Voilà le nouveau chapitre, alors nous voilà dans la tête de Makarov. J'espère qu'il va vous plaire ! Bonne lecture !
Gray était un peu plus pâle que d'habitude et nous suivait silencieusement. Je n'aurais peut-être pas du révéler sa véritable nature comme ça, devant tout le monde. Mais je l'avais promis à Lola. Malgré que j'aie insisté pour que Gildarts reste lui aussi à la guilde, il était là. Il ne voulait pas me laisser seul chez Lola. Il essayait de trouver des réponses mais il ne les trouverait sûrement pas aussi facilement qu'il le pensait. Je connaissais assez Lola pour savoir que tout était indices et énigmes chez elle. Je soupirai en arrivant devant la maison de Lola. Je me rappelais parfaitement quand elle avait construit cette maison. C'était juste un « abri de fortune », disait-elle. Je souriais toujours quand elle me disait ça, en voyant ce que ce petit abri était devenu. J'ouvris la porte et entrai, suivit des autres membres de la guilde. Quand la porte fut refermée après que Gray soit entré, je pris la parole.
- Fouillez la maison. On cherche un indice sur Saito et sa cachette.
Ils ont tous hoché la tête et se sont mis à fouiller la pièce. Je m'assis sur le bar en réfléchissant. Lola était intelligente. Elle leur avait sûrement laissé un indice de taille. Elle laissait toujours des indices… c'était sa signature. Mais après trois longues heures de recherches, les gamins sont revenus bredouilles. Gildarts semblait de plus en plus énervé et continuait de fouiller, même s'il savait parfaitement qu'il ne trouverait rien. Gray soupira et s'appuya contre le mur. Lucy se laissa tomber dans un fauteuil, désemparée. Gajeel, lui, jouait avec un trousseau de clés de différentes couleurs qui attira plusieurs fois mon attention.
- Où as-tu eu ça, Gajeel ?
Il leva les yeux vers moi et expliqua en attrapant le trousseau.
- C'était une gourmette au début. Mais dès qu'elle est partie, il s'est transformé, et depuis beh… je joue avec.
Je pris le trousseau et le regarda de plus près. Il y avait trois grosses clés d'apparence banale. Une en or, une en argent, et une en fer un peu rouillé. Je restais tout d'abord surpris devant ces clés. Pourquoi les avait-elle laissées ici ? Elles étaient très importantes, il ne fallait pas qu'elles tombent dans les mains de n'importe qui. Je saisis la clé en or et murmurai.
- Monde numéro 1.
Une fine clé en or avec le chiffre romain I gravé sur la monture apparut en plus des autres. Je la pris et une sorte de vidéo-projection surgit de nulle part. Elle montrait une grande rue avec des bâtiments immenses remplis de vitres. Une voix ancienne et assez mécanique surgit alors de nul part.
« Monde 1 d'or. Population : 7.2 milliard. Nom : Terre. Porte numéro 2 : ville de Tokyo. Ouverture prévue dans 10 secon... »
Je lâchai la clé et elle disparut en même temps que l'image. C'est bien ce que je pensais, toutes ces clés sont celles des mondes qu'elle protège. Il y avait différentes façons de passer d'un monde à l'autre. Soit il y avait les « erreurs météorologiques », comme nous l'avions connu, soit il y avait les portes. Chaque monde en comportait trois. Elles étaient utilisées par les personnes ne sachant pas voyager à travers les mondes. Lola n'en avait pas besoin normalement, mais avoir ces clés signifiait que la population lui faisait confiance. Si je me rappelais bien de ce qu'elle m'avait dit, elle avait 666 mondes sous sa protection et 111 desquelles elle avait une ou deux des clés. Tout le monde regardait les clés et Gildarts cessa enfin de fouiller. Je les regardais tous et demanda :
- Lola vous a confié d'autres choses ?
