NVJM

Un long chapitre qui marque la fin des visions de Ryry. Exceptionnellement, la prochaine fois il y aura deux chapitres d'un coup ! (parce qu'ils sont très courts). Bonne lecture !

Harry Potter et l'histoire inachevée

Chapitre 15 : L'Âge Sorcier

Lors de la chute de l'Union magique, de nombreux représentants de chaque peuple avaient secrètement été dispersés de par le monde dans le but d'y prospérer, échappant ainsi à la ruine. Des Nains s'étaient rendus aux Amériques avec les Vikings, les Nymphes se faisaient discrètes dans les îles Britanniques, les Vélanes gagnaient la France, les Géants la Russie… et les Vampires, la Roumanie. Un endroit où, du fait de la peur des dragons qui y pullulaient, pas un sorcier n'osait mettre les pieds. C'était un endroit parfait pour prospérer.

Là, les vampires se multiplièrent rapidement, voyant de loin la chute tragique des leurs, divinisant eux aussi leur bienfaiteur tant regretté… mais à aucun moment, ils ne bougèrent le petit doigt pour aller porter le coup de grâce aux Purs affaiblis. Ils avaient une mission, ils l'accompliraient sans faillir, par delà les générations s'il le fallait. Et lorsqu'ils seraient prêts… les Purs n'auraient qu'à bien se tenir.

A l'origine, les différents peuples étaient censés vivre cachés des sorciers, Purs ou non, soit en se cachant sous terre, soit en dressant de formidables illusions autour de leurs cités, et ce jusqu'à ce que plusieurs d'entre eux soient assez puissants pour organiser une coalition capable de surprendre l'ennemi sur plusieurs fronts.

Mais le terrible sort du peuple Vélane avait changé la donne.

Lors de l'âge d'or, trois peuples en particulier prospérèrent plus que les autres : les Gobelins, les Sorciers –de toutes origines mêlées-, et les Vélanes. Petit à petit, chacun d'eux devint un symbole d'un aspect particulier de l'Union. Les Gobelins et leur grande diversité physique devinrent symboles d'organisation, de science et de prévision les Sorciers acquirent réputation de pouvoir tout comprendre et furent très appréciés en tant que précepteurs et enseignants et enfin… les Vélanes, et dans une moindre mesure leurs cousines les Nymphes, (I) furent considérées comme des idéaux de morale et de beauté, tant physique que mentale.

Bien que drastiquement différente de celle des Moldus de toutes époques (II), la morale de l'Union était considérée comme très importante et très valorisée, et ses symboles en étaient tout autant idéalisés. C'est pour cette dernière raison que de tous temps, les Purs étaient haïs, considérés comme les pires traîtres qui soient, et qu'après l'âge d'or, les sorciers, oubliant le passé et ayant rompu avec les autres peuples, furent aussi mal vus.

Et ce qu'ils étaient en train de faire… ça ne pouvait être toléré plus longtemps.

Que tombent les illusions. Que se révèlent les cités Vampires. Et que se fassent nuit leurs armées. (III)

« - ON NOUS ATTAAAAAAAQUE ! »

Hein ?! Kikekoi ?! Qui c'est qui a hurlé ça ?! Arrêtez de me faire sursauter, bordel !

Me retournant soudain, je vois que le décor a complètement changé ! Encore ?! Grumble, et dire que je croyais commencer à m'y habituer ! Prêtant attention à ce qui m'entoure, je me rends compte que me voilà finalement dans un endroit que je connais… ça ressemble à s'y méprendre au grand hall du ministère ! Du moins dans le décor, pas dans les occupants. Car ici, on est loin des bouseux désorganisés et luxueusement habillés, puisque les lieux sont remplis de bouseux désorganisés et pauvrement habillés. Un sacré changement.

« - QUE SE PASSE-T-IL ?! » Hurla soudain, toute puissante, la voix d'un nouvel arrivant. Me retournant, je vois arriver, en une charismatique grande pompe, le désormais imprésentable ministre Magelus Soinner. Aussitôt, ses chiens se précipitent vers lui.

« - MONSEIGNEUR ! DES VAMPIRES ATTAQUENT LES NÔTRES EN ROUMANIE ! »

La réaction ne se fait pas attendre. Aussitôt, Soinner répondit calmement « Convoquez immédiatement l'ensemble des généraux et des conseillers ! Placez les garnisons en alerte maximale jusqu'à nouvel ordre ! Alertez les populations de se réfugier dans les casernes ! EXÉCUTION ! »

« - À vos ordres ! »

(IV)

Nous y voilà ! Après avoir vu la multitude des bouseux ministériaux courir dans tous les sens, voilà que je me retrouve en plein cœur du ministère, dans le saint des saints de la pitoyable institution.

« - Membre du Magenmagot ! Votre attention je vous prie ! Monsieur le ministre de la Magie, l'illustre Magelus Soinner, s'apprête à vous parler ! »

C'est un énième vieux pochtron qui a dit ça. Entouré de toutes ces saletés de Purs… bande d'ordures !

Magelus Soinner s'avança rapidement au pupitre, et amplifia sa voix en se jetant un sort sur la gorge. Sans aucun doute, il allait parler de la guerre déclenchée par les Vampires… dommage que les sorciers disposent d'un chef aussi charismatique ! Je les aurai mieux vus se faire massacrer dans tous les sens à cause de leur désorganisation…

Ne prêtant pas le moindre intérêt à la tension montant autour de lui, les badauds admiratifs prêts à jouir rien qu'en voyant celui qu'ils admirent tant, il prit le temps de se servir un verre d'eau qui se trouvait là. J'entendis distinctement chacune de ses gorgées, comme si le constant brouhaha nous entourant tous deux avait disparu pour ne laisser place qu'à un duel de présences. Finalement, la pression se relâcha lorsqu'il commença son discours.

« - Purs et Pures, illustres membres du Magenmagot, respectables gens de bonne famille !... »

Quoi ? Vas-y, continue ! Sors-nous tes sempiternelles bêtises de raciste !

« - Je… »

Il ne semble pas aller bien. Il se voûte soudain, posant une main sur son ventre par réflexe… le silence se fait roi sans prévenir, alors que tout le monde remarque que quelque chose ne va pas. Puis il s'effondre au sol en poussant un râle de souffrance ! Quoi ?! Mais qu'est-ce qui lui arrive ?!

Inquiets, des sorciers se précipitent aussitôt pour lui porter secours. Il est maintenant effondré au sol, son visage crispé de souffrance et des spasmes agitant son corps. En quelques instants, avant que quiconque ne puisse parvenir à ses côtés, il cesse tout mouvement, et sa tête s'effondre au sol. Définitivement immobile.

Et le verre qu'il a bu l'instant d'avant achève de se dissoudre, rongé par l'acide qu'il contenait.

L'assassinat de Soinner a fait grand bruit dans le monde de la magie. Personne ne s'attendait à ce que l'ennemi parvienne à atteindre « le grand chef » en plein cœur de sa forteresse. En un rien de temps, quelques heures à peine, une imprévisible désorganisation s'est emparée de tout le système. Le peuple, bouseux comme à son habitude, attend qu'un nouveau chef vienne lui remplir la mangeoire, alors qu'un peu plus haut, les gradés s'agitent. Et alors que les nombreux suiveurs se réunissent pour célébrer l'enterrement de leur chef tant admiré, d'autres s'empressent de réunir leurs troupes. Voilà une occasion à ne pas manquer pour les ambitieux ! Immédiatement, ils ont compris l'intérêt qu'ils avaient, non seulement à se présenter aux nouvelles élections à venir, mais aussi à veiller personnellement à ce qu'elles se déroulent bien… et si leurs troupes peuvent comme par hasard influencer le déroulement du scrutin…

De son côté, dès l'annonce de la nouvelle par ses espions, le haut-commandement Vampire n'a pas perdu un instant. Ils ignoraient qui pouvait bien être l'assassin, mais qu'importe. Les sorciers étant ce qu'ils sont, l'occasion allait bientôt se présenter de donner un assaut massif… et ça ne rata pas ! La désorganisation des différentes troupes sorcières fut presque instantanée, les quelques généraux talentueux ou fidèles à leur poste ne parvenant plus à se faire obéir par leurs ambitieux et pitoyables sous-fifres. Une occasion rêvée !

