Bonsoir, bonsoir, Désolée encore une suite tardive, mais ce WE j'ai eu la visite de mon amie la Gastro.

On s'est bien éclatées toutes les deux. Je suis HS... Bref.


A noter que DIMANCHE PROCHAIN IL N'Y AURA PAS DE SUITE !

En effet, je serais à la Y/Con qui est un salon dédié aux "homo-fictions" (tout ce qui relève des fictions : écrits, dessins, oeuvres en tout genre ect)

Il se tiendra samedi 1 et dimanche 2 Décembre aux Esselières à Villejuif.

J'y serais en dédicace le dimanche de 11H à 17H. Si vous ne savez pas quoi faire : VENEZ ME VOIR !


Bref, en attendant, une petite suite sous le signe d'Halloween.

ENJOY


Des bonbons ou un… sort ?

« Tu peux… répéter ? Je veux dire : comment on en est arrivé là ? » lança, amusée, Raven, lovée dans le canapé, une bière à la main.

« La ferme… »

« Non, sérieux, vas-y. »

Clarke leva les yeux au ciel « Vous êtes tous invitées à la fête d'Halloween du quartier. »

« Et quand tu dis tous, tu parles de… »

« Toi, évidemment. Anya, Aden et Lexa. »

« Hm hm, comment elle est arrivée comme ça ? »

« Un simple pari perdu. Elle a parié un diner, j'ai parié un costume ridicule pour Halloween, elle a perdu. »

« Stop. Alors déjà : Lexa a parié… Un rencard ? »

« Non, elle a parié un diner, ou un déjeuner, peu importe. »

« Sans les enfants, ça s'appelle un rencard. »

« … »

« Bref, revenons-en à ce que toi tu as dis : sérieusement, elle parie un rencard et toi… Un costume d'Halloween ?! Mais qu'est-ce qu'il t'est passé par la tête ?! »

« Bah quoi ? »

« Non mais… Allo ! La Terre appelle Clark Griffin ! » lança Raven en tapotant le front de la jolie blonde de son index

« Mais arrête bon sang ! Qu'est-ce que tu voulais que je dise ? »

« Bah je sais pas moi… Tu aurais pu parier aussi un rencard. Comme ça, y'avait pas de perdante, y'avait quand même un rencard à la clé et même une chaude nuit ! »

« N'importe quoi. Il n'y a rien entre Lexa et moi, et il n'y aura jamais rien. Ce n'est qu'une amie. »

« Tu crois sincèrement à ce que tu dis ? »

« Je dis : tu te fais des films. »

« Il faut croire que je en suis pas la seule… Lexa semble y croire aussi. »

« On a rien en commun et… »

« Mais qu'est-ce qui cloche chez toi ? Cette nana semble faire le premier pas. Elle te fait des appels et des signes aussi gros qu'une baleine ! Et toi, tu vois rien… Ou tu ne veux pas voir. »

« … »

« C'est quoi le problème, t'es frigide ? »

« N'importe quoi ! »

« Alors quoi ? T'as pas caché ton intérêt pour elle avant cette infiltration, alors qu'est-ce qui ya changé ? »

Clarke fronça les sourcils « Niylah… »

« Niylah ? C'est quoi ça ? »

« Plutôt c'est qui. C'est une femme avec qui je me suis liée à l'Eden. Elle avait des contacts avec Ryce et les Wallace… »

« Attends… Jusqu'à quel point tu t'es liée ? »

« On a couché ensemble, plusieurs fois. On a même préparé ce qui ressemble à des fiançailles. »

« Mais… Mais ça signifiait rien pour toi, vrai ? »

« Evidemment. Et j'en ai parlé avec Lexa… Elle m'a assuré que ce qui se passait à l'Eden y resterait sans répercussions… »

« Alors le problème est réglé. »

« Y'a pas que ça. C'est plein de petites choses qui font que… Ca collerait pas entre nous, on est trop différentes, on est trop… » Clarke soupira « Je peux pas… »

Raven, sentant la détresse de sa meilleure amie, la prit dans ses bras et serra autant qu'elle put « Tu devrais te laisser une chance… »

« Elle sait même pas que je vois un psy. »

« Pourquoi ne pas lui dire ? Ils doivent certainement avoir un suivi psychologique aussi au FBI. »

« Non, c'est… Ca serait… humiliant. »

« Clarke… »

« Ca serait humiliant parce que je me rends compte que j'en ai besoin. J'ai besoin d'en parler avec quelqu'un qui ne me jugera pas. »

« Je suis là moi. »

« Oui mais toi, c'est pas pareil, tu me connais par cœur, tu n'es pas objective. Evidemment, tu es là, et je t'en serais éternellement reconnaissante mais… »

« Je comprends. Quelqu'un de neutre. »

« Voilà. »

Raven soupira « Bordel, qui a dit que les histoires de cœur c'est simple… »

« Tu sembles t'en sortir avec Anya… »

« C'est… Ouais, c'est spécial. On est loin du couple basique. Je sais pas vraiment ce qu'on est : on se câline, on s'embrasse… Mais… Enfin, tu vois, on a pas encore couchées ensemble. »

« La vie de couple n'est pas qu'une histoire de sexe. »

« Ouais… On va dire ça. »

Clarke se redressa soudain « On va pas penser à ça pour l'instant ! Finissons nos ongles ! Et puis nous avons fort à faire dans les prochains jours ! »

« Quoi donc ? »

« Nous avons une soirée d'Halloween à préparer ! »


« Je déteste Halloween. »

Lexa gloussa en envoyant un torchon dans la face d'Anya, qui bougonnait depuis plus d'une heure sur la perspective de fêter Halloween.

« Non mais sérieusement… Qu'est-ce qu'il t'est passé par la tête ? »

« Rien… »

Anya plissa les yeux avant de s'approcher de son amie « Attends une minute… » Lexa détourna le regard mais Anya glissa son index sous son menton pour ramener son regard devant le sien « Oh c'est pas vrai… »

« Quoi ?! » lâcha soudain, agacée, Lexa en se défaisant de son étreinte « Arrête ! »

« T'es mordue. »

« Je suis quoi ? »

« Toi, ma chérie, tu es amoureuse… »

« Quoi ? Non, n'importe quoi ! Amoureuse ? »

« Ok c'est peut-être un peu fort… Dison que tu en pinces gravement pour une certaine blonde au tempérament aussi agaçant que plaisant, non ? »

« … »

« Je ne vois que cette solution. Tu détestes Halloween. Alors pourquoi t'empêtrer là dedans si ce n'est pour cette nana. »

« Anya… »

« Je résume : tu as parié un rencard. »

« Un diner. » rectifia Lexa

« Donc un rencard. » répété Anya « Elle a parié un costume ridicule pour Halloween. Ce qu'il faut retenir de tout ça : tu es accro à une nana qui, visiblement elle, ne l'est pas. »

