NVJM
Harry Potter et l'histoire inachevée
Chapitre 13 : La chute de l'Union
Suivant l'évolution de la ligne de front avec de plus en plus d'écœurement, je vis très vite les armées Pures se ruer à l'assaut de Poudlard. Bordel de …! J'espère que l'orphelinat a été évacué à temps …! En dehors de la cité, juste derrière les murailles, ce sera la première cible des Purs !
…et dans ma tête, une petite voix me chuchote cruellement que la mobilisation de l'Union avait été totale. Même les enfants avaient dû servir au combat… tout le monde vaincrait, ou tout le monde mourrait. Il n'y aurait pas d'alternative.
Je fus bientôt en vue des marches du château. Il n'y avait presque plus personne pour les défendre. Les Purs se faisaient habilement abattre par dizaines, mais ils étaient bien trop nombreux. Sans compter que la plupart des sorts ne parvenaient pas à les toucher ! Pour la plupart, c'était les nourrices qui défendaient leurs enfants… aucune n'avait de formation militaire.
« - ROWENA ! » hurla une vieille voix, que je reconnu rapidement… me retournant, je vis le vieux Gryffondor, plus vraiment bodybuildé désormais, tirer à vue sur tout ce qui bougeait sans même prêter attention à qui il visait. Il avait abattu plus d'ennemis à lui seul que le reste des défenseurs… le regard tourné vers des jeunes femmes, penchées en larmes sur le corps d'une autre qui venait d'être tuée, il leur ordonnait de reprendre le combat. « HELGA ! ROWENA ! NE VOUS LAISSEZ PAS ABATTRE ! BATTEZ-VOUS ! POUR LES ENFANTS ! » Et il lança un nouveau massacre concentré en sort, tuant une dizaine de Purs en un coup.
Je préféra ne pas les regarder combattre plus avant. A l'entrée du parc, les purs commençaient déjà à aligner plusieures unités d'artillerie… je m'engouffra dans le hall aussi vite que possible pour ne pas voir ça, me hâtant autant que mes jambes fantomatiques pouvaient me le permettre. Mais ça ne suffit pas… à peine étais-je en train de quitter l'entrée du château qu'une énorme déflagration retentit sur les marches, son souffle m'envoyant valser contre un mur.
Et puis plus rien.
L'orphelinat n'avait plus aucune défense.
Il ne me fallu pas très longtemps à parcourir les couloirs déserts pour découvrir l'endroit où s'étaient réfugiés les enfants. Dans les sous-sols, les adolescents s'étaient activés à dresser des murs de sacs de terre à chaque coin de couloir, chaque ligne de défense résignée à ne pas tenir bien longtemps, baguette débridée et prête à tuer, tandis que les plus petits enfants s'étaient réfugiés tout au fond des cachots après avoir aidé autant que possible. Il y en avait tant ! Sans aucun doute bien plus encore que lorsque j'y étais. La guerre avait fait de ces ravages ! Tous ces pauvres orphelins devaient être des milliers…
Bientôt, j'arriva dans une grande salle où plusieures centaines étaient massées les unes sur les autres. La porte fermée à clef, bardée de sortilèges de toutes sortes pour être aussi consolidée qu'imaginable, le seul contact restant avec le monde était un tout petit judas magique donnant sur l'extérieur. Serpentard, plus vieux encore qu'auparavant pour peu que ce fut possible, y avait l'œil collé, observant ce qui se passait au dehors. Allant à son côté, je pu voir la scène sous ses yeux… les marches du château étaient à jamais repeintes en rouge. Il cessa son observation bien vite, fermant le judas d'un coup de baguette, et se retourna vers ses enfants.
Le voyant les regarder, je n'eu aucune peine à deviner quelles étaient ses pensées. S'ils tombaient entre les mains des envahisseurs, chacun et chacune d'entre eux serait savamment torturé… sauvagement violée… probablement épargnés en tout cas, et soignés régulièrement, juste pour pouvoir être de nouveau brisés et souillées…
…Serpentard aussi savait ça. Et il fondit en pleurs, horrifié.
« - Papa ! » s'inquiéta une petite voix en allant vers lui. Une toute petite fille. Peut-être cinq ans, pas plus. Mignonne comme tout. Rien que la voir donne envie de la prendre dans ses bras pour apaiser sa peur.
