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Harry Potter et l'histoire inachevée
Chapitre 3 : Condamnation.
« - Monsieur Harry James Potter, » dit la juge Bones, « vous allez maintenant être interrogé par monsieur le président du jury afin de répondre aux questionnements encore obscurs concernant l'affaire dont vous êtes accusé. Sachez, si vous êtes réellement innocent comme vous le prétendez, qu'il s'agit là de votre meilleure chance de le prouver. »
Comme si je ne m'en doutais pas ! Je vais te les renvoyer dans leurs profondeurs, leurs questions de mon…
Le vieux sorcier désigné comme étant président du jury se leva et vint à la barre, en même temps que des Aurors me déplaçaient non loin de lui et nous jetaient à tous deux un sort d'amplification vocale, pour que tout le monde puisse mieux nous entendre.
« - Mr Potter, » dit l'homme en me jetant un regard de pure haine, « nous allons commencer par le début. La première interrogation prend place au soir d'Halloween 1992. A propos de ce moment, vous avez déclaré avoir entendu des voix comme jaillir des murs. Mais pour une raison inconnue, vous êtes le seul à les avoir entendues, que ce soit pour ce soir là ou pour le reste de l'année. Pourquoi ? »
Alors que le sens du texte s'interrogeait plus sur le pourquoi, le sens donné par le ton employé était clairement accusateur. Je répondis sans y prêter plus d'attention qu'à un insecte… « En effet, je suis le seul à les avoir entendues. J'ignorais pourquoi à ce moment, et je l'ai découvert plus tard. La voix était celle du monstre de la Chambre, un Basilic, qui sifflait en Fourchelangue… »
« - Vous voulez dire que vous parlez le Fourchelangue ?! » s'horrifia le sorcier en reculant d'un pas, manquant de trébucher ce faisant, imité par toute la salle qui prit peur et d'un seul mouvement se cala dans ses fauteuils.
« - En effet, » répondis-je, « je le parle… »
« - Entendez-vous cela, sorcières, sorciers, gens de bonnes familles ? » se mit à hurler le président du jury. « Nous avons un fourchelangue parmi nous ! Un fourchelangue ! Un maître des arts noirs ! Ces gens sont connus depuis la nuit des temps pour leurs innombrables méfaits ! Leur soif de meurtre, leur amour du sang ! Leur… »
« - Mr le président ! Il suffit ! » Tonna la voix de la juge Bones. « Nous avons compris. Veuillez passer à la suite ! »
Me jetant à nouveau un œil purement haineux, l'homme cessa son pitoyable plaidoyer –pitoyable mais pourtant efficace, à en juger par tous les regards noirs pointés sur moi-, et posa sa seconde question. Et ce fut long… si long… j'ignore combien d'heures passèrent ainsi, mais je vis nombre de personnes du public piquer du nez au fur et à mesure que le temps s'écoulait. Car le tribunal avait décidé de passer au crible toutes les fois où ma situation n'était pas parfaitement claire ! Autrement dit, les moments précédent chaque agression. Et il y avait de quoi faire…
Il s'écoula bien dix heures ainsi, dix heures durant lesquelles je dû rester debout face à un type qui soudoyait le public à coup de mots bien lancés, qui galvanisait sa bêtise en lui lançant des petits bouts d'Harry à lyncher. Je lui répondais chaque fois avec force politesse et conviction, prouvant à la perfection ma totale innocence et faisant un serment magique à chaque fois que je ne pouvais passer outre. Mais rien ne pouvait désarçonner cet homme, et je compris pourquoi. Quoi que je dise, quoi que je fasse, mon sort était déjà décidé : lui n'était là que pour gagner du temps et soulever l'opinion publique contre moi. Et moi qui croyais que la justice populaire était passée de mode depuis le moyen-âge… je déchantais vite. Jusqu'à ce que soudain :
« - Le tribunal en a assez entendu, » s'exclama la juge Bones. « La culpabilité du sieur Potter ne fait plus aucun doute ! Jurés, il est maintenant temps de délibérer ! »
Ahurissement. Comment ça, ma culpabilité ne faisait plus de doutes ? J'avais parfaitement prouvé mon innocence ! Qu'est-ce que c'était donc que cette histoire ? En réponse à la juge, le président du jury alla vers ses collègues pour la forme, leur parla moins d'une seconde et reprit immédiatement la parole, ne se dérangeant même pas à retourner à son estrade. « Notre décision est prise, votre honneur, » dit-il.
