Cet OS a écrit dans le cadre de la 85° Nuit du FoF, sur le thème « Enfer ». Il a été écrit en une heure, et juste parce que je suis un peu maso, je me suis appliquée à l'écrire sous un format drabble, en deux fois 200 mots.


Vivre sans elle

Elle était morte, et vivre sans elle était une douleur sourde. Un poids qui s'était installé sur ses épaules lorsque la corde s'était tendue, et qui n'avait fait que peser de plus en plus lourd avec ses pas qui s'éloignaient. De l'arbre. Du domaine. De la vie. Sans un regard en arrière. Parce que regarder en arrière, s'arrêter un seul instant, c'était prendre le risque de suffoquer.

Elle était morte, et il était condamné à vivre. L'enfer sur Terre, sa punition pour avoir tué sa femme. Et, peut-être, sa seule chance de salut éternel. Car échapper à l'enfer sur Terre, c'était se damner pour l'éternité. Et Athos voulait croire que son âme pouvait encore être sauvée. Sinon dans ce monde, du moins dans le suivant.

Elle était morte, et il errait pour les années qui restaient, tâchant parfois de respirer plus profondément, d'oublier la douleur dans l'alcool ou dans la violence. Une bonne bataille, ça vous fouettait le sang, ça obligeait à se concentrer complètement sur l'adversaire, et d'oublier les coups sourds de son cœur dans sa poitrine. Sans compter qu'à chaque bataille, à chaque combat, à chaque coup, il y avait l'espoir d'en finir enfin, et de quitter l'enfer.

oOoOoOoOo

Elle était en vie, et vivre sans elle était une douleur vive. Le rêve – cauchemar ? – qui l'avait vue renaître s'était transformé en une froide réalité, et le brouillard s'était épaissi autour d'Athos. Il avançait sans réfléchir, tentant de respirer, d'aspirer l'air et la vie malgré le poids qui pesait de plus en plus sur son âme.

Elle était en vie, et ce n'était qu'une autre version de l'enfer que de le savoir et de ne rien pouvoir y faire. Elle l'avait embrassé, et dans un instant immobile, le monde avait cessé de bouger, plus rien n'avait compté. Rien d'autre que ses lèvres, son souffle, son corps contre le sien. Sa main sur sa poitrine. Un instant immobile. Puis la douleur s'était saisie de lui comme jamais auparavant.

Elle était en vie, et elle était inaccessible. Disparue, évaporée, ou dans les bras d'un autre. Inaccessible à son amour comme à sa vengeance. Et dans son cœur comme dans sa tête, la guerre faisait rage. Une guerre dont rien ne le délivrait, ni le vin ni le combat, ni l'amitié de ses frères d'armes. L'enfer était en lui et il n'y avait pas de salut.

Sauf en elle. Avec elle. Eternellement.


Voilàààààà ! C'était concept. J'espère que ça vous a plu. Laissez-moi un petit commentaire ?