NVJM

La guerre à une forte tendance à bafouer tous les droits Humains. Avec la magie, c'est encore pire. N'oubliez pas que tout ce que vous lirez ici est une fiction, et que ce sont des personnages qui parlent, pas moi…

Attention, chapitre hardcore (descriptions de tortures)

Harry Potter et l'histoire inachevée

Chapitre 14 : L'Âge Pur

Les yeux fixés sur ce qui fut jadis la cité de Poudlard, je vis les années passer inlassablement. Une première déposa ses poussières, dix suivirent et firent de même, recouvrant le dôme de pure magie qui englobait la cité, le dissimulant de plusieurs mètres. Puis des pousses apparurent, suivies d'arbres, et l'endroit devint le prolongement de ce qui était auparavant nommé « la forêt du parc du château »… et qui devint ce que je devais par la suite nommer la Forêt Interdite.

Voyant tout cela, je fus étonné de la vitesse à laquelle ce fut fait. Mon esprit forcé de fixer la scène, j'eu tout loisir à compter les saisons, et je n'en remarqua guère qu'une quinzaine. A n'en pas douter, une puissante magie influençait le comportement de la nature et provoquait la dissimulation de la cité.

Et tout à coup, l'obscurité m'envahit…

L'éducation des jeunes générations est une nécessité absolue pour toute société souhaitant pouvoir prospérer. Même au sein des peuples les plus conservateurs, il est nécessaire d'éduquer autant que possible pour formater les enfants dans le sens souhaité.

Enchaînées comme du bétail, les actuelles femmes Pures n'avaient jamais reçu le moindre cours sur quoi que ce soit. Il n'en restait plus aucune des anciennes générations, de celles qui avaient pu vivre dignement en tant qu'êtres humains durant quelques années avant d'être placées en élevage pour assurer la multiplication et l'effort de guerre. Et comme tous les hommes étaient soit morts au combat, soit auto-purifiés de désespoir au constat de la défaite, il n'y en avait pas non plus le moindre.

Le résultat de ce désastre était l'extinction totale de la culture Pure. Ce peuple voulait régner, quel que soit le prix à payer, et l'addition avait été trop grande pour lui.

Mais c'est le passé qui présente les factures, et le présent qui les paie. Pas l'avenir.

De par toute l'Europe, de nombreuses femelles d'élevage étaient encore enceintes. Attachées à leurs poteaux, elles avaient pu suivre à longueur de journée la propagande qui était insufflée dans l'esprit de leurs fils transformés en machines de guerre. Et bien qu'incapables de mettre des mots sur toutes ces choses qu'elles avaient entendues, il n'y en avait pas une qui n'avait pas l'une ou l'autre de ces phrases qui n'était gravée dans son esprit.

Petit à petit, la faim les poussa à vouloir quitter ces endroits sombres où elles étaient destinées. La plupart moururent bien vite, maigres comme elles étaient toutes, et furent mangées par leurs voisines affamées. Mais quelques-unes eurent assez de force pour déloger leurs chaines des murs qui les retenaient, et purent enfin parvenir à la lumière. Aller chercher de l'aide. Vivre. Devenir prospères.

Un jour, elles reviendraient ici, exploreraient les lieux et retrouveraient les ouvrages parlant de leur pureté. De leur culture, de leur religion. Et leur peuple recommencerait inlassablement à honorer ses dieux.

Le peuple Pur était encore vivant. Et il ne renoncerait pas.

« - TOUS AVEC MOI ! CHARGEEEEZ ! »

Quoi ?! Mais qui a crié ça ?!

La lumière me revient soudain, violente dans son éblouissement, accompagnée d'un assaut sonore qui s'empara de mon esprit et m'aveugla les oreilles, me faisant perdre l'équilibre et tomber au milieu d'un chaos indescriptible. Une bataille !

Je me retrouvai soudain au beau milieu d'une armée de gobelins armurés, montés sur d'étranges objets flottants qui me rappellent de simples skate-boards, chargeant en ordre impeccable à une vitesse stupéfiante, faisant fi de l'abruptitude du terrain et du vide qui se trouvait en dessous… nous dévalions tous du haut d'une montagne, en direction d'une masse de sorciers loin en contrebas ! Sorciers sidérés de ce qui se précipitait sur eux !

