Je ne savais pas où j'étais. En fait, si. J'étais dans un éclair. Oui, c'est bien ce qui c'est passé. Mon cousin et son stupide conseil ont décidé de m'envoyer vivre avec les autres sang-mêlés, autrement appelés demi-dieux. Quel nom ridicule. Et comme ils n'en ont rien à cirer de mon humble avis, ils se sont tous liguer contre moi pour m'assommer, pour ensuite faire en sorte que je partes, inconsciente. Vraiment, BRAVO pour ce plan complètement débile ! Bon ce n'est pas comme si je ne l'avais pas cherché… J'ai juste détruit le porte éclair de Zeus, caché le Caducé d'Hermès, inter-changé les arcs d'Apollon et d'Artémis (ils détestent ça !) et fait explosé une grenade dans l'entrepôt d'armes d'Arès ! C'est rien comparé à d'habitude, croyez moi, ça peut être vraiment la pagaille au palais… Bon, ça s'éternisait beaucoup trop ce voyage par éclair. Bordel ! Ça va prendre comb…
Lorsque je me suis réveillée, j'étais étendue dans un lit. C'est ce que mon touché me dit. En ouvrant les yeux, je découvris que j'étais dans une grande salle avec une trentaine de lit. Une infirmerie. Mais qu'est-ce que je foutais là-bas ? À ma gauche, un garçon aux cheveux bruns, d'au moins deux ans de plus que moi, avait la jambe coincée dans de grandes bandes de tissus. Je me demandais vraiment comment il avait réussit à faire son compte… À ma gauche, il y avait deux garçons pareils, dont un qui avait les bras enroulés dans des bandages. J'étais encore dans les vapes -faut pas m'en vouloir, j'avais bénéficié d'un voyage gratuit par éclair- lorsque j'entendis quelqu'un me parler :
-Tu m'entends ?
C'est quoi cette manie de toujours demander aux personnes qui sortent d'un coma, s'ils vous entendent ? Je le regardai, en fronçant les sourcils. Il comprit. Oui c'était un « Il » qui avait des cheveux blonds et des yeux bleus. Il sourit et se présenta.
-Je m'appelle Will Solace du bungalow d'Apollon. Je vais te poser quelques questions, ok ?
J'avais vraiment, mais vraiment, envie de l'envoyer paître, mais un peu de bonne éducation m'a obligé à acquiescer d'un mouvement de tête. Il sourit de plus belle.
-Comment tu t'appelles ?
Sérieusement, j'ai hésité à lui répondre.
-Al… (Stupide voix enrouée !) Alesia Océanos et j'ai seize ans.
-Joli nom. (Pas étonnant vu que c'est ma mère qui me l'a donné) Tu sais que tu es dans une colonie un peu spéciale ?
-Ouais… Pour sang-mêlés, je sais.
-D'accord… Tu sais qui est ton parent divin ?
Je lui fis un triste sourire qui disait tout.
-C'est qui ?
-Tu sais, Travis, tu es très indiscret. C'était le garçon de gauche. Je suis Malcolm, fils d'Athéna.
Les garçons à ma droite parlèrent.
-Travis Alatir…
-Et Connor Alatir…
-Fils d'Hermès ! dirent-ils en même temps.
Ok ? Je portai ma main à mon cou et réalisai que je n'avais plus ma chaîne. Non ! Je ne peux pas, mais NE PEUX PAS perdre ma chaîne ! Je me levai subitement du lit, à la grande surprise de Will, et m'approchai de lui.
-Où. Est. Ma. Chaîne.
Je le regardai de mon regard le plus froid et il frissonna avant de me répondre
-Là-bas sur la table, avec ta veste et tes souliers.