« - Et quelle est-elle ? »
« - Face à la multitude de preuves de sa culpabilité, à l'unanimité et conformément aux lois de notre société, le sieur Harry James Potter, treize ans, est condamné à l'enfermement à perpétuité en la prison d'Azkaban. »
« NON ! » fut ma seule réponse, criée sous le coup de la panique soudaine.
« - Le jugement a été rendu ! Aurors ! Emmenez le prisonnier dans sa cellule en attente de son transfert ! »
« - NON ! NON, VOUS N'AVEZ PAS LE DROIT ! VOUS N'AVEZ PAS LE DROIT ! VOUS… » je n'ajouta pas un mot qu'un puissant stupéfix me fit taire.
…
Je fus réveillé dans ma cellule après un temps qui me paru incalculable. L'esprit d'abord embrumé par mon sommeil forcé, je me secoua tant bien que mal, forçant mon esprit à se reconcentrer sur le présent, et me souvint… la partialité de ma condamnation, les pseudo-preuves et autres ridicules questions qui m'avaient déconcerté… elles n'étaient là que pour donner matière aux journalistes de bas-étage et autres commères ! C'était donc cela, la justice du monde sorcier ? Quelle rigolade ! « Je n'ose pas imaginer le nombre d'innocents qui a subi le même sort que moi… quand je pense que les sorciers prétendent suivre les lois édictées par les Moldus ! N'importe quoi ! »
N'ayant rien d'autre à faire dans l'attente de mon transfert dans ma nouvelle maison, je me pris à imaginer à quoi elle pouvait bien ressembler. Tout ce que je savais d'elle était qu'il s'agissait d'une forteresse du moyen-âge construite sur une île et gardée par une légion de Détraqueurs. Et le peu que l'on m'avait appris de ces créatures n'était pas pour me réjouir. Un manteau en lambeaux cachant un corps de ténèbres indescriptibles… une aura qui empli de terreur à une lieue à la ronde. Je m'imagine que ça doit être un plaisir pour des gens comme Voldemort.
Frissonnant à l'idée de ce qui m'attend, j'applique la meilleure solution que je connaisse à la peur et à l'angoisse : je ferme les yeux et je m'endors. L'obscurité m'emporte rapidement dans sa douceur… j'en profite avidement tant que je le puis.
…
« - POTTER ! DEBOUT ! »
Hein ? Quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
« - DEBOUT J'AI DIT ! »
Alastor Maugrey venait d'entrer dans ma cellule, flanqué d'au moins une dizaine d'aurors. Le moment de mon transfert était donc arrivé…
« - Debout ? » Grommelle-je. « J'aimerais bien vous y voir… » En effet, je suis toujours attaché à mon mur. Bien que mon geôlier ait eu cette fois la bonté de me laisser la tête à l'endroit, il m'est toujours aussi difficile de bouger.
BAF ! Mes mots n'ont visiblement pas plût au vieux sadique. Il me donne claques sur claques, avec une force qui me fait m'envoler dans le bienfait de l'inconscience. Comment anesthésier un prisonnier pour l'empêcher de bouger… quand je pense qu'ils auraient pût se contenter de me stupéfixier ! Quelle bande de sauvages !
