NVJM, rédigé 5/2017 publié 12/5/2017
Agaga, dix-huit commentaires au chap précédent ! Vous avez explosé votre record ! Merci ! ^^
Harry Potter et l'histoire inachevée
Chapitre 34 : La paranoïa
Dans mon placard agrandi, assis sur ma chaise, je reste aussi immobile que mes capacités de pitié, milles pensées de toutes sortes me traversant l'esprit. Devant moi, avachie sur mon lit, se tient la petite fille ramenée par Vernon. Endormie, anesthésiée par l'épuisement. La pauvre, elle a tellement pleuré qu'elle va bien dormir des jours entiers.
Cela fait maintenant plusieures heures que je tourne et retourne ma folie dans tous les sens, luttant pour ne pas vomir de dégoût envers ma propre personne. Car j'ai compris. J'ai compris toutes les conséquences que ma manipulation des Dursley a eues.
Bien sûr, j'ai régulièrement regardé les journaux. J'ai déjà entendu parler de ce monstrueux Goret, cet atroce pédophile. Mais jamais je ne me serais imaginé qu'il puisse s'agir de mon propre oncle ! Même avec toute sa méchanceté, avec toute la haine que je ressens pour lui, je n'aurais pas cru qu'il puisse être aussi ignoble.
M'imaginer tout ce qu'il a pu faire me remémore les horreurs du passé. Les viols de masse lors de l'invasion de la cité de Pôdlad. Le génocide des Vélanes, avec leur mise en élevage intensif…
…je me sens en bonne partie responsable de tout ça. Il faut que je règle le problème. D'une manière radicalement définitive. Pour que ça ne recommence jamais !
En un sens, cette affaire tombe bien, aussi horrible à dire ce soit. Il était temps pour moi de quitter Privet Drive, et je n'avais pas encore trouvé de scénario pour tromper Dumby. Merci tonton, tu m'as fourni tout ce qu'il me faut…
…
Sortant de mon placard pendant que la petite dort encore, je me rends dans la cave, là où j'ai immobilisé les trois merdeux à coup d'impériums. A peine suis-je entré que j'entends « flic-flac » sous mes pieds. Inutile de se baisser pour voir de quoi il s'agit, je le sais très bien, vu que j'ai laissé Vernon pisser le sang après mon… malencontreux sort de découpe lancé entre ses jambes. Je vous jure, c'était un accident. Si si. Et de toute façon, il peut bien crever ce monstre, je n'en ai rien à faire.
M'enfin, il ne faut pas exagérer non plus. J'ai encore besoin de lui. Je me résigne donc à lancer un petit sort de cicatrisation sur les bouts de peau pendouillants qui lui restent. Un travail très grossier. Il ne pourra même plus aller aux chiottes. M'enfin, ce n'est pas grave, je vais le tuer, LE TUER ! bien avant que l'accumulation de déchets ne lui pose de réel problème.
Le plan que j'ai prévu est très simple, très rapide à mettre en place. Surtout que j'avais déjà commencé à préparer la paperasse. La seule question qui se pose encore, c'est : qu'est-ce que je fais de cette pute de Pétunia, et de ce cétacé de Dudley ? Hum… à peine ai-je pensé ça que je trouve la réponse. Pas difficile. Je leurs modifie vite fait la mémoire, pour qu'ils ne gardent aucun souvenir de moi. Aucun, à la seule exception de mon accueil, il y a de ça déjà plusieures années.
Reste plus qu'à attendre jusqu'au lendemain…
…
La nuit tombe quand enfin, la fillette se réveille. De nouveau assis sur ma chaise, je repose mon livre sur mon bureau en la voyant remuer légèrement, et me lève pour approcher. A peine ais-je fais un pas qu'elle sursaute et se redresse précipitamment pour se prostrer tout contre le mur du fond, tremblant de tout son être.
