NVJM 1/2017
Harry Potter et l'histoire inachevée
Chapitre 28 : Un sac de patates
Bon, maintenant que les plans sont terminés, je suis prêt à fabriquer ma baguette ! Plusieurs jours ont passés depuis que j'ai réussi mon petit vol chez la voisine, et je ne suis pas resté inactif, loin de là ! Dès que les Dursley ont été réveillés, j'ai lancé un impérium sur Vernon pour lui faire prendre commande d'un petit quelque chose de particulier…
Avant de me lancer dans mon petit larcin, j'avais établi tous les plans dont j'avais besoin pour me fabriquer ma baguette. Et ce faisant, je m'étais retrouvé confronté à un problème… dans quoi la fabriquer ? Du bois ? Est-ce vraiment la matière la plus recommandée ?
M'interrogeant sur le pourquoi est-ce que les sorciers fabriquaient toujours leurs baguettes dans du bois, j'ai vu plusieures possibilités. La première, c'est bien entendu parce que cette matière est la plus apte à cela. Sans compter avec toutes ses variétés et sa disponibilité, qui permettent de s'adapter à toutes les particularités d'ingrédients et de magies. Et puis je me suis dit… est-ce vraiment pour ça ?
La deuxième possibilité, c'est que les sorciers sont tout simplement trop nuls ou fainéants pour pouvoir les faire avec autre chose. Je les imagine mal être assez habiles de leurs sorts pour façonner des tiges de métal creuses, et ne parlons même pas de les forger eux-mêmes ! Faire un effort physique ? Folie ! Hérésie ! Raison de plus pour essayer.
Je ne connais vraiment rien aux baguettes, et de toute façon je ne garderais pas celle-là très longtemps. Juste ce qu'il me faut pour lancer quelques sorts de déguisement sur moi et Pétunia, et ainsi pouvoir aller acheter une meilleure arme ! Mais entretemps, je compte bien tester différentes choses…
…
Hum… « Poussdentstaface ! » Un faible rayon bleuâtre s'échappe aussitôt de ma baguette, et hop ! Les dents de Dudley se mettent à pousser exagérément ! Mouahaha, quelle tête de con ça lui fait ! Quoique, ça l'améliore en un sens…
Je lance aussitôt un finite, puis me reconcentre. Fini de rire, il faut que je me dépêche. Un « Hippirasta » plus tard, ce sont ses cheveux qui poussent, poussent, encore et encore, autant que je m'efforce d'alimenter mon sort ! Ils débordent bien vite de son lit, emplissent les gouttières censées contenir la graisse qu'il transpire, tombent au sol, s'enroulent sur eux-mêmes… tout en les laissant encore prendre de l'ampleur, j'attache leur bout au pied du lit, et fait plein de nœuds de partout, les emmêlant dans tout ce qui traine. Nyark ! Et enfin, je sors de la chambre en lançant un finite programmé, qui s'activera et fera tout disparaître aussitôt que quelqu'un tentera d'ouvrir la porte… nul doute qu'il va avoir une sacrée peur !
Regardant ma montre, je vois qu'il est bientôt vinasse. Vernon ne va pas tarder à se lever. Oui, vinasse. Sept heures en gros. Soit quand il se lève. Et à huit heures, quand il s'en va, c'est « adultère », à midi c'est « putes »… etc, en fonction de leurs conneries de la journée à tous les trois. (III)
Retournant dans mon placard, je vérifie encore une fois mon sac à dos, pour voir si je n'ai rien oublié. De l'argent en grandes quantités, petite monnaie comme gros billets, une liste de course apparemment discrète mais codant en réalité tout ce que je veux… c'est vrai ça, quel sorcier imaginerait que « un sac de patates » puisse signifier « aller à Gringotts arnaquer les Gobelins » ? En plus de ça, j'emporte aussi quelques provisions, des déguisements moldus au cas où mes sorts ne tiennent pas ou si je n'ai pas le temps de les changer… etc.
Je lève soudain la tête en entendant un énorme « GROUIIIIIIIK ! » envahir toute la maison ! Dudley s'est réveillé on dirait ! Probablement Vernon a-t-il voulu ouvrir sa porte pour vérifier si ses perfusions de graisse étaient encore pleines… tirant de fait sur les poils que j'avais attachés à la poignée, et scalpant efficacement son fils. Mouahaha !
Ma petite distraction passée, Vernon calmé à coup de baguette et les deux autres levés –tout de même !-, le moment vient enfin où il ne reste plus que moi et Pétunia dans la maison.
