NVJM
Harry Potter et l'histoire inachevée
Chapitre 24 : Les Dursley
« - M-m-m-mais q-q-qu'est-ce q-q-qu'ils f-f-f-foutent, B-B-BORD-D-DEL ?! »
C'est vrai ça ! Ça fait des heures et des heures que je grelotte dans le froid ! Je suis frigorifié, presque au point d'en mourir ! Nul doute que je vais me taper une bonne grosse gerbe après ça ! Et bien évidemment, l'entrée de la maison est orientée plein ouest, autrement dit je n'ai même pas le soleil pour me réchauffer ! Graaah, quand je serais plus grand je ferais crever Dumbledore en lui gelant tous les membres à petit feu, tiens ! Enfoiré !
Il fait plein jour maintenant, il doit être pas loin de midi, et toujours aucun signe des Dursley ! Vernon est en grève ou quoi ?! Comme par hasard aujourd'hui ! Lui qui est d'habitude heureux de se lever tôt pour échapper à Pétunia ! Maudit gros porc !
DÉPÊCHEZ-VOUS ! Brrr !
…
ENFIN ! Enfin j'entends du mouvement derrière la porte ! Quelqu'un s'apprête à sortir ! Vite, j'en peux plus ! Pour presser le mouvement, je m'efforce de me mettre à pleurer, espérant que même leurs cœurs d'ordures sauront passer outre leur puanteur et avoir pitié.
« - Pétunia ! » crie Vernon depuis le salon. Donc, c'est tatie qui va sortir. « Va t'occuper de Dudley, je ne peux pas ! » Attends, quoi ?!
…et je l'entends monter les escaliers. Mon appel au secours se retourne contre moi…
…
OUIIIN ! Cette fois, je ne pleure pas volontairement ! Mon pauvre petit corps est arrivé à la limite de sa patience, je suis gelé, frigorifié, congelé, bref j'ai froid ! Le soleil tape enfin sur moi, mais le soir venant, il est de moins en moins puissant ! Tu parles que ça sert à rien ! En plus, de gros nuages apparaissent à l'horizon ! Il ne va pas tarder à pleuvoir ! Et en plus de tout ça, ça fait des heures et des heures que je n'ai rien eu à manger ! Je suis affamé, épuisé ! Sans compter avec ma couche qui est en alerte tsunami ! Et je n'ai même pas pu dormir, sans cesse réveillé par mes frissons ! Je ne sais pas qui je dois le plus détester entre Dumby et les Dursley, alors je maudits les deux ! Bande de barbares ! Oser faire souffrir un pauvre enfant ainsi !
…
ENFIN ! Enfin quelqu'un ouvre cette satanée porte ! Ce n'est pas trop tôt ! Le soleil est déjà quasiment disparu à l'horizon, le froid se fait de nouveau encore plus mordant pour peu que ce soit possible…
La porte à peine ouverte en grand, un intense flot de chaleur me parvient tel un coup de fouet, et je l'accueille avec joie ! Je laisse aussitôt échapper un petit « gah ! », histoire d'attirer l'attention sur moi… et c'est une réussite ! Pétunia n'a pas fait un pas qu'elle baisse la tête vers moi… et en lâche aussitôt son sac-poubelle, stupéfaite ! Elle reste comme ça quelques instants, ahurie, et se reprend vite en voyant mon état. Je dois être tout bleu ! Elle se penche vers moi, me soulevant et m'emportant à l'intérieur, refermant la porte et abandonnant au dehors son sac-poubelle… nul doute que dès le lendemain, Vernon hurlerait après moi pour avoir sali son jardin. Impossible dites-vous ? Si si, j'en suis sûr ! Tenez, on prend le pari ?
« - Vernon ! Regarde ce qu'il y avait devant notre porte ! » dit Tatie en se dépêchant d'aller dans le salon.
