NVJM
La guerre à une forte tendance à bafouer tous les droits Humains. Avec la magie, c'est encore pire. N'oubliez pas que tout ce que vous lirez ici est une fiction, et que ce sont des personnages qui parlent, pas moi…
Harry Potter et l'histoire inachevée
Chapitre 10 : La seconde guerre Pure
Où suis-je ?
Hum… j'ai envie de dormir… je rêve ? Mais pourquoi est-ce que je réfléchis en rêvant ?
Je me sens bizarre… je me sens en pleine forme ! Et pourtant, je suis fatigué. Epuisé même. Etrange.
Pourquoi ne puis-je pas bouger ? J'ai l'impression de m'être de nouveau fait embrasser par un détraqueur, comme quand j'ai quitté mon époque pour arriver au moyen-âge. Sauf que là, je suis immobile. Rien, absolument rien autour de moi ne fait le moindre mouvement. Comme si j'étais emprisonné…
Je ne ressens rien. Je suis comme… mis en pause. J'ai le parfait souvenir des révélations que m'a faites Merlin peu auparavant… enfin, je suppose que c'est il n'y a pas longtemps, car je n'ai plus de notion de temps… et pourtant, je ne ressens pas la moindre colère. Pas la moindre haine. Et pas non plus un quelconque sentiment d'ailleurs. Je suis comme vidé de ma substance.
« - A… an… »
Quoi ?! J'ai entendu quelque chose ! Quelle est cette voix ? A qui appartient-elle ? Je veux savoir ! Il faut que je parvienne à ouvrir les yeux !
Il le faut !
IL LE FAUT !
…
YAAAAH… ARGH ! ENFIN ! Enfin, je suis sorti de l'obscurité ! Et voilà que je suis complètement ébloui ! Depuis combien de temps mes yeux n'ont-ils pas vu de lumière ? Je dirais quelques heures, éventuellement deux ou trois jours…
M'habituant peu à peu à l'agression, je regarde autour de moi… et ce que je vois me coupe le souffle ! C'est moi ! Enfin, mon corps ! Toujours allongé sur la table de pierre où cet enfoiré de Merlin m'a piégé, dégagé de l'espèce de pyjama qu'il m'avait conseillé, mais… branché de toutes parts ! Des dizaines, peut-être même une centaine de tuyaux et de fils de toutes sortes sont fichés en moi, dans chaque recoin de mon corps. Il n'en fallu pas plus pour que je sente une forte nausée s'emparer de moi. Je vais probablement souvent en avoir dans l'avenir !
En plus de ça, les lieux ont bien changés ! Finie, la petite pièce creusée dans la roche ! Me voilà au beau milieu d'un nouveau laboratoire, plus grand encore que le précédent ! Regardant le sol, je puis y voir de puissants rails, et un peu plus loin, roulées et collées contre le mur, les parois que j'avais prises pour de la roche. Ce n'était qu'un décor ! Ah, elle est loin la chape de bêton qui devait m'isoler du monde pour des siècles !
Mais pourquoi est-ce qu'ils m'ont fait tout ça ? Je ne comprends pas quel genre d'expérience ils peuvent bien vouloir mener sur moi !
Des dizaines de personnes s'activaient partout. Il y avait des gardes aux portes, armurés d'acier plaqué d'or et reluisants de leur renforcement magique, des chercheurs en tunique blanche discutaient de tout en échangeant des tonnes de paperasses, des manœuvres vêtus de bleu s'activaient à bricoler toutes sortes de machines et à transporter partout d'énormes quantités de matériel. Mais qu'est-ce qu'ils font, ici ?
Une sonnerie retentit soudain au niveau des portes, avertissant tout le monde de l'arrivée d'une nouvelle personne. Les gardes s'écartèrent, se mettant au garde à vous, et laissèrent bien vite entrer… ce salaud de Merlin ! Et son frère ! Vais-je savoir à quoi tout ça rime ?
« - Messeigneurs ! » les salue militairement un scientifique avec des galons aux épaules. Probablement le chef de ce troupeau. « Tout est prêt comme vous l'aviez ordonné ! Nous n'attendions plus que vous. »
« - Très bien soldat, » dit le Créateur, « vous pouvez faire sortir vos hommes. Gagnez l'abri dès que possible. »
Le scientifique resta hésitant un instant. « …si vous avez besoin d'aide pour assurer votre protection seigneur, les gardes peuvent… »
« - Il n'y a aucun risque, merci. Vous pouvez partir. »
Bien que le ton soit conciliant –miracle !-, il n'y avait pas à douter que c'était un ordre empli de menaces et de sous-entendus.
Il ne fallu pas longtemps pour que la salle se vide, et que moi et les deux autres ordures nous retrouvions seuls. Aussitôt, le Créateur enfila une des tuniques blanches qui pendaient au mur, et s'empara d'un tas de paperasses, le parcourant rapidement, se mettant au fait des progrès des chercheurs. Serait-il scientifique lui aussi ? Il est vrai que ça m'avait été sous-entendu, mais ça m'étonne un peu… il est doué en tout ou quoi ?
« - Tu penses vraiment pouvoir y parvenir mon frère ? » demande Merlin en observant le manège que celui-ci faisait, allant d'une table à l'autre, s'occupant de toutes sortes de machineries magiques. « C'est que je n'aimerais pas annoncer à Salazar que son fils a été sacrifié pour rien… »
Hein, quoi ? Sacrifié ? Moi ?
