Bonsoir à tous !
J'espère que vous allez bien ! Encore désolée pour l'heure tardive, mais j'ai été plus qu'occupée ce week-end.
Alors, je tenais à remercier tous mes lecteurs, ceux qui postent régulièrement et ceux dans l'ombre (et qui se sont manifestés pour le chapitre précédent XD), votre engouement pour mes histoires, les persos... C'est aussi pour ça que j'écris, alors MERCI !
Je tenais à vous dire que j'avais la trame de l'histoire depuis le début, et je savais que ça passerait ou ça casserait. Je comprends votre désarroi, et j'en suis désolée. Ce chapitre ne sera pas des plus gais, je vous préviens. Notez qu'il ne reste que 2 chapitres après celui-ci.
/!\ Attention, pour cause d'hospitalisation, il n'y aura pas de suite dimanche prochain /!\
Ma vie sans toi
Un mois plus tôt.
Clarke tenait le corps de Lexa dans ses bras et les secours eurent toutes les peines du monde à la défaire de la jeune femme afin de la prendre en charge. Elle pleurait toutes les larmes de son corps tant par la douleur de son épaule que de voir Lexa dans cet état. Cette dernière fut embarquée dans une ambulance, tandis qu'une deuxième prit en charge Clarke.
Puis une sirène qu'elle ne connaissait que trop bien résonna alors. De la voiture de police sortit Bellamy et Murphy.
« Clarke ? »
« Bell… Lexa, je… On nous a… J'ai… »
« Chut, calme toi, tu es en état de choc. »
« On… On nous a tiré… dessus. »
« On ? » demanda Murphy
« Le… Lexa et moi, on marchait et… Là, une… Je sais pas… »
« Clarke tu as été touchée à l'épaule. Ils vont t'emmener pour te soigner, on se retrouve là-bas. »
La jeune femme opina avant de monter dans l'ambulance et de partir. Bell et Murphy se regardèrent alors « On nous a appelé pour une fusillade… » constata Murphy
Et lorsque Bellamy vit le sang jonchant le trottoir, son cœur se serra « C'est le cas. »
Dans l'ambulance Clarke ne cessa de poser des questions sur Lexa, tandis que le médecin à bord tenta d'en savoir plus sur la situation. Mais l'esprit de la jolie blonde n'était tourné que vers sa compagne.
« Vous pouvez les appeler ? Savoir comment elle va ? »
« Mademoiselle, cessez de bouger, vous perdez beaucoup de sang. »
« Mais… »
« Je vous en prie. Ne m'obligez pas à vous endormir. »
Clarke se calma, ses pensées pour Lexa, empêchant la douleur d'irradier son corps. Au bout d'une dizaine de minutes, ils arrivèrent devant l'hôpital. Lorsque les portes de l'ambulance s'ouvrirent, Clarke tenta de s'en extraire, mais fut rattraper de justesse par le médecin. Elle jeta un œil mais la première ambulance était déjà repartie, Lexa déjà prise en charge à l'intérieur.
Sur son brancard, le regard de Clarke vaquait partout, à la recherche d'un indice de l'endroit où ils avaient emmené Lexa, mais rien.
Ils tournèrent à un couloir et s'engouffrèrent dans une pièce où elle fut transférée du brancard dans un lit. Et ce n'est qu'à ce moment précis, dans le silence de la pièce, que l douleur se réveilla et elle tira une grimace en jetant un œil à sa blessure et sa manche entièrement ensanglantée.
Un autre docteur entra dans la pièce, dossier en main « Bien… Vous êtes Clarke Griffin. »
« Je suis venue avec une jeune femme qui a une blessure à l'abdomen, vous pouvez me dire… »
« Plus tard. Pour l'instant, je me concentre sur vous. J'espère que vous ne tenez pas à votre chemisier. »
Clarke cligna des yeux « Je vous parle de mon amie là ! Je m'en fou de mon chemisier ! »
« Calmez-vous, j'irais me renseigner. Pour l'instant, on devait prendre soin de votre épaule. Allongez-vous. »
Clarke obtempéra et se laissa faire, essayant de cacher sa douleur lorsqu'une infirmière découpa son chemisier.
« C'est pas joli. » souffla la jeune femme. Elle lui tourna le bras légèrement « La balle a traversé, c'est une bonne chose. »
« Super… »
« Nous allons faire une radio, voir les dommages… »
« Vous pouvez vous renseigner… S'il vous plait. »
Et avant que l'infirmière ne puisse répondre, la porte s'ouvrit avec fracas et Abby apparut « Clarke ! »
« Maman… »
« Mon Dieu mais… Que s'est-il passé ? »
« Je… J'en sais rien… On… On se promenait, tout allait bien… Bordel, tout allait si bien… » soupira-t-elle, les larmes aux yeux
« Clarke… » sa mère posa sa main sur la sienne, comme pour la ramener parmi eux
« On était en ville et… J'ai entendu des tirs, j'ai rien vu venir. J'ai senti une douleur dans le bras et… j'ai vu une voiture, mais rien de précis. Quand j'ai tourné la tête, Lexa était à terre… Maman, je t'en prie, tu peux me dire comment elle va ? »
« Je vais me renseigner. » Elle se tourna vers l'infirmière « Vous la mettez en chambre individuelle, radio, examens d'usage, je reviens vers vous. »
« Bien docteur. »
« Je vais me renseigner Clarke, mais je t'en prie, en attendant, laisse-toi faire et coopère, promis ? »
« Promis. »
Abby embrassa sa fille sur le front et quitta la pièce. A parti de cet instant, Clarke fut conciliante et se laissa faire tout en gardant en tête Lexa. Elle resta seule dans une chambre après une batterie d'examens et quand, après une attente qui lui parut interminable, la porte s'ouvrit de nouveau. Son cœur bondit, plein d'espoir de voir sa mère arriver avec des nouvelles fraiches de Lexa, mais la déception s'empara d'elle quand se fut un docteur qui apparut « Miss Griffin… Nous n'avons pas une bonne nouvelle. »
« Quoi ? Lexa ? »
« Lex ? Non, non. Votre amie est au bloc encore. »
« Encore ? Mais ça fait des heures ! »
« Et vous allez bientôt, vous aussi, vous y rendre. La balle qui a traversé votre épaule a causé des dégâts qui ne peuvent être réparés que chirurgicalement. »
« Et merde… »
« Nous allons vous préparer. »
Clarke grimaça, peu encline et adepte des opérations et anesthésie. Evidemment, avant de partir au bloc, Abby revint et, pour rassurer sa fille, lui annonça que Lexa était un battante et que l'opération risquée qu'elle subissait se passait bien.
Clarke partit néanmoins au bloc une boule au ventre, espérant retrouver Lexa au réveil.
Et le réveil arriva deux bonnes heures plus tard, péniblement, lourdement. Un bourdonnement et un flou émanant d'un sommeil lourd et forcé par l'anesthésie, et Clarke ouvrit les yeux avec douleur et effort. D'abord perdue, elle recouvrit peu à peu la situation, les lieux, le temps. Quand elle tourna doucement la tête, elle vit sa mère à son chevet.
Sa gorge était sèche, rendant chaque mot aussi irritant que du papier de verre, et elle dut faire un effort insurmontable pour prononcer les quelques mots qui suivirent « Ma… Maman… Ou… »
« Clarke, n'essaies pas de bouger. Tu sors d'une heure et demie d'opération. Tout s'est bien passé, mais tu risques d'être dans le coton un moment. »
« Le… Lexa… »
Le visage d'Abby se ferma « Elle est sortie du bloc. Mais… Elle est dans le coma. La balle qui l'a touché a fait d'innombrables dégâts. »
« Elle… Elle va s'en sortir… Maman ? »
« Je ne sais pas chérie. Nous devons attendre. »
La sincérité de sa mère était aussi tranchante qu'un bout de verre, mais à cet instant, Clarke remercia sa mère de tant de franchise. Elle n'avait pas besoin que l'on s'apitoie sur son sort, elle avait juste besoin de présence, de vérité.
« Je… »
« Je te tiens au courant quoiqu'il arrive. Tu vas rester encore un peu en salle de réveil avant de repartir dans ta chambre. »
« Madi… »
« Madi et Aden sont chez moi. Anya et Raven attendent de vos nouvelles à toutes les deux depuis un moment. Je serais ravie de leur dire que tu vas bien. »
Clarke était à bout de force, son bras la tiraillant et sa mère le vit instantanément. Elle se leva et régla le compte goutte de la perfusion. Certainement de la morphine, pensa Clarke, qui remercia sa mère d'un léger signe de tête, avant de sombrer de fatigue.
Lorsqu'elle ouvrit une nouvelle fois les yeux, elle pensait que seulement quelques minutes étaient passées. Mais quand elle tourna doucement la tête vers la source de lumière qu'offrait sa fenêtre, elle croisa la silhouette de Raven, assoupie dans le fauteuil à coté.
Elle tenta de se lever, mais tira une grimace en gémissant, réveillant ainsi le sommeil léger de la belle latino.
