Bon … C'est la chose la plus étrange que j'ai écrit de ma vie, je crois … J'hésite un peu à le poster, mais c'est aussi le jeu des Nuits du FoF de tester de nouvelles choses et tout, et d'assumer après. En plus, j'ai lu ça à ma sœur et elle a bien aimé, donc bon.
Écrit pour la Nuit du FoF (si vous voulez des informations, envoyez-moi un PM, on s'amuse bien ces nuits-là et on serait ravis que vous nous rejoigniez !) sur le thème Gamme donné par Ahelya.
Bonne lecture !
Papier musique
C'est
une page blanche, mais
pas,
enfin, disons,
disons pas tout à fait.
Blanche, s'entend. Pas …
Pas tout à fait blanche, voilà.
Sur la page
(Blanche)
((Blanche pas tout à fait blanche))
y a des lignes.
Des portées, en fait, m'enfin bon, c'est des portées où y a pas de notes dessus donc de base c'est surtout juste des lignes, non ?
« Qu'est-ce que tu fais ?
—J'écris, ça se voit, non ? »
Écrire, ça c'est ce que je fais moi, sur mon clavier on est presque plus samedi matin que vendredi soir, c'est de taper des mots, ça peut aussi être de taper des notes, comme Vanitas le ferait s'il avait déjà ne serait-ce que pris un stylo en main mais sa main tient juste une clope, écrire c'est ce qu'on fait quand on invente ou qu'on recopie quelque chose – mais on peut passer sa vie à écrire, on n'est écrivain que si l'on invente. Écrire, c'est ce que je fais et que Vanitas ne fait pas, c'est pour ça que Riku regarde Vanitas et sa
feuille,
blanche et lignée, enfin,
je veux dire, recouverte de portées mais vierges
vierges plus comme l'huile d'olive que comme Marie,
enfin,
rien de saint, quoi, juste,
ces feuilles et
en particulier
celle-là,
qu'ont rien d'écrit dessus sauf les portées imprimées.
Ah,
STOP.
Y a quelque chose, là, c'est plus vierge, mais c'est pas
violé,
c'est consenti, autant que peut consentir une feuille,
et ça ressemble à des montagnes
mais en version
épurée ?
Purée, non, épure … Pure ?
Simple ?
En version symphonico-nulle,
en version dessinées par un gosse de maternelle.
Voilà, c'est ça des montagnes
simples
et
moches.
« Putain Riku tu fous quoi ? »
Je bois du café, je me demande un peu ce qui va se passer, j'ai à peu près mon idée de comment introduire le thème mais je m'inquiète de ce que les personnages vont en penser, parce que moi-même je sais pas trop ce que j'en pense.
Je sais pas non plus ce que j'en pense en tant que lectrice de voir un auteur qui parle de lui en train d'écrire au beau milieu de son texte genre, genre tout est tout à fait normal. La vérité c'est que ça fait du bien, et j'espère que j'écris pas trop de la merde parce que je suis crevée, j'ai besoin de café et j'en ai mais ça suffit pas. Je vais chercher une clope.
.
.
.
.
.
Ça y est, je fume.
« J'écris, ça se voit pas ? »
Riku lui il fume pas, il regarde sa connerie sur le papier musique de son conjoint.
« Désolé mon gars mais les gammes on t'a pas attendu pour les inventer. »
Voilà, l'invention, écrire dans le vrai sens, et puis j'ai placé le thème, et maintenant ? Maintenant je tire une taffe sur ma cigarette alors comme je sais pas quoi écrire j'écris que je fume et que Vanitas aussi, il fume, parce que c'est une action passe-partout et presque tous mes personnages fument.
Je devrais peut-être aller me coucher après cet OS.
Quitte à fumer, Vanitas devrait fumer le papier musique avec une montagne de maternelle dessus, le brûler, mais en fait, ça n'aurait aucun sens, alors j'écris – j'invente – pas qu'il le fait. Ça reste dans ma tête une image, mais c'est pas ce qui se passe.
Alors qu'est-ce qui se passe ?
Avant de répondre à cette question je vais finir ma cigarette et mettre une cale sous la table parce que ça commence doucement à me soûler.