« - Le laitier a encore cassé la bouteille je parie ? » grogna-t-il comme si c'était l'évidence même. (I)
« - Non, un bébé ! »
« - PFQUOARGH ?! » Il recrache aussitôt son verre d'alcool, et se retourne plus vite qu'imaginable pour un gros porc comme lui, et constate avec stupeur que sa femme n'a pas abusé sur la boisson contrairement à lui. « Mais ! Mais qui a bien pu laisser un gamin ici ?! » Il se lève pour s'approcher de sa femme, qui m'a déposé sur la table du salon et a entrepris de me débarasser de mes langes sales pour m'en passer des propres.
« - Regarde Vernon, une lettre ! » dit-elle avec surprise. Et effectivement… c'est le vieux Dumby qui a laissé ça. « Voyons… »
Albus Dumbledore, directeur de l'école de magie de Poudlard…
Elle s'arrête soudain, et je n'ai pas besoin de la voir pour imaginer sa soudaine pâleur. Après, ce sera comme ça à chaque fois que quelque chose lui fera penser à de la magie, je suppose que ça doit déjà être le cas. Elle reprend d'une voix hésitante.
Chère famille Dursley, je vous écris cette lettre en des heures aussi tristes que réjouissantes. De graves évènements se sont produits dans le monde magique, évènements qui vous concernent directement. La nuit du trente-et-un octobre, l'autoproclamé Seigneur des Ténèbres Lord Voldemort a attaqué le foyer de la famille Potter. C'est avec mes plus sincères condoléances que je dois vous apprendre le décès de James Potter, tué en tentant de défendre sa famille de l'agresseur. Lily Potter a survécu, mais se trouve dans un grave état comateux. Nos médecins craignent qu'elle n'en sorte jamais.
Le jeune Harry, enfin… nous ignorons ce qui s'est précisément passé dans cette maison, mais selon toute vraisemblance, le jeune Harry Potter est parvenu à faire acte d'une puissante magie accidentelle et a retourné contre son lanceur le sort de Mort perpétré par Lord Voldemort… le vainquant ainsi fait.
Aujourd'hui, le monde de la magie est en fête, la terrible guerre qui le ravageait depuis des années a prit fin. Et tout cela, nous le devons à un tout petit enfant… vous le devinez, l'avenir va être mouvementé, surtout pour lui. C'est pourquoi, en concertation avec les différents responsables de notre société, nous avons décidé de placer ce jeune homme chez vous, afin qu'il puisse vivre avec sa seule famille restante et bénéficier d'une enfance paisible avant d'être confronté aux tourments de la célébrité.
Pour vous aider financièrement dans votre tâche, je joins à cette lettre la somme de cinq-mille livres. A cela vous sera versé chaque mois un complément de deux-cent autres livres.
Bien à vous, Albus Dumbledore.
L'appel de l'argent, l'argument imparable pour ce rapace de Vernon. Nul doute que Dumby s'est renseigné à son sujet avant de m'amener ici. Sacré manipulateur. J'en rirais si…
« - Harry Potter, hein ? » grogne Vernon en tournant vers moi un regard infernal, le visage soudain rouge-brique, me donnant presque envie de déglutir de peur. Et je n'ai pas le temps d'avoir une quelconque réaction qu'il se lève, se saisit de mes langes et de moi en même temps, et s'avance dans le couloir de l'entrée pour ouvrir le placard sous l'escalier et m'y jeter rageusement, refermant aussitôt la porte et son verrou. Ma tête tape le mur, m'arrachant un petit cri et commençant à me faire pleurer. Barbare !
Mais bref, fallait s'y attendre. Je me reprends vite, sachant pertinemment que pleurer ne ferait qu'attiser sa haine et m'apporter de nouveau coups. Je ne me plains pas non plus de la faim qui continue à me tirailler le ventre, ni de l'odeur qui continue à émaner de mes langes, Pétunia n'ayant pas eu le temps de les changer. Bah aussi, j'arriverais bien à trouver un moyen de jeter un sort de récurage bientôt. Un truc que j'aurais dû apprendre avec maman, tiens…
…
« - DEBOUT ! J'AI DIT DEBOUT SALETÉ ! »
Aglbzt ? Je me réveille soudain en sursaut en entendant d'énormes coups être donnés contre ma porte. Aussitôt, je me rappelle tout ce qui s'est passé la veille. Laissez-moi deviner ce qu'il veut…
« - TU VAS ALLER NETTOYER MON JARDIN ET PLUS QUE ÇA SALE GOSSE ! JE T'APPRENDRAIS À Y RÉPENDRE DES POUBELLES ! »
Et allez, par ici la monnaie ! Je vous l'avais bien dit, il ne faut jamais parier que l'ordurisme de Vernon puisse avoir une limite.