« Hey Clarkie ! Comment tu vas ? »
« Je… Je suis dans le coton… »
« Tu m'étonnes, tu as roupillé tout le reste de la journée. »
Clarke écarquilla les yeux « Il est quelle heure ? »
« 22h. Les visites sont finies depuis un moment mais ta mère m'a autorisé à rester ici jusqu'à ce que tu te réveilles. Elle m'a dit de la prévenir quand ça serait le cas. »
« Attends… Attends un peu. »
« Ouais, j'peux comprendre. »
« Lexa ? »
« Elle est toujours dans le coma… Mais son état ne semble pas alarmant. L'opération s'est bien passée. »
« Je peux la voir ? »
Raven hoqueta « Même Anya ne peut pas la voir, elle est en soin intensif… »
« Madi ? »
« Madi dort chez ta mère. Je lui ai apporté ce qu'il faut pour quelques jours. Ta mère a dit que tu devrais rester alitée encore deux jours au moins avant de prétendre sortir. »
« … »
« Je sais c'est chiant, mais ne précipitons rien… Faudrait pas que tu y reviennes plus vite que prévu. »
« … »
« Hey, ça va aller… »
« Tu en sais plus ? »
« Quoi ? Sur le ou les tireurs ? Non. Y'a eu aucun témoin visuel. Pas de caméras de surveillance dans cette rue… »
« Je n'ai quasiment rien vu, juste une voiture sombre, entre gris foncé ou noir, vitres teintée. Juste une voiture, type SUV… »
« Comment près de70% des bagnoles dans le coin. »
« Ray… Pourquoi nous ? C'était ciblé. Il n'y avait personne d'autre dans la rue et ils ne se sont même pas arrêtés pour nous voler. Ils voulaient clairement nous tuer. »
« … »
« Qu'est-ce que tu ne me dis pas ? »
« Clarkie écoute… »
« La vérité Ray, je t'en prie. Dis-moi juste la vérité. »
Raven inspira alors, comme si elle s'apprêtait à se jeter dans le grand bain « On soupçonne des gens reliés à Ryce. »
« Ryce ? »
« Le procès approche et le témoignage de Lexa est la seule chose tangible et pointant vraiment Ryce du doigt. Il l'a menacé, séquestré, il lui a avoué des crimes… Personne ne veut témoigner contre lui où l'Eden. Lexa était le seul témoin concret que le procureur avait. »
« Mais… Ils peuvent reporter le procès non ? Jusqu'à ce que Lexa sorte de l'hosto et puisse témoigner. »
« Tout est dans les mains du procureur. Malheureusement, si on arrive pas à prouver que cette attaque a directement été initiée par Ryce et ses sbires… Y'aura aucune raison de le reporter. »
« Mais c'est dégueulasse ! Evidemment que ça ne peut être que lui ! »
« Clarke calme toi, je sais, tu sais, tout le monde le sait mais sans preuve… »
Clarke rageait « Il pourrait sortir libre ? »
« Il a quand même des charges… Mais il pourrait ne pas purger toutes les années qu'il devrait. »
« Les Wallace sont morts… Il est la troisième tête pensante de l'Eden, ça serait un comble qu'il s'en sorte lavés de tout soupçon. »
« Je sais, tu m'apprends rien. Et ça me saoule aussi d'imaginer ce connard, sortir libre de ce procès. »
« Aucun témoin ? »
« Susan Dean refuse, de plus, son témoignage daterait de faits proscrits. Charlotte est trop jeune et dans sa tête d'enfant, l'Eden l'a sauvé, ce qui ne serait pas bon pour nous. »
« Niylah ? »
« Elle refuse de parler, ni en bien, ni en mal de lui. Peu importe une possible remise de peine pour elle, elle refuse de s'engager et préfère purger sa peine. »
« … »
« Ca craint, mais heureusement, on va peut-être pouvoir obtenir un report d'audience. »
« J'espère. »
Soudain la porte de la chambre s'ouvrit et Abby apparut, tout sourire « Ahh te voilà réveillée, belle au bois dormant. Une deuxième bonne nouvelle. »
« Deuxième ? »
« Lexa s'est réveillée. »
Le cœur de Clarke bondit dans sa poitrine « Je peux la voir ? »
« Attends un peu. On va passer pour te faire une prise de sang et vérifier tes constantes, et après tu pourras te lever. »
« Ok, ok, dans combien de temps ? »
L'empressement de la jeune femme fit sourire tant Ray qu'Abby « Bientôt. Lexa ne va pas s'envoler. De plus, elle est partie faire des examens, tu ne pourras pas la voir au moins avant ce soir. »
Clarke opina et soudain un large sourire ne quitta plus son visage. Raven resta encore une bonne heure, parlant de tout et de rien, de Bell et Echo, de la manière dont la jeune femme avait mis un tel coup de pression à ce fameux Trevor, qu'il s'était littéralement fait pipi dessus à son interrogatoire. Elle lui donna aussi des nouvelles de Charlotte qui reprenait peu à peu gout à la vie. Puis soudain, une infirmière vint dans la chambre pour signifier que l'heure des visites étaient finies.
Raven s'en alla en promettant de revenir le lendemain avec Madi. Clarke effectua les examens d'usage préconisés par sa mère et lorsqu'elle eut l'autorisation de sortir de son lit, elle se leva, son bras la tirant légèrement, mais prit sur elle pour arpenter les couloirs jusqu'à la chambre de Lexa. Par la vitre donnant sur son lit, Clarke put voir la jeune femme, assoupie, allongée. Elle sourit et hésita quelques secondes avant d'entrer : elle pourrait attendre le lendemain qu'elle soit réveillée et en forme. Mais son envie avait pris le pas sur sa raison et elle ouvrit la porte sans toquer. Doucement elle s'approcha et posa délicatement sa main sur celle de la jeune femme, une main froide où était plantée une perfusion.
Clarke frissonna : elle n'avait jamais vu Lexa si faible, si à la merci de n'importe qui. Puis elle repensa à l'attaque dont elles avaient été victimes : un acte lâche et désespéré, signe que Ryce était vraiment sur le fil du rasoir. Mais elles ne lui donneraient pas ce plaisir, elles ne se laisseraient pas faire.
« Hm… »
Le regard de la jolie blonde fut attiré par quelques gémissements d'une Lexa qui se réveilla péniblement. Lorsqu'elle eut les yeux ouverts, elle les tourna instantanément vers Clarke.
« Hey… Salut toi. »
« … »
« Je sais, j'imagine que t'es dans le coton et que tu peux pas parler… »
« Qu… Quoi… Passer… »
« Huh ? Oh ! Qu'est-ce qui s'est passé ? » Lexa ferma brièvement les yeux « On nous a tiré dessus, en pleine ville. » Les yeux de Lexa s'écarquillèrent « On n'en sait pas plus sur eux. J'ai rien vu. On soupçonne les sbires de Ryce, pour retarder, voire annuler, le procès. Ils t'ont tiré dans l'abdomen, moi j'ai été touché au bras. Tu es restée dans le coma un moment, tu as subi plusieurs interventions, et moi aussi d'ailleurs. Mais tout va bien, on est là, toutes les deux. Et Ryce va payer, comme c'était prévu. » sourit Clarke. Elle resserra son étreinte « Je suis heureuse que tu sois là. »
Lexa sourit aussi et ouvrit la bouche « Je… t'aime… »
Clarke se pencha et l'embrassa d'abord sur le front avant de déposer un tendre baiser sur ses lèvres « Je t'aime aussi. »
Le teint blafard et les cernes creusées du visage de Lexa firent naitre en Clarke une pointe de regret de ne pas avoir su protéger sa bien-aimée.
« Soif… »
« Je t'apporte ça. » Et lorsqu'elle revint, elle aida comme elle put Lexa pour boire « Tu sais, j'y prendrais bien gout… »
« A… Quoi ? »
« M'occuper de toi. Prendre soin de toi. Quand tu sortiras d'ici, tu viendras à la maison avec Aden. Peu importe que ça soit trop petit. De toute façon, j'avais l'intention de déménagé. Vous viendrez et on passera Noel ensemble… Ok c'est dans plus d'un mois, mais j'y pense sincèrement. Je… J'ai vraiment envie d'être près de toi, encore plus maintenant, tu comprends ? »
Lexa sourit, opina légèrement avant de lui intimer l'ordre de venir s'allonger près d'elle. Alors, avec précaution, Clarke s'exécuta « Je t'aime Lexa. »
« Cl… Clarke, je… » Lexa soupira, les larmes au bord des yeux « Moi aussi. » finit-elle par souffler doucement.
Elles auraient pu passer la nuit ainsi, mais la visite nocturne d'une infirmière mit fin à la petite escapade de Clarke.
« Mais qu'est-ce que vous faites là ?! »
« Oh… Oh désolée je… J'étais venue voir ma compagne et… »
« Filez ! Retournez vous coucher, vous aurez bien le tempd de la voir demain ! »
Devant l'air réprobateur de l'infirmière, Clarke, telle une petite fille prise en faute, glissa hors du lit, se tourna vers Lexa et l'embrassa doucement « A demain, je t'aime. »
« A… Demain. »
Avant de sortir, elle se tourna une dernière fois vers Lexa qui lui offrit un sourire chaleureux malgré sa fatigue apparente.
« Jeune fille, ne me forcez pas à vous prendre par la peau du cou. »
Clarke leva les yeux au ciel « Bien m'dame ! » Elle envoya un dernier baiser à Lexa avant de disparaitre et de retourner à sa chambre. Cette nuit-là, elle s'endormit avec une douleur au bras, mais avec la satisfaction que ce mauvais moment était derrière elles.
Lorsqu'elle s'éveilla le lendemain, Clarke avait une migraine lui martelant le crâne violemment. La fatigue, la douleur peut-être, elle n'en savait rien, mais en ouvrant les yeux, rien n'allait. Et la visite de sa mère n'allait malheureusement rien arranger.