En quelques heures à peine, la mobilisation générale fut ordonnée en Roumanie. Les ultimes réserves furent appelées au combat, les enfants placés à l'abri dans les cités ou envoyés en exil au cas ou, les femmes appelées à la guerre elles aussi, les vieillards forcés à la manutention de tout le matériel nécessaire…

Lorsque les sentinelles sorcières virent apparaître au loin un premier vampire, elles ne s'en étonnèrent pas. Un éclaireur, rien de plus. Quand il y en eu dix, un peu plus près, elles alertèrent leurs camarades de garnison. Juste une petite escarmouche sans importance, elles pourraient s'en charger seules. Mais lorsqu'elles en virent cent se précipiter sur elles… il fut trop tard pour répandre l'alerte.

Et les lignes Pures furent enfoncées en un rien de temps. Les Vampires, emportés par leur élan, enfoncèrent le front sur des centaines de kilomètres, s'emparant de gigantesques quantités de matériel, conquérant des dizaines de cités sorcières, se dépêchant d'acculturer tout ce monde pour en faire de serviles troupeaux…

Mais malgré toute la désorganisation suivant l'assassinat de Magelus Soinner, les Purs se reprirent bien vite. En une semaine à peine, un nouveau ministre fut élu, un civil, au nez et à la barbe des généraux un peu trop ambitieux, qui furent accusés de rébellion, exécutés et remplacés par de plus fidèles. Et la bataille reprit de plus belle, cette fois-ci au net avantage des Vampires. La perte de tant et tant de villes, de soldats et d'équipement avait fait grand mal à la pureté. Un très grand mal. Si elle continuait à se battre ainsi, elle finirait tôt ou tard par être vaincue…

Il n'y avait plus qu'une seule solution... relancer les antiques élevages. En espérant qu'ils aient le temps de produire avant l'arrivée des Impurs.

En quelques jours seulement, les femmes Pures furent appelée à accomplir leur « pur devoir », et se retrouvèrent réduites en esclavage dans les mêmes caves qu'auparavant leurs ancêtres. Aidées par des potions de fertilité, consentantes au cours de massives « prières communes » mais quand même violées, il ne leur fallu que peu de temps pour tomber enceintes. Maintenant, il ne restait plus aux hommes qu'à tenir le front jusqu'à la naissance de la relève…

Les vampires avaient bien conscience du colossal péril dans lequel ils se trouvaient. Mais il ne leur restait plus grand-chose à faire pour atteindre leurs buts. Le front s'étendait maintenant en une longue ligne allant du Danemark jusqu'à l'ouest de la péninsule Italienne. Encore un peu. le gros des usines de mort se trouvait en France. Encore un peu…

Se mobilisant de plus belle, pillant les territoires conquis sans aucune pitié pour rassembler le matériel nécessaire à la guerre, plaçant d'énormes foules de sorciers et de moldus sous impérium pour augmenter le nombre de leurs combattants, il repartirent à l'assaut après à peine plus d'un mois. Mais cette fois-ci, il n'y avait pas de grand chef mort pour désorganiser les sorciers. Les Vampires eurent beau concentrer leur assaut sur un point précis et peu défendu, les sorciers n'eurent aucun mal à les intercepter grâce à une multitude de portoloins, qui amenèrent leurs soldats à la mort en quelques instants dès l'alerte donnée.

La bataille qui s'ensuivit fut effroyable. Plus de dix-mille vampires avec plus du double d'impériumisés faisaient face à plus encore de Purs et de sorciers de tous bords. En moins d'une heure, de nombreuses vallées des Alpes Suisses se couvrirent de sang. Reprenant l'avantage la nuit, les nocturnes étaient repoussés à leur point de départ le jour, bien entendu à l'avantage des diurnes… le front stagna des semaines durant, sans qu'il fut possible de déterminer un vainqueur. Ce qui était gagné un moment au prix de lourdes pertes était perdu le lendemain à cause d'un désastre encore plus grand.

Face à un tel état de la situation, avec deux camps ennemis qui possédaient maintenant des forces égales, il n'y avait plus qu'une solution pour espérer remporter la victoire, outre un coup de chance : l'épuisement complet de l'adversaire. Faire en sorte qu'il n'ait plus assez de soldats pour combattre. Mais les vampires savaient bien qu'il ne leur restait plus que peu de temps avant de voir l'irrémédiable défaite arriver face à eux. Car les rapports de leurs espions étaient formels : dans les élevages Purs, les grossesses allaient bien plus vite que prévu, à cause d'on ne savait quelle atrocité nécromancienne. Nul doute qu'il faudrait maintenant à peine plus de trois mois au total pour que les premières portées soient prêtes au combat. Autrement dit, le prochain assaut serait le dernier, qu'il réussisse ou soit un échec.

Conscients que de leur victoire dépendait la survie de leur peuple ou son anéantissement, les vampires se mobilisèrent plus encore qu'auparavant. S'inspirant des livres d'histoire relatant l'Âge d'Or et sa gloire sans précédent, ils se transformèrent eux-mêmes en machines de guerre à coup de potions de toutes sortes, passèrent tout leur temps libre à s'entraîner… finalement, ils se réunirent tous ensemble, au même endroit, déterminés à mettre fin à cette guerre sans espoir. Prêts à entrer dans la légende pour leur sacrifice plutôt que pour leur victoire.

Ils étaient à peine plus de cinq-mille, contre près de quatre fois plus pour les sorciers. Il était inutile d'attaquer de front, ils seraient stoppés et décimés en un rien de temps. Tenter d'affaiblir l'ennemi petit à petit leur avait coûté bien plus que prévu, pour un résultat bien faible. Il n'y avait plus qu'une solution : frapper en plein cœur du système Pur. Frapper partout à la fois. Frapper… définitivement.

A la stupéfaction Pure, l'assaut fut lancé au petit matin. Comme un seul corps, les vampires enfoncèrent les lignes ennemies sous le feu de leur propre artillerie, puis transplanèrent par centaines droit sur leurs cibles : les élevages Purs, les ministères, les villes, les usines à Vélanes… avant même que les Purs sur place n'aient pu comprendre ce qu'il se passait, ils furent abattus par centaines, par milliers ! Facilitée par les espions, l'attaque fut un colossal succès en un rien de temps ! Toutes les portes s'ouvrirent devant les assaillants, et comme les traîtres sur place avaient prit soin de saboter tous les moyens de communication et de tuer immédiatement ceux qui savaient transplaner, la désorganisation fut de nouveau totale.

Envahissant les élevages de Purs, les vampires n'eurent aucune pitié et abattirent toutes les femelles crochetées au plafond, tuant tout ce qui se trouvait sur leur chemin, du plus ordurier éleveur au plus innocent nourrisson. De toute façon, ils n'étaient et ne seraient jamais des enfants. Juste des machines de guerre.

Les différents centres de pouvoir sorcier furent tous envahis simultanément, les bureaucrates assassinés sans pouvoir opposer la moindre résistance. Les agresseurs ne prirent même pas la peine de les chasser jusqu'au dernier, à peine se furent-ils assurés d'avoir tués les chefs et détruit tout le matériel pouvant représenter une quelconque utilité pour leur ennemis qu'ils emplirent les lieux de poix et de goudron, et incendièrent le tout, ne prêtant aucune attention aux hurlements de ceux qui étaient calcinés vifs. Même si les vampires se battaient pour une cause ont ne peut plus juste, l'horreur n'était pas le propre des Purs. Dans une guerre, il n'y avait que les mentalités perdantes qui faisaient preuve de pitié.

Aussitôt tous les pouvoirs sorciers exterminés, comme pris dans une course contre le temps, les vampires se retournèrent sur les arrières des armées pures, les surprenant totalement, attaquant tous ensemble contre une cohorte à la fois. Une multitude de nouvelles effroyables batailles s'ensuivit, décisive, dans laquelle les deux camps perdirent d'innombrables guerriers. Une par une, toutes les troupes pures furent dévastées. La guerre s'était achevée sur un coup de maître en à peine une journée. La victoire fut totale.

Mais les vampires n'étaient plus que peau de chagrin. Malgré toutes les pertes adverses, la guerre avait été si effroyable pour les nocturnes que les sorciers étaient maintenant plus de cent fois plus nombreux qu'eux. S'ils tentaient une occupation du territoire ennemi, ils seraient bien vite confrontés à des révoltes partout où cela est possible. Mieux valait conclure un accord juste, puis se retirer chacun chez soi.

Les nouveaux dirigeants sorciers, rien de plus que quelques bourgeois sans expérience politique, furent sommés de se rendre en Roumanie, surveillés de près par les rares vampires encore indemnes dans l'une des rares forteresses encore intacte. Il ne fallait pas que les conquérants laissent paraître la moindre trace de leur faiblesse.