« … »

« Non mais sérieusement : tu lui proposes un rencard, et elle, elle préfère Halloween ? Visiblement ton charme ne marche pas à tous les coups. »

« Elle est hétéro je te signale. »

« Oh ! Ca explique tout. Genre, parce que les filles c'est visiblement pas son truc, t'as aucune chance ? Alors, pourquoi tu as tenté ? »

« … »

« Lexa, y'a un truc que tu me dis pas… Il s'est passé quelque chose durant cette mission ? »

« Rien. »

« C'est la réponse la moins crédible que j'ai pu entendre depuis bien longtemps. Alors ? »

Lexa soupira alors « Il se pourrait qu'on… Qu'on se soit tournées autour… »

« Intéressant. Dis-m'en plus. »

« Y'a rien eu. Juste… Des signes… »

« Comme ? »

« Comme des mots, des regards… Je… J'ai senti quelque chose. »

« Hm… Alors pourquoi, au sortir de cette mission, elle semble mettre de la distance ? »

« Pour les besoins de la mission, et afin de s'approcher des Wallace… Nous avons du… Nous avons fais des choses… »

« Et ? »

« … »

« Oh pitié Lexa, nous avons tous fais des choses lors de ces missions… »

« Elle a couché avec une autre… »

« Ah… Oui, c'est… problématique. »

« Mais elle a été réglo : elle m'en a parlé, elle m'a demandé si ça me dérangeait… Je lui ai dis que ce qui se passait à l'Eden y resterait et que nous aviserions une fois dehors. »

« Mais visiblement, c'est pas ce qui arrive. »

« Elle culpabilise je pense. Même s'il n'y a rien eu entre nous là-bas, l'intention y était. »

« Elle a l'impression de t'avoir trompée… Du coup… Ca la freine, ouais c'est logique. Mais toi, t'en penses quoi ? »

« Elle l'a fais pour la mission. »

« Et rien d'autre ? »

« Comment ça ? »

« Es-tu sûre qu'elle ne ressente vraiment rien pour cette femme ? »

« Bien sur ! »

« Je te parle pas seulement sur le fait d'avoir couché avec elle… Mais peut-être qu'elle ressent de l'empathie pour elle encore ? Sais-tu si elle l'a visité en taule ? »

« A vrai dire… Depuis que je me suis réveillée, je n'ai guère eu le temps de me repencher sur l'affaire ni le procès à venir. »

« Ouais je t'avouerai que je n'ai ni lu ni entendu les témoignages de cette femme. Elle semble être celle qui fut la plus proche de Ryce et des Wallace. Son témoignage aurait pu être précieux. »

« Aurait pu ? »

« Elle refuse de parler. D'ailleurs, depuis sont incarcération, elle n'a pas dit un mot. Pourtant, on lui a fait comprendre que grâce à son aide, sa peine avait été revenue à la baisse. »

« Clarke n'a certainement pas du aller la voir… Si cela avait été le cas, Niylah aurait fini par parler. »

« Tu devrais lui dire. »

« Pourquoi moi ? »

« Hm, cruel dilemme hein : ne rien dire sur cette femme et ramener vers toi Clarke, mais du coup, mettre en danger la mission et ce procès. Ou alors lui en parler, faire basculer le procès en notre faveur mais peut-être perdre Clarke. »

« Tu me demandes de choisir entre mon travail et ma vie privée ? Mais tu connais déjà la réponse. Mise à part Aden, je n'ai jamais fais passer ma vie sentimentale avant mes engagements. »

« Alors tu as ta réponse. Si tu veux être sûre, tu dois lui en parler. »

Lexa savait que son amie avait raison, mais elle savait aussi que remuer le couteau dans la plaie pourrait éloigner Clarke d'elle définitivement. Elle ne savait pas vraiment ce qui retenait la jolie blonde, alors qu'à l'Eden elle semblait si avenante. Car oui, elle mentirait si elle disait que Clarke la laissait indifférente : elle était tombée sous le charme de la demoiselle et de sa fille. Elle imaginait les soirées en famille, les sorties, et les tendres moments qu'elles pourraient partager.

Mais finalement, depuis leur retour de cette mission, quelque chose avait changé, elle ne savait pas quoi, elle ne savait pas comment… Elle sentait que Clarke s'échappait, glissait entre ses doigts, tel du sable fin, sans qu'elle ne puisse rien faire.

« Bon, j'imagine qu'il y a un heureux dans l'histoire… »

Lexa sourit « Aden s'entend vraiment bien avec Madi. »

« Dis donc… Tu crois pas que… Lui et elle… »

« Elle a 10 ans Anya. » grommela Lexa « Je ne veux même pas y penser. »

« Oh tu sais : telle mère, tel fils non ?! »

« Très drôle. En attendant, je me suis mise dans une belle merde… Halloween… »

« Heureusement que Clarke n'a finalement pas tenu sa promesse de te faire porter un costume ridicule. Ca nous laisse de la marge pour la conquérir. »

« Nous ? Tu joues en équipe maintenant ? »

« Non, enfin… Non, pas vraiment. »

« Laisse-moi deviner : Raven n'y serait pas pour quelque chose ?! »

« Ray est adorable mais… C'est compliqué. »

« Vous sortez ensemble non ? A ce que j'ai compris et du récit que tu m'as fait lors de mon absence. Alors c'est quoi le problème ? »

« Rien… Depuis votre retour, nous n'avons pas eu une minute… »

« Hm je vois. »

« Vraiment ? »

« Vous n'avez pas encore couché ensemble. »

« … »

« C'est grave docteur. »

« Te fous pas de moi ! »

« Je trouve ça mignon. A vrai dire, tu me fais même flipper. Je ne t'ai jamais vu aussi investi dans une relation. D'habitude, c'est des plans culs, des histoires légères sans avenir, sans prise de tête. Mais là, avec cette Reyes, j'ai l'impression que tu cogites bien plus. »

« Peut-être. Peut-être que j'ai envie de me poser. Et peut-être que Reyes pourrait être la bonne… Qui sait ? »

« Tu devrais tenter. Au moins tu serais fixée. »

« Ce qui vaut pour moi, vaut pour toi aussi. » sermonna Anya

Lexa soupira : oui… Elle devait tenter. Clarke en valait le coup.