C'est bon, j'ai mis trois Télérama sous un des quatre pieds de la table, j'ai failli renverser mon café mais non.
Donc le papier,
plus vierge,
marqué,
le papier, la partition maintenant, elle, elle fait rien, c'est clair.
Riku, lui, il parle.
« Mais tout part des gammes, il y a toutes les notes dedans. »
Pourquoi il dit ça ?
« Do, le do, il a bon dos … »
Riku commence à chantonner la mélodie du bonheur, cet OS est en train de devenir n'importe quoi, heureusement que Vanitas est là pour lui fiche une tape derrière le crâne, lui rappelant d'un regard que c'est pas son genre, qu'il est en train de devenir OOC et que ça craint pour sa carrière de tombeur de ses dames, Chuck Norris des Îles du Destin (dixit Ariani Lee), et ce même s'ils sont présentement dans un Univers Alternatif et que par conséquent, il n'y a pas d'Îles du Destin. Mais Chuck Norris existe.
« Je te dis que tout part de là, juste, arrête de te prendre la tête. Naminé fait toujours ça quand elle sait plus quoi peindre, elle balance des gammes chromatiques sur sa toile, puis elle avise. »
Naminé, c'est la sœur de Riku, sa grande sœur parce que je trouve que ça lui va bien de l'imaginer plus âgée, posée, un livre entre les mains et des tâches de peinture sur les doigts qui salissent justement et tâchent les pages de son livre et je suis sûre que Naminé, c'est le genre de fille qui regarde les tâches se former en se disant « Tiens, un bout de l'histoire d'aujourd'hui restera accroché ici. ».
« Ouais, m'enfin bon, la musique abstraite c'est pas mon trip. »
C'est vrai que si en peinture tu peux te permettre de fiche des couleurs de partout sur une toile
blanche,
pour le coup,
vraiment blanche,
très très blanche juste un peu moins avec le volume et les ombres sur la surface,
eh bah en musique tu peu pas juste balancer des notes
sur ton papier
musique
et espérer que ça passe.
« Parce qu'il y a de la musique figurative ? »
Là, Riku pose une colle à Vanitas qui fulmine en levant les yeux au ciel.
« T'es chiant, laisse-moi bosser. »
La fuite, c'est ce qui marche de mieux. Vanitas pianote sur son piano, parce qu'à la base c'est sur un piano qu'on pianote et pas sur un clavier d'ordinateur. Sans y penser, il pianote ses gammes, parce que d'une ça détend, c'est facile et quand même pas trop moche, de deux son copain le lui a foutues dans la tête, de trois c'est le thème alors voilà. Je devrais faire une Ctrl + Z de cette phrase mais tant pis.
Pour une question évidente de fanservice, Riku embrasse le crâne de Vanitas, se fichant éperdument de la sale gueule de l'auteur quand elle écrit ça, les cernes et tout. Heureusement que les personnages savent pas qu'ils sont des personnages. Moi ça me ferait chier. J'avoue, parfois je me dis que y a genre des dieux, et qu'ils font perpétuellement des concours d'écritures sur nos vies, et je me dis que le gars qui m'a écrit avait pas trop d'inspi'. Riku penserait ça aussi, s'il envisageait à l'instant la possibilité d'être écrit par quelqu'un, parce qu'il trouve lui-même un peu bizarre cette envie soudaine d'embrasser le crâne de Vanitas.
Mais finalement Vanitas passe à la portée suivante
sur la papier musique, et du coup, il
il,
bah, de manière assez
, dirons-nous,
évidente,
il écrit dessus, vite-fait,
autre chose que des gammes.
Pour le coup il écrit pour de bon, il noircit un peu le papier pour plusieurs raisons, la principale étant qu'il a de l'inspiration grâce à Riku même s'il ne le lui dira jamais, la subalterne étant qu'il est trois heures du matin et qu'il faut que je conclue.
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Voilà. Bon.
Comme je ne suis toujours pas sûre de ce que j'en ai pensé moi-même, laissez un petit commentaire derrière vous pour me dire ce que vous en avez pensé, vous !
À plus !