Au cours de négociations bluffantes, dans tous les sens du terme, et relevant plus du chantage complet que de quoi que ce soit d'autre, les sorciers furent forcés de renoncer à de véritables fortunes. Sous la surveillance des soldats ennemis, ils durent remettre un tribut d'innombrables livres, objets ou autres richesses, et durent même accepter de livrer plusieures centaines de « criminels de guerre »… presque tous de sang pur, aussitôt alignés et exécutés.

Bien entendu, ils durent aussi déclarer solennellement qu'ils renonçaient définitivement à toute forme d'exploitation des peuples vivant à leurs côtés. Les Vélanes furent délivrées de leurs chaines par des vampires en pleurs, qui, voyant leur situation déplorable, durent se résigner à définitivement les libérer de leurs souffrances par centaines. Ce peuple magnifique avait échappé à l'anéantissement de bien peu. Les quelques dizaines d'enfants survivantes viendraient en Roumanie, en compagnie des Vampires, en espérant qu'elles pourraient de nouveau parvenir à prospérer…

Pour les sorciers, la guerre du sang avait été un désastre colossal. Certes moindre que pour les vampires ou les vélanes, qui se retrouvaient tous deux presque anéantis, mais néanmoins une véritable apocalypse. Des milliers de survivants étaient estropiés à vie, la population européenne avait été divisée par deux, et à n'en pas douter, si aucune invasion étrangère n'était à prévoir, ce n'était bien que grâce au fait que les autres peuples sorciers étaient bien trop divisés et faibles pour s'attaquer aux Purs.

Justement, la grande situation de faiblesse des Purs eut des conséquences que bien d'autres n'auraient pu prévoir. Mis en minorité partout où il en restait des survivants, ils furent supplantés par des sang-mêlés ou des nés-moldus, qui, dénués de tout sens d'unité purement religieuse, n'avaient plus la moindre raison de rester unis par delà les langues et les régions. Influencés par les différentes situations moldues, nombre de groupes rebelles apparurent et se détachèrent du ministère d'origine pour en former de nouveaux.

Le siècle des lumières sorciers avait vécu.

Et moi, je pensai : « C'est donc ainsi que la sorcellerie européenne s'est retrouvée aussi divisée… c'est sûr qu'en prenant modèle sur les Moldus de l'époque, il ne pouvait pas vraiment en être autrement. »

Magelus Soinner était certes un Pur particulièrement fervent et raciste, il n'en était pas moins un sorcier avant tout, et un grand homme comme l'histoire n'en fait que bien peu. Par delà le sang, par delà les origines, les croyances ou la culture, il avait subjugué l'ensemble de la population au point d'en être devenu une légende. Savoir qu'il avait été lâchement assassiné enrageait tous ses admirateurs, et bien qu'il n'y avait nul doute sur l'identité des coupables –les vampires-, la crainte que ceux-ci inspiraient désormais freinait toute volonté vengeresse.

Mais il n'en fallait pas moins un coupable. Ou peut-être… des coupables… peu importe qui, pourvu que leur massacre puisse faire retomber la rage qui animait de plus en plus les populations sorcières frustrées et ivres de colère.

Les Gobelins de Gringotts furent des cibles toutes trouvées. En déchéance totale depuis maintenant des siècles, leur peuple voyait son nombre se réduire sans cesse plus. Il n'y avait qu'à voir les pitoyables banquiers qui s'occupaient des comptes des peuples magiques : petits, chétifs, hideux… nul doute que les soumettre serait facile. Et en pillant… ou plutôt en récupérant comme il se doit le contenu de leurs coffres, il serait rapidement possible de reconstruire la société sorcière.

Quelques années après la guerre du sang, face à un ennemi estimé tout au plus à un millier de bestioles fragiles, ce furent des troupes de quelques cinq-mille aurors qui furent mobilisées, et qui se ruèrent à l'assaut sans attendre, se contentant d'une stratégie sommaire résumée en une ligne : « purifiez tout ! ».

La déroute fut immédiate. Prévenus largement à l'avance par leurs espions, les gobelins avaient rempli leur territoire de pièges de toutes sortes, et surtout… bien loin de l'image de fragilité qu'ils avaient volontairement donnée en public, dans leurs cités souterraines ils étaient des dizaines de milliers capables de prendre les armes, soldats surentraînés. En moins de quelques heures de combat, les Aurors furent balayés, repoussés, exterminés.

Les Gobelins sortirent en masse de Gringotts et se déversèrent partout dans le chemin de traverse, prenant en otage le moindre sorcier qui se trouvait là, exécutant aussitôt ceux qui étaient identifiés comme Purs ou ceux qui manifestaient la moindre tentative de résistance. En une heure seulement, ils envahirent en masse le ministère Britannique et le ravagèrent totalement, prenant en otage tous les membres du gouvernement.

Voyant la facilité déconcertante avec laquelle les Gobelins avaient vaincu les Britanniques, les autres gouvernements sorciers entrèrent aussitôt en contact avec Gringotts pour leur jurer que cette guerre n'était qu'une tentative isolée et particulièrement injuste, qui n'engageait absolument pas les continentaux.

Pour une raison inconnue, alors même qu'ils auraient pu soumettre une grande part de l'Europe sorcière en quelques jours seulement, les Gobelins acceptèrent ces excuses et se retirèrent dans leurs cités après n'avoir fait que demander des garanties pour une paix durable… et bien entendu, après avoir amplement pillé toutes les possessions des sorciers Britanniques. Tant qu'à faire.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la situation des sang-purs n'était pas au beau fixe. Suite à l'invasion vampire et à la guerre du sang, c'est un véritable désastre qui avait frappé la Pureté. Son traditionnel fief en Germanie avait été ravagé, tout ce qui se rapportait de près ou de loin à sa culture avait été détruit, nombre d'anciennes familles avaient été décimées, le culte n'était plus rendu… les survivants, frappés de toutes parts de sorts de mémoire et privés de ce qui faisait leur âme, avaient tout oublié de leur glorieux passé. Il y en avait même maintenant qui osaient l'hérésie de côtoyer des Impurs !

Paradoxalement, c'est dans les îles Britanniques que la culture Pure avait le mieux survécu, malgré le terrible assaut mené par les Gobelins, qui avaient décimé la pureté et l'avait réduite à une dizaine de familles, soit à peine une cinquantaine d'individus. Une cinquantaine bien décidés à ne pas abandonner. Car il fallait réagir ! Pas question de tomber dans les travers des pauvres continentaux ! Pas question d'oublier le culte, d'oublier tout ce qui faisait la pure identité !

Il n'y a pas de fort pouvoir identitaire sans une forte influence politique. Il fallait donc coûte que coûte parvenir à reprendre les rênes du peuple. Et suite aux destructions occasionnées par les Gobelins, quoi de mieux qu'une politique centrée sur quelques familles en particulier, avec un peuple n'ayant pas son mot à dire ?

Que revive la juste injustice du Magenmagot.

Dans le monde magique, les années passèrent petit à petit. Les décennies s'égrenèrent patiemment, approchant bientôt le siècle. Les sorciers se reconstruirent progressivement, multipliant leur nombre sur le continent et partout ailleurs. Portée par les découvertes technologiques amenées par les nés-moldus, leur natalité explosa, les faisant passer de quelques milliers à travers l'Europe à plus de cinquante-mille mi dix-neuvième siècle.

Chez les Gobelins, on commençait à s'inquiéter de cette rapide augmentation. Nul doute que les sorciers n'avaient rien oublié des humiliations successives des siècles précédents, et que le leurre de ne montrer que des banquiers chétifs via Gringotts ne suffirait pas à endormir leur vigilance, comme cela avait précédemment été fait avec succès.

Face à la brutale augmentation de la population ennemie, les dirigeants Gobelins réunis en conseil conclurent bien vite que… une bonne guerre, tout de même ! Voilà qui ne peut pas faire de mal !

Cette résolution prise, un but fut établi, à savoir la limitation au maximum de la population sorcière sur les iles Britanniques, et éventuellement un peu sur le continent, grâce à une méthode très simple : plutôt que de brûler les maisons et capturer les femmes et les enfants, les Gobelins se montreront magnanimes et pilleront les maisons, puis brûleront les femmes et les enfants. Un plan d'une grande humanité. (V)

La mobilisation fut donc ordonnée, la propagande déchaînée, les civils transformés en gardes chargés de défendre les cités au cas où, et les soldats métamorphosés en machines de guerre à coup de potions, d'équipements runiques et d'entrainements constants. Et c'est finalement par un discours du roi Ragnok XIX que la guerre fut déclenchée. Face à ses armées réunies, il prophétisa une victoire d'une ampleur sans précédent dans l'Histoire Gobeline, une victoire telle qu'elle égalerait la gloire de l'âge d'or.

