NVJM 1/2017

Harry Potter et l'histoire inachevée

Chapitre 27 : Ragoût de chat

Une semaine plus tard, je me retrouve de nouveau dans la cour de récré, encore pour subir une cérémonie avec les correspondants Français. Je pourrais me montrer heureux, après tout ils vont enfin dégager et nous laisser tranquilles, mais je ne peux pas m'empêcher de ressentir un pincement à mon petit cœur. Car Fleur aussi va partir.

Cette petite semaine de pause, vécue comme le ferait n'importe quel enfant de mon âge, m'a fait le plus grand bien ! Savoir que quelqu'un m'attendait avec bonne humeur chaque matin a été sacrément bon pour mon moral. Je ne m'en étais pas rendu compte jusqu'à présent, mais il était sacrément bas, un peu comme si j'étais devenu une machine à accomplir ma volonté sans ressentir le moindre sentiment pour qui ou quoi que ce soit…

Je suis donc un peu triste de la voir partir. Je me suis bien amusé…

…bah ! Qu'importe le divertissement ! Il est temps de recommencer à travailler ! Je mets donc de côté mes sentiments, et reste à faire de timides gestes d'au revoir à mon amie, la regardant monter dans le bus qui va les ramener au ferry, puis en France. Et finalement, quand il devient hors de vue, je me détourne sans hésiter.

Fini de rire. Maintenant, on va passer à la vitesse supérieure.

Quelques mois plus tard…

Bon. Maintenant que cette satanée année scolaire est terminée, il est temps d'enclencher la prochaine étape de mes plans. C'est qu'il faut inaugurer mes presque sept ans. Mais pour ça, j'ai besoin de quelque chose de très particulier. Une baguette. Car j'ai essayé de lancer les sorts comme ça, en m'efforçant de maîtriser ma magie, mais rien à faire. Je n'en ai pas encore une assez grande maîtrise, et je ne peux pas me permettre de perdre des mois à m'entraîner juste pour si peu comme je l'ai fait jusqu'à maintenant. Donc, il faut que j'obtienne une baguette.

Mais si je me rends chez Ollivanders, ou chez n'importe quel autre marchand de baguette, je vais me faire instantanément repérer, bien évidemment, puisque les boutiques de ce genre sont truffées de sorts de surveillance de toutes sortes. Ben quoi, ça vous étonne ? C'est évident pourtant. Vous pensez bien que s'il existait des marchands de bombes atomiques, les moldus feraient en sorte qu'elles ne tombent pas aux mains de n'importe qui. Non ?

Je suis donc apparemment coincé. Je dis bien apparemment, mais ça, c'est sans prendre en compte le fait que ma mentalité ne colle vraiment pas avec l'apparence de mon corps.

Au fil de mes études, il ne m'a pas été dur de comprendre que les baguettes ne sont rien de plus que des sortes de gouvernails à magie. Juste de quoi faire en sorte qu'elle ne prenne que le chemin précis que vous avez demandé et pas qu'elle s'éparpille partout, ce qui augmente donc largement son efficacité. Mais il y a tout de même quelque chose d'étrange.

Réfléchissant au pourquoi et au comment les baguettiers parlaient de « crin de licorne » et autres « morceaux de ventricule de dragon » pour désigner les cœurs de leurs réalisations, je me suis dit qu'il devait y avoir là-dessous tout un mystère de dénominations professionnelles faites uniquement pour tromper les espions qui voudraient percer les mystères de leur art. Ben oui, nombreux sont les groupes criminels qui aimeraient bien pouvoir fabriquer eux-mêmes leurs baguettes.

Mais alors que je réfléchissais, un triste fait me revint en mémoire. Le monde de la magie n'était plus que l'ombre de lui-même, il n'était rien de plus que le cadavre décharné de sa gloire du moyen-âge. Et cet état de fait valait pour quasiment tout, y compris pour la fabrication de baguettes. Ces imbéciles remarquaient que tel ou tel morceau de machin permettait de mieux conduire leur magie ? Alors hop, on le met dans un bout de bois auquel on prête toutes sortes de superstitions, et voilà ! Une baguette !

En gros, tout ça est parfaitement stupide. A moins bien sûr qu'il n'y ait des éléments que je ne connais pas, ce qui est fort probable et que j'espère de tout mon cœur, et parce que j'ai du mal à m'imaginer que toute la société sorcière soit aussi… stupide. Je sais, je me répète.

Je n'arrête pas de les critiquer, mais pourtant je vais avoir besoin d'eux et de leur barbarisme. Car j'ai vraiment, urgemment besoin d'une baguette pour passer à la suite de mes projets, même très faible, même de mauvaise qualité, et que je ne peux pas passer des mois à m'en fabriquer une en suivant mes intuitions et mes idées. Ça, ce sera après.

