Bonjour mes amis ! Comment allez-vous bien ?
Moi impecc' ! Merci pour ceux et celles qui ont jeté un oeil à ma nouvelle "Aloha" sur le site Reines de Coeur, elle a fait un bon démarrage \o/
Bref, voici une suite, moitié moins longue que la précédente mais, j'espère, tout aussi intéressante !
Au programme : un camping pas tout à fait comme les autres et une fin de chapitre comme je les aime (mais pas forcément vous XD) !
PS : Dimanche prochain, la suite arrivera que le soir, vous êtes prévenus !
ENJOY
Promenons-nous dans les bois
La journée commença par un bruit caractéristique. Clarke prit un temps infini pour émerger et comprendre ce qu'il se passait : quelqu'un toquait à la porte, et avec insistance.
« Mouais… Voilà, j'arrive… » grogna Clarke qui manqua de se casser la figure en descendant l'échelle de son lit « Et merde ! »
Charlotte s'éveilla à son tour et se frotta les yeux « Qu'est-ce qui se passe ? »
Clarke ouvrit la porte pour se retrouver devant une jeune fille rousse « Eliza et Charlotte ? » La jolie blonde hocha mollement la tête « Nous partons bientôt. Lavez-vous et habillez-vous. »
« Hey, on part sans rien ? Pas de matos ? »
« Tout vous est fourni. Dépêchez-vous. »
« Ok, ok… On se retrouve où ? »
« Vous vous souvenez de la cérémonie d'hier ? »
« Ouaip. »
« Et bien là. Vous serez guidées. »
« Oh j'imagine oui… »
Elle referma la porte et se tourna vers une Charlotte encore passablement endormie « Bon bah… Y'a plus qu'à ! »
Elles se préparèrent à vitesse grand V avant de faire un crochet par le réfectoire où elles chipèrent quelques pancakes. Visiblement, elles n'étaient pas les seules ayant eu cette idée. Puis, elles se rendirent dans l'immense stadium souterrain où se trouvaient déjà une vingtaine de personne. Les lieux semblaient encore plus grands tandis qu'ils n'étaient remplis qu'au cinquième.
Clarke et Charlotte s'assirent à deux rangs devant l'estrade et soudain, Clarke vit Lexa juste à sa droite, au premier rang. Elle s'abstint d'un quelconque signe de main et reporta son attention vers la scène où Niylah fit son apparition « Bonjour à tous ! C'est le grand jour pour chacun d'entre vous. Aujourd'hui, votre vie va changer, elle va prendre un tournant décisif. Vous avez fait le premier pas, nous allons maintenant vous donnez l'impulsion nécessaire pour prendre votre vie en main. Nous avons reçu vos résultats d'examens et… Tout va bien. » Les souffles se relâchèrent alors et Niylah chercha, et trouva, Clarke du regard et lui confirma alors « Tout va très bien. »
Clarke saisit le message et se tourna discrètement vers une Charlotte qui était, encore une fois, impressionnée par les lieux. Clarke était rassurée, Charlotte allait bien.
« A présent. Nous allons vous fournir le matériel nécessaire. Sachez qu'il ne s'agit pas d'une randonnée d'experts. Nous y allons avant tout pour nous reconnecter avec la nature, oublier le stress de la vie urbaine. Nous avons à votre disposition des tentes individuelles, ou à deux places. Des réserves de nourritures, des réchauds, des duvets. Vous aurez aussi une seconde panoplie de vêtements, j'espère que ceux-ci vous conviennent. Vous partirez une semaine entière durant laquelle vous ne ferez pas que camper. Tout cela vous sera expliqué sur place, mais sachez que votre programme sera bien rempli. Et peut-être, pour les plus chanceux et motivés, l'Eden se trouvera sur votre chemin, ou au bout de celui-ci. »
Chacun sourit, certains sifflèrent leur enthousiasme, d'autres applaudirent. Clarke resta stoïque et concentrée. A partir de maintenant, elle devait se focaliser sur sa mission : comprendre et défaire le réseau Eden, remonter jusqu'aux Wallace et les arrêter. Lexa était là pour les mêmes raisons, il était hors de question qu'elle soit un frein ou encore un danger pour elle. La dernière chose qu'elle voulait c'était faire d'Aden ou Madi des orphelins.
Et tandis qu'elle était plongée dans ses pensées, elle ne vit pas Niylah partir pour être remplacée par Ryce, vêtu du même uniforme que le leur : T-shirt bleu ciel et bermuda beige, tel un vrai campeur scout.
« Bonjour mes amis. Etes-vous prêts pour une belle aventure ? J'ose croire que oui. En tout cas, nous allons tout faire pour que vous soyez à l'aise. Durant ce séjour, vous ferez de multiples choses, nous avons prévu pour vous des activités qui viseront à vous faire oublier votre quotidien morne et stressant. Vous serez en contact direct avec la nature, vous renouerez avec elle. C'est une expérience extraordinaire et unique. Nous partagerons des choses dont vous n'avez même pas idée, vous vous dépasserez, vous serez surpris, hésitants, mais au final vous vous laisserez séduire par ce cadre idyllique et exceptionnel. La magie opérera, soyez-en sûrs. Et si vous réussissez alors… Nous nous reverrons… De l'autre coté. »
Clarke fronça les sourcils à cette dernière partie. Se pouvait-il qu'il parle littéralement de l'autre coté ? Ou simplement une métaphore pour évoquer l'Eden et Mont Weather ? Peu importait, elle sentait que ce stage ne serait, finalement, pas de tout repos.
Et alors qu'elle pensait avoir encore quelques instants pour se préparer, elle eut la surprise de voir qu'à la sortie de l'amphithéâtre, on leur mettait dans les bras un sac de randonnée.
« Hey… Et nos affaires dans notre chambre ? »
« Elles sont déjà dans le bus. »
« Le bus ? »
L'homme qui distribuait les sacs lui sourit « Ouais, un sacré road trip de 6h. »
« Super, j'ai hâte… » ironisa-t-elle avant de prendre son sac et de vérifier que Charlotte avait bien le sien, puis elles suivirent le flot des participants, qui sortirent du buildings, par derrière, ce qui surprit Clarke. Le bus ressemblait à ces bus high tech de la Greyhound bleu marine et gris métallique. Sur chacun des sacs, des étiquettes nominatives furent attachées, puis les sacs furent entreposés dans la soute et la trentaine de personnes monta dans le bus.
Clarke fut surprise du confort de ce dernier : large siège, tablette, prise électrique, climatisation, et même télé individuelle encastrée dans les appuie-têtes. Charlotte remarqua Lexa assise à l'avant dernier rang. Elle décida de s'asseoir sur la rangée d'à coté, près de la fenêtre, laissant Clarke près du couloir, à moins d'un mètre de Lexa, qui elle était seule.