« - Je suis certain de la réussite du projet, » assura le Créateur en continuant ses manipulations runique. « De toute façon, un de plus ou de moins… attends encore un peu. »
D'accord, attendons. En espérant voir ce qu'ils ont fait de moi, ces salopards ! Mais comment ça, un de plus ou de moins ? Est-ce à dire que je ne suis qu'un d'une longue liste de trompés ?
Au fur et à mesure de l'avancement de son travail, le Créateur allumait toutes sortes de machines. De nombreuses couches de runes s'activaient autour de mon corps, qui tremblait un peu plus à chaque fois, comme saisi de spasmes nerveux. Cloué sur sa table de pierre par de puissantes sangles d'acier, il lui était impossible de bouger, et il s'écorchait à chaque fois un peu plus la peau. Eh ! M'abimez pas ! Bande de sauvages !
Plus les runes s'allumaient, plus la magie les traversant influençait les alentours ! Bientôt, il y eu tant et tant de chaleur produite qu'un vent constant agita la salle, envoyant valser multitude de documents… qui se consumaient quand ils touchaient les runes ! Mais c'est que mon corps va cramer à ce rythme !
« - Prêt ? » demanda le Créateur à son frère en agitant une baguette magique, la collant au sol sur les runes.
« - Prêt ! » répondit Merlin en dressant un puissant bouclier autour d'eux.
« - Maintenant ! »
Le Créateur traça alors une ultime rune, libérant l'accès à un véritable courant de magie venant de toutes les machines derrière eux ! Des pompes à magie, comme j'en avais vu dans l'autre laboratoire ! Une puissance PHÉNOMÉNALE !
En un instant, toutes les runes devinrent comme des soleils miniatures, reluisant de la puissance qui s'accumula soudain en elles ! Le système s'activa, la roche commença à rougeoyer, emplie d'énergie ! Et… et devant mes yeux ébahis apparu un fantôme ! MON fantôme ! Comme une image de moi flottant dans les airs ! COMMENT ILS ONT FAIT ÇA ?!
Tout s'arrêta quelques instants après, mais Merlin et son frère ne s'en permirent pas moins un sourire. Ça avait fonctionné !
Et… et ! NON ! MON CORPS !
Une brusque décharge d'énergie se relâcha depuis les runes en un instant, dès que tout se désactiva ! Et toute cette puissance implosa vers le centre de l'installation ! Vers mon corps ! Qui prit feu aussitôt ! Se consumant en un rien de temps !
NOOONNN !
La panique s'empara de moi ! Et tout devint soudain noir…
…
Je me réveille en sursaut, parfaitement tranquille, calme autant que possible, comme s'il ne s'était rien passé. J'ai l'impression que mon cauchemar date de l'instant auparavant, mais ce n'est pas possible. Même la plus puissante des drogues ne peut pas calmer quelqu'un comme ça. Il est facile d'en déduire que ma panique, à la vue de mon corps se carbonisant, m'a fait perdre connaissance pendant un long moment, assez pour que mon cerveau retrouve la maîtrise de mon corps. Enfin, euh… plutôt de ma conscience. Quoique, je n'ai plus de cerveau, donc ais-je encore une conscience ? Raaah, je sens que je vais avoir mal à la tête !
Bref, je me doute d'instinct que les interrogations qui m'envahissent ne trouveront pas de réponse maintenant. Je m'efforce donc de m'en débarrasser l'esprit, et tourne le regard vers ce qui m'entoure. Probablement le laboratoire… quoi ?! Pas du tout !
Alors qu'un instant auparavant, nous n'étions que trois, voici maintenant que je me retrouve dans un endroit bondé. Comme si l'image était instantanément apparue devant moi. Dans… le bureau de Merlin. Mais qui sont ces personnes ? Je reconnais cet enfoiré de vieux shnock, mais pas les autres…
« - …les rapports de nos espions sont formels messire, » dit un homme en uniforme. « Les Purs commencent à nouveau à s'agiter quelque part en Germanie. Ils ont à leur tête un des leurs particulièrement charismatique, un dénommé Idarc ßonhlein (II). Cet homme prône le rétablissement de, je cite, la « pureté originelle ». C'est un fanatique parmi les plus dangereux, il n'y a pas à douter qu'il compte finir par prendre les armes contre nous. »
Merlin ne répondit rien, caressant méticuleusement sa barbe-écharpe, les buissons froncés, semblant réfléchir à quelque chose. Étrangement, il abandonna soudain sans prévenir, passant du coq à l'âne, et reposa son attention sur son officier.
« - Général Varèk, vous allez continuer à les observer pour le moment. S'ils font mine de s'armer au-delà du maximum autorisé, vous les arrêterez et les ferez passer en jugement préventif avec rédaction restrictive (I). »
« - A vos ordres ! »
…
Qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi tout est-il devenu blanc ici ? Où suis-je maintenant ?
« - Monseigneur ! MONSEIGNEUR ! »
« - Qu'y a-t-il ?! » demanda Merlin, inquiété par l'urgence de la voix. « Que se passe-t-il ?! »
« - Les Purs se révoltent ! Ils ont attaqué et décimé nos garnisons en Germanie ! »
« - Quoi ?! Et leurs restrictions ?! »
« - Ils les ont brisées monseigneur ! Tous nos sorts ont été rompus en un instant ! »
Entendant cela, Merlin resta coi un instant, stupéfait par cette annonce, avant de bien vite se reprendre. « Annoncez l'état d'urgence ! Mobilisation générale ! » Ordonna-t-il, l'officier repartant aussitôt.
