Cette fic a été écrite pour la 105° Nuit du fof, sur le thème « Faute », en une heure mais en décalé. Pour plus d'informations sur les Nuits d'écriture ou sur le Fof, n'hésitez pas à m'envoyer un MP.

Tout est de la faute d'Océ ! Et d'Ahe ! Ce sont elles qui ont réclamé !


Confiteor

Je confesse à Dieu tout puissant.

Après l'acte, l'acte horrible, colérique, démesuré sans doute… il avait marché sans but, erré, le cœur en lambeaux et la tête en feu. Ne sachant où il allait, il avait vu apparaître la chapelle comme un signe du ciel. Il était entré et s'était abimé devant la croix, le souffle enfiévré, et s'était frappé la poitrine à de nombreuses reprises.

Les mots avaient fini par se frayer un chemin dans son esprit perdu. Ils étaient arrivés sur ses lèvres et il les avait prononcés comme tant de fois auparavant, d'abord sans y penser. Je confesse à Dieu. Je remets ma faute entre ses mains, mes erreurs et mes colères, et il me pardonnera. Oh, pourrait-il lui pardonner ? Il pria plus fort encore, mettant dans chaque mot une supplication, une ardeur, une intention que jamais il n'avait ressenti. Ces mots de l'habitude prenaient soudain une signification majeure.

A chaque nouveau battement, il revoyait l'enchaînement terrible. La robe déchirée. La fleur de lys. Le masque qui tombe. Le grand chêne et la corde. La chaussure qui tombe. La robe déchirée. La fleur de lys. Les cheveux noirs défaits. Le grand chêne et les larmes. La chaussure…

Quand il sortit de la chapelle, le cœur était calme et l'esprit clair, la décision prise.

Je reconnais devant mes frères

que j'ai péché,

en pensée, en parole, par action et par omission.

Oui, j'ai vraiment péché.

Il était monté sur son cheval et avait pris la direction de Paris, sans un regard en arrière. Il avait changé de nom et il était entré aux mousquetaires. Il fallait expier, et s'il devait tuer à nouveau, ce serait pour son roi. Pour racheter sa faute.

Il avait noyé dans l'alcool et la violence les souvenirs qui trop souvent venaient le hanter, la fleur bleue accrochée aux boucles brunes, la robe blanche froissée, le regard clair… Et le grand chêne. Dans l'amitié de ses frères, il avait trouvé pour un temps comme un répit.

Il continuait d'entrer dans les églises et de brûler des cierges, récitant la vieille prière qui, seule, définissait désormais son rapport au Créateur.

Il avait même avoué, reconnu sa faute devant ses frères, demandant leurs prières, leur pardon et leur absolution. Si eux pouvaient l'accorder, sans doute Dieu le pourrait-il aussi ? Il avait aimé une femme, et elle l'avait trahi. Alors il l'avait punie, comme l'autorisait la loi et la Bible. Alors pourquoi continuait-il d'errer dans les rues et de voir son ombre dans chaque encoignure, dans chaque passage sombre, dans chaque mouvement de chevelure ?

C'est pourquoi je supplie la Vierge Marie,

les anges et tous les saints,

et vous aussi mes frères,

de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.

Elle était réapparue, vivante, et il n'avait pas pu être soulagé. Pas pu se réjouir d'apprendre que son âme était sauvée et qu'il n'était pas un meurtrier. Elle était là, elle était belle, elle était vivante et mortifère. Damnée.

Comme lui.

Peut-être sait-on qu'on a brisé une loi de Dieu quand on ne peut pas réparer.


Alors... Plusieurs remarques...

D'abord, je sais, à l'époque d'Athos, les prières étaient récités en latin et non en français. Mais on a qu'à dire que c'est plus compréhensible comme ça. Le titre est d'ailleurs le nom latin de cette prière.

Ensuite, outre mes remerciements à Océ et Ahe... J'en dois aussi à la série The Newsroom, qui outre ses nombreuses qualités intrinsèques, m'a également donné la phrase qui a lancé cette OS. Un cookie si vous la trouvez, parce que franchement c'est pas évident (d'autant que la traduction est de moi, à la sauvage).

Enfin ! J'espère que ça vous a plu et que vous laisserez un petit souvenir de votre passage, c'est toujours chouette. ;)

Et bonne année !