Mais où donc obtenir un ingrédient magique ? Si je me rends à Londres, je me ferais repérer… hum…

Mais oui ! C'est bien sûr ! Chez cette vieille peau de Mrs Figgs ! Cette saleté d'espionne de Dumbledore ! Graaah, on peut dire que j'ai une dent contre elle ! Cette espèce de vieille emmerdeuse… Je ne compte plus le nombre de fois ou Pétunia m'a envoyé sous sa garde pendant qu'elle partait en vacances avec ses deux porcs ! Insupportable ! Toujours à parler de ses chats ! C'est d'ailleurs comme ça que j'ai découvert qu'elle était totalement à la solde du vieux schnock… heureusement qu'elle ne m'a jamais vu en train de manipuler les trois attardés, sinon je n'aurais pas donné cher de ma peau !

Pour mon petit cambriolage, j'ai un plan. Pas question d'attendre que Pétunia m'y envoie, vu que je ne sais jamais quand ça va se produire. Pas question non plus de me pointer là par surprise et de la mettre sous impérium, elle a beau sembler être cracmole, on ne sait jamais ce qu'il peut en être réellement. Le mieux à faire, c'est encore d'attendre qu'elle s'absente pour faire des courses ou je ne sais quoi. Moi, pendant ce temps là, je me tiendrais à l'affut, et dès que possible, j'irais au bout de la rue chercher Adolf et Benito, les deux chiens-loups de Piers, un copain de Dudley. Nommés à l'image de leurs maîtres. Un petit impérium pour qu'ils ne me posent pas de problème, et je les envoie bouffer du chat ! Ces sales bêtes ! Parce que oui, la maîtresse se prétend sans pouvoirs, mais elle en a pourtant un dès qu'il s'agit de parler avec ses griffes sur pattes ! Je suis sûr que si je me pointais là-bas sans précautions, ils lui rapporteraient tout de ma petite escapade !

Par chance, l'occasion idéale se présente dès le lendemain ! On est dimanche, la vieille va au marché de la ville, à pied évidemment, et en profitera pour alimenter les ragots à la messe. Ou pour lécher les hémorroïdes du curé. Bref, je préfère ne pas savoir. Tout ce qui compte, c'est qu'elle s'en aille assez longtemps !

Après avoir drogué avec du somnifère le verre d'eau de chevet de Pétunia, la bouteille de vin de Vernon et le tonneau d'huile de Dudley, puis m'être assuré qu'ils prennent bien soin de leur médiocrité en les attachant en plus à leur lit et en scellant la porte de leur chambre respective, je me suis rendu invisible et suis vite sorti dehors. Pas un instant à perdre ! J'entre silencieusement dans la maison de Piers, je les assomme tous dans leur sommeil comme pour ma très chère famille, sans toutefois faire plus pour ne pas avoir à revenir les détacher, puis je vais dans le jardin soumettre mes chers petits soldats. Les premiers d'une longue liste, à n'en pas douter.

WOUAF WOUAF GRRR ! Ouais c'est ça, ouaf ouaf ! Vos gueules sales bêtes ! Sans leur laisser la possibilité de sentir ma soudaine méfiance, je leur lance mon impérium à travers le grillage de leur niche, puis les force à en enfoncer la porte. Ben oui, la police va sûrement venir enquêter sur les causes du massacre qui va avoir lieu, et si elle voit que ces cabots à la con ont été libérés, elle va se poser des questions… manquerait plus que je sois découvert !

Et c'est parti ! Je lance un petit afflux de magie vers les nazis canins, pour leur ordonner d'attaquer tout ce qui miaule ! Et ils partent aussitôt en aboyant leur rage droit vers le jardin de Figgs ! Mouahaha ! Allez-y, bouffez-les tous ! BOUFFEZ-LES !

Caché derrière la haie, j'entends aussitôt un vrai concert de miaulements de douleur ! D'aboiements de sadisme ! Mouahaha ! Le combat fait rage ! Passant la tête à travers les feuilles, je regarde le spectacle avec avidité ! Déjà deux chats sont morts, la tête broyée par les mâchoires d'Adolf et Benito ! Probablement pris par surprise lors de l'attaque ! Une vraie blitzkrieg canine !

Je lance un petit afflux de magie pour forcer Benito à se débarasser d'un matou en particulier, qui tente de faire le tour pour le prendre par surprise. Vas-y, ravage-lui la fasce !