Se levant, Merlin enroula sa barbe autour de son cou, sursauta en grognant un « Aïe ! », déroula sa barbe, en sorti son bourdon, le laissa grandir, réenroula sa barbe, métamorphosa sa tunique civile en un charismatique uniforme militaire, et quitta son bureau l'air majestueux. Sa légende n'était vraiment pas infondée…
Les purs n'ont qu'à bien se tenir, pense-je alors. Même si je sais qu'ils gagneront cette guerre… avec quelqu'un comme Merlin aux commandes, ils n'y parviendront pas sans de lourdes pertes !
…
Quoi ?! La scène a encore changée ! C'est que ça commence à me donner mal à la tête tout ça ! Quoique non, pas vraiment, puisque je n'en ai plus… bref.
Rouvrant les yeux, je suis ébahi par la scène qui se déroule devant moi ! Je me trouve sur la grand-place, au bord du lac garnissant son centre… et le moins que je puisse dire, c'est que je ne suis pas seul ! Tout autour de moi, des dizaines, des centaines de milliers de personnes se sont massées pour religieusement écouter Merlin faire un discours. Et quel discours ! Placé sur une estrade flottant dans les airs au dessus du lac, la barbe rangée dans la poche, il captive la foule avec ses grands gestes et son discours. Mais pourquoi est-ce que je ne l'entends pas ?! Raaah, mais taisez-vous donc tous ! Vous m'empêchez d'écouter !
A peine ais-je pensé ça que je me rends soudain compte que… je suis en train d'avancer ! Est-ce que je pourrais diriger mes espèces de visions de cette manière ? Il faudra que je vérifie ça. Mais pour l'instant, concentrons-nous sur le vieux croûton !
« …encore une fois, l'Ennemi trompe de pauvres gens pour s'en prendre à nous ! Encore une fois, Ils prennent possession de pauvres âmes à la dérive et les envoient au massacre ! Mais cette fois-ci, cette guerre ne se déroulera pas comme la précédente ! Car cette fois-ci, nous ne sommes plus quelques peuples à la dérive dans un monde cruel ! Aujourd'hui, nous ne faisons plus qu'un seul et même ! Aujourd'hui, nous sommes UNIS ! ET NOUS LE RESTERONS ! »
La foule se déchaîne en un tonnerre d'applaudissements ! Je n'ai pas tout entendu, mais c'est tout de même assez pour que je comprenne ce qui se passe. Merlin vient d'annoncer la situation de guerre à son peuple. Et… quoi ?!
Je suis soudain interrompu par un grand « splash ! » juste à côté de moi ! Quelqu'un vient de sauter à l'eau, au nez des gardes qui entourent tout le lac pour protéger le vieux débris. Quel est le fou qui …?
Oh ! Je vois. C'est bien un fou, en effet, mais pas du genre que je croyais.
« - Tu veux parler mon frère ? » s'étonne Merlin en l'aidant à monter sur l'estrade, dégoulinant d'eau de toutes parts. Sans répondre, il repoussa le barbu du bras, manquant de le faire tomber, et se dressa face à la foule, la scrutant du regard comme s'il voulait l'hypnotiser. Il resta ainsi de longues minutes, laissant monter l'excitation du peuple, enthousiasmé de voir son plus grand héros.
« - PEUPLES UNIS ! » Hurla-t-il soudain, me faisant sursauter. « PEUPLES UNIS ! Nous sommes au sommet de notre puissance ! Nous connaissons un âge d'or sans précédent dans toute l'Histoire de l'Humanité ! Nos armées réunissent près d'un million de combattants, nous sommes la plus grande force de ce monde ! Nous surpassons nos ennemis en nombre ! En stratégie ! En technologie, et en puissance ! Nous n'avons aucune chance de remporter cette guerre ! »
Quoi ? Les cris de hourra qui s'entendaient à tout va cessèrent soudain, emportés par le brusque silence des applaudissements.
« - Nous n'avons aucune chance de remporter cette guerre qui s'annonce ! CAR DE GUERRE IL N'Y AURA PAS ! La révolte en cours ne se passera pas comme la précédente ! Cette fois-ci, nous ne ferons preuve d'aucune complaisance envers ceux qui veulent notre ruine ! »
Quelle foi en ses propres paroles ! Il semblait en transe alors qu'il parlait.
« - AUCUNE PITIÉ ! »
Mais quelle violence ! Étais-ce donc ça, un chef de guerre ?
« - AUX ARMES ! AUX ARMES, PEUPLES LIBRES ! LE TEMPS EST REVENU DE NOUS DÉFENDRE FACE A L'ENNEMI ! AUX ARMES, VERS LA GUERRE ! VERS LA VICTOIRE ! »
« - GLOIRE ! » Hurla tout le peuple en réponse, galvanisé, les bras projetés au ciel à chaque cri... « GLOIRE ! GLOIRE ! »
« - EN AVANT ! VERS LA GLOIRE ! VERS LA VICTOIRE ! TOUS ENSEMBLES ! »
« - EN AVANT ! » scanda toute la foule en réponse, subjuguée. « EN AVANT ! »
Et, bien que cloîtré dans ma fantomatique conscience, je ne puis m'empêcher de crier de même un « EN AVANT ! ».
…
Mais c'est pas vrai ça ! La scène a encore changée sans prévenir ! Où est-ce que je suis maintenant ?! Et pourquoi est-ce qu'il fait tout noir ?! Et…
…je me fige en entendant un hurlement, vite suivit d'un coup de fouet et d'un cri d'homme, comme un bourreau punissant un prisonnier. Une prison ?