Me retournant pour voir les « cavaliers » qui m'accompagnaient, je fus surpris de tous les voir les larmes aux yeux, hurlant plus de peur résignée que de rage guerrière. Ce que je croyais être une armée n'était en fait plus qu'une petite troupe.

L'armée restait en arrière.

Pour l'éternité.

Et je compris ce qu'il se passait. Je me trouvais au milieu de résistants gobelins. Des survivants du Désastre et qui avaient combattu contre les armées des sorciers et qui avaient été tous vaincus les uns après les autres.

Je vis les sorciers se reprendre, bien avant que nous ne puissions les atteindre. Attaquer ainsi d'une telle distance était suicidaire. Mais les gobelins n'avaient plus rien à perdre.

Ils brandirent leurs baguettes. Hurlèrent leurs sorts. Illuminèrent l'ombre de leur désespoir de toutes leurs forces.

Mais l'attaque n'atteignit jamais les sorciers. Car les sortilèges d'explosion touchèrent tous les falaises à nos pieds. Les firent trembler. Les fissurèrent.

Les abattirent.

Cette bataille ne connu pas de vainqueur.

Alors que je me trouvais au milieu de l'éboulement, un nouveau flash noir envahit soudain tous mes sens, et je me retrouvai sans prévenir au milieu d'une salle plongée dans une obscurité lourde de sens. Autour de moi se trouvaient une dizaine de gobelins assis à une table, affairés à parler à voix basse. Quelques uns se tenaient la tête entre les mains, d'autres avaient les yeux rouges d'avoir trop pleuré. Un conseil de guerre ? Peut-être… mais je dirais plutôt un conseil de survivants. Il n'y en avait pas un qui n'était pas transformé en momie par une multitude de bandages.

« - Qu'allons-nous faire ? » gémit l'un d'eux en prenant sa tête entre ses mains. « Nous ne sommes plus rien maintenant… »

« - Le traité de paix signé avec les Sorciers n'est qu'un répit, » continua un autre. « Dès qu'ils se seront remis de leurs blessures, ils reviendront à l'attaque. Et cette fois… »

Je crois que je comprends. Il y a eu une guerre entre les Sorciers et les Gobelins, et ces derniers l'ont perdue. Pauvre peuple… tous paraissent déprimés, désespérés. Tous, sauf un, qui se lève courageusement.

« - Que voulez-vous, général Ragnok ? » demanda le chef de l'assemblée, sans même prendre la peine de lever les yeux vers le soldat. Ragnok ? Un ancêtre du roi gobelin de mon époque ?

« - Mes amis… il y a une chose que nous pouvons faire avec assurance. »

La scène changea bientôt, et je retrouva ce conseil de chefs dans une immense caverne, face aux survivants du peuple Gobelin. Si peu ! Tout au plus un à deux milliers. La plupart étant des enfants terrorisés…

Le général Ragnok commença un discours en gobelbabil (II), auquel je ne compris rien. Jusqu'à ce qu'il redevienne intelligible pour la suite…

« - GLOIRE ÉTERNELLE AU GRAND DIA-MÈKNÊN-LEONARD ! GLOIRE ÉTERNELLE AU PÈRE CRÉATEUR ! » (I)

« - GLOIRE ! » hurla tout le peuple en réponse. « GLOIRE ! GLOIRE ! »

Et un à un, ils s'inclinèrent devant la statue de leur nouveau dieu pour remercier avec ferveur. Sous sa protection, il était certain qu'ils pourraient de nouveau prospérer, ainsi dissimulés sous terre, en plein cœur d'une ville surpeuplée…

QUOI ?! Raaaah, mais non ! Pas ça, par pitié ! Me revoilà dans les caves servant d'élevage humain aux Purs ! Epargnez-moi ça ! Pitié ! Quoi que…

Vu l'état des lieux où je me trouve, il doit y avoir des siècles que l'endroit est désert. Les quelques squelettes des femmes restées attachées sont complètement rongés par l'humidité et l'acidité de l'urine des rats qui courent partout. Les murs sont recouverts de mousse de toutes parts, les chaînes sont complètement rouillées… « Quelle gloire pour les Purs ! » ne puis-je m'empêcher de penser. « Ils voulaient dominer le monde, et voilà tout ce qui reste de leur éphémère empire ! »

« - … »

Hein, quoi ?! Je sursaute soudain en entendant un bruit au loin. Ce n'est pas un rat, c'était bien trop fort ! Et ça ressemblait à une serrure trop rouillée… comme si quelqu'un essayait de forcer une porte ! Qui va là ?!