« Hey… Alors, t'as eu ton paquetage aussi ? » ironisa Clarke « Le bleu te va bien. »
Lexa esquissa un sourire « A toi aussi. Il va avec tes yeux. »
« Aww qui aurait cru que tu étais une indécrottable romantique. »
Lexa leva les yeux au ciel avant de replonger dans son livre, signe que Clarke et elle avaient fini leur brève conversation. La jolie blonde se tourna alors vers Charlotte « Prête ? »
« Prête. »
Clarke nota quelques membres de l'Eden montant à bord aussi. Elle imaginait que le reste devait les attendre sur place. D'ailleurs, ou était ce « sur place » ? L'homme avait dis plus de 6h de bus… Cela devait les mener au fin fond de la Virginie, voire de la Pennsylvanie. En y repensant, elle n'avait jamais fait de camping, et encore moins avec ses parents. Elle était une fille de la ville, née à Washington, ayant grandi là-bas, fait sa scolarité là-bas. Polis était la seule petite ville qu'elle s'était autorisée depuis et c'était le maximum qu'elle pouvait niveau campagne. Comment paraitre naturel dans… la nature ?
A entendre les gens du Centre, on s'accommode assez vite de la vie en pleine nature. Ca ne devait pas être la mer à boire : après tout, elle avait regardé toutes les émissions du genre de The Race en passant par Survivor. Tant qu'il ne fallait pas manger des vers aussi gros que son avant-bras, tout se passerait bien. S'il ne s'agissait que de trouver le moyen d'allumer un feu, elle pouvait encore gratter un briquet à un des participants.
« Eliza ? »
« Hm ? »
« Tu crois que c'est comment l'Eden ? »
« J'en sais. Un endroit qui résoudra nos problèmes, faut croire. »
« T'as pas l'air convaincu. »
« Tu sais… Avec toutes les merdes qu'on a déjà vécu… Si un tel lieu excitait, ça serait génial, non ? »
« … »
« Tu penses pas ? »
« Ca n'effacera pas ce qu'il s'est passé. »
« Ton frère est un connard. » lança naturellement Clarke « Je lui arracherai moi-même les couilles pour en faire une parure de bijoux qu'il portera dans son cercueil. »
Loin d'être choquée, Charlotte hoqueta, amusée avant d'hocher la tête « Je suis d'accord, c'est un gros con. »
« Est-ce que tu aimes ta mère ? »
Charlotte fronça les sourcils, surprise par une telle question « J'en sais rien. Elle m'a laissé… »
« Tu crois qu'elle, elle t'aime ? »
Charlotte regarda par la fenêtre, le paysage défilant sous ses yeux, l'éloignant de ses problèmes, l'éloignant de sa vie passée « Elle m'a laissé seule avec lui… Plusieurs fois. »
« Elle ne savait pas. »
« Plusieurs fois. » répéta Charlotte « Parfois, elle disait qu'elle allait faire les courses, et je lui demandais si je pouvais aller avec elle… Mais elle disait que c'était juste des petites courses, que ça prendrait pas beaucoup de temps… »
« … »
« Ca prenait toujours trop de temps… » répondit-elle « Il avait toujours le temps. »
« Elle n'avait pas idée… »
« Pourquoi tu la défends ? » argua-t-elle
Parce que les mères ne savent pas toujours, même si elles pensent savoir… C'est ce qu'elle aurait aimé lui répondre. Parce que sa mère n'était en rien la femme aveugle qu'avait pu être la mère de Charlotte. Parfois les parents ne voient rien, ou ne veulent pas voir, parfois ils voient et ne font rien. Tant de paramètres qui définissent au final ce qu'est un bon parent. La mère de Charlotte ne devait pas être si mauvaise que cela. Peut-être, après la lettre que lui avait écrite sa fille, elle la cherchait partout. Peut-être avait-elle confronté son beau-fils, quitter son mari… Peut-être était-elle seule à présent pour chercher sa fille aux quatre coins de l'état. Elle devait rager en ce moment de ne pas avoir vu les signes ou de les avoir sciemment ignorés. Pleurait-elle depuis la disparition de sa fille ? Avait-elle supplié les autorités de partir à sa recherche ?
Viendrait-elle-même à demander aux portes du Centre s'ils n'avaient pas vu sa fille ? Et que répondrait Niylah ? Avec son sourire éclatant, elle lui dirait qu'elle n'a jamais vu sa fille mais qu'elle priera pour elle, et qu'elle ferait passer le message ? Pendant que sa fille passerait les étapes pour atteindre l'Eden, et ne jamais revenir…
Son cœur se serra alors : quel genre de mère faisait-elle ? Madi avait eu des problèmes à l'école et n'avait rien vu venir… Elle s'imaginait alors rentrer un jour à la maison et ne trouver qu'une chambre d'enfant vide et un lit vide sur lequel serait posé un ourson en peluche assit sur une enveloppe contenant une lettre avec ses simples mots « Je suis partie. Je t'aime maman. Adieu » Comment réagirait-elle ? Il était certain qu'elle la chercherait partout, et après n'avoir rien trouvé, elle se poserait certainement, pelotonnée dans le lit de sa fille, se demandant ce qu'elle avait loupé, si elle était finalement une bonne mère.
C'est ce qu'elle souhaitait pour la mère de Charlotte : qu'elle se sente coupable, qu'elle prenne conscience de son erreur. Que d'avoir négligé sa fille au profit de son nouveau mari… Pouvait-elle la blâmer ? Après tout, elle n'avait qu'un coté de l'histoire. Peut-être que Charlotte avait manqué des signes elle aussi…
Tout ce que Clarke savait c'était qu'une petite fille de 12 ans, violée par son demi-frère, avait fui son domicile pour se retrouver dans la rue durant deux mois avant d'atterrir dans un centre qui promet d'effacer les problèmes pour se plonger dans d'autres. Clarke avait une mission, plusieurs à vrai dire : elle devait arrêter les agissements des Wallace et de Ryce, tout en sauvant Charlotte de leurs griffes, et la ramener auprès de sa famille, auprès de sa mère… Sans oublier de coffrer son demi-frère pour viol sur mineur et viol en réunion.
« Eliza ? »
« Hm… ? »
« J'ai faim… »
Clarke hoqueta et sortit de son sac une barre chocolatée « J'adore ces trucs là. »
En voyant Charlotte se ruer dessus, Clarke fronça les sourcils « Ca fait combien de temps que tu n'as pas mangé un repas complet ? Hormis depuis que tu es au Centre. »
« J'en sais rien… »
« Comment tu mangeais dans la rue ? »
« Des fois je fouillais les poubelles des supermarchés. Parfois des Burger King. Mais les frites froides c'est pas génial. »
« Ouais… »
Charlotte dodelina sur son siège avant de jeter un œil vers Lexa, concentrée sur sa lecture « Tu crois que c'est grave de plus être à l'école ? Je sais lire tu sais, et compter… Et écrire évidemment. »
« Hm, si tu sais l'essentiel alors… C'est l'essentiel. » sourit Clarke « Après, je t'avouerais qu'encore maintenant je me pose la question de savoir quand le théorème de Pythagore va me servir… »
« Le quoi ? »
Clarke soupira « Rien. » Elle se tourna vers Lexa et, quand cette dernière sentit qu'on la regardait, la jolie brune se tourna à son tour, elle sourit paisiblement. Lexa semblait si sereine, malgré l'inconnu vers lequel elles se dirigeaient toutes les deux.
