Note de l'auteur:
Drabble écrit dans le cadre de la nuit du fof du samedi 1er Décembre 2018 sur le thème Pardon
Coeur de glace.
Elle n'a pas encore récupéré de ses blessures, en fait, elle n'est même pas consciente. Il s'applique à s'occuper d'elle, utilisant toutes les potions de soin qu'il connaît ainsi que les sorts les plus adaptés à la situation. Il s'en veut de ne pas avoir été assez rapide pour intervenir, ayant été ralentis par la foule arpentant le marché, et se reproche l'état de la jeune legilimens. Il a soigné toutes ses plaies l'une après l'autre, avec une patience et une concentration dont il ne s'est pas départis malgré les questions de ses disciples quant à la suite de son plan pour dominer le monde sorcier, en plus de celui des moldus. Il reste à son chevet toute le temps, attendant son réveil en retenant des larmes.
Ces dernières lui montent aux yeux traîtreusement et il se refuse à les laisser couler. Il n'arrive pas à admettre qu'il éprouve plus qu'un simple attachement pour mademoiselle Goldstein, et pourtant, depuis qu'elle est là, il se sent tout drôle. Il fait toujours attention à son apparence, veille sur elle, évite de parler de ses idées funestes en sa présence et consent toujours à goûter à sa cuisine même si le moment ne s'y prête pas forcément, en pleine réunion par exemple. Il s'est habitué à ces petites choses qui ont changées son quotidien et cela lui manque. Depuis qu'elle est inconsciente, il est encore plus sombre qu'avant de la rencontrer et a l'impression que la lumière du soleil a disparut avec celle faisant étinceler les ravissants yeux de la jeune femme. Il se perd alors dans ses pensées, repensant à tout les moments qu'il a passé avec elle depuis qu'elle a accepté de se joindre à lui.
Avant, elle était comme tous les autres, méfiante, craintive, et distante le plus qu'elle pouvait se le permettre. Mais ces derniers temps, elle a commencé à changer. Elle ne se fige plus en le voyant, le laisse s'approcher d'elle quand elle cuisine, ayant même commencé à lui apprendre quelques recettes. Et, parfois, ils discutaient, assis sur le sofa devant la cheminée, sans qu'elle ne frissonne ou se crispe lorsqu'il l'effleurait par accident ou faisait un mouvement trop brusque. Tout cela lui manque, ainsi que son doux rire, ses sourire ou les moments où il la trouvait endormie penchée sur ses livres de cuisines dans la bibliothèque. Elle a réussit a percer sa carapace de glace et il sent comme un énorme vide au fond de lui depuis qu'il ne l'entend plus. Elle a beau être encore en vie, il a l'impression qu'elle n'est plus vraiment là et qu'elle ne reviendra pas. Il a peur que cela se produise et perd facilement son calme lorsque l'on le contrarie.
La plupart de ses disciples ont d'ailleurs fait les frais de sa colère bien qu'il ne les a pas tués, pensant que cela ne plairait certainement pas à Queenie si elle finissait par revenir à elle, à lui. Il guette avec impatience le moindre signe de réveil de sa part. En ce moment, il est donc, comme à son habitude, assit au bord du matelas, la main gauche de la jeune femme dans les siennes et il dit :
- Je suis vraiment navré… J'ai été bien trop lent à agir et à cause de ça, vous avez été blessée… Je vous demande pardon mademoiselle Goldstein… S'il vous plaît ne mourrez pas… Je m'en voudrais toute ma vie si vous décédiez par ma faute…
Ses phrases sont entrecoupées de sanglots, signe qu'il a perdu tout son self-control, laissant sa tristesse se manifester pleinement. Il ne réalise même pas l'état dans lequel il est tant il est concentré sur la femme inconsciente qui, en douceur, sans qu'il ne s'en rende compte, a libéré son coeur de sa prison de glace bien qu'il en demeure quelques fragments ici et là. Il reste un long moment à pleurer ainsi sans que quiconque n'ose venir le déranger, pas même son jeune protégé puis un mouvement le fait sursauter. Queenie avait bougé sous sa couverture produisant un bruit de frottements de tissus. Les yeux de Gellert s'illuminent en la voyant reprendre connaissance et son coeur se met à battre plus fort. Elle pose son regard sur lui et sourit doucement avant d'essayer de se redresser. Il lâcha donc doucement la main de la belle et pose délicatement une main au niveau de son torse pour l'empêcher de se lever.
- Vous revenez de loin mademoiselle Goldstein, dit-il, remettant un semblant de masque de froideur bien que son esprit était cette fois lisible pour elle.
Elle ressentit sa peine et capta ses pensées, réalisant qu'il s'en voulait pour ce qu'il lui est arrivé et elle déclare sur un ton calme et posé :
- Vous n'avez pas à me demander pardon, vous m'avez sauvée.
Sur ces mots, elle caresse doucement la joue de Gellert avant de s'endormir. Il reste debout à la regarder, complètement figé, seules des larmes de joies coulant le long de ses joues, témoignent son ressentis.