« Hey m'man… T'aurais rien contre les migraines ? J'ai affreusement mal au crâne. »
« Je… Je vais regarder ça… Clarke ? »
« Hm… »
« Je… Il faut que je te parle. »
Clarke se redressa dans son lit « Ok, si c'est pour la visite nocturne à Lexa, je voulais juste la voir… »
Abby fronça les sourcils avant de s'asseoir au bord du lit « Tu l'as vu ? »
« Hier soir, peu après 21h. »
« Tu… Tu lui as parlé ? »
« Un peu. Disons que je parlais et qu'elle écoutait. » sourit Clarke « Elle était encore dans le coton. Jusqu'à ce que le cerbère se pointe et ne m'évacue de la chambre. » plaisanta-t-elle. Mais lorsqu'elle vit le visage sombre de sa mère, elle perdit elle-même le sourire « Maman ? »
« Clarke je… Je ne sais pas comment te le dire… »
« Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? Maman ? »
« C'est… C'est Lexa, chérie. »
« … »
« Elle… Dans la nuit, elle a fait une hémorragie interne. »
Le sang de Clarke se glaça alors « Mais… Mais elle va bien ? Elle va mieux, non ? »
« Nous ne savions pas d'où ça venait, elle perdait du sang en trop grande quantité… »
La respiration de Clarke s'accéléra, tout comme les battements de son cœur « Maman… »
« Nous avons fais tout ce que nous avons pu. »
« Non… »
« Malheureusement… »
« Non… »
« Lexa est partie… »
« Non ! » cria Clarke, les larmes aux yeux « Non, non ! Je l'ai vu hier, je l'ai vu, je lui ai parlé et elle m'a répondu. On… On devait passer Noel ensemble, avec les enfants ! » Les larmes coulaient sur ses joues aussi brulantes que des braises « Non, non ! »
Abby tenta de prendre sa fille dans ses bras, mais cette dernière s'en défit et bondit hors du lit pour s'échapper de la chambre…
« Clarke ! Clarke, où vas-tu ? »
La jolie blonde courut presque, suivie par sa mère, jusqu'à la chambre de Lexa, du moins une chambre… vide… Les draps absents et une infirmière nettoyant le sol. Abby la rattrapa « Clarke… »
La jeune femme avait le regard fixé sur le lit vide, ses sanglots s'étranglant dans sa gorge. Lors qu'elle sentit la main de sa main sur son épaule, elle fit volte-face. Elle aurait voulu crier, hurler à l'injustice. Elle l'avait vu la veille… Une fraction de seconde plus tard et elle aurait fait demi-tour pour la laisser dormir. Elle aurait pu ne pas la voir cette nuit-là.
« Maman… » elle s'effondra dans ses bras, au sol, entrainant sa mère par terre, attirant le regard des infirmières à coté.
« Ce n'est rien, laissez-la… » répondit Abby en les voyant approcher. Elle prit Clarke dans ses bras, essayant de la consoler du mieux qu'elle put… Mais elle savait qu'à cet instant précis, rien ne pourrait la consoler vraiment. Elle-même était passée par là quelques années plus tôt.
Clarke ne voyait plus rien, ses larmes brouillant sa vue : elle ne pouvait pas croire ce que venait d'annoncer sa mère… Lexa était partie, elle était morte. Non, elle ne pouvait pas le croire, c'était impossible, impensable. Elle se débattit, jusqu'à faire céder les points sur son bras et mouchetant sa blouse d'hôpital en rouge.
Epuisée, elle s'endormit dans les bras de sa mère qui demanda un brancard pour ramener sa fille dans sa chambre où elle lui prescrit un calmant avant de refermer la plaie de nouveau. Bien sur, elle avertit Raven et Anya de la situation et ces dernières ne tardèrent pas à arriver sur place.
« Dis-moi que c'est une blague de mauvais gout. » lança Ray
« Non, malheureusement. »
« Mais comment c'est possible ? » rajouta Anya, au bord des larmes
« Hémorragie interne. Nous avons fais tout ce que nous avons pu mais… »
« Non… Lexa… »
Anya se laissa tomber sur un fauteuil à proximité et Raven resta debout, complètement hébétée par la situation, tiraillée par réconforter sa petite amie ou soutenir Clarke « Comment… Clarke… »
« Très mal. Elle est dans le déni pour l'instant, j'ai dû lui donner un sédatif afin qu'elle reste tranquille. Elle avait ouvert ses points. »
« Merde… C'est pas vrai… »
Ray posa une main sur l'épaule d'Anya qui resta là, silencieuse, des larmes séchant sur ses joues « Je vais le tuer… »
« Qui ? »
« Ryce. »
« Anya… »
« Non ! Cet enfoiré à tuer ma collègue, ma meilleure amie, ma sœur de cœur, simplement pour ne pas atterrir dans le couloir de la mort. Il n'était plus à un meurtre près après tout ! »
« Calme-toi, le procès va… »
Anya hoqueta ironiquement « Le procès ? Quel procès ? Sans le témoignage de Lexa, on a quasiment plus rien sur Ryce. Les principaux chefs d'accusation vont sauter et sa peine va être réduite de moitié. »
Anya grogna de frustration avant de se lever et de faire les cent pas. Ray se tourna alors vers Abby « Clarke ? »
« Elle pourra sortir demain. Je tiens à la garder encore cette nuit, surtout après cette… nouvelle. J'ai peur… J'ai peur qu'elle… »
« … Fasse une connerie ? Probablement. Les étapes de deuil après tout : le déni, culpabilité, colère, dépression… On sera là pour elle. »
Soudain un bruit sourd résonna et les deux femmes se tournèrent vers une Anya qui se tenait la main après avoir mis un coup de poing dans le mur. Ray se rua sur elle mais Anya se défit de son étreinte, la repoussant. Abby s'approcha alors « Je vais regarder ça. »
Anya suivit Abby, laissant Raven rejoindre Clarke dans sa chambre. Cette dernière dormait mais lorsque Raven s'assit dans le fauteuil, Clarke ouvrit les yeux, comme si elle avait senti sa présence « Lexa ? »
« Non, c'est moi Clarkie, c'est Ray. »
Le visage de Clarke se ferma alors et se tordit dans un rictus de peine, avant que quelques larmes ne coulent de nouveau « Oh Ray… »
« Hey, viens là. » Raven monta sur le lit et prit Clarke dans ses bras, son corps secoué de soubresauts et de sanglots « Je suis là, je suis là. »
« Je… Je l'aime tellement… Qu'est-ce que je vais faire… »
« Hey, tu n'es pas seule ok ? Tu m'as moi, tu as ta mère, tu as Madi. »
« Madi… » soudain elle écarquilla les yeux « Aden ! »
« Calme-toi. Anya va s'occuper de ça. Pour l'instant, tu dois faire attention, Abby m'a dit que ton bras s'était rouvert. Si tu veux pas faire un séjour plus long ici, tu dois aire gaffe. »
« Je m'en fous…. J'ai pas envie… »
« Peut-être mais y'a pas que toi : Madi a hâte de te revoir. »
« … »
« Clarke je sais que c'est dur, et… »
« Tu sais rien ! » argua soudain Clarke « Tu peux pas comprendre, t'as jamais perdu quelqu'un d'assez proche pour imaginer ton cœur brisé en milliers de morceaux qui s'éparpillent partout pour revenir dans ta cage thoracique incomplet. »
« … »
« J'ai perdu mon père, et là, je perds l'amour de ma vie… Tu peux pas comprendre, personne peut. »
Raven aurait pu s'offusquer de ses paroles mais elle soupira, préférant retenir sa meilleure amie dans ses bras. D'un coté, elle n'avait pas tort : elle n'avait jamais perdu un proche. Fille unique, elle avait quitté la côte ouest pour venir travailler près de Washington. Elle ne voyait que rarement ses parents qui menaient une vie incompatible avec la sienne, et avait intégré la famille Griffin avec joie. A présent, elle considérait Clarke comme sa sœur et Abby comme sa mère d'adoption. Lorsque Jake, le père de Clarke, mourut, elle ressentit une peine immense, comme si elle perdait son propre père, mais évidemment, ce n'était pas pareil.
Elle le savait, les jours et les semaines qui viendraient seraient compliqués et douloureux. Elle devrait mettre sa fierté de coté et encaisser les coups. Oui, les jours à venir seraient très dures.
Et Raven avait vu juste. Lorsque Clarke fut autorisée à sortir de l'hôpital, Raven vint la chercher et la raccompagna chez elle où l'attendait Madi qui avait décoré l'appartement d'une banderole de bienvenue et de multiples ballons multicolores. Evidemment, l'accueil fut plus que réservé de la part de Clarke. Bien sur, elle fut heureuse de retrouver sa fille, mais l'humeur n'y était pas. Malgré tout, elle fit bonne figure pour sa fille, le reste de la journée. Mais le soir, seule dans son lit, elle ne tenait plus et la solitude, la peine et la douleur s'enveloppèrent comme des griffes acérées qui n'avaient pas l'intention de la laisser.
Madi entendait les pleurs de sa mère tous les soirs, elle voyait ses yeux rougis par ses larmes nocturnes, ses cernes de fatigue se creusaient de plus en plus. Elle faisait mine de déjeuner avec sa fille mais Madi imaginait qu'une fois cette dernière partit à l'école, sa mère devait mettre à la poubelle ce qui restait des plats, idem pour le soir.
Kane lui avait évidemment donné quelques jours de repos mais cela l'aida non pas à se remettre sur pied, mais l'enfonça encore un peu plus dans sa peine.
Elle s'était souvent retrouvée seule dans sa chambre ou sa salle de bain, à ne rien faire, juste rester là, entourée du silence. Un soir, tandis qu'elle prenait un bain qui aurait du être salvateur, elle s'était immergée totalement, les sons extérieurs parasités par l'eau, se transformant en bruits sourds et lointains. Elle se sentait bien, si bien, elle aurait aimé restée ainsi, sous l'eau…
Lorsque Madi la sortit de sa torpeur en frappa violemment à la porte de sa salle de bain, la belle blonde sortit de l'eau « Madi ? »
« Maman… Ca fait plus d'une heure que t'es là dedans. Ca va ? »
« Je… Je crois que je me suis endormie dans la baignoire. »
Inquiète, elle avait averti sa grand-mère et Raven, mais les visites successives des deux femmes n'avaient guère aidé. Clarke sombrait doucement mais surement dans une dépression d'où il serait difficile de s'extraire tant elle commençait à s'y complaire.