« Bonjour miss Griffin. »

« Je vous en prie, appelez-moi Clarke. »

« Dois-je conclure que par cette proximité assumée, vous m'acceptez ? »

« Vous êtes comique vous. Vous avez clairement loupé votre vocation. »

« J'essaie d'être polyvalente. » sourit Warren « Alors, que pouvez-vous me dire aujourd'hui ? »

« Ah parce qu'en plus c'est à moi de trouver les sujets ? Sérieusement, vous bossez les dossiers de vos patients parfois ? »

Wendy pouffa de rire « Votre hargne n'est le témoin que de votre stress de vous trouver ici, en position de faiblesse. »

« Ah ça y est, j'ai compris. Pas mal la technique ! » sourit Clarke

« Vous n'avez toujours pas répondu. »

« Hm… Ok. Vous l'aurez voulu. Recommençons là où en avons terminé la première fois : la mission. »

Wendy opina « Allons-y. »

« Vous… Je… J'avais parlé de… De ces trucs que j'avais fais… »

« Cette relation que vous aviez entamé. »

« Pas vraiment une relation à vrai dire. »

« Qu'est-ce que c'était alors ? »

« Pour elle, c'était vrai… Pour moi c'était… Pour la mission. »

« En êtes-vous sûre ? »

« Evidemment ! A chaque instant je détestais ce que je lui faisais, ce que je me faisais ! Elle avait peut-être fais des choses répréhensibles, mais elle ne méritait pas ce que je faisais. Elle y croyait. »

« Pas vous ? »

« Non, bien sur que non. Je… J'avais de l'empathie pour elle, je commençais à la comprendre, mais je nourrissais pour elle rien d'autre que le début de ce qui aurait pu être une amitié, alambiquée certes. »

« Mais c'est une criminelle. »

« Elle… Elle croyait en des choses qui l'ont dépassée. Au final, elle m'a aidé, elle a ouvert les yeux. »

« Que devient-elle aujourd'hui ? »

« Elle est en prison, à Singdale. Sa peine a été allégée grâce à mon témoignage. »

« Le sait-elle ? »

« Non. Je ne l'ai pas revu depuis la fin de cette histoire. »

« Peut-être est-ce là le problème. »

« C'est à dire ? »

« Laisser une histoire en suspens. La mettre de coté, pensant que les choses se tasseront toutes seules. Mais ce n'est pas un livre que l'on ne finit pas et que l'on remet gentiment en bibliothèque en pensant y revenir plus tard. Ce sont des humains, des sentiments humains… On ne peut les mettre de coté ainsi. Il faut parfois les affronter. »

« … »

« Est-ce la seule chose dont vous avez peur Clarke ? Faire face à vos sentiments ? »

« Mes sentiments ?! »

« Envers elle, envers vous. Je parle ici d'une certaine culpabilité qui vous ronge : d'avoir joué le jeu pour vous jouer d'elle, d'avoir développé des sentiments qui n'auraient jamais du voir le jour pour elle, une criminelle. Envers vous parce que vous alliez à l'encontre de tous vos principes, moraux et sentimentaux. »

« … »

« Clarke, personne ne vous jugera, et encore moins moi. »

« Ca se saura, au procès, elle parlera. »

« L'infiltration est un exercice compliqué qui, même pour les plus chevronnés, demande une certaine abnégation et une remise en question. Personne ne peut comprendre, personne. »

« Alors pourquoi tout ça ? Pourquoi ces séances si au final, ça ne sert à rien ? »

« Je n'ai pas dis que je cherchais à vous comprendre Clarke. J'aimerais que vous vous sentiez bien face à tout cela. Il est dur de gérer tant de choses pour un humain, prendre les choses les unes après les autres, c'est ce qu'il faut faire, mais parfois on ne sait pas comment. Alors là, j'interviens. Je suis ici pour vous guider, non pour vous juger ou vous comprendre, je ne le pourrais pas de toute manière. »

« … »

« Clarke… Aimez-vous cette femme ? »

« Non. Je tiens à elle parce que j'ai noué des liens, autre que physiques. Je… Elle m'a parlé d'elle, de sa vie, du pourquoi elle avait atterri à l'Eden. Alors bien sûr, elle fait partie d'une machine bien plus complexe et qui compte des centaines de personnes comme elle, mais… Avec elle, j'ai appris à la connaitre, c'est, je pense, ce qui fait que j'ai de l'empathie pour elle. »

« Clarke, pour clôturer cette partie de la mission… Vous devez aller la voir. Elle fut franche avec vous, vous devez l'être avec elle. C'est ce qui vous ronge : elle vous a dit la vérité, mais vous n'avez fais que lui mentir. »

« Elle s'est confiée et attachée à Eliza, une nana paumée abusée par son père… Quand elle va voir Clarke, la flic… Elle… »

« Vous n'en savez rien. »

« … »

« Pourquoi vous souciez-vous autant d'elle ? »

« Parce que, quoiqu'on dise, on a crée des liens… Et pas seulement physique. J'ai brisé sa confiance. »

« Mais votre témoignage va aussi l'aider. »

« … »

« Mais vous n'en serez certaine que si vous finissez par l'affronter. »

« Je sais. Et je sais que je vais devoir le faire. »

Wendy sourit puis consulta de nouveau le dossier « La prochaine fois, nous parlerons de… Charlotte ? »

Clarke frissonna avant de la fixer « Pa… Pardon ? »

« Oui, j'ai cru comprendre que Niylah n'était pas la seule personne avec qui vous avez crée des liens là-bas. Je me trompe ? »

« Non, non… Au contraire, je… Charlotte… » soupira-t-elle comme si elle venait de se rendre compte de quelque chose « Excusez-moi mais… Je… Je dois partir ! »

« Notre séance était de toute manière finie. »

« Oui mais… Enfin vous voyez, c'est urgent. »

« Très bien. La semaine prochaine, même jour, même heure. »

« Parfait ! »

Puis, avec hâte, Clark sortit, ou plutôt s'expulsa, du bureau et prit son téléphone en rejoignant sa voiture « Ray c'est moi ! J'ai besoin que tu me rendes un service… C'est assez urgent. »


Clarke en avait presque des sueurs froides. Elle attendait fébrilement, à l'abri dans sa voiture, le chauffage à fond tandis que dehors, il fine bruine rendant l'atmosphère aussi froid que moite. Elle scruta l'entrée de la maison à la façade impeccable : les volets étaient immaculés, comme les murs et le proche où trônait une petite balancelle. Elle imaginait un jardin parfaitement entretenu à l'arrière avec des parterres de fleurs colorant les environs. L'intérieur devait être tout aussi cosy avec un gout particulier pour agencer, façon feng shui, les meubles décorés avec soin. Elle soupira alors : elle aurait probablement préféré avoir affaire à une maison laissée à l'abandon, peu entretenue, avec du lierre mangeant la façade, une pelouse non tondue…

Elle sortit de ses pensées quand une voiture, un pick-up rouillé, détonnant avec la maison impeccable. Une femme en sortit alors et Clarke ne put que constater la ressemblance. Elle grimaça alors avant de sortir de sa voiture et de rejoindre à pas de course, le proche où la femme s'apprêtait à entrer dans sa maison.

« Miss Dawson ! »

La femme se retourna alors et ce qui frappa Clarke fut l'air fatigué qu'arborait son visage, et qu'elle n'avait pu voir si loin dans sa voiture.