« - Depuis maintenant des siècles, notre peuple se prépare en secret, depuis des siècles nous accumulons la science et les ruses afin de miner au mieux la pullulation des traîtres sorciers ! Depuis maintenant des siècles, chaque génération rêve d'être celle qui vengera nos glorieux ancêtres et rétablira la gloire de la grande Union magique ! CE JOUR EST ENFIN ARRIVÉ ! Nous sommes les élus qui allons accomplir le rêve qui a guidé la vie de tant et tant des nôtres ! AUJOURD'HUI, NOUS VENGERONS LE DESTIN ! GLOIRE AU GRAND DIA-MÊKNEN-LEONARD ! GLOIRE ! »

« - GLOIRE ! GLOIRE ! GLOIRE ! »

« - A L'ASSAUT ! »

Le chemin de traverse était paisible depuis maintenant des décennies, aussi personne ne s'attendait à ce qui allait arriver. Les badauds qui se promenaient là eurent à peine le temps d'entendre les hurlements d'horreurs des clients de la banque qu'un flot de milliers de Gobelins fanatisés se déversa par les grandes portes de Gringotts, et se dépêcha d'abattre à vue tout ce qui portait une baguette… ou n'était pas encore en âge d'en porter. La rue commerçante et ses diverses allées furent bien vite ravagées, puis l'armée s'empressa de transplaner, de cheminetter ou de se portloinner, direction les hauts lieux de la sorcellerie. Il fallait faire vite, plus la surprise serait grande, moins l'ennemi serait capable d'opposer de résistance !

Mais les sorciers avaient retenu la leçon de la précédente guerre, et ils avaient mis en place une intense surveillance de l'enclave gobeline qu'était la banque de Gringotts. Voyant de nombreux signes inhabituels, comme l'augmentation des relèves dans les rondes des gardes, l'affutage des armes, l'astiquage des armures et bien d'autres choses, la paranoïa issue de la précédente humiliation leur fit prévoir un plan au cas où le pire ait lieu. Usant de la diplomatie autant que possible, n'hésitant à s'endetter massivement pour acheter l'aide des autres pays si nécessaire, le ministère Britannique prévit l'intervention d'une puissante force pour compléter la mobilisation de ses quelques centaines d'Aurors.

Ainsi, dès que les Gobelins sortirent de leur cité, l'alerte retentit partout dans le ministère. Le gouvernement fut immédiatement évacué vers une base secrète parfaitement prête à l'accueillir pour lui permettre de diriger la guerre malgré son exil, et les aurors revêtirent immédiatement des armures d'un nouveau type, basées sur la découverte récente d'une technologie consistant à améliorer l'effet des enchantements en les traçant à coup d'encre de magie. (VI)

Les premiers envahisseurs Gobelins à poser le pied dans le grand hall du ministère furent ceux ayant utilisé les cheminées… en un instant, sans même pouvoir comprendre ce qu'il leur arrivait, ils furent transformés en combustible pour alimenter le feu de ceux qui les suivaient. Le massacre continua pendant encore près d'une minute, jusqu'à ce qu'un des corps fut renvoyé accidentellement jusqu'au point de départ de l'armée. Les gobelins comprirent alors ce qu'il se passait, et envoyèrent un bon nombre de bombes magiques réglées pour exploser dès qu'un sort les touchait. Ce qui ne manqua pas. Quand, quelques secondes après, ils virent revenir un fragment de mur teint en rouge, ils n'eurent plus de doute et s'élancèrent de nouveau.

Mais voilà que l'alarme résonna au cœur de la banque ! Les éclaireurs étaient de retour, et annonçaient l'arrivée de plus de vingt-mille sorciers armés jusqu'aux dents ! Nul doute qu'il s'agissait de renforts !

« - TOUS À LEUR RENCONTRE ! » Ordonna le roi Ragnok. « PLAN D'ATTAQUE NUMÉRO UN ! PAS DE PITIÉ ! PAS DE SURVIVANT ! »

Pas de survivant… nul doute qu'il espérait pouvoir faire en sorte que ce soient ses ennemis qui se retrouvent dans cette situation déplorable…

Ne disposant pas de portoloins pour autant de combattants, et le réseau récent des cheminettes ayant été immédiatement saturé, les sorciers se retrouvaient obligés de gagner la bataille en transplanant en masse, le plus vite possible, pour espérer arriver à temps pour tuer quelques envahisseurs. Mais, contrairement à leurs espoirs, il leur fallu bien plus de temps que prévu initialement. Le transplanage se faisant grâce au son et à la vitesse de celui-ci, il était soumit aux mêmes limites, et sa vitesse variait considérablement en fonction de la température.

La guerre avait été déclenchée en plein hiver, par grand froid, l'air était donc plus concentré, plus épais, ce qui avait pour effet qu'un transplanage vous emmenait moins loin qu'en été, quand l'air était dilaté. Sitôt arrivés sur les côtes de la Manche, il fallu aux renforts plus de cinq minutes pour parvenir jusqu'au lieu du massacre, à quelques kilomètres au nord de Londres. Minutes que les Gobelins mirent à profit sans hésiter.

Se précipitant droit sur la route de leurs ennemis, ils envahirent un village moldu qui se trouvait là, tuant les habitants sans hésitation, et en un instant, mus par de redoutables entraînements, ils effondrèrent les bâtiments pour en faire des murs, creusèrent des tranchées pour s'y enterrer, aménagèrent les caves en poste de commandement, dressèrent une multitude d'enchantements de défense, recouvrirent le terrain alentour de bombes magiques grimées en toutes sortes d'objets naturels, et organisèrent leur résistance et leur approvisionnement au pas de course… ça ne leur prit pas plus de trois minutes top chrono.

Dans leur urgence, les sorciers n'avaient que faire de se montrer aux Moldus, un troupeau d'Oubliators les suivait de près et réglait tous les problèmes possibles à grands coups de sorts de mémoire. Dans le plus clément des cas.

Une terrible explosion retentit soudain, me faisant sursauter jusqu'au ciel ! HEIN KIKIKOI ?! Voilà que les sorciers ont été fauchés par dizaines, juste entre deux transplanages ! Ils sont arrivés face au piège des Gobelins ! L'ennemi attaque ! Les autres aurors s'arrêtent ou reviennent en arrière, et aussitôt comprennent se qui se passe, se ruant à l'assaut ! Et je comprends soudain la stratégie des gobelins ! L'infortuné petit village qu'ils ont rasé va leur servir de fortin, qu'ils défendront jusqu'à la mort ! Dans la digne fibre des guerres moldues qui suivront quelques décennies plus tard, cette guerre se passera sous terre !

Voyant ça, les quelques cours d'histoire que j'ai suivis dans les écoles de l'Union me reviennent en mémoire. Nul doute que les Gobelins veulent rejouer le miracle qu'ils avaient accompli lors de la première guerre Pure, avant la fondation de la cité de Pôdlad, lorsque leur prince Malagia, élu dictateur pour l'occasion, avait transformé moins de deux centaines des siens en une garnison terriblement efficace, tenant sans faillir et des semaines durant une simple ruine qu'ils avaient transformée en forteresse improvisée. Armés de leur seul courage, ils avaient combattu les Purs des semaines durant, en tuant des milliers, et infléchissant de façon décisive l'issue de la guerre !

Mais voyant le combat se transformer en guerre de position, les aurors s'enterrant eux aussi sans attendre, je me mis à redouter ce qui allait arriver aux envahisseurs gobelins. Leur glorieux héros et les siens avaient certes tenu des semaines, accumulé les exploits, mais à peine avaient-ils été libérés par les armées unies menées par le Père Créateur qu'ils s'étaient tous effondrés d'épuisement, et étaient morts dans les quelques heures qui avaient suivies… un sort certes glorieux, mais terrible !

Moins d'une heure après le début du siège, les aurors lancèrent leur première attaque ! Ils ne disposaient pas de batteries d'artillerie, alors pendant qu'un large troupeau chargeait, boucliers dressés, un autre lançait une multitude de sorts explosifs dans les airs, visant les lignes gobelines dans l'espoir de les occuper suffisamment longtemps pour que leurs lignes puissent être enfoncées par les autres !