Mes yeux s'habituent peu à peu à l'obscurité régnante, les quelques torches garnissant les lieux m'apportant un peu d'une bienvenue lumière. Et… !
AAAAAH ! C'EST HORRIBLE ! QUE QUELQU'UN ME CRÈVE LES YEUX !
C'est… ! C'est un élevage ! Il n'y a pas d'autre mot pour décrire l'horreur que je voie ! Face à moi, alignées sur des dizaines de rangées, des centaines, des milliers de femmes sont parquées comme du bétail, attachées à des poteaux, le visage plongé dans des mangeoires, et… des hommes passent en nombre derrière elles, les pénétrant à tour de rôle en riant grassement. Et c'est là que je remarque… elles sont toutes enceintes ! Et il n'y a pas que des femmes, mais aussi des adolescentes de mon âge, et même des petites filles ! C'est horrible !
« - Où en est la production ? » crisse une voix non loin de là, me faisant sursauter dans mon horreur. Je me retourne en un éclair, et aperçois un homme encore plus répugnant que tous les autres… les mains pleines de sang, portant un masque représentant un démon, habillé tout de rouge –du sang ?-, vêtu en tout et pour tout d'une tunique et d'un pantalon sommaires, il interroge un des monstres-éleveurs, occupé à lire un parchemin.
« - Nous avons eu cent dix-huit accouchements depuis ce matin, monseigneur, et nous devrions atteindre les quatre-cent au total, aujourd'hui. La proportion est d'environ cinquante pourcents de mâles comme de femelles. Les mâles sont aussitôt envoyés à l'armée et les femelles mises en élevage. »
« - CE N'EST PAS ASSEZ ! » hurle sans prévenir celui qui semble être le chef. « ENGROSSEZ-LES PLUS QUE CELA ! DÉCAPITEZ-LES POUR ACCÉLÉRER LA PRODUCTION ! » Aussitôt dit, aussitôt fait, et il joignit le geste à la parole en attrapant la femelle la plus proche… et ouvrit son ventre à coup d'ongles pour ensuite y entrer ses mains et tout déchirer sauvagement, la pauvre femme hurlant son mal et mourant en quelques instants, son bourreau sortant de son cadavre une grosse boule d'organe en faisant fi du sang qui jaillissait de toutes parts, et déchirant encore l'utérus extrait pour forcer la "naissance" d'une nouvelle portée d'une dizaine d'enfants ! Les quelques filles aussitôt attrapées à bout de bras par l'éleveur et enchaînées à un poteau ! Et les engrosseurs en rut qui approchaient, sans faire la moindre distinction d'âge …!
Je ne peux m'empêcher de soudain vomir tous les repas que je mangerais dans l'avenir ! Pitié, faites que ça s'arrête ! Pourquoi est-ce que je dois voir des choses aussi horribles ?!
Assez !
ASSEZ !
…
Aïe ! Voilà que je me cogne la main dans un mur alors que je ne voulais que la lever au ciel comme les autres ! Où est-ce que je suis encore tombé ?
Me voilà maintenant en train de flotter dans un immense amphithéâtre ! Des milliers de personnes, représentant tous les peuples de l'Union Magique, sont assises sur des fauteuils à leur mesure, en contrebas, et écoutent parler le Créateur… ou plutôt vociférer, vu les grands gestes qu'il fait, et à entendre la puissance et l'agressivité mises dans sa voix. Plusieures personnes en paraissent dérangées d'ailleurs, vu leur pâleur.
« …toute notre économie doit être transformée dès que possible pour être orientée vers la guerre ! Nous devons frapper l'ennemi avant qu'il ne soit totalement prêt à se battre ! Nous avons pour l'instant tous les avantages : nombre, stratégie, puissance ! Nous ne pouvons nous permettre d'en perdre un seul ! Nous ne pouvons pas nous permettre de rester sur la défensive ! Le peuple doit être massivement mobilisé ! Tout homme, toute femme en état de se battre doit être envoyé au front ! Enfants et adolescents doivent les remplacer aux ateliers et aux champs ! »
Quelle violence dans ces mots ! Il paraît presque être fanatisé par lui-même. C'est en effrayant. Presque autant que toute la haine que je ressens venir de lui, toute entière dirigée vers ces ennemis dont il parle. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre eux autrefois, mais ça semble avoir fait des étincelles encore vives…
« - Monseigneur ! » l'interrompt courageusement l'un des membres de l'assemblée, un centaure. « Je demande à parler ! »
« - Roi Firline, que voulez-vous ? » se calme à peine le Créateur en lui répondant, ne tenant aucun compte du Gobelin, bien en évidence sur son estrade, qui semble être le dirigeant de l'assemblée et qui aurait sûrement dû procéder à un petit cérémonial.
« - Monseigneur, loin de moi l'idée de vous manquer de respect, mais il me semble que vous exagérez dans vos propos ! Tous nos espions, tous nos éclaireurs sont formels : nos ennemis ne sont que quelques milliers, alors qu'en mobilisant l'ensemble du peuple, nous aurons plus de deux, presque trois millions de combattants ! Vous le dites vous-même, malgré leur gravité, les troubles connus en Germanie relèvent plus d'une petite révolte de couloir que d'une guerre. Il est inutile de mobiliser tant de gens, inutile de mettre un frein à notre croissance pour si peu ! »
A la fin de ce petit discours, de nombreuses voix concordantes s'élevèrent dans la salle. Visiblement, de nombreuses personnes ont peur de ce qu'il pourrait advenir, et se refusent de voir en face le danger futur. J'en suis stupéfait. Certes, ils n'ont pas vu de leurs propres yeux la terrible stratégie reproductive des Purs, ni n'ont été effrayés par leur chef, cet Idarc ßonhlein… mais tout de même ! Ils me paraissent se complaire dans leur aveuglement d'une façon vraiment malsaine.