« Hey… »
« Hm ? »
« On fera tente commune ? »
Lexa haussa un sourcil interrogateur avant de la fixer « Pardon ? »
Clarke pouffa de rire « Oh merde, tu verrais ta tête. Je t'aurais insulté, ça n'aurait pas été pire. Hey, détends-toi hein… Je sais, je suis pas ton type. Tu pourrais au moins faire semblant. » dit-elle faussement vexée
« Tu es puérile. » murmura Lexa en se replongeant
« Ouais je sais, c'est ce qui fait mon charme. » railla Clarke tandis qu'elle se tourna de nouveau pour voir Charlotte la regarder d'un air atterré « Quoi ? »
« Tu t'y prends comme un manche. »
« De quoi tu parles ? »
« Elle te plait. »
Clarke gloussa « Nan, je la cherche c'est tout. »
« Les garçons aiment bien embêter les filles qui leur plaisent. C'est ma mère qui ma l'a dit. »
« Ah oui ?! » s'amusa Clarke
« Ouais. Ils essaient d'attirer leur attention comme ça, mais généralement ils n'arrivent qu'à les énerver. »
« Tu as l'air bien au courant, dis-moi. »
« C'est juste que Tommy Jenkins il arrêtait pas d'embêter mon amie Patty Collins. Alors j'ai demandé à ma mère pourquoi, et c'est ce qu'elle m'a dit. »
« Et toi, aucun garçon ne t'a déjà… embêté ? » sourit Clarke
« … »
« Charlotte ? »
« Non, et ça risque plus d'arriver. Les garçons sont nuls. »
« Hey, c'est pas parce que ton demi-frère est un abruti fini que tous les garçons sont comme ça. Un jour, tu trouveras peut-être un homme qui en vaut le coup, qui te traitera bien parce que, Charlotte, tu es spéciale. Ne laisse personne dire le contraire. »
« … Je ne suis pas spéciale. Les filles spéciales, elles sont aimées et regardées parce qu'elles sont belles. Les filles spéciales sont pas celles qui ont passé une soirée dans un sous-sol et qui ont été… »
« Stop. On ne parle plus de ça, ok ? »
« De ça ? »
« Ouais. Après tout, on est ici pour un nouveau départ, alors… On se fait une promesse : on laisse ça dernière nous et on repart sur de bonnes bases, ok ? »
« Ok. » Et après quelques secondes de silence, Charlotte sourit « Tu l'aimes bien. »
« Quoi ? Non, arrête ! »
« Tu l'aimes biiieeeennn… » chantonna Charlotte, dissimulant très mal un rictus ironique
Clarke leva les yeux au ciel, mais après un rapide coup d'œil vers Lexa, toujours plongée dans son livre, Clarke perdit le sourire pour le remplacer par un pincement de gêne. Puis le stress l'emporta et elle finit par s'endormir, se penchant parfois dangereusement vers Charlotte.
Et finalement, lorsqu'elle s'éveilla, quelques heures plus tard, le soleil était haut dans le ciel et le bus était à l'arrêt « Qu'est-ce qu'il se passe ? »
« On fait une pause pour manger. » répondit Charlotte « Bouge, j'ai faim. »
Clarke s'aperçut que Lexa était déjà dehors, comme la majorité du bus d'ailleurs. Elle se leva et Charlotte sortit du bus aussi vite qu'un pantin de sa boite. Clarke suivit quelques secondes plus tard pour voir l'ensemble des personnes présentes, assises autour de table de piquenique en bois.
« Eliza, par ici ! » lança Charlotte en lui faisant de grands signes.
La jolie blonde se dirigea vers la table et se freina lorsqu'elle vit qu'à ses cotés était assise Lexa. Elle soupira et s'assit en face d'elle « Y'a quoi au menu ? »
« De simples sandwichs au jambon et cheddar. »
« C'est déjà ça. »
Clarke donna quelques coups d'œil à une Lexa bien silencieuse, mangeant tranquillement un de ses sandwichs. Elle sourit avant de lui donner, sous la table, un léger coup de pied. Lexa sursauta légèrement mais ne laissa rien paraitre. Clarke recommença alors, un léger sourire aux lèvres, puis une troisième fois avant que Lexa ne la fusille du regard, lui demandant implicitement ce qu'elle était en train de faire.
« Quoi ? » minauda Clarke
Lexa leva les yeux au ciel mais repartit à l'assaut de son repas. Clarke réprima un rire alors avant de recommencer, un peu plus encore et à ce moment là…
« Hey ! Ca c'était MA jambe. » grogna Charlotte
« Oups, pardon. » s'excusa Clarke tandis que Lexa, à son tour, dissimula à peine un sourire amusé
Le reste du repas se passa en silence avant que l'heure du départ ne sonne. Tous se réinstallèrent et Clarke mit ses écouteurs dans ses oreilles lorsqu'un des membres du Centre se leva et commença à parler. Elle enleva ses écouteurs juste pour entendre un « Ne vous inquiétez pas, le voyage n'est plus très long. Vous verrez, le reste du trajet passera si vite que vous ne vous en rendrez pas compte.»
« Ouais… Encore trois bonne heures… » railla Clarke
Mais, l'homme eut raison. Car au bout de seulement une demi-heure, la fatigue gagna Clarke. Ses paupières furent soudainement lourdes et un léger bourdonnement dans son crane remplaça les rythmes mélodiques de Pink. Elle se tourna vers Charlotte et vit qu'elle s'était déjà assoupie. Avec une force qui la quittait, elle tourna sa tête et vit que Lexa aussi, s'était endormie… D'ailleurs, l'entièreté du bus avait sombrée dans le sommeil. Elle ne le réalisa que trop tard, lorsqu'elle aussi, elle ferma les yeux sans pouvoir faire autrement.
Lorsqu'elle les rouvrit, Clarke ressenti comme une gueule de bois intense : mal de crane, tête et membres lourds, gout pâteux dans la bouche. Il semblait qu'on lui avait tapé le crane avec un immense gourdin. Elle regarda tout autour d'elle : la plupart dormait encore. Elle se redressa, encore dans le coton, menaçant à chaque instant de sombrer de nouveau dans le sommeil. Jamais elle n'avait eu autant envie de dormi, pas même quand enchaina son marathon de 18h de visionnage de la sage Harry Potter.
