Je revint le soir-même aux alentours des 22h comme on me l'avait indiqué sur mon post-it, c'était plutôt tard pour un premier job mais cela m'arrangeait bien. Après mûre réflexion, j'en avais déduit que le gros robot blanc rapporterait un bon paquet.
Je rencontra alors mon collègue à la salle de sécurité comme prévu, il m'expliqua de manière sommaire le fonctionnement et il partit faire sa ronde sans prendre la peine de se présenter, heureusement que j'avais pas prévu de rester au vu des conditions de travail.
Je pris mon poste et jeta alors un oeil aux différentes caméras, je faisais plus du repérage pour savoir comment partir discrétement avec une machine de la taille d'un homme... Je n'avais cependant pas prévu qu'il serait toujours en marche:
" Dis... c'est normal que le robot soit toujours allumé? Demandais-je à l'autre avec le talkie-walkie.
- Ils le laisse tourner sinon la batterie ne pourra pas tenir ou un truc dans le genre, mais ça c'est le buissness des ingénieurs, me répondit-il malgré les parasites sur la ligne.
- Mais au niveau sécu, cela ne pose pas de problème?
- Non non, il se contente de distribuer des cookies, il ne dérange pas tant que ça.
- Est-ce que tu ne saurais pas comment on l'arrête par hasard?
- Je suis pas ingénieur... concentre-toi sur ton boulot et arrête de poser des questions tu veux?
- Euhm...reçu.
- Ah! Une dernière chose: un énorme orage est attendu ce soir, et qui orage dit black-out, alors quand ça pétera tu me rejoindra dehors pour la ronde.
Il me raccrocha au nez, me laissant de nouveau dans ce bureau vide et mes écrans, Alb, lui, se baladait tranquillement dans les allées vides de visiteurs, avec dans sa main son éternel plateau rempli de cookies.
Dans mon coin, je pensais au problème suivant: premièrement, comment éteindre ce truc, et deuxiément, comment le transporter et par où j'allais sortir: les grandes entrées ont les rideaux baissés et les portes de services ne sont pas du tout pratique, déjà que j'étais pas doué pour les casses-têtes...
"Souhaites-tu un cookie? "
Cette voix me fit sursauter de ma chaise, je me détendis en voyant Alb. Son visage d'un blanc imaculé et éclairés par ses deux grands yeux rouges n'aspiraient pas la confiance, une chose est sûre: il faisait moins peur le jour.
Il me tendit son plateau, en mettant bien en évidence le monticule de cookies.
- J'en ai pas vraiment envie là, peut-être plus tard, répondis-je en souriant.
- C'est dommage, reste quand même sage ou maman et papa risque de te gronder.
Et il repartit, je surveilla son départ et bien que je ne sache comment le mettre à l'arrêt, je serais au moins nourris en sucreries pendant la nuit.
Les heures passèrent sans grande joie, les tenues violettes qu'on nous avaient refilé étaient franchement moche, et en reniflant bien, elles ne sentait pas non plus la rose, pour couronner le tout, comme André avait pris mon portable, je pouvais seulement me divertir en comptant les carreaux sur les murs et en tournant sur ma chaise, bref je me faisais chier, et ce merveilleusement bien.
Nous voilà maintenant à minuit, j'avais l'impression d'avoir passer quatre heures à rien foutre, j'avais penser kidnapper Alb quand l'orage commencerait à éclater. Du coin de l'oeil je vis sur une des caméras mon butin, et c'est lors d'un éclair que je décida de passer à l'action, agissant vite pour ne pas avertir mon collégue du soir.
D'un pas assez assuré je me dirigea vers son pied d'estale autour duquel il se tenait, l'espace était vide, la lumière des éclairs l'illuminant de temps à autre. Comme prévu, il n'y avait que moi et Alb dans le bâtiment, mon collégue étant toujours dehors.
En me voyant arriver Alb déclara:
"Bonjour cher collégue."
Il me tendit son plateau comme à son habitude, me proposant un cookie.
- Non merci, pas envie.
Je tourna autour de lui pour l'inspecter, espérant trouver le bouton on/off, il était plutôt intrigué par mon comportement, je m'arrêta en tatant mes poches, l'idée que j'avais était stupide...
- Un problème?
- Euhmm...
Ma main toucha la lampe torche, assez lourde et aussi grande qu'une matraque, elle pourrait faire l'affaire...
- Monsieur?
- Bonne nuit!
Je lui fracassa la lampe sur la tête, une fissure se fit à l'endroit de l'impact et il se mit à lâcher à toute allure des tas de mots. Je m'y reprit à deux fois avant que ses yeux s'éteignirent lentement et se figea sur place. J'admira satisfait mon travail:
- Pas besoin de bouton, un bon coup de matraque suffit!
Je regarda autour de moi, je ne voyais pas mon collègue et pouvais que m'autocongratuler de mon succés avant de devoir passer à la prochaine étape de mon plan: Le transport de ce machin.
