NVJM 12/2016
Harry Potter et l'histoire inachevée
Chapitre 26 : L'école primaire
Dans le système scolaire Britannique, les enfants sont envoyés à l'école primaire à partir de six ans. Autrement dit, il est temps pour moi « de faire acte d'écologie et d'aérer l'espace vital de ma famille », pour reprendre les mots employés par Vernon. Car il est vrai que ma présence est la cause évidente de la moisissure qui recouvre certains murs. Connard.
Ah, au fait ! Je ne vous ai pas dit ? J'ai six ans ! C'est pas trop tôt ! Si pour vous ça vous a peut-être paru rapide, pour moi qu'est-ce que c'était long ! Moins que la première fois certes, vu que cette fois j'ai largement de quoi m'occuper plutôt que de ne faire que des corvées à longueur de temps, mais tout de même ! Avoir tout souvenir de son enfance, c'est sûr que ça aide à prendre conscience du temps qui passe.
Et c'est ainsi que je me retrouve envoyé en CP. Pff, je m'ennuie déjà. Ce qu'il ne faut pas faire pour ne pas être remarqué par le vieux schnock ! Je sens que je vais perdre un temps colossal. Heureusement que je ne suis plus aussi timide que dans ma première vie… nyark !
…
« - Bonjour les enfants ! »
« - Bonzour ma'ame ! »
Blablabla scrogneugneu.
« - Comment allez-vous aujourd'hui ? »
« - On va ben ma'ame ! »
Ta gueule.
« - Vous êtes prêts à faire votre rentrée ? »
« - OUIIIII ! » crient en cœur tous les enfants. Ou presque. Car moi, je pense : vos gueules. VOS GUEULES BORDEL !
Graaah, j'avais oublié à quel point ça peut être insupportable, ces rentrées scolaires à la con… avec tous ces profs qui nous prennent pour des enfants !
…bon, ok, c'est le cas. M'enfin quand même ! À les entendre nous raconter n'importe-quoi, on dirait que nous sommes tous des attardés mentaux ! Qu'est-ce que je peux avoir horreur de ça !
C'est finalement après plusieures interminaaaaaaaables minutes que nous pouvons enfin suivre notre maîtresse attitrée jusque dans notre salle de classe. C'est étonnant de la part d'un quidditcher (I) comme moi, mais je dis vive la pluie ! C'est grâce aux lourds nuages à l'horizon et à l'orage qui s'annonce que nous sommes débarrassés de la vieille directrice et de son dentier postillonnant. Heureusement que j'ai réussi à me faufiler au dernier rang ! Je n'ose imaginer quelles maladies j'aurais attrapé sinon !
« - Regardez ça les gars ! » lance déjà la voix grassouillette de Dudley. Evidemment, je ne peux pas avoir de chance un petit instant sans avoir une large dose de malheurs juste après. Merci ma vie. L'apprenti-porcinet est lui aussi en âge d'entrer à l'école, et vu que nous sommes dans un petit établissement, il n'y a qu'une seule classe pour notre âge. Nous sommes donc évidemment ensemble. Ô, joie.
Je me retourne nonchalamment vers mon cher cousin, qui s'approche en faisant bander ses couches de graisse, sous le regard impressionné de la plupart de nos camarades, qui croient qu'il s'agit de muscles. Ahlàlà, les enfants…
« - Que puis-je faire pour toi, mon très cher Dudley ? » lui demande-je sur un ton tellement moqueur que même ses circuits neuronaux à la bêtise hypertrophiée ne peuvent pas ne pas comprendre mon mépris.
« - Je suis le chef ici, » dit-il comme s'il s'agissait d'une évidence. « Toi, t'es anormal. Alors tu vas morfler. Grouik. » Beurk, ses reniflements sont toujours aussi répugnants !
Pour appuyer ses pitoyables dires, il s'approche jusqu'à avoir prit assez d'élan pour pouvoir soulever sa graisse, et alors m'envoie son poing à une vitesse fulgurante ! Tellement que je n'ai aucune chance de l'éviter, et il m'envoie valser loin sur le gravier de la cour !
