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Harry Potter et l'histoire inachevée

Chapitre 2 : La trahison.

Mémoires de HJ. Potter.

Trente-et-un juillet 1993. Minuit arriva finalement. J'avais avidement commencé ma lecture et dévoré la quasi-totalité du livre de magie noire, passionné, lorsque soudain…

« - AU NOM DU MINISTERE DE LA MAGIE ! SORTEZ DE CETTE MAISON ! VOUS ÊTES TOUS EN ETAT D'ARRESTATION ! »

« - HEIN ! »

Je me précipitai soudain à la fenêtre de ma chambre, interloqué, et vit l'incroyable. Des aurors avaient cerné le quartier et encerclaient maintenant Privet Drive. Il y en avait au bas mot une centaine, un nombre record à l'échelle du monde sorcier.

« - AU NOM DU MINISTERE DE LA MAGIE ! SORTEZ DE CETTE MAISON SANS OPPOSER DE RESISTANCE, OU NOUS ENTRERONS DE FORCE ! VOUS AVEZ UNE MINUTE ! »

Les aurors suivaient visiblement un plan établi très en détail. Avant même qu'ils n'arrivent en force, des équipes de langues de plomb avaient dressé maints enchantements pour sécuriser les lieux. Anticheminette, anti-transplanage, anti-portoloins, repousse-balai, etc… je vis même des détraqueurs tournoyer dans les airs.

Je n'eu pas le temps d'en voir plus que mes réflexes m'écartèrent de ma fenêtre, immédiatement brisée de toutes parts par un sortilège de stupéfixion. Les sauvages !

La minute de sommation fut à peine écoulée que les troupes sorcières se ruèrent à l'assaut, provoquant les hurlements horrifiés des Dursley. Voir tant et tant d'anormaux se précipiter sur eux, cela devait terrifier leurs esprits obtus. J'en vins presque à avoir pitié d'eux. Et j'eu…

« - Avada kedavra ! »

La mortelle incantation se répéta à trois reprises. Trois sorciers. Vernon fut une grande joie. Pétunia me provoqua un pincement au cœur. Dudley m'horrifia. Il avait mon âge !

Figé contre la rambarde des escaliers de la maison, je ne fis pas un geste lorsqu'une vingtaine d'aurors me cerna. Pas un geste lorsqu'ils me sommèrent de poser ma baguette au sol. Pas un geste lorsqu'ils me frappèrent et me précipitèrent par-dessus la balustrade. Et plus un geste lorsque tout devint noir.

De toute façon, qu'aurais-je pu faire ? J'en étais certain maintenant. Ma vie était maudite…

J'ignore combien de temps je suis resté évanoui. Une heure, une journée ? Etait-on maintenant le jour, la nuit ? En un sens, ce n'était pas très important. Mais j'aurais aimé avoir de quoi me repérer, perdu que j'étais dans l'immensité de l'exiguïté de ma cellule. Ce n'était rien de plus qu'une cave mal éclairée d'une torche magique, sans aucun autre mobilier qu'un trou dans le sol pour les besoins… luxe inaccessible à cause des chaînes qui m'entravaient et m'empêchaient de bouger sans m'ouvrir la peau.

Il devait sans doute y avoir une remarquable quantité de sortilèges d'alarme, car j'eu à peine le temps d'inspecter mon environnement que j'entendis un cliquetis derrière-moi. En un instant, le mur qui me retenait bascula en arrière en m'emportant, me précipitant tête en bas dans une autre pièce.

« - HARRY ! » Cria une voix facilement reconnaissable.

« - Le voilà petite. Vous avez cinq minutes, pas une seconde de plus. »

Désorienté par le changement de sens de la gravité, je vis de mes yeux tournoyants un auror quitter la salle… et Hermione. Visiblement oscillante entre la folie de l'inquiétude et l'écœurement de mes conditions de captivité.

« - Hermione ? » Murmurais-je avec hésitation, luttant contre ma soudaine nausée. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »

« - Les Weasley sont venus me chercher chez mes parents en me disant qu'ils m'emmenaient assister à ton procès. «

Elle s'agenouilla près de moi et tenta de me détacher, sans succès.

« - Mon procès ? »

« - Tu n'es pas au courant ? Ça a sacrément bougé le dernier mois. Tout le monde crie partout que tu es la réincarnation de Voldemort. Dumbledore a essayé de te protéger, disant que tu étais innocent, mais il a finalement cédé face aux preuves… »

« - Les preuves ? Quelles preuves ? »

« - En fouillant dans les souvenirs du corps de Ginny, les aurors ont trouvé les preuves que tu avais ouvert la chambre et ordonné chacun des meurtres commis ! Et ils ont même affirmé que le véritaserum et le légilimancie ont été sans succès contre toi car tu t'étais fait oublier les souvenirs en rapport avec tes actions. Oh Harry, dis-moi que tout ça n'est pas vrai ! Dis-moi que c'est juste une vaste erreur ! »

Je ne répondis pas de suite, réfléchissant ébahi à ces nouvelles.

