant le patriarche dans une paranoïa qui le poussa, durant les années qui suivirent, à n'avoir qu'une seule idée en tête : se préserver, lui et les siens, du monde extérieur et de leurs problèmes. »
« Il a fait quoi ? »
Anya lui donna un signe de tête, et Clarke tourna les quelques feuilles du dossier pour tomber sur une photo montrant un panneau juste devant une immense demeure « Mont Weaver ? »
« C'est le domaine des Wallace. Il compte près de 1000 hectares de terre. Les Wallace sont totalement autonomes : ils ont des vergers, du bétail, une source, et un champ d'éoliennes pour l'électricité. Ils ont construit une véritable mini-ville dans leur terrain. Après le crash boursier et l'escalade de la violence dans le pays, Wallace avait décidé de préserver son domaine de l'extérieur. Il a alors bâtis une véritable forteresse autour avec un mur imprenable de plusieurs mètres de haut. Avec le temps, et l'avancée technologique, il a amélioré son système de surveillance, rendant l'entrée dans son domaine impossible si l'on n'y était pas convié. »
« Wallace huh ? Et donc, les générations futures ont persévéré dans leur paranoïa ? »
« Exact. Avec le temps, il a fallu qu'ils trouvent des sources de revenus : ils exploitaient leur terre pour ouvrir leur propre marché bio. Ils ont crée une marque qui a percé dans le marché. »
« Et bah merde… »
« Mais il a toujours été impossible d'entrer chez eux. Des rumeurs ont commencé à courir comme quoi ils s'adonnaient à des pratiques étranges. Certains parlaient de polygamie ou encore de rituels religieux… Des accusations infondées de pédophilie ou même viols ont été proférées… Des disparitions ont été signalées autour du domaine : des clochards, des prostitués… Hasard disaient certains… Nous avons commencé alors à nous pencher sur leur cas. »
« Et ça a donné quoi ? »
« Pas grand-chose. Ils sont aussi hermétiques que le Pentagone. »
« Alors comment être sûr que ces rumeurs sont vraies ? »
« Infiltration. »
« Vous avez envoyé des agents là-dedans ? »
« Oui. »
« Combien ? »
« Deux depuis le début de l'enquête. »
« Ok… Laissez-moi éclaircir un point : vous avez réussi à infiltrer un groupe, d'apparence sectaire survivaliste, et vous avez surement récolté des infos dessus… Alors pourquoi ce groupe est toujours actif ? »
« Parce que nous n'avons aucune preuve matérielle pour les stopper. »
« Avec 2 agents dans leurs murs ? »
« … »
Woods et Reynolds se regardèrent alors, le visage fermé « Quoi ? C'est quoi le problème ? »
« Nous avons de fortes présomptions, mais nous n'avons jamais rien trouvé qui relie cette tribu aux meurtres, même ceux qui remontent à plus de 15 ans. »
« Même avec deux agents infiltrés ? »
« Ils ont tous les deux échoué. »
« Comment ? »
« Le premier n'a pas réussi leur test d'admission, celui que, visiblement, Mathias Telford a réussi. »
« Et le second ? »
Les deux jeunes femmes se regardèrent de nouveau avant que Woods ne soupire « Son corps a été retrouvé 3 semaines après son intégration dans le domaine Mont Weaver. »
« Merde… Mais vous n'avez aucune preuve de ça ? »
« Nous avons perdu sa trace deux semaines après qu'il ait été approché par un membre Wallace. La dernière chose que nous avons appris c'est qu'il avait réussi à entrer. »
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
« Aucune idée. Sa couverture a peut-être sauté… Ils l'ont tué. »
« … »
« Cette affaire nous dépasse tous. Les Wallace ont des ramifications partout dans le pays. Leur clan est une véritable institution. Personne n'arrive à les toucher… Mais depuis une dizaine d'années, ils prennent des risques… Des risques qui pourraient leur couter cher. »
« Pourquoi en prendre s'ils s'auto-suffisent ? »
« La pérennisation de leur clan. A la base, il ne s'agissait que de la famille Wallace, sauf qu'avec les années, les membres vieillissaient et ils avaient surement fait le tour question génétique… »