Je plaisante. Ça fait déjà bien cinq minutes que son poing a commencé à se diriger vers moi, non ? Il est si lent que j'ai déjà eu le temps de me ronger les ongles des deux mains. Qu'est-ce que je vais faire maintenant ? Tout de même pas m'attaquer aux pieds ! Bon, ben autant commencer une petite sieste…
Ah, ça y est ! Il est assez avancé pour être en quasi déséquilibre ! Rapide comme l'éclair, je me baisse et envoie un balayage en plein dans les sacs de graisse qui lui servent de pieds, et voilà ! Il s'effondre au sol en grouïkant sa surprise et sa douleur ! Mouahaha ! Alors que moi, je me relève comme si de rien n'était, parfaitement propre. Je m'avance d'un pas et pose un pied en plein sur son visage.
« - Eh bien alors Dudley, on essaie de se prendre pour plus fort qu'on est ? On veut être le chef ? » Je lui fais si peur en cet instant qu'il ne parvient pas à émettre autre chose qu'un lent et pitoyable « grouiiiiiik… », tel un vieux pneu qui se dégonfle. Et en un sens, c'est le cas.
La situation est parfaite. Il faut que je donne un exemple. Pour éviter tout acte de rébellion future, mais aussi pour être définitivement débarrassé de tous ces imbéciles qu'on appelle copains. Je les méprise déjà. Rien qu'à les voir, je ne peux m'empêcher de les imaginer devenir de pitoyables adultes sans aucun intérêt. Je me penche donc vers mon très estimé cousin, et lui lance à l'oreille : « Aujourd'hui, j'ai été gentil. Recommence encore à me poser problème, même une seule fois, quelle que soit la raison, et je te ferais souffrir à un point que tu ne peux même pas imaginer. C'est compris ? » Il me réponds aussitôt en agitant frénétiquement son triple menton, un simple « blob-blob » me répondant. Répugnant. En me relevant, je lui envoie un coup de pied dans le ventre, aussi fort que possible, et le laisse allongé au sol à pousser de petits cris de douleur.
« - L'avertissement vaut aussi pour vous, compris ? » lance-je aux autres enfants en leur jetant un regard aussi voldemoresque que possible. Ils ne me répondent pas, mais les voir reculer de quelques pas me suffit pour bien comprendre que l'ordre est établi. C'est moi le chef désormais.
Reste plus qu'à s'occuper des années supérieures. On verra ça dès la récré. Ça ne devrait pas être trop compliqué.
…
« - Répétez après moi les enfants ! Èh… bi… si… di… » (IV)
Blablabla scrogneugneu. Le deuxième jour est à peine commencé que je m'ennuie déjà, seul assis au fond de la classe. Fort heureusement, aujourd'hui, j'ai pensé à amener des livres intéressants ! Bien entendu, je suis obligé de ne pas prendre trop compliqué, sinon j'éveillerais de bien trop grands soupçons, alors j'ai emmené un bouquin de calcul mental. J'ai fait de sacrés progrès depuis l'époque où je piquais une crise pour que maman me laisse lire des livres tranquillement ! Mais ce n'est toujours pas assez, il faut que je continue encore et encore à étudier ! Les mathématiques, c'est la vie !
Et c'est donc pour ça que je suis occupé à griffonner toutes sortes d'opérations sur des bouts de papier, m'efforçant de faire encore et encore plus d'exercices. Là, je suis en train de réapprendre les fractions et compagnie. Bien entendu, pas juste les trucs tels qu'un tiers ou que sais-je, mais des machins bien plus compliqués que ça. Et tout ça, en toute discrétion alors que mes camarades s'efforcent d'apprendre à prononcer leur médiocrité.
Tiens ? Pourquoi ils ne disent plus rien tout d'un coup ?
Je lève la tête pour voir ce qu'il se passe, et je m'aperçois que tout le monde a cessé de travailler pour se tourner vers moi, la maîtresse se tenant à mes côtés, serrant ses bras et fronçant ses sourcils dans une pitoyable tentative de paraître menaçante. Nul doute que les autres imbéciles croient que je vais devoir plier. « Harry, pourquoi tu ne participes pas comme tout le monde ? » me gronde-t-elle en croyant m'impressionner. Pitoyable, je confirme. Je sens qu'elle va être surprise.