En un sens, je n'étais pas si étonné que cela. Tout le monde me haïssait. Mon innocence avait beau être prouvée, je m'étais fait un paquet d'ennemis, y compris en haut lieu. Il n'y avait rien d'étrange à ce que quelqu'un veuille se débarrasser de moi. La réponse vint d'elle-même.

« - Hermione, » dis-je… « ce n'est pas une erreur… »

Un sanglot m'interrompit. Relevant les yeux, je vis mon amie me regarder avec horreur une seconde, puis se détourner et s'en aller en courant.

« - …c'est une manipulation », finis-je en un souffle.

Et je tombe dedans comme si je m'y précipitais.

Renvoyé à l'endroit dans ma cellule par la grâce de mon mur, nauséeux de changer si brusquement de sens, j'eu à peine le temps de reprendre mes esprits que je reçus une nouvelle visite. Et je n'eu pas moyen de savoir qui étaient mes visiteurs qu'un coup de pied en plein visage m'arracha à la conscience.

Je fus ranimé à coup d'enervatum sans attendre, hésitant a à nouveau me déconnecter du monde par la seule grâce de la fulgurante douleur qui m'envahit le nez. Cassé, à n'en pas douter. Et ce n'était pas le seul, au vu du rouge qui me coulait devant les yeux.

Il me fallu quelques minutes à subir la douleur, minutes durant lesquelles j'entendis maints rires gras, pour finalement pouvoir m'affranchir de mes pleurs et regarder mes visiteurs. Et le moins que je puisse dire… c'est que je n'étais pas surpris de voir les Weasley au grand complet.

« - Tiens donc, regardez qui nous fait l'honneur de se réveiller ! » Railla Ron. « Alors Potter, on a fini sa petite sieste ? »

Lui et les jumeaux éclatèrent soudain de rire. Et visiblement, leurs grand-frères Charlie et Bill, de même que leurs parents, ne se retenaient que par la grâce d'une meilleure maîtrise d'eux-mêmes.

Je n'eus pas le temps de penser plus avant que je me reçu un nouveau coup de pied, dans l'oreille cette fois-ci. Le coup fut si fort qu'il me fit totalement perdre mon équilibre, et que je vomis immédiatement mon petit-déjeuner sur les chaussures de celui qui m'avait frappé.

Me forçant à me reprendre au bout de longues minutes de douleur, la gorge brulée par mon acide, je leur demanda : « Qu'est-ce que vous me voulez ? Vous n'êtes pas venu ici pour me demander mon avis sur l'injustice qui m'arrive, n'est-ce-pas ? »

Je n'aurais jamais dû dire ça. Ces mots agirent soudain comme le déclic qui réveilla l'ensemble de la famille, et tous se ruèrent sur moi à tour de rôle dans l'espoir de pouvoir me tabasser. « ENFOIRE ! », « TRAITRE ! », « QUAND JE PENSE QUE TU AS DORMI DANS MA MAISON ! », « ET TIENS, C'EST POUR MA VOITURE ! » et encore mille-et-une autres joyeusetés qui me brisèrent le cœur. Quand je pense qu'i peine quelques mois, ils en étaient presque à me considérer comme étant de leur famille !

Il fallu qu'un auror vienne leur rappeler la limite de temps de leur visite pour qu'enfin ils me laissent en paix, misérable morceau de viande sanguinolente accroché à son croc de boucher. Voyant que je n'étais pas en état de recevoir d'autres visites pour l'instant, le geôlier en charge des cellules du ministère fit à nouveau tourner mon mur, m'arrachant encore un vomissement et me laissant seul dans le noir de ma cellule, misérable que j'étais…

J'ignore combien de temps je restai solitaire avant d'être rappelé. Toujours est-il qu'au bout d'un moment me semblant aussi court que mon inconscience et aussi long que ma douleur, mon très cher mur bascula de nouveau en arrière. Je me retins tant bien que mal de ne pas me vider de nouveau les entrailles, mais ce fut bien difficile.

« - Qui êtes-vous ? » Demandais-je finalement en fronçant les sourcils, l'esprit et la vue troublés par mon mal-être. L'homme que j'avais en face de moi ne m'était pas inconnu, mais son visage ne me disait étonnement pas grand-chose… peut-être y avait-il ajouté un peu trop de cicatrices dernièrement ?