« - Papa ! » répéta-t-elle. « Pou'quoi tu pleu' ? »
Le vieil homme, brisé par le chagrin, ouvrit ses bras pour l'accueillir, et l'enserra comme si sa vie en dépendait, pleurant sans cesse plus.
Et il se résigna.
Il protégerait ses enfants.
Jusqu'au bout.
Et il leur épargnera le sort que les purs leurs réservaient.
La petite fille s'effondra entre les bras de son papa. Fauchée d'un sort. Une mort entre les deux yeux. Et Serpentard en hurla d'horreur, alors même qu'il continuait à serrer son enfant contre lui. La baguette à la main…
Mais il ne s'arrêta pas. Il ne le pouvait pas.
Un à une, il abattit chacun et chacune de ses enfants. Ne comprenant pas ce qu'il se passait, pourquoi leur papa adoré leur faisait soudain du mal, ils tentèrent de s'enfuir en hurlant leur terreur. Mais les portes étaient verrouillées. Parfaitement blindées.
Personne ne s'échappa.
Il ne s'était écoulé qu'une minute, et la mort avait fauché l'orphelinat.
Restant seul, face au champ des cadavres tant aimés, Serpentard était silencieux, à genoux et la tête effondrée sur l'avant. Agité de pleurs, hoquetant son dégoût pour lui-même. Il ne put s'empêcher de vomir d'horreur. J'aurais bien aimé pouvoir le prendre entre mes bras à mon tour.
BOUM ! Je me retourne vivement vers les portes ! Que se passe-t-il ?!
Re-BOUM ! Les sorciers sont en train de les enfoncer. Il ne leur faudra plus très longtemps pour y parvenir. Ainsi, tous les autres enfants ont été massacrés… Sans pouvoir expliquer pourquoi ou comment, je le sens… je vois littéralement les sortilèges défensifs s'affaiblir petit à petit. Comme dévorés à petit feu par… quelque chose.
Alors Serpentard se releva. Lui non plus ne tomberai pas entre les mains des Purs. Il protégerait ses enfants jusqu'au bout. Quoi que cela lui coûte.
« - Que je sois maudit… et que ma mort puisse nous protéger à JAMAIS ! »
Et il fit soudain exploser sa magie ! Plus encore que Merlin auparavant, qui avait parfaitement gardé le contrôle de sa puissance incommensurable, Serpentard déchaîna toutes ses forces faiblissantes pour forcer sa magie à quitter son corps ! A… à alimenter les runes entourant toute la salle ! Je ne les avais pas remarquées, mais elles étaient innombrables partout autour de nous ! Et recevoir un pareil afflux de magie les fit progressivement toutes apparaître, lumineuses de puissance.
Serpentard s'effondra soudain, son corps se noircissant rapidement en une espèce de combustion de magie. Comme moi quant j'étais à l'infirmerie ! Sauf que là, personne ne stopperait la chose.
Et son cadavre brûla. Sous mes yeux horrifiés, la peau se cloqua avec une écœurante lenteur. Les os apparurent. Se noircirent. S'effritèrent. Les organes vinrent à leur tour, explosants, fumants, se répandant partout.
Pas un corps ne fut épargné.
Il n'y avait plus d'enfants désormais. Juste des cendres... et un souvenir.
Je ne pouvais en supporter plus. Horrifié autant que mon état me le permettait, je détourna le regard et m'en alla loin. Aussi loin que possible.
Les larmes aux yeux, je me retrouvais dans les airs, comme si je volais dans un balai au dessus de la cité de Pôdlad. Mais… comme au château, les lieux n'avaient plus rien à voir avec la vision idyllique qui m'en avait été offerte. La grand-place était jonchée d'une multitude de cadavres, toute entière rougie par leur sang, pavages et lac semblaient issus des enfers. Les jardins n'étaient plus que boucherie. Les immenses immeubles autrefois immaculés étaient presque tous en flammes, et il n'y avait pas un coin de rue où une explosion ne se faisait entendre. Des soldats que je devina défendre l'endroit étaient aux prises avec des gens au visage masqué d'argent, une hideuse figure de mort protégeant leur identité.
Je me sentais horriblement mal. Je n'avais qu'un envie, c'était que cesse toute cette horreur, ces visions insupportables. Là, ces enfants cachés qui étaient alignés et abattus à coup de sort mortel ! Là, ces femmes, ces adolescentes, ces petites filles victimes des exactions des envahisseurs ! Là, ces soldats en larmes qui luttaient de toutes leurs forces pour tenter de les sauver… en vain. Les Purs étaient innombrables. De ma hauteur, je pouvais en voir des centaines, des milliers arriver, se déverser par l'immense brèche béante dans les murailles, finalement rouverte malgré la défense et les pertes massives de l'artillerie Pure. Et les défenseurs étaient peau de chagrin ! Blessés, estropiés, épuisés ! Ils n'avaient aucune chance.
