Thème de 1h : Amitié.

Ce thème tellement vague. Il s'est vraiment passé un truc bizarre dans ma tête pour que je pense à écrire ça. Je me demande encore d'où c'est sorti.

Papier peint

« C'est moche, quand même. »

Riku grogna. Il n'en avait rien à secouer, là, tout de suite, et ce peu importe ce dont parlait son meilleur ami. Meilleur ami qui n'avait rien à foutre là, en premier lieu. Lui-même devrait être en cours, d'ailleurs. Pourquoi n'y était-il pas, déjà ? Ses pensées se bloquèrent quand il formula cette question dans son crâne. Il ne devait pas y penser. Il ne savait plus exactement à quoi, mais il savait que ça faisait mal. Des relents de drogue lui embourbaient le cerveau, et c'était tant mieux. C'était fait exprès.

« Je te l'ai jamais dit parce que voilà, mais il est vraiment laid, ce papier peint. »

Mais qu'est-ce que Vanitas lui voulait, au juste ? Et puis « parce que voilà », quelle justification à chier. C'était étrange de la part de son ami, qui adorait s'écouter parler et justifier pendant des heures le geste le plus simple. Vraiment, il pouvait parler dix minutes de « Pourquoi je me suis lavé les dents ce matin » ou « Comment j'en suis arrivé à porter un T'shirt rouge ». Alors il devait vraiment y avoir quelque chose qui ne devait pas être dit.

Ne pas y penser.

Maintenant qu'il le regardait, c'est vrai que ce papier peint était moche. Pourquoi il l'avait encore ? Il lui semblait que la chose était collée au mur depuis longtemps déjà. Il se releva à demi, et sa tête tourna vaguement de l'intérieur.

« On n'a qu'à le retirer. »

Vanitas le regarda, l'air peu sûr. Il était définitivement étrange aujourd'hui. Mais Riku s'était soudain trouvé une détermination sans faille et sentait qu'il était de son devoir de décoller cette chose immonde des murs de la chambre. Attrapant un endroit où le papier était déchiré, il retira un large pan de l'immondice, dans un bruit délectable. Vanitas ne savait pas s'il devait le suivre ou bien l'empêcher de faire ça. Il voulait aider Riku, c'était tout ce qui comptait, mais le réconfort, il n'y comprenait pas grand-chose. Alors il s'était pointé avec un peu d'herbe arrangée et des films, des musiques à la pelle, des jeux vidéos et même des bouquins.

Mais il ne savait pas si, éthiquement, il avait le droit d'encourager son meilleur ami à faire ça. Soit ça lui ferait du bien, soit ça le détruirait, quand il se souviendrait. C'était comme accepter de quitter la maison, un peu, et à cette pensée Vanitas décida que l'encourager et le soutenir était ce qu'il y avait de mieux à faire. Au pire, ça n'était que du papier peint. Mais bon, c'était ce papier peint précisément. Oh et puis merde, réfléchir était une chose ennuyante à mourir. Mais pour Riku, Vanitas pouvait bien faire un effort.

Il arracha une bande de papier à son tour, et la lança sur son ami.

C'était un travail épuisant, à la longue. Cela faisait plus de trois heures qu'ils étaient dessus, à retirer le papier avec les mains, et ils n'avaient fait que deux murs sur quatre. Et encore, pas très proprement. Mais c'était bien mieux, et comme Riku continuait d'arracher du papier, Vanitas sortit sa peinture et commença à refaire un des murs propres. Oui, il avait amené ça aussi. Parce que peindre, c'est bon pour la santé.

La nuit était déjà bien avancée quand ils eurent fini. La chambre avait des allures post-apocalyptiques des plus étranges, avec la grande forêt sur un des murs. Ils n'avaient rien mangé de la journée – cela faisait une semaine que Riku n'avait presque plus faim, et comme Vanitas ne voulait pas lui rappeler maintenant qu'il avait un problème, il n'avait rien dit – et le père de Riku n'était pas monté les voir en sortant du travail. Cela, Vanitas avait du mal à le comprendre. Quel égoïste. Ou alors, il avait senti que son fils vivait un bon moment, et avait laissé pisser, par peur de gâcher l'ambiance avec sa gueule d'enterrement. Ce qui était plutôt plausible aussi.

Finalement, Riku se laissa tomber sur son lit. Il avait été bien, les mains occupées. Il lui semblait que cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas tant dépensé. Il regarda les murs vides, le mur peint.

Plus de papier peint.

Les effets de la drogue s'étaient estompés, et il se remémora l'image des murs moches, un bout du machin dans les mains. Ce motif de vieilles fleurs lui rappelait quelque chose de douloureux. Oui, il se souvenait, c'était lui-même qui l'avait posé. Avec sa mère. Mais pourquoi, déjà ? Pour la petite, bien sûr. Il se mordit la lèvre, et quand Vanitas fondit vers lui pour lui attraper l'épaule, il sut qu'il avait mis le doigt sur le problème.

Ce truc moche et ignoble, c'était le papier peint qu'il avait installé pour sa petite sœur. Il se sentit sangloter sans larmes. Il avait certainement trop pleuré, ces derniers temps. Il serra le bout de papier laid dans sa main. Il le mettrait dans le cercueil, demain, à l'enterrement de sa sœur.

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Titre alternatif : Dans la chambre de la morte.

Hm.

Je ne crois pas avoir fait un hors-thème, mais il faut dire que c'est tellement vague. Je voulais juste parler de l'amitié dans le fait d'être là, simplement, pour son ami. J'espère que ça s'est senti.

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