NVJM, rédigé 5/2017 publié 26/5/2017

J'ai légèrement modifié le chapitre précédent pour améliorer une faiblesse narrative que plusieurs d'entre vous m'avaient faite remarquer. N'hésitez pas à aller le relire, on ne sait jamais, ça pourrait être utile…

Harry Potter et l'histoire inachevée

Chapitre 35 : L'envol d'un fou

Mode paranoïa activé.

Mode Ryry-gamin activé.

Voilà, comme ça ce sera bien.

Allongé sur mon lit, agité par mille pensées angoissées, je me méfie de Luna, endormie juste derrière moi. Elle est suspecte. Il est bien trop étrange qu'un évènement aussi imprévu qu'une rencontre avec une sorcière de mon âge arrive maintenant. Et si elle était envoyée par Dumbledore pour me surveiller ? Et si le vioque avait des soupçons ? S'il avait repéré mes effusions de magie, malgré toute ma prudence ? Paranoïa mon amour, bénie sois-tu.

Est-ce qu'il vaut mieux que je me débarrasse d'elle ? Que je la tue, lui efface la mémoire ? Ou que je l'utilise comme un pion ? Hum, sacrément bonne question.

Il me serait utile de préparer dès maintenant mes relations pour les années à Poudlard. C'est que ça approche vite, très vite. Tellement vite que je risque bien de recevoir ma lettre alors que je croirai avoir encore longtemps devant moi. Mieux vaut éviter d'être pris au dépourvu.

Luna serait-elle un bon pion pour l'avenir ? Je ne me souviens pas énormément d'elle dans sa version de ma première vie. Elle avait un an de moins que moi, était très discrète, peu aimée, et a fait don de ses organes aux murs de Poudlard parmi les premières victimes de l'Holomagus. Hum, et si son comportement de l'époque avait été une ruse pour se dissimuler ? Voire même, et si elle n'avait pas été tuée jadis, mais avait utilisé l'occasion comme un prétexte pour se cacher et mener quelques projets dans l'ombre, comme je le fais actuellement ?

…hum, je me demande si je ne fais pas un abus de paranoïa. Bah, pas grave. On verra ça plus tard.

DRIIIIIIING ! DRIIIIIING !

Ah, il est sept heures ! Déjà l'heure de se lever ? J'aurais bien dormi plus, la nuit a été courte, presque la plus courte que j'ai jamais faite. C'est dire. Bon ben tant pis, au boulot !

C'est que j'ai bien bossé ! Hier soir, après m'être assuré que Luna dormait bien –j'ai drogué sa nourriture avec une lourde dose de potion de sommeil sans-rêve-, j'ai été rendre une petite visite à Figgs l'Endeuillée, ainsi qu'à littéralement la quasi-totalité des habitants de Little Winghing. Potion d'endurance aidant. Pourquoi ? Parce qu'imaginez si Dumby enquête après ma disparition, que les Dursley ne se souviennent pas de moi mais que les autres bouseux se rappellent bel et bien qu'il y a eu un petit Harry Potter ici ? Le vioque soupçonnera immédiatement qu'il y a vif d'or sous gazon (I). Et peut-être même qu'il comprendra que je ne suis pas ce que je semble être. Mieux vaut donc éviter.

J'ai aussi profité de la nuit pour impériumer Pétunia et prendre contact avec ma mafia. Je vais être obligé de recourir à leur aide, mais encore une fois pas question de prendre le moindre risque ! Ils vont me préparer diverses choses dans des sacs agrandis-allégés, comme ceux que j'avais utilisé sur le Chemin de Traverse, et les enverront par chouette à un endroit où un moldu impériumé pour l'occasion va renvoyer le tout par portoloin, à un autre moldu qui relaiera par chouette, puis encore, et le tout aussi rapidement que possible. S'il y a des attardés d'aurors qui suivent le colis, alors bonne chance pour parvenir à me retrouver ! Surtout avant mon départ ! Tout est chronométré parfaitement, aucun faux pas ne peut être admis !