Attaque Adolf ! Lui aussi a réussi à saisir un de ses ennemis dans sa gueule, l'envoyant aussitôt valdinguer dans leur litière commune ! Et la sale bête s'y immobilise aussitôt en poussant un ultime miaulement d'horreur ! L'odorat gazé par la puanteur !

Mouahaha ! Voilà qui est bien ! Quatre chats de moins en un instant, la zone est nettoyée ! Les deux molosses sont en sang, autant le leur que celui de leurs victimes ! J'espère qu'ils vont crever aussi ces saletés ! Sortant de ma cachette dans la haie, je vais droit vers eux pour leur donner mes nouveaux ordres, veillant avant qu'ils soient bien immobilisés. C'est qu'il ne faudrait pas qu'ils m'attaquent ! « Allez parcourir toute la ville ensemble, et dès que vous voyez un chat, attaquez-le et tuez-le ! Massacrez son cadavre ! Ne vous attaquez qu'aux chats ! Faites-le jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus ! Quand vous les aurez tous tués, entre-dévorez-vous ! » Je n'ai pas besoin d'ajouter quoi que ce soit qu'ils se précipitent dans la rue, droit vers leurs prochaines victimes… nyark !

Vérifiant dans la rue que personne n'a été attiré par le raffut… non, tout va bien, je peux enfin entrer chez l'ennemi ! En espérant que je n'ai pas fait tout ça pour rien !

Comme d'habitude, la porte n'est pas fermée à clé ! La vieille espère que ses chats montent la garde… j'espère pouvoir être là quand elle découvrira la scène ! J'entre donc en prenant garde de ne pas faire de bruit, et aussi en faisant attention à la moindre perturbation dans la magie ambiante. On ne sait jamais. Manquerait plus que Dumby ait mit des sorts ici aussi !

Tout va bien, rien à signaler. Il fait un peu sombre, elle n'a pas ouvert les volets, mais ce n'est rien. Je vais vite m'y habituer.

Bon, réfléchissons. Si elle possède quoi que ce soit de magique, où est-ce qu'elle a bien pu le mettre ? Les ordres du citronné étant que je n'apprenne pas l'existence de la magie avant mes onze ans, elle doit avoir tout caché bien comme il faut… hum…

Patiemment, mais le plus vite possible toutefois, j'ouvre tous les tiroirs, tous les placards et tous les meubles en espérant y apercevoir quoi que ce soit de suspect ! Je me concentre en même temps sur ma magie pour m'assurer que rien ne soit caché par un quelconque sort… Tiens, des bijoux ! Vous tombez bien vous, venez là ! Je vous vendrais dès que possible pour faire disparaître les traces. Nyark ! Il y a pas un peu de sous quelque part aussi ? Tant qu'à faire…

Plusieures fois, je crois tomber sur mon affaire, mais je suis toujours déçu. Photos de chats par ici, jouets pour matous par là… vieille litière oubliée dans un coin, boules de poils qui traînent partout… elle ne fait jamais son ménage ou quoi ?! ATCHOUM !

Mon angoisse monte au fur et à mesure que le temps passe ! Je ne trouve rien ! Rien ! Après plus d'une heure, j'entre dans la dernière pièce, la chambre, en espérant que cette fois ce sera la bonne ! Et ce sera vite fait, il n'y a à fouiller qu'une seule armoire… L'ouvrant avec un atroce grincement, qui retentit telle une alarme à la con, je tombe directement sur de vieilles robes toutes miteuses ! Berk ! Et mon imagination ne peut s'empêcher d'imaginer leur propriétaire les porter… argh ! Un atroce frisson d'horreur me fait trembler de la tête aux pieds, et je m'efforce de penser à autre chose ! Vite, le souvenir de Pétunia qui donne une baffe à Dudley !

Tiens ? Une petite boîte épargnée par les griffures… c'est physiquement possible ça ? Je l'aurais jamais cru.

Je retire donc la boîte du fond de l'armoire, là où elle avait été bien soigneusement dissimulée par toutes sortes de vieux vêtements moisis. Hum, ça sent la vieille qui veut cacher un truc !

Je pose vite la boîte sur le sol, et m'empresse de l'ouvrir. Il n'y a qu'un petit sachet d'une poudre grisâtre, une enveloppe et un parchemin indiquant « Poudre d'anus de fée coupée au hachis de bonnet de schtroumpf. Une seule cuillérée le soir, au moment du coucher ».

Oh. Je vois. Les cours de ma première vie me reviennent aussitôt en mémoire. C'est un somnifère magique. C'EST TOUT BORDEL ?! C'EST UNE BLAGUE ?!

Déjà enragé de n'avoir trouvé que ça, mais le foutant quand même dans ma poche, on sait jamais, je me dépêche d'ouvrir l'enveloppe, et… wow ! C'est quoi ça ?!