« - Imbéciles ! » hurle le Créateur, rouge de colère. « Imbéciles ! N'avez-vous retenu aucune leçon du sacrifice de vos ancêtres ?! Des centaines de milliers d'entre eux que j'ai dû faire mourir sur le champ de bataille pour pouvoir sauver vos générations ?! Si aujourd'hui vous vivez tous dans un luxe insolent, c'est grâce à leur sacrifice ! Oseriez-vous bafouer la mémoire de vos glorieux aïeux ?! Oseriez-vous ruiner l'avenir de vos enfants ?! Tout le peuple d'autrefois aurait été choqué de la débauche de richesse que mille d'entre nous usent aujourd'hui quotidiennement ! Vous seriez criminels d'empêcher vos enfants de connaître le même bonheur ! Vous… »
« - ASSEZ ! »
Le Créateur se tut soudain, se tournant, surpris, vers un Gobelin en uniforme qui s'était levé à son tour, et qui avait quitté sa place pour se diriger vers l'estrade. Cette fois, le président de l'assemblée eut le temps de parler avant que le frère de Merlin ne puisse recommencer à gueuler. Au sens propre.
« - Général Varèk ! Cette interruption est d'une impolitesse intolérable ! Veuillez immédiatement retourner vous rasseoir ! »
« - Pour entendre de nouvelles inepties ?! Certainement pas ! » Le soldat que j'avais précédemment vu dans le bureau de Merlin monta rapidement sur l'estrade, et arriva aux côtés du Créateur en un instant, profitant de sa surprise pour prendre sa place.
« - Peuples de l'Union ! » s'exclama-t-il en levant les bras, ne prêtant plus aucune attention à son précédent interlocuteur. « Cela fait maintenant trois décennies que j'œuvre dans les plus hauts rangs de nos armées ! J'ai maintes fois démontré mes capacités ! Confiez-moi le commandement de nos armées régulières, et cette révolte sera finie avant même que toutes nos troupes ne puissent se regrouper ! »
Il se tut alors, haletant, et regarda les élus. Il avait fait son devoir de soldat en proposant son aide, mais la décision finale leur revenait.
Bien que les élus restèrent silencieux pendant un temps, lire dans leurs regards fut facile. Nombre d'entre eux étaient effrayés à l'idée de devoir recommencer la guerre… voyant l'indécision générale, le président de l'assemblée dit : « Tous ceux qui veulent accéder favorablement à la demande du général Varèk, levez la main ! »
Et ce fut toute une marée qui se hissa vers les cieux…
Il n'en fallu pas plus pour déclencher la tempête. Le Créateur, rageur, s'en alla soudain sans prévenir, pestant à voix haute contre tous les abrutis du monde, et claqua lourdement la porte. Heureusement qu'elles étaient renforcées magiquement…
Voyant cela, je ne pu m'empêcher d'être saisi d'un mauvais pressentiment. Certes, le Créateur pouvait sembler très alarmiste pour bien peu de choses… mais les élus de l'Union n'avait pas vu les élevages Purs.
Je sens que l'Union va faire une erreur… fatale.
…
Mais où est-ce que je suis encore ?! Voilà que je me retrouve dans un petit bureau tout de bois construit. Par une fenêtre, je puis voir que nous sommes très en hauteur. Probablement dans les étages de la tour-palais. Il y a des étagères partout, remplies de livres et de feuilles volantes, garnies d'une multitude de gribouillages. Impossible de se déplacer sans en renverser !
J'entends un bruit ! Qui est là ?
M'avançant entre les rayonnages, je débouche soudain dans un espace un peu plus libre d'accès, où a été placé un massif bureau de bois. Non loin de là se trouve un établi de peintre garni de grandes feuilles, où a été marqué en majuscules « ORDRE DU JOUR : VICTOIRE ». J'aurais pu me croire dans le bureau de Merlin, si le locataire des lieux n'avait pas été son frère. Le désordre semble être de famille.
Il se trouvait tranquillement installé sur son siège, en train d'alterner entre lire des documents, écrire sur des parchemins ou encore farfouiller dans tout son bordel. Rien de bien incroyable en somme. Pourquoi suis-je ici ?
Je me fige soudain en voyant quelque chose d'étrange ! Au bout d'un rayonnage se trouve une porte entrouverte… et je suis certain d'avoir aperçu quelqu'un y regarder furtivement ! Et le Créateur semble n'avoir rien vu… il faut que je m'en assure !
M'approchant lentement de l'huis, je sens monter en moi une inexplicable appréhension. Comme si… comme si… raaaah, comment expliquer ça ?! J'ai l'impression d'être soudain devenu une proie dans la gamelle d'un terrible prédateur !