Je n'ai pas à attendre bien longtemps que mes yeux habitués à l'obscurité sont soudain submergés par un intolérable flot de lumière ! Je précipite mes mains pour me protéger, mais je sens une si vive douleur me taper le crâne que je vais sûrement rester ébloui pour le reste de la journée ! Grumble, manquait plus que ça !

Je commencer à peine à m'habituer à la nouvelle luminosité que quelques voix retentissent d'un fort murmure. Je ne comprends pas leur langue, mais leur ton m'indique qu'ils semblent étudier ce lieu. Des archéologues ? J'aimerais bien. Mais… j'ai un doute. Ils pourraient tout aussi bien entrer dans un sanctuaire du passé. De leur passé…

Tiens ? Alors qu'ils approchent et que la lueur de leurs baguettes les rend visibles, la première chose que je remarque, c'est leur accoutrement. Visiblement la mode a changée, et pas qu'un peu. Combien de temps s'est-il écoulé depuis l'époque de Pôdlad ?

Progressivement, avec autant de discrétion que possible, je les vois fouiller un peu partout, entrant dans toutes les pièces pour ne trouver que de la poussière et des cadavres… jusqu'à ce que l'un d'entre eux crie « J'ai trouvé ! » ou ce que je suppose l'être, à en juger par l'empressement que tous les autres mettent à le rejoindre. Et moi aussi d'ailleurs, poussé par une insatiable curiosité.

Nous entrons tous dans une pièce qui semble avoir été épargnée par les auto-purifications des anciens soldats purs, du moins à en juger par l'absence de squelettes sur le sol. Tout au fond se dresse une sorte d'autel, avec ceci d'étonnant qu'il semble faire office de lit, tant il est placé bas… le tout fait face à deux statues, l'une représentant un homme viril et l'autre une femme plantureuse, qui regardent tous deux leurs ouailles de haut, comme manifestant la volonté de les dominer sans partage… du moins, est-ce là l'impression que j'ai.

Celui qui vient d'appeler les autres se tient là, tenant religieusement un vieux livre plein de poussière ramassé sur l'autel. Ses camarades se pressent à ses côtés pour admirer cette relique de leur passé. « Allons, qu'est-ce que c'est ? Lis-le ! Vite ! Vas-y ! » ne cessent-ils de lui demander, trépignant d'impatience mais n'osant lui prendre l'ouvrage de peur de l'abimer. Alors il commença sa lecture, parlant lentement, et à peine eut-il prononcé quelques mots que ses compagnons s'agenouillèrent, retirant leur chapeau et baissant la tête pour psalmodier. Une prière, sans nul doute. Rien de bien dangereux. Mais… j'ai un mauvais pressentiment…

« …le premier envoyé, gloire à lui, a été agressé de tous côtés par les impurs et a jadis échoué dans sa divine mission. Blessé en son âme, il quitta ce monde peu après avoir été sauvé des griffes impures par nos héroïques ancêtres. Gloire à lui ! »

« - GLOIRE ! »

Le premier envoyé ? Allons bon, qui c'est encore celui-là ? Il faudra que je m'intéresse à la religion sorcière si je le puis un jour. C'est toujours utile de connaître ses ennemis.

« - Gloire au premier envoyé ! GLOIRE AU GRAND MERLIN ! »

« - GLOIRE ! »

HEIN ?! Comment ça Merlin ?! Mais ils sont fous ! C'était pourtant presque leur pire cauchemar pendant la guerre !

Il ne fallu pas plus d'un appel à la pureté pour que quelques purs sortent un instant, et reviennent rapidement en tenant en chaine des femmes folles d'inquiétude… Moldues, sans doute. Et ils prièrent à leur atroce manière… (III)

Ne voulant plus voir la folie de cette bande de fanatiques, je me détourna pour retourner dans le calme des squelettes de l'élevage. J'avais besoin de silence pour réfléchir aux conséquences de ce que je venais d'apprendre.