« Oui ? »

« Je… Je me présente, je suis le capitaine Clarke Griffin. »

« Capitaine ? De… De la police ? »

« Exact. »

« Vous… Vous avez des nouvelles de Charlotte ? Vous l'avez retrouvé ?! »

L'empressement et l'émotion dans la voix de la femme, troubla Clarke « Oui en fait… Je… Je suis sur l'enquête et, j'aurais aimé vous poser quelques questions. »

« Encore ? Mais j'ai déjà tout dis à vos collègues. »

« Vous avez déclaré sa disparition donc… »

La femme la fixa et plissa le regard « Excusez-moi… De quel poste venez-vous déjà ? »

« Polis, la banlieue sud de Washington. »

« Washington ? Mais… » Elle se figea « Montrez-moi votre badge. »

Clarke sourit et écarta sa veste pour montrer son insigne, accroché à la ceinture, ce qui rassura la jeune femme « Désolée de tant de suspicion… Mais j'ai souvent eu des illuminés qui voulaient m'aider : des médiums, des charlatans en tout genre… Pourquoi Washington ? Vous avez eu de ses nouvelles par là-bas ? »

« Peut-être. Pourrions-nous entrer ? »

« Oh oui, désolée. » La femme s'empressa d'ouvrir et d'entrer, suivie de Clarke « Vous pouvez laisser votre veste ici. » lança la femme en montrant un porte manteau sur lequel elle accrocha elle-même sa veste. »

« Merci. »

« Vous voulez boire quelque chose ? »

« Non merci. J'aimerais que l'on parle de Charlotte. »

« Bien sûr, bien sûr. Venez. »

Clarke fut invitée à s'asseoir dans un large fauteuil, tandis que l'hôte se mit dans le canapé « Alors… Comment se fait-il que vous ayez des nouvelles de Charlotte à Washington ? Va-t-elle bien ? L'avez-vous vu ? »

Clarke inspira alors : durant près d'un mois elle avait su jouer la comédie plus vraie que nature, elle pouvait tenir quelques minutes en face de cette femme « A vrai dire, non nous ne l'avons pas vu. Elle est apparue dans un dossier sur… du vol à l'étalage. »

« Du vol ? Mon dieu… » et malgré son apparente tristesse, la jeune femme sourit « Elle est vivante. »

Clarke fronça les sourcils et se racla la gorge « Mme Dawson, pouvez-vous revenir sur vos déclarations. Lors de la fugue de Charlotte, vous avez déclaré que vous ne saviez pas pourquoi elle serait partie. Nous nous sommes orientés vers la piste d'un cyber criminel qui lui aurait tendu un piège mais… J'aimerais éclaircir certains points. »

« Lesquels ? »

« Mme Dawson, vous êtes mariée n'est-ce pas ? »

« Je… Je l'étais. »

« Vous vous êtes séparés ? »

« Le divorce a été prononcé il y a une semaine. »

Clarke s'étonna alors « Vraiment ? Pourquoi ? »

« … »

« Madame, est-ce que cela à un rapport avec la fugue de Charlotte ? »

« Non, bien sur que non… »

« Il n'est pas rare qu'une famille soit égratignée lors d'une telle épreuve. Les personnalités se révèlent. Votre mari n'a peut-être pas démontré un intérêt poussé à la disparition de sa belle-fille… »

« … C'est… »

Sentant la femme en face d'elle sur la brèche, Clarke lâcha du lest et se leva alors, pour faire le tour du salon. Elle nota alors quelques photos ici et là, montrant Charlotte plus jeune, un large sourire aux lèvres sur la plage, au soleil… Cela tranchait radicalement avec la vision d'une Charlotte renfermée qu'elle avait croisée les premières minutes dans le building de l'Eden.

« Charlotte… » Clarke se retourna alors en entendant la voix de la mère de la petite fille « Charlotte était une petite fille si gentille, si douce, si souriante… »

« Vous en parlez comme si ce n'était plus le cas. »

« Je n'ai rien vu, ou je ne voulais pas voir inconsciemment… J'espère faire un second mariage heureux, apporter la stabilité à ma fille. La stabilité d'un foyer, d'une famille… »

« Mais ce ne fut pas le cas ? »

« … »

« Parlez-moi, j'ai besoin de comprendre. Cette gamine de 12 ans n'a pas fui son chez elle simplement parce qu'elle a été puni de dessert. »

« Je crois… Je crois que mon beau-fils… Lui a fait des choses… »

Clarke se crispa, se retenant de ne pas la secouer un bon coup « Mme Dawson ? »

« Il… Il a abusé d'elle. » lança-t-elle entre deux sanglots

« Vous en êtes sûre ? »

« Je… Je n'en ai jamais eu la preuve, et si Charlotte a déjà fais des appels et des signes, je ne les ai pas vu… Je n'ai rien vu. » Elle enfouit alors son visage dans ses mains. Clarke aurait pu la consoler, la soutenir. Mais elle la laissa pleurer, elle la laissa prendre conscience de son erreur, comme une punition pour avoir laissé partir sa fille de 12 ans dans la nature.

« J'aurais du faire quelque chose… J'aurais du… »

« Vous avez engagé du changement. Vous avez demandé le divorce, vous l'avez obtenu. Vous avez une fleuristerie à votre compte. Vous avez repris votre vie en main. »

« … »

« Comment avez-vous su ? »

« Je ne l'ai pas su. Mon mari voulait que l'on déménage, que l'on oublie Charlotte. Il l'a dénigré, la traitant de mauvaise herbe. Qu'elle n'aurait que ce qu'elle méritait. Je n'ai plus supporté… Et un jour je suis tombée sur des amis à Trevor au centre commercial. Ils parlaient de Charlotte et sa disparition. Ils avaient peur qu'avec la police sur ses traces, ils ne découvrent ce qu'ils lui avaient fais. Lorsque je les ai confrontrés, ils m'ont avoué ce soir de match dans le sous-sol. J'étais horrifiée. Quand je suis revenue à la maison, j'ai mis Trevor au pied du mur. Mon mari, son père, n'a pas supporté les accusations et m'a menacé de partir… Je lui ai dis que c'était la meilleure solution. De toute manière, il était impenssable que je puisse vivre sous le même toit que le violeur de ma fille. Il est parti, avec son fils, en me menaçant de porter plainte pour diffamation si je venais à parler de cette histoire aberrante. Je crois que c'est la meilleure chose que j'ai faite depuis longtemps. J'ai perdu ma fille à cause de mon aveuglement… Peut-être est-elle mieux loin de moi. Je l'ai cherché, j'ai mis des affiches, sillonné les routes mais rien.»

« … »

Clarke savait qu'elle n'aurait jamais pu trouver sa fille, nichée à l'Eden, derrière des murs immenses dans le Vermont.