« - Qui es-tu ?! » me demande-t-elle de sa petite voix, clairement terrorisée. C'est sûr qu'on le serait à moins.
J'aimerais bien lui répondre « Je suis le futur seigneur des ténèbres et maître du monde », mais même si c'est la vérité, je ne suis pas sûr que ça aiderait. Je me contente donc d'un simple « Je m'appelle Harry ». Pas la peine de lui mentir. Sans lui en dire trop, bien sûr. J'y ai bien réfléchi, mais je n'ai pas vu de raison de la tromper. Au pire, un accident est si vite arrivé…
A peine ais-je dis mon nom qu'un œil passe à travers les longs cheveux blonds pour me fixer… curieusement ? Sauvagement ? Je ne saurais dire, mais ce n'est clairement pas de la peur. Étrange… à moins que ce ne soit ma paranoïa qui me fasse imaginer ça. Bref, peu importe.
« - Qu'est-ce que je fais là ? » me demande-t-elle d'une toute petite voix. « Mes parents ! Où est maman ? »
Oh. Merde. Vernon a été jusque là ? Bordel, la maudite ordure. Va falloir que je le torture plus que prévu en punition. Oser faire une telle chose !
« - Je sais pas où sont tes parents, » réponds-je en m'efforçant d'adopter un langage enfantin. Pas facile, je suis largement adulte dans ma tête. « Je sais pas non plus où sont les miens. Le méchant monsieur m'a rien dit. »
Espérons que comme ça, elle croira que moi aussi, je suis une victime de Vernon. Ce n'est qu'une bien piètre tentative de manipulation, mais j'ai été tellement prit au dépourvu…
La voyant trembler un peu moins qu'avant, je grimpe sur le lit et tente de m'avancer à quatre pattes. Elle se tend aussitôt, prête à s'enfuir à toutes jambes. Manquerait plus que ça. Je m'arrête par prudence, pour la ménager, et m'assied en tailleur calmement.
« - Jure-moi que t'es pas là pour me faire du mal, » lui demande-je en la regardant avec crainte. Du moins, j'espère parvenir à effacer mon habituel air de dominateur en herbe.
Elle met un instant à me répondre. « Je ne te ferai pas de mal Harry. Mais pour… ».
« - Jure-le-moi ».
« - Euh, je te le promets ? »
« - Tu me le jure vraiment ? Vraiment-vraiment ? »
« - Vraiment-vraiment, » répète-t-elle avec toujours le même air de pure d'innocence.
Hum, est-ce qu'elle le fait exprès ou pas ? C'est suspect. Mais en un sens, les serments inviolables sont bien connus dans le monde sorcier, et vu leurs effets potentiellement dévastateurs, ça ne m'étonnerait pas que les parents apprennent à leurs enfants à en avoir peur, et ce dès leur plus jeune âge.
La regardant droit dans les yeux, je ne vois pas quoi ajouter d'autre. Ce n'est qu'une enfant. Rien de plus qu'une enfant. Je pousse ma paranoïa bien trop loin.
« - Est-ce que je peux aller prendre une douche ? Je suis toute sale, » me demande-t-elle gentiment. Effectivement, elle est pleine de terre. Grumble, va falloir que je nettoie encore mon lit… À peine lui ai-je indiqué la salle de bain qu'elle se retourne en faisant voler ses cheveux. Mignonne, pense-je en rougissant. Elle deviendra magnifique dans quelques années.
Mais quelque chose capte soudain mon regard. Le miroir qui se trouve non loin. Et ce qui s'y reflète. Un visage d'ange et un sourire de démon. Ça ne dure qu'un instant. Elle franchi vite la porte, et puis plus rien en une seconde. Mais ça suffit pour faire dérailler mon cœur. Ais-je rêvé ?
Non. Non, je n'ai pas rêvé. La porte était fermée à clef et à coup de sorts. J'y ai veillé à plusieures reprises. Et elle l'a ouverte sans aucun effort, sans même sembler remarquer qu'il y avait de la magie dans l'air.