Une plume s'échappe du papier dépecé et tombe sur le sol en virevoltant dans les airs, entamant un ballet hypnotisant. Le seul mot qui me vient à l'esprit, c'est : magnifique. Une plume de phénix. Probablement issue de Fumseck, le piaf de Dumby. Mais qu'est-ce qu'elle fait là ? ça doit valoir une fortune colossale un truc aussi rare ! J'ai du mal à croire qu'une vieille poivraute comme Figgs ait pu en obtenir une ! Et encore plus que le citronné la lui ait donnée !

Hum, probablement Fumseck l'a-t-il laissée tomber pendant une réunion de l'Ordre, et elle l'aura ramassée sans se faire voir. C'est sans doute ça. Je ne vois pas d'autres explications probables. Et elle est à moi maintenant !

Je m'apprête à remettre en place la boîte, vidée de son contenu, quand je sursaute soudain, un énorme « IIIIIIIRK ! AU SECOURS ! » retentissant du dehors ! Je jette un rapide coup d'œil sur ma montre, et voit que ça fait déjà deux heures que je fouille la maison ! Merde ! La messe est terminée, et la vieille peau est revenue ! Elle a découvert mon petit cadeau sanglant !

Vite, il faut que je me barre ! Mais comment faire ?! Cette maudite bicoque n'a qu'une entrée, et les fenêtres sont toutes fermées ! Et je ne suis pas assez grand pour ouvrir les volets ! Sans compter qu'ils doivent tous grincer, à coup sûr ! Un plan, il me faut un plan ! Vite ! Mais quoi ?!

Je sais ! Mon lien avec Adolf et Benito tient-il encore ? Il faut que je les rameute par ici pour occuper la vieille !

Oui ! Je les tiens encore sous mon impérium ! Allez sales bêtes, revenez par ici ! Les ordres précédents sont annulés, venez attaquer la sale foldingue !

J'entends retentir au loin un double gros « WOUAF WOUAF GRRR ! », signe que j'ai réussi ! Maintenant, il faut que je me poste dans un endroit d'où je pourrais partir en courant au moment opportun… pour ça, il faut que je me rende invisible ! Je m'efforce donc de me calmer et de faire appel à ma magie en me concentrant au maximum, le sort d'invisibilité étant l'un de ceux que je maîtrise le moins. J'espère que la folle n'aura pas l'idée d'entrer pendant que je suis en train de me concentrer !

« - A L'AIDE ! AU SECOURS ! » Ça y'est ! Mes deux aides canins sont là ! Je leur envoie un petit afflux de magie pour les forcer à harceler la folle, sans la tuer toutefois. Il ne manquerait plus que Dumby enquête sur sa mort et décide de renforcer les protections et la surveillance de Privet Drive ! Je risquerais d'être totalement coincé ici ! Par contre… ça ne les empêche pas de la blesser ! Mouahaha ! Allez-y, mordez-là !

Ça y'est ! J'ai enfin terminé de me lancer mon sort ! Je me précipite dans le couloir de l'entrée. Caché derrière la porte, je l'ouvre discrètement en guettant le moment opportun ! Pas maintenant, elle essaie de repousser Benito avec son parapluie et a le regard tourné dans ma direction… un petit ordre magique, et Adolf se retire discrètement pour faire le tour de la haie et la prendre par derrière… MAINTENANT ! ATTAQUEZ SALES BÊTES ! Blitzkrieg canine ! Benito bondit soudain dans les airs pendant qu'Adolf la saisit au mollet, la mordant profondément ! C'est le moment ! Ouvrant la porte aussi discrètement que possible, son grincement largement couvert par les hurlements de la vieille, je sors en courant et détale vers Privet Drive !

La porte des Dursley est vite refermée ! Je souffle pour faire tomber mon stress, je ne l'avais pas senti monter celui-là ! Ne perdant pas de temps, je lance un dernier afflux magique et ordonne aux deux cabots de laisser Figgs et de s'élancer vers l'autre bout de la rue pour aller s'y entre-dévorer ! Puis je vais libérer les porcs et la jument de leurs attaches, tout en leur lançant un petit sort de mémoire de mon cru dans l'improbable cas où ils se seraient réveillés et auraient compris que je suis responsable de leur situation. Et enfin, je retourne dans mon placard et m'y effondre, vidé de mes forces. Une petite sieste s'impose !

Je m'endors finalement en souriant, pensant : « Mission ingrédient : réussie ! »

A suivre…

Commentaires svp ? Paraît que ça aide à farmer des ressources…

Un indice pour deviner ce que sera le chapitre suivant : « pyramide ». A vos idées ! Mouahaha…