« Maman, on va chez grand-mère pour Thanksgiving ? »
« Qu… Oh non, pas cette année. »
« Ah… Alors, c'est elle qui vient ? »
« Madi non, pas cette année. »
« Mais… On v rien faire alors ? »
« Thanksgiving est fait pour remercier les gens et être reconnaissant. Tu peux me dire en quoi je le serais moi ? J'ai perdu Lexa… »
Madi fronça les sourcils « Mais tu m'as moi ! Et moi j'ai de quoi être reconnaissante : je t'ai, tu es vivante. J'ai failli perdre ma maman… »
La petite fille se leva et sortit de table si vite que Clarke n'eut aucune réaction. Elle se contenta de regarder l'assiette vide de sa fille et soupira : elle devait se reprendre en main mais c'était plus fort qu'elle : la peine, cette terrifiante amie, l'attirait vers elle comme une araignée attirait sa proie lentement et sadiquement. Clarke n'était que la victime consentante de sa déprime, et rien ne pourrait y faire.
Du moins, c'est ce qu'elle croyait. Car si Madi semblait avoir renoncé à soutenir sa mère, se sentant impuissante face à cet adversaire de poids qu'était sa douleur, elle demanda de l'aide à Raven.
Cette dernière se pointa un matin, valise en main, au pas de sa porte « Mais qu'est-ce que tu fais là ? »
« Je viens m'installer ici pardi ! »
« Quoi ? Mais… »
« Y'a pas de « mais ». Madi m'a appelé à l'aide, alors je suis là. »
« Madi ? »
Raven la fixa « Clarke écoute, je sais que tu es triste, que tu pleures la mort récente de Lexa, je comprends. Vous vous aimiez… Mais tu oublies que tu as une fille qui a failli perdre sa mère et qui voit cette dernière la repousser pour s'enfoncer dans une déprime et une dépression dont elle est incapable de te sortir. »
« … »
« Tu as besoin d'aide. »
« … »
« Pourquoi pas revoir cette psy ? Warren c'est ça ? »
« Pas besoin. »
« De quoi tu as besoin alors ? »
« J'en sais rien. De temps je suppose… »
« Clarke, ça fait plus d'une semaine déjà et rien n'a changé. Madi m'appelle quasiment tous les soirs pour me dire qu'elle t'entend pleurer et qu'elle n'a aucune idée de la manière de les sécher. »
« … »
« Tu dois te ressaisir. »
« Et donc, tu vas t'imposer ici ? »
« Clairement ! » sourit Raven « Je ne serais pas une meilleure amie si je ne le faisais pas ! »
« Et Anya, elle en pense quoi ? »
Raven perdit son sourire « Anya et moi… C'est compliqué pour l'instant. »
« Ray ? »
« Elle pleure aussi Lexa, mais elle a du se remettre au travail pour compenser. Elle a repoussé tout et a construit un mur si épais qu'elle ne laisse personne n'entrer. Je crois que c'est un mécanisme de défense comme un autre et de deuil. »
« … »
« On s'est disputé et j'ai préféré partir avant que ses paroles ne soient irréversibles. »
« Oh Ray, je suis désolée, je ne savais pas… »
« Peu importe, je suis là pour toi à présent. On va s'occuper de toi ! »
Clarke l'avait appris par Bellamy : le procès avait été repoussé. Après la mort de Lexa, Anya avait poussé le procureur à ouvrir une enquête parallèle et donc avait décalé la date du procès de Ryce pour le mois prochain.
Clarke ne savait pas si cela était un soulagement ou une peine supplémentaire : après tout, dans un mois Lexa serait toujours morte et son témoignage contre Ryce inexistant.
Raven avait bien essayé de la convaincre d'aller voir une nouvelle fois Niylah mais Clarke avait refusé. Elle n'était pas prête pour un échec de plus.
Pourtant, elle accepta la présence de Raven dans ses murs pour une durée indéterminée. Ray avait demandé un congé exceptionnel afin d'être avec son amie et sa filleul un maximum de temps. La solitude était la pire des choses, Clarke devait se sentir entourée. De plus, lui donner un rôle dans le rétablissement de Clarke, donnait l'occasion à Raven d'oublier un peu sa séparation d'avec Anya. Elle n'avait pas eu de nouvelles de la jeune femme depuis plus de 2 semaines maintenant. Mais un événement un soir, fit oublier à Raven ses tracas.
Alors qu'elle était sortie récupérée Madi, lorsqu'elle revint à l'appart, elle ne trouva personne.
« Clarke ? »
« Maman ? »
Raven fit le tour des pièces : personne dans le salon, la cuisine ou même la chambre. Mais lorsqu'elle ouvrit la porte de la salle de bain, son sang se glaça : Clarke se tenait là, debout, le corps mouillé enroulé dans une serviette, dans une main une lame de rasoir posée sur son avant-bras, un mince filet de sang goutant sur le carrelage blanc.
« Hey Clarkie… »
Raven ferma la porte de la salle de bain à clé pour éviter à Madi de tomber sur cette scène « Clarke ? »
La jeune femme semblait perdue dans ses pensées, le visage impassible, sans aucune émotion. Doucement Raven s'approcha « Hey… Qu'est-ce que tu fais ? »
Clarke resta silencieuse et quand Raven posa une de ses mains sur son avant-bras et l'autre sur la lame, Clarke leva enfin le regard « Clarke, arrête ça… »
« Je… Ray ? »
« Hey ma chérie… » lentement elle prit la lame et la jeta dans la corbeille avant de prendre une serviette et d'entourer le bras de son amie « On va nettoyer ça… »
« Je… Je voulais… Je pensais… »
« Ok pas de soucis, peu importe. Madi ne doit pas l'apprendre, ok ? »
« Je voulais la rejoindre Ray… »
« … »
« Peut-être que le paradis existe, qu'elle y est et qu'on aurait pu… s'y rejoindre, non ? »
Une fois la lame hors de portée et la vie de Clarke hors de danger, Raven lui asséna une violente gifle.
« Ray ! »
« Mais t'es folle ma parole ! » hurla Raven. Elle tourna Clarke entièrement vers le miroir « Regarde-toi ! Tu comptais vraiment faire ça ? Et laisser Madi te retrouver ainsi ? »
« … »
« Tu imagines son état ?! Ressaisis-toi bordel ! »
« Mais… »
« Y'a pas de « mais ». Clarke, tu as un souci, je vais contacter Warren, elle peut t'aider. »
« … »
« Tu as un problème et je me rends compte que ni moi, ni ta fille, ni Abby ne pouvons t'aider. Il faut que tu consultes un spécialiste. »
« … »
« Clarke, tu te rends compte de ce que tu t'apprêtais à faire ? »
« … »
« Le suicide Clarke. Tu aurais fais de Madi une orpheline, c'est ce que tu veux ? »
« Non, bien sur que non. »
« T as perd Lexa, mais si tu continues comme ça, tu vas perdre ta fille aussi. »
Cette phrase ut un véritable déclencheur pour Clarke : la peine était trop douloureuse pour qu'elle l'expérimente une nouvelle fois.
« Madi… »
« Madi a besoin de toi, comme tu as besoin d'elle. Alors, tu vas te mettre un coup de pied au cul et te bouger. Liasse-moi soigner ça. On dira à Madi que tu as 2 mains gauche et qu'en manipulant ton rasoir pour changer la lame, elle t'a échappé, ok ? »
« O… Ok. »
Après avoir nettoyé la fine plaie et ranger la serviette souillée dans le bac de linges sales, Raven prit le visage de sa meilleure amie entre ses mains
« Bien, maintenant, tu t'habilles, tu viens dans le salon et tu as intérêt à serrer ta fille dans tes bras aussi fort que tu peux. »
Et avant de sortir de la salle de bain, elle se tourna « Au fait, elle vient d'obtenir un A en algèbres, elle en est très fière, tu connais son aversion pour les maths, alors quand elle te l'annoncera, t'as intérêt à sourire sinon je t'en remets une autre sur l'autre joue. »
Puis elle ferma la porte. Clarke se regarda dans le miroir et se reconnut à peine : le teint blanc, les yeux rougis… On avait l'impression qu'elle se droguait. Elle se mit soudain à la place de sa fille et frissonna : Madi pourrait finir la par détester et vouloir aller vivre chez sa grand-mère si ça continuait. Pire que tout : si les services sociaux s'en mêlaient, ils pourraient lui retirer sa fille définitivement.
Lors, quand elle sortit de la salle de bain, elle afficha un sourire, le premier depuis longtemps, et quand sa fille brandit devant son nez sa feuille estampillée d'un A écarlate, elle la prit dans ses bas et la serra si fort que Madi se plaignit qu'elle l'étouffait.
Dès lors, le repas du soir nota un relatif changement : mais si dans les faits, les choses semblaient plus simples, dans la tête de Clarke, les choses étaient encore compliquées. Et c'est ainsi qu'elle prit la décision de consulter de nouveau le Dr Warren. Raven l'accompagna à sa première séance.
« Mes condoléances. »
C'est ainsi que la séance débuta. Clarke était mal à l'aise à l'idée d'évoquer la perte de Lexa. A vrai dire, depuis qu'elle était revenue chez elle, ce prénom avait presque était bannie.