« Quelle mère suis-je ? Je n'ai pas su protéger ma fille. Elle a souffert, sous mon toit… »

« Madame Dawson… »

Les yeux rougis, la femme fixa Clarke, et soudain le cœur de la jolie blonde se brisa : d'un coté comme de l'autre, les Dawson avaient souffert.

« Venez avec moi. »


La route fut longue et silencieuse. Clarke ne lui avait dis que ce qu'elle avait besoin de savoir : un simple interrogatoire. Evidemment Lina Dawson pensait que cela avait à voir avec le viol de sa fille. Alors, lorsqu'elles arrivèrent à Polis, Mme Dawson n'imaginait pas que, dans quelques instants, son cœur s'arrêterait.

« Attendez ici. »

La femme opina et s'assit sur une chaise dans une pièce qui ressemblait à une salle d'attente. Clarke traversa son poste, sous les regards interloqués de ses collègues.

« Clarke… C'est elle ? » lança Bellamy

« Ou est-elle ? » répondit la jeune femme, sachant que sa propre question répondrait à la sienne

« A coté avec Ray. Tu veux… Tu veux que j'y aille ? »

« Non, c'est à moi de le faire. »

Clarke entra dans son bureau et y trouva Raven et Charlotte, en grande discussion « Hey Clarkie ! J'essayais de faire admettre à Charlotte que la saga Harry Potter était bien au dessus que Star wars. Aide-moi. »

Clarke sourit « Y'a pas de question à se poser. Harry Potter. »

« Ah ah ! Tu vois ! »

Charlotte grimaça avant que Clarke n'intime l'ordre à son amie, et d'un seul regard, de les laisser seules.

« Bon… J'y vais. On se voit plus tard mademoiselle ! »

Une fois la porte fermée, Clarke vint s'asseoir « Alors… Comment trouves-tu mon poste ? »

« Bof… C'est toujours mieux que le trou où on m'a mis. »

« Je sais que tu n'as pas aimé… Mais il se pourrait que ça prenne fin aujourd'hui. »

« Ah oui ? »

« Tout dépendra de toi à vrai dire. »

« Comment ? »

« Charlotte. Je t'ai promis une chose quand nous étions là-bas, et sache que je n'ai pas l'intention de lâcher l'affaire. »

« … »

« Pour se faire, j'ai… J'ai contacté ta mère. » La petite se crispa, baissant le regard « Prends l'info comme tu le sens mais… Sache qu'elle a divorcé. Ils sont partis. » La petite leva les yeux, étonnée « Elle vit seule, elle n'a jamais cessé de te chercher. »

« Elle… Elle sait pour… »

« Oui. Dès qu'elle a su, elle les a mis dehors… Elle n'aurait jamais pu te retrouver à l'Eden. »

« Tu lui as dis que j'étais là. »

« Non. Je voulais te le dire avant. Si tu ne souhaites pas la voir, je peux lui dire que j'avais simplement l'intention de l'entendre pour l'affaire du viol. Et elle serait repartie. »

« … »

« Charlotte, c'est toi qui vois mais… Tu n'es pas seule. Ta mère est là, je suis là. Et sache que cette affaire ne sera finie que lorsque ton connard de demi-frère, qui ne l'est plus maintenant, sera en taule. »

Charlotte hoqueta, amusée, avant de soupirer « J'ai peur… »

« De quoi ? »

« De ce qu'elle pourrait penser de moi. Je… J'ai été salie, je suis plus la même… J'ai fui à l'Eden… »

« Crois-moi, je sais de quoi je parle en te disant que, peu importe, pour une mère, son enfant est la plus précieuse chose au monde, quoiqu'il se soit passé, elle sera de ton coté, du notre. »

« … »

« A toi de voir. »

Charlotte tritura ses doigts « Tu resteras avec moi. »

« Bien sur. »

Elle inspira alors avant de se lever et de prendre la main de Clarke comme un signe de consentement. Les quelques mètres qui séparèrent le bureau de Clarke de la salle d'interrogatoire furent une éternité pour la petite fille. La belle blonde sentit sa main se crisper sur la sienne et encore plus lorsque sa mère fut en vue. Charlotte se stoppa net.

« Clarke… »

« Ca va aller. Je suis là. » assura Clarke

Et c'est ensemble qu'elles entrèrent. Lorsque le regard de Lina Dawson se posa d'abord sur Clarke puis ensuite sur la petite fille, les pleurs furent automatiques. Mais pour autant, elle resta sur place, apeurée à l'idée de s'approcher de sa fille et que cette dernière ne la repousse. Après des semaines de recherches, elle ne supporterait pas un rejet.

« Cha… Charlotte… Mon Dieu… »

La petite resta figée et muette. Et quand sa mère se leva, elle recula d'un pas, se cachant derrière Clarke.

« Je suis désolée… Chérie, pourras-tu me pardonner… »

Lina tomba à genoux à terre, le visage dans les mains. Charlotte lâcha soudain la main de Clarke et s'approcha doucement jusqu'à sa mère. Elle posa sa main sur son épaule, pour obtenir son attention. Aucun mot ne fut prononcé. Silencieusement, un pardon fut accordé, une promesse fut tenue, et un avenir commença à se dessiner.

Clarke ne put retenir ses larmes lorsque Lina se releva et, après près de deux mois d'absence, prit sa fille dans ses bras. En elle-même, Clarke se fit une dernière promesse : finir cette histoire sur une fin heureuse.


« Alors… Comment ça va se finir tout ça ? » demanda Raven en ajustant la dernière toile d'araignée au dessus du canapé

« Je ne peux pas reprendre mon poste encore, alors j'ai confié l'affaire à Echo. Je sais qu'après moi, c'est celle qui n'aura aucun scrupule à lui faire peur jusqu'à ce qu'il se pisse dessus en salle d'interrogatoire. » répondit Clarke « A ton avis, carafe tête de mort ou carafe os ? »

« Hm, tête de mort. Les filles arrivent à quelle heure ? »

« Dans moins d'une heure. La collecte des bonbons va bientôt commencer. »

« J'imagine que Madi est enfermée dans sa chambre depuis plus de 3 plombes parce qu'elle peaufine son costume ? » ricana la belle latino

« T'as pas idée. »

« Elle est déguisée en quoi ? »

« Momie. Je crois que ma mère lui a fourni un kilo de bande… »

« Ah pas mal… »

« Au fait, en parlant de ça : je peux savoir ou est ton déguisement ? »

« Hm… Je mise tout sur un maquillage sympa. »

« Tu crains. Et si ta copine arrive avec un costume qui déchire ? »

« T'inquiète, on s'est mise d'accord. On se chargera de la collecte avec les gosses pour que vous ayez du temps pour vous deux… »

« La ferme, t'es lourde. »

« Et toi, t'es chiante. Sérieux. Crève l'abcès. Y'a une telle tension sexuelle entre vous que je me prends des coups de jus. »

Clarke leva les yeux au ciel « Finalement, j'ai lâché l'affaire pour le costume ridicule. Madi m'a dit que Lexa ne fêtait jamais Halloween. Je crois que c'est déjà assez pour elle. »

« Tu es bien trop gentille… Ou accro. »

« Du coup, je lui ai laissé le choix du costume. »

« Et le tien ? »

« Vampire. »

« Simple mais efficace. Tu devrais te préparer, je gère le reste. »

Clarke ne se fit pas prier et délaissa ton petit buffet horrifique pour se rendre dans la chambre de sa fille.