Les Purs prétendent que Merlin était un élu de leur religion, quoi que cela signifie. Selon eux, il avait infiltré leurs ennemis pour les détruire de l'intérieur. Pourtant, ça ne ressemble absolument pas à quoi que ce soit de ce que j'avais vu. D'accord, cette ESPÈCE D'ENFOIRÉ ! m'a trompé d'une des pires manières qui soit, mais ça ne signifie rien, ça ne donne pas caution aux propos des purs…

…n'est ce pas ? Au fond de moi, je n'arrivais pas à faire taire une petite voix qui me disait que, pour une fois, les Purs n'avaient pas déformé l'Histoire dans leur intérêt et disaient la vérité. Impossible de me débarrasser de ce désagréable sentiment. C'était comme si mon instinct lui-même me hurlait dans les oreilles.

Le pire dans cette histoire, c'est que lorsque cette rumeur parviendra aux oreilles des descendants des Fidèles… ils risquent de mal le prendre. Merlin va probablement être maudit pour de nombreux siècles. Voire plus encore.

On pourrait me dire que je suis paranoïaque, mais… jusqu'à nouvel ordre, Merlin ne sera ni bon, ni mauvais. Juste un vieil ENFOIRÉ !

« - Au nom de la pureté ! Veuillez maintenant déposer vos bulletins dans l'urne ! »

C'est un vieux poivron qui a crié ça ! Mais où est-ce que je me trouve encore ?! Une vieille salle bourrée de poussière, une accumulation de bancs branlants, une centaine de vieux schnocks… un public fébrile…

« - A voté ! Suivant ! »

Cette bande de Purs, probablement une sorte de conseil dirigeant… bizarre, j'ai l'impression de reconnaître leur accoutrement. Comme si je l'avais déjà vu… dans le journal ? (IV)

« - A voté ! Suivant ! »

Mais pourquoi est-ce qu'ils votent ? J'espère que ce n'est pas pour choisir la façon dont ils vont torturer leurs prochaines victimes ! Si je vois encore un massacre, je crois que je vais devenir fou ! J'ai vu assez de sang pour cent vies !

Petit à petit, la file de vieux desséchés se tarit, chacun retournant à sa place après avoir voté et réalisé une petite prière aux dieux Purs. Et finalement, viennent les résultats…

« - Marleganicus Aporus : une voix sur cent-onze ! Eliminé ! »

Un type un peu plus jeune que les autres, quelque part dans le public, pousse un cri de dépit. C'est toujours dur de perdre, hein ? Barbare !

« - Abusus Maldefoy : une voix sur cent-onze ! Eliminé ! »

Hum ? Maldefoy ? Bizarre, ce nom me rappelle de désagréables personnes… un ancêtre, peut-être. Un type déplaisant que même ses voisins de siège évitent s'en va en adoptant une démarche qu'il croit digne… ridicule. Merdeux de père en fils de pute, visiblement.

« - Magelus Soinner : cent-neuf voix sur cent-onze ! Vainqueur ! »

Hein quiquequoi ?! Il a tout raflé à lui tout seul ?! Mais c'est qui ce type qui a réussi à charmer les purs ?!

« - Au nom de la pureté ! Je déclare le Pur Magelus Soinner le premier Ministre de la Magie ! » (V)

QUOIaaaah ?!

« - Ces troubles à l'ordre public sont intolérables ! J'ordonne la traque des instigateurs ! Trouvez-en ! Qui qu'ils soient ! »

« - A vos ordres monsieur le ministre ! »

« - FUYEEEEZ ! VITE ! »

Hein ?! Une plaine maintenant ?! Et voilà que des dizaines de géants en haillons prennent la fuite ! Mais face à quoi ?!

J'ai à peine dit ça que des cohortes d'Aurors apparaissent à l'horizon ! BANDE D'ORDURES ! VOUS PAIEREZ CE QUE VOUS M'AVEZ FAIT ! ET CE QUE VOUS ÊTES EN TRAIN DE FAIRE !

« - Il nous faut un endroit symbolique capable d'accueillir efficacement l'ensemble de nos jeunes étudiants en magie ! Nous allons de ce pas recoloniser les anciennes ruines ! »

« - A vos ordres monsieur le ministre ! »

Tiens, Poudlard ? Oh, alors c'est si tard que ça que c'est devenu une école ? Et on le doit à ce ministre ? C'est peut-être visiblement un salaud, mais… il aura au moins fait une bonne action.