Il me pointa l'endroit en question et je pus soupirer. Elle était là. Argentée et portant une bague de la même couleur, elle était le seul héritage de ma mère, morte onze ans plus tôt. C'est vraiment cruel, mais tout ce dont je me rappelle d'elle c'est son sourire. Je sais que je lui ressemble beaucoup, ayant les mêmes cheveux blonds qui descendent jusqu'aux reins, mais mes yeux bleus viennent de mon père. Mon père. Juste y penser me dégoûtait. Je le haïssais. À cause de lui, j'avais tout perdu. Ma mère, ma maison, ma ville, ma vie, il m'avait abandonné. Revenant à moi, subitement, je mis ma chaîne, mes espadrilles Converse bleus et enfilai ma veste en cuir noire. Je partais pour m'en aller sans aucune politesse, mais me ravisai et pris un couteau sur une table.
-Qu'est-ce que tu fait ? demanda Will.
-J'aide tes patients.
-Quoi ?! Attend…
-T'inquiètes, je sais ce que je fais.
J'enlevai les bandages de Malcolm, qui pâlit, et m'entaillai la main, faisant couler une goutte sur sa blessure. Elle guérit aussitôt et je m'attaquai à Travis. Will semblait sur le bord de l'évanouissement, tellement il était surpris par les vertus curatives de mon sang. Je sortis donc et m'attelai à trouver le maître des lieux, Dionysos.
Je fus arrêtée dans ma marche en quête de l'ivrogne de service, par une bagarre. Je me frayai un chemin parmi la foule et constatai qu'un des deux participant était désavantagé. Il était vraiment plus petit que son adversaire et ne semblait pas vraiment amusé par la situation. En fait, il avait l'air d'une victime. Il tomba à mes pieds et dans un élan de compassion –me rappelant que j'avais déjà été dans cette position- je le relevai. Son adversaire me regarda, se demandant comment j'osais le déranger dans son combat. Ben, c'est simple, j'oses c'est tout ! M'adressant au jeune garçon je dis
-Va à l'infirmerie et dit que c'est Alesia qui t'envoie. Tu avertiras Will Solace qu'il va y avoir un blessé.
J'étirai mes bras vers l'avant, enlevai ma veste et entrai dans l'arène.
-À la place de te battre contre plus petit que toi, tu devrais affronter un adversaire à ta taille !
-Et tu crois que tu peux me battre ?
Je fis mon plus beau sourire sadique.
-Les femmes d'abord, ai-je dis.
L'assemblée rit autour de nous, puis il s'élança. Ce ne fut pas bien long, avec quelques coups bien sentit des deux côtés, une lèvre fendue et un nez cassé chez mon ennemi, il se retrouva le cou prisonnier de mon bras dans une prise que seul moi connaît.
-Plus tu vas te débattre, plus que je vais resserrer mon bras. J'espère que cette leçon vous aura fait comprendre que s'attaquer à un adversaire inférieur est un déshonneur pour la légion et l'armée grecque.
Je le laissai tomber par terre et dis d'une voix forte
-Est-ce que quelqu'un pourrait me dire où est Dionysos ?
Ils me pointèrent tous une direction que je m'empressai de suivre après avoir repris ma veste.
-Ah ! Alesia tu es arrivée ! dis Dionysos.
-Comme si tu te faisais du souci pour moi…
Il n'avait pas changé d'un poil. Toujours rondouillard avec des chemises de mauvais goût. Lorsque je suis entrée, il était en train de parler avec un garçon qui devait avoir un an de plus que moi. Il avait des cheveux bruns foncés et des yeux océans. Il était plus grand que moi.
-Ma chère, je te présente Percy Jackson…
-Le fils de Poséidon, je sais.
Percy fut surpris, sans doute, parce que Dionysos l'avait appelé correctement.
-J'ai l'honneur de vous annoncer que vous aller désormais partager le bungalow trois, celui de Poséidon !
-Quoi ?! avons-nous crié, Percy et moi.
Ce petit imbécile se permettait de me placer dans CE bungalow ? Il me regarda et je compris. C'était pour cacher ma véritable identité. Je soupirai bruyamment et dis
-Vous voulez vraiment tous mourir, non ?