Mais la réaction ne se fit pas attendre ! Pendant que les sorciers préparaient leur siège puis leur assaut, les gobelins avaient gardé le doigt sur la gâchette, ou plutôt sur les enchantements qu'ils avaient mis en place sur le terrain avant que leur ennemi n'arrive ! Et dès que la masse adverse fut toute entière entrée sur le no mage's land (VII)… BOUM ! Dans un rayon précisément délimité et contrôlé, tous les pièges qu'ils avaient répandu pendant leur préparation explosèrent en un parfait ensemble ! Je ferma aussitôt les yeux pour ne pas voir cette horreur… les Vélanes m'on suffi, merci bien !

Le calme revint un instant plus tard. Du bon millier de sorciers qui avaient chargé, il ne restait maintenant que des cris d'horreur et d'agonie. Ce qui était auparavant un champ de pommes de terre était maintenant devenu une large culture de membres déchiquetés, de salades de cervelles, de navets humains, le tout généreusement irrigué de sang et enrichi d'une bile copieusement déversée par des kilomètres d'intestins… de quoi faire une bonne récolte pour le cimetière. (VIII)

Emportés dans leur sanglant élan, c'est au tour des gobelins de se précipiter à l'assaut ! Foulant du pied les restes de leurs ennemis, achevant les rares survivants en les écrasant sans pitié, ils se jettent sur les tranchées sorcières, faisant tomber leurs boucliers au dernier moment, et se jetant sur leurs adversaires pour les massacrer au corps à corps !

Mais les sorciers s'étaient préparés, et les repoussèrent avec facilité, endiguant l'assaut grâce à leurs différentes lignes, la première encaissant le choc et les suivantes bombardant à tout va. Les gobelins cessèrent rapidement leur attaque, comprenant qu'ils faisaient couler leur sang inutilement.

Le temps sembla soudain s'accélérer, et je vis les assauts se succéder inlassablement, jour et nuit, le nombre des attaquants et des défenseurs de chaque camp se réduisant progressivement. Chacun fit preuve d'une ingéniosité sans cesse grandissante pour tenter de l'emporter. Les sorciers tentèrent un bombardement général via un large survol en balai, des potions explosives prêtes à être lâchées, mais les gobelins n'eurent aucun mal à les cueillir, puisqu'ils ne pouvaient monter hors de portée de tir, le vent risquant trop de les y déstabiliser. De leur côté, les gobelins tentèrent de creuser des tunnels de sape sous les lignes adverses, les bourrant d'explosifs avant de reboucher et de déclencher le tout, provoquant d'immenses cratères à chaque coup. Mais grâce à la magie, les sorciers n'avaient aucune peine à les repérer, et parvenaient à évacuer leurs lignes avant l'attaque, et les réoccupant immédiatement en quelques instants sitôt le danger passé…

La bataille s'acheva finalement des semaines plus tard, faute de combattants. Par la suite, je devais apprendre dans un livre d'histoire que les Gobelins, voyant leur nombre se réduire dangereusement et craignant des renforts sorciers du continent, contactèrent le ministère pour signer la paix. Après d'âpres négociations, le statu quo fut décrété, foulant au pied le courage des milliers de combattants tombés pour ne satisfaire que la simple soif de gloire d'un roi…

Regardant ce qui fut le théâtre de l'une des plus féroces guerres depuis la chute de l'Union, je ne pu m'empêcher de penser aux familles qui vivaient là jadis. Il y avait probablement des gens innocents parmi ceux que les gobelins avaient massacrés. Des enfants, des bébés…

…pourquoi ?

…pourquoi est-ce que je ne parviens pas à pleurer ?

Je ne comprends pas. D'habitude, penser à toutes ces choses atroces me met mal à l'aise. Me donne la nausée. Mais là, je ne ressens rien. Je suis comme vide. Comme si toutes les horreurs que mes visions m'avaient faites voir étaient finalement parvenues à me vider de mes larmes…

C'est dans un état apathique que je ferme les yeux, semblant comme m'endormir…

Hum ? En relevant la tête, je peux voir que le décor a encore, pour l'énième fois, changé. J'espère que ce sera la dernière, je suis lassé à force ! Où est-ce que je suis encore tombé cette fois ? Une pièce bien sombre, une table branlante, des chaises en un pire état encore, quelques verres vides… et… un paquet de bonbons ?

J'ai un étrange sentiment. M'approchant, je vois qu'il s'agit d'un paquet aromatisé au citron…

…mon sang ne fait qu'un tour ! Il n'y a qu'une personne de toute l'histoire de l'humanité à être capable d'avaler des trucs aussi infects ! La vieille ordure de Dumbledore !

Je me fige ! J'entends soudain des voix, derrière une porte ! Qui va là ?! Oubliant momentanément mon état fantomatique, je me dépêche d'aller me cacher derrière une haute armoire, avant de me rappeler que ça ne sert à rien. Qui que ce soit, ils ne peuvent pas me voir.

Dans l'obscurité de la nuit, deux personnes entrent discrètement, et prennent place à la table. L'une sort sa baguette pour allumer la petite lampe à pétrole qui traîne là, me permettant de voir son visage. De longs cheveux blonds, un visage très charmant, figé dans une expression aristocratique… s'il n'avait pas eu l'air aussi chaleureux, j'aurais presque pu croire à un Malfoy.

Me retournant vers l'autre personne, je ne fus tout d'abord pas interpellé, ni par ses jeunes cheveux roux, ni par sa barbe déjà hirsute. Jusqu'à ce que je croise ses lunettes en demi-lune… DUMBLEDORE ! Toutes mes pulsions meurtrières remontèrent en un instant à la surface ! Tuer ! Déchirer ! Écorcher ! Les mots du basilic de la chambre me revinrent aussitôt en mémoire ! Graaah, cette ordure a bien de la chance que je ne sois pas en mesure de le toucher ! Comme j'aimerais le torturer des jours durant ! L'amputer des bras et des jambes, le pendre à des crocs de boucher ! Voire même le rendre immortel, pour pouvoir être sûr qu'il souffre à tout jamais !

Mais il faut que je me calme. Que je me maîtrise. Quand bien même nous retrouverions-nous en face à face, ce SALOPARD ! n'aurait aucune difficulté à me maîtriser, à m'effacer la mémoire et faire de moi tout ce qu'il veut.

« - Alors Gellert, où en es-tu dans ta part du plan ? »

« - Ça avance bien Albus. Mes troupes sont chaque jour plus nombreuses, nul doute que lorsque la guerre éclatera, je pourrais nettoyer la société de manière efficace. Et de ton côté ? »

« - Tu connais les Britanniques. Bien que très peu nombreux, ils se croient le centre du monde. L'idée qu'un continental comme moi puisse vouloir faire de la politique chez eux… ça les dérange amplement. C'est pour ça que j'ai besoin que tu mènes une attaque là bas, avec quelques sous-fifres sans valeur, histoire que je puisse les arrêter et me faire passer pour un « puissant sorcier héroïque » ! » Il a prit une insupportable voix nasillarde en disant ça. Nul doute qu'il se moque des sentiments du peuple. Rien d'étonnant venant de lui, en somme.

« - Je devrais pouvoir organiser une attaque rapidement, en effet, » acquiesça le dénommé Gellert, avant de se taire et de laisser dominer le silence.

Du coin de l'œil, je les vois se jeter un regard méfiant. Ils sont complices pour je ne sais quoi, mais ils n'en semblent pas moins ne pas beaucoup s'apprécier. Rien que pour sa suspicion à l'égard de Dumbledore, j'en viendrais presque à apprécier le blond. Presque, car malgré son côté charismatique, il me donne une désagréable impression de malaise. Il empeste la magie noire, c'est vraiment désagréable.

« - Alors nous nous voyons quand tout ça sera fini, » termina Dumbledore en se levant. « Bonbon au citron ? »

« - Volontiers, » répondit le blond en se servant dans le paquet rempli de poussière.

Et une fois Dumbledore parti, lui-même marchant au dehors, je le vis donner le bonbon à un chien errant… qui s'effondra en un instant, agité de spasmes de douleur. Empoisonné.

Le blond sourit sadiquement, avant de transplaner.

Voilà que je me retrouve en pleine bataille ! Des aurors font face à des types masqués d'une large capuche toute blanche ! Et ils sont des centaines de chaque côté ! Ma parole, ce n'est pas juste une petite escarmouche comme annoncé ! C'est une véritable guerre !