Voir le château dans un tel état de délabrement me fait un pincement au cœur. Tout est en ruines, la porte d'entrée s'est effondrée sous le poids des âges, la poussière et les rats règnent en maîtres… les squelettes emplissent chaque coin, anciens défenseurs et assaillants abandonnés là, ces derniers largement reconnaissables à leur masque en tête de mort. Tout a été saccagé, et visiblement pas uniquement pendant la bataille. Les pilleurs ont dû s'en donner à cœur joie ces derniers siècles. Bandes d'enfoirés !

De ci, de là, des dizaines de personnes s'affairent à déblayer tout ce qui traîne, un immense tas de déchets étant petit à petit formé à l'extérieur. Restes de héros y côtoient gravas en tous genres. Aucun respect. Bande de barbares !

« - Monsieur le ministre, que pensez-vous de ce projet ? »

Hum, quoi ? Oh, le chef des enfoirés visite le chantier on dirait. Et c'est un type un peu bizarre qui a demandé ça. Visiblement un fouille-merde, à voir comme il marche auprès de son supérieur en étant complètement voûté de soumission, prêt à saisir la moindre occasion pour lui lécher le cul.

« - Cette idée d'user des anciennes icônes de cet endroit me plaît, » répondit Soinner. « Répartir les étudiants en quatre groupes d'étude permettra d'engager un certain esprit de compétition. Ce sera utile pour les forcer à donner le meilleur d'eux-mêmes. »

« - Quel nom souhaitez-vous donner à ces groupes monsieur ? »

« - L'évidence, bien entendu. Ces maisons seront nommées Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard. »

…dit-il alors qu'au dehors, ses ouvriers déblaient les reliques de leurs futures idoles comme de vulgaires déchets.

« - Le ministère de la magie et l'ordre Sorcier doivent s'imposer partout ! Renforcez les troupes d'Aurors ! »

« - A vos ordres monsieur le ministre ! »

« - Pitié ! Nous n'avons plus rien ! Nous mourrons de faim ! »

« - Silence, impur ! Estime-toi heureux de vivre pour nous servir ! »

« - La morale des impures est intolérable ! Il faut organiser un nettoyage radical ! Le plus rapidement et amplement possible ! »

« - A vos ordres monsieur le ministre ! »

A vos ordres, qu'il dit…

…j'ai un mauvais pressentiment…

« - Combien pour une livre ? »

« - Seulement une noise, comme d'habitude ! De toute façon, ça ne vaut rien ! C'est la bouteille le plus cher ! »

Hein, quoi ? De quoi est-ce qu'ils parlent, ces deux espèces de clodos ? On dirait… un marchand d'ingrédients de potions et son client ?

« - Et voilà ! Et si tu en veux d'autres, n'hésite pas à faire des stocks ! Il paraît que la production est tellement énorme qu'on a des réserves pour des siècles ! »

Mais bordel, de quoi est-ce qu'ils parlent ?! Et pourquoi est-ce que je ne peux pas m'empêcher de trembler, fébrile à en vomir ?!

« - Ça tombe bien, je prévois justement d'en utiliser beaucoup dans les prochains mois ! Tu crois que tu pourrais m'en fournir quelques dizaines de centaines de livres ? »

« - Houlà… ça fait un peu beaucoup pour mes capacités de livraison, ça… je crois que tu vas devoir traiter directement avec un producteur… tu n'auras qu'à venir avec moi, je dois justement aller refaire mes réserves dans deux jours ! »

« - Volontiers ! J'ai toujours été curieux de voir ça de mes propres yeux… et d'en profiter, aussi ! »

Et ils partirent dans un répugnant rire grassouillet…

…mon mauvais pressentiment se renforce.

« - Qui va là ? » demanda une voix à travers une épaisse porte.

« - Des clients ». Et revoilà les deux clodos !