« - Inutile, » lui répond-je dans le plus grand des calmes, l'impressionnant en maîtrisant parfaitement ma voix. Ben oui, la diction fait partie intégrante de mon entraînement ! C'est qu'en tant que futur dictateur, j'aurais besoin de faire des discours… et là où les médiocres lisent ce qu'ils racontent en direct, les Grands qui marquent l'Histoire improvisent ou on tout apprit par cœur. « Inutile, » répète-je, « je sais déjà lire et écrire. Je lis un livre parce que sinon, je m'ennuie. » Nul doute que cette réponse la surprend ! Je suppose qu'elle s'attendait plutôt à quelque chose du genre d'un « euh ben euh c'est que euh ben… », comme aurait pu en donner n'importe quel autre gamin. Mais pas moi ! Mon niveau est amplement supérieur à celui proposé ici, et si je peux assez impressionner les profs pour obtenir de sauter des classes, et me retrouver à travailler avec un niveau intéressant, alors je ne dis pas non !
Visiblement surprise, la maîtresse se saisit de ma feuille de calculs pour lire ce que j'y ai écrit, et je la vois écarquiller les yeux au fur et à mesure qu'elle se rend compte que je ne faisais pas du recopiage. « Tu vas rester après le cours, » me dit-elle en reposant la feuille et en retournant s'occuper des autres morveux. Sans me dire d'arrêter.
Harry vs profs, un à zéro.
…
« - Harry, soit le bienvenue en CE1 ! » me lance ma nouvelle prof. Car ma comédie a marchée ! Elles m'ont fait sauter une classe ! Mouahaha !
« - Merci, » répond-je en m'asseyant à ma place, jouant la comédie pour paraître guilleret.
Pour tromper cette nouvelle prof qui ne me connaît pas, je m'efforce d'écouter son insupportable cours pendant un temps démesurément long. Une vingtaine de minutes. Ma patience est exemplaire.
Et finalement, je sors un nouveau livre, d'un niveau plus élevé, et me détourne du cours pour travailler plus intelligemment.
Dans quelques jours, elles me feront passer de nouveaux tests. Se rendront compte que je suis d'un niveau bien meilleur encore qu'elles ne le pensaient jusqu'à maintenant. Et me feront sauter une nouvelle classe. Et rebelote.
…
Mais qu'est-ce que c'est que cette merde ?!
C'est bien la seule pensée qui me vient à l'esprit, effaré que je suis de voir que la bibliothèque de l'école est remplie de tout, sauf de choses intéressantes ! Contes plus débiles les uns que les autres, leçons sans intérêt… pff, mais quelle merde ! Il n'y a guère que les livres de cours qui présentent un intérêt, et même pas pour moi, vu que j'ai largement dépassé leur niveau depuis longtemps…
Cette fois, c'en est trop ! J'ai perdu assez de temps à subir la déplorable normalité de cette école de sous-doués ! Je me dirige donc vers la prof chargée de nous surveiller pendant qu'une autre nous fait la lecture.
« - Harry ? Qu'y a-t-il ? » S'étonne-t-elle.
Pour toute réponse, je lui tends un livre de cours, du plus haut niveau disponible dans cette école, et lui lance : « Vous avez plus intéressant ? C'est trop facile. »
…
« - Les enfants, faites tous bon accueil à votre nouveau camarade ! Dites-lui bienvenue ! »
« - Bienvenue Harry ! » répètent tous les futurs bouseux et autres poufiasses qui s'entassent face à moi, tremblotants de peur de me savoir dans leur classe, moi, le démon de la cour de récré. Mouahaha ! Même les grands de plusieures années de plus que moi ne peuvent rien face à ma dictature de pacotille… bande de simplets !
Comme précédemment, on me fait prendre place à côté de mes camarades. Et comme d'habitude, je joue ma petite comédie. Un peu plus longtemps pour paraître crédible. Je la répète pour les différentes matières. Et puis je recommence à sortir un livre. D'un encore meilleur niveau.
Que ça peut être facile de manipuler autrui. Mouahaha !
…
Graaah, mais lâche-moi espèce d'emmerdeuse ! Tu vas faire foirer mes plans si tu continues !
