La neige avait commencé à tomber sur Seattle. Le ciel avait beau être sombre, les rues de la ville brillaient de mille feux. L'esprit des fêtes amenait beaucoup de monde et de chaleur, au grand plaisir de Robin qui appréciait cette ambiance si particulière. Elle marchait, un sourire aux lèvres, les mains dans les poches pour les protéger du froid, profitant pleinement des effluves de bougies, des confiseries et pâtisseries présentées sur les différents étals du marché de Noël. Ses yeux se promenaient entre les lumières et toutes ces belles choses qui faisaient la magie de cette fin d'année.
Mais ce qui attira particulièrement son attention ce fut ces boucles blondes délicates qui se découpaient dans le décor de la ville. Elles lui rappelaient la forêt, la magie, la bonté et la joie. Et ce fut avec toutes ces images en tête qu'elle s'en approcha, le cœur battant.
— Salut, dit-elle simplement en s'asseyant à côté de la propriétaire de la belle chevelure.
Alice sursauta et afficha un immense sourire lorsqu'elle aperçut son amie.
— Salut, répondit-elle, les joues rougissantes.
— On se balade ?
Et sur cette invitation, elles se levèrent et marchèrent, main dans la main, entre les gens qui profitaient des petits chalets installés exprès pour le marché hivernal et les enfants qui courraient pour rejoindre le grand carrousel. Alice et Robin, ainsi réunies, souriaient et s'arrêtaient quelques fois pour goûter des mets, essayer des chapeaux, boire une boisson chaude et observer des bijoux réalisés faits mains.
— Je n'ai jamais goûté ça.
Ce fut au détour d'une allée, alors que le marché s'étendait encore tout le long de la rue piétonne, qu'elles tombèrent sur un marchant de pain d'épice. La déclaration d'Alice surprit aussitôt Robin qui s'approcha. Elle acheta un petit paquet du produit et le déballa aussitôt elles commencèrent à s'éloigner du chalet.
— Tu vas voir, c'est un vrai délice.
Alice sourit en prenant le morceau que lui tendait son amie. Elle le croqua et élargit son sourire en acquiesçant. Robin rit et mangea elle aussi son morceau tout en avançant, le cœur léger. Son amie reprit une autre part, se régalant de ce goût si fin et sucré, avant qu'elles ne décident de s'asseoir un banc, au milieu de deux étals qui sentaient le chocolat et la cannelle. Et dans le brouhaha de paroles, de musiques, de cris et de rires d'enfants, elles échangèrent un regard complice, appréciant leur petit plaisir gustatif en profitant simplement l'une de l'autre, sans artifice.
Le petit pain remplit l'estomac des deux jeunes femmes en moins de temps qu'il en fallut pour le dire. Et alors qu'Alice avalait sa dernière bouchée, elle se tourna vers Robin et se pencha vers ses lèvres pour y déposer un doux baiser. Son amie y répondit avec plaisir, caressant sa joue au passage. Un baiser simple, tendre et à l'image de leur relation si fusionnelle.
— Tes lèvres ont le goût du pain d'épice, murmura Robin en brisant leur lien un court instant. J'aime beaucoup, ça te correspond bien.
Alice sourit, ravie par le compliment, et laissa son amante l'embrasser de nouveau. Les yeux fermés, elles s'abandonnèrent à la douceur sucrée de ce moment d'exception sans se soucier du monde alentour. Elles étaient heureuse, toutes les deux, tout simplement et à ce moment précis, elles ne pensèrent à rien d'autre qu'à l'amour qui faisait battre leurs cœurs à l'unisson.