« J'imagine que la question « comment allez-vous ? » est superflu. »
« On peut dire ça. »
« Lorsque j'ai appris la nouvelle, j'étais étonnée de ne pas vous voir plus tôt dans mon bureau. »
« A vrai dire… J'étais assez… »
« … Occupée ? »
« Déprimée. » rectifia Clarke « C'est assez difficile. »
« Je n peux qu'imaginer, n'ayant pas perdu de personne assez proche pour cela. »
« Vous allez pas me poser de questions hein ? »
« Vous commencez à me connaitre à présent. Je vous laisse parler, les choses viennent naturellement ensuite. »
« Depuis… Depuis mon retour de l'hosto c'est difficile. Plus rien n'a la même saveur, la même intensité. C'est… C'est juste… différent. »
« Vous n'avez pas repris le travail ? »
« Je dois le reprendre dans 3 jours, c'est pour cela que je viens vous voir aussi. »
« Et si je dis que vous ne devez pas reprendre ? »
« J'écouterai. »
« Comment va votre fille ? »
« Elle va… bien ? Je veux dire, j'imagine. »
« Comment prend-elle les choses ? »
« Je… » soudain Clarke blêmit
« Clarke, un problème ? »
« Je viens de me rendre compte que… J'en sais rien. Je n'ai aucune idée de comment Madi prend les choses parce que… Parce que j'étais trop accaparée à déprimer de mon coté. Je pensais qu'elle allait bien : après tout, elle va à l'école, elle… elle était là pour me soutenir. »
« Mais elle, qui la soutenait ? N'avait-elle pas tissé des liens avec Lexa ? Ou Aden ? »
« … »
« Clarke, j'imagine que c'est dur pour vous, mais vous devez aussi vous raccrocher à vos proches, surtout à Madi. »
« Raven est venue vivre chez moi. Pour m'aider, me soutenir et s'occuper de Madi, là où j'en suis incapable pour l'instant. »
« Il va falloir que vous vous repreniez en main. »
Et après un long silence, Clarke se pinça la lèvre inférieure :
« J'ai failli faire une bêtise. »
« Une bêtise ? »
« J'avais cette lame sur mon bras, je ne savais absolument pas ce que je faisais, je n'en avais pas conscience… J'étais figée dans le temps. Comme dans un rêve où l'on sait que c'est un rêve et qu'on attend de se réveiller. »
« Que s'est-il passé ? »
« Raven est arrivée et m'a giflé. » ricana-t-elle « De ce genre de gifle qui vous remet les idées en place. Elle m'a dit que si je continuais ainsi, je risquais de perdre ma fille. Et ça, je m'y refuse. Je ne peux pas perdre encore quelqu'un que j'aime. »
« Alors c'est ainsi que vous avez pris la décision de venir me voir. »
« J'aimerais… J'aimerais sincèrement remonter la pente mais… Même avec Madi, avec Raven, avec la reprise du travail, j'ai l'impression que je m'enfonce encore et toujours. »
« Vous pensez que j'arriverai à vous aider ? »
« Oh j'ai bien dans l'idée que vous allez me sortir un truc du genre : vous êtes la seule à pouvoir vous aider, si vous le décidez… »
« J'aurais pu. » sourit Wendy « Mais dans cette situation, une aide extérieure n'est pas superflue. »
« … »
« Vous devez, avant tout, recréer du lien avec votre fille. Elle est votre bouée de sauvetage, votre lumière dans cette obscurité. Vous devez vous rattacher à ça. »
« Est-ce que… Est-ce que ce que je vous ai dis va me porter préjudice pour le travail ? »
« Je n'en parlerai pas. A condition que vous veniez me voir au moins une fois par semaine, si ce n'est deux. »
« Très bien, promis. » sourit doucement Clarke
« Vous devez reprendre le travail, cela vous aidera. »
La jolie blonde opina, bien décidée à ne plus se laisser sombrer. Après tout, Lexa n'aurait pas aimé qu'elle se laisse aller de la sorte et qu'elle mette en danger Madi.
Le soir venu, Clarke accueillit Madi avec un sourire et une bonne discussion lorsque la jeune femme alla la border le soir « Madi ? »
« Oui ? »
« Je… Je m'excuse chérie. »
« Pourquoi ? »
« Pour avoir été absente, je veux dire… Ne pas avoir été là pour toi. »
« … »
« Elle… Elle me manque terriblement, et je n'ai pas pensé une seule seconde qu'elle puisse te manquer aussi. »
Madi baissa le regard « J'avais vraiment envie qu'ils soient là avec nous pour les fêtes. On aurait été une famille… »
« Je sais chérie, je sais. »
« Maintenant on en parle plus jamais… Je sais que ça te rend triste alors… »
« Oh chérie, si tu le souhaites, on peut en parler. »
« … »
« Si tu as quelque chose à dire, dis-le ma puce. »
« C'est juste que… Depuis qu'elle est partie… J'ai plus de nouvelles d'Aden. »
« Raven m'a dit qu'il avait été placé dans une famille d'accueil, le temps qu'Anya fasse le nécessaire pour avoir sa tutelle. C'est un processus qui peut être assez long. »
« Il me manque aussi. Il doit être plus triste que moi encore, il a perdu ses deux mamans lui. »
« Je sais. Si tu veux, je peux essayer de voir s'il peut te faire parvenir une lettre ou quelque chose du genre. »
« Tu ferais ça ?! »
« Je ferais tout pour toi, et encore désolée, si tu as pensé que ça ne serait pas le cas. Je t'aime chérie, et je ne supporterai plus de te voir si triste. Je m'excuse de n'avoir pensé qu'à moi en t'oubliant. Mais, quoiqu'il arrive, nous sommes une famille et nous nous soutiendrons à présent. »
« Avec grand-mère et Raven ? »
« Exact. Je suis désolée d'avoir loupé Thanksgiving. Mais… On se rattrapera à Noel ? »
« Tout ira mieux bientôt ? »
« Je l'espère chérie, il faudra du temps, mais nous y arriverons. Ensemble. »
Madi serra sa mère dans ses bras et s'endormit bien vite cette nuit-là. Et pour la première fois en trois semaines, elle ne fut pas réveillée par les pleurs de sa mère en pleine nuit.
OoO
La prochaine étape, et non des moindres, fut pour Clarke de retourner travailler. Raven le lui avait dit : retourner sur le terrain lui ferait penser à autre chose. Et bien que Clarke n'en fut pas aussi sûre, et sur les conseils du Dr Warren, elle se lança.
« Hey Griffin, te revoilà parmi nous ! » lança Bellamy en la prenant dans ses bras « Mes condoléances. »
« Merci. » sourit péniblement la jeune femme « Fallait que je revienne. J'allais tout de même pas vous laisser diriger ce bureau, bande de nuls. »
« Hey Clarke… »
« Echo… Dis donc… ça commence à se voir ton ventre. »
« Ouais, Kane m'a dit que je pourrais bientôt oublier le terrain. Super, je vais être cantonnée à la paperasse derrière mon bureau. »
« Te plains pas, ça caille dehors ! » lança Murphy tandis qu'il tendit une tasse de café fumant.
« Oh, Murphy… T'as quelque chose à me demander ? »
« Si t'en veux pas, j'le garde hein ! »
Clarke prit la tasse « Merci. »
Puis elle se dirigea vers son bureau où elle se posa en soupirant. Son regard fut alors attiré par un petit cactus surmonté d'une unique fleur rose. Le cœur de Clarke se serra : elle se souvenait du jour où, pour rire, elles s'étaient lancé un défi, Clarke avait perdu et s'était vue attribuer un mini cactus par Lexa, parce que, selon la jolie brune, le cactus était la plante la plus représentative de Clarke.
« Clarke ? Ca va ? »
Marcus venait de s'asseoir en face d'elle, l'air inquiet. Elle le fixa avant de sourire faiblement « Ca va… Ca pourrait être mieux. »
« Ca pourrait être pire. »
« Je consulte pour que ça soit mieux. » ironisa-t-elle
« Tu vois la psy ? »
« J'ai un deuil à faire que je n'arrive pas à dépasser. Je dois tenir pour Madi. »
« Sage décision. Je t'avouerai que si tu n'y avais pas pensé, je te l'aurais fortement conseillé. Comment va ta mère ? »
« Vous ne vous êtes pas vu pour Thanksgiving ? »
« Non. Elle n'a pas supporté de le passer sans sa fille. Elle a travaillé à la place, pour s'occuper l'esprit. »
« Je suis désolée. Je n'avais juste pas la tête à ça. »
« Je comprends, et elle aussi, ne t'inquiète pas. Elle se souciait simplement de ton bien-être. Elle fut rassurée lorsque Raven lui a dit qu'elle comptait emménager chez toi un moment. »
« Oui, elle m'a beaucoup aidé, même si je n'ai pas su la remercier encore… »
« Tu as le temps. »
« Parle-moi du procès. »
« Clarke… »
« Je t'en prie, j'ai besoin… de quelque chose à me mettre sous la dent. »
« Comme tu le sais, il est dans une semaine maintenant. »
« Comment ça se présente ? »
« … »
« Oh ça va, je sais qu'on est dans la merde, j'aimerais juste savoir jusqu'où. »
Kane soupira « A vrai dire, c'est mal engagé. Comme tu le sais, le témoignage de l'agent Woods était décisif. »
« On a vraiment rien alors ? »
« Seulement quelques témoins assez évasifs sur ce qu'il se passait dans l'Eden, mais aucun qui pointe du doigt Ryce directement. Ils parlent en grande partie des Wallace. »
« Et merde… T'es en train de me dire que ce salaud va s'en sortir ? »
« Oh il fera de la prison… mais bien moins que ce qu'il aurait pris avec le témoignage de Lexa. »
« … »
« Je suis désolé. »
« Et si j'arrivais à convaincre Niylah ? Elle seule est encore capable de le faire plonger. »
« D'après ce que j'ai vu et lu de ton rapport, elle est bien loin d'être coopérative. De plus, elle a stipulé ne plus vouloir te voir. »
« Je pourrais… »
« Non, Clarke. »
« … »
Kane soupira de nouveau « Je suis content que tu reviennes, j'espère que ce n'est pas trop tôt encore. En attendant… » Il lui donna un dossier.