Survolant la scène comme mon esprit volatile m'en avait donné l'habitude, regardant tout autour pour essayer de trouver un point de repère et mieux comprendre ce qu'il se passe, je vois soudain le type blond de la vision précédente, entouré de dizaines de ses serviteurs dressant une multitude de boucliers autour de lui. Dirigeant la bataille bien à l'abri, il semble que sa seule présence décuple les forces de ses hommes ! Mais c'est qui ce type ? Raaah, si seulement ce vieil attardé de Binns n'avait pas parlé que de sa vision des guerres gobelines ! Et si j'avais écouté plutôt que m'endormir !

Comprenant qu'il s'agit sans aucun doute là de la bataille que lui et Dumby avaient fomentée, je m'efforce de comprendre précisément ce qu'il se passe. Lors de leur complot, ils avaient conclu de mener une simple escarmouche, et j'avais compris que le blond enverrait quelques éclaireurs tâter les défenses Britanniques… mais là ! Face à plus d'un millier d'Aurors flamboyants dans leur uniforme rouge, ce sont bien le triple, voire le quadruple de capuches blanches qui les bombardent dans tous les sens !

« - GELLERT ! QU'EST-CE QUE TOUT ÇA SIGNIFIE ?! ON N'AVAIT PRÉVU QU'UNE SIMPLE ESCARMOUCHE ! »

C'est Dumbledore qui approche ! En rutilante armure de combat, il semble n'avoir pas encore prit part au massacre, comme s'il s'était réservé juste pour ce moment, sachant qu'il y aurait besoin de toutes ses forces. Sans doute est-le cas, mais je ne peux m'empêcher de l'imaginer coquet, faire attention au moindre pli de ses robes jusqu'en pleine bataille… une image amusante.

Le dénommé Gellert, pas impressionné pour deux sous, l'attaque aussitôt ! Un énorme sort de mort jaillit de sa baguette, comme pour faucher une armée entière en un seul coup ! Trop puissant pour être paré ! Et… Dumbledore le laisse s'écraser sur un bouclier plus énorme encore ! MAIS COMMENT ILS FONT ÇAaaaaah ?!

« - AH ! C'EST TOI QUI AS DEMANDÉ UNE PETITE INCURSION, ALBUS ! JE N'AI RIEN PROMIS ! TU CROYAIS VRAIMENT QUE JE LAISSERAIS PASSER PAREILLE OCCASION DE ME DÉBARASSER DE TOI UNE BONNE FOIS POUR TOUTE ?! J'AI DÉJÀ CONQUIS TOUTE L'EUROPE ! TES SATANÉES ILES SONT LA DERNIÈRE BARRIERE ENTRE MOI ET LE MONDE ! LE TEMPS EST VENU D'EN FINIR ! EN GARDE ! »

Il lance aussitôt un véritable flot de mort droit sur son adversaire ! Toute trace d'amitié a disparue, seule la mort pourra apporter un semblant de paix entre les deux frères ennemis ! Que l'agonie et la destruction frappent de partout !

Impressionnant ! Incroyable, même ! Dès que le duel commence, ce sont les seuls mots qui me viennent à l'esprit en voyant les exploits des deux combattants. Seul Merlin lors du siège de Pôdlad a été plus ahurissant, ce qui n'est tout de même pas peu dire ! Entre les deux adversaires, les sorts volent par dizaines à chaque instant, les parades et les ruses se succèdent à un rythme effréné, la danse de mort est sans cesse plus violente ! Ils marchent… non, ils dansent littéralement dans tous les sens, exécutant à la perfection une chorégraphie apprise par cœur, évitant tous les obstacles jonchant le sol sans même y faire attention !

Mais le blond est progressivement en train de prendre l'avantage ! Ses sorts sont plus puissants que ceux de Dumbledore, il en lance de plus nombreux et tend plus de pièges à son adversaire, et bien que cela ne suffise pas pour l'instant à faire la différence, nul doute que ça ne va pas tarder. Je ne sais pas quel âge ils ont, mais avec sa barbe hirsute, Dumbledore semble être plus vieux, et pas dans sa meilleure jeunesse. A moins d'être un insoupçonnable athlète, il finira sans doute par être le premier à s'épuiser.

Les sorts pleuvent les uns après les autres ! Tout en me concentrant pour ne pas rater une miette de ce spectacle, je remarque distraitement que leurs incantations sont loin d'être toutes en latin. Certaines sonnent à mes oreilles comme du français, du russe, du chinois, ou je ne sais quelles sortes de sons gutturaux qui ne veulent probablement rien dire. Et ça, c'est quand ils prennent la peine de s'exprimer ! Je n'en avais jamais entendu parler, mais il semble possible de jeter des sorts sans mot dire, et même sans faire de geste ! Sinon, comment expliquer qu'ils puissent frapper plusieures dizaines de fois par seconde ?

Regardant autour de moi pour voir où en sont les armées, je puis voir que la plupart des combattants ont cessé de se battre pour se ranger chacun d'un côté de la scène du duel, regardant la suite avec appréhension. Nul doute que la victoire ou la défaite de leur meneur respectif déterminerait radicalement et immédiatement la fin de la guerre ! Car eux tous, que je soupçonne n'être que de pitoyables bouseux, ne feraient certainement pas le poids contre Dumby ou son adversaire, même s'ils étaient blessés.

Ne connaissant pas l'histoire du blond et ce qu'il a fait jadis, je ne puis pas vraiment m'autoriser à prendre parti. Toutefois, il combat écharpe-poilue… il ne peut donc pas être si mauvais que ça… si ? Donc, par défaut : vas-y blondinet ! MASSACRE-LE, CET ENFOIRÉ !

Comme un signal suite à ma prise de position, le combat évolue soudain ! Dressant son plus puissant bouclier, Dumbledore charge son ennemi, prenant de plein fouet une multitude de sorts, résistant tant bien que mal ! Mais qu'est-ce qu'il veut faire ?! Il voit bien qu'il n'y arrivera pas ! Déjà ses défenses commencent à faiblir face à l'assaut !

J'ai à peine fini de dire ça qu'il arrête sa course, à quelques pas du blond, ses boucliers reprenant aussitôt en vigueur, et sort de sa poche une seconde baguette ! KWOA ?! Et le combat qui reprend de plus belle !

Les cours de première année donnés par Quirrel me reviennent soudainement en mémoire. Une fois, il nous avait bégayé les avantages et les inconvénients qu'il y avait à utiliser plusieures baguettes en même temps. Faire ça vous permettait de jeter encore plus de sorts qu'en temps normal, mais c'était au prix de la puissance que vous pouviez y mettre. Une baguette agissant en un sens comme un aimant à magie, la vôtre se trouvait comme aspirée de deux côtés à la fois, vos sorts étaient largement affaiblis, à moins que vous ne soyez capable de parfaitement maîtriser le flux que vous y envoyez…

Le blond semble surpris par ce changement soudain, il marque une hésitation pendant un bref instant, laissant une petite trouée dans son déluge de sorts ! Et Dumby en profite sans attendre ! Aussitôt, il colle ses baguettes l'une à l'autre, et lance un énorme sort de toute sa puissance ! Pendant moins d'une demi-seconde, une énorme boule jaune d'une puissance effroyable se concentre au bout de ses mains ! Son adversaire semble comprendre qu'il ne peut pas esquiver ça, et cesse toute attaque pour dresser ses plus puissants boucliers ! Mais entre vouloir et pouvoir, il y a une différence. Il n'a pas le temps d'agir que déjà, l'attaque est expulsée par son lanceur, jaillissant à travers les airs pour aller frapper de plein fouet les défenses ennemies !

Une énorme explosion m'envoie valdinguer dans tous les sens, alors même qu'un éclair de lumière achève de m'aveugler, et que l'infernal tonnerre qui en résulte me brise le crâne dans tous les sens !

Tout s'achève en un instant, et en rouvrant les yeux, je suis ébahi par le spectacle qui s'offre à moi ! Un immense cratère occupe maintenant l'endroit où, un instant avant, s'était trouvé le blond ! Tout autour de Dumbledore, parfaitement protégé par ses énormes boucliers, les soldats de tous bords qui avaient cessé le combat pour regarder le duel étaient maintenant réduits à l'état d'engrais. Pas un n'avait survécu, comme emporté par les flammes de l'enfer.

Mais où donc est le blond ?! Ne me dites pas que cet enfoiré de citronné a gagné ! Il n'a même pas souffert ! Ma soif de vengeance n'a même pas pu s'humecter les lèvres !

Regardant tout autour de moi, je finis par le repérer ! Allongé au sol, entouré de boucliers faiblissants, le blond a été violemment heurté par toutes sortes de projectiles que l'explosion a envoyé valdinguer dans tous les sens. Un filet de sang coule sur un côté de sa tête, tandis que l'une de ses jambes forme un angle bizarre.