Le dernier point qu'il m'a fallu préparer pour dissimuler ma fuite, c'est de faire disparaître Harry Potter du quatre, Privet Drive. Une petite histoire plutôt classique, du genre abandonné par les Dursley et confié à une famille d'accueil abusive, retiré et confié à une autre, et encore, etc… quelques dizaines comme ça. Et les joies de l'administration aidant, la dernière famille d'accueil de la liste, ce sera… la famille Dursley. A la même date qu'au début. Mouahaha, bonne dépression nerveuse à qui me poursuivra !

« - Allez, debout Luna ! » lui dis-je en la tapotant sur l'épaule. « Il faut qu'on s'en aille, les méchants vont bientôt arriver ! » Se forcer à adopter un langage plus enfantin que je n'y suis habitué n'est pas facile. Je ne suis même pas sûr d'y parvenir. Pourvu que je n'ai pas l'air trop suspect. C'est qu'elle me paraît sacrément intelligente la petite.

Quelques minutes plus tard, nous nous retrouvons tous dans la cuisine, moi, Luna et Dudley, prenant notre petit-déjeuner, Pétunia nous servant en gardant le ventre vide, et l'ordure-en-chef tentant de faire des pompes tout en portant l'un des fauteuils sur son dos. Souffre, saleté. Expie tes crimes. Ton enfer ne fait que commencer.

Vous vous demandez peut-être pourquoi je traite Dudley d'une manière relativement correcte ? Eh bien, il ne faut pas oublier que malgré son comportement déplorable, il n'est qu'un enfant de neuf ans. Sa façon d'être, il la doit à ses pitoyables parents plus qu'à sa propre personnalité. Le traiter de la même manière que je le ferais pour son Goret de père serait plutôt injuste. On ne choisit pas sa naissance. Non pas que j'en ai quoi que ce soit à faire de la justice, ce n'est que très secondaire pour un futur dictateur, mais je pense que ça me ferait tout de même mal de vivre en me disant que j'ai détruit l'avenir de mon seul cousin. Et puis… il pourrait très bien être un pion utile par la suite, qui sait…

À la fin du repas, je profite d'un instant où Luna est dans la salle de bain pour effacer de la mémoire de Dudley un maximum de ce qui concerne ses parents. Allez, va cousin. Rends-toi aux services sociaux de la ville. D'ici à ce que ton corps de pachyderme arrive à destination, le sang aura coulé et ta vie sera changée pour le mieux.

Mes petites affaires terminées, je demande à Luna d'aller dans le couloir préparer nos sacs pour notre fuite. Je préfère qu'elle ne me voie pas faire de magie, même si plusieurs signes me montrent qu'elle se doute déjà que j'en suis capable. M'approchant de cette chère tatie, je me demande un instant si je ne suis pas un peu trop sévère avec elle. Je lui suis redevable en un sens, vu qu'elle a été un pion très utile pendant mes emplettes… mais je repense bien vite à sa connerie toute-puissante, et ma haine à son égard rejaillit soudain. Pas de pitié pour les attardés.

Je la revêt de nouveau d'un sortilège d'attirance, et ordre lui est aussitôt donné de monter dans sa chambre s'habiller des vêtements les plus indécents qu'elle possède, quitte à les préparer elle-même : micro-mini-jupe montrant plus de culotte que de jupe, chemise déchirée montrant un décolleté digne des moins timides des exhibitionnistes, un des godemichets de Vernon dépassant de son sac à main préalablement rempli de préservatifs, et bien sûr, pas de sous-vêtements. Et puis aussi une petite modification de sa mentalité pour lui donner une insatiable soif d'hommes. J'y mets toute ma force, pourvu que ce soit définitif. Ça devrait faire l'affaire. Avec ça, sa si chère réputation de mère de famille parfaitement normale va prendre un sacré coup. Bien fait pour ta gueule, pouffiasse.