Clarke fronça les sourcils alors, mais soudain compris « Oh merde… »
« Ce qui fait leur force, c'est leur nombre… Ils sont plus d'une centaine à présent. Mais pour perpétuer les générations sans avoir à faire de consanguinité, ils ont du « recruter » des gens extérieurs… »
« Attendez, vous êtes en train de me dire que… Ce Mathias, ou encore cette fille du mois dernier… Ils ont été approchés essentiellement pour… se reproduire et agrandir le clan ? »
« Y'a des chances oui. »
« C'est… dégueulasse… »
« C'est un mode de survie comme un autre. Il a toujours existé à travers le temps et l'Histoire. »
« Mais pourquoi les tuer alors ? »
« Aucune idée. Nous n'avons pas toutes les informations. »
« Et ce que vous avez déjà obtenu ne vous a jamais permis d'obtenir un mandat ? »
« Les Wallace ont des avocats en béton armé… Ils protègent leurs biens autant qu'un coffre-fort blindé dans une banque. Ils sont hermétiques et surtout… Ils ont des gens positionnés partout et à des postes clés : avocats, médecins, juges, policiers… Grâce à eux, ils se tiennent au courant malgré l'absence de média chez eux : pas de télé, de radio, d'Internet… Tout pour que les gens qui y soient enfermés. »
« C'est flippant… Mais… Vous espérez quoi avec cette enquête ? Je veux dire : si même des infiltrés n'ont pas réussi, s'ils ont des juges et des flics de leur coté, comment croire que nous, nous pourrions y arriver ? »
« Nous espérons une erreur de leur part. Ces meurtres sont trop complexes pour passer inaperçus. Nous avons déjà retrouvé l'identité d'une des victimes, chose que nous avons été incapable de faire pour els autres. C'est une première erreur qui pourrait leur couter cher. Ce qu'il faut, c'est éloigner les médias, car même s'ils n'en possèdent pas chez eux, les Wallace peuvent aussi avoir des taupes partout. »
« … »
Clarke soupira alors : elles semblaient être dans une impasse et l'enquête tournait déjà en rond lors même qu'elle commençait à peine. Et quand elle revint dans sa ville, dans son bureau, ses pensées étaient entièrement tournées vers Mont Weaver. Cette situation était presque au-delà du réel. Jamais elle n'aurait pu imaginer une telle chose. Cela commençait à la dépasser, mais jamais elle ne le montrerait, et encore moins devant le FBI.
« J'ai besoin d'étudier le cas Wallace… Donnez-moi les dossiers des morts recensés et qui pourraient être liées à Mont Weaver. J'ai besoin de connaitre la merde dans laquelle je viens de marcher. »
« Vous devriez lever le pied. Ne pensez pas que vous allez changer les choses seules. »
« Non, peut-être pas, mais une nouvelle vision peut aider à voir des choses sur lesquelles vous êtes passées. »
« Je vous ferais parvenir ça demain. »
Clarke se laissa tomber sur sa chaise et, machinalement griffonna quelques lignes sur une feuille blanche, puis soudain, elle se redressa « Vous avez le numéro de ce mec ? »
« Qui ? John Deekan ? »
"Ouais."
Anya fronça les sourcils mais ne dit rien et, à la place, sortit l'adresse du restaurant sur laquelle y était inscrit aussi le numéro. Sans attendre, Clarke appela « Allo, puis-je parler à John Deekan s'il vous plait ? Je suis le capitaine Clarke Griffin, je suis venue ce matin lui parler. Merci… »
Les deux jeunes femmes, curieuses, la regardèrent alors, sans un mot.
« John Deekan ? Oui Griffin à l'appareil, je suis venue ce midi et… Oui c'est ça. Dites-moi, pouvez-vous me décrire physiquement son visage, à cette fille je veux dire. Genre la forme de son visage, son nez, ses yeux… Allez-y je vous écoute… »
Et au fur et à mesure de la description, Clarke commença à dessiner un visage sur sa feuille. Anya la regarda, interloquée, tandis que Woods resta impassible, fixant simplement ces lignes devenir un visage, de plus en plus précis et net.