Gray me regarda et sortit un bout de parchemin de sa poche. Gildarts se leva d'un bond et le saisit. Il le déplia et je fus déçu de voir qu'il était vide. Mais lui semblait ne pas être choqué, il saisit un stylo près de moi et écrit quelque chose sur le papier. Quand il posa le stylo, le parchemin s'agrandit, formant une sorte d'écran géant, et Lola apparut sur l'image. Derrière elle, il y avait son salon. Elle regarda autour d'elle, puis son regard se posa une nouvelle fois vers nous dans le vide.
« Bon, eh bien… Ceci est un message vidéo. Si vous le regardez c'est que... que Saito a réussi à me ramener dans son camp. Ne venez pas me chercher ! Ça ne servirait à rien, et il vous tuerait tous. J'ai laissé mes clés ici pour que Natsu, Gajeel et Wendy puissent aller dans le monde des dragons quand ils auront fini leur entraînement avec Blane. Vous pouvez lui faire confiance, bien qu'il soit lié à moi, il n'a rien promis à Saito et il garde donc son libre arbitre. Le collier que je t'ai donné Wendy… il suffit de le casser pour pouvoir disparaître pendant un court instant. Il se reconstruira quinze fois. Ensuite, Gray... je suis désolée de ne pas t'avoir dit que tu étais un Chronos. Makarov avait promis de te le dire si je disparaissais. Les clés, elles sont pour toi. Tu devras accompagner les autres dans le monde des dragons. Blane et Makarov t'aideront à les utiliser et à finaliser ton entraînement. Les grands Chronos viendront sûrement à toi pour avoir mes clés. Dis-leur non, que je te les ai léguées. En aucun cas elles ne doivent atterrir dans leurs mains. Gildarts... je suis à peine arrivée, nous venions à peine de nous retrouver que je disparais déjà… Tu mérite bien mieux que moi. Tu mérites quelqu'un comme Cornelia. Moi, je te ferai toujours souffrir parce que je devrais toujours te quitter et te laisser derrière moi. De toute façon, je ne reviendrai pas. Saito ne le permettrais pas. Finalement, j'aimerais vous dire que Saito et Saï... ne sont pas la même personne, et Makarov, si tu penses que c'est nécessaire, raconte leur tout, n'essaie pas de sauver mon honneur, je n'en ai plus depuis longtemps. Une dernière chose. Je vous remercie de m'avoir fait confiance et de m'avoir acceptée. J'aurais aimé rester plus longtemps parmi vous. Adieu. »
L'image disparut et le parchemin reprit sa forme initiale. Gildarts le replia, silencieux, alors que je regardais les clés que j'avais toujours en mains. Après un moment de silence, je levais la tête et descendit du bar.
- Bien. Nous allons retourner à la guilde. Ça ne sert à rien de...
- Tu acceptes ça, Makarov ? Tu acceptes qu'elle parte...
- Gildarts, ça suffit ! Tu as écouté, non ? Si on part à sa recherche, Saito n'hésitera pas à nous tuer et même à faire du mal à Lola. On ne doit pas agir sans avoir quelque chose de solide. Nous n'avons rien de concret à part sa disparition. Nous n'avons personne d'assez puissant pour tenir tête même quelques secondes à Saito sauf Gray, mais si il se cache dans un non-lieu, il sera inutile. Tu veux mourir, Gildarts ? Tu veux faire tomber la guilde car tu t'es précipité sans réfléchir ?
- Non, mais… commença-t-il. Il baissa la tête, résigné. Je comprenais ce qu'il ressentait. Moi aussi je voulais aller récupérer Lola le plus vite possible. Mais je ne savais plus ou étaient les limites de Saito et j'avais très peur qu'il n'en ait plus. Je me rappelais pourtant d'un petit garçon souriant, un peu faible et pleurnichard, souvent affamé et toujours à réprimander sa grande sœur pour les bêtises qu'elle pouvait faire. Ce jeune garçon avait sûrement disparu depuis longtemps. Mais Lola ne voulait pas y croire. Elle voulait croire... elle voulait croire que son petit frère était toujours là. Moi aussi, j'aimerais y croire, mais temps d'années s'étaient écoulées, et avec toute cette rage et cette soif de sang, je ne voyais pas comment Saï aurait pu survivre. J'étais tellement concentré dans mes pensées que je n'avais pas remarqué que l'on était déjà arrivé devant la guilde. Erza s'approcha de moi, la tête basse.