Dumbledore s'approche, ses boucliers toujours prudemment dressés, et toise son ancien allié du haut du cratère. « Nous voici maintenant débarrassés des gêneurs, Gellert. Tu peux te lâcher ! »

Quoi ?! Attends, tu veux dire que vous n'y avez pas été sérieusement jusqu'à maintenant ?! C'est une blague ?!

J'ai à peine pensé ça que le blessé disparaît sans prévenir, comme une illusion qui aurait été rompue ! Et c'est probablement le cas, car en un instant, Dumbledore se retourne pour repousser un puissant sort de mort d'un coup de baguette ! Et le blond qui reparaît derrière lui, l'air en pleine forme !

« - Tu n'aurais pas pu croire à ma petite comédie, Albus ? Ça m'aurait évité de devoir te faire souffrir inutilement. »

L'enfoiré ne répondit pas, se contentant d'un sourire narquois, et repassa aussitôt à l'attaque ! Et le duel reprend de plus belle ! Dumbledore invoqua une énorme flamme au bout de sa baguette, un sortilège surpuissant qui prit immédiatement la forme d'un énorme phénix ! De son côté, le blond se contenta de ranger sa baguette… il est fou ou quoi ?! Il compte se battre contre ça à mains nues ?!

Mais j'ai à peine le temps d'avoir peur qu'il sort autre chose de ses poches… hum ? Une… corne ? (IX)

« - FEUDEYMON ! » Hurla Dumbledore en attaquant soudain, envoyant son immense piaf lacérer l'ennemi de ses serres !

« - Aguamenti, » se contenta simplement de répondre son adversaire. ET UN TORRENT D'EAU JAILLIT DE SA BAGUETTE ! Le phénix fut totalement éteint en un instant, et l'assaut se précipita sur Dumbledore désarçonné par cette puissance, qui voyait un véritable océan se précipiter sur lui ! Réagissant au quart de tour, il donna un bref coup de baguette vers le haut, et dressa un énorme mur de terre devant lui avant d'élever un dôme de roche tout autour de lui, s'élevant en un instant !

SHRBAM ! Le choc est terrible ! Je suis bien content de ne pas être emporté par tout ce bordel, pour une fois ! Toutes les faibles défenses du barbu ont été emportées en un instant, balayées comme un fétu de paille ! Lui-même doit être dans un sale état maintenant ! Mort, j'espère !

Le blond fit disparaître l'eau d'un autre geste, agissant nonchalamment comme s'il coupait un bout de pain, et chercha son frère-ennemi du regard. Et moi aussi ! Je regarde partout autour de nous, juste dans l'espoir de voir l'Enfoiré sanguinolent, prostré sur lui-même et se retenant de ne pas hurler de douleur ! Voire même tenant sa barbe entre les bras pour se consoler un peu de la dureté de la vie !

Mais nous avons beau chercher, rien ! Intrigué, le blond dresse un bouclier autour de lui par sécurité, puis s'avance… à peine a-t-il fait un pas qu'une colonne de pierre se dresse en un éclair, jaillissant depuis le sol, et le heurte en plein menton, l'envoyant valser dans les airs sur plusieurs mètres ! Outch ! Que je n'aimerais pas être à sa place ! Et Dumbledore qui apparaît dans un trou soudain formé ! Je comprends, il a creusé un tunnel avec la matière qu'il a utilisée pour ériger son mur et son dôme, quelques instants avant ! Sacrément bien pensé !

Mais le blond reprend bien vite ses esprits ! Avant même de toucher le sol, alors qu'il est encore en train de tournoyer dans les cieux, l'air à moitié sonné, il fait jaillir un nouveau bouclier autour de lui, stoppant sa course juste avant de s'écraser ! Et il atterrit habilement, n'hésitant pas à fouler du pied les restes de ses propres soldats, et s'en servant de tremplin pour repartir aussitôt à l'assaut, comme enragé de s'être fait avoir !

« - Maintenant, CA SUFFIT ! » Hurla le blond, hors de lui. C'est vrai ça, si ça continue Dumbledore va gagner ce duel sans même se tortiller de douleur ! Manquerait plus que ça ! Je veux le voir souffrir moi !

A peine ais-je fini de penser ça qu'il fait jaillir son aura tout autour de lui, et le citronné qui l'imite aussitôt ! D'énormes sphères, de bien dix mètres de large ! C'EST COLOSSAL ! Ce ne sont pas des sorciers, ce sont des dieux ! Une telle puissance, c'est incroyable !

Tout d'un coup, en les voyant envoyant de véritables pulsion de magie brute un peu partout, comme pour forcer leur aura à prendre une forme particulière, je comprends ce qu'ils font ! Un duel d'aura ! Vraiment pas bête, je n'avais jamais envisagé ça !

Loin du calme relatif que laissent paraître leurs corps, se contentant de s'avancer tranquillement l'un vers l'autre pas après pas, le spectacle offert par leurs magies opposées est vraiment incroyable ! Mieux que le plus formidable des feux d'artifice ! Les chocs entre les différents jaillissements de magie sont si lumineux que le jour autour de nous en paraît devenir nuit à chaque coup ! Et cette chaleur ! Ils produisent tant de chaleur que je suis entré en nage en un instant ! Je bous littéralement dans mes vêtements ! Je n'ose imaginer ce que ça doit être pour eux !

Alors qu'ils se rapprochent inéluctablement, annonçant sans cesse plus la fin prochaine de leur duel et de cette guerre, je vois le blond prendre le dessus petit à petit ! Sa sphère d'aura grandit sans cesse ! Elle va bientôt totalement englober celle de Dumbledore ! Je ne sais pas comment c'est possible, mais j'ai l'impression que sa corne-baguette amplifie considérablement sa puissance ! Un peu comme si elle avait une vie propre ! Cette puissance, que dis-je ! Cette beauté ! C'est incroyable ! C'est magnifique ! Je ne crois pas avoir déjà vu quelque chose d'aussi beau !

L'aura de Dumby est en train de se faire totalement englober ! Il semble avoir de plus en plus de mal à lutter, il s'est même arrêté de marcher pour pouvoir mieux se concentrer ! Il lance assaut après assaut, tentant de briser l'aura de son adversaire, tentant de l'atteindre lui, mais rien n'y fait ! Il est totalement écrasé par toute cette puissance ! C'est le bon moment, vas-y le blond ! Attaque ! Il ne va pas y résister cette fois ! Continue à avancer !

Mais à peine ais-je pensé ça que le regard de cet enfoiré de vieille barbe s'illumine soudain ! Comme s'il s'écriait « Ça y'est ! Maintenant ! » Et comme jaillissant du sol, il se redresse en un instant et fait de plus belle jaillir sa magie, plus puissamment encore qu'il ne l'a jamais fait depuis le début du duel ! Ma parole, il va finir comme Serpentard, à exsuder sa magie comme ça !

Et… Et le blond n'a même pas le temps d'être surpris que son adversaire lance un énorme assaut, droit vers… le tunnel ! Je ne l'avais pas remarqué, mais le tunnel creusé quelques minutes avant se trouvait maintenant être parfaitement entre les deux rivaux, chacun à un de ses bouts ! Et Dumby lance son attaque à travers, un énorme flot de magie qui épouse parfaitement la forme de la terre et de la roche pour aller jaillir droit sous les pieds du blond ! Qui ne peut rien faire, totalement surpris, et qui s'envole dans les airs, propulsé par une puissante explosion ! Et Dumbledore qui ne laisse pas passer sa chance ! Qui attaque de plus belle, renvoyant un nouveau feudeymon plus énorme et puissant que la fois précédente !

Et qui heurte le blond de plein fouet !

Tout s'arrête soudain. Le feu s'éteint après quelques secondes. Les deux aura disparaissent en un instant, laissant le jour redevenir maître des lieux et le ciel reprendre sa teinte de bleu. Dans le complet silence de la soudaineté, je vois le corps incinéré du blond s'écraser au sol, se fragmentant en plusieurs morceaux de cendre, comme une buche qu'on aurait trop utilisée.

Dumbledore ne peut s'empêcher de poser un genou au sol, épuisé, vidé de ses forces par cet éreintant combat. Mais après quelques instants, je le vois se forcer à se relever, pour marcher vers les restes du blond. Sans doute veut-il s'assurer qu'il est bien mort, et que ce n'est pas une ruse comme la fois précédente.