Je traverse la porte tel un fantôme, ma spectrale existence me servant finalement, et je me retrouve nez à nez avec… quelqu'un ? Un homme ou une femme, je ne sais pas, le visage totalement masqué par du tissu noir, tout le reste du corps recouvert de même... Je ne vois pas bien dans la pénombre de cette petite pièce, mais l'inconnu semble occupé à préparer quelque chose… une flèche ? Il la trempe dans une fiole fumante et puante qui m'arrache un rictus de dégoût, et…
Je me fige soudain en comprenant ce qui se passe ! Une porte entrouverte, un chemin dégagé jusqu'au Créateur, quelqu'un qui veut rester caché, une flèche et ce qui paraît être du poison… c'est une tentative d'assassinat ! Il faut que je prévienne le frère de Merlin ! Mais comment faire ? Il reste assis à travailler sur son bureau, et ne voit pas la mort s'approcher, et moi que puis-je faire ? Je suis incapable d'agir sur quoi que ce soit !
C'est complètement affolé que je vois l'assassin espionner sa cible… tout va bien, elle est en vue. Armer une minuscule arbalète… la pointer sur le futur cadavre… et sursauter ! Quoi ?! Mais où est passé le Créateur ?! Il était sur sa chaise il y a un demi-instant !
Je tais soudain mes pensées en sentant revenir de plein fouet l'appréhension de tout à l'heure. Je suis une proie. Et le prédateur est… derrière-moi !
L'assassin semble avoir compris la même chose, car il se retourne tel l'éclair et tire sa flèche sans hésiter ! Et … ! Le Créateur l'évite nonchalamment, les mains dans les poches ! Mais comment est-ce qu'il a fait pour se retrouver derrière-nous comme ça ?!
J'assiste soudain à un étrange spectacle. En position dominante l'instant d'avant, l'assassin se recroqueville sur lui-même sans prévenir, tremblant de tous ses membres ! Je peux même entendre ses dents se mettre à claquer ! « Pitié ! Pitié Seigneur ! Je vous en supplie ! Pitié ! Je… je… on m'y a obligé ! » Et ça continue… je sens soudain une désagréable odeur me venir aux narines. Le tremblotant s'est uriné dessus… ma parole, ce n'est même plus de la terreur à ce niveau là ! Mais qu'est-ce que le Créateur peut bien avoir de si effrayant ? Il paraît doux comme un agneau !
Je tilte soudain en pensant ça ! Il paraît doux et inoffensif. Mais… j'ai pu voir de première main qu'il était doué pour jouer la comédie… et si son apparence calme était un rôle elle aussi ?
Sans pouvoir rien faire, je le vois se saisir de la loque qu'est devenu l'assassin… s'approcher d'une fenêtre, l'ouvrir… et, sans effort, y précipiter sa victime suppliante, un long hurlement d'horreur retentissant jusqu'au fond de mon âme. Et il referma la fenêtre.
Revenant à son bureau, le visage parfaitement neutre, le Créateur s'approcha de son établi de peintre, en arracha la feuille du dessus et inscrivit…
« NOUVEL ORDRE DU JOUR : PURGE. »
…
Encore une fois, de nouveau sans aucun signe avant-coureur, le décor changea en un instant, tel une image sur la télé de Dudley. Je me retrouvais maintenant au beau milieu d'une plaine, non loin d'un petit cours d'eau. Mais qu'est-ce que je fais ici ?
La réponse me vint rapidement en entendant un grondement monter du lointain, petit à petit. Comme une multitude de claquements de pas avançant au rythme de la victoire à venir. L'Armée magique ! C'est donc ici qu'allait se dérouler la première bataille !
Le brouillard matinal se levait petit à petit au fur et à mesure que le soleil montait dans le ciel, si bien qu'il ne me fallu plus très longtemps pour voir les premières lignes des Fidèles. Et c'était vraiment impressionnant !
De droite à gauche, des milliers de soldats armurés d'acier reluisaient de gloire, une multitude d'étendards multicolores se dressant à leurs côtés. Centaures, Gobelins, Elfes, Vampires, Vélanes, Nymphes, Géants… tous les peuples de l'Union étaient représentés sur leurs bannières respectives, et bien sûr, une autre dominait, plus grande, plus haute et plus présente à elle seule que toutes les autres réunies : le drapeau de l'Union ! Sur un fond blanc, il présentait une puissante lumière centrale de laquelle naissait toute la magie du monde, se diffusant également partout alentours… un cercle bleu complétait le tout, inscrit de mots que je ne comprenais pas. Représentant parfaitement tout un chacun, c'était un symbole parfait pour l'Union !
Les soldats avançaient tous en même temps, à un rythme millimétré, emplissant petit à petit tout l'espace de leur présence. Quelle magnificence ! Ils étaient des centaines de milliers ! Je ne pu m'empêcher d'être béat d'admiration. Voilà le genre de chose qui donnait envie de faire une carrière militaire ! Une vraie, pas une d'Auror !
Mais où donc pouvaient bien se trouver leurs ennemis ? Je ne voyais rien à l'horizon, pas même un simple éclaireur…
En revanche, les chefs Fidèles étaient bien en vue. Monté sur un puissant cheval, le général Varèk s'affichait bien largement devant ses troupes, armure brillante au soleil, un étendard à ses côtés. Nul doute qu'il allait chevaucher héroïquement avec ses soldats, enfonçant les rangs ennemis pour se couvrir de gloire !
« Pourvu qu'il ne fasse pas cette erreur ! » ne puis-je m'empêcher de penser. « Quelle bêtise ce serait ! Un chef se doit de rester en arrière, avec une bonne vue de l'ensemble de la bataille et la possibilité de donner ses ordres avec la plus grande rapidité possible ! Car même si la bataille n'est pas forcément finie quand le chef est tombé, il faut tout de même que les soldats soient de sacrées bêtes de guerres pour garder courage quand il n'y a guère plus d'espoir stratégique ! »
Mais et les ennemis ?! Ou sont-ils !