Mais le plus étrange fut lorsqu'elle croisa les silhouettes étranges du conducteur du bus et un des membres du Centre : tous deux arboraient une sorte de casque, non… un masque… Oui, ils portaient des masques à gaz. Quand l'homme se rendit compte que Clarke n'était pas endormie, il se leva et l'approcha avant de la gazer à l'aide d'une petite bombe dans sa main. Instantanément, la jeune femme sombra de nouveau.
« Eliza… Eliza ? Eliza réveille-toi… Hey ! »
Clarke grogna en dodelina la tête. Elle ouvrit péniblement les yeux, ces derniers lui piquaient comme si elle avait reniflé du poivre.
« Hm… Quoi ? »
« On est arrivé. » sourit Charlotte
« Qu… Quoi ? Mais… »
« Ils sont tous dehors… Encore une fois. »
Clarke eut du mal à se relever « Charlotte… On… On a dormi ? »
« Oui, je crois. »
« Quand… »
« Ca fait 10minutes déjà qu'on est arrivés. Allez bouge. »
Clarke eut du mal à se lever, ses membres étaient tout engourdis, sa tête lui tournait « Ces mecs… Ils avaient… Des masques et… Je crois qu'on a été gazés. »
« Gazés ? »
« Ils nous ont endormi… »
« Ah… Bah… Au moins comme ça, on a pas vu le reste du trajet passé. » sourit Charlotte qui quitta le bus alors, laissant Clarke seule, reprendre ses esprits.
« Ouais…. Ca où nous cacher la destination de notre voyage. » marmonna-t-elle
« Tu es enfin réveillée ? »
Clarke sursauta en voyant Lexa entrée dans le bus
« On a été drogués. »
« Je sais. » répondit sobrement Lexa
« Tu sais ? »
« Je me suis réveillée quand nous sommes arrivés. Nous nous sommes tous réveillés à notre arrivée. »
« Tous sauf moi. Je me suis réveillée avant tout le monde. Ils s'en sont aperçus et m'ont remis un coup dans le nez. »
« D'où le fait que tu te sois réveillée en dernier. »
« Ouais… Faut croire que leur dosage n'a pas fonctionné sur moi. »
« C'est approximatif. Le gaz a été dispersé par les conduits de la clim, efficace et sans trace. » lança Lexa en montrant du doigt les grilles d'aération.
« Super… On a pas encore foutu un pied dans ce camp, qu'ils nous droguent déjà… »
« Certainement pour cacher l'emplacement de leur spot. Qui pourrait distinguer la Virginie de la Pennsylvanie… Et pourtant des centaines et centaines de kilomètres les sépare. »
« C'est encore plus rassurant. »
« Viens, ils sont en train de distribuer le matériel. »
Quand Clarke descendit du bus, les gens étaient alignés, attendant chacun à un « stand » particulier : à gauche la distribution des tentes, à droite, cette des sacs de couchage, plus loin un sac d'hygiène, et plus loin encore des sacs de provisions.
Elle prit conscience du lieu : une immense clairière entourée d'arbres épais et volumineux. Une petit étang donnait à l'endroit quelque chose de surréaliste : tout était calme, pas un bruit de voiture, pas d'avion, à peine des oiseaux…
« Carrément. »
Lexa s'éloigna pour prendre sa tente et Clarke commença alors par le sac de couchage. Lorsqu'elle se dirigea vers la file pour les tentes, elle croisa Charlotte « J'en ai une deux places ! »
« Ah… Super. »
« Ah moins que tu ne veuilles partager ta tente avec quelqu'un d'autre… »
« Arrête. »
« Ou encore, toute seule. »
« Bon stop. »
Elle quitta la file et partit vers les sacs de fournitures « Brosse a dents, brosse à cheveux, déo, crème hydratante, anti moustique, coton tige… Eh bah mon vieux, même dans ma propre trousse, j'ai pas tout ça. »
Charlotte prit dans sa main le tube de crème et le contempla « Moi j'en ai jamais eu de ça… »
« Ouais, t'en as de la chance. » railla Clarke « Ok, on la met où notre tente ? »
« Sous cet arbre là-bas ? »
« Tu déconnes ou quoi ?! Les arbres sont des nids à bestioles. Non, non, on va se mettre dans une clairière. »
Charlotte haussa les épaules, faisant confiance à son amie « C'est une tente qu'on jette. »
« Ouais… C'est simple. »
« Avec ma mère on avait un truc du genre pour la plage. »
« Tu sais comment ça fonctionne alors ? »
« Bah… Il suffit juste… qu'on la jette. »
« Merci Sherlock. »
Clarke s'exécuta alors et la tente s'ouvrit comme une fleur pour se poser mollement au sol « Cool ! » lança avec soulagement la jolie blonde
« Faut mettre les sardines ou sinon au premier coup de vent, elle va se retrouver sur le lac. »
« C'est un étang… » grommela Clarke « Et si on met nos affaires dedans, ça s'envolera pas. »
« Je prends pas le risque. » lança Charlotte en sortant les sardines « Tu sais faire ? »
« J'ai une tête à savoir faire ? »
Charlotte haussa les sourcils avant de se tourner vers une tente un peu plus loin, celle de Lexa, où la jeune femme plantait habilement ses sardines. Charlotte étudia ses gestes, sa manière de faire avant de s'accroupir et de faire de même. Clarke la regarda faire, puis sourit : Charlotte apprenait. Elle apprenait… Et doucement, elle recommençait à faire confiance aux adultes.
Le campement fut monté en quelques heures : les tentes furent disposées en un large cercle avec en son centre un immense feu de camp. Quelques tentes plus larges furent placées ça et là et Clarke se doutait que c'était celles des membres du Centre, soucieux de savoir qu'il ne pourrait pas y avoir de débordement.
« Bien, à présent… Nous pouvons commencer. » lança une femme d'une quarantaine d'années « Maintenant que le campement est monté, nous allons pouvoir nous concentrer sur le but réel de ce séjour : vous-même. Venez. »
Et sans poser aucune question, tout le monde suivit cette femme. Ils auraient pu partir à l'abattoir qu'ils l'auraient ait en pleine connaissance de cause. Suffisait-il alors d'un cadre idéal et de belles paroles ? Les gens ne savaient absolument pas à quoi s'attendre et pourtant, ils étaient entièrement à la disposition de ces inconnus.
« Asseyons-nous. Profitons de ce que la société nous a privés bien trop longtemps : le calme et la sérénité. Ici, vous n'aurez plus à vous soucier de tous les tracas quotidiens. Respirez l'air pur, mangez sain, buvez frais. Ici, vous apprendrez à lâcher prise, à oublier, à vous reconnectez. Et si vous n'y arrivez pas seuls, nous vous y aiderons. »
« Nous aider ? » murmura Charlotte
Par des drogues probablement, pensa Clarke
« A présent… Asseyez-vous en tailleur, fermez les yeux et inspirez profondément. Ecoutez l'environnement, réapprenez les sons naturels, inconnus dans la grande ville. »
Clarke eut du mal à se laisser transporter, se détendre…. Elle qui a toujours eu la nervosité de la ville sur les épaules. Elle vaqua discrètement son regard sur l'assistance et vit que l'entièreté des gens avait les yeux fermés, les mains sur les genoux, inspirant lentement. Même Lexa semblait s'y mettre. Elle ferma alors les yeux mais ne put se concentrer pleinement. Elle ne sut combien de temps ils étaient restés ainsi mais au bout d'un moment qu'elle pensait éternel, la femme reprit la parole.