…
Pfiou, c'est ce qui s'appelle une dure journée ! Je n'ose énumérer le nombre de corvées que Vernon ou Pétunia ont tenté de me faire faire pour voir ce que j'étais capable d'accomplir. Et je ne vous parle même pas des claques et autres coups lorsque je n'arrivais pas à obéir… autrement dit presque tout le temps, vu les capacités de mon petit corps.
M'enfin bref ! Passons à autre chose. Maintenant que le soir est venu, il faut que je commence à me pencher sur la suite de mes projets. Fini de s'amuser désormais, le temps béni que j'ai passé avec Maman est terminé, l'heure de s'entraîner est arrivée ! Que ma vengeance prenne forme !
Au petit coin ! Vite ! Ça fait au moins deux heures que j'ai envie d'y aller !
Ouf ! Voilà qui fait du bien ! Je tire la chasse d'eau tout doucement pour ne pas me faire entendre par mes geôliers, et m'en vais dans la cuisine. C'est que s'ils me surprenaient en dehors de mon domaine sous l'escalier, ils n'hésiteraient pas à me le faire subir avec tout leur amour. Sans compter qu'ils se serviraient de cette excuse pour établir un record du nombre de cadenas à une porte… et cette fois là, je ne sais pas si je parviendrais à les ouvrir. Un seul, j'y arrive sans peine, une centaine en revanche…
J'ouvre le frigo pour commencer un pillage en règle. C'est que le climat est à la faim ! Mon dernier repas, pour peu qu'on puisse appeler ainsi quelques restes, remonte au midi. Heureusement que mon ventre n'est pas du genre à trop gargouiller ! Et je ne lui laisse pas le temps de me répondre que j'avale immédiatement une large part du repas du soir. Miam ! C'est que Pétunia cuisine sacrément bien, autant que Vernon gueule ! C'est dire !
Après m'être restauré, je m'attèle à faire des réserves en m'en prenant au placard. Quelques sachets de riz, des gâteaux secs… je laisse en place les hamburgers double-gras et les frites huile-max. C'est répugnant, et en plus je ne voudrais pas en priver Dudley. C'est qu'il va bientôt falloir qu'il mange de la nourriture « d'homme », comme le dit si mal ce pitoyable esprit inférieur qu'est Vernon.
Mon petit forfait achevé, je m'en retourne vers mon placard pour passer à la suite de mon plan quand je me fige soudain, les yeux rivés sur la cafetière. Pétunia a préparé le café hier soir, en prévision du prochain petit-déjeuner. Je le regarde. Il me regarde. Nous nous regardons. Et une folle envie de le piéger me prend les tripes. Une petite blague ne ferait certainement pas de mal, si ? Je souris diaboliquement en m'imaginant ma chère famille tout recracher sur la table, surprise par un atroce goût de moutarde ou de piment…
…je soupire en me détournant. Ça ne sert à rien. Déjà, je n'ai pas le temps de fouiller partout pour trouver de quoi agir, en plus je ne suis pas en mesure de me défendre. Nul besoin d'être un devin pour comprendre qu'au moindre problème, Vernon me frappera, sans même tenter de savoir si je suis responsable ou pas. Je préfère donc remettre mes pulsions jumeauxweasleyennes à plus tard.
Retournant dans mon placard, je m'allonge comme je peux sur la couverture que j'ai réussi à piquer dans une armoire, et entreprends de me contorsionner pour atteindre la planche cassée du plancher, afin d'y dissimuler mon petit larcin. En espérant qu'il n'y aura pas trop de souris pour me les piquer. Impressionnant, l'appétit de ces petites bestioles. Presque égal à celui de Dudley.