« - Avenir ? »

« - Pureté absolue. »

« - Impureté ? »

« - Soumission. Exploitation. Extermination. »

« - Vous pouvez entrer. »

Tu parles d'un mot de passe… La porte s'ouvrit lentement, sans un bruit, comme le ferait un tombeau dans un mauvais film d'épouvante… mais pourquoi est-ce que je tremble de partout ?! Je me sens fébrile à en mourir, comme si j'étais en route pour me confronter à quelque chose d'horriblement angoissant…

« - Pour quoi venez-vous ? Achat uniquement ou aussi production ? »

« - Les deux. Pour moi, vous pouvez préparer vingt-mille livres, et pour mon client ici présent… combien déjà ? »

« - Huit-cent livres. Dites-moi, en vendez-vous pour un usage personnel ? »

« - Navré, ce n'est pas possible. Le ministère l'interdit, de peur qu'elles s'échappent. Mais si vous vous montrez doué, vous pourrez revenir souvent pour en profiter. Hahaha ! »

Et les deux autres recommencèrent leur rire grassouillet…

Tout d'un coup, je comprends quelle est la chose qui me met mal à l'aise ! C'est l'odeur ! Une constante odeur de mort qui flotte dans l'air ! La même odeur métallique de sang que lors des précédents massacres que j'ai vécus ! BORDEL, C'EST PAS VRAI ! PAS ÇA ! SI JE VOIS ENCORE DU SANG, JE VAIS DEVENIR FOU !

Rapidement, je suis les trois sorciers à travers un large couloir, vers une grande porte d'où s'élèvent de nombreux cris étouffés… des cris de bébés ?

Les portes s'ouvrent, révélant une atroce odeur d'urine ! Et… ET ! NON ! NOoOoOoOoN !

BOUARGH ! Je vomis aussitôt tous mes intestins ! Un jet d'acide qui me brûle la gorge et la bouche ! Si seulement il pouvait me rendre aveugle ! Si seulement ! Ce qu'il y a là surpasse en horreur tout ce que j'ai vu jusqu'à présent !

C'est… ce sont des Vélanes ! Des centaines, des milliers ! Accrochées à des chaînes pendantes comme des jambons qu'on fumerait ! Les bras et les jambes tranchés nets, elles ont toutes des piques plantés dans leurs moignons et sont maintenues ainsi, face au sol, regardant leur absence d'avenir… quoique… en y regardant de plus près, aucune ne possède plus d'yeux. Elles sont toutes méconnaissables ! De vrais cadavres vivants !

En plus d'êtres horriblement amputées, la moindre surface de leur corps est exploitée. Toutes sont enceintes, toutes ont d'énormes seins difformes branchés à des trayeuses magiques, leurs cheveux sont enchantés pour pousser à toute allure, et coupés à répétition… pour un peu, je croirais qu'ils servent à faire des vêtements !

Soudain, un bruit de chaînes retentit plus fort que les autres. C'est une des Vélanes enceintes. Mais, quoi ? Elle s'urine dessus, ou quoi ? Il y a plein de liquide qui s'écoule d'entre ses moignons… C'est… Oh non, c'est une naissance ! Elle accouche d'une future victime, la pauvre ! Et les barbares qui se contentent de regarder le spectacle ! Mais aidez-la bordel ! Vous voyez bien qu'elle souffre la pauvre !

Les larmes aux yeux, je ne puis m'empêcher de vomir un nouveau flot de dégout en comprenant qu'ils prennent plaisir à voir tant de souffrance. Quelle bande de monstres ! Pourvu qu'ils épargnent au moins les bébés !

Bien sûr, c'est ma crédulité qui parle. Probablement ses derniers mots d'ailleurs…

« - Ah, on peut dire que vous tombez bien ! Juste au moment d'une récolte ! Vous en voulez un peu de frais ? » demande l'un des bourreaux à ses clients en s'approchant de sa victime.

« - Volontiers ! J'ai toujours entendu dire que c'était meilleur frais, avant d'avoir des sorts de stase. »

Une naissance. Une récolte. Frais. Une odeur de sang. J'ai peur. Je comprends. Et je vomis encore de plus belle en m'imaginant ce que je vais voir.