« Ceci n'était qu'une infime partie de ce que vous allez apprendre, vivre et développer ici. Vous en apprendrez bien plus sur vous, sur les autres, et sur ce que vous désirez avant tout. A présent, le feu de camp nous attend ! »
Chacun se releva, satisfait de cette première tentative. Tous, ou en grande partie, semblaient être contents, reposés et souriants. Chacun regagna sa tente, Clarke rejoignit alors Charlotte dans la leur « Hey… Alors, t'en a pensé quoi ? »
Charlotte haussa les sourcils « Avec mes parents on aurait du faire du camping dans le Wyoming avant que l'école recommence, mais mon père est mort avant. On a jamais quitté la ville. »
« Ca répond pas à ma question. »
« Y'a pas assez de… bruits. »
Clarke gloussa « Si y'a que ça… Tu t'y feras. »
« Et toi, t'as trouvé ça comment ? »
« Bof… C'était juste quelques minutes de méditation au milieu de la forêt. »
« T'as pas l'air convaincu. »
« On est là pendant plus d'une semaine… C'est pas en 2heures que ça va me convaincre. Attendons de voir. »
« Ouais… »
« Les filles, on mange ! » lança une voix à l'extérieur de la tente.
Quand elles sortirent, le feu crépitait déjà et une douce odeur de viande grillée planait et frôlait leurs narines. Elles rejoignirent Lexa déjà assise une assiette en main.
« Alors, tu as bien planée ? » railla Clarke
« … »
« Ouais moi aussi. Et qu'est-ce qu'il se passe si, finalement, c'est juste du camping ? »
Lexa la regarda « Et bien on repartira… »
« Super… »
Lexa s'abstint de tout commentaire, moins elles en disaient, plus de chance elles avaient de ne pas se faire attraper. Clarke le comprit et décida de couper court à l'échange aussi. La suite se passe plus que normalement, étrangement normalement : le barbecue géant se termina comme une colonie de vacances : les membres du Centre se mirent à chanter et danser. Et tous les suivirent comme un seul homme, comme s'ils étaient littéralement hypnotisés. Clarke ne dansa pas, elle ne chanta pas non plus, mais elles les regarda, les étudia, décrypta leurs comportements : ils semblaient heureux, détendus, tout ce qu'avait promis Ryce. Et ce n'était que le premier jour. Que se passerait-il le dernier jour lors qu'ils seraient certainement tous à leur merci ?
C'est avec cette question en suspend que Clarke se glissa dans son duvet, aux cotés d'une Charlotte peu rassurée. La petite fille fixait la tente qui pouvait par une légère brise nocturne. Dès qu'un bruit suspect se faisait entendre, elle écarquilla les yeux, ses sens en alerte.
« Clarke… »
« Clarke, tu dors ? »
« … »
Charlotte déglutit alors et frissonna. Elle sursauta presque en entendant un hululement. Elle se tortilla alors pour se rapprocher de Clarke et se coller à son dos. La jolie blonde le sentit, sourit et se tourna alors pour ouvrir son large duvet. Charlotte comprit le signale et ouvrit le sien afin de faire une plus grande couverture lorsqu'elle se glissa dans le sac de couchage de Clarke.
« Ca fait flipper… » murmura Charlotte contre elle
« Quoi donc ? Le bruit ? »
« Ou l'absence de bruit. J'ai l'habitude de m'endormir avec les klaxons et les sirènes de police moi… Pas de bruits d'animaux bizarres… »
Clarke gloussa mais comprit tout à fait. Elle referma ses bras autour de la petite, dont la silhouette squelettique lui disait qu'elle n'avait pas mangé à sa faim depuis des semaines, ce qui correspondait à sa fuite. Son cœur se serra alors : elle avait l'âge de sa fille, elles auraient pu être camarades de classe, Madi aurait pu être à sa place.
Elle la serra plus fort encore avant de fermer les yeux. Demain serait un autre jour, et elle devrait avancer dans l'enquête.
« Sérieusement… » grogna Clarke lorsqu'au petit déjeuner, on lui apporta non pas une tasse de café fumant et corsé, mais un bol d'un liquide verdâtre et translucide « J'ai l'impression de voir sous mes yeux l'expression Jus de chaussette en vrai. »
« Ca ressemble à des bouillons de légumes… mais sans légumes. » rétorqua Charlotte, pas plus rassurée sur l'aspect étrange du liquide.
« Ceci est un bouillon détox. » répondit une femme au T-shirt blanc
« Détox ? Je pensais que ce séjour était un camping avec marche et retour à la nature ?! »
« Pour cela, votre esprit, mais aussi votre corps doit se détacher du quotidien : ce que vous aviez l'habitude de faire, de vivre, de manger. Votre corps a subi d'innombrables dégâts, dont vous n'êtes pas forcément conscient. Aujourd'hui, nous allons rétablir votre métabolisme en commençant par rétablir votre flore intestinale. »
« Super, j'ai hâte qu'on touche à ma flore… » railla-t-elle
La femme sourit avant de se pencher vers elle « La première fois, c'est étrange, mais on s'y fait. »
Clarke n'était pas convaincue : ce liquide d'une couleur douteuse ne lui disait rien qui vaille. Elle jeta un œil à gauche et à droite et vit avec surprise que la grande majorité jouait encore une fois le jeu. Quelques grimaces et des rictus de dégout mais les bols furent finis. Clarke se pinça les lèvres et lorsqu'elle vit que Charlotte avait le nez dans son bol et que Lexa, évidemment, avait déjà fini le sien, elle inspira longuement avant d'avaler une gorgée et de manquer de s'étouffer en toussant. Le gout était assez amer, voir totalement insipide.
« Merde, ça mériterait du sel quand même. »
Charlotte sourit « Une fois qu'on est habitué, ça va tout seul. »
« Super, je suis ravie de l'apprendre… »
Mais elle eut raison : après quelques gorgées supplémentaires, elle ne sentit plus rien et avala le reste d'une seule traite « J'espère que c'est la seule surprise culinaire de ce séjour… »
Et lorsque tous eurent fini, les membres du Centre rassemblèrent tout le monde autour du feu de camp, mourant dans ses braises.