Maintenant que je suis tranquille chez moi, il faut que j'établisse mon organisation pour la suite. Pour les prochains jours, les prochaines semaines… et surtout, les années à venir. Jusqu'ici, j'ai dit que je voulais me venger, tout ça tout ça… mais bon, faut bien avouer que ce n'est ni très intelligent, ni très utile. Surtout quand on ne sait pas comment faire.
Les besoins immédiats d'abord. Si je veux pouvoir progresser, il faut que je sois débarrassé de la dictature des Dursley, ce qui signifie un jour partir. Mais ça, ça ne devra pas être avant d'avoir un corps assez développé pour que je puisse me débrouiller seul. Mais me débarasser des Vernon & co signifie que j'ai besoin d'une baguette. Sinon, je ne risque pas de voir ce boxeur amateur me laisser tranquille. Mais comment avoir une baguette ? Il n'y en a pas à voler dans les environs, et bien évidemment, si je me rends sur le chemin de Traverse, je me ferais surprendre sans aucun doute possible. Je pourrais peut-être parvenir à m'en fabriquer un semblant en associant du bois avec un quelconque bout d'ingrédient magique ? Je n'ai besoin que de pouvoir pratiquer des sorts très basiques et peu complexes. Ce n'est même pas pour m'entrainer. Mais en me disant ça, je ne fais que reporter le problème du quand… bah, on verra plus tard.
Un peu plus tard dans le temps, il faut que je puisse accéder à un maximum de connaissances, aussi bien moldues que magiques, et surtout, de tous horizons. Je dois parvenir à entrer en contact avec les peuples magiques afin d'acquérir, si possible, les vestiges des connaissances de l'Âge d'Or. Quel avantage ce serait ! Surtout qu'avec les quelques cours que j'y avais suivis, je pourrais peut-être parvenir à boucher les trous, qui sait…et ainsi obtenir une avance non négligeable !
Mais avant de me dire qu'il faut que j'apprenne plein de choses, il faut aussi que je définisse quoi. Inutile d'étudier la fabrication des poignées de portes, c'est peut-être très intéressant mais ça ne me servira à rien. Il faut donc que j'établisse un programme précis, avec des plages horaires réservées à la découverte des sujets que je ne connais pas. Pour l'accès aux connaissances moldues, leur libre-circulation va me faciliter la tâche. Quand à l'obtention des ouvrages magiques, si je veux en avoir avant d'entrer à Poudlard… hum, peut-être pourrais-je parvenir à mettre Pétunia sous impérium ? Ou quelque chose comme ça. Avec quelques déguisements moldus, ça devrait faire l'affaire.
Maintenant, il faut que je réfléchisse à la question la plus épineuse. Que veux-je faire de ma nouvelle vie, de ma nouvelle chance ? Me venger, bien sûr. Torturer Dumbledore, le tuer. Massacrer un à un tous les aurors qui m'ont tant fait souffrir. Faire payer leur trahison aux Weasley. Et aussi, en passant, me débarasser de Voldy. Tant qu'à faire. Ce serait pas plus mal, c'est sûr.
Mais à quoi bon détruire juste pour le plaisir ? Car il faut bien être honnête, j'ai beau détester Dumby et le ministère, ils valent tout de même mieux qu'une totale anarchie. Ça, ce serait le désastre par excellence. Donc, une fois que je les aurais fait tomber, il faut que je prenne le pouvoir. Mais il ne sert à rien d'avoir le pouvoir juste pour dire « je l'ai ». En plus, je ne le supporterais pas, je m'ennuierais. Mais quel genre d'idées je vais pouvoir mettre en œuvre ?
…la réponse est simple. Réformer le monde magique, à grands coups de pieds dans le cul. Et si ce doit être au moyen d'une dictature à la façon de l'Âge d'Or, et bien soit.
Soudain, une idée me vient. Pendant un instant, j'ai eu une image de l'époque de l'Union. De toute cette unité, de tout ce progrès. C'est triste de voir l'état de délabrement du monde magique, alors qu'il était si puissant et organisé à cette époque.