Aussitôt me suis-je assuré que Dudley est bien parti voler le goûter de nos camarades que je sors de mon placard pour gagner la salle de bain, où tatie est occupée à prendre une douche. Vision d'horreur ! Heureusement, mon esprit est protégé par la vitre opaque. Je ne perdrais pas la raison immédiatement. Un rapide impérium lancé à travers la vitre, une serviette pudiquement tendue, et Pétunia se tient devant moi, prête à être refaite de fond en comble.
Voyons, de quelle manière puis-je la déguiser pour empêcher que quiconque ne puisse la reconnaître ? Que ce soit Dumby ou qui que ce soit d'autre. Après tout, peut-être a-t-elle déjà été dans le monde magique, avant d'y devenir allergique, et peut-être y connaît-elle des gens… paranoïa mon amour.
Après quelques minutes, mes choix sont faits ! Désormais, Pétunia se prénommera Pénélope Trasaţion (I), sorcière née-moldue d'origine Française, mariée à un moldu Britannique et depuis peu ayant décidé de revenir dans le monde magique, après de nombreuses années d'exil du fait de la guerre. Brune, courts cheveux coiffés en chignon, dépression aux lèvres et habillement très pudique, vêtements noirs d'encre et ternes à en faire reluire Rogue lui-même.
Maintenant, il me faut faire face à un autre problème : les sortilèges d'anti-déguisement qu'il y aura à Gringotts. Théoriquement, il est très simple de les passer, mais en pratique en revanche…
Quand on jette un sort ou quoi que ce soit d'autre de magique, la puissance obtenue est définie selon plusieurs facteurs, parmi lesquels la volonté. Si vous voulez jeter un sort puissant, il sera réellement plus puissant. Dans le cas qui nous intéresse maintenant, mes transformations seront plus stables si je veux qu'elles soient stables que si j'ai uniquement « jeté un sort de déguisement » sans y prêter attention. La nuance est légère, certes, mais elle est là, et est très importante.
Et c'est là tout le problème : si j'ai mis moins de volonté de faire tenir mes déguisements qu'il n'y en a dans la banque de faire tomber les déguisements, alors ils ne tiendront pas, quelle que soit leur qualité ou leur puissance apparente.
Maintenant, comment faire pour performer une suffisamment grande quantité de volonté ? Ça fait déjà un moment que je réfléchis à un moyen de contourner ce problème, et je suis certain d'avoir trouvé la solution… à ce sujet, les émotions jouent le rôle de puissants émulateurs. Jetez sur le coup de la colère un sort qui nécessite d'être en colère, et il sera considérablement plus puissant qu'autrement !
Maman. Encore un fois, c'est maman la solution. Je pense chaque jour à elle. Au funeste destin qui sera le sien si je n'interviens pas. Déjà cinq ans que je ne l'ai pas vue. Elle me manque comme je n'aurais jamais cru que quelqu'un pourrait me manquer. Et au fond de moi, je ressens toujours une sans cesse plus grande volonté de la sauver. Je suis convaincu que tout ce que je fais, ce n'est pas que pour me venger, mais aussi pour elle. Pour la sauver. J'en suis convaincu.
Mes sorts tiendront. Ça aussi, c'est certain.
Et sinon… disons que je collecterais quelques ingrédients de potion en plus. Ou que j'en deviendrais un.
…
Go ! Il est temps d'agir, pendant que Figgs l'endeuillée est trop occupée à pleurer pour surveiller mes mouvements ! Mais faisons tout de même attention.
« - On va où tatie ? » demande-je tout haut de ma petite voix, alors qu'une Pétunia normale est en train de refermer la porte. Une petite poussée de magie, et elle me répond exactement ce que je veux.
« - Je te l'ai déjà dit, » soupire-t-elle en me regardant avec amour, me donnant envie de la torturer. « Il faut que nous fassions de grandes courses aujourd'hui, alors nous allons à Londres, dans les grands magasins qu'il y a là-bas. »
« - Yahouuu ! »
Et je monte aussitôt dans la voiture, me précipitant pour dissimuler mon envie de vomir ! Berk-berk-berk ! Dire qu'il faut que je subisse pareille ignominie juste pour tromper la putain de Dumby… Le jour viendra où elle me paiera tout ça, vous verrez… les chats n'étaient qu'un avant-goût !
La petite scène terminée, la voiture démarrée et Privet Drive derrière-nous, je m'autorise enfin à faire tomber mon masque, et le petit enfant redevient le mini-dictateur. « Et maintenant, direction le Chemin de Traverse ! » ordonne-je. Vroum, vroum !