« Bien. Nous allons diviser le camp en 4 groupes. Vous serez alors répartis par activités, en sachant que vous participerez à toutes les activités proposées. Ainsi, nous avons un groupe qui partira pour une petite randonnée, un autre qui aura un cours de cuisine bio, un autre qui fera une initiation aux rudiments d'un campement et enfin un dernier qui fera un cours de relaxation. Bien, à présent, mettez-vous par groupe de 6 ou 7. »
Clarke resta sur place, Charlotte à ses cotés, et elle eut la surprise de voir quelques personnes se greffer à elles, comme si elles les attiraient. Clarke fut presque soulagée et heureuse lorsqu'elle vit Lexa s'approcher.
« Ah ah, tu peux pas te passer de moi hein… »
« Il n'y a simplement plus de place dans les autres groupes… »
Clarke tira une grimace tandis que Lexa ne put refreiner un sourire qu'elle partagea avec Charlotte.
« Bien à présent, nous allons vous prendre en charge. Chaque jour, vous aurez donc l'occasion de tester une activité. Lors des deux derniers jours, vous pourrez refaire une, ou plusieurs, activités qui vous aura plu. A présent, chaque membre va prendre en charge un groupe et nous pourrons alors commencer. »
Une jolie rousse s'approcha du groupe formé par Clarke et sa clique « Nous commençons par la relaxation. »
« Super… » railla ironiquement Clarke « J'aihâte… »
Charlotte lui donna un léger coup de coude avant de lever les yeux au ciel. Ils se dirigèrent alors de l'autre coté de l'étang où se trouvait d'immenses couvertures au sol, un poste qui diffusait une musique zen et lascive. Ils étaient assez loin du camp pour ne pas entendre les autres, mais assez près pour ne pas les perdre en visuel.
« Bien, installez-vous sur une couverture, enlevez vos chaussures et détendez-vous. Je sais c'est plus simple à dire qu'à faire, mais... ça viendra. »
Clarke, Lexa et Charlotte s'exécutèrent alors et s'assirent en tailleur et en cercle avec les autres participants.
« Vous allez à présent fermer les yeux et écouter. Ecouter ces bruits qui peuvent être inconnus pour vous. Comme ceux de la nuit dernière certainement : des animaux, le vent ou simplement le silence absolu. Habituez vos oreilles à ces sons plus naturels, plus reposants… »
Clarke ferma les yeux et essaya de se concentrer mais les seuls bruits qu'elle entendit furent ceux de mouvements sur sa gauche. Elle ouvrit brièvement les yeux pour voir la jolie rousse être debout et fouillée dans son sac pour en sortir des petits ramequins. Clarke, curieuse, la fixa étrangement avant de fermer les yeux rapidement lorsque la jeune femme se tourna dans sa direction.
« Bien… A présent… » Chacun ouvrit les yeux et se vit donner le petit ramequin « Ceci vous aidera à vous détendre car, je le conçois, quand nous n'avons pas l'habitude, ce monde peut être hostile. Mais vous apprendrez que, loin de la civilisation, vous trouverez bien d'autres choses, bien plus riches ici. Buvez. » Et quand elle vit l'hésitation de l'assistance, elle sourit « Je comprends votre appréhension mais… » Elle leva son ramequin et but l'entièreté de son contenu avant de le reposer avec sourire. Convaincu, chacun but alors, Charlotte et Lexa compris. Clarke hésita avant de suivre le mouvement et au bout de quelques minutes, sa tête bourdonna, tout tourna autour d'elle et la dernière chose qu'elle vit avant que le noir complet ne l'englobe, fut son basculement sur le coté, rendant un paysage flou vertical.
Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle était dans sa tente, une migraine lancinante lui martelant le crane « Oh merde… »
« T'es réveillée ! » lança Charlotte qui venait d'apparaitre « Alycia, elle est réveillée ! » cria-t-elle, donnant naissance à une grimace de gêne de la jolie blonde
« Hey doucement… »
Lexa apparut alors, un air concerné sur le visage « Eliza…. Comment tu te sens ? »
« Je… Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »
Lexa s'approcha et mit sa main sur le front « Ta fièvre est tombée… »
« Ma fièvre ? Mais… »
« Je crois que tu as fais une réaction allergique… »
« Une allergie ? A quoi ? »
« A ce qu'on nous a donné hier. Tu sais le truc pour nous détendre. » répondit Charlotte
« Hier ? Mais… »
« Tu as dormi toute une journée. »
« Quoi ? Sérieux ? »
« Tu as loupé la journée sur les rudiments du camping… »
« Oh quel dommage… » railla Clarke en se relevant « Merde, j'ai l'impression d'avoir pris une cuite. »
« Et c'était tout comme, tu as déliré une bonne partie de la journée. C'est qui Lexa ? »
« Huh ? Quoi ? » paniqua Clarke
« Tu as gémit et tu as parlé d'une Lexa, c'est une amie ? »
Clarke jeta un rapide coup d'œil vers Lexa qui déglutit avant de sortir de la tente
« Ou… Ouais c'est… une connaissance. »
« Tu semblais bien l'apprécier. Elle sait pas que tu es ici ? »
« Ouais… Nan, en fait… C'est compliqué. »
Charlotte sourit faiblement « T'es amoureuse hein… C'est ok tu sais, une des parents d'élèves était mariée avec une femme… Elles étaient cools, elles faisaient toujours de super bons cookies pour les fêtes d'école. »
Clarke sourit « Merci. Alors… Comme ça, je me suis évanouie. »
« Oui. Personne savait ce que t'avait. Alycia s'est occupée de toi… Tu sais, je crois qu'elle est jalouse. »
« Hein ? »
« Quand elle veillait sur toi et que toi tu divaguais sur cette Lexa… Elle semblait gênée. Je crois qu'elle l'a mal pris. »
Clarke sourit « Non, tu te trompes, elle est juste… »
« … Totalement accro. » Clarke pouffa de rire « Rigole pas. Ca se voit trop ! La manière dont elle a bondit vers toi quand t'es tombée dans les pommes. Elle t'a porté comme un prince portant sa princesse, jusqu'à ta tente et à veiller sur toi jusqu'à aujourd'hui. Elle a dormi à ma place et moi dans sa tente. »
« … »
« Tu nous a fait peur. »
« C'est bizarre que je n'ai pas atterri à l'hôpital. »
« Non, ils ont dit que c'était parfois une réaction normale chez certaines personnes. »
« Et toi, ça t'a fait quoi ce truc ? »
« Rien… Enfin j'étais… plus calme ? Quelque chose comme ça… J'avais envie de dormir un peu, mais j'étais… bien. »
« Xanax… » murmura Clarke
« Xa quoi ? »
« Xanax… Il devait y avoir du Xanax dans ce qu'on a bu. Je suis allergique à un des composants de ce médoc. »
« Oh… Et c'est quoi ce médicament ? »
« Il agit contre l'anxiété. Il calme les angoisses. »
« Oh ok. Je crois qu'ils nous ont donné ça pour qu'on soit à l'aise, nan ? »
« Ouais, on va dire ça… »
Evidemment Clarke ne pensait pas vraiment que l'utilisation du Xanax dans ce breuvage avait des vertus apaisantes. C'était, sous une certaine forme, une véritable drogue. Clarke aurait pu mourir…
« Ils sont tarés… »
« Pourquoi ? »
« Oh euh, pour rien, je pensais à voix haute… Tu… Tu peux appeler… Alycia ? »
« Ouaip… » Charlotte sortit de la tente et, quelques secondes plus tard, Lexa apparut « Ca va mieux ? »
« J'ai fais une réaction allergique. »
« Je m'en suis doutée. »
« Au xanax. »
« Xanax ? »
« Le truc qu'elle nous a fait boire… Je suis allergique à un de ses composants. Si c'est pas du Xanax, c'est quelque chose qui s'en rapproche. »
« Tu en es sûre ? »
« Quand mon père est mort, j'ai… J'étais pas bien. On m'a prescrit un dérivé du xanax… J'ai fais une réaction qui ressemble à ce que j'ai eu hier. Ils nous droguent… »
« Ca, il fallait le prévoir… »
« Pourquoi, ils ont pas appelé les secours ? »
« Pour que les autorités découvrent ce qu'ils donnent aux personnes qui font leur séminaires… ? »
« J'aurais pu mourir… Heureusement ma réaction n'est que légère… »
« … »
« Merci. »
« Pour ? »
« Charlotte m'a dit que tu avais veillé sur moi toute la nuit. »
Clarke ne le jura pas, mais elle pensa alors voir sur les joues de Lexa une légère teinte rosée, que cette dernière nierait en prétextant que c'était la couleur orangé de la tente qui le faisait croire.