Anya s'approcha et se pencha au dessus des épaules de Clarke pour voir apparaitre le visage d'une femme, aux cheveux bouclés, aux yeux légèrement en amandes, assez près l'un de l'autre, surmontant un nez à l'arrête fine. Une bouche fine et longue, un grain de beauté sur l'arcade gauche et des tâches de rousseur constellant son visage. Les traits étaient nets et le coup de dessin était maitrisé. Clairement, Anya était agréablement surprise et limite admirative, mais n'en montra aucun signe. Il était clair que cette Griffin avait des talents cachés, comme le dessin et cette particularité de pouvoir retranscrire un visage parfaitement.
A mesure que les minutes passèrent, le visage devint plus concret, presque aussi précis qu'une photo.
« Merci Monsieur Deekan, votre aide nous a été précieuse. Je vous envoie la photo du dessin, dites-moi si ça y ressemble. »
Clarke raccrocha et soupira, mettant les dernières touches à son œuvre « Pas mal Griffin. » répondit Anya en un sourire crispé « Je ne savais pas que vos agents avaient de multiples casquettes. »
« Ouais, j'ai plusieurs fonctions, comme les micro-ondes. Ok alors… » Elle prit en photo le dessin et l'envoya, vraisemblablement, à Deekan « On attend de voir ce qu'il en dira, mais je pense que la nana en question ressemble à ça, du moins y'a une dizaine d'années… Même si elle a surement changé depuis, on peut peut-être la trouver dans les registres de l'époque. Si c'est une rabatteuse Wallace, on trouvera rien, peut-être à peine un acte de naissance… Si c'est une gamine qui a été elle-même recrutée de la même sorte, on trouvera peut-être un avis de recherche… »
Anya sourit « Pas mal Griffin, pas mal. »
Woods voyait peut-être enfin une solution, une lumière parmi le brouillard dans lequel elles nageaient depuis des années maintenant. Peut-être même une pièce d'un puzzle débuté il y a plus de quinze ans maintenant.
Le téléphone de Clarke vibra et elle lut le message reçu à haute voix « Un menton un peu plus carré et des sourcils un peu plus fournis, mais sinon, c'est elle. On peut scanner ça et l'envoyer dans les postes alentours. Avec un peu de chance… »
« C'est déjà pas mal. Woods, on va envoyer ça au patron, ça va le calmer un peu. » Woods opina avant qu'Anya ne tape sur l'épaule de la jolie blonde « On a mérité un peu de répit. »
« Ouais, surement… » souffla Clarke « Si ça aboutit à quelque chose, on pourra dire que ça nous aura servi à quelque chose… Mais ce dessin a plus de 10 ans… Elle a pu se couper les cheveux, les teindre même, choper quelques rides par-ci par-là… A la limite je peux donner ce dessin à ma pote Raven Reyes pour qu'elle le modifie par informatique pour lui donner quelques années de plus, histoire d'élargir les recherches. »
« Faites-ça. En attendant, nous allons envoyer ce dessin à Madame Telford, peut-être que la mémoire va lui revenir. Il faudrait aussi faire un voyage dans le temps et contacter la promotion 2008 et la filière dans laquelle il se trouvait. Peut-être que d'autres pourraient se souvenir de cette femme ou du groupe dans lequel elle évoluait. Peut-être que les autres membres de son groupe ont tenté d'approcher d'autres personnes… »
« C'est chercher une aiguille dans une botte de foin. » lança Clarke
« Mais nous n'avons que cela. »
« Sinon il faut attendre un prochain meurtre et en sachant que nous sommes déjà sur un cas, peut-être vont-ils attendre un peu ou ruser un peu plus… Nous n'avons que cela pour l'instant. »
« Tout doux Woods. » calma Anya « On en a fini ici. »
« Ouais… » sourit Clarke, son téléphone vibra de nouveau et lorsqu'elle lut le message, son teint blêmit alors
« Un problème ? »
« Qu… Quoi ? Non, non… Je… Je dois y aller. Si y'a des nouvelles… Vous connaissez mon numéro. » Puis elle se leva soudain et disparut si vite qu'aucune des deux autres jeunes femmes ne put dire quoique se soit.
TBC