Il ne répondit pas, ne cherchant pas à me provoquer. Je le comprenais. Aucune divinité ne voulais avoir affaire à ma colère, souvent trop violente. Il nous congédia, je ramassai mon sac avec mes effets personnels fraîchement arrivés et nous sortîmes de la Grande Maison. Quel nom bizarre pour une simple maison… Nous soupirâmes en concert, puis nous croisèrent le regard de l'autre. Il commença à marcher et je le suivis. Après quelques minutes de marche, nous arrivâmes à un bungalow à moitié sur le rivage et à moitié dans l'eau.
-Bienvenus chez les Poséidon. Fait pas attention au ménage, dit-il sans intérêt.
Nous entrâmes. C'était cosy. Comme un chalet au bord de la mer, pensai-je. Sauf que je n'en avais jamais vu de ma vie, avant… Je m'assis sur un lit près d'une fenêtre et décidai que ce serait le mien. Il semblait gêné.
-T'as pas l'air heureux de m'accueillir ici.
-Désoler, c'est juste que je ne…
-Ouais, moi aussi, je m'y attendais pas.
Un silence gênant plana. Il le brisa.
-On pourrait apprendre à se connaître ?
-Oui, on pourrait. Bonne idée.
Je lui fis un mince sourire auquel il répondit.
-T'as un nom de famille ? Alesia, c'est ça ? demanda-t-il
-Oui, euh… C'est Oceanos.
-Ok. Ben je te laisse t'installer. À tout à l'heure !
-Bye…
Je sortis un à un mes vêtements. Jeans de toutes sortes, t-shirts gris, noirs ou bleu pour la plupart. Je n'avais pas de bijoux, qu'une caméra, un cellulaire et un ordinateur portable, tous faits et conçus par Héphaïstos. Ma caméra, un bien tout aussi précieux que la bague de ma mère. Elle avait, dans un sens, été mon journal intime. Chaque fois que j'avais besoin de me confier, j'allumais la caméra et parlais. Cette fois, elle ne m'était pas vraiment utile. Je la rangeai ainsi que mes vêtements et observai mon nouvel environnement. Dans les fenêtres, il y avait des tridents qui formaient des séparations dans le verre. Les draps était bleus, comme tout ce qui était en tissus, à mon grand bonheur. Ce gars avait du goût. Sans m'en rendre compte, je m'assoupis.
-N'oublie jamais ma chérie.
-N'oublie jamais quoi ?
La femme sourit à sa fille.
-N'oublie jamais qui tu es.
-Pourquoi maman ?
Elle l'avait regardé, ses yeux bleus grand ouverts, attendant une réponse de sa part. Déjà à quatre ans, elle avait un esprit vif et une soif de savoir indomptable. Elle fera sûrement des ravages à l'école, pensa la mère.
-Si tu te perds un jour et que tu ne te rappelles plus qui tu es, alors jamais tu retrouveras ta route. Mais si tu t'en rappelles, tu sauras toujours où aller.
-Mais tu seras toujours là pour moi maman !
Elle se pencha pour être à la hauteur de ses yeux magnifiques. Ceux de son père, pensa-t-elle. Oui, car, elle, elle les avait gris.
-Un jour, je ne serai plus là pour te tenir par la main ou encore te parler. Mais je serai toujours là en ton cœur, moi, Kate McKennon. Elle posa sa main où le cœur de sa fille battait. Tu dois t'en rappeler, car si tu oublies d'où viennent tes noms, alors tu seras perdue à jamais. Tu portes mon nom, ceux de deux divinités et enfin mon nom de famille. Tu es Alesia Kate Oceanos Chaos McKennon, tu es la fille de ton père et aussi ma petite fille, mon ange, ma bénédiction…
À ces mots, la femme serra sa fille dans ses bras et lui embrassa le dessus de la tête en versant une larme solitaire. Elle savait à ce moment très précis qu'un jour, sa petite tête blonde lui serait arrachée, le père le lui en avait parlé, et elle sombrerait. Elle ne voulait pas penser à ce moment qui n'arriverait que bien des années plus tard. Mais elle était toute sa vie…
-Eh, Alesia ! Réveille-toi !