C'est donc ainsi qu'est tombée cette cité… dans le sang des innocents et la barbarie des sorciers…
Ma vision changea soudain, et je me retrouva au pied de l'immense tour servant de palais… flottant au gré des hurlements, sans aucun contrôle, je vis une nouvelle troupe de sorciers s'occuper à détruire sans cesse. Dans une gigantesque bibliothèque que je n'avais jamais vue, certains faisaient léviter des dizaines de milliers de livres, tandis que d'autres les incendiaient, et qu'encore quelques-uns dansaient et chantaient autour de leur feu de joie. Je n'avais pas de connaissance pour les langues du Moyen-âge, mais il n'était pas dur de deviner qu'ils scandaient sans cesse leur « pureté »…
Je ferma soudain les yeux, ébloui par la puissance du soleil. J'étais soudain revenu dehors. Dire qu'en une si terrible journée, le soleil brillait avec force, haut dans un ciel immaculé…
J'étais revenu sur la grand-place, devant la tour. Là, un grand nombre de sorciers s'assemblait en rangs bien ordonnés, visiblement dans le but de pouvoir bientôt frapper le dernier coup. Depuis les balcons de la tour, quelques ultimes fidèles tiraient sur eux autant que faire se pouvait, mais cela ne servait à rien. Avec la distance, leurs sorts s'affaiblissaient bien trop avant d'atteindre leur cible. Et puis de toute façon, les boucliers des sorciers étaient bien trop puissants. Comme renforcés…
Des trompettes sonnèrent soudain ! Quoi ?! Que se passe-t-il ?!
Les portes principales s'ouvrirent brutalement avec fracas, des purs s'enfuyant à toutes jambes ! Quoi ?!
« - C'EST LA GARDE CRÉATRICE ! LA GARDE ! » Ils n'ajoutèrent rien de plus qu'ils furent abattus d'un déluge de sorts. La garde ? Mais qu'est-ce que c'est que ÇAaaaah ?!
J'avais à peine fini ma phrase qu'un énorme hurlement jaillit du palais, très vite suivi par le son d'une charge ! Et des géants en surgirent en chargeant les Purs à toute vitesse ! Armurés des pieds à la tête, d'énormes bourdons équipés de lames l'air si tranchantes qu'elles pourraient décapiter un éléphant en un coup… ils étaient des dizaines ! DES CENTAINES ! La véritable contre-attaque commençait enfin ! Commandée par le Père Créateur, à cheval sur l'épaule d'un des géants, prenant appui sur sa tête, il hurlait ses ordres et mena aussitôt sa troupe… droit contre le rassemblement de Purs !
Le choc fut terrifiant ! Les géants furent soudain assaillis par un tsunami de sorts de toutes sortes, décapitation, torture, purification… mais leurs armures étaient parfaites ! Elles ne laissaient pas le moindre espace libre, et la multitude de runes qui les recouvraient repoussèrent tous les sorts en un instant ! Et tels des chars d'assaut, ils enfoncèrent l'ennemi sous ses hurlements de terreur, les rangs sorciers furent balayés par l'attaque ! La première rangée fut dépecée en un instant, tous tranchés nets en deux morceaux ! Le buste s'envolant au loin dans le ciel, les jambes aussitôt écrasées par les puissantes bottes des Fidèles ! C'était écœurant, mais voir soudain autant d'ennemis être éliminés me fit espérer que, peut-être… surtout qu'au loin, je pouvais voir le flot des envahisseurs s'affaiblir enfin !
BOUM !
QUOI ?! QU'EST-CE QU'Y S'EST PASSÉ ?! J'ai à peine eut le temps de penser ça que dix géants s'envolent soudain haut dans le ciel, réduits à l'état de pluie d'organes en un seul sort ! Que se passe-t-il ?! Comment est-ce possible ?!
Me tournant vers les sorciers, je sentis soudain tout espoir disparaître. Quelle cruauté qu'était la vie ! Car juste là se tenait… Idarc ßonhlein.
Aïe.
