Aussi incroyable que cela puisse paraître, Alb était aussi lourd qu'une voiture et de ce fait je ne pouvais que le traîner par terre résultat les raclements qu'il faisait étaient assourdissants! Et bien que je sois assez costaud, je suais comme un buffle pour chaque centimètre parcouru. Je commençais à regretter de l'avoir arrêté.

Je n'avais pas non plus pris le temps de le camoufler, en même temps qu'est-ce que je pourrais bien sortir si mon collégue me voyait? " Salut! Oui c'est le robot qui s'est désactivé tout seul d'un coup sur la tête et je vais le ranger pour que les réparateurs s'en occupent". Après réflexion... cette excuse pourrait presque passer si je mens bien.

En arrivant devant le couloir menant à la sortie de service, je pris le luxe de m'offrir une pause bien méritée, je lâcha Alb qui heurta lourdement le sol, j'étais essoufflé et pendant un instant, je crus que le robot allait redémarrer en voyant ses yeux de nouveau émettre une faible lueur... qui heureusement ne dura pas, certainement un faux contact.

Bouges plus...

Et crotte, manquait plus que lui. Sans réfléchir je me mit à détaler en sens inverse, je l'entendis me courser juste derrière mais assez rapidement il me rattrapa et me plaqua au sol avant de me passer les menottes:

- Quand je te dis d'arrêter de bouger, on ne bouge plus!

Il me releva et pendant qu'il m'emmenait il me sorti son sermon:

- Vol et détérioration, ça va te coûter cher.

- Aller mec on peut pas s'entendre?

- Et risquer mon poste... Nan je préfère mille fois te voir en taule

Il me posa dans la chaise et m'y attacha grâce aux menottes, il me mit le talkie-walkie à portée de main

- On réglera ça quand le chef reviendra demain matin, en attendant...

Il me désigna les écrans et m'ordonna:

- ...Mates les écrans... et appelles si y'a un souci. Tout ce qui t'arrives ce soir, tu pourras t'en prendre qu'à toi-même.

Il sortit de la salle en fermant la porte et se dirigea vers l'endroit où Alb était abandonné, sur les écrans je vis la scène suivante: Il prit Alb sous les aisselles et tenta de le déplacer, il s'y prit à plusieurs reprises avant de laisser tomber en lâchant une nouvelle injure et en donnant un coup de pied dans le tas de ferraille.

Les heures passèrent... vers les 3 heures du matin, la situation évolua et l'orage atteigna son point le plus fort: un éclair craqua à travers le ciel et plongea le quartier dans le noir le plus total, me privant de lampes, la seule source lumineuse venant de mes écrans. Le plus flippant suivit juste après, dans la pénombre, je vis dans les écrans les yeux d'Alb de nouveau s'éclairer, et se remettre debout avec difficulté.

Il rôdat pendant quelques instants dans la grande pièce, il était parcouru de spasmes et des étincelles lui sortait de l'arrière de la tête. Dans son parcours, il passa devant la salle où j'étais enfermé, il s'immobilisa et tourna lentement la tête vers moi, le son qu'il sortit en me voyant me glaça le sang...

Coo... Kills

Il se jeta tête la première sur la vitre qui tenu bon, cela le fit tibuber. J'en profita pour tendre le bras vers le talkie et le fit tomber sous la panique, l'éloignant de moi. J'entendis des crachotis m'appeler dans l'appareil, mais je ne pouvais pas y répondre: je m'étais recroquevillé dans le bureau, espérant passer inaperçu aux yeux de d'Alb qui commença à enfoncer la vitre.

Alors que les bris de verres tombaient au sol et que je priais pour un miracle, un grand bang se fit entendre suivit aussitôt d'un son strident venant d'Alb.

Je sortis doucement la tête, découvrant la scène suivante: Mon collègue avait tiré sur Alb, il le menaçait désormais de son arme et lui ordonnait de d'arrêter. Au contraire Alb se rappocha, indifférent de sa menace, un deuxième coup de feu retentit dégageant un autre morceau de la machine. Alb finit par le saisir et le plaqua contre le mur, il lui sermona de se calmer:

- Va te faire foutre tas d'ferraille! Répondit-il avant de vider son chargeur.

Alb lui écrasa la main tenant l'arme, avant de l'assener de coups, toujours en lui demandant de se calmer.

Je préféra me cacher de nouveau, rien que d'entendre ce qui se passait suffisait pour me tétaniser de peur. Au bout d'un moment, le silence se fit, je sortis de nouveau ma tête, et je vis, Alb, éclaboussé de sang et perforé de part en part tentant péniblement d'enfoncer la porte. Il finit par tomber sur la porte fragilisée, la cassant sous son poids.

Ses yeux ne produirent plus de lumière, je pouvais qu'être certain qu'il ne se relevérait pas cette fois-ci. Je tituba vers la sortie, abasourdi, et découvrant une scène d'horreur: mon collègue gisait, dos au mur, le visage tellement fracassé qu'il était méconnaissable. Je repartis rapidement dans le bureau rendre mon repas dans la poubelle, la scène était insoutenable.

Impuissant, je ne pouvais plus suivre un fil de pensée: cela faisait trop d'un coup, je passa plusieurs minutes à penser à se qui se passerait ensuite... les autres allaient arriver au petit matin, découvrir tout le bordel et m'accuser à la fois pour la destruction d'Alb mais aussi pour un meurtre que je n'avais pas commis, sans oublier la bande d'André qui me fera la peau si jamais je m'en sors.

C'est alors qu'une idée me traversa l'esprit, elle était horrible, mais c'est tout ce que j'avais comme option...