« Il y a un médecin dans le lot, il a diagnostiqué une réaction allergique. Ils ont une batterie de médoc dans leur stock… Il a fait ce qu'il fallait, le reste… c'était juste de la surveillance. »
« Alors, merci de m'avoir surveillé. »
« De rien. »
Elles restèrent quelques secondes dans la tente, en silence, les yeux dans les yeux. Le cœur de Clarke s'accéléra alors et elle s'approcha subrepticement de Lexa quand soudain…
« On va manger ! » lança Charlotte de l'extérieur de la tente
Clarke et Lexa soupirèrent avant de sourire, gênées « Ouais… Alors… J'ai loupé cette journée ? T'as appris à faire un feu de camp ? »
Lexa pouffa de rire « Entre autre oui, mais tu n'as rien loupé. Demain nous faisons la randonnée… Sauf si tu es… »
« … Je suis en forme ! » lança avec hâte Clarke « Je viendrais. »
« Bien. Après demain nous finirons avec l'atelier cuisine. »
Sans s'en rendre compte, Clarke attrapa une mèche vagabonde de Lexa et lui remit derrière l'oreille « Merci encore. »
Lexa se figea avant de sortir de la tente, laissant une Clarke aussi frustrée qu'heureuse. Il fallait bien le reconnaitre, Lexa était une belle femme : classe, intelligente, forte et belle. Elle semblait la femme idéale, d'autant plus qu'elle avait elle-même un enfant d'à peu près l'âge de sa fille. Elle était du FBI, ce qui sous-entendait qu'elle était capable de la protéger, elle et sa fille, chose qui lui avait fait longtemps défaut.
Oui, à bien y réfléchir, Lexa était totalement la femme idéale, et son type de fille, ce qui ne gâchait rien. Maintenant, la question était de savoir si cela pouvait être réciproque ? Après cette petite manœuvre sous la tente, et surtout l'attention que lui avait porté Lexa toute la nuit, il était évident qu'elle ne la laissait pas indifférente non plus.
Elle mettrait, pour l'instant, ses envies de coté, se concentrant sur l'affaire, prouvant à Lexa qu'elle était tout aussi capable qu'elle, et qu'elle était un assez bon flic pour faire le travail du FBI. Mais elle se jura intérieurement que, lorsque toute cette histoire serait finie, elle ferait un pas vers Lexa.
« Il va pleuvoir… » constata Clarke tandis qu'elle finissait son sac pour la randonnée d'aujourd'hui
« N'ayez crainte. La pluie fait partie du jeu. Et sur la route, nous avons de multiples endroits où se réfugier. » lança la rousse « J'espère que tout ira bien pour vous. »
« Ouais, merci… Normalement, devrait pas y avoir de nouveau des trucs chelous à boire hein… »
La jolie rousse lui sourit mais, derrière ce dernier, une certaine tension se faisait sentir. Clarke le savait, elle aurait pu faire capoter et leurs couvertures et le séjour. Quoi que soient leurs projets par l suite, il ne faudrait plus compter sur une quelconque drogue et tranquillisant pour Clarke.
« Prête ? » lança Charlotte, sac sur le dos, et visiblement excitée
« On est jamais prêt pour cela… »
Et si les premiers kilomètres au cœur de la forêt ne furent qu'une formalité, les choses se corsèrent après manger, lorsque la chaleur moite lui colla à la peau, faisant alourdir sa charge comme si elle était double. Charlotte suivait lentement, Lexa, en excellente condition physique, menait presque le petit groupe.
« Ca craint… » grogna Clarke « Merde… »
Ils commençaient à monter et Clarke se demandait bien où ils allaient comme ça. La réponse arriva quelques minutes plus tard lorsqu'elle trouva, en haut d'une colline, une sorte de petit chalet en pierre et bois « Nous passerons quelques heures ici, pour nous restaurer et nous reposer… Puis nous entamerons une nouvelle descente. »
Les gens semblaient foncièrement heureux d'être là, satisfaits de l'effort accompli, serein du paysage s'offrant à eux.