…allez quoi, vroum vroum ! Accélère !
…graaah, oui c'est vrai ! J'oubliais que Pétunia n'a pas le permis. Pfff, je sens que nous en avons pour un long moment…
…
ENFIN ! Nous sommes enfin arrivés, après deux heures de souffrance ! Graaah, vivement le jour où je pourrais faire souffrir cette saleté qui me sert de tante ! Vous allez me dire qu'il est étrange que je trouve une qualité à Vernon, mais lui au moins il sait bien conduire ! On serait arrivés depuis plus d'une heure si je l'avais emmené…
…même si il est vrai que je l'aurais probablement tué en cours de route, vu que sa seule présence suffit à me donner des envies assassines. M'enfin bref, passons à autre chose !
Après un temps atrocement long à subir les embouteillages, je fais stopper Pétunia à quelques pâtés de maison du chaudron baveur. C'est qu'il vaut mieux ne pas trop s'en approcher tant que nous ne sommes pas déguisés ! Nous descendons donc de la voiture, et je repère aussitôt une maison un peu plus isolée que le reste… elle sera parfaite pour se cacher ! Et si je peux y trouver un peu de financement, en passant…
Entrant l'air de rien, jetant un simple alohomora du bout de ma baguette cachée dans ma manche, je lance un simple « mamie, tu es là ? » qui s'entend du bout de la rue, et ne laisse personne me répondre que je fais fermer la porte à tatie, et que nous nous précipitons à travers la maison pour nous débarasser des intrus.
« Ici Harry ! » me lance rapidement Pétunia, alors que je fouille la cuisine. Je me dépêche de la rejoindre pour découvrir un couple de vieux machins en train de dépérir devant leur télé… quoique non. Même pas des vieux. Rien de plus que des restes. Des restes d'une époque révolue, incapables d'évoluer. Ils sont répugnants. Ils me dégoûtent. « Vois tatie, » lui dis-je en la forçant à regarder ces créatures inférieures. « Vois ce que ta mentalité va faire de toi dans l'absence d'avenir que tu t'infliges ». Je n'attends pas de réponse, et je me dépêche d'endormir et ligoter les restes. Tellement absorbés par leur pitoyabilité qu'ils n'ont rien remarqué.
Je me dépêche de sortir ma baguette et de jeter toute la liste de sorts que j'ai prévus. C'est qu'il y en a un sacré paquet ! Vêtements, voix, odeur… si je ne veux pas que nous courrions le moindre risque de nous faire repérer, il faut que tout soit parfait ! Il faut aussi que je pense à faire boiter Pétunia, ça sera une bonne excuse pour expliquer sa démarche hésitante due à l'impérium. Maintenant que j'y pense, j'aurais dû l'entraîner à ça. Bah, pas grave. Je n'ai plus le temps, alors je me dépêche de lui trouver une canne dans les possessions des restes. Et j'en profite pour taxer un coffret de bijoux qui traînait là comme par hasard. Ce n'est pas du vol, non. C'est un sauvetage. De toute façon, ils ont probablement oublié son existence.
Je laisse passer environ une demi-heure après notre entrée avant de nous faire ressortir. C'est qu'il ne faudrait pas qu'un potentiel espion s'étonne qu'une visite chez papy-mamie ne dure que quelques minutes. Et c'est finalement vers quinze heures que nous sortons à l'air pur. Enfin ! Avec toutes les poussières de médicament que nous avons respirées, faut croire que Pétunia va être immunisée contre sa stupidité pendant… quelques minutes, la connaissant.
Nous nous dépêchons de gagner la rue, et de là le quartier du chaudron-baveur. Je suppose que ce réservoir à bouseux est ouvert h24, après tout il faut bien remplir les réservoirs des merdeux avant qu'ils aillent aux putes, mais je préfère ne pas prendre le risque d'arriver à une potentielle fermeture. Surtout que j'ai besoin de me faire ouvrir le passage, vu que je ne me souviens plus sur quelles briques il faut apposer sa baguette ! Le mur qui cache la rue marchande est bien la seule chose correctement faite dans ce repaire de soulards.
Il ne nous faut que quelques minutes pour enfin arriver à destination. Je ressens aussitôt de plein fouet la barrière magique du sort de repousse-moldus. Outch, c'est qu'ils y ont été sacrément fort ! Malgré son impérium, Pétunia a un mouvement de recul. Je renforce mon sort d'un geste de la main, la forçant à avancer. Allez poufiasse ! On y va !