Il ne lui faut que quelques instants pour claudiquer tant bien que mal jusqu'au tas de cendres. L'accompagnant en voletant comme j'en ai pris l'habitude, je le vois se baisser et ramasser quelque chose… quoi ? C'est… la corne-baguette du blond ! Ça alors, elle a résisté aux flammes ? Incroyable ! Quelle résistance !

A peine l'enfoiré l'a-t-il prise en main que son aura reparaît autour de lui ! GIGANTESQUE ! ENCORE PLUS ÉNORME QUE JUSTE AVANT ! ELLE MESURE BIEN UNE TRENTAINE DE MÈTRES DE LARGE ! C'EST DÉMESURÉ ! MAIS QU'EST-CE QUE C'EST QUE CETTE BAGUETTE DES ENFERS ?!

Il reprend bien vite le contrôle, parvenant à réduire la taille de sa sphère d'aura sans toutefois la faire disparaître totalement. Je ne saurais dire si c'est volontaire ou juste parce qu'il n'y parvient pas.

Finalement, après quelques instants à rester statique, je le vois partir et progressivement revenir vers les restes de des troupes, loin de là, les quelques qui n'avaient pas interrompu le combat pour regarder le duel, et qui sont toujours occupées à lutter contre les ultimes serviteurs du blond. Combattre, ou plutôt pourchasser. Ils ont l'air terrorisés par la défaite de leur maître.

Voyant la fin de la bataille, la déroute totale des troupes d'invasion et l'énorme aura de puissance entourant Dumbledore, je ne puis m'empêcher de déglutir. Jusqu'à présent, je l'avais sous-estimé. Une erreur qu'il vaut mieux ne pas refaire dans l'avenir. Car il n'y a pas à douter qu'il est la personne la plus puissante qui soit depuis Merlin lui-même.

À suivre…

Avez-vous une idée de l'identité de l'assassin de Magelus Soinner ? Maintenant que le voyage dans le temps de Ryry s'achève, que pensez-vous de toute cette chronologie que j'ai créée ? Vous semble-t-elle cohérente avec l'univers de JKR ?

Voui, j'ai tué Grindelwald… pas grave, on n'aura qu'à en faire de l'apéritif.

La prochaine fois, Harry est de retour à son époque ! Exceptionnellement, il y aura deux chapitres d'un coup ! (parce qu'ils sont très courts).

N'hésitez pas à laisser de (nombreux) commentaires ! Paraît que ça empêche la chute des cheveux…

I. A propos de la parenté des Nymphes et des Vélanes propre à mes fanfictions :jadis, elles n'étaient qu'un seul et même peuple doué de magie. Lors d'une invasion, celui-ci fut décimé, à tel point qu'aucun homme, aucun garçon ne survécu. Seules restèrent les femmes, forcées de fuir leurs foyers, souvent séparées par le sort et la peur. Lorsqu'elles parvinrent de nouveau à retrouver une sécurité relative, deux groupes principaux avaient été formés. Au long des siècles, les survivantes restèrent aussi isolées que possible, de crainte de revivre la terreur d'autrefois devenue légende. Et la spéciation évolutive fit son effet… en version un peu spéciale. Ces femmes avaient vu leur peuple être décimé, et leur magie réagit en leur donnant une forte propension à la reproduction. Les Vélanes acquirent une forte et précoce beauté physique et obtinrent la capacité de charmer les hommes grâce à leur magie. Leur vitesse de gestation s'accéléra considérablement. Les Nymphes, de leur côté, virent leur corps conserver une jeunesse adolescente quasi perpétuelle, et furent affublées de la malédiction d'une multiplication de leurs hormones, leur donnant un féroce et constant appétit sexuel.

II. A propos de la culture de l'Union magique étant radicalement différente de celle des Moldus de toutes époques : oui oui, y compris la nôtre réelle !

III. « Que se fassent nuit les armées Vampires » : non non, ce n'est pas une erreur. On parle de vampires après tout…

IV. Pour les lecteurs d'Un monde à part, il faut vous imaginer que c'est à partir de ce moment là de l'histoire que le chemin prit par les sorciers change complètement. En gros, s'ils l'avaient emportée contre les vampires, ils auraient pu parvenir à fonder leur empire, et la culture Pure n'aurait plus eu la moindre barrière devant elle, et aurait donné le pire de ce dont elle est capable…

V. « Une bonne guerre, ça ne peut pas faire de mal ! », « Plutôt que brûler les maisons et capturer les femmes et les enfants, on va capturer les maisons et brûler les femmes et les enfants ! » Hein, quoi ? Fred du Grenier ? Son let's play sur civilization ? Non non, je ne vois pas du tout de quoi vous parlez…

VI. Encre de magie : en gros, utiliser sa baguette comme un crayon et sa magie comme une encre, afin de pouvoir tracer des runes. L'invention sorcière décrite ici ne doit pas être comprise comme la technologie runique utilisée par les gobelins et les autres peuples de l'Union, mais comme les « runes scandinaves » sans aucune logique que l'on voit dans de nombreuses fanfictions (oui, j'ai horreur de cette définition des runes).

VII. No mage's land : L'un des jeux de mots les plus nuls qui soient, on est d'accord ?

VIII. Appétissante, cette description bien sanglante, n'est-ce pas ? Mouahaha ! (Bon, ok, je prends mes calmants).

IX. La corne de Grindelwald, c'est bien évidemment la baguette de sureau. Soit une corne de licorne. Oui je sais. Cherchez pas à comprendre la logique, y'en a pas.

X. Wahou ! Je n'avais encore jamais fait des annexes aussi longues ! Nouveau record !

Je vous mets maintenant une petite chronologie retraçant les évènements des visions de Ryry, de la chute de l'Union magique jusqu'à son arrivée à son époque. Dates selon notre calendrier (grégorien).

1125 Chute de la cité de Pôdlad. Mort du Père Créateur. Capture de Merlin. Fin de la première Union magique.

1136 Guerre des résistants Gobelins.

1138 Fin de la guerre des Gobelins (victoire sorcière). Fondation de Gringotts par les survivants.

1208 Recréation de la culture Pure.

1224 Fondation de l'école de Pure magie de Durmstrang

1524 Début du "siècle des lumières Sorcier".

1549 Naissance de Magelus Soinner le quinze avril

1559 Magelus Soinner entre à Beauxbâtons à l'âge de dix ans.

1564 A quinze ans, Magelus Soinner créée le Sortilège du Stupéfix.

1603 Magelus Soinner rédige « La Légende des Quatre ».

1612 Magelus Soinner rédige « La pure vérité de la Vie de Merlin l'Enchanteur».

1612 Magelus Soinner créée le calendrier dit « Soinnerien » en remplacement du « Julien » (en tous points semblable au Grégorien mais en version « pure »).

1613 Magelus Soinner est élu ministre de la magie.

1614 Fuite des géants jusqu'en Russie. Début des rafles menées par les sorciers. Les ruines du château de Poudlard sont transformées en école de sorcellerie.

1615 Sur ordre de Magelus Soinner, début du génocide des Vélanes par les sorciers. Mise en élevage de celles-ci. L'Europe Sorcière adopte le calendrier dit « Soinnerien », copie conforme du grégorien en version purement Pure.

1616 Début de la Guerre du sang.

1617 Magelus Soinner créée la profession d'oubliator, afin de réguler la population des impurs.

1619 Assassinat de Magelus Soinner par empoisonnement. Coupable non connu.

1624 Fin du "Siècle des Lumières Sorcier". Fin de la guerre du sang. Libération des Vélanes par les Vampires. Acculturation massive des Purs par les Vampires. Travail non achevé à cause de leur trop petit nombre.

1672 L'école de magie de Durmstrang devient un institut, enseigne au niveau des facultés et devient plus libérale, accueillant des élèves non-Purs.

1680 Fondation du Chemin de Traverse.

1712 Guerre Gobeline.

1716 Fin de la guerre Gobeline (victoire Gobeline).

1885 Guerre Gobeline menée par Ragnok XIX. Fin de la guerre Gobeline (statu quo).

1894 Mort de Ragnok XIX. Son fils, Ragnok XX, devient le Seigneur des Gobelins d'Angleterre et du Royaume-Uni.

1945 Gellert Grindelwald attaque massivement le territoire Britannique. Menés par Albus Dumbledore, les aurors l'affrontent près des côtes. Gellert Grindelwald est vaincu après un duel singulier contre Albus Dumbledore. Celui-ci est fêté en héros, plus rien ne s'oppose à ce qu'il devienne tout puissant dans l'Europe sorcière… du moins le croit-il.