Et la voyant partir à l'étage pour se préparer, je lui lance en pensées un petit « adieu tatie ». Car je me doute bien que c'est à coup sûr la dernière fois que je la vois. J'espère d'ailleurs ! Je n'ai pas envie de la voir habillée en pute de quartier ! Je serais traumatisé à vie !

…bref. Le moment est venu. « Tu es prête Luna ? » lui demande-je en passant la tête dans le couloir d'entrée.

« - Ou… oui, » répond-elle en hésitant un peu, affichant une petite moue effrayée. Mignonne.

« - Alors écarte-toi s'il te plaît. » Je retourne dans le salon sans attendre de réponse. Elle ne va pas s'interposer, je le sais. Il est même probable que je la retrouve en train de pleurer dans mon placard, allongée sur le lit en position fœtale, en proie à son traumatisme. Car l'heure est venue de s'occuper de La Bête.

Je regarde cette ordure de Goret souffrir le martyr en tentant de faire des pompes impossibles, plusieures dizaines de kilos de meubles hissés sur le dos. Souffre, saleté.

J'ai un instant d'hésitation en songeant à ce que je compte lui faire faire, à ce que mon esprit dérangé a imaginé. Car pour ma fuite, je compte me servir non pas de Vernon Dursley, mais du Goret. Non pas que j'ai pitié de lui, pas du tout, j'aimerai bien être son bourreau pour des siècles. Mais ce que je m'apprête à lui ordonner est vraiment extrême…

Je ferme les yeux un instant et repense à maman, à l'époque de l'Union, au génocide des Vélanes, en bref à toutes ces choses que je m'efforce de me remémorer chaque fois que j'ai besoin de vaincre mes ultimes vestiges de morale beaucoup trop normale. Et je lève ma baguette pour lancer mon ultime imperium Vernonesque.

Allez, va ordure. Va commettre ton ultime crime…

L'école Sainte-Pouffiasse & Normalité. C'est ainsi que j'appelle dans mes pensées ce lamentable établissement primaire où Pétunia nous a envoyés, Dudley et moi. Cet endroit où de futurs alcooliques côtoient toute la journée de futures putes famille. Et ce sera l'ultime endroit où Le Goret commettra un crime. Ou plutôt, essaiera.

Dans la rue, La Bête court à en perdre haleine, agitée de pitoyables petits « grouïks » lancés en rythme avec les soubresauts de son quintuple menton et de ses poignées d'attardement. La volonté supérieure qui le domine depuis tant d'années vient de lui ordonner de se vider les couilles dans une petite fille de son choix, ne lui imposant que le lieu de son plaisir. Alors forcément, pour une fois que cette volonté supérieure est en accord avec ses pulsions, il ne va pas dire non ! Et c'est pour ça qu'il court plus vite que jamais auparavant. L'appel des couilles est plus fort que tout. Plus fort que lui.

Il enfonce la porte de l'école. Se précipite en trombe vers la cour de récréation. Ne prête pas attention aux professeures occupées à surveiller leurs enfants qui sursautent soudain, surprises par cette intrusion. Repère aussitôt une fillette en train de s'amuser. Une blonde, parfait. Ses préférées. Elles sont si belles lorsqu'elles pendouillent, inertes telles des morceaux de viande à un croc de boucher, sa domination s'écoulant d'entre leurs jambes à jamais brisées, les yeux enfoncés dans leurs orbites. C'est pratique les yeux, y enfoncer les doigts pendant qu'il utilise leur propriétaire permet de bien la tenir en place. Et puis elles ne se débattent pas longtemps comme ça.

Le Goret se précipite sur sa victime, grouïkant comme si sa vie en dépend. Grouïk, Grouïïïïïïïïïk !

Il n'a pas le temps de se faire plaisir que toutes les professeures se jettent sur lui pour tenter de le maîtriser. Grouïk.

La volonté supérieure lui a ordonné de se laisser capturer, alors il les laisse faire. Grouïk.

Mais elle lui a aussi demandé de se faire plaisir. Grouïk-grouïk !

S'il ne peut se vider dans la fillette, alors il va quand même faire des photos ! Grouïk !