DING DONG ! Une désagréable sonnette fait remarquer notre entrée à une dizaine de poivrots plantés là. Ils ne nous regardent quelques instants, avant de s'arroser plus encore pour peu que ce soit possible. Manipulant tatie du bout de ma baguette, gardée bien dissimulée dans ma poche, je lui fais débiter le texte que je lui ai appris…
« - Bonjour ! » dit-elle froidement, attirant l'attention de Tom-le-dealeur. « Nous aimerions aller sur le chemin de traverse, mon fils et moi. »
« - Bien sûr ! Veuillez me suivre madame ! » Répond gaiement le trafiquant de crasse. Et il sautille aussitôt jusqu'au local à poubelles, où se trouve le passage. Sans doute son coin préféré de tout ce bouiboui. Il nous ouvre rapidement, et Pétunia lui donne une pièce moldue via impérium-express. Dégage maintenant !
Et voilà, bonjour à toi, Chemin de Traverse ! Voici ton futur maître qui te rend visite !
Enfin, euh… pour l'instant, ton maître la file douce. C'est qu'il faut être discret. Remarquez, ça ne va pas être très dur, vu le nombre de crétins qui promènent leur médiocrité. Un petit ordre magique et Pétunia me prend la main, me donnant envie de le pendre avec sa peau, et nous marchons en direction de Gringotts aussi vite que son imperium le peut, sa canne s'agitant avec toute l'absence de grâce d'une malfoyite aigüe.
Il ne nous faut que cinq minutes pour parvenir devant la banque, et faire face aux deux énormes gobelins, immobiles comme la mentalité des sorciers, qui gardent les immenses portes d'or. Sans aucun doute du cuivre avec un sort de reluisance. M'étonnerait que des radins comme les gobelins laissent une telle quantité d'or à portée des voleurs.
Voir les deux plantes en pot dans leurs armures me remue aussitôt la mémoire. Ce sont exactement les mêmes que les armures de l'Union ! Les mêmes que j'ai vues défiler lors de la bataille des plaines de sang… nul doute qu'elles sont encore parfaitement adaptées aux besoins de l'époque ! Je me demande d'ailleurs si elles sont d'origine, où si ce ne sont que des reproductions…
Nous entrons finalement dans la banque, et je cesse mon interrogation pour me reconcentrer sur mon plan. Tout d'abord, il nous faut trouver un gobelin plutôt jeune, car c'est bien connu : plus c'est jeune, plus c'est con. Et mieux ça se laisse arnaquer. Nyark ! Et ensuite, il faudra faire preuve de ruse… comment ça, JE suis jeune ?! Eh oh, je ne vous permet pas !
« - Bonjour madame, que puis-je faire pour vous ? »
« - Bonjour monsieur. Je viens ici pour différentes choses. Tout d'abord, pour ouvrir un compte pour mon fils ici présent. »
« - Très bien, quelle somme souhaitez-vous y mettre pour commencer ?
« - Une petite somme suffira, disons cinq-mille livres. » Le gobelin paraît s'étouffer en entendant ça, me faisant mentalement rire.
« - Cinq… cinq mille ?! Et je suppose que votre fils n'aura pas accès à cette somme avant sa majorité ? »
« - Du tout, il pourra en faire ce qu'il veut. Il n'est pas un de ces imbéciles mal éduqués. »
« - Très bien, à votre guise… comment comptez-vous alimenter le compte ? Devons-nous prélever l'argent quelque part, ou préférez-vous faire un dépôt ? »
« - Un dépôt, pour commencer. » Et aussitôt dit, aussitôt fait ! Tatie sort de son sac une large liasse de billets de cent livres, qui fait se décrocher la mâchoire du râteau sur pattes.
« - Madame, je dois vous avertir que la banque de Gringotts n'accepte pas les monnaies moldues dans ses coffres. Vous allez devoir passer par notre service de change. »
« - Qui est de ? »
« - Le taux actuel est d'une livre pour 1, 28 gallions (II). Ce qui vous fera un total de… six-mille quatre-cent gallions, avec des frais de cinquante gallions. »
« - Humpf ! Voilà qui est bien cher pour un si petit service ! » Wow, c'est que Pétunia joue bien la comédie dis-donc ! Même sans imperium, elle n'aurait pas pu paraître si méprisante ! Plus encore qu'avec les autres femmes de Privet Drive, c'est dire ! D'ailleurs, le gobelin semble l'avoir mal pris, et se montre aussitôt beaucoup plus froid.