C'est à moitié dans les limbes que j'entends le déclic de mes menottes et que je m'effondre par terre, inapte à me maintenir debout. « Mais quel incapable ! » jure une voix, juste avant que de puissants bras se saisissent de moi et me forcent à me redresser. Nous quittons ma cellule immédiatement et je me laisse entraîner dans une succession de couloirs, jusqu'à un ascenseur qui m'arrache de mes ténèbres en attente des autres…
Je crois bien que jamais transfert de prisonnier n'a été aussi suivi, aussi médiatisé. Alors que je suppose que normalement, cela se fait dans le plus grand secret, mes gardiens et moi sommes protégés par une énorme cohorte d'aurors qui forme un chemin au beau milieu de la foule qui a envahi le ministère. Les insultes fusent de toutes parts, les flashs des scribouillards crépitent. Rarement courte marche m'a parue aussi longue.
Nous arrivons enfin au quai de portoloins du ministère. Heureusement, car j'ai comme l'impression que toute la foule va me lyncher si je reste une minute de plus. Leur bêtise s'alimente d'elle-même, visiblement. Bien vite, mes gardiens se saisissent chacun d'une boule toute noire, à peine plus grande qu'un œuf, et l'on m'en met une dans la main, me forçant à la tenir d'un sort de glu perpétuelle. Comme si j'allais chercher à rester ici !
Un mot est à peine murmuré, « Azkaban », que nous disparaissons dans un envol de capes.
…
Le vent est fort, en ce soir d'août. A n'en pas douter, une grosse tempête se prépare.
« - Dépêchons-nous, » grogne Maugrey, « il ne faudrait pas que les portes soient fermées à cause des vagues ! »
Je suis sans ménagement entraîné sur un frêle navire. Il est si abimé que je suis sûr qu'il doit prendre l'eau de toutes parts, et que seule une puissante magie permet de le faire encore flotter… il doit être plus vieux que Dumbledore lui-même !
Sans ménagement, on ajoute à mes déjà lourdes menottes des chaînes d'acier rongées de rouille, me forçant à me courber tant leur poids est grand. Puis on me fixe à ce qui me paraît être un rocher visiblement prévu pour que les prisonniers ne tentent pas de sauter dans l'eau. Une précaution idiote typique des sorciers. Entre les chaînes, les vagues et les récifs aux pointes acérées qui affleurent de toutes parts, mieux vaut finir à Azkaban que tenter de s'évader d'ici.
Le voyage est plutôt rapide, à ma surprise. Je m'attendais à ce que la prison soit au large, pour ne pas dire au beau milieu de la mer du Nord, mais en vérité elle n'est éloignée de la côte que de moins d'un kilomètre.
« - Nous arrivons, » murmure un des aurors de garde, les yeux dans le vague. Visiblement, la vision de la forteresse le met mal à l'aise. Et je comprends pourquoi.
Le brouillard s'écartant progressivement, je puis enfin entrevoir ce que le monde de la magie appelle l'enfer sur terre. Une sorte de canine noire de jais, souillée de toutes parts par le sel et la saleté, sans aucun orifice apparent, dressée sur un rocher à peine plus grand qu'elle et qui semble prêt à s'effriter sous le poids des maux du monde. Et, tout autour, dans les airs, voltigent de sombres formes… les détraqueurs.
Le navire accoste. Les amarres sont attachées, le ponton lancé. On détache mes chaînes. Ce n'est pas trop tôt, j'ai les poignets en sang. Pour un peu, je me serais vidé avant d'arriver chez moi que ça ne m'aurait pas étonné.
Je suis traîné de force par deux aurors, qui marchent si vite que je ne puis suivre leur rythme et que mes pieds accrochent le sol régulièrement. Nous arrivons à des marches. Une imposante porte de fer s'offre à nous.
J'entends Maugrey grogner. Encore. « Mais qu'est-ce qu'ils font, ces maudits détraqueurs ? OH ! OUVREZ BANDE DE LARVES ! ON A UN REPAS POUR VOUS ! »
Le silence. Lourd. Angoissant. Le vent s'est tu. Dans le ciel, les patrouilleurs ont disparu. Je sens une sourde angoisse s'emparer de moi. Les aurors s'agitent. Même Maugrey perd de sa superbe. Eux aussi sentent que quelque chose ne se passe pas comme il le faut.