« Hey, t'es prête ? »

« Tu peux m'aider pour la dernière bandelette ? »

« La vache, t'as mis le paquet. » ironisa Clarke qui avait du mal à reconnaitre sa fille derrière tous ces bandages.

La jeune femme laissa ses vêtements pour des affaires déchirés et ensanglantés, un maquillage blafard et quelques gouttes de sang au coin des lèvres.

« Lentilles ou pas ? »

« Cache pas tes yeux, c'est ton meilleur atout. »

« Tu vas pas t'y mettre toi aussi. »

Madi sourit et coiffa sa mère pour toute réponse. Et quand les Griffin sortirent de la chambre se fut pour voir Raven se faire quelques cicatrices sur le visage « Alors, comment c'est ? »

« C'est le minimum vital… » ironisa Madi

Clarke s'approcha de Raven pour finaliser son maquillage « Hey, à ton avis, elle sera comment Lexa ? Imagine elle met un costume qui te laisse sur le cul… »

« Je l'ai pas invité pour qu'elle finisse dans mon lit. Je l'ai invité parce que c'est une amie et que son fils et ma fille s'entendent bien. »

« Bien sur… Répètes-toi ça un millier de fois pour t'en convaincre, ça marchera peut-être. »


« Tu crois pas que ça fait too much ? »

« T'es sérieuse ? Tu es magnifique. »

« Le but d'un costume d'Halloween est de faire peur. »

« Mais ton but à toi est de conquérir Clarke. »

« Chut ! » lança vivement Lexa en donnant un coup d'œil vers Aden

« Je m'en fous... » chantonna ce dernier en avança devant les deux jeunes femmes.

« J'adore ce môme. » ironisa Anya « Non, sérieusement, t'es canon, elle va pas pouvoir résister. »

« … »

« Car c'est évidemment le but de ce costume hein ? Parce que niveau mobilité, y'a mieux quand même. Tous ces efforts juste pour une amie, laisse-moi rire. »

« Arrête, c'est bon, j'ai compris. »

« Si tu ressors pas de cette soirée sans un baiser et un second rencard, je te renie. »

Lexa haussa les épaules avant de se planter devant la porte des Griffin. Aden fut celui qui sonna.

« Ah ah les voilà ! Bombe le torse Clarkie ! »

« Arrête ! Il est pas question de… Peu importe ce que tu crois, il n'en est pas question. »

« On verra. Il suffit qu'elle porte quelque chose d'attrayant et… »

« C'est Halloween. » lança Clarke en posant la main sur la poignée de la porte « Tu peux me dire comment un costume d'Halloween peut être… » Elle ouvrit et soudain, elle perdit son souffle : devant elle, Lexa déguisée en Elvira Adams, ses longs cheveux plaqués sur le visage, une robe noire moulant ses formes gracieuses et un décolleté qui laissait entrevoir la naissance de ses seins « … Attrayant… » souffla la belle blonde, déjà subjuguée.


« Bonsoir Clarke, j'espère que nous ne sommes pas trop en avance ? »

« Que… Quoi ? Hein ? »

« Hey Griffin, t'as pas oublié pourquoi on était là ? » ironisa Anya en voyant le malaise visible de la jolie blonde dès qu'elle posa ses yeux sur le corps de Lexa

« Très drôle, entrez. Wow Aden, tu fais un zombie… très crédible. »

« Ouais, Anya m'a couvert de vrais boyaux de ses ex, qu'elle a enterré dans le jardin. Hey salut Raven ! »

« Petit con… » raya Anya tandis que la belle latino la rejoignit « Salut. »

« J'ai du souci à me faire ?! » plaisanta Raven alors qu'elle glissait sa main au creux des reins de sa petite amie

« Pas si tu me restes fidèle. »

« Ok, je suis prévenue. »

Elles s'embrassèrent rapidement devant une Lexa et une Clarke, gênées « Ton… Ton costume est magnifique, tu es… sublime. » balbutia Clarke, qui perdait tous ses moyens devant le corps attractif de Lexa dont la robe ne pouvait laisser échapper la moindre courbe.

« Merci. » lança, d'une fierté à peine dissimulée, la jolie brune. Oui, finalement, en voyant la réaction de Clarke, Anya avait peut-être bien raison : elle pouvait peut-être attendre quelque chose de plus que de simples bonbons et chocolats pour cette soirée.

« Elle est ou Madi ? » demanda Aden, ce qui coupa la contemplation de Clarke pour Lexa

« Oh euh, dans sa chambre, elle ne va pas tarder. Madi ! »

La petite sortit, ajustant ses dernières bandelettes.

« Wow, délire ton costume ! » s'enthousiasma Aden « On récolter un max ! »

« J'espère bien ! Maman, on y va ? La collecte a déjà commencé ! »

« Ah attendez, Ray et moi on va accompagner les enfants. »

« Bah et nous alors ? » s'étonna Lexa

« Clarke n'a pas fini le buffet. On en a pas pour longtemps. Disons que dans une heure on est de retour ! »

Anya et Raven ne laissèrent pas vraiment le choix aux filles et prirent les enfants, qui ne se firent pas prier non plus, et en un claquement de doigt, ils disparurent, laissant Lexa et Clarke seules.

« Ils sont sérieux là ? Je me suis mise en vampire pour… rien ? »

Lexa gloussa « Ils ne sont pas très subtils. »

Clarke sourit à son tour « Certes. Bon bah… Puisque tu es là, un coup de main pour les minis pizzas ? »

« Minis pizzas ? »

« En forme de zombie, viens je te montre. »


« Tu crois que ça va aller ? » demanda, soucieuse, Raven

Main dans la main avec Anya, elle arpentait les rues du quartier, surveillant attentivement les enfants. Ces derniers les avaient abandonnés pour toquer aux portes et remplir leur seau.

« Entre Lexa et Clarke ? »

« Tu penses qu'une heure ça sera suffisant ? »

« Avec la robe que j'ai mis sur les fesses de Lexa ? J'espère bien qu'en une heure, elles auront eu même le temps de le faire 2 fois ! » railla la joli asiatique

Raven resserra sa main dans la sienne « En parlant de ça… Toi et moi… »

Anya ne put s'empêcher de sourire « Justement… J'y pensais et… Tu fais quoi le week-end prochain ? »

« Rien. Ah moins qu'une belle blonde ne m'invite chez elle pour une pizza et une bière. »

« Hm… Quel hasard, c'est exactement ce que je m'apprêtais à faire. »

« Le hasard fait bien les choses… »

Elles échangèrent un sourire avant que les enfants ne s'éloignent de nouveau pour une prochaine porte.