« - Gringotts peut-elle faire autre chose pour vous être agréable, madame ? » dit-il sur un ton coulant signifiant sans équivoque « dégage pouffiasse ». Et je suis bien d'accord avec lui. Mais plus tard, pour l'instant j'ai encore besoin d'elle.
« - Oui, j'aimerais louer un coffre au nom de mon mari, afin d'y faire des dépôts réguliers d'argent et d'objets précieux. »
« - Très bien madame, » et il sort un papier de sous son bureau avant d'ajouter « Voici un devis. Veuillez cocher ici l'ensemble des options que vous souhaitez et préciser toutes les informations qui nous permettront de personnaliser votre coffre, et le prix de la location paraîtra progressivement en bas de page. » Raaah, merde ! J'avais pas prévu ça ! Je suis trop petit pour voir ce qu'il y a de marqué, et je ne peux pas dire à tatie de tout cocher, ce ne serait pas prudent avec un gobelin de l'autre côté du comptoir ! Ça sent l'arnaque à plein nez ! Une idée, vite !
Je sais ! A peine Pétunia a-t-elle saisit le papier que je lui saute dessus pour lui faire peur, et une petite décharge de magie surprise la fait sursauter ! Timing parfait ! Elle lâche le papier sans prévenir, et il tombe sur le sol. « Jonathan ! » me gronde-t-elle, l'air mécontente. « Fais un peu attention voyons ! » Je mime aussitôt un air désolé, affichant en même temps un empressement tout enfantin, et je me penche pour ramasser le doc et le lui rendre. Tout en activant au maximum mes capacités occlumenciennes pour m'efforcer de faire une photo mentale de la liste ! Je n'ai jamais réussi ça, ni même ne l'ai tenté, mais cette fois il le faut ! C'est capital ! C'EST POUR MAMAN !
« - Tu seras privé de dessert ce soir, jeune homme ! » me lance Pétunia en reprenant le papelard. Vraiment, très bonne comédienne. Elle a raté une carrière, cette fainéasse.
Je me retourne aussitôt, mimant un air boudeur, et je ferme les yeux pour me concentrer. Hum… je visualise plutôt bien la feuille, je pense que ça ira ! Maintenant, il ne me reste plus qu'à dicter mes souhaits à tatie… C'est fait en quelques minutes. Le gobelin reprend vite fait possession de la liste.
« - Et vous en aurez pour… 1090 gallions par mois ?! » Il jette un regard méfiant vers sa cliente. « Madame, êtes-vous réellement sûre de vouloir payer un tel prix ? »
« - Monsieur, votre travail nécessite de poser des questions, mais pas d'être indiscret ! Je suis sûre de mon choix. Veuillez l'enregistrer que nous puissions passer à la suite. » Et c'est avec un imperceptible haussement d'épaules que le gobelin rangea la feuille en attendant de la traiter. Après tout, si cette folle voulait se ruiner… ce n'est pas Gringotts qui allait s'en plaindre !
« - Puis-je faire autre chose pour vous être agréable, madame ? » dit-il, déjà plus poli que tout à l'heure. Wow, pour un peu il parviendrait à être aussi hypocrite que moi ! Balèze lui aussi ! Je l'aime bien.
« - Je souhaite maintenant prendre un rendez-vous avec un conseiller financier, ou qui que ce soit d'un tel grade, afin de parler d'affaires plus complexes. »
« - Puis-je avoir plus d'informations, afin de pouvoir vous orienter vers la personne la plus qualifiée pour traiter votre demande ? »
« - Mon mari souhaite étendre ses activités au monde magique, il lui est donc nécessaire d'être en contact fréquent avec les instances financières de cette société. »
« - Et votre mari est… »
« - Président-directeur général de la société d'investissements Trasaţion & co, et trader à la City de Londres (IV). Il gère les biens que lui confient ses clients, et les fait fructifier en échange d'un pourcentage.
Le gobelin resta statique pendant un instant. Nul doute qu'il paraissait étonné de ce qu'il venait d'entendre, et que son cerveau fonctionnait à plein régime pour comprendre toutes les implications de ce que je viens de dire. Ben ouais, les moldus sont intelligents. Plus que toi, en tout cas. Vas-y mon gars, tombe donc dans mon piège…
Il resta ainsi à réfléchir pendant quelques minutes, ne semblant pas se rendre compte du temps passant, marmonnant dans son absence de barbe. Nul doute qu'il est lui aussi un ambitieux, qui n'a pas l'intention de reste à un guichet très longtemps ! Je confirme, je l'aime bien. Mais dépêche-toi quand même, je n'ai pas toute la journée devant moi, loin de là ! Allez hop, imperium express…
« - Monsieur ? » demande Pétunia. Il sursaute soudain, se demandant ce qu'il se passe, et se reprend rapidement.