Ou peut-être que tout se passe comme prévu… par une certaine personne.
Ce dont ni moi, ni Dumbledore, ni le ministère ne nous doutions, c'était que Voldemort n'était pas resté inactif après sa résurrection au sein de la Chambre des Secrets. Bien loin de là… en vérité, il était immédiatement allé retrouver ses plus fidèles serviteurs afin de monter dans l'urgence un plan pour frapper un grand coup… se débarrasser de moi. De la seule personne qui entravait sa marche vers le pouvoir. « Lui, au moins, il a une assez bonne raison de le faire ! J'en viendrais presque à l'apprécier… »
Quoi de mieux que me tuer à un moment où il m'est totalement impossible de me défendre ? Tout le monde le sait, les détraqueurs sont des amis des ténèbres depuis l'aube de leur existence. Ils se rallient à votre camp dès que vous leur promettez une orgie de baisers. Et ils changent de bannière dès qu'on leur en donne plus.
Face à nous, les portes s'ouvrent enfin. Maugrey grogne un « C'est pas trop tôt ! » assourdit par ce qui me paraît être un mauvais pressentiment. Et il recule précipitamment… une pile de cadavre s'effondrant à ses pieds !
« QU'EST-CE QU'Y SE PASSE ?! » Hurle-t-il, surpris et effrayé pour l'une des rares fois de sa vie.
« - C'EST UN PIEGE ! »
Et en effet. Les cadavres sont ceux des prisonniers, embrassés en masse. Et autour de nous… autour de nous approchent les détraqueurs ! Profitant du brouillard, ils se sont réunis tout autour de nous par dizaines, par centaines, et maintenant se pressent… nous pressent.
Un cri. Un auror qui s'effondre. Les autres qui tentent de réagir. Mais ils sont minés par la sombre aura de nos assaillants. Leurs tentatives de défense échouent toutes.
Une capuche qui se baisse. Une autre. Un hurlement de terreur. Une main décomposée se saisit d'un cou. Et le baiser commence.
Je regarde la scène avec une morbide fascination. Le détraqueur semble prendre son temps pour se régaler de cette âme qu'il aspire. Qu'il savoure. Et il relâche le corps, qui va rejoindre les autres. Inerte.
Il ne reste plus que moi. Tous les autres sont morts. Embrassés, éventrés. Les détraqueurs m'entourent de toutes parts. Plusieurs d'entre eux s'avancent. Baissent leurs capuches. Je vais avoir le droit à une multiple ! Quelle joie.
Pour moi, le temps s'est arrêté. Il n'y a plus rien. Je sens mon âme se faire aspirer. Je n'essaie même pas de résister. Je suis déjà mort.
Je suis déjà mort.
Je la vois.
Alors c'est ça ?
La lumière blanche ?
Adieu, monde cruel… adieu…
Adieu…
…
A partir de ce jour, l'île-prison fut considérée comme vierge de tout occupant, vivant ou mort, et fut classée par le ministère de la magie dans la catégorie des « territoires imaginaires n'ayant jamais existé ». De nombreux exorcistes et nécromanciens agréés par les autorités furent envoyés afin de s'assurer que les prisonniers ou leurs geôliers n'avaient laissé ni sortilèges, ni fantômes, ni malédictions sur les lieux. Aucun d'entre eux ne revint jamais. L'on s'assura ainsi que l'endroit était parfaitement isolé du souvenir du monde.
Ainsi mourut le prisonnier n°4261, Harry James Potter, durant la révolte des Détraqueurs de la prison d'Azkaban. Avec lui furent assassinés plus de cinq-cent prisonniers trop faibles ou refusant de se joindre à Lord Voldemort.
Mais…
A SUIVRE...
…
A votre avis, que va-t-il arriver à Harry ? Est-il réellement mort ? N'hésitez pas à donner vos idées !
Rythme de publication : un chapitre toutes les deux semaines, le vendredi, sauf en août et en décembre (pas de chapitre). La publication passera à un chapitre par semaine quand la rédaction sera terminée.