Voilà une bonne idée ! Forcer la création d'une nouvelle union magique ! Mais pour ça, il faudra commencer par anéantir les Purs. C'est le seul et unique moyen d'avoir la moindre chance de réussite. Je sais que je puis apprendre, mais je ne pense pas être un stratège aussi génial que le Créateur. Et puis en plus, ça m'étonnerait que les mentalités actuelles soient aussi malléables et obéissantes que celles du moyen-âge.
Pour devenir apprécié de tous les peuples magiques, sauf les Purs vu que j'en ai rien à faire de ces monstres, il faut déjà que je sois célèbre. Bon, ça c'est fait, merci maman, merci Voldy. Mais il faut que je le devienne plus encore. Chaque instant de mes apparitions publiques doit être calculé. Il faut aussi que je fasse preuve d'une moralité exemplaire, car nul doute que je serais sévèrement jugé à ce propos. Je devrais aussi montrer une parfaite connaissance de l'Histoire et des cultures de tous les peuples… aussi, leur offrir une vision de l'avenir qui soit valable. Bref, je devrais me montrer aussi intelligent, puissant et charismatique que possible.
J'arrête-là mes réflexions pour l'instant. Je suis épuisé, et en plus demain il faudra se lever tôt. Nul doute que Pétunia va vouloir m'apprendre à faire le petit-déjeuner. Si je veux apprendre à dominer ces maudits Dursley pour être débarrassé des corvées, il faut que je les accomplisse le plus vite possible tant que je ne peux pas les esquiver.
Allez, bonne nuit tout le monde…
…
« - DEBOUT SALETÉ ! J'AI DIT DEBOUT ! »
Hum aglbzt ? Skisspass ?
Je mets un petit instant à revenir à la réalité. Un petit instant de trop, visiblement. Vernon ouvre violemment ma porte, et se penche dans mon placard pour se saisir de moi et me jeter dans la cuisine. AOUILLE ! Spèce de barbare ! Ça va pas non ? Faire ça à un petit enfant !
Grumble ! Bon anniversaire Harry ! Car oui, aujourd'hui, j'ai deux ans. Et bien évidemment, je n'ai pas le droit à un quelconque bravo, le moindre petit bisou ou je ne sais quoi. Hier, c'était corvées. Demain, ce sera corvées. Et aujourd'hui, tant qu'à faire, autant prendre de l'avance ! Après tout, ce ne sera que la vingt-cinquième fois de la semaine que je coupe l'herbe au ciseau. Ahlàlà, c'est dans ces moments là que maman me manque… je suis sûr, non, je suis totalement persuadé que si elle n'était pas dans le coma, je serais immensément plus heureux que ce n'est le cas aujourd'hui.
Tiens, d'ailleurs ! Pendant que je casse les œufs de l'omelette, parlons de maman ! Ou plutôt pensons, je n'ai pas envie de me faire justement corriger pour avoir osé faire souffrir le silence de mes abjects gargarismes. Comme aime bien le dire Vernon.
Maman, donc. Je sais, via les lettres que l'hôpital sorcier envoie à Dumbledore, qui lui-même les renvoie à Pétunia, que maman est toujours dans le coma. Apparemment, son état s'est stabilisé, elle est totalement hors de danger, mais il n'y a depuis aucune amélioration. D'où mon nouveau but ! Parvenir à la sauver ! Je ferais en sorte de financer d'amples recherches médicales afin que l'on puisse trouver le moyen de la guérir ! Car il n'est pas question qu'elle passe le reste de sa vie à l'état de légume ! Et pas question non plus que je me passe de ses câlins ! Ils sont si doux ! Une vraie drogue !
Alors que je me dépêche d'amener l'omelette à la table et de grimper sur le tabouret généreusement mit à mon infecte disposition afin de pouvoir servir son poulailler à Vernon, je vérifie si mes boucliers d'occlumencie sont en bon état. C'est qu'il ne faudrait pas que je fasse une crise de nerf face à ce gros porc ! Sinon, je n'ose imaginer la baffe que je subirais !