Alors il tente de tuer sa victime en lui fracassant le crâne contre le gravier de la cour. Du sang, DU SANG ! Grouïïïïïïk ! Grouïïïïïïk !

Et tout devint soudain noir, alors qu'une barre de fer s'abattait sur son crâne.

Dans tous les médias du pays, on s'empressa d'annoncer l'incroyable nouvelle…

« - Flash spécial d'informations ! » dirent simultanément des centaines de journalistes. « Une annonce faite par la police de la petite ville de Little Winghing, dans le Surrey, annonce qu'un homme a été arrêté en tentant de violer une fillette en plein dans une cour de récréation ! Nous attendons encore confirmation, mais tout porte à croire que cet homme est le Goret ! Nous restons en direct, plus d'informations dès que possible ! »

J'éteins la télé sur ces mots. Eh ben, Vernon n'a pas perdu de temps ! Regardant ma montre, je vois que ça fait seulement vingt-deux minutes et trente-sept secondes qu'il est parti d'ici. Alors que l'école est à deux kilomètres à pied. Il n'a probablement jamais été aussi rapide de toute sa vie.

A nous maintenant. La police ne va pas tarder à rappliquer ici. Mieux vaut que nous ne soyons pas là.

« - Luna, prends ça dans tes mains, » lui dis-je en sortant de ma poche deux pièces de monnaie, et en lui en donnant une. « Ce sont des portoloins. Ils nous amèneront dans un endroit où nous seront en sécurité. » Merci ma mafia, tu es très efficace. Mais en fait, on va faire un voyage en multipliant les différents portoloins, cheminettes, et compagnie. L'important est de ne pas pouvoir être suivis. Paranoïa mon amour.

« - Allez, c'est parti. »

Vingt-six minutes et dix-sept secondes. Quelques instants seulement après le départ des deux enfants, des dizaines de policiers envahissent le Privet Drive, cette rue habituellement si tranquille et normale. Leurs véhicules roulants en trombe évitent de justesse une prostituée en train de courir après un vieillard qui se demande ce qu'il se passe.

Les militaires cernent le numéro quatre en un instant, assiégeant le repère présumé du Goret et braquant leurs fusils vers de potentiels ennemis. On ne sait jamais, peut-être que le Goret n'est pas une seule personne, mais tout un groupe. Il a déjà causé bien assez de malheurs pour que quelqu'un puisse prendre le risque de se faire tuer.

La scène a de quoi faire peur. On se croirait en pleine guerre. Tous les policiers ont le visage encagoulé. C'est le nouvel uniforme réglementaire, afin que le Goret ne puisse pas aller violer leurs enfants après avoir identifié les parents. C'est le meilleur moyen qu'ont trouvé les dirigeants politique pour mettre fin à la fuite d'effectifs qu'a connu la police suite au sauvage massacre des enfants du commissaire Yann Brenney, le premier chargé de l'enquête.

« - POLICE ! RENDEZ-VOUS IMMÉDIATEMENT OU NOUS OUVRONS LE FEU ! » Un petit « BAM ! » est la seule réponse. Un policier s'effondre aussitôt, touché en pleine tête. « FEU A VOLONTÉ ! » ordonne le lieutenant qui a prit en charge l'opération. Un déluge de balle s'abat aussitôt sur ce qui ne sera plus jamais une maison normale. Les vitres volent toutes en éclat, des milliers d'impacts se dessinent sur les murs en quelques instants. L'artillerie lourde a été sortie sans hésitation. Pas de pitié pour le Goret.

Tellement pas de pitié d'ailleurs, que malgré l'interdiction de la peine de mort dans le pays, des milliers de pétitions demandant l'exécution du Goret ont reçu des millions de signatures. Et les Deux Chambres ont-elles aussi donné leur accord à la quasi-unanimité. Même la reine, habituellement totalement retirée de la politique, a laissé entendre qu'elle n'hésiterait pas à envoyer ses gardes faire leur sanglant office si le juge qui s'occuperait du procès du Goret n'était pas coopératif avec la volonté populaire. S'il est attrapé et prouvé responsable, Vernon Dursley ne vivra pas plus de quelques jours d'un lynchage absolu.