En quelques minutes, plusieures petites vélanes naissent de leur pauvre mère, qui hurlerait si elle n'avait pas été privée de ses cordes vocales… la première tomba au sol à peine née, plus d'un mètre plus bas, un gros CRAC ! l'accueillant lorsque sa petite tête toucha le sol de pierre. Et elle ne bougea plus jamais. Les autres suivirent en peu de temps, et chutèrent sur le cadavre de leur sœur, hurlantes de douleur. Pour un peu, j'aurais souhaité pouvoir vomir sous elles, histoire d'imaginer que mes souillures amortissent un peu leur chute. C'est incroyable toutes les bêtises que le cerveau humain peut inventer lorsqu'il n'a plus d'espoir…

Le bourreau qui s'occupait des deux clodos s'approcha… saisit les bébés sans aucune douceur, ne se préoccupant pas le moins du monde de leurs pleurs… ou de leur silence… puis il revint vers ses clients, près du mur… où se trouvaient de nombreux piques recouverts de sang séché, juste au dessus de ce qui ressemble à un lavabo… je vomis encore en comprenant. Ce n'est pas bien dur. Cet endroit, c'est un élevage produisant des ingrédients de potion.

D'un sort, le bourreau trancha nettes les têtes des bébés. Les planta sur une pique, et de même le reste du corps à l'envers, à côté. Et que commence la récolte.

« - Et voilà ! » dit-il. « Dans quelques minutes, vous devriez en avoir pour environ un demi-litre de sang de jeune vierge ! En attendant, voulez-vous passer à la partie production ? Hahaha ! »

Et les deux clodos rirent aussi, retirant tous leurs vêtements… c'est qu'il fallait apporter de la diversité dans la reproduction, si on voulait éviter la consanguinité.

Prostré sur moi-même, complètement entouré de mon vomi qui emplissait chaque recoin, pleurant sans pouvoir m'arrêter, je me trouvais dans une obscure petite pièce, la prison de mon esprit. Je me refusais à voir quoi que ce soit d'autre que le barrage de mes paupières, de crainte de devoir de nouveau supporter d'autres horreurs.

Rien qu'y repenser un instant me provoqua une nouvelle nausée, et un jet d'acide jaillit pour aller rencontrer le mur d'en face. J'allais le percer si je continuais ! A vomir à chaque fois que mon esprit repensait à ce qu'il avait vu… c'est-à-dire tout le temps, sans interruption. Un énième haut-le-cœur me prit de nouveau, et je m'épandis encore.

Tout ce que j'avais subi à Poudlard, le rejet, le massacre de la chambre, la trahison, les manipulations de Dumby, la torture par les aurors et la partouze des détraqueurs… tout ça, ce n'était rien en fin de compte. Ce que je venais de voir était bien pire. Tout au long de l'histoire, nombre de gens avaient subi bien pire. Moi, je n'étais qu'une personne lambda parmi la multitude.

Les Purs étaient les pires des ordures. Leur religion, leur culture, tout ça, la pire des choses qui soit arrivée à l'humanité. Il fallait s'en débarrasser à tout prix. Et pour ça, une seule et unique solution…

…radicale. Définitive. Absolue.

Je me vengerais. Je vengerais leurs victimes. Bientôt.

Bientôt…

…après un dernier jet de bile.

A suivre… dans le prochain chapitre, retour d'un personnage bien connu ! Indice, il porte une cravate comme d'autres une barbe. Ou peut-être l'inverse…

Ça va ? Vous n'êtes pas trop dérangés par les descriptions (un peu) hardcore de ce chapitre ? Je vous rassure, le pire est passé. Rien d'aussi fort n'est prévu dans la suite du scénario.

Quelques commentaires SVP ? Paraît que ça empêche les mauvaises notes à l'école…

I. Le prénom Léonard/Leonard : dans mes fics, ce nom revient souvent, et il y a une distinction avec la présence ou l'absence de l'accent. Ce nom avec accent désigne l'OC principal d'UHDS/UHDT. Ce nom sans accent désigne le Père Créateur. Même en majuscules, l'accent est toujours marqué si besoin.

II. Gobelbabil : le nom donné à la langue des Gobelins par JKR. Je le trouve hideux. Beurk.

III. La prière des Purs : si vous voulez savoir à quoi ça ressemble, allez lire « Un monde à Part », ça y est détaillé. Prévoyez de quoi vomir proprement.

IV. La bande de purs qu'Harry a déjà vue dans le journal : bien évidemment, il s'agit du maggenmagot, ou de son ancêtre.

V. Magelus Soinner : ce nom doit être prononcé « ma-gué-lousse-soie-n'heure ». Même si en fait, ça n'a aucune importance.