« Bien, nous allons diviser le groupe en petite section, chacune avec une tâche précise : préparation du repas, montage du campement et recherche de bois. Qui s'y colle ? »
Lexa leva la main alors « Je veux bien aller chercher du bois. »
« Moi aussi ! » se précipita Clarke
« Bien, alors vous deux, vous irez chercher du bois sec pour le feu. Vous trois, vous monterez le camp et vous deux et moi-même, nous préparerons le repas. »
Lexa prit une hachette, imitée par Clarke et avant qu'elles ne partent, la jolie rousse les interpella « Pas la peine d'aller trop loin, en contrebas il y a surement ce qu'il faut. Je vous laisse une heure pour revenir. »
« C'est noté. » sourit Lexa
Et c'est ainsi qu'elles disparurent en descendant la colline qu'elles venaient de grimper. Au bout d'une dizaine de minutes, Clarke soupira lourdement « Merde, si on descend plus bas, on va en chier pour remonter avec du bois sur le dos ! Lexa ! »
« Chutt ! je t'ai dis pas ici. »
« Y'a personne ici. Ils sont tous en haut. On est paumé dans je-ne-sais-quelle-forêt… C'est flippant d'ailleurs… Si jamais on vient à avoir un quelconque problème, on sait même pas où on est. »
Lexa leva les yeux au ciel avant de commencer à ramasser du bois « Contente-toi de faire ce qu'on te dit. »
« Ca va durer encore combien de temps ces conneries ? »
« Je te l'ai dis : le parcours peut être long avant qu'on atteigne l'Eden et Mont Weather. Il se pourrait même qu'on soit obligées de retourner au Centre avant de pouvoir prétendre arriver aux Wallace. »
Clarke grogna de plus belle et encore plus lorsqu'elle sentit quelques fines gouttes sur sa main « C'est pas vrai… »
« Si on ne se dépêche pas, nous n'aurons pas de bois sec pour le feu. »
« Ouais, ouais, ça va, je fais ce que je peux hein… Ca glisse bordel ! »
« Tu ne t'arrêtes donc jamais ?! »
« Quoi donc ? »
« De râler, de jurer… C'est dingue ça ! Comment ils t'ont recrutée à la police ?! »
« En quoi c'est pertinent ? J'ai signé pour arrêter des salauds, les foutre en taule, être les bons. »
« Il n'y a pas foncièrement de bons. » répondit Lexa
« Tu parl… Ahhhhhh »
« Clarke ! »
La jolie blonde trébucha sur une racine et glissa sur une pente, perdant l'équilibre. Elle se retrouva sur les fesses, et glissa sur une trentaine de mètres avant de buter contre un tronc couché au sol. Et dans un hoquet étouffé, elle resta là, quelques secondes, avant d'entendre Lexa crier son nom un peu plus haut « Ca… Ca va, j'ai rien… Enfin je crois… »
Et alors qu'elle tenta de se relever, elle tira une grimace et se tint la cheville « Aie, merde… »
« Quoi ? Qu'es-ce qu'il se passe ? »
« Je… Je crois que j'ai une entorse à la cheville… »
En quelques secondes, Lexa la rejoignit prudemment « Ca va ? »
« Ouais… Merde, je suis couverte de boue. »
« Il faut qu'on remonte… »
« Attends, je vais galérer avec ma cheville… Faut trouver un chemin pour contourner la colline. »
« On va mettre deux fois plus de temps… Et il commence vraiment à pleuvoir… »
« Alors, on reste ici et ils finiront par s'inquiéter quand ils ne nous reverront pas revenir. »
Lexa regarda sa montre « Il nous reste encore une quarantaine de minutes avant qu'ils ne s'inquiètent et un peu plus encore pour qu'ils se pointent ici… »
« Super… »
« Je vais aller les retrouver et leur dire de m'aider à… »
« Non ! »
« Non ? »
« Reste… Je veux pas rester seule ici. Qui sait quelles bestioles trainent par ici… »
« T'es sérieuse ? Clarke, toute cette histoire pourrait être réglée en quelques minutes. »
« Non, reste avec moi ! »
Lexa soupira mais s'accroupit alors et posa sa main sur la cheville de la jeune femme « C'est légèrement gonflé mais pas bleuté, ce qui sous-entend bien une légère foulure, voire entorse, mais rien de plus grave… Tu peux marcher un peu ? On va essayer de trouver un chemin à l'abri. »
Clarke se leva, se pinçant les lèvres, mais prit sur elle pour en montrer le moins possible « Merde, je suis nulle. »
« Non tu ne l'es pas, ça aurait pu arriver à n'importe qui… »
« Sauf toi. »
Lexa et Clarke échangèrent un regard et un léger sourire avant que la jolie blonde ne marche, aidée par Lexa. Et, au bout d'une dizaine de minute, où la pluie redoubla d'ardeur, Elles s'arrêtèrent, Clarke étant épuisée.
« Merde, ça tire… »
« Clarke, regarde… »
« Quoi ? »
Lexa pointa du doigt quelque chose au sol qu'eut du mal à distinguer Clarke tant la pluie formait un fin rideau d'eau. Elle plissa les yeux « C'est quoi ? »
Lexa s'écarta de Clarke pour faire quelques pas et s'accroupir. Elle posa sa main par terre « Clarke… C'est… un chemin… »
« Un chemin ? »
La jolie blonde clopina jusqu'à Lexa et se posa « Un chemin… »
« Et pas un chemin naturel. Il a été fait par l'homme. » constata Lexa en voyant le gravier former une route bien droite
« Suivons-la. On trouvera peut-être un abri au bout. »
Lexa aida Clarke mais au bout de quelques mètres, la cheville donna des signes de répit à la jolie blonde qui put alors marcher seule. La pluie cessa un instant et Lexa, de plus en plus curieuse, accéléra le pas, laissant Clarke quelques mètres derrière.
Finalement, ce fut 10 minutes plus tard qu'elle réussit à la rejoindre « Hey, t'en fais pas pour moi hein… je suis derrière. Lexa ? »
« Regarde ça… »
Devant elles, un immense mur recouvert de lierres, de mousse et autres racines, dissimulant le béton qui le formait. Clarke s'approcha et arracha quelques lianes pour poser sa main dessus « C'est pas naturel. Ca a été fait par l'homme… »
« Comme le chemin. Regarde ça, il est immense, au moins 10m de haut. »
« Et il fait combien de kilomètres tu crois, regarde, on en voit pas le bout. » lança Clarke en regardant à droite et à gauche sur un mur qui semblait ne pas en finir.
Lexa leva les yeux au ciel « Y'a des barbelés… »
« Pour empêcher quelqu'un d'entrer dans la propriété tu crois ? Pour que ça soit un mur pareil, ça doit être une sacré baraque. »
Lexa fronça les sourcils avant de faire quelques mètres sur la gauche « Regarde, une caméra. »
« Wow… »
En effet, une caméra était tournée non pas dans leur direction, mais vers l'extérieur du mur.
« Clarke… Ce mur et ces barbelés… Cette caméra est dirigée de l'autre coté. Clarke… »
« Attends… Ca veut dire… »
« Nous ne sommes pas au pied d'une propriété… »
« Nous sommes dedans… »
Lexa se figea soudain avant de courir vers la droite « Hey, Lexa mais… Hey, attends-moi ! »
Et après au moins 5 min à essayer de la rattraper, Clarke retrouva enfin Lexa accroupie au pied du mur « Lexa ? »
« Clarke… Je crois qu'on a roulé bien plus que ce qu'on pensait… »
« Mais de quoi tu parles ? »
« Nous ne sommes ni en Virginie, ni même en Pennsylvanie… » Elle s'écarta et dégagea le mur de quelques branches pour laisser apercevoir un symbole. Un symbole qu'elle et Clarke ne connaissaient que trop bien.
« Merde… Mais… »
Sur le mur, un aigle de profil dans un triangle et, en dessous, était marqué « Mont Weather »
« Clarke… Nous n'avons plus à savoir si nous atteindrons l'Eden… »
« … Parce qu'on y est déjà. »
TBC