« Qu'est-ce que c'est ? »
« Le procureur veut te faire témoigner. »
« … »
« Je lui ai dis que c'était une mauvaise idée. Que ce qu'il s'était passé avec Niylah pourrait jouer en notre défaveur et que la défense pourrait s'en servir. »
« Pourquoi moi ? »
« Tu étais en infiltration aussi. Tu as surement vu des choses, entendu des choses… »
« J'ai simplement vu des centaines de personnes entrer dans une immense chambre à gaz de leur plein grès pour accéder à la cité des Lumières. » railla-t-elle « J'ai couché avec leur médecin pour des infos. A part ça, je n'ai pas grand-chose. J'ai peu fréquenté Ryce et seulement quelques instants les Wallace. »
« La défense va faire témoigner Charlotte. »
« Quoi ? Mais elle est mineure ! Sa mère ne peut pas être d'accord avec ça. »
« Dans le cadre d'une affaire comme celle-là, elle n'a guère eu le choix. La défense va évidemment se servir de son témoignage à la barre : ses viols, l'Eden qu'elle a prit comme refuge, sa famille d'accueil qui était bienveillante… Ils veulent prouver que l'Eden était d'utilité publique. »
« Connerie ! Y'a eu des morts, des disparitions, des enlèvements ! »
« Je sais tout ça, mais la plupart des disparus retrouvés ont témoigné qu'ils n'ont jamais été enlevés mais qu'ils sont venus à l'Eden de leur plein gré. Quand on leur parle de la mythologie de la cité des Lumières, ils en parlent plutôt comme le pôle Nord du Père Noel. »
« Ca craint… »
« Tu l'as dis. Voilà pourquoi même ton témoignage serait d'une grande aide. »
« Je… Je sais pas si je pourrais être prête, si je pourrais faire face à cet enfoiré sans lui cracher dessus. »
« Je sais mais… Fais-le pour Lexa. »
« Pardon ? Si je témoigne et qu'il va en taule, elle sera morte pour rien, parce qu'il n'aura pas su nous tuer toutes les deux… »
« Pense à ce qu'elle souhaiterait que tu fasses. Après votre infiltration risquée, penses-tu vraiment qu'elle ne t'aurait pas encouragé à aller jusqu'au bout. »
« Tu n'as pas le droit de parler en son nom. »
« Je… »
« Stop. Pour l'instant, je vais me cantonner à la rubrique des chiens écrasés… »
Elle clôtura l'échange en pianotant sur son ordinateur. Kane sut alors qu'il ne pourrait pas aller plus loin. Il se leva mais avant de partir, il se tourna vers elle « Je suis heureux que tu sois de retour Clarke, vraiment. » puis il s'en alla, laissa la jeune femme pianotant faussement sur son clavier, essayant d'éloigner le plus loin la possibilité de devoir témoigner.
Et elle avait espéré que ses revendications seraient entendues et surtout respectées. Mais c'était sans compter sur l'opiniâtreté d'une jeune femme qui tapa, un soir, à sa porte.
« Anya ? »
« Salut Griffin. »
« Qu'est-ce que… pourquoi t'es là ? »
« Pour te parler. »
« Je sais de quoi tu veux parler, et c'est non. »
« Je peux entrer au moins ? »
Clarke la laissa passer dans un soupir et Anya entra avant de se figer en voyant Raven sortir de la cuisine « Qu'est-ce que tu fais là ?! »
« Je… Je suis venue parler à Clarke. »
Le regard noir de Raven s'estompa lorsqu'elle se tourna vers Clarke « Je vais voir où en est Madi avec ses devoirs. »
« Ray… » lança Anya, mais la jeune femme avait déjà disparu.
« A ce que je vois, tu as tes fans… » ironisa la jolie blonde
« Clarke, nous avons besoin de toi. »
« Y'a rien que je puisse faire ou dire pour coffrer Ryce définitivement. C'est pas moi qu'il a menacé, torturé, à qui il a révélé tous ses plans… J'ai rien à vous donner. »
« Tu te trompes. »
« Ah oui ? Alors, vas-y, dis-moi. »
« Tu peux te servir du personnage que tu avais crée. »
« Un témoignage ne peut se baser sur un rôle fictif. Les dés sont pipés, tu le sais. »
« Niylah t'a certainement révélé des choses. »
« Rien de concluant. »
« Tu as vu Ryce inviter les gens à rejoindre cette foutue cité. Il a conduit des centaine de personnes dans un immense chambre à gaz non pas pour les soulager de leurs maux, mais pour éviter qu'ils témoignent contre lui. Lui savait ce qu'il se trouvait derrière ces portes, c'est en toute connaissance de cause qu'il les a menés à l'abattoir. »
« … »
« Clarke, tu ne peux pas le laisser s'en tirer comme ça. Il a tué Lexa. »
« LA FERME ! » hurla soudain la jolie blonde, à bout de souffle « La ferme tu m'entends ! Tu crois que je ne suis pas au courant ? J'ai pleuré sa mort et je la pleure encore. Si je tiens debout c'est pour Madi. Je suis fatiguée, je suis larguée… Mais j'ai surtout la trouille. »
« Clarke… »
« … Non, stop. Va-t-en. »
« Tu fais une erreur. »
« Je sais, laisse-moi vivre avec, comme le reste. » Elle se dirigea vers la porte d'entrée qu'elle ouvrit, comme une invitation directe à ce qu'Anya sorte « Je t'en prie… »
« Tu sais que nous pourrions t'y forcer ? Le FBI pourrait te convoquer. »
« Je sais. »
Anya baissa la tête alors et sortit. Avant même qu'elle ne puisse se tourner pour la convaincre une dernière fois, Clarke lui claqua la porte au nez. Lorsqu'elle se retourna, elle vit Raven t Madi, interloquées « Maman, ça va ? »
Clarke lui sourit « Oui chérie, tout va bien, tout va mieux. »
Mais Raven n'était pas dupe : elle savait que le FBI, quoiqu'il arrive, la ferait témoigner… Une épreuve de plus pour Clarke, allait-elle le supporter ?
C'est trois jours plus tard que les choses s'accélérèrent pour Clarke. Tandis qu'elle était revenue du bureau avec Raven et qu'elles préparaient une soirée pizza, promise à Madi pour ses bons résultats, on sonna à sa porte.
Lorsque Clarke ouvrit, devant elle se trouvait un homme en costume sombre tenant un dossier « Miss Clarke Griffin ? »
« Oui ? »
« Pouvez-vous signer ceci s'il vous plait ? »
« Qu'est ce que c'est ? » demandé la jolie blonde en prenant le dossier
« Une assignation à comparaitre. »
Clarke se figea et manqua de casser le stylo qu'elle tenait en main « Et si je ne signe pas ? »
« Vous aurez un mandat d'arrestation à votre nom pour non coopération, voire complicité. »
Elle serra la mâchoire alors mais signa : il valait mieux témoigner plutôt que de se retrouver en taule pour une durée indéterminée.
« Voilà. »
« Merci. »
Quand elle referma la porte et qu'elle vint se rasseoir dans le canapé, Raven remarqua sa mine fermée « Ca va ? C'était qui ? »
« Un con. »
« Oh… Mais encore ? »
« Je suis assignée à comparaitre pour le procès. Elle a osé cette salope. »
« Hey, tout doux. Anya n'y est surement pour rien. Cette affaire titille le Fbi depuis des années, ils sont juste prêts à tout pour parvenir à leurs fins. »
« Tu défends ta copine, c'est normal. »
« C'est pas ma copine, du moins, ça l'est plus. On s'est plus reparlé depuis… Enfin tu vois. »
« Tu m'a dis que c'était un mécanisme de défense pour éviter qu'elle sombre. Elle a juste pas l'habitude de se laisser aller encore… Peut-être, qu'au fond, elle aurait aimé que tu restes à ses cotés. »
« Et là, qui défend qui ? » ironisa Raven
« Peu importe, tu m'as comprise. »
« Je sentais que j'avais plus d'utilité auprès de toi. T'es comme ma frangine. Et puis rien ne l'empêchait de me recontacter. »
« Peut-être qu'avec toute cette affaire, elle attend que ls jours soient plus paisibles… »
« Et ça sera trop tard. »
« Qu'est-ce que tu racontes… » sourit Clarke
« Clarkie… Je… Je voulais te le dire avant mais… »
« Mais quoi ? »
« Quand cette histoire sera finie, quand le procès sera passé… J'ai décidé de… faire un break. »
« Un break ? »
« Je vais partir un moment Clarke. »
« Quoi ? Mais où ? »
« Je vais probablement prendre quelques semaines de vacances, j'ai toujours rêvé de voir l'Europe. »
« Et ensuite ? »
« La silicon Valley m'a contacté pour que je bosse avec eux sur des logiciels spécifiques. »
« Merde Ray mais… Est-ce que… Enfin, c'est une bonne nouvelle ? »
« Carrément. J'ai toujours voulu bosser là-bas, encore plus en tant qu'ingénieur consultante. Et j'aurais une bonne paie. »
« C'est à l'autre bout du pays ça… »
« Je sais, mais y'a l'avion et puis on aura toujours nos skype le soir. Je sais que tu ferais pas grand-chose sans moi. »
Clarke gloussa alors « Tu aurais du me le dire avant… »
« Quoi ? Quand tu avais cette lame dans les mains ou entre deux séances de psy ? »
« Je suis désolée… Avec tout ça, j'ai laissé peu de place aux vies des autres. J'ai délaissé Madi, je t'ai délaissé… »
« Tu avais des circonstances atténuantes. Et, qui sait, peut-être que ce procès te permettra de tourner la page. »
« Peut-être… »
« On regarde quoi ? » demanda Madi en revenant de la cuisine avec un saladier plein de popcorns.
Elle se glissa entre Raven et Clarke et posa le saladier sur ses genoux. Clarke eut un pincement au cœur : sa meilleure amie, sa sœur, s'apprêtait à partir loin… Sa vie ressemblait à un miroir qui venait de tomber au sol avec des débris partout, certains irrécupérables, certains pouvant être recollés mais sans vraiment être la même chose…
« Tu es sûre ? »
« Certaine. »
« Mais, il ne reste que deux petits jours, je pourrais partir après. »
« Ray… Vraiment. Tu squattes mon appart depuis des jours et des jours, tu dors sur le canapé, quand ce n'est pas avec moi… Je crois… Je crois qu'il faut que je commence à apprendre, ou réapprendre, à vivre sans toi. »
« Mais on peut faire ça après le procès non ? »
« Non. Je crois qu'après tout ça, j'aurais besoin de me retrouver avec Madi. D'essayer de retrouver une quasi normalité, tu comprends ? »
« Oui… Je vois mais… Tu sais que je suis là hein, quoiqu'il arrive, si tu as quoique se soit. »
« Je sais, et je te remercierai jamais assez pour tout ce que tu as fais pour moi ces dernières semaines. Je commence à remonter un peu la pente, Madi m'aide beaucoup. Même si j'essaie de la garder dans son rôle de petite fille. »
« Clarkie… »
« On se voit dans deux jours, ok ? »
« Si tu as le moindre problème… »
« … Je t'appelle. Ne t'inquiète pas. »
« Si je m'inquiète, justement. »
La jolie blonde lui sourit et la prit dans ses bras « Je t'aime Ray. »
« Et moi plus encore Blondie. »
Oui, voir Raven passer le pas de sa porte était douloureux, mais c'était la meilleure chose à faire. Clarke sentait qu'elle se reposait beaucoup sur Raven, beaucoup trop. Elle devait se réhabituer à vivre seule lorsque Madi était à l'école, à faire des repas, à revivre avec sa fille ces moments complices, et pourquoi, ressortir avec elle.