« Alors, tu crois que ta mère et la mienne vont enfin se parler ? » demanda Aden « J'aurais jamais cru voir ma mère dans unetelle robe. Elle doit vraiment tenir à la tienne pour faire ce genre de chose. »

« J'en sais rien. Ma mère est têtue. »

« Mais la mienne est déterminée. » sourit Aden


Lexa découpait consciencieusement ses carottes en lamelles tandis que Clarke finissait la dernière fournée de minis pizzas. La belle brune avait hésité plusieurs fois à engager la conversation, mais à chaque fois elle s'était tût. Elle voyait les aiguilles de la pendule tourner et bientôt ils seraient de retour sans qu'elle n'ait eu la possibilité de faire avancer les choses.

Mais quand Clarke cria soudain, l'occasion lui fut donner de s'approcher de la jeune femme.

« Clarke ? »

« Merde, j'me suis brûlée avec le four ! » dit-elle en se tenant le poignet

« Viens là. »

Lexa lui attrapa la main et fit couler de l'eau froide sur sa brûlure naissante. C'était la première fois depuis bien longtemps qu'elles étaient si proches l'une de l'autre, ce que ne tarda pas à noter Clarke, qui déglutit soudain.

« Mer… Merci. »

« De rien. Nous avons de quoi manger pour 12 pour au moins une semaine. » sourit-elle

« Ouais, y'aura du rab comme ça. »

Elles échangèrent un regard et un silence avant que Clarke ne s'éloigne. Lexa grimaça, se giflant intérieurement d'être aussi coincée. Elle se tourna vers une Clarke qui était déjà occupée à dresser le buffet.

Lexa la rejoignit et compta jusqu'à 3 avant de se lancer « Clarke ? »

« Hm ? »

« Tu… Tu n'as toujours pas repris le travail. »

« Nope. »

« Tu… Le procès est dans deux semaines… »

« Je sais et j'espère reprendre avant. »

Seule Raven était au courant des séances chez le psy de Clarke. Cette dernière ne voulait pas en faire étalage et encore moins à son entourage. Les préjugés étaient si vite faits et la rumeur courait certainement que Clarke était dérangée et non apte à reprendre du service.

« J'ai appris pour Charlotte. C'est bien. »

« Ouais. Mon équipe se charge de son violeur et dans les jours à venir, il serait enfermé. »

« Aucun moyen que son père l'en fasse sortir ? »

« Charlotte va témoigner, et ses amis aussi, ceux qui ont participé, aussi. Ils n'ont pas le choix. S'ils ne le font pas, je les poursuivrais jusque dans leur prochaine vie, et les suivantes. »

Lexa gloussa avant de se tourner entièrement ver Clarke « Je peux te poser une question ? »

« Vas-y. »

« As-tu… » elle se mordit la lèvre inférieure

Clarke vit son embarras et s'approcha « Lexa ? »

« Je… Je n'ai pas envie de… Enfin, ce n'est peut-être pas ma place… »

« Quoi donc ? Lexa ? »

La jolie brune inspira « As-tu revue Niylah ? »

Clarke frissonna : entendre ce prénom dans la bouche de Lexa était une sensation étrange.

« Qu… Pardon ? »

« Désolée, je… Ce n'était pas, je ne voulais pas… »

« Hey, hey stop. Ca va tu sais. On peut en parler. Après tout, c'est l'enquête. » sourit, rassurante, Clarke

« Oui, tu as raison. »

Mais sentant que ce n'était pas la seule raison, Clarke s'approcha un peu plus « Un problème ? »

« Non, bien sur que non… C'était juste… Une question. »

« Non, c'est faux, c'était pas juste une question. Lexa Woods… Serait-elle jalouse ? » ironisa la belle blonde

« Non, non ! » s'empressa de répondre Lexa, mais pas avec assez de conviction pour que Clarke ne lâche le morceau.

« Hey, tu sais… Nous sommes amies alors… »

« … Et si je ne voulais pas. »

« Pardon ? »

« Si je ne voulais pas que l'on soit simplement amies, Clarke. »

La belle blonde sentit son corps se faire transpercer par les yeux émeraude de Lexa, ces yeux qui ne la quittaient pas.

« Je… Quoi ? Enfin… On est… On est amies, non ? » paniqua Clarke

« Dis-moi ce qu'il s'est passé entre l'Eden et maintenant ? »

« De quoi tu parles ? »

« Je ne suis pas idiote. J'ai souvenir des allusions, des regards, des promesses… Clarke on se tournait autour là-bas, je t'ai même empêché de m'embrasser. Et aujourd'hui, j'ai l'impression que… Tu t'éloignes. »

« … »

« Ecoute, c'est ok, je suis prête à me prendre un râteau, j'aimerais juste savoir pourquoi. Est-ce que… Est-ce que c'est à cause de la mission ? A cause de… Niylah ? »

Clarke baissa le regard avant de soupirer « Merde ? je suis nulle… »

« Ne dis pas ça… »

« A vrai dire, si : je suis nulle. Je suis nulle comme agent infiltré, je suis nulle comme meilleure amie quand je passe à coté de la vie de mon amie, je suis nulle comme amante… Je suis… »

« Perdue ? »

Clarke la fixa et lui prit la main avant de la conduire au canapé et de s'y asseoir « Ok… J'ai pas été très subtil et encore moins dans la mesure. Je sais ce que j'ai fais : le rentre-dedans, les sous-entendus… Je… Je voulais tout ça. »

« Plus maintenant ? »

« Si, si bien sur que si ! »

« Alors quoi ? »

« Niylah… »

« Je t'ai dis que ça restait dans le cadre de… »

« Je sais, mais c'est plus forte que moi. Y'a ça et y'a… la réalité des choses. »

« La réalité ? »

« Nous. Regarde-nous : nous sommes si différentes. »

« Mais la différence peut être aussi un atout. »

« Ah oui ? Ce n'est pas ce que tu disais lorsque tu parlais des différences entre Anya et Raven. Quand tu disais que tu n'y croyais pas. Alors pourquoi ça serait différent entre nous ? »

Lexa comprit alors : ce bref instant à l'hôpital où elle avait décidé de bâtir un mur de défense, ce bref instant où, sans le vouloir, elle avait éloigné Clarke.