Vingt-neuf minutes et quarante secondes. Des hélicoptères bondés de troupes d'intervention arrivent en toute hâte. Toujours prêts, à tout instant du jour ou de la nuit. Ils se posent en plein dans les pelouses des différentes maisons, tailladant les haies et les arbrisseaux, écrasant les parterres de fleurs et les nains de jardin. Des bazookas sont aussitôt sortis et mis en position, droit vers toutes les portes de la grotte du démon.

« - C'EST NOTRE DERNIÈRE SOMMATION ! RENDEZ-VOUS OU NOUS DONNONS L'ASSAUT ! » Une nouvelle détonation retentit, et un autre policier s'effondre, mort sur le coup. « À L'ATTAQUE ! » Ordonne le lieutenant, et des dizaines de soldats quittent leurs abris alors même que les bazookas tirent leur déluge de vengeance, réduisant en poussière les portes de l'antre de la Bête.

Trente minutes et six secondes. Un déluge de balle venu d'on ne sait où déferle aussitôt sur les policiers, en tuant plusieurs sur le coup. Les gilets pare-balles font leur effet et en sauvent plusieurs. Maudit soit le Goret ! Encore des victimes à mettre à son compte !

La porte est franchie en un instant, toutes les pièces investies, les fusils braqués pour mettre en joue n'importe quel potentiel criminel, les meubles aussitôt renversés pour vérifier que rien ni personne ne se cache. Et la plupart des soldats retirent aussitôt leur cagoule pour vomir tout leur saoul. Car tous les murs sont décorés. Des centaines, des milliers de photos garnissent le moindre espace vide, montrant le suspect nu aux côtés des cadavres de ses victimes, dans toutes sortes de positions d'horreur, posant tel un chasseur exhibant sa proie.

Il n'y a plus nul doute possible sur la culpabilité du suspect. Mais il y a des règles à respecter. La loi est la loi. Même le Goret va avoir le droit à un procès. Oh, pas pour lui, ça non. Mais nombre de psychologues sont unanimes sur le fait que ça pourrait aider les familles des victimes à faire leur deuil. Alors le public a accepté, prit de pitié pour les dizaines de parents éplorés.

Vernon Dursley fut amené jusque chez lui, menotté, encagoulé, couvert de bleus des pieds à la tête après s'être fait tabasser par les soldats. sommé de reconnaître les lieux, sommé d'avouer qu'il s'agit bien de lui sur les photos. Mais il n'y parvient pas. Il se tord de douleur, seules ses menottes l'empêchant de déchirer son pantalon. Il fait tout son possible pour se frapper l'entre-jambes. « ÇA BRÛLE, ÇA BRÛLE ! » hurle-il lorsque ses paroles sont intelligibles. Il bouge tant qu'il parvient finalement à se libérer de la poigne des deux colosses qui le maintiennent debout de force, et attaque aussitôt ses vêtements, déchirant le tissu et révélant la sauvagerie de sa castration. Pas étonnant que ça le brûle, avec tous les déchets qui ont dû s'accumuler dans cette poubelle humaine…

Trente-et-une minutes et vingt-trois secondes. Boum. Dans la cave, un chronomètre se déclencha, sa sonnerie retentissant dans la maison de la Bête. Tout le monde eut le réflexe de lever la tête en entendant ça. Qu'est-ce que ? Les vibrations de la sonnette heurtèrent aussitôt une petite fiole, remplie d'une potion instable qu'il ne fallait surtout pas faire trembler. Une réaction en chaine s'ensuivit. La potion explosa, faisant voler son flacon en éclat. Les impacts touchèrent plusieures autres mêmes fioles, des centaines, des milliers, provoquant de nouvelles réactions en chaîne. Boum. Boum. BOUM !