Après tout, Noel approchait et aucune décoration n'avait été mise. Elle le savait Madi adorait cette fête et voir la maison nue de décorations et de sapin devait probablement la rendre triste. Et bien que Clarke n'ait pas le cœur à faire la fête, elle devait penser à sa fille.
Alors, quand le soir Madi revint, Clarke l'accueillit avec des plats chinois qu'elle commanda et un Harry Potter prêt à être visionné.
« Maman ? Ou est Raven ? »
« Elle est repartit chez elle. Elle t'embrasse d'ailleurs. »
« Oh… Vous vous êtes disputées ? »
« Quoi ? Non, non. Je voulais surtout avoir ma fille pour moi seule. Tiens regarde, je t'ai pris des nems au poulet, tes préférés. »
« Merci ! »
« Au fait… Ca te dirait que demain on chasse le parfait sapin de Noel ? »
Madi baissa le regard « Non, pas vraiment. »
« Mais… Tua dores dénicher le sapin. »
« Pas cette année. »
Le cœur de Clarke se serra « Ils me manquent aussi. J'aurais aimé qu'ils passent Noel avec nous, qu'on soit comme une famille. Mais… Ca ne se fera pas Madi. On doit faire avec. Alors même si cette année la gaité n'est pas de mise, Noel reste Noel : avec ses décos, son sapin, ses cadeaux. »
« … »
« Si tu es triste, ça me rend triste aussi. C'est pas ce que tu veux ? »
« Non, bien sur que non mais… C'est pas vraiment pareil cette année. »
« Je sais chérie, je sais. Avoir notre sapin et nos décos ne nous feront pas oublier les Woods. Promis. »
Madi esquissa un faible sourire alors et se pelotonna contre sa mère.
Lorsque Raven posa de nouveau son sac dans son salon, son cœur semblait se tordre dans une crampe douloureuse. Lorsqu'elle fréquentait Anya, cette dernière avait pris l'habitude de venir dormir ici, manger et même faire des courses pour elles.
Aujourd'hui, Ray se retrouva seule. Elle, qui, durant des semaines, s'était donné la tâche de réconforter Clarke et de prendre soin d'elle. Présent, elle n'avait plus d'objectif réel. Dans quelques semaines, elle partirait vers la côte ouest, c'était ce qu'elle avait de mieux à faire.
Elle se laissa tomber dans son canapé et poussa un long soupir quand on toqua à sa porte « Non mais sérieusement… »
Trainant les pieds jusqu'à l'entrée, lorsqu'elle ouvrit la porte, son sang se glaça « Anya… »
« Raven. »
« Comment tu as su que j'étais là ? Ca fait des semaines que je dors chez Clarke. »
« J'ai mes indics. »
« Tu me files en plus ?! »
« Je peux entrer ? »
« Non. »
« Ok, fairplay. On peut parler dans le couloir. »
« Qui te dit que j'ai envie de parler ? »
« Je n'en sais rien. On pourrait, non ? »
« On pourrait, mais j'ai pas vraiment envie. »
« Alors laisse-moi parler. Je… J'aimerais m'excuser de t'avoir mise de coté. Je… La perte de Lexa m'a complètement retourné. Je n'ai jamais eu l'habitude d'être en position de faiblesse, pas comme cela. J'ai… J'ai été prise au dépourvu. Je ne savais pas comment faire alors.. J'ai repoussé tout autour de moi. J'ai bâti un mur si haut et si épais que personne ne pourrait de nouveau me toucher, physiquement comme émotionnellement. »
« … »
« Je t'ai repoussé, parce que je ne voulais pas que tu me vois ainsi, et je ne voulais plus m'impliquer sentimentalement si c'était pour souffrir autant. »
« … »
« Je sais que c'est nul comme explication mais je n'en ai pas d'autres à te fournir. Je peux seulement te dire que je suis désolée et que j'ai clairement chié dans la colle. J'aurais du te parler, amis ensuite je me suis plongée dans l'affaire en pensant que ça m'aiderait à t'oublier… Mais ça a échoué. Et te revoir chez Clarke… »
« … »
« Ok, tu n'as clairement pas envie de parler, mais je te remercie de m'avoir écouté, enfin du moins je pense que tu as écouté. Ray parle-moi, dis-moi quelque chose, envoie-moi bouler même, je m'en fous. »
« Tu as dis chier dans la colle ?! » dit-elle en haussant un sourcil interrogateur
Anya se figea, stupéfaite de sa réaction « La bonne nouvelle c'est que, visiblement, tu m'écoutais. La mauvaise c'est que c'est tout ce que tu as retenu de mon laïus ? »
« Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Tu m'as foutu littéralement dehors. C'est comme ça que tu fonctionnes. Tu te souviens lorsque Madi t'avait fait croire que j'étais amoureuse de toi. Ta réaction a été sans équivoque : tu as fui. Ca n'a pas changé : tu fuis, c'est ce que tu fais de mieux : pour te protéger, pour éviter de souffrir ou ressentir des choses, même positives. »
« C'est vrai mais… »
« … Mais moi, je suis fatiguée. Je suis fatiguée de devoir lire le manuel de fonctionnement d'Anya Reynolds. J'en ai marre de te courir après parce que madame a peur. J'en ai marre, tout simplement. »
« Raven, s'il te plait, laisse-moi une dernière chance… »
« En quel honneur ?! Tu me largues, tu me mets de coté et quand ça t'arrange, tu reviens vers moi et tu me demandes d'accepter tes caprices ? Non, clairement non. »
Et alors qu'elle allait refermer la porte, Anya plaqua sa main dessus, l'en empêchant.
« Ray, stop. Ecoute-moi… »
« Je t'ai assez écouté. C'est fini Anya. De toute manière, revenir maintenant ne changera rien. »
« De quoi tu parles ? »
« Je pars Anya. »
« Mais… Mais où ? Quand ? »
« Bientôt et vers la côte ouest. »
« C'est le seul moyen que tu as trouvé pour me punir ? Pour t'éloigner de moi ? »
Raven hoqueta « Tu crois que tout tourne autour de toi ? »
« … »
« J'ai pris cette décision pour moi, pas pour toi. »
« … »
« Nous nous reverrons au procès, et ça sera la dernière fois. »
Puis Raven referma la porte, Anya ne l'empêchant pas cette fois-ci. Et à peine eut-elle réalisé la situation que Raven prit son téléphone et appela Clarke :
« Hey Blondie. »
« Ray, ça fait à peine 1h que t'es partie. Tu comptes m'appeler comme ça souvent ? »
« Non c'est juste… Tu devineras jamais qui vient de me rendre visite. »
« J'en sais rien… »
« Anya. »
« Ah bah tu parles d'une nouvelle. Alors ? »
« Je lui ai dis. Je lui ai dis que j'allais déménager. »
« Elle semblait s'en foutre ? »
« En fait, j'en sais rien… J'me dis qu'après tout ça… Une page sera tournée. »
« Ouais, on se dit tous ça. »
« Sois franche, tu crois que je fais une connerie ? »
« Quoi : ne pas laisser une chance à Anya ou faire ce que tu lu reproches, c'est-à-dire fuir à l'autre bout du pays ? J'en sais rien, à ton avis ? »
« Ray, crois-en une personne qui a perdu l'amour de sa vie : ne passe pas à coté du tien. Anya et toi, vous vous êtes trouvées. Vous êtes complètement barrées ensemble, vous êtes un couple explosif. T'éloigner, même à des milliers de kilomètres, ça ne changera rien. »
« … »
« Tu voulais mon avis, je te le donne. Après, tu en fais ce que tu veux. »
« J'ai… J'ai juste pas envie de souffrir… »
« … Comme moi tu veux dire ? »
« Clarke, c'est pas ce que je voulais dire. »
« Au contraire, c'est totalement ce que tu pensais. Et tu as raison. Mais tu sais quoi ? Même si je souffre aujourd'hui, je n'oublie pas les moments qu'on a passés ensemble et qui m'ont rendu heureuse. C'est douloureux de s'en souvenir, mis avec le recul, je bénis le ciel de les avoir vécu. Si on pense à l'après, à ce qui pourrait être pire, alors on ne vit plus. C'est le même principe que d'éduquer son enfant en l'empêchant de se faire mal pour ne pas qu'il souffre, mais, du coup, il n'apprend rien et ne vit jamais vraiment. »
« Je… T'as peut-être raison. Mais quel intérêt maintenant que je vais partir ? »
« Autant le vivre un peu que jamais non ? L'important est de savoir ce que tu ressens quand tu fermes les yeux et que tu penses à elle. »
Raven s'exécuta et ferma les yeux avant d'esquisser un léger sourire « Ok je suis dans la merde. »
« Tu es amoureuse. » conclut Clarke
« Je ne pensais pas que tu me rappellerais, pas après la taule que je me suis prise. »
« Ouais je… On s'assoit ? »
Raven avait rappelé Anya, lui demandant si elles pouvaient se retrouver dans un café pour discuter. Et même si Anya l'avait d'abord envoyé sur les roses, elle s'était ravisée et l'avait rappelé.