« - Veuillez m'excuser madame, un léger moment d'absence… je connais effectivement un investisseur qui se dédie aux affaires avec le monde moldu, je pense qu'il sera très heureux de vous rencontrer. Pour quand souhaitez-vous prendre un rendez-vous ? »
« - Dès que possible, si cela se peut aujourd'hui, ou demain avant la mi après-midi. »
« - Très bien madame… » il sortit un carnet de sous son guichet. « Je puis vous proposer demain, à quatorze heures, dans ses locaux personnels de l'Allée des Oubliés. Cela vous convient-il ? »
« - Et où cela se situe-t-il ? »
« - Allez au fond de l'allée des embrumes, et entrez par la porte entourée de deux chênes miniatures en pot. Les locaux de cet investisseur sont au numéro cent vingt-cinq. »
« - Très bien, j'y serais. »
« - Alors le rendez-vous est pris madame. Encore autre chose ? » Et en disant cela, il ne peut s'empêcher de laisser voir le jour à ses douze canines. Heureusement qu'il ne peut pas voir mon propre rictus, caché que je suis dans les plis de la robe de tatie.
« - Non, cela sera tout. Je vous remercie monsieur. Bonne fin de journée. »
« - Au revoir madame, ça aura été un plaisir. » Tu m'étonnes ! Nyark ! Et finalement, nous nous dépêchons de sortir de la banque, tant que mes sorts tiennent encore.
Bon. Maintenant que j'ai le portefeuille plein… il est temps de faire un rire sadique ! Mouahaha ! Chemin de Traverse, tiens-toi bien ! Me voilà !
…
A suivre…
Quelques commentaires svp ? Paraît que ça empêche de se faire avoir… mouahaha…
Devinette : à votre avis, qu'est-ce que « L'allée des Oubliés » dont parle le gobelin ? A vos idées ! Mouahaha… (réponse au chap 30).
A propos de la devinette du chapitre précédent : Harry convainc des gobelins d'investir dans sa fausse société en faisant miroiter que le faux mari-moldu de Pénélope (Pétunia) est un grand financier moldu, et met ainsi en place une « pyramide de ponzi », une escroquerie nommée d'après son créateur et consistant à accumuler l'argent de gens souhaitant le faire fructifier, et de ne le redonner avec intérêts que lorsqu'il y en a la (rare) demande, faisant croire qu'il y a eu fructification grâce à l'apport des autres clients. Très pratique pour faire des escroqueries de masse : la plus grande arnaque de l'histoire a été réalisée avec cette technique. Allez voir sur wikipédia, c'est sacrément intéressant.
…
I. Pénélope Trasaţion : mélange de « pénétration » et « salope ». Un pseudo idéal pour Pétunia, non ?
II. Le taux de change livres-gallions : difficile à calculer. En un sens, l'économie sorcière et magique en général étant archaïque en comparaison de celle des moldus, on pourrait imaginer une différence d'inflation titanesque, avec une livre pour des millions de gallions. Soit un désavantage titanesque pour les sorciers. Mais dans un autre sens, les magiques dépendant tellement des moldus pour d'innombrables aspects, on peut penser que leur économie est depuis longtemps stabilisée et adaptée… donc, j'ai pris un nombre au pif. Allez hop, on passe à la suite !
III. Les moments de la journée nommés selon les conneries que font les Dursley : juste pour rire, voici une petite liste (vive le dico des synonymes) :
- Dudley : Grouïk, graisse, grouïk, huile, grouïk, gras, grouïk, saindoux, grouïk, lipides, grouïk, lard, grouïk. Grouïk.
- Pétunia : Ragots, commérages, Dudlydamour, rumeurs, Dudlychéri, maquillage, médisance, Dudlygnon, diffamation, dénigrement, Dudlynouchet…
- Vernon : Racisme, poufiasses, bêtises, salopes, alcool, pétasses, chasse-au-Harry, putes, vinasse, adultère…
- NVJM : Mouahaha, mouahaha, miam, mouahaha, mouahaha, nyark, mouahaha, mouahaha, tarecongénitale, mouahaha, mouahaha. Mouahaha !
IV. La City de Londres : le quartier financier de la ville.