Une explosion retentit immédiatement dans les rangs des Fidèles, qui s'éparpillèrent de toutes parts en hurlant, décapités en un instant. Je me retins de vomir en voyant ce spectacle. Pauvres gens ! Cet homme était vraiment sans pitié !
Il recommença aussitôt, profitant de la confusion pour faucher une dizaine d'autres géants ! Et dix encore, et encore ! Mais comment était-il possible qu'un seul homme soit aussi puissant ?! Un millier de purs synchronisés n'avaient même pas réussi à entamer ces armures, et lui …! C'était inconcevable !
Le massacre –car ce ne pouvait décemment plus être appelé une bataille- ne dura qu'à peine plus d'une ou deux minutes avant que le calme ne revienne sur la grand-place.
Et il n'y en avait plus, de grand-place.
Juste de tristes cratères fumants, qui deviendraient bientôt des mares au fur et à mesure que tous les cadavres y pleuraient leur sang.
« - Sortez-le de là ! » Ordonna l'horrible voix de ßonhlein aux quelques soldats Purs qui restaient, comme un prédateur excité à la vue de son festin. Mais de qui parlait-il ?
Aussitôt, un troupeau de purs s'élança vers les restes de la Garde, fouillant dans et autour des cadavres à la recherche de…
« IL EST LA ! » hurla rapidement l'un d'eux. Et il souleva quelque chose… Le Créateur !
Il était blessé, une plaie béante s'ouvrait en lieu et place d'un côté de sa tête, mais il était encore en vie ! Même si… il ne le resterait pas longtemps. Ça m'étonnerait qu'ils l'aient cherché pour l'aider…
Ecœuré, je vis le bourreau amener son prisonnier au roi, le forçant à avancer alors qu'il n'avait plus les forces de marcher, le laissant trébucher et s'effondrer à chaque pas pour le simple plaisir de pouvoir le relever de force et le maltraiter encore un peu plus. Barbare. Il le jeta finalement au sol, devant son maître.
« - Maître ! » s'écria le bourreau en s'agenouillant aux pieds de son seigneur… marchant sur le Créateur sans aucun respect ! Et le faisant hurler de douleur alors qu'un sinistre craquement retentissait dans les airs. « Maître ! Je vous en supplie maître ! Purifiez mes mains souillées au contact de l'Impur ! » Et il tendit les bras, à n'en pas douter pour recevoir une bénédiction. Regardant son seigneur plein d'espoir.
Idarc ßonhlein baissa lentement le regard sur sa victime à venir, et donna un large coup de pied dans sa tête, le faisant de nouveau hurler. Le pauvre ! Puis le démon –car il était impossible de nommer autrement un homme aussi horrible-, reporta son attention sur son serviteur, toujours en train de le supplier de le « purifier »…
…et en un éclair fit jaillir son épée pour lui trancher les mains !
Un flot de sang jaillit en un instant alors que le Pur roulait au sol en hurlant, serrant ses moignons contre lui. Il se vida de sa vie en quelques minutes, et mourût là. Purifié.
« - Relève-toi, Traître ! » ordonna ßonhlein au Créateur.
Haletant sa douleur, luttant comme il le pouvait contre l'appel de la lumière blanche, le pauvre ne parvint pas à se redresser. Si le sol pouvait un peu s'arrêter de bouger !
Voyant qu'il n'obtiendrait rien ainsi, Idarc ßonhlein s'avança pour se saisir du cou de son ennemi, et le redressa d'un geste, le forçant à rester debout à coup de pétrification des jambes. Et… il lui tendit son épée ! « Toi qui prétends l'hérésie, essaie donc de te défendre face à ma pureté ! »
Un duel ?! Je rêve ! Quel sadisme ! L'issue du combat ne fait pas le moindre doute ! D'un côté, un monstre de puissance au sommet de sa forme et sans aucune pitié, usant de toutes les traîtrises possibles et imaginables, et en face de lui un blessé qui ne parvient plus à rester debout et qui est à peine plus capable qu'un Cracmol !
S'amusant avec sa proie comme un enfant avec un insecte, ßonhlein piqua le ventre du Créateur, ouvrant la tunique et laissant une large trace sanguinolente, se délectant du cri de douleur. Il recommença aussitôt, sa victime tentant de le repousser avec l'épée qui lui avait été donnée, mais il était trop faible ! A peine en contact, les lames s'entrechoquèrent et le blessé fit tomber la sienne !