« - Je m'appelle Alastor Maugrey, gamin, » grogna-t-il. « J'étais dans le bureau du vieux Dumbledore quand tu as prouvé ta culpabilité… »

Il était inutile d'en ajouter plus, n'est-ce pas ? Un si fidèle chienchien du citronné n'était certainement pas là pour me faire des bisous… « Et qu'est-ce que vous me voulez, enfoiré que vous êtes ? »

A peine avais-je fini ma phrase que je reçu son pied en plein visage.

« - Je viens te montrer mon affection et ma sympathie, gamin, » sourit-il sombrement en sortant sa baguette.

A titre de comparaison, j'en vins à préférer la visite des Weasley à celle du vieil Auror, malgré tout le mal moral qu'ils m'ont fait. Eux, au moins, hésitaient à frapper trop fort… sans doute de peur de me voir faire jaillir des serpents de mes manches ? Mais Alastor Maugrey avait l'habitude des criminels dangereux, et savait comment les traiter. Et comment les garder éveillés… il ne s'en alla qu'au bout de dix longues minutes, laissant une de mes jambes pendre mollement le long de mon mur, et riant de mon nez me vidant de mon sang.

« - Bonjour Harry, » dit gaiement Dumbledore en invoquant une chaise, faisant exprès de ne pas remarquer mon état. « Comment vas-tu aujourd'hui ? »

« - Et comment pourrais-je bien aller, vieux fou ? » Grognais-je. « Je vous ai déjà dit d'arrêter de me traiter comme un imbécile ! »

« - Très bien. »

Il fit soudain disparaître son sourire de papy-gâteau, prenant un air sérieux qui me fit frissonner.

« - Tu te doutes de pourquoi je suis ici, Harry ? » me demanda-t-il.

Bien entendu, je n'étais pas bête. Mais je ne répondis rien, l'invitant à continuer. « Aujourd'hui, tu vas être jugé par l'ensemble de la population sorcière. Jugé et condamné à la prison à vie à Azkaban. Tu connais Azkaban je suppose ? »

« - La pire prison du monde, oui… »

« - Tu es innocent, Harry. Tu n'as pas à aller là-bas. »

« - Evidemment que je suis innocent ! Mais puisque vous le savez, pourquoi vous ne faites rien pour arrêter ce procès débile ? Vous en avez le pouvoir ! Vous… »

Il m'arrêta d'un signe de main, et je compris. « C'est vous, c'est cela ? C'est vous qui avez monté ce procès de toutes pièces, n'est-ce-pas ? Pourquoi ? »

« - Tu en as trop vu et entendu quand tu as fait irruption dans mon bureau, il y a quelques semaines. C'est pourquoi je te propose un marché… »

« - J'écoute, » répondis-je peut-être un peu trop rapidement, avide de trouver une solution pour échapper à ce que tous appelaient l'enfer sur terre.

« - Afin de pouvoir vaincre Voldemort, j'ai besoin d'une arme obéissante. Mais après ton espionnage de cet été, tu ne risques pas de le devenir… » un large regard noir fut ma seule réponse. « Je m'en doutais. C'est pourquoi je te propose ceci : alors que tu seras présenté au procès, je ferais irruption dans la salle et brandirait ce que nous pourrions appeler « l'ultime preuve » de ton innocence, c'est-à-dire tout ce qu'il faut pour que même les plus idiots membres du ministère ne puissent contredire les faits de ton innocence. Qu'en penses-tu ? »

« - Et les contreparties à cette… bonté d'âme ? Quelles sont-elles ? »

« - Tu vas tout d'abord commencer par me prêter un serment magique d'obéissance totale ici et maintenant. Puis je ferais ma part de travail au procès et je ferais en sorte d'obtenir ta garde définitivement. Une fois toutes ces affaires finies, d'ici vingt-quatre à quarante-huit heures à cause de la bureaucratie, nous serons de retour à Poudlard. Et là-bas, nous ferons en sorte que tu aies envie de devenir l'élu de la prophétie. Et… »

« - Taisez-vous ! » sommais-je dans un murmure. Mon ordre retentit puissamment dans le silence de la cellule. « Croyez-vous donc encore que je sois un imbécile ? J'ai bien plus de connaissances que vous ne le pensez ! Avoir envie de devenir l'élu de votre saleté de prophétie, dites-vous ? Dites plutôt accepter mille-et-un serments magiques, subir autant de sorts de mémoire, vois toute ma vie réécrite rien que pour devenir votre agréable petit chien ! ET VOUS CROYEZ VRAIMENT QUE JE VAIS ACCEPTER ?! DISPARAISSEZ ! »

Il n'ajouta pas un mot, me regardant avec son insupportable air supérieur. « Qu'il en soit ainsi, » murmura-t-il finalement avant de me laisser en plan au milieu de mon mur. En franchissant le pas de la porte, il murmura « dans quelques mois, tu pleureras dans mes bras, Harry. »

Après avoir été confronté au vieux citronné, je reçus à nouveau la visite de l'auror Maugrey. Il semblait encore plus m'apprécier que précédemment, pour peu que ce fut possible. Et il me le montra bien vite… ne s'en allant que lorsque j'entendis une voix « prendre la relève ».