En même temps que je pense ça, un coup de vent me déplace et m'approche comme par hasard du général et de ses officiers, occupés à tenir conseil. Derniers peaufinements de la stratégie, à n'en pas douter. Peut-être même pour en changer à l'improviste, juste au cas où des espions aient pu s'introduire dans l'armée. Car les sangs-purs ne sont pas les seuls sorciers ! Tous ceux qui sont nés-de-moldus font aussi partie de l'union, comme j'ai pu le voir à l'orphelinat. Et l'esprit humain étant ce qu'il est, on n'est jamais à l'abri d'une trahison. Attention donc !
Je n'ai pas le temps d'entendre de quoi il est discuté que tous les gradés se séparent, prêts à mener leur bataillon respectif à la mort ! Et le général Varèk qui commence à galvaniser ses troupes avec un bon vieux discours !
« - FIDÈLES ! Cela fait maintenant des jours que nous traquons l'ennemi sans relâche, décimant ses arrières, rasant ses forteresses ! Des jours qu'il fuit face à notre puissance ! Mais aujourd'hui, tout cela va prendre fin ! Aujourd'hui, nos éclaireurs et notre avant-garde ont achevé de les rabattre vers nous, où ils n'auront pas d'autre choix que de mourir ou se rendre ! SOLDATS ! AUJOURD'HUI, LA VICTOIRE EST À NOUS ! »
Attends, quoi ?! Tu veux dire que les Purs ont littéralement CHOISI le terrain ?!...
…bordel de ! C'est un piège ! Je suis sûr que c'est un piège ! C'est évident ! Mais pourquoi ne s'en rendent-ils pas compte ?! Varèk, là ! Je croyais que tu étais l'un des meilleurs stratèges de l'Union ! Ouvre les yeux, imbécile ! Ils vous ont fatigués, et maintenant vous êtes à coup sûr sur un terrain piégé ! C'est certain !
« - À L'ATTAAAAAQUE ! » Hurla-t-il à mon grand désespoir alors que les premières ombres de l'ennemi apparaissaient à l'horizon. Et il chargea, fonçant vers l'ennemi alors que le reste de l'armée commençait à peine à bouger ! Bordel, c'est possible d'être aussi con ?!
Le raz-de-marée devint très vite incontrôlable ! Même si ordre était donné de stopper, il était trop tard ! Le temps que tout le monde le fasse, les rangs ennemis seraient enfoncés ! Et… ET ! C'EST QUOI ÇAaaaah ?!
Des …! DES MONSTRES ! CE SONT DES MONSTRES !
L'armée a aussitôt un mouvement de recul en voyant ce qui lui fonce dessus ! Ce sont des colosses de chair, des montagnes de muscles complètement disproportionnées, avec des têtes de bébés qui bavent du sang tout en braillant de peur ! Mais… NON ! Ce SONT des bébés ! Je ne sais quelle horrible magie a complètement détruit leur corps pour lui faire prendre des proportions atroces ! Et leurs yeux qui trahissent l'emprise de l'imperium sont terrifiants ! Tout autant terrorisés que terrorisants ! Et ils sont des centaines ! Toute une troupe de terreur qui fonce bestialement sur l'armée ! C'est donc ça le résultat des élevages purs ?!
BOUM !
HEIN ?! C'est quoi ça encore ?!
Je me retourne à la vitesse du torticolis pour voir s'achever une énorme déflagration, en plein dans les rangs Fidèles. Des dizaines de corps dispersent encore leurs organes dans les airs qu'une nouvelle explosion retentit au beau milieu de l'armée ! Et une autre ! Et encore ! Des centaines de soldats tombent les uns après les autres !
« - QUE SE PASSE-T-IL ?! » hurla le général Varèk en revenant vers ses troupes à toute allure, reculant devant les monstres qui arrivent. « MESSAGER ! ALLEZ DIRE AUX ARTILLEURS DE CHANGER DE CIBLE ! VITE ! »
Quoi ?! C'est leur propre artillerie qui les massacre comme ça ?! Mais comment c'est possible ?!
BOUM ! BOUM ! Et ça continue ! Quelle puissance dans cet armement ! Déjà des milliers de Fidèles qui sont tombés !
Heureusement, par la grâce de la magie et de la technologie des alliés, le messager revient bien vite… complètement ensanglanté ! Il s'effondre dans les bras de son général en un instant, et tente de lui murmurer quelque chose avant que je ne voie son corps s'affaisser…
« - DEMI-TOUR ! » Hurle aussitôt le général. « QUE L'ARRIÈRE-GARDE FASSE DEMI-TOUR ET AILLE REPRENDRE LES ARTILLERIES ! EXECUTION ! »
Quoi ?! C'est donc ça ! La stratégie ennemie est aussitôt plus claire ! Pendant que quelques troupes fuyaient devant les Fidèles pour les entrainer et les faire distancer leur artillerie, d'autres s'étaient dissimulés et se sont aussitôt précipités pour s'emparer des batteries, les retournant aussitôt contre leurs ennemis ! ET LES MONSTRES QUI ARRIVENT ! LES VOILÀ !