Trente-deux minutes. La déflagration retentit dans toute la paisible ville de Little Winghing. L'épicentre de l'explosion est rasé en un instant. Toute trace d'une quelconque vie humaine en disparait aussitôt. Le Goret n'est plus, remplacé par un cratère aussi vide qu'il l'avait jamais été.

Quarante secondes plus tard. Alors qu'un champignon de fumée s'élève dans le ciel, sa sanglante splendeur célébrée par toutes les sirènes de la ville, une prostituée en chaleur parvient finalement à attraper le vieillard qu'elle poursuit depuis tant de minutes, et se jete sur lui pour le violer. Le tuant sur le coup. Et elle fit ce que la volonté supérieure lui avait ordonné. Se mit à rire comme la folle qu'elle était. Le tout au milieu d'une mare de sang. Pour elle, la punition ne sera pas la mort.

Trente-trois minutes précisément. Alors que les badauds envahissent les lieux pour porter secours aux policiers encore vivants, un vieillard à la trop longue barbe joue des coudes pour se frayer un chemin dans la foule. Pâle comme la mort.

Trente-quatre minutes et trop d'inquiétude pour faire attention à combien de temps il resta immobile, stupéfait, le vieillard se précipita chez son serviteur, cette vieille folle de Figgs. Peut-être sait-elle quelque chose pouvant expliquer ce qu'il vient de se passer !

Il la retrouva en un instant, agenouillée au sol, dans son salon étrangement meublé. Une toux le prit aussitôt, ses poumons étouffés par l'atmosphère puante de tabac et d'encens bon marché. La vieille psalmodiant un om en se prosternant régulièrement au sol, ponctuant ses suppliques en plantant des aiguilles dans des statuettes d'argile représentant vaguement des chiens, des chats empaillés l'entourant de toutes parts.

Ne prêtant aucune attention à la folle, le vieux la saisit à la gorge et la souleva de force pour la regarder droit dans ses pupilles dilatées par la drogue et la transe. Il envahit aussitôt ses pensées, se hâtant de chercher tout ce qu'il est possible de trouver dans un esprit aussi limité.

Ah, le voilà ! Harry Potter ! Il doit avoir deux ans vu sa taille. Il joue dans le jardin de sa tante, penché sur l'herbe. Tout semble aller pour le mieux. Figgs le surveille, cachée derrière ses rideaux. La scène se reproduit de nombreuses fois. Il est probable que cet enfant est parfaitement bien traité. Tout à fait aimé par sa famille, sans nul doute possible. Inutile de se fatiguer à le surveiller. Plutôt s'occuper des chats, c'est plus intéressant.

Un autre souvenir. Tiens ? Plus aucune trace de l'enfant… c'est étrange. Un miaulement retenti soudain. Les chats ont faim. Un dernier regard dans le jardin du voisin. Rien. Bah, c'est sans importance. L'enfant doit probablement être très heureux. Et puis s'occuper des chats est bien plus intéressant. Inutile de se fatiguer.

Plus rien. Le vioque se retira de la tête de son pion pâle comme un fantôme. Tellement inquiet qu'il n'a même pas remarqué que l'esprit de sa victime est totalement ravagé. Probablement les drogues qu'elle consomme sans cesse. Face à une telle évidence, l'idée que quelqu'un ait pu altérer sa raison ne lui vient même pas à l'idée.

Le soir tomba enfin sur Little Winghing, après la journée la plus mouvementée de son histoire. Deux maisons ont été vidées de leurs occupants aujourd'hui. Les uns victimes du futur maître du monde, l'autre jetée au cachot pour toute forme de procès. Sans ses chats.

Loin de là, dans une maison investie au hasard, un dictateur en herbe regarde les informations en ne pouvant s'empêcher de sourire sadiquement. Une petite fille endormie à ses côtés. Du moins le croit-il…

Prochaine destination : là où se trouve Sa gloire.

A suivre…

Une idée sur l'endroit où veut aller Harry ? A vos claviers ! N'hésitez pas à commenter et faire part de vos idées !

I. Vif d'or sous gazon : expression mise à la mode sorcière. Equivalent de « Il y a anguille sous roche ».