Grumble ! Aujourd'hui est vraiment un mauvais jour ! La prof de CM1 sur laquelle je suis tombé n'est vraiment pas comme les autres ! Encore plus conne pour peu que ce soit physiquement possible ! Même Pétunia paraît plus mature ! J'ai beau lui répéter encore et encore que ce n'est pas la peine, qu'il ne faut pas… cette saleté s'est mise en tête de me ramener chez les Dursley pour parler de moi à ma « mère » et la féliciter de l'incroyable éducation qu'elle m'a donnée ! Bah !
Nous entrons dans le jardin de Privet Drive, je tente de m'accrocher comme je peux à la boite aux lettres, mais rien à faire ! L'ampleur de sa connerie est plus forte que mes petits muscles ! Et nous nous retrouvons bien vite en face à face avec tatie, qui me regarde d'un air sombre, m'annonçant milles tortures et corvées.
« - Votre fils est un génie Mrs Dursley, c'en est incroyable, et patati et patata… » si je prêtais le moindre crédit aux dires de cette idiote, j'en serais flatté. Mais voilà, je préfère largement faire appel à mon instinct de survie pour décider vite fait de quoi faire une fois que je serais seul avec tatie. Ce qui ne tarde pas.
A peine la prof est-elle partie que la porte est refermée à clef. A triple tour, même si on ne peut en faire que deux. C'est qu'il ne faudrait pas que je puisse échapper à la juste punition qui m'attend, n'est-ce pas ? « Alors comme ça, tu as osé surpasser mon petit Dudlynouchet, hein ? » grogne Pétunia en s'approchant doucement de moi, l'air menaçante comme rarement, décidée à me mettre la baffe de ma vie.
« - Hep hep hep ! » lui lance-je en levant une main vers elle et en faisant briller le bout de mes doigts. Elle se fige aussitôt, pâle comme la mort. Elle aussi, il est temps de lui montrer qui commande. (II)
Avant de lui effacer la mémoire.
…
Victoire ! VICTOIRE ! HOURRA !
Ça y'est ! Enfin ! Je suis enfin débarrassé de cette maudite école inutile !
Enfin presque. La bonne nouvelle est tombée il y a quelques heures, à la fin de la journée, alors que ma prof m'a emmené voir la directrice ! Pétunia était là, visiblement convoquée pour parler de mon avenir. En bref, les profs ont conclu que j'étais un petit génie d'un niveau si élevé que rester dans cette école ne serait que contre-productif pour moi et me ferait plus de mal que de bien. Et lorsque Pétunia –influencée par un petit impérium- leur révéla qu'en fait, j'avais tout appris tout seul en lui piquant des livres et en pillant la bibliothèque municipale, ce fut le coup de grâce à leurs hésitations ! Mieux valait que je reste à la maison à étudier par moi-même, et que je ne vienne plus à l'école que pour les activités de groupe, afin de développer mes relations sociales.
J'aurais pu être envoyé en classe de troisième, au collège, mais je vous rappelle que je n'ai guère que six ans un quart ! Un peu jeune, de leur point de vue, pour être placé en compagnie d'un trop grand nombre de « grands », qui pourraient profiter de mon jeune âge pour me poser des problèmes. Mouahaha… envoyez-moi y donc, je suis sûr que je deviens la terreur de la cour de récré de nouveau, et en un rien de temps !
C'est finalement après avoir effacé la mémoire de Pétunia, de retour à Privet Drive, que je m'effondre dans mon placard avec plaisir. Quelle bonne journée !
…
Grumble. Voilà que s'annonce une nouvelle journée sacrément chiante.
Comme dit précédemment, je suis certes libéré des cours, mais toujours obligé de venir participer aux activités de groupe. Dont les cours de sport. Et bordel, qu'est-ce qu'ils peuvent être nuls ! Mais nuls ! Les profs ne font rien de plus que nous apprendre des jeux, et les autres gamins sont si médiocres qu'ils ne parviennent même pas à les accomplir correctement !