Il y a maintenant quelques mois de ça, alors que je vivais encore à Godric's Hollow avec maman et l'autre alcolo, j'ai dévoré –littéralement- plusieurs livres traitant du sujet des Arts de l'esprit, et le moins que je puisse dire, c'est que j'ai été ahuri par toutes les possibilités que cette merveille magique permet ! Alors depuis, je m'efforce de maîtriser les bases de ces techniques. Imaginez, pouvoir développer ma mémoire au point de la rendre presque photographique, avoir un parfait contrôle de mon corps et de mon esprit… réduire son temps de sommeil, empêcher autrui de nous manipuler… et encore tant et tant d'autres choses !
Alors je m'efforce d'accomplir mes corvées le plus vite possible, avant de retourner dans mon placard afin d'effacer la pollution que je suis de la vue de mes écolos de gardiens. Et j'y entraîne mes pensées. Il faut que je progresse vite.
…
Hya ! Et d'une ! Encore ! Et de dix ! Et encore ! Vingt ! Et allez ! ENCORE !
Argh ! Je m'effondre sur le sol de la cave, épuisé ! Et dire qu'il n'est que six heures du matin ! Faire des pompes à peine réveillé, c'est pire que de la torture…
Oui, je sais, je suis dingue de faire des pompes alors que je n'ai même pas trois ans. Mais n'oubliez pas quel sera mon avenir ! J'ai besoin d'être magiquement puissant, et je crois dur comme fer à l'idée « un esprit sain dans un corps sain ». Donc, je m'efforce de me muscler.
Je vous rassure, je n'ai aucunement l'intention de devenir un type complètement bodybuildé qui confond muscle et cerveau. Pas besoin de frimer, être capable est tout ce que je vise. D'ailleurs, je m'intéresse bien plus à mon endurance qu'à la capacité de soulever de lourdes charges. C'est pour ça que chaque matin, après m'être démené à faire une trentaine de pompes, je fais des tours de la cave, encore… encore… et encore. Jusqu'à être trop épuisé pour continuer. Le tout en étant bien entendu protégé par un sortilège de silence, et par une petite alarme magique placée sur la porte de chacun des autres merdeux qui ronflent en haut.
Oui oui, j'ai bien dit un sort de silence. Car j'ai enfin réussi ! Il était temps d'ailleurs. Ça fait plusieurs mois que j'y travaille, m'efforçant de ressentir et analyser ma magie, et provoquant quelques accidents par-ci, par-là… du genre la laque à coiffer de Pétunia qui devient du ciment liquide, ou la bouteille d'huile de Dudley qui devient de l'eau, lui provoquant une grave crise d'allergie… bref, plein de petites choses qui n'ont eu de cesse de m'apporter des baffes et de nouvelles corvées. Et aussi un peu de bonne humeur, il faut bien l'avouer.
En plus de ces deux sorts là, j'ai aussi réussi quelques petites autres choses. Par exemple, l'herbe du jardin ne pousse plus au-delà d'un certain point. Je ne perds donc plus de temps à la couper. De la même manière, je devrais réussir d'ici quelques semaines à faire en sorte que la vaisselle se lave toute seule, ou que la poussière fuie la maison. Ça me fera toujours ça de moins à faire, même si je me doute que mon très cher oncle remplacera ces corvées là par d'autres.
En dehors du domaine ménager, j'ai pour projet de tenter quelques petites autres choses, mais pour ça, j'ai encore besoin d'analyser ma magie pendant de nombreux mois. Je m'efforce de ressentir aussi précisément que possible la moindre petite variation que prend ma magie en fonction de ce que je lui demande. Mon but derrière ça est de peut-être pouvoir, un jour, lancer des sorts informulés, voir même sans baguette !
Oui je sais, c'est déjà un peu ce que je fais, mais là je ne parle pas de petits machins sans importance, mais vraiment de tous mes sorts ! Je suis sûr que j'y parviendrais un jour ou l'autre !
D'ailleurs, l'un de mes plus pressants projets avance à grands pas…
…
Un regard derrière. La porte d'entrée. Encore quelques heures avant que Vernon ne revienne du boulot.
Un regard à droite. Un mur.
Un regard à gauche. Dudley qui casse ses jouets.
Un regard devant. Pétunia qui fait la cuisine.