Je ferma les yeux par réflexe en entendant un répugnant son de chair tranchée. Et encore un. Et encore ! Et à chaque fois, le Créateur qui hurlait plus fort, à s'en briser la voix ! Mais pourquoi un aussi grand homme devait mourir en subissant une pareille torture ?!
Rouvrant les yeux bien malgré moi, je vis le Créateur effondré au sol vers l'arrière, ses jambes seules encore debout, maintenues immobiles par le sort de leur tortionnaire. Quelle chute sans fin pour l'incarnation même de la gloire ! Finalement, ßonhlein daigna relâcher sa victime, la laissant se recroqueviller en position fœtale, tremblotante de douleur par tous ses membres. Il n'avait même plus les forces de supplier. A peine pouvait-il subir. Il ne lui restait que quelques minutes à vivre.
Bien que ça ne serve évidement à rien, je m'approcha du blessé pour tenter de l'aider. Mais ma fantomatique présence ne pouvait rien faire. Et… quoi ?! Mais que fait-il ?!
Le Créateur était en train de se concentrer pour faire quelque chose ! Ses lèvres bougeaient en silence alors qu'il agitait les doigts avec méthode ! Mais que faisait-il donc ?
« - Tu pries tes dieux impurs, traître ? » questionna l'horrible voix de ßonhlein, me sortant de mon interrogation. Le démon s'approcha, tournant lentement autour de sa proie tel le prédateur qu'il était.
« - Je me suis assez amusé avec toi ! Il est temps pour ton impureté d'être PURIFIÉE ! »
Pour moi, le temps sembla s'arrêter. Je le vis se saisir de son épée. La porter à sa bouche. Lécher le sang séché.
Et il leva haut sa lame.
Un instant plus tard, elle avait accompli sa terrible œuvre, fichée en plein torse de sa victime.
Au moment de rendre son dernier souffle, noyé par son sang, le Créateur murmura :
« - Que Pôdlad… s'endorme... puisse l'avenir… lui redonner vie… »
Et il mourut sur ces mots. Et moi, je ne pensa qu'à une chose : « Ainsi sont nés les sorciers… par la défaite de la liberté. »
Et tout devint blanc autour de moi…
…non. Tout ne devint qu'explosion ! QU'EST-CE QUE C'EST QUE ÇAaaaaah ?!
Une gigantesque lueur s'éleva soudain de la tour qui dominait la cité ! On aurait dit un second soleil ! Un soleil qui grandissait, grandissait, grandissait ! Encore et encore !
« - Monseigneur ! » Hurla un pur à Idarc ßonhlein. « Monseigneur ! Que se passe-t-il ?! Que faisons-nous ?! »
« - QUE TOUS SE PRÉPARENT À LA PRIÈRE ! NOS PÈRES ET NOS MÈRES VONT NOUS SAUVER ! PRIONS ! PRIONS ! »
Ce fou avait hurlé ça avec un fanatisme qui m'écœura encore plus que je ne le pensais possible. Le voir se précipiter au sol pour se tremper dans le sang de ses ennemis et l'offrir à ses dieux ne m'étonna même pas. Complètement dingue.
Mais la lueur ne s'arrêta pas ! C'était maintenant une sphère immense, aussi grande que la totalité de la tour ! Et elle grandissait, grandissait ! Encore, encore, encore !
Les sorciers se mirent à hurler de terreur, mais pas un ne se détourna de son maître. Si lui continuait inlassablement à prier, ils se devaient aussi de le faire ! Alors petit à petit, leur foi vainquant leur peur, ils s'agenouillèrent et imitèrent le fou. Se saisirent des quelques cadavres de femmes qu'ils avaient « emmenés en provisions », et les utilisèrent pour leur barbarie. Nécrophiles en plus ? Si j'avais pu vomir mon estomac…
La sphère atteignit un premier sorcier. Ce que je vis se grava à jamais dans ma mémoire… à peine la lumière avait-elle commencé à l'englober que se fit entendre un hurlement d'horreur qui me glaça le sang.
Puis plus rien.
Annihilation.
Extinction.
Et ça recommença… la sphère croissait de plus en plus vite. Impossible de s'enfuir ! Un à un, tous les envahisseurs furent happés ! Et tout ne s'arrêta qu'au moment d'englober la totalité de la cité. Il n'y avait plus un seul sorcier survivant.
Noyé dans son sang, le corps du Créateur affichait un sourire serein. Le piège avait fonctionné. Son œuvre était protégée… pour qui prendrait sa suite.
…
A suivre…