Alors moi, je dis merde ! Pas de temps à perdre ! Puisque je suis obligé de venir ici, alors autant prendre de l'avance dans mon entraînement, je pourrais compenser mes études ce soir. Je commence donc à courir, faisant des tours de la salle de sport à petite cadence. Encore. Encore. Et encore. Il faut que je continue à travailler mon endurance, ça me sera à jamais utile, j'en suis certain.
« - Harry ! Mais qu'est-ce que tu fais ? » Me lance la prof de sport, cette espèce de grognasse qui doit avoir des gènes de Dursley dans les veines tant elle est grasse et ne bouge pas le cul de sa chaise.
« - Du sport ! » lui répond-je. « Ce que vous êtes censée nous enseigner ! »
Et désormais, je fais fi de ses récriminations. Au pire, si elle veut me poser problème, un petit impérium ou sort de mémoire fera l'affaire.
…
« - A présent, nous allons nous pencher sur le cas particulier du jeune Harry Potter. »
Dans la salle des profs de l'école, la directrice achève cette phrase en posant devant elle le dossier de l'élève en question.
« - Je me suis rendue chez un médecin voici quelques jours, afin de l'interroger sur le comportement pour le moins… particulier, disons-le franchement, de ce jeune garçon. Bien entendu, il m'a prévenue qu'il ne pourrait donner d'avis définitif que s'il pouvait examiner lui-même le petit. Toutefois, au vu de tout ce que je lui ai rapporté, il m'a assurée ne pas avoir de doutes : notre élève est un autiste atteint du syndrome du savant, avec, comme vous l'avez remarqué, une forte propension à l'asocialité. (III) »
Elle arrêta sa lecture pour jeter un large regard sur l'ensemble de la tablée de ses professeurs. Nul doute qu'eux tous pensaient comme elle.
« - Nous allons chacun et chacune notre tour exposer ce que nous pensons de la situation de ce garçon, puis nous déciderons de ce qu'il convient de faire à son sujet. Allons-nous le laisser continuer son chemin ? Ou bien allons-nous le faire interner ? A vous de faire valoir votre point de vue. »
Et tout un chacun parla, longuement, de ce qu'ils pensaient d'Harry. De la vieille prof religieuse qui craignait une possession jusqu'à la jeune libertaire qui appelait sans s'en cacher à l'élimination définitive de ce futur dictateur qui terrorisait ses camarades, la pauvre directrice eu le droit à toutes sortes d'opinions contradictoires. Et finalement, très tard le soir, une décision fut prise…
« - Donc, nous allons attendre la fin de l'échange scolaire des prochains jours, afin de ne pas troubler les autres élèves. L'arrivée de nouveaux élèves sera aussi un test décisif pour Harry, s'il ne parvient pas à nouer d'autres liens que de l'intimidation avec de nouveaux camarades, alors nous devrons nous résigner à l'emmener passer des examens. Et alors, la décision ne nous appartiendra plus. »
…
Un échange scolaire. Non mais franchement, ils n'ont rien trouvé de mieux pour me faire PERDRE MON TEMPS ?! GRUMBLE ! Une classe de jeune Français de notre âge est venue ici pour partager une semaine avec nous, et l'année prochaine, ce sera au tour de notre école d'envoyer des élèves là-bas, et ainsi de suite… heureusement pour ma peau que les profs n'ont pas demandé aux Dursley si on pouvait héberger des correspondants ! Je n'ose imaginer leur humeur s'il fallait qu'ils dépensent de l'argent ! Mon argent !
Moi je dis, qu'ils soient Anglais, Français, Aglbztiens ou que sais-je encore, les couillons restent des couillons ! Bah ! C'est donc en exprimant largement mon dégoût que je me contente d'aller m'asseoir sous un petit porche, avant de sortir un livre. Je reste ainsi tranquillement pendant plusieures minutes, ne prêtant attention que de loin à l'accueil des correspondants. La petite cérémonie organisée pour eux prend vite fin avec une micro-chorale, ma folie merci j'ai appris à lancer des sorts de silence qui m'épargnent ça.
C'est alors que je suis proche de la fin de mon bouquin que je suis interrompu par une petite voix. « Bonjourr, » me lance un accent français. Relevant la tête pour voir de qui il s'agit, je remarque aussitôt une petite fille, probablement d'environ mon âge, qui est timidement penchée vers moi. Une très mignonne petite fille, avec ses longues nattes blondes qui encadrent un vrai visage d'ange. Pour un peu, je croirais avoir affaire à une enfant Vélane tant elle est charmante.