Et moi, je pense un grand « Oh putain ! Putain ! OH PUTAIN DE BORDEL ! » Il va falloir que je multiplie l'ampleur de ma paranoïa, je le sens.
…
Pendant que la petite est allée prendre une douche, je ne peux m'empêcher de faire les cent pas dans le salon, rongé par l'inquiétude. Oh, pas dans le sens d'avoir peur pour elle ou pour qui que ce soit, non, mais plutôt dans le sens qu'en ce moment, rien ne semble aller comme il faut. Et le pire, c'est sans aucun doute le comportement de cette gamine. Dans ma tête, je ne cesse d'encore et encore retourner les mêmes mots. « Comment peut-elle être aussi mâture à son âge ?! Ce n'est pas possible ! Intelligente pourquoi pas, mais pas mâture ! Je suis censé être la seule exception, vu mon passif ! »
Je ne peux m'empêcher d'avoir des sueurs froides en m'imaginant le pire, une multitude de scénarios tous plus fous les uns que les autres. Et si je n'avais pas été le seul à avoir remonté le temps jusqu'à l'époque de l'union magique ? Et si je n'avais pas été le seul à être renvoyé à mon époque par Merlin et co ?
Car cette fillette est bel et bien actuelle, ça ne fait aucun doute. Ce n'est pas une native du moyen-âge qui aurait été envoyée à mes côtés pour m'aider ou me surveiller. Je me souviens un peu d'elle, à l'époque de ma première vie. Une élève de première année de Serdaigle, pendant l'hécatombe de la Chambre des Secrets. Elle avait été repeindre les murs avant la fin du premier mois. Je le sais, j'ai moi-même vu ses restes s'écouler jusqu'au sol. Une parmi tant d'autres.
Conclusion, elle n'a pas fait de voyage dans le temps comme moi. Mais comment expliquer qu'elle puisse être aussi mâture ?! Elle ne s'est même pas faite avoir par toutes mes tentatives de manipulation pendant que je l'obligeai à prêter serment ! Et en plus, elle est beaucoup trop puissante pour mon propre bien ! Si elle décide un jour que je représente un danger pour elle… brrr ! J'ai plutôt intérêt à me préparer !
Je m'arrête soudain de tourner en rond pour regarder l'heure à l'horloge. Hum… ça fait combien de temps qu'elle est sous la douche ? Plus d'une heure, non ? Ça commence à faire long… non pas que je m'inquiète pour elle, elle peut bien crever, je m'en fiche complètement, mais je n'aimerais pas découvrir qu'elle a fouiné dans mes affaires pendant que j'ai le dos tourné.
…ça fait une heure et demie maintenant. Vraiment, c'est trop long. Pas que je craigne le montant de la facture d'eau, vu qu'elle ne sera plus payée… À moins que ! Ne me dites pas qu'elle est encore plus fanatique du maquillage que Pétunia ?! Quoique non, elle n'a que huit ans. Faut pas abuser.
…Deux heures ?! Maintenant, ça suffit ! Il faut que j'aille voir s'il n'y a pas quelque chose d'étrange. Au pire, si elle n'apprécie pas que je la vois toute nue, un petit sort de mémoire fera l'affaire…
Posant mon livre, je sors de mon placard et grimpe les escaliers rapidement, arrivant devant la porte de la salle de bain en un instant. Ecoutant à travers le panneau, j'entends l'eau en train de couler. Et rien d'autre. Hum, étrange. J'espère qu'elle ne s'est pas suicidée…
…je souris sadiquement à mes morbides pensées. Nyark-nyark-nyark, ça m'arrangerait bien ! Nul doute que ça m'éviterait de devoir me débarasser d'elle plus tard !
Je me tais soudain en entendant un petit bruit étrange ! Mais c'est… Poussant légèrement la porte en veillant à ne pas faire de bruit, j'entends de nouveau ce son si familier. Des pleurs !