« Oh Clarke, non… »

« J'ai compris… »

« Non, tu n'as rien compris. » sourit Lexa « Chaque couple est différent et, franchement, Anya et Raven sont uniques. Nous… C'est… autre chose. »

« … »

« Clarke… Je t'en prie. Laisse-moi au moins une chance. Tu étais si entreprenante et maintenant si distance… C'est difficile pour moi de comprendre et de me situer. »

« Je suis désolée, c'est juste… Qu'en ce moment c'est… le bordel. Entre l'enquête et le reste… »

Lexa soupira « Je ne suis pas pressée. J'aimerais juste savoir s'il y a une quelconque possibilité un jour ou si tu préfères croire que nous pourrions restées amies. »

Clarke la fixa « Tu aimerais ? »

« Quoi ? Qu'on soit plus que des amies ? Moi je pensais que c'est ce que tu voulais. Après le rentre-dedans que tu m'avais fais… Je… Je pensais qu'une fois dehors… »

« Je suis désolée… Faut croire que je suis à coté de mes pompes dès que ça te concerne. »

Lexa hoqueta « Certes. Ca peut vouloir dire quelque chose alors, non ? »

« Oui. »

« Alors… »

« Alors… »

Lexa lui prit les mains « J'ai rarement couru après quelqu'un. A vrai dire, ça n'est jamais arrivé. »

Clarke sourit faiblement « J'aurais tellement aimé te dire que je suis heureuse et que j'ai hâte qu'un nous commence. »

« Mais ? »

« Mais… J'ai tant de choses à régler, la première était Charlotte. »

« Et les suivantes ? »

« Cette enquête, Niylah… Reprendre le taff… »

« On a tout notre temps, si tu me confirmes que je n'attendrais pas pour rien. »

Lexa, je dois te dire quelque chose avant… »

« Quoi ? »

« Je… Je vois une psy. »

Lexa haussa un sourcil « Et ? »

« Et… Ca te surprend pas ? »

« Ce qui m'aurait surprise c'est que tu n'en vois pas un. Généralement, après une mission avec un tel niveau d'implication, on a obligation de consulter. »

« Tu… Tu y es passé aussi ? »

« Evidemment. » sourit Lexa « Nous avons un psy affilié au FBI. Lors d'enquêtes intenses, nous avons ordre de le consulter. »

« Et tu l'as déjà vu pour cette affaire ? »

« Bien sur, plusieurs fois même. »

« … »

« Clarke, ce n'est pas une tare. Les bons flics y ont souvent recours. Ce n'est pas moi qui vais te juger là-dessus. »

« … »

Lexa étreignit les mains de Clarke un peu plus dans les siennes, captant son regard « Regarde-moi. Tu es normale, il n'y a rien qui cloche chez toi. »

« Coucher avec un suspect pour avoir des infos, c'est normal ça ? »

« C'est peut-être moralement répréhensible, mais personne ne te dira quoique se soit, sachant les conditions dans lesquelles nous avons vécu les choses. »

« Lors du procès, les faits pourraient être révélés, les gens parleraient… Ma carrière, mes collègues… Tous sauront. »

« Si ce sont des amis, si ta famille sait qui tu es, tu n'as pas de doute à avoir. Les jugements, il y en aura sans cesse. Quoique tu fasses, en bien ou en mal, ça ne sera jamais, soit suffisant soit bien. »

« … »

« Tu as fais ce que tu devais pour réussir et, tu sais quoi ? Tu l'as fais ! Tu as réussi. Tu as bouclé cette enquête, toi qui n'avais jamais fais d'infiltration, toi qui viens d'un bled de moins de 2000 habitants, toi qui mange des ananas sur des pizzas ! » Clarke pouffa de rire « La où je veux en venir c'est que les enfants, Anya, Ray, ta mère, moi… Nous avons cru en toi, et nous avons eu raison. Et ça, jamais personne ne pourra nous l'enlever, pas même les psys, pas même ceux qui se veulent bien pensants. »

Clarke sourit alors et entrelaça ses doigts aux siens « Merci. »

« Je n'ai pas lâché ce laïus simplement pour t'embrasser à la fin, je le pense sincèrement. Et je défendrais quiconque de mettre en doute ça. »

« Tu le voulais ? »

« Quoi donc ? »

« M'embrasser. »

« Oh euh… Bah… Je t'avouerais que je n'ai pas mis une telle robe simplement pour recueillir plus de bonbons. »

Clarke lâcha un rire qui soulagea Lexa « Et dire qu'à notre rencontre, c'est toi qui mettais des distances entre nous… »

« Les choses changent, et pas forcément pour le pire, la preuve. Il suffit de se laisser une chance. »

« Tu galères vraiment avec cette robe hein ? »

« Anya m'a forcé. Elle disait que c'était dans la poche avec… »

« Elle avait pas forcément tort, tu es sublime dedans. »

Les joues de Lexa se teintèrent légèrement « Ouais… Ne t'attends pas à ce que je mette ce genre de chose souvent… »

« Alors… Toi et moi… »

« Toi et moi, si tu le souhaites, ça peut devenir quelque chose. »

Clarke sourit faiblement : quelle idiote elle avait été d'hésiter si longtemps, d'avoir eu la bêtise de repousser cette femme qui, heureusement pour elle, était patiente et réfléchie. Elle aurait pu la perdre sur un malentendu, sur une peur démesurée.

Maintenant, les voilà ici, seules, mains jointes et regard perdu dans celui de l'autre. Lentement, elles s'approchèrent et leurs cœurs s'affolèrent. Bientôt elles purent sentir le souffle de l'autre sur leur visage. Elles fermèrent les yeux presque simultanément, prêtes à recevoir ce contact qu'elles avaient longtemps espéré.

Puis soudain…

« C'EST NOUS ! »

« On est rentrés ! »

Les deux jeunes femmes sursautèrent et s'éloignèrent d'un bon mètre l'une de l'autre en entendant les rires des enfants. Les joues rosies, elles se sourient avant de se lever « Alors cette chasse ? » lança Clarke

« Regarde tout ce qu'on a maman ! »

« Wow, ça engage de belles visites chez le dentiste dans le futur ça ! » sourit-elle

« Alors… C'était concluant ? » murmura Anya vers Lexa

Loin d'elle l'idée de tout lui déballer, mais connaissant son amie, elle n'aurait pas de répit tant qu'elle ne lui répondrait pas « A vrai dire, vous êtes revenues un poil trop tôt. »

« Sérieux ? Et merde… C'est Raven qui en avait marre… Je vais la tuer. »

« Anya, stop. Tout va bien. Et tout ira de mieux en mieux. »

« Sûre ? »

« Sûre. »

Lexa regarda alors Clarke s'enthousiasmer des trouvailles des enfants. Elle sourit devant l'air enfantin de la jolie blonde, des interactions qu'elle avait avec son fils. Elle imaginait le genre de soirées familiales qu'ils pourraient tous passer. Les heures de jeux, de rire, de câlins aussi. Oui, elle en était sûre : les choses ne pourraient aller que mieux. D'ailleurs, si l'on y pensait, que pouvait-il se passer à présent ?

TBC