Et c'est ainsi qu'elles se donnèrent rendez-vous dans le café où Raven avait ses habitudes. Peut-être pensait-elle qu'en terrain connu, les choses seraient plus simples.
« Alors… Tu voulais me voir ? »
« J'ai pas l'intention de m'excuser pour hier… Je… Je voulais juste… »
« Est-ce que tu pars vraiment ? » la coupa Anya
« Je… Oui. C'est une très forte possibilité. J'ai une offre alléchante à la Silicon Valley, tout ce dont je rêvais. »
« C'est… Génial… pour toi. »
« Ouais. »
« Tu m'as demandé de venir juste pour enfoncer le clou ? »
« Non je… J'essayais de verbaliser une envie. Savoir si, même en le disant à voix haute, j'en avais encore envie. »
« Et ? »
« Et je me dis que ce dont je t'ai accusé hier semble être aussi ce que je fais de mieux. »
« C'est-à-dire ? »
« Je crois que tu avais en partie raison : si j'avais eu un contrat en Alaska, je l'aurais pris aussi. Je t'apprécie vraiment beaucoup… Beaucoup trop. J'ai peur de souffrir comme Clarke. J'ai vu comment elle était dévastée. L'amour… C'est si beau mais si cruel parfois. »
« … »
« Peut-être que j'aurais fini par t'oublier là-bas. »
Anya se leva alors et s'agenouilla devant Raven « Moi aussi je tiens à toi énormément. J'ai pas toujours été des plus clairvoyantes en ce qui nous concernait. J'ai fais des erreurs, que j'ai payé et que je paie encore. Mais si j'ai appris une chose c'est : qu'on ne vit qu'une fois. Elle me manque tant que ça me crève le cœur. T'avoir à mes cotés aurait été la meilleure chose, mais j'ai été stupide. Aujourd'hui, je t'ai fais du mal… Un mal que j'ai encore du mal à atténuer. Je tiens à toi et ton bonheur. Je ne pourrais pas t'empêcher de partir, mais… Si tu le dois alors… »
« Je peux retarder mon départ. »
« A quoi bon ? Reculer pour mieux sauter ? Vivre quelque chose ensemble en sachant que ça ne durera pas ? »
« Vaut mieux le vivre un peu que pas du tout non ? »
« Je ne sais pas si j'en aurais la force et le courage. Raven si tu me reviens, je ne te lâcherai plus, plus jamais. Je ne supporterai pas de te voir partir, et d'un autre coté, je ne peux t'empêcher de réaliser ton rêve. Alors on fait quoi ? Parce que si on persiste, l'une des deux trinquera. Tu avais raison : l'amour ça craint. »
« … »
Anya se releva alors et lui sourit « Je te remercie de m'avoir laissé une dernière chance, et même si je ne la saisi finalement pas, ça ne veut pas dire que je ne t'aime pas, au contraire… Je t'aime bien trop pour te brider. La Silicon Valley aura de la chance de t'avoir. »
Et alors qu'Anya s'éloigna, Raven bondit hors de sa chaise, l'empoigna et la fit se retourner vers elle. Sans attendre, elle l'embrassa fougueusement, baiser auquel répondit Anya. Et au bout de quelques secondes sulfureuses, elles se séparèrent « J'ai besoin de toi… Anya. »
La jolie asiatique lui sourit « Raven… »
« S'il te plait, j'ai besoin de toi… » répéta-t-elle
« Ou ça nous mènerait ? »
« On en sait rien, personne ne sait… L'amour vaut la peine d'être vécu, c'est Clarke et Lexa qui m'ont appris ça. Je vais peut-être partir un jour, mais à cet instant précis, c'est toi dont j'ai besoin. »
Ce n'était pas raisonnable, Anya le savait, mais parfois le cœur prime devant la tête. Alors, elle étreignit la jeune femme, sentant ses muscles se tendre sous les siens. Les prochains jours du procès seraient compliqués, elle aurait besoin d'un soutien, elle aurait besoin de Raven.
Ce matin n'était pas si différent des autres pour Clarke : elle se leva, rejoignant généralement une Madi debout bien avant elle, et déjà prête pour aller en cours. Elle resta quelques secondes devant sa tasse de café se remplissant doucement, enivrant ses narines d'une odeur âcre. Puis elle s'asseyait avec Madi pour déjeuner, en silence, avant que la petite ne se lève, ne contourne la table et n'embrasse sa mère avant d'enfiler son manteau et de prendre son sac pour partir.
Clarke lui faisait un dernier signe de main et la porte claqua. Puis elle resta là, un long moment devant son café. Voilà, c'est ainsi que sa matinée passait.
Sauf qu'aujourd'hui, ce n'était pas une matinée comme les autres, ce n'était même pas une journée comme les autres. Clarke le savait et la personne qui s'apprêtait à franchir le seuil de sa maison le savait aussi.
Après avoir toqué deux fois, Raven ouvrit la porte « Clarke ? C'est moi. »
« Entre. » La jolie blonde se leva et débarrassa la table.
« Alors, comment va ? »
« Ca va… »
« Ouais, un peu spécial aujourd'hui hein… Tellement tendu qu'Anya a préféré ne pas passer la nuit chez moi. »
« J'imagine. Je peux ? »
Clarke jeta un œil et vit Raven désigner la pile de pancakes « Vas-y, j'en fais toujours trop. Comment je suis ? »
« Sobre, mais efficace. » lança Raven en jugeant l'ensemble bleu marine de Clarke dont seul le badge donnait une touche de couleur.
« On y va ? »
« Ouaip… »
Lors du trajet, aucun mot ne fut prononcé. Clarke attendait ce jour depuis près d'un mois maintenant. Elle s'était préparée, elle savait à quoi s'en tenir, elle avait bossé le sujet depuis des semaines. Il le fallait, elle n'avait pas eu le choix, elle en avait eu besoin.
« On y est. »
Raven sortit de la voiture et Clarke, avant de faire de même, sortit de sa poche son téléphone et afficha son écran de verrouillage : la photo d'elle et de Lexa qu'elles avaient prise sur les docks en cette nuit de Novembre. Cette nuit où elles s'étaient échangées leur premier « je t'aime ». Cette nuit où elles avaient fait des plans sur la comète sur leur avenir avec les enfants. Cette nuit aussi où elles furent visées par des inconnus et tirées comme des lapins. Cette nuit où Lexa trouva la mort.
Clarke marcha au radar, mécaniquement, sans vraiment réfléchir. Elle avait eu quelque fois affaire avec ce lieu, le tribunal, pour quelques enquêtes à résoudre. Mais jamais cela n'avait pris une telle importance.
Lorsqu'elle entra dans la salle d'audience quasi pleine, elle frissonna. Elle prit place avec Raven et constata la présence de quelques agents du FBI, mais aussi un dispositif de sécurité sans précédent. Anya était là aussi, plus discrète mais tout aussi déterminée.
Puis soudain, l'accusé entra, Ryce, tout d'orange vêtu, fixant l'assistance d'un air de dédain, arriva. Clarke se tendit soudain et sentit la main de Raven sur la sienne en guise de soutien. Elle inspira et le lâcha plus Ryce du regard. Il semblait serein, il semblait même sûr de lui.
Puis le juge apparut et le procès commença… Une parodie de procès comme l'avait appelé Raven à la fin du premier jour. La défense n'avait fait qu'appeler successivement des membres de l'Eden, totalement acquis à la cause de Ryce et des Wallace.
Le deuxième jour, le procureur appela à la barre les parents de Mathias Telford ou encore Clarke. Mais malgré sa préparation, lorsque la défense l'interrogea, ce ne fut que pour l'accabler de s'être jouée du système afin de glaner des informations. Niylah fut interrogée par le procureur, mais ne pu fourni aucune information concrète. Le point final de cette journée fut le témoignage presque forcé de Charlotte, et Clarke serrait si fort les poings que ses ongles laissèrent dans ses paumes, des lésions ensanglantées.
Finalement, à la fin du deuxième jour, les choses n'étaient pas des plus simples. Ryce glissait entre les doigts de la justice américaine avec une facilité et une impunité sans vergogne. Certains soupçonnaient même le juge d'être de son coté.
Au matin du troisième jour, chacun s'attendait encore à ce que tous plébiscite l'Eden et Ryce avec des témoignages à sa gloire. Clarke rageait. Raven avait eu l'idée de lui faire abandonner son arme à l'entrée de la salle d'audience, et ce n'était pas une si mauvaise idée finalement. Le sang de Clarke bouillonnait autant que l'injustice dont elle était témoin. Et Ryce jubilait plus que la décence ne le pouvait. Elle imaginait déjà l'issu du procès, les acclamations de ses fans et tous les prochains procès du genre : les gourous n'auraient qu'à faire comme lui : éliminer les plus dérangeants avant de prendre sous son aile les plus fidèles.
C'était au tour du procureur d'appeler un témoin à la barre. Clarke désespérait : comment un tel homme allait-il s'en sortir ? Et comment le procureur pouvait-il encore conduire ce procès en sachant qu'il l'allait perdu d'avance ?
Elle n'en pouvait plus… L'air lui manquait, c'était irrespirable, comme lorsqu'on entre dans une pièce enfumée par la clope. Elle s'apprêta à se lever, retenue de justesse par Raven « Qu'est-ce que tu fais ? Ou tu vas ? »
« Je… Je peux plus… »
Soudain, les portes de la salle d'audience s'ouvrirent et mécaniquement, Clarke se tourna pour voir qui entrait. Son cœur rata un battement et son sang se figea. Elle sentit un courant d'air froid lui remonter le long de la colonne vertébrale, enveloppant son crâne.
Sa tête bourdonna alors et elle ne put que fixer la personne entrant.
« J'appelle à la barre… »
« Non… C'est… » balbutia Clarke tandis que la silhouette passa devant elle, lui envoyant un bref regard neutre.
« Lexa Woods. »
TBC