« - Bonjour, » lui réponds-je. « Que puis-je pour toi ? »
« - Qu'est-ce que tu lis ? » me demande-t-elle en s'asseyant à mes côtés, ne semblant pas remarquer l'exaspération qui monte en moi.
« - Des mathématiques avancés. » Je ne donne pas plus de précisions, c'est bien au delà de son niveau, elle n'y comprendrait rien.
« - Oh, tu comprrendrres les équations de physique classique toi aussi ? » (V)
Attends, quoi ? Je ne peux m'empêcher de lever un sourcil étonné en entendant ça. « Tu veux dire que toi aussi ? »
« - Oui ! Ma maman me les apprrends quand je suis à la maison. Elle m'apprrends plein de choses tu sais ! Elle dit que je devoir êtrre très intelligente pour mon avenirr. »
Intéressant. « Tu ne restes pas avec tes camarades ? » lui demande-je, curieux de savoir pourquoi elle préfère se tourner vers un asocial comme moi. Elle fait la moue, terriblement mignonne, avant de me répondre.
« - Ils ne sont pas trrès gentils avec moi. Ils disent que je êtrre anorrmale. Alors je préfèrre êtrre seule. » Je vois. Une rejetée. Je la plains sincèrement.
« - Tu n'es pas un peu petite pour faire un voyage pareil ? » lui demande-je, étonné de la voir parmi de plus grands de plusieures années.
« - Je parrler trrès bon ineglish ! » me répond-elle en échouant à supprimer son accent. « Ma maman m'apprrendrre depuis longtemps, et elle a insisté pourr que je venirr. Elle a dirre que ça êtrre bon pourr prrogrresser. »
« - Comment t'appelles-tu ? Moi, c'est Harry. J'ai six ans et demi, je suis né le trente-et-un juillet 1980. » Elle me sourit largement, comprenant aussitôt qu'elle a été acceptée. Et ça lui fait plaisir.
« - Enchantée Harry. J'ai six ans et demi aussi, je suis née le prremier août 1980. Je m'appelle Fleurr. »
Je lui souri en réponse, et je pose mon livre pour commencer à discuter. L'échange scolaire ne dure qu'une petite semaine, je peux bien faire une pause dans mes études.
À suivre…
Oui, j'ai donné à Fleur le même âge qu'à Ryry. Parce que c'est bien mieux pour la suite de la fic. Et oui, je sais, elle NOUS semble un peu jeune pour faire un tel voyage toute seule. Mais pour ça, il faut prendre en compte qu'elle fait partie d'une autre culture que la notre, celle des vélanes, avec un point de vue sur la question différent du nôtre.
Quelques commentaires svp ? Paraît que ça aide à lutter contre la solitude…
…
I. Quidditcher en version anglaise, Quidditcheur en version française : joueur de quidditch.
II. Cette scène est un fantasme de fanfictioneur HP enfin accompli ! Mouahaha !
III. Le syndrome du savant : forme d'autisme très particulière se caractérisant par le fait que les personnes en étant atteintes possèdent des capacités cognitives hors-normes dans un ou plusieurs domaines précis, et frôlant l'incroyable tant elles sont impressionnantes. Il est fréquent que cette particularité ne soit accompagnée d'aucun aspect négatif, et ne puisse donc être décelée qu'après examen approfondi, la personne étant alors simplement vue comme un « génie ». Bien entendu, Harry n'est pas le moins du monde autiste, mais comme il est le seul à connaître la vérité, c'est l'une des explications les plus plausibles que peuvent concevoir des adultes.
IV. « Répétez après moi les enfants ! Èh… bi… si… di… » : Prononciation de l'alphabet anglais.
V. La physique classiquedont Harry apprend les équations : tout ce qui à voir avec ce qu'on apprend au lycée. Rien à voir avec Einstein ou la physique quantique, je vous rassure. Il n'est pas Mgary Sue non plus, n'oubliez pas qu'au delà de son petit corps, il est âgé de plus de dix-huit ans.