« - Qui êtes-vous ? » Grognais-je dans ma douleur, ne parvenant qu'à distinguer une femme qui s'affairait autour de moi.

Je ne reçu pas de réponse, et sentit soudainement que l'on me touchait. Qu'ils me torturent s'ils le souhaitaient, mais qu'ils le fassent vite… de toute façon, je n'avais plus capacité à ressentir la douleur.

Au fur et à mesure que mes sens me revenaient, je pu distinguer une tenue blanche, et compris que j'avais affaire à une infirmière. A n'en pas douter, elle était là pour effacer les justes traces de gentillesse des Weasley et de Maugrey. Et il fallait bien avouer qu'elle savait s'y prendre : en un instant, je fus nettoyé, désinfecté dans ce qui me parût un bain d'acide et qui m'arracha un hurlement de douleur tant les brûlures qui m'assaillirent furent fortes, puis enfin maquillé de toutes parts. Visiblement, on lui avait ordonné de faire en sorte que je paraisse « en pleine forme ». Quoi de mieux que présenter un accusé en grande santé face à des victimes éplorées ?

Département des mystères. Salle du tribunal principal.

« - Aujourd'hui, premier août 1993, le monde de la magie juge monsieur Harry James Potter, accusé d'être le préméditateur et l'acteur principal de l'Holomagus (I) ! Greffier, veuillez présenter les chefs d'accusation ! »

C'était une vieille femme visiblement encore bien en forme qui venait de prononcer ces mots, sommant par la-même le public au silence. Amélia Bones. Pour autant que je sache, elle était réputée pour être d'une parfaite impartialité. Cela pouvait me redonner un peu d'espoir, en un sens. Mais… arriverait-elle à surmonter sa haine à l'encontre de « l'héritier de Serpentard » ? Sa nièce Susan avait été la victime de l'un des plus sauvages massacres répertoriés… je sortis de mes pensées lorsqu'un homme se dressa à la barre. De par ses gestes grandiloquents, il avait de quoi faire penser à Lockart. Toute la confiance que j'avais put ressentir fondit en un instant.

« - Merci, votre honneur ! Mesdames et messieurs les jurés, monsieur le ministre, monsieur le chef du Magenmagot, mesdames et messieurs du public… monsieur Harry James Potter est accusé des meurtres de mille huit-cent trente-quatre personnes, et de plus de deux-mille cinq-cent moldus. »

Aucun mouvement d'humeur dans la foule. Le racisme latant de ces propos ne choquait plus personne. C'est vrai, qu'étaient donc quelques milliers de moldus par rapport à autant de sorciers ?

« - Outre le fait de ces assassinats, leur mise en œuvre fait l'objet des accusations suivantes : suffocations, décapitations, tortures, traîtrises, mensonges, massacres à grande échelle, viols, meurtres de sorciers et sorcières mineurs, meurtres sur personnes âgées, meurtres de nourrissons… chacun de ces chefs étant effectué avec actes de préméditation. »

« - Merci, greffier. Les chefs d'accusation ayant été donnés, et les preuves jointes étant connues par toutes et tous, nous allons maintenant entendre les plaidoyers des différentes parties ! L'accusé n'étant pas défendu par un avocat, la parole lui revient pour qu'il puisse assurer sa défense, conformément à l'article vingt-huit sur les procès d'intérêt ! Accusé, levez-vous ! »

A ma place, je retrouvai soudain un semblant d'énergie. Ils me donnaient la parole ? Parfait ! J'allais me faire un plaisir de démonter leurs accusations ! Et c'est en gagnant la barre que je pensais : « connerie, tiens-toi bien : me voilà ! »

A SUIVRE...

Rythme de publication : un chapitre toutes les deux semaines, le vendredi, sauf en août et en décembre (pas de chapitre). La publication passera à un chapitre par semaine quand la rédaction sera terminée.

I. Holomagus : mot formé de « holo » (tout, entier) et de « magus » (mage, magie) : désigne littéralement un massacre de sorciers par référence aux mots Holocauste et Holodomor. La population sorcière britannique peut être évaluée à cinq-mille personnes au plus, alors un tel massacre est un traumatisme sans nom… c'est comme si l'Europe perdait deux-cent millions d'habitants en quelques mois.