Le choc est terrifiant ! Les monstres se jettent littéralement sur les soldats, sans aucune retenue, les premiers se laissant transpercer par les lances brandies contre eux, les autres se servant de leurs corps comme tremplins pour sauter dans les airs, se faire heurter de plein fouet par les sorts jetés contre eux, et retomber en plein cœur de l'armée ! Et si les premiers sont vite tués, les suivants profitent du désordre pour commencer un véritable massacre ! Ils se jettent sur tout ce qui bouge, écrasant au sol ceux qu'ils foulent de leurs pieds monstrueux, cassant littéralement en deux les malheureux qu'ils saisissent entre leurs mains, dispersant les morceaux au vent avant de foncer sur les suivants ! C'est un vrai massacre !
Il ne faut pas longtemps pour que l'armée se reprenne et que les cohortes qui ne sont pas aux prises avec l'ennemi s'organisent pour l'attendre de pied ferme. Les horreurs humaines, à peine leur massacre achevé, se rue à l'assaut d'autres victimes, et se font cueillir par un déluge de sorts meurtriers qui anéantissent leurs difformités sans aucune pitié ! Des dizaines tombent avant que le choc ne recommence, suivit de la même horreur !
Il faut que cette stratégie soit répétée plusieures fois pour qu'enfin, les monstres soient finalement vaincus, au prix de pertes titanesques ! Je ne sais combien de fidèles sont tombés, mais ce sont probablement plus de cent milliers de cadavres qui recouvrent maintenant le champ de bataille. Quelle horreur ! Et voilà la deuxième vague de Purs qui approche, alors que l'artillerie continuait à tirer sans cesse !
Cette fois, ce sont des hommes qui paraissent normaux ! Du moins, au premier coup d'œil. Mais pourquoi sont-ils enfoncés dans des capes qui les recouvrent totalement ? J'espère que ça ne nous cache pas une nouvelle mauvaise surprise !
Il ne resta à peine que quelques centaines de pas entre les deux armées, les sorts jetés par les fidèles font tomber des centaines d'ennemis, lorsque soudain, les premiers rangs Purs tirent un sort d'explosion à leurs pieds ! Se suicidant aussitôt en un déluge de sang ! HEIN ?! Mais ils sont fous ! Pourquoi ils font ça ?!
« - CHARGEEEEZ ! » Hurla soudain le général Varèk, de nouveau devant ses troupes et chevauchant à la tête d'une armée de centaures ! La cavalerie ! Oui, allez-y ! Les monstres sont vaincus, VOUS ALLEZ LES AVOIR !
La raison du suicide des Purs se révéla soudain ! Ça n'avait été que pour arrêter la course de leur armée avant d'atteindre un point de non-retour… DES PIEGES !
A peine la cavalerie avait-elle atteint sa vitesse de pointe qu'une explosion se fit entendre, puis une autre, et encore ! Et des dizaines de centaures chûtèrent dans des trous habilement dissimulés dans le sol, et rempli à craquer de fioles de potions explosives ! Ça provoqua d'immenses déflagrations, qui firent jaillir haut dans le ciel des gerbes de feu et de sang ! Le général Varèk disparu dans l'une d'elles avant de pouvoir faire quoi que ce soit,se répandant partout aussitôt… La cavalerie fut vaincue en quelques minutes.
Voyant ça, leur meilleur corps d'armée détruit en un instant, leur propre artillerie les pilonnant sans cesse, leur chef mort, leurs officiers totalement perdus, les Fidèles commencèrent à paniquer. Et au loin, des bébés-monstres qui revenaient ! Ce fut de trop pour de nombreux soldats, qui prirent leurs jambes à leur cou ! Les quelques sachant transplaner le tentèrent une fois ! Deux ! Et encore ! Mais il y avait une barrière magique pour les empêcher de fuir ! ET VOILÀ ENCORE LES MONSTRES !
C'est écœuré que je détourna le regard et ferma les yeux. Je ne voulais plus voir ça…
L'une des plus belles armées de tous les temps avait été défaite presque sans pouvoir combattre… Par la suite, les livres d'histoire se souviendraient que cet évènement n'avait pas été une bataille.
…
A suivre…
Tout ce que Harry voit ici, ce sont des visions qui se présentent à lui dans son sommeil d'âme… le tout relate l'Histoire de la magie que j'invente petit à petit. Qu'en pensez-vous ?
Si vous voulez savoir ce que pourrait devenir le monde magique si les Purs emportent la guerre, vous pouvez aller lire ma fanfic « Un monde à part ». Attention, elle n'est pas pour les enfants !
Juste pour indication, les Gobelins que je décris ici n'ont rien à voir avec les pitoyables petits punching-balls qu'on peut voir dans les films (maudites soient ces horreurs !). Ils ne ressemblent pas non plus à des gobelins du style SdA ou Hobbit, mais bien plus à des humains avec des caractéristiques réalistes : peau grise et rapidement parcheminée, taille considérablement variable et non-héréditaire, oscillant entre un mètre et deux à l'âge adulte, etc).
Quelques commentaires SVP ?
…
I. Rédaction restrictive : procédé inhérent aux runes (la magie écrite), et consistant à brider la magie, la liberté de mouvement, de parole, etc… va à l'encontre des plus fondamentaux droits de l'Homme. TRÈS efficace.
II. Idarc ßonhlein : Ce nom, malgré l'emploi de la lettre « ß », qui en français se prononce « ss » (un s allongé), doit bel et bien être prononcé « bonne laine ».
- A propos des jurons d'Harry (« bordel de ! ») : vu le sens de la fic et l'univers où elle évolue, il est impossible de dire les classiques « bon sang » ou « bon dieu », ce sont de bien trop grandes références au racisme du sang typique des Purs, ou bien à la religion Moldue… il a donc fallu que je fasse un choix…