- Maître... il n'y avait rien dans la clairière. C'est comme si il n'y avait jamais eu de combat.
Je hochais la tête. Je n'avais pas vraiment espéré de découverte. Saito était bien trop consciencieux pour ça.
- Bien. Natsu est réveillé ?
- Il émergeait quand je suis venue faire mon rapport, Maître, répondit-elle. Je hochais une nouvelle fois la tête et montais dans mon bureau. Je me surpris à m'arrêter après avoir fermé la porte pour contempler la cheminé qui s'y trouvait. Je me suis rappelé la première fois que Lola et Saito étaient venus ici. J'avais été si surpris et en même temps si content. Pourtant Lola avait été blessée, ce jour-là... ? Je m'assis à mon bureau et me mis à trier quelques dossiers. Soudain, j'entendis un rire d'enfant. Je relevais la tête, mais il n'y avait rien. Je vis alors la porte s'ouvrir et des sortes de formes spectrales entrer. Elles ressemblaient comme deux gouttes d'eau à Saito et Lola quand ils étaient arrivés, la première fois. Je secouais la tête et chassais l'image. J'avais trop bu. Je continuais de lire, quand j'entendis encore cette voix d'enfant.
- Mais ne t'inquiète pas, Saï. C'est juste une petite brûlure...
Lola ! Je me levai brusquement, regardant autour de moi, mais il n'y avait rien sauf les deux formes. La forme de Lola était debout et serrait Saï dans ses bras en le rassurant. Son bras droit était bien amoché, mais elle souriait, effaçant les larmes invisibles de la forme de Saï. Je me rappelais très bien de ce jour-là. Saï avait eut peur et avait trébuché sur quelque chose. Il avait faillit tomber dans le feu mais Lola avait réussi à le repousser mais s'était bien brûlé le bras. Je m'étais attendu à ce qu'elle fonde en larmes, mais dès qu'elle avait vu le visage si apeuré de son frère, elle l'avait serré contre elle et avait murmuré des paroles rassurantes pour qu'il cesse de pleurer. Je regardais les formes spectrales et sursautai en entendant la porte de mon bureau claquer. Je levais la tête et vis Gildarts qui me fixait.
- Quelque chose ne va pas ?
Il me regarda et s'assit sur un siège, doucement.
- Pour tout à l'heure. Je voulais m'excuser, j'étais énervé. Elle le savait... elle savait qu'elle allait se faire embarquer par ce gars, et elle ne m'a rien dit...
- Gildarts, elle ne le savait pas. Elle le prévoyait. Il y a une grosse différence.
Il me regarda sombrement et fixa la table, comme perdu.
- Mais pourquoi ? Pourquoi elle a fait tout ça ? Je n'y comprends plus rien. Elle laisse des milliers d'indices, mais aucun d'entre eux ne peuvent s'assembler à part les clés et le morceau de parchemin... quoique, c'est tellement léger. Et le collier, il servira à quoi ? À rien...
- Gildarts, calme-toi, ça ne sert à rien de s'énerver, tu le sais. Ça ne créera que des ennuis. C'est Lola, elle a toujours une idée derrière la tête, et on la saura bien assez tôt. Il faut juste que l'on attende et qu'elle se ressoude à nous révéler ce que c'est.
Il me regarda et allait répliquer quelque chose, quand Natsu entra. Il était encore pale et zigzaguait un peu, mais il arriva rapidement à mon bureau. Ses yeux étaient affolés, ou plutôt terrifiés, et il cria.
- Lola ! Il faut récupérer Lola ! Elle va faire une énorme bêtise, le vieux !
Voilà la fin de ce chapitre. J'espère qu'il vous aura plu. Merci à tous mes lecteurs, je vous adore ^^