J'ouvris les yeux et vis Percy me regarder d'un air attendrit. Il devait m'avoir regarder dormir.
-Qu'est-ce qu'il y a ? demandai-je en baillant.
-C'est l'heure du souper.
Ah. Je me levai en m'étirant, passai une main dans mes cheveux. Nous sortîmes et dirigeâmes vers ce qui semblait être le réfectoire. Tous les autres étaient déjà arrivés et assis et lorsque nous montâmes les marches, tous les regards se posèrent sur moi avec des murmures s'élevant des tables. Je me sentais petite devant le grand nombre de demi-dieux grecs et romains qui étaient là. Je redressai la tête, l'air fière, et suivis Percy jusqu'à, ce qui sembla, notre table. De ce que je savais, c'est Chiron qui prit la parole pour faire taire les remarques dérangeantes. Heureusement, car je détestais être le centre d'attention. Il se leva et dit
-Aujourd'hui, nous accueillons une nouvelle pensionnaire, Alesia Oceanos, dans le bungalow de Poséidon. Souhaitons-lui la bienvenue ! Une partie de Capture l'Étendard se déroulera demain après-midi.
Des murmures satisfaits s'élevèrent des tables. Les campeurs se ressemblaient tous, enfin par table voyons !
-Hum hum.
Je me tournai vers celui qui m'avait sorti de mes observations. Ah oui, c'est vrai ! Apprendre à se connaître.
-Je m'appelle, en vérité, Persée Jackson.
-Et moi, attention c'est très long, Alesia Kate Oceanos Chaos McKennon.
Il émit un sifflement admiratif.
-J'adore tout ce qui est bleus, donc la nourriture bleue que fait ma mère.
-Ouais, j'ai crus voir ça. Sûr le coup, j'ai trouvé que tu avais du goût. Par contre, je n'ai jamais essayé la nourriture bleue…
Il sourit de toutes ses dents.
-Ca peut s'arranger ! Pense à ce que tu veux manger, en bleu et ça va apparaître !
Je m'essayai avec mon verre en pensant à un Sprite, bleu, et il apparut !
-Cool !
Je pensai ensuite à mon plat préféré, encore en bleu. Des crêpes bleues, asperger de sirop d'érable, apparurent dans mon assiette. Je regardai Percy qui me regardait. Nous avions exactement choisi la même chose. Nous commençâmes à rire, juste pour nous. Ensuite, il m'expliqua le principe d'offrandes aux dieux et lorsque ce fut mon tour, je fis cramer une crêpe en pensant à Hermès, le seul dieu sympa que j'ai connu. Percy et moi parlâmes durant tout le long du repas. Nous découvrîmes que nous avions plusieurs points en commun. Il me présenta ensuite ses amis.
-Annabeth Chase, fille d'Athéna, ma petite amie.
Blonde, peau bronzée et yeux gris.
-Piper Mclean, fille d'Aphrodite.
Brune, yeux verts avec une peau légèrement plus foncée que la moyenne.
-Hazel Lévesque, fille d'Hadès.
Peau noire, brune avec des yeux dorés.
-Frank Zhang, fils d'Arès
Un asiatique, cheveux noirs et yeux bruns.
-Jason Grace, fils de Zeus.
Blonds, yeux bleus avec une petite cicatrice sur la lèvre supérieure.
-Et pour finir, Léo Valdez, fils d'Héphaïstos.
-Pour vous servir !
Brun aux yeux bruns. Je trouvai sûr le coup qu'il avait l'air d'un lutin. Nous discutâmes le reste de la soirée et pour moi, ce fut une des plus belles journées de ma vie. Lorsque nous rentrâmes nous coucher, j'eus le premier « Bonne nuit » depuis longtemps…