Entrant sans plus hésiter, je comprends aussitôt ce qu'il se passe et ce que je dois faire. Je me saisis donc sans attendre de la plus grande serviette de bain que je trouve, assez grande pour contenir un Dudley et demi, c'est dire, puis j'ouvre grand la cabine de douche.
La petite est là, prostrée au sol, de l'eau désormais gelée coulant sans s'arrêter sur ses longs cheveux blonds. Elle a réussi à vider le chauffe-eau… grumble, je suis sûr qu'elle va être malade cette nuit ! Bon ben tant pis, je sacrifierais quelques-unes de mes potions de soin…
La regardant furtivement pendant que j'éteins l'eau, ne prêtant aucune attention à sa surprise ni à sa pudeur, je remarque qu'elle a la peau toute rouge, comme si elle avait tenté de se l'arracher par un frottement incessant. Hum, typique des personnes ayant subi un viol. Même si pour elle, son corps n'a pas été touché, son esprit a beaucoup souffert en peu de temps.
A peine l'eau est-elle éteinte que je me baisse pour l'entourer de la serviette, ne prêtant aucune attention à ses tremblements, et je l'enveloppe dans un large cocon protecteur avant de la soulever hors de la douche. Ma muscu fait son effet, je n'ai aucun problème à la ramener dans mon placard. Elle n'est pas lourde, de toute façon.
Et à peine sommes nous arrivés que je nous pose sur le lit. Et je la serre dans mes bras, tapotant et massant son dos à tour de rôle. Il ne lui faut pas longtemps pour serrer ses bras autour de mon cou et se mettre à pleurer tout son saoul. Elle est si inoffensive ainsi… nul doute que ma peur précédente n'est pas justifiée.
Dans mon esprit, je soupire imperceptiblement. La nuit va être longue, je le sens…
Et dans la tête de la petite fille tourbillonnent de biens sombres pensées. Ses parents ont été tués par un fou. Ce fou habite une maison où un autre fou précocement magique lui a ravagé l'esprit à coup de sorts. Elle le sait, elle a ressenti la magie sur la porte du placard. C'était la même que celle d'Harry. Il n'était pas le seul à avoir réussi à maîtriser sa magie prématurément. Donc… « Tu as tué mes parents Harry ! Je me vengerais ! De toi, du monde, peu importe, je me vengerais de tous ceux qui ont détruit ma vie ! Je me vengerais… »
Et elle s'endormit sur ces funestes pensées…
…
Le lendemain venu, j'ai terminé de préparer mes bagages personnels pendant qu'elle se charge de mettre en sac tout ce qui lui tombe sous la main. Ustensiles de cuisines, appareils moldus, paperasse, etc. Je tente sans grand succès de rétrécir quelques meubles, doutant d'en trouver des utilisables là où nous allons. Mais le seul résultat que j'arrive à obtenir, c'est une charpie de bois et de mousse de rembourrage. Tant pis, n'insistons pas. Mieux vaut ne pas tenter le diable en risquant de nous faire repérer par Dumby ou le ministère.
« - Harry ! » me demande la petite en amenant dans le couloir ses derniers sacs pleins. « C'est bien joli de vouloir partir discrètement, mais où est-ce que tu comptes aller ? Nous ne sommes que des enfants ! Nous allons vite nous faire repérer ! »
J'arbore un sourire satisfait en lui répondant : « Ma chère Luna, nous allons… »
…
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Mes félicitations, vous êtes très nombreux à avoir trouvé que c'était Luna ! Cookie ! :)
A votre avis, où est-ce qu'Harry et sa nouvelle amie-ennemie vont aller ? Et quel sera le rôle de Luna dans la suite de l'histoire ? Je vous préviens, avec ce perso, le scénario va commencer à devenir compliqué ! Parce que oui, il était simple jusqu'à maintenant… mouahaha ! A vos idées !