Un regard à mes pieds. Moi, prêt à leur jouer un mauvais coup. Mouahaha !
Aujourd'hui, il est temps que je mène des tests de grande ampleur ! Cela fait maintenant des mois que je m'exerce sur mes amies les souris, et j'arrive parfaitement à les manipuler. Il faut donc que je passe à une plus grande échelle !
Je suppose que vous avez compris de quoi je veux parler. Non ? Mais de l'imperium bien sûr ! Ce sort merveilleusement utile ! Je me suis efforcé de maîtriser tout ce que je savais à son propos, et maintenant, je sens qu'il est temps que je m'en serve ! J'ai imaginé une multitude d'applications qui me seraient incroyablement utiles… je vous laisse la surprise… et pour mon test, j'ai trouvé ce que je voulais faire !
Comme Dudley est encore une fois occupé à faire une bêtise pour que je me fasse punir à sa place, il faut bien que quelqu'un le corrige. Après tout, si je ne m'occupe pas de son éducation, qui le fera ?
M'approchant furtivement de Pétunia, un sort de silence me recouvrant tout entier, je me fais discrètement léviter et j'approche mes mains de chaque côté de sa tête, me dépêchant avant qu'elle ne me voie dans le reflet de la faïence du mur. Et hop ! Je fais ressortir ma magie, la faisant passer d'une main à l'autre à travers sa tête pour littéralement transpercer son esprit ! Et tout d'un coup, je vois son dos se raidir, sa mâchoire se crisper et ses yeux se figer !
Est-ce que c'est bon ? J'espère que je ne lui ai pas fait de mal, j'ai encore besoin d'elle pour le moment ! Me reposant au sol tout en m'efforçant de maintenir mon lien magique avec son esprit, je lui murmure un « va donner une baffe à ton fils et fais lui une remontrance pour son mauvais comportement ! » ça, c'est ce qui s'appelle un test. Jamais, au grand jamais Pétunia n'irait frapper son Dudlynouchet. Pas même si sa propre vie en dépendait. Autrement dit, si elle le fait maintenant, ça signifiera que j'ai réussi mon sort ! Et je pourrais donc envisager d'aller plus loin… beaucoup plus loin… mouahaha !
De nouveau caché derrière la porte du couloir au cas on elle reprenne soudain ses esprits et se demande ce qu'il se passe, je la regarde avancer lentement vers le salon, là où porcinet junior casse ses deux nouveaux jouets en espérant en avoir trois en consolation –pas si con que ça tout compte fait ! -. Et alors qu'il la remarque enfin, la graisse ayant dû boucher ses oreilles avant, et qu'il s'apprête à dire que c'est de ma faute… CLAC !
Un instant plus tard, on pourrait entendre une mouche voler ! Il est si surpris qu'il ne pense même pas à se plaindre ! Et Pétunia enchaîne ! « Ton comportement est intolérable, jeune homme ! Tu vas immédiatement ranger tout ce bazar, et après tu monteras dans ta chambre ! Tu n'en sortiras que ce soir pour le repas ! Et… » Vite ! Je profite de cette bonne lancée pour amplifier un peu le sort ! « …et tu feras la vaisselle après le repas avant d'aller te coucher ! Pas de télévision pour le reste de la semaine ! Que ça t'apprenne les bonnes manières ! » Et ayant fini, elle retourne à sa cuisine, laissant son fils figé d'incrédulité.
Quand à moi, je me dépêche d'aller me cacher dans mon placard, un grand sourire aux lèvres ! J'ai réussi ! J'AI RÉUSSI ! Merveilleux ! Tout se passe comme prévu !
Et c'est finalement d'une merveilleuse bonne humeur que je m'endors, me couchant tôt en prévision du lendemain. C'est qu'à partir de maintenant, les choses sérieuses vont pouvoir commencer…
…
A suivre…
Quelques commentaires svp ? Paraît que ça empêche l'incontinence…
I. Dans certains pays, le lait est livré chaque matin par un laitier, un peu comme le facteur avec le courrier. Je ne sais pas si c'est le cas en Grande-Bretagne, mais on